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mercredi 25 mai 2011

Le corridor du destin

Cette histoire vient juste de m’arriver, et je me presse d’écrire tout cela afin de n’omettre aucun détail de ce que je viens de vivre. J’ai toujours lu des histoires sur des versions de jeux vidéo retravaillées, buguées, voire même hantées, selon les dires. J’en ai souvent ris, toujours même, ne croyant pas à toutes ces salades, mais maintenant que j’ai vécu un truc similaire, je dois avouer que mon esprit ne réfute plus la possibilité que ce soit vrai. Il est 2h45, et je suis si fatigué. Tout a commencé il y a quelques heures …

Dans un vide grenier non loin de chez moi, je flânais à la recherche de vieilleries susceptibles de m’intéresser. Je ne me faisais pas trop d’illusions, car les vestiges du passé d’autrui ne sont que rarement utiles à d’autres, pourtant, en passant devant le stand d’un homme assez âgé, j’avais trouvé une part de mon passé. Une PlayStation, la toute première version, encore en bon état malgré le temps, similaire à celle que j’avais encore il y a trois ans. Elle était dans un carton, avec un lot de jeux dont les boites n’étaient pas celles d’origines, elles contenaient chacune un morceau de papier avec le nom du jeu écrit au marqueur. Rayman, ISS, 007 et tant d’autres titres étaient présents, et le plus surprenant était le petit post-it collé sur le fameux carton. Apparemment, le tout était à vendre pour simplement cinq euros, autrement dit, une très belle affaire. Quand j’ai tendu la somme au vieillard, je ne pu m’empêcher de lui demander pour quelle raison cette antiquité était vendue si peu chère, et la réponse me surprit grandement.

« Parce que je veux effacer toute trace de ce qui a causé la mort de mon petit-fils. »

J’étais surpris par les propos tenus par l’homme en face de moi, et malgré le côté très personnel de ma question je mourrais d’envie d’en savoir plus. Et à ma grande surprise, le vendeur accepta de me répondre le plus naturellement du monde.

« Il jouait très souvent à cette console, à un jeu en particulier, j’ai oublié son nom. Toujours est-il qu’un jour, il a totalement perdu la raison, il se mettait à hurler qu’il était poursuivi par je ne sais quelle créature. Cela l’a tellement perturbé qu’il a mit fin à ses jours. J’ai toujours su que ces jeux étaient mauvais pour le cerveau. Fais gaffe à toi, mon petit, évite certains jeux. »

Un petit sourire en coin se dessina lentement sur ses lèvres, avant qu’il ne termine sa phrase.

« Tu es prévenu. Il n’est parfois pas bon d’aller au-delà de ses limites. »

Je ne pu m’empêcher de prendre ces paroles comme une menace. Ou bien était-ce un avertissement ? Bah, foutaises ! Je joue à des jeux vidéo depuis mon plus jeune âge et je suis toujours parfaitement sain d’esprit. Ce vieil homme ne devait, lui-même, plus avoir toute sa tête, me dis-je afin de me rassurer moi-même.

Une fois de retour chez moi, j’ai posé le carton au sol, sorti la console afin de la brancher et fouillé la boîte afin de voir les autres jeux présents. Une fois tous éparpillés sur le sol, l’un d’eux attira mon attention, par son nom qui m’était totalement inconnu, « Final Fantasy 9 : Le corridor du destin ». Je suis un fan de la saga Final Fantasy depuis pas mal d’années déjà, mais jamais je n’avais entendu parler d’une quelconque autre version de Final Fantasy 9. J’aurais du me douter que quelque chose était louche, mais mordu du neuvième opus comme je l’étais, je ne pouvais m’empêcher de le lancer immédiatement afin de voir de quoi il s’agissait.

Alors que je m’attendais à je ne sais quel délire, le jeu se lança normalement, le logo PlayStation apparu à l’écran, suivi d’un écran noir où figurait la licence « Square ». Là par contre, je fus saisi d’un doute. Si la licence était bien présente à l’écran, cela signifiait que le jeu était sorti des studios Square. Pourquoi je n’en avais jamais entendu parler ? Peut-être avait-il été créé simplement en bêta et avait été très peu distribué. Peu m’importait, car l’écran titre était enfin présent, et ressemblait en tout point à celui de Final Fantasy 9. Seule la phrase « Le corridor du destin » et la disparition du cristal, symbole du neuvième épisode, étaient remarquables.

