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mardi 27 novembre 2012

La galerie d'art secrète de Henri Beauchamp

Si vous entrez dans ce petit bar sombre doté d'une histoire personnelle à Paris, et que le bon barman est derrière le comptoir cette nuit-là, vous aurez une chance de voir une exposition exclusive des œuvres perdues de Henri Beauchamp. Mais pour y accéder, vous devrez prouver que vous êtes dévoué à l'artiste.


Si vous souhaitez voir l'exposition, le barman va vous demander dans un français clair et détaché, ou un anglais parfait si vous êtes étranger : « A quoi aimeriez-vous prendre part en cette nuit glorieuse ? ». Répondez « De l'absinthe » sans vous poser de question. N'importe quelle autre boisson, de l'eau jusqu'au Whisky, vous tuera pendant votre sommeil.


La question suivante concernera la variété d'absinthe, et vous DEVREZ répondre l'une de ces deux choses : « Celle qu'aucun homme ne pourrait supporter » ou « La bonne. La meilleure ». Si vous commandez une autre absinthe, ou d'une autre manière, vous serez hanté de cauchemars pendant treize jours. Chaque rêve sera plus horrible que la nuit précédente, jusqu'à ce qu'à l'aube du quatorzième jour, votre cauchemar se mette à vous poursuivre à chaque instant de votre vie éveillée et endormie.


N'essayez pas de piéger le barman pour vous échapper : la porte du bar s'est refermée derrière vous. Vous serez obligé de boire le verre, que celui-ci vous condamne ou pas. Le fait qu'un homme aussi puissant vous accorde une audience est déjà bien assez. D'ailleurs, j'ai entendu dire que les mourants le complimentaient sur ses boissons tandis qu'ils convulsaient dans les spasmes de la mort.


Si vous parvenez aussi loin sans avoir scellé votre destin, le barman vous dira : « Assurez-vous de la traiter avec soin, c'est la meilleure que j'ai ». A cet instant, vous pourrez choisir de faire deux choses. La première consiste à dire, mot pour mot : « J'ai surestimé mon courage, et je vous souhaite une bonne soirée ». Si le barman acquiesce de la tête, vous serez autorisé à sortir par la porte par laquelle vous êtes entré, indemne et en toute sécurité, sans rien avoir gagné ni perdu à part le temps passé à l'intérieur.


Ou bien vous pouvez continuer.


Si vous n'abandonnez pas, on va vous servir un verre doté de sept bords dont chacun remuera délicatement autour du fond jusqu'à ce que le verre prenne la forme d'une poignée ouvragée. Vous allez aussi recevoir une cuillère à absinthe très, très, très spéciale en forme de clé. Les trous en haut de la clé permettent d'absorber l'alcool afin de le répandre sur le sucre. Et, bien sûr, vous aurez une bouteille sans nom, dont l'étiquette a été arrachée il y a bien longtemps et sur laquelle restent attachés des fragments de papier couverts des moisissures accumulées pendant les dernières décennies.


La cuillère sera plate, mais dotée de deux côtés distincts, l'un ayant une rainure à l'endroit qui a la forme d'une clé, l'autre pas. Tournez la clé de manière à ce que la rainure soit orientée vers le sol. Si vous tentez de la tourner vers le plafond, votre absinthe aura mauvais goût, votre nez va vous brûler et vos yeux vont flétrir dans vos orbites avec une horreur indicible qui n'est pas de ce monde. Si votre cuillère est tournée dans la bonne direction, commencez à préparer votre absinthe de manière classique : mettez le sucre sur la cuillère, puis versez l'alcool par-dessus jusqu'à ce que le sucre prenne sa couleur et ses « caractéristiques particulières ».


Dites « A la tienne » à votre ami, au barman, et buvez cul-sec. Si vous ne le faites pas, l'absinthe brûlera chaque cellule qu'elle touchera avec la puissance et en causant la douleur de l'acide sulfurique.


Si vous avez tout bien fait jusqu'à présent, la lumière déjà faible s'éteindra et l'obscurité envahira le bar. N'ayez pas peur : les ténèbres sont le signe que vous avez été accepté pour voir l'exposition. Attendez dans le noir et surtout, restez aussi silencieux qu'un mort, de crainte que le barman décide d'en faire un de vous.


