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mardi 16 juillet 2013

Les larmes par le sang

«   Dégage !                 
   - T'as pas ta place ici, le pauvre !
   - Barre-toi! Et va t'acheter des muscles, tapette !
   - Allez, retourne chez ta mère, c'est la seule femme qui t'aimera... »



Ces mots... Ces insultes... J'en avais assez... Plus... Qu'assez... Heureusement... je l'ai trouvé... A moins que ce ne soit... lui... qui m'ait trouvé?... Mon seul ami... Il faut que je remette mes idées en place... que je me souvienne de ma vie... avant de le rencontrer... et de tous les bienfaits qu'il m'a apporté... De comment il a changé mon existence... Alors, je saurai ce qu'il me reste à faire...


Un jour, je suis né. Depuis, ma vie n'a été que souffrances. Mon père est mort lorsque j'avais deux ans, me laissant seul avec ma sœur, alors âgée de 8 ans.. Ma mère, « technicienne de surface », comme on doit les appeler, n'a pas réussi à m'offrir une enfance joyeuse avec son seul salaire. « L'argent ne fait pas le bonheur »... Ah! C'est bien un proverbe de riches! J'ai du mal à savoir comment être heureux lorsque l'on ne peut même pas avoir de chaussures à sa taille! A l'école maternelle, j'étais trop timide pour me faire des amis, et, malgré la maîtresse qui m'encourageait à « aller jouer avec mes petits camarades », je restais dans mon coin. Personne ne m'approchait. Ça n'avait pas trop l'air d'inquiéter ma mère, bien qu'elle ai été plusieurs fois convoquée chez l'institutrice pour parler de mon asociabilité. Elle préférait regarder ses jeux à la télévision, en rêvant de décrocher le million un jour, elle aussi.
En primaire, j'ai décidé de vaincre ma timidité, et je suis allé vers les autres. J'ai réussi à me faire un ami au CP. Il s'appelait Pierre. Tous les autres enfants refusaient d'entrer en contact avec moi. Ils me bousculaient et m'éclaboussaient de moqueries: « Bigleux! », « Gros tas! ». Que les enfants sont cruels. Il ne fait pas bon avoir un physique ingrat en société, et ce dès l'enfance... Au cours de l'année, Pierre a déménagé, et je me suis retrouvé seul. Un jour, je crois que j'étais en CE2, ma mère a été convoquée par l'institutrice. Elle pensait que j'étais surdoué. Ma mère a ri, ne l'a pas cru une seconde. Raisonnement stupide: « Mon fils, surdoué? Avec de si mauvaises notes? ». La professeur a bien tenté de lui expliquer, mais ma mère a toujours été bornée. Nous sommes rentrés à la maison, et, en voyant mon bulletin scolaire exécrable que l'on venait de recevoir par la poste, elle m'a frappé.


Je suis bien supérieur à toi maman, tu l'as vu aujourd'hui...


Je venais d'entrer au collège lorsque ma sœur s'est fait violer. Elle avait 16 ans. Voilà ce qui arrive lorsque l'on part faire son jogging, un soir d'hiver, dans les bois. Je me souviens exactement de la date: on était le 23 décembre. Juste avant Noël donc; cette fête hypocrite où les riches célèbrent la joie d'être en famille tandis que les SDF crèvent de froid dans des cartons ! Après enquête, un suspect a été arrêté. Une vieille pourriture de la soixantaine, qui a été reconnue innocente après jugement. J'étais sûr que cet homme était coupable, je le voyais dans ses yeux au tribunal ! Et ils l'ont relâché... La justice est bien à l'image de notre société.


C'est pourquoi il vaut mieux la rendre soi-même.


Me voici donc arrivé au jour où je l'ai rencontré. C'était avant-hier. J'étais parti me recueillir sur la tombe de mon père, après le lycée. Le cimetière est sans doute le seul endroit où je me sens à l'aise: les vivants ne me comprenant pas, je n'ai qu'à me tourner vers les morts. C'est alors que je l'ai vu. Ce collier en argent, sur une tombe voisine de celle de mon père. Un rubis y était accroché en pendentif. Que faisait un objet aussi précieux ici? Le rouge sanguinolent de cette pierre précieuse pénétrait ma pupille et s'incrustait dans mon âme. Il me fallait ce collier, je le savais. J'ai tout de suite saisi le bijou et l'ai accroché autour de mon cou. Le rubis pesait lourd. C'est alors qu'un gardien du cimetière m'a interpellé:
« Eh ! Toi, le pilleur de tombes ! »
Je me suis retourné, pris d'un sentiment de panique. J'ai alors vu l'homme qui se dirigeait vers moi se tenir la poitrine... et tomber par terre. Je me suis approché, effrayé. Il ne respirait plus. Choqué d'avoir assisté à la mort d'un être humain, j'ai couru jusque chez moi, sans réfléchir. Mon collier était si léger, tout à coup...