Je savais que si on ne touchait à rien, les personnages apparaissaient avec, pour chacun d’entre eux, un mot et une phrase les symbolisant. J’attendais donc, afin de voir Djidane et sa fameuse citation « A-t-on besoin d’une raison pour aider quelqu’un ? », mais j’allais être grandement étonné. Le décor était sombre, Djidane était de dos, la tête baissée, et tenait ses deux dagues dans les mains. Mais le plus surprenant dans tout ça était sa phrase, qui était devenue « Je dégusterais ma vengeance aussi froide que le sont mes souvenirs … ». Comment était-ce possible ? Comment Djidane, qui était le personnage serviable et joyeux par excellence, pouvait-il se laissé aller à des paroles aussi sombres ? Par curiosité, j’attendais que les autres personnages apparaissent, afin de voir si des changements avaient été opérés là aussi, mais aucun ne vint. L’écran ne faisait qu’alterner entre ce Djidane de dos et l’écran titre.

Je décidais finalement de me lancer, avant de constater que l’option « Charger » n’était pas grisée, et un rapide coup d’œil sur la console me fit me rendre compte qu’une carte mémoire était insérée. Mais je n’aimais pas prendre les parties en cours de jeu, et décidais de laisser cette carte mémoire en place afin de commencer ma propre partie et de la sauvegarder. A peine avais-je cliquer sur « Nouveau jeu » que le son, normalement une sorte de bris, censé valider le choix ne se lança pas comme dans mes souvenirs. A la place, un son semblable à un cri étouffé fut joué et me fit froid dans le dos. Du très peu que j’en avais vu, cette version n’avait rien à voir avec le jeu d’origine, dans lequel c’est à partir du troisième CD que le jeu s’assombrit. Tiens, en parlant de ça, combien en contenait cet épisode ? En regardant dans la boîte, je pu constater que le seul CD présent était celui inséré dans la PlayStation. Il ne risquait donc pas d’être aussi long que le « vrai » jeu.

On me demanda de choisir un nom pour le héros, j’entrepris de lui laisser son prénom d’origine. Une fois la nouvelle partie lancée, la cinématique de départ n’apparue pas non plus, et le jeu ne démarra pas dans le vaisseau des compères de Djidane, mais dans une sorte de vaste plaine, dont l’herbe était en très grande partie jaunie. Au centre se trouvait le héros blond, mais j’avais beau appuyer sur tous les boutons de la croix directionnelle, rien n’y fit, il ne bougeait pas. Au bout d’une quinzaine de secondes d’inactivité totale, une fenêtre de dialogue apparue dans laquelle je pu lire « Enfin, je l’ai trouvée … ». Cela commençait bien, encore un jeu dont l’origine sera expliquée au fur et à mesure de l’aventure. Après avoir conclus cette très courte phrase, le doigt indiquant où se trouvait le personnage apparu et je pu enfin le contrôler et le diriger. Je commençais par ouvrir le menu, afin de constater mes statistiques, ainsi que mes objets et mon équipement. J’étais choqué, Djidane était déjà au niveau 62, et possédait l’un des meilleurs équipements du jeu. La première chose qui me vint à l’esprit était que j’allais affronter des monstres relativement forts pour que mon combattant soit déjà si aguerri.

J’errais sur cette plaine sans rencontrer le moindre monstre, pas le moindre combat à se mettre sous la dent, et quand j’avançais trop loin de la plaine, j’étais ramené en son centre, là où j’étais. A chaque fois que j’avançais dans une direction, la tête de Djidane fixait le nord, la direction vers laquelle il pointait quand j’en pris le contrôle. Une fois ramené pour la énième fois au centre, j’allais vers cette fameuse direction qui semblait attirer mon personnage, jusqu’à arriver à l’entrée d’une grotte. L’entrée était immense et symbolisait la gueule ouverte d’un étrange animal, une créature qui m’était totalement inconnu. Je n’avais plus le contrôle, Djidane avançait tout seul, comme dans les séquences automatiques. Une fois juste devant l’entrée, il s’exclama « Aujourd’hui … Aujourd’hui, ce sera la fin … ». Il fit ensuite demi-tour, sa tête était maintenant dirigée vers mon écran, avant d’enchaîner par ces paroles « Ensemble, nous allons lui faire payer ». Je m’attendais à l’apparition d’un autre personnage, quelqu’un qui l’aurait accompagné au cœur de cette effrayante caverne, mais personne ne vint. Etait-il possible … Non, il se serait adressé au joueur ? A moi, en l’occurrence ? J’ai du lire trop de pastas …