Finalement (après peu de temps, deux ou trois minutes), un projecteur vert étincellera au-dessus d'une porte à l'opposé du bar. Celui-ci sera baigné d'une lumière verte qui ne proviendra pas uniquement du projecteur. De petites sphères lumineuses voleront doucement à travers la pièce et le barman aura disparu... Ainsi que toute autre personne susceptible de s'occuper du bar. Il n'y aura pas de danger à ce moment, considérez-le comme un moment de répit. Si vous n'avez pas terminé votre absinthe, ce n'est pas grave, mais vous pourrez avoir besoin de l'alcool. Dans tous les cas, prenez la cuillère et introduisez-la dans la serrure de la porte éclairée par le projecteur. Elle y sera parfaitement adaptée et atteindra le bout de la serrure avec un « clic » résonnant.


A l'intérieur se trouvera un petit ascenseur dans lequel vous verrez la plus belle femme qu'un mortel peut imaginer. La lumière verte l'éclairera de telle façon qu'elle projettera derrière elle la forme d'ailes. La Fée Verte en personne va vous demander : « Vous montez ? » ; et, si on prend en compte tout ce par quoi vous êtes passé, la seule réponse logique est « Oui ».


Désormais, il vous restera un obstacle à franchir. Alors que vous franchirez la ligne séparant le bar de l'ascenseur, elle vous posera cette question : « Comment compareriez-vous le surréalisme de Beauchamp à celui, disons, de René Magritte ? ». Dans votre réponse, il vous faudra dire : « Je suis venu pour voir plus que de l'art, ce soir ».


Sinon, le projecteur s'éteindra brusquement, la porte claquera, et l'ascenseur s'écroulera à travers ce qui vous semblera une infinité obscure jusqu'à ce qu'une lueur rouge grossisse à mesure que vous approcherez des profondeurs de l'Enfer.


Mais si l'ascenseur commence à monter, la lumière verte va également diminuer, à la différence que vous verrez la pâle lueur de la Lune. Avant que vous la reconnaissiez, l'ascenseur aura atteint le sommet de... Bon, disons de sa cage pour ne pas faire trop compliqué.


Pour la suite, je ne suis pas aussi sûr que pour le reste, mais j'ai entendu dire que si la Fée Verte vous embrasse sur la joue avant de sortir de la cabine, vous serez béni éternellement par l'inspiration créative : une muse permanente et variable. Vous ne pouvez pas le lui demander, vous ne pouvez pas l'embrasser : elle doit le faire de sa propre volonté. Dans le cas contraire... Et bien, rien, mais il n'y a aucune raison de le faire et d'énerver la femme responsable de la garde des peintures de Beauchamp depuis de si nombreuses années. En sortant de l'ascenseur, vous entrerez dans un parloir du début du XXème siècle dont le côté gauche du mur du fond sera décoré d'un portrait de Henri Beauchamp. A sa droite, il y aura une porte.


Prendre le temps de lire le texte sous le portrait est une bonne idée. Il explique la grande importance de monsieur Beauchamp. Vous lirez qu'il s'agissait d'un peintre du mouvement surréaliste qui luttait dans les années 1920 grâce à l'art pour se libérer de toute prémonition. Vous lirez qu'une nuit dans un petit bar sombre doté d'une histoire personnelle à Paris, il a commencé à peindre... Des formes. Au début, c'était des formes géométriques. Ensuite, des fractales. Puis des images qui allaient être sur le journal le lendemain. Puis qui seraient sur le journal une semaine plus tard. Puis des images qui se trouvaient sur le journal d'il y a cinquante ans. Cent ans dans le futur, deux cent ans dans le passé... Finalement, lors de la dernière nuit de sa vie, il kidnappa trois jeunes filles dans leur maison, les tua, et peignit ses meilleurs chefs d'oeuvre en rouge et jaune avec le sang et la bile des vierges.


Il se suicida exactement après en avoir peint treize.


Ils sont derrière la porte.


Les six premiers en partant de la gauche montrent, dans cet ordre : la genèse de l'univers, le seul véritable visage de Dieu que les yeux de l'Homme peuvent contempler, la vraie image de Jésus Christ, les nuages du Paradis, chaque pape depuis le tout premier dont le visage n'est pas reconnaissable de nos jours, et un portait de Jésus lors de sa seconde venue sur Terre.


Les six à droite, en partant de la droite, représentent : le cataclysme de l'univers, le véritable visage de Satan que les yeux de l'Homme peuvent contempler, la vraie image de Judas, les flammes de l'Enfer, chaque démon dans un corps humain depuis le tout premier dont le visage n'est pas reconnaissable de nos jours, et un portrait de l'Antéchrist lors de sa seconde venue sur Terre.


Six plus six font douze. Qu'en est-il du treizième ?


La treizième peinture est tournée vers le mur. Elle est attachée par plusieurs cordes sur un très large espace, et en dessous du tableau retourné, il y a un signe traduit en trois langues. Le haut est dans l'écriture des séraphins, le bas dans les runes des plus puissants ordres démoniaques, et le milieu en lettres romaines.


NE 
PAS 
TOUCHER 



Maintenant, tout comme pour le baiser, je ne peux pas vous dire cette partie-là avec certitude, mais j'ai entendu que d'une manière ou d'une autre, en mourant, Beauchamp avait écorché, ôté et assemblé sa peau, ses organes, son âme profonde dans une sorte de collage. Comment il a ainsi détaché les pièces de son corps et créé un tel tableau horrifique, je ne pourrais pas le dire, et je n'oserais jamais le faire. Donc... Si vous réussissez à parvenir jusqu'ici, peut-être pourrez-vous retourner le tableau et me l'expliquer? Vous pourrez m'en parler autour d'un verre.


Traduction : ChubbyCrow

9 commentaires:

  1. Il y a comme un petit air avec le Pasteur rampant.

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  2. C'est le même genre, mais celui ci est bien mieux si tu veux mon avis ! Alors que le pasteur rampant sombrait dans une incohérence des plus totales, celui là est plus... envoutant je trouve :)
    Bref, j'ai beaucoup aimé ! :D

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  3. C est qur par rapport au pasteur rampant, celle la est beaucoup plus cohérante.

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  4. C'est dans quel bar ?

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  5. Moi j'y mettrait plus jamais les pieds! Le tableau est d'une horreur! J'ai eu l'impression que mon âme s'est déchirer. Je ne peux vous décrire ce tableau, IL m'en empêcherait.

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  6. Cette pasta m'a... Comment dire ,c'est hypnotisant et étrangement inspirante.
    Et la personne qui a écris ce texte est-il bien le Barman ? Car pour tout connaitre ,sauf la partie hors du bar et cette dernière phrase "Si vous réussissez à parvenir jusqu'ici, peut-être pourrez-vous retourner le tableau et me l'expliquer? Vous pourrez m'en parler autour d'un verre." ne sous-entend t-elle pas tout ? :)

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  7. Un vrai chef d'œuvre dites donc, l'une des meilleures que j'ai lut

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  8. Le seul véritable visage de Dieu : du chat, du singe, de l'hippopotame... et il est bouddhiste.

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  9. http://images.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fwww.nouvelordremondial.cc%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F05%2Fjesus-akiane.jpg&imgrefurl=http%3A%2F%2Fwww.nouvelordremondial.cc%2F2014%2F05%2F14%2Fle-vrai-visage-de-jesus-christ-emerge-et-il-ne-ressemble-en-rien-a-ce-que-vous-vous-etiez-imagines-photos-et-videos%2F&h=746&w=560&tbnid=lDf5PJ3RUX-gpM%3A&docid=i_Ve8qMB7fKa9M&ei=bXz5VvytKsu9aZTzteAH&tbm=isch&iact=rc&uact=3&dur=1148&page=1&start=0&ndsp=14&ved=0ahUKEwi8mIPXheTLAhXLXhoKHZR5DXwQrQMIPDAD
    voici apparement le vrai visage de jesus

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