Un panneau était présent devant la grotte, et je m’empressais d’aller le lire quand je pu de nouveau diriger Djidane. L’écriteau disait « N’entre pas ici, tu y perdra plus que ce que tu es venu gagner. ». Ce message était-il destiné à faire peur ? En tout cas, un frisson me parcouru l’échine quand, en tentant de faire demi-tour, Djidane s’exclama « Nous sommes venu si loin, ce n’est pas pour reculer. ». A chaque fois que je tentais de revenir à la plaine, le même message apparaissait. Il était décidé à entrer en ces lieux, et me forçait à le suivre. Je n’avais d’autre choix que celui d’explorer cet endroit. Une fois à l’intérieur, le décor semblait similaire à celui de la grotte des glaces, la première caverne que l’on explore dans le jeu, mais Djidane ne semblait pas avoir froid, alors peut-être que ce que je prenais pour de la glace était en réalité … Du cristal ?

Je n’aimais pas du tout cela, tous mes souvenirs du jeu, ces rumeurs sur la vraie fin me revenaient soudainement. Entre fans, à travers divers fora, il se disait qu’à la fin, la fusion entre la terre des protagonistes et celle de Djidane a bel et bien eu lieu et à détruit leurs mondes, laissant la place à une nouvelle planète et une nouvelle forme de vie, le Cristal. Etait-il seulement possible que ce jeu ne soit une suite directe à cet évènement ? Ceci expliquerait au moins le haut niveau et le matériel puissant que je possédais déjà. Poussé par la curiosité, je cherchais des indices à travers la grotte, mais rien à se mettre sous la dent, pas la moindre information, pas le moindre objet à ramasser. Et à chaque fois que je tentais de rallier la pièce précédente, j’avais droit à un « Ne recule pas, on avance ! ». C’était peut-être l’ambiance trop silencieuse, mis à part les pas produit à chaque fois que j’avançais, mais j’avais l’impression que mon personnage me criait dessus. Comme s’il cherchait à me menacer pour poursuivre l’exploration. A un moment, j’arrivais à un cul-de-sac, aucun chemin ne s’ouvrait à moi, et la même rengaine quand je cherchais à repartir. Pendant près de cinq minutes, je vérifiais chaque mur, chaque parcelle du sol à la recherche d’un quelconque passage, mais rien n’apparaissait. En voulant partir, Djidane changea de discours, et les menaces devinrent très claires cette fois, « Pour la dernière fois, on avance ! ».

Là, c’en était trop. Je n’allais pas laisser un personnage fait de pixel me donner des ordres ! Je choisis de le positionner au milieu de la pièce et de poser la manette. Puisqu’il était si malin, il n’avait qu’à se débrouiller tout seul. L’animation d’inaction, quand vous ne bougez pas le personnage pendant un moment, eu lieu mais quand il se gratta le menton, une boîte de dialogue apparue et contenait ces mots, « Heureusement que j’ai apporté ça avec moi … ». Apporté quoi ? Etait-il en train de m’inciter à regarder dans mon inventaire ? Je ne bougerais pas, sale con, mais je ne perds rien à voir ce que tu peux bien avoir pour avancer, maintenant. Du C4 ?

Une fois le menu ouvert, et une fois dans la section inventaire, je fus d’abord surpris de ne voir aucune potion, ni aucun objet curatif. Mais surtout, il y avait du matériel, mais rien d’adapter à Djidane. En réalité, il s’agissait des armes de ses compagnons. Que faisaient-elles en sa possession ? Etait-il à leur recherche ? Et au milieu de tout cela, il y avait cet objet, une « Clé en cristal », dont la description était « Ouvre les portes du destin ». Du destin, hein ? Pour le côté suspense, chapeau, cette version était très bien réussie. En cliquant dessus, et en choisissant de l’utiliser, Djidane avança vers la paroi qui bloquait le chemin et sorti la clé de sa poche. Une forte lumière apparue, et après un flash, la paroi s’était volatilisée, laissant la place à un chemin s’enfonçant dans le noir. Je n’étais pas du tout préparé à ce qui suivi. Une sorte de rire démoniaque me fit sursauter et lâcher ma manette, avant qu’un message n’apparaisse.

« Tu aurais du partir »

Et à la suite de cette phrase, un cri absolument effroyable se fit entendre, me faisant bondir jusqu’au plafond, avant que le jeu ne s’éteigne de lui-même. Et quand je dis éteint, c’est vraiment éteint. La console elle-même n’était plus allumée. Pour le coup, je n’essayais même pas de voir ce qui avait déclanché tout ça, et j’ai enfoui la console sous le meuble et j’ai rejoins mon lit dans la foulée. J’avais eu une dose trop forte d’émotions, et il me fallait désormais une bonne nuit de sommeil. Bonne ? Naturellement, j’allais passer la pire nuit de toute mon existence.

J’avais passé une nuit grandement agitée par un des rêves les plus barrés qu’il m’ait été donné de faire de toute ma putain de vie. J’étais dans la caverne, celle-la même où se trouvait Djidane, et j’étais d’ailleurs à la place de ce personnage. Je possédais sa tenue, ses armes et sa sacoche contenant le matériel de ses amis. J’étais dans une pièce relativement sombre, apparemment celle ouverte par l’utilisation de la fameuse clé en cristal, mais je n’avais aucun moyen de m’éclairer. J’avançais en gardant la main sur le mur tout le long de ma progression, afin de ne pas me faire surprendre. A un moment, un courant d’air souffla près de ma nuque, mais dans ce fameux courant, je cru entendre une voix, un murmure. Et cela me paralysa. Si j’avais bien entendu, on m’avait soufflé « Tu va mourir ».

Je ne pouvais plus avancer, j’étais totalement tétanisé par ce qu’il venait de se passer. Le silence de la caverne rendait l’ambiance encore plus glauque et sombre qu’elle ne l’était déjà. Après un court instant, je pris une grande inspiration et je repris mon avancée, il fallait que j’arrive au bout de ce cauchemar. A un moment, je ne pouvais plus progresser, j’étais bloqué par une paroi droit devant moi, mais elle était étrange. Elle était … Molle ? Comme si ce n’était pas le même minéral que celui composant la grotte jusqu’à présent. En tâtant cette étrange révélation, il m’a semblé distingué une sorte de forme ronde, qui s’enfonça sous l’impact de ma main. Cela éclaira la salle d’un seul coup, m’aveuglant totalement. Au bout de plusieurs minutes, je parvins enfin à voir de nouveau et je pus me rendre compte que j’étais au beau milieu d’un croisement. Trois chemins s’offraient à moi, et un panneau était présent au milieu de la salle. Il indiquait « Le Corridor du destin offre le salut ». Le corridor du destin, le nom de ce jeu.

Je choisis totalement au hasard le couloir droit devant moi et m’enfonçait dans les ténèbres sans même savoir ce qu’il allait m’arriver. Et au bout d’une marche qui me sembla durer de longues heures, je pu apercevoir de la lumière au loin. Il y avait une salle éclairée par une lumière qui bougeait, comme une flamme, serait-ce un feu de camp ? Y avait-il d’autres personnes, ici ? Une fois arrivé à cette fameuse pièce, je fus totalement choqué par ce qui s’y trouvait. Le lieu était tout simplement remplit de cadavres. Il y avait des corps démembrés partout. Et dans un coin, un petit bruit se fit entendre. Il y avait une chose, une sorte de créature qui était penchée sur un des corps. Et je ne mis pas longtemps à comprendre que le bruit que j’entendais était un son de mastication. Cette chose mangeait un des cadavres …

D’un seul coup, elle se tourna vers moi. Cette créature avait une posture humaine mais sa gueule … Je la reconnaîtrais entre mille … C’était celle du monstre. Celle qui formait l’entrée de la caverne dans laquelle Djidane m’a forcé à entrer …

« Ce couloir est ton destin. »

Je fus pris de court par ce qui venait de se passer. J’avais entendu une voix, très clairement, mais la bouche de la créature en face de moi n’avait pas bougé. Etait-il possible que ses paroles ne raisonnent directement dans ma tête ? C’en était trop, je devenais fou …

« Tu es dans le Corridor du destin. Ta voie est toute tracée. »

Ma voie ? Je ne comprenais rien à ce qu’il me disait. Et avant même que je ne puisse lui poser la question, il me répondit. Il lisait dans mes pensées, de toute évidence …

« Je sais que tu ne comprends rien, Djidane. Tu as voulu te venger. Tu as cherché le moyen d’y parvenir. Tu as échoué. »

La main de la chose se dirigea sur le cadavre qu’elle était en train de manger peu avant, et reprit très lentement

« Tu as fais échouer Jeff. Le destin ne se manipule pas. Il ne se change pas. Je me nourris de ces échecs. Tu le sais. Je suis le Cristal. Je suis le Destin. »

Jeff ? Mais qui était Jeff ?

« Tu as suivi Djidane, Mathieu. Tu as suivi l’âme corrompue. Ton destin s’est tracé dès l’instant où tu as ouvert la porte de mon domaine. »

Comment ?! Comment cette saleté pouvait connaître mon prénom ? Je n’étais pas censé être Djidane ? Et c’est quoi cette histoire de destin, de cristal et d’âme corrompue ?

« Tu échoueras très prochainement. Et je ne me nourrirais de ton échec. Il ne restera rien de toi. Le Cristal parle. Le Destin écrit. Le Cristal est le Destin. »

Un sourire se dessina lentement sur le visage de mon vis-à-vis, dévoilant des dents grandement acérées. Mais là où j’ai vraiment hurlé, c’est quand il a fait un bond afin de se jeter sur moi, juste avant que je ne me réveille en sueur, au fond de mon lit.

Quel cauchemar proprement abominable. J’étais totalement conscient que tout ce que je venais de vivre n’était que le fruit d’un mauvais rêve, produit par ce foutu jeu, mais je ne parvenais pas à l’oublier. Jeff, Djidane, moi. On semblait tous liés. Pourtant, il n’y avait qu’un seul point commun possible : Le Corridor du destin. La curiosité prit le dessus sur ma peur et mon angoisse, je devais en avoir le cœur net. J’allumais de nouveau la console, et pu constater un nouveau changement, et non des moindres. Le mode « Nouveau jeu » était désormais grisé. Je ne pouvais plus lancer de nouvelles parties, la seule option qui s’offrait à moi était « Charger ».

Comme si j’avais le choix. Je sélectionnais donc ce dernier mode, et je vis deux fichiers de sauvegardes présents. Le premier portait le nom de « Jeff ». Je le savais. Jeff. Il avait joué à ce jeu, la preuve en était là. Etait-il possible que le petit-fils de cet homme et ce Jeff soit la même personne ? Le fameux enfant fou qui s’est suicidé ? Tandis que cette possibilité, la plus logique, était à mes yeux la réalité, mon cœur manqua un battement à la lecture du nom du second fichier.

Mathieu.

Comment ? Je n’avais pas sauvegardé, le jeu s’était étaient de lui-même. De plus, même s’il avait sauvegardé automatiquement, je n’avais pas mis mon prénom. Je ne pouvais plus cacher que j’avais terriblement peur. J’étais en train de trembler comme une feuille, mais je ne pouvais pas arrêter, il fallait que j’aille au bout de toute cette histoire pour, enfin, avoir la paix. Je choisis de charger la partie de Jeff. Si je voyais où il en était, je saurais peut-être les choses à ne pas faire. Voilà que j’en viens à me méfier d’un putain de jeu à la con …

Un jeu ? Cela allait bien plus loin que cela, que je veuille l’admettre ou non. A la fin de la jauge de chargement, une boite de dialogue fit son apparition. Je redoutais chaque mot écrit à l’écran, je ne voulais pas les lire. Il le fallait, pourtant.

« Ce personnage est injouable. Cette personne est morte. »

Non. Non. Non. Non. Non.

C’est un jeu. Il ne peut pas savoir ça. Il ne le peut. C’est impossible. Ce n’est qu’un amas de câbles, de circuits, de bidules électroniques ! Je ne peux pas. Je ne peux pas rejouer. Je ne voulais plus y rejouer. J’étais de retour sur l’écran titre, et je ne voulais plus toucher à rien. Voilà que l’animation obscure de Djidane allait réapparaître. Je m’attendais à son histoire de vengeance, mais j’allais, de nouveau, tomber des nus. Cette fois-ci, Djidane était de face, un sourire sadique dessiné sur son visage, et la phrase était « Tu es le prochain. Je les ai perdu. Vous le payerez. ». Payer ? Payer quoi ? Et il avait perdu qui ? Parlait-il de ses compagnons ? Bibi, Steiner, tous les autres, et surtout, Grenat ? Les protagonistes de Final Fantasy IX ? Non, ce n’était pas possible. Alors que je m’attendais à revenir à l’écran titre, un autre personnage apparu, avec une phrase.

C’était le monstre qui s’était adressé à moi, celui qui disait être le Cristal. Et la phrase l’accompagnant était « Personne ne m’échappe. Tu as franchis la limite. ». La limite ? Quelle limite ? J’ai rien pu faire, rien pu choisir ! Djidane a tout fait tout seul ! Je ne suis que la victime de toute cette histoire ! Je n’en pouvais plus, il fallait que je mette un terme à tout ça. J’ai charger la partie Mathieu, et à la fin du chargement, rebelote, une boite de dialogue. Et là, c’était plus que morbide, cela disait « Je suis déjà là. Il n’y a plus d’échappatoire. ». A cet instant, j’allais vraiment frôler l’arrêt cardiaque. Dès que j’eu fini de lire le dernier mot, la porte du rez-de-chaussée claqua violemment. J’ai également senti le même courant d’air que celui entendu dans la grotte, dans mon « rêve ». Sauf que cette fois-ci, il disait « Tu es mort. ». Le jeu s’arrêta encore une fois, et juste après, ce fut au tour des lampes de s’éteindre. Tout ce qui fonctionne sur l’alimentation électrique s’était stoppé.

Et voilà, depuis cet instant, je suis caché dans mon placard, avec mon ordinateur portable, pour retranscrire tout ce que je ressens, pour avertir toute personne trouvant un jour un exemplaire de ce jeu de ne surtout pas y toucher. Je n’en peux plus, j’entends le souffle derrière la porte, mais je ne vois rien. Il est 4h23, je dois attendre que le jour se lève pour ne pas avoir peur.

Il est maintenant 5h13, je n’en peux plus, attendre dans ces circonstances me rend fou.

5h28, même le temps est contre moi ! Pourquoi ?! Pourquoi tu n’avances pas, putain d’horloge !

5h43, c’en est trop ! J’attendrais pas plus longtemps ! Le courrant d’air a augmenté, il est là, il ne partira pas ! Je dois le buter avant qu’il n’ait ma peau ! Je ne crèverais pas ! Je ne finirais pas comme Jeff ! Et ça ne sera ni toi, ni Djidane, ni personne qui me buttera ! Y’a une scie dans ce foutu placard ! J’vais te découper, sombre con !

-

« Oui, pour seulement cinq euros. Je veux me débarrasser de ce qui a causé la folie de mon petit-fils. »

Un sourire en coin se dessine lentement sur le visage d’un vieillard, tandis qu’il encaisse le billet d’un jeune homme.

« Oh, tu sais, il y a une clé USB dans la boîte de l’un des jeux. Il y a une histoire spéciale dedans, dans un fichier texte. Lis-le, mais que cela ne t’empêche pas de jouer, cela ne sont que des histoires. »

Une fois le jeune homme partit, le carton sous le bras, un sourire plus que sadique s’imprime sur le visage de l’étrange vieillard.

« Tu as déjà fais le pas de trop. Ton destin est écrit. Cela tombe bien. J’ai très faim. »

Auteur : Garaton

Un destin tracé qui peut être mortel à cause de la soif de vengeance pour venger les siens qui sont morts durant une bataille, donnant naissance à une entité maléfique...

4 commentaires:

  1. Je suis franchement étonnée que personne n'ait songé à vanter les mérites de cette Pasta qui malgré sa longueur est vraiment très bonne.
    Le récit est très bien mené et on ne s'attend définitivement pas à ce dénouement.

    GG!

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    1. Je suis entièrement de votre avis cher collègue ^^ C'est une très bonne pasta!!

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  2. Oui oui très bonne, j'ai mit du temps à comprendre que le vieillard était le "cristal" en question. Faut avouer que c'est tout de même une fin assez classique...

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  3. Elle devrait avoir beaucoup plus de merite

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