Ma sœur était partie vivre à Paris avec son copain. Ma mère, quant à elle, regardait toujours la télé et elle ne faisait guère attention à moi. Je me suis enfermé dans ma chambre, hanté par le souvenir de la scène à laquelle je venais d'assister. J'ai caché le rubis sous mon T-shirt avant de descendre dîner: il ne fallait surtout pas que ma mère remarque cette pierre précieuse autour de mon cou, car je suis sûr qu'elle aurait voulu la revendre.
Je n'ai pas retiré le collier lorsque je me suis couché.


Le lendemain, je suis allé en cours, comme d'habitude. J'étais horriblement fatigué parce que j'avais très peu dormi à causes de nombreux cauchemars. Dans le bus, je somnolais, mais j'étais toujours ramené à la réalité par un choc. C'était comme si, voyant que je m'endormais, mon corps m'envoyait une décharge électrique pour me maintenir éveillé. C'est lors du repas au self que j'ai commencé à vraiment me poser des questions. Je mangeais seul à ma table, comme d'habitude. Le plat baignait dans l'huile, si bien que j'ai malencontreusement taché le vêtement d'un gars de la table d'à côté lors d'un mauvais coup de fourchette. Ce crétin a commencé à me chercher: il s'est levé et m'a bousculé. Je suis tombé de ma chaise, et ça l'a fait rire. Il faisait le fier devant sa copine. Je me suis relevé sans rien dire, mais il m'a poussé à nouveau et je me suis encore retrouvé sur le sol. Il m'a ensuite donné un violent coup de pied dans la jambe en m'insultant: « Allez, défends-toi si t'es un mec! » Je sentais la rage prendre possession de mon corps au fur et à mesure de ses coups. J'ai tenté de me remettre debout, en le regardant dans les yeux afin de lui faire comprendre qu'il ne m'impressionnait pas.
Il a mis ses deux mains sur son cœur, et il est tombé à terre. Sa copine a hurlé et s'est précipitée sur lui: il ne respirait plus, je le voyais bien. Tout le self a commencé à s'attrouper autour du corps, et j'ai couru pour sortir du lycée, paniqué et en pleurs. Mon collier me semblait bien moins lourd que d'habitude.



Qu'est-ce que j'étais sensible, à l'époque...


Je marchais dans la rue, plongé dans mes pensées. Ces deux morts... depuis que j'avais trouvé ce maudit collier! Il était la cause de mon malheur ! J'ai voulu l'arracher, quand une voix a retenti, pas seulement dans ma tête, mais dans tout mon corps. J'ai d'abord eu un sursaut, mais cette voix était rassurante. Une voix de jeune homme, une voix douce... une voix d'ami.
« Ne fais pas ça ! Nous pouvons accomplir tant de choses, toi et moi... »
Je restais sans rien dire. Ce collier me parlait?
« Je sais que tu as souffert toute ta vie, mais écoute-moi: je te permets de prendre ta revanche... Ensemble, nous vengerons les larmes par le sang. »
La vengeance...


Je connaissais son nom par cœur, et il m'a été facile, grâce à internet, de retrouver sa trace. Ce salopard n'habitait pas bien loin, en réalité. Une ruelle, avec deux habitations. Je n'avais qu'à l'attendre sagement devant chez lui. Bientôt 20h: il ne devait pas tarder à rentrer de son travail. Il est arrivé en marchant avec sa sacoche de bureau à la main. En me voyant le fixer, il m'a salué avec un petit air inquiet.
« Alors, pas trop dure la journée? »
Il m'a regardé d'un air incrédule. Je pouvais apercevoir chaque ride de son visage pourri par le temps et le crime.
« Je vous demande pardon, on se connaît?
   - Excusez-moi, c'est que je m'inquiète pour vous, monsieur. Cela doit être très fatiguant comme travail de violer des jeunes filles. »
Je crois que je ne me suis jamais senti aussi puissant et heureux qu'au moment où cet homme est tombé raide sur le trottoir. Un sentiment d'extase me parcourait tout le corps, et mon collier ne pesait plus rien. Je souriais lorsque je me suis penché sur le cadavre et que j'ai effleuré sa peau transpirante de mes doigts. Je devais à présent encore plus faire souffrir ses proches, comme il m'avait fait souffrir en déshonorant ma sœur. J'ai pris les ciseaux à bouts pointus que j'ai toujours dans mon sac, et je lui ai crevé les yeux. Sa famille ne pourrait plus jamais croiser son regard pour lui dire « Adieu ». J'ai ri.


Voilà, ma sœur, tu vois? Je suis un mec bien. Je t'ai vengé...


Les morts suffisaient pour ce jour-ci. J'ai donc décidé de rentrer chez moi, et sur la route, je souriais toujours.
« Félicitations, mon ami. Tu vois tout ce que nous pouvons réaliser? Et ce n'est qu'un début.
- Comment ça, un début?
- Tous ceux qui t'ont fait souffrir ne doivent pas rester impunis. Repense aux enfants qui t'embêtaient à l'école...
- Ils ne méritent pas la mort.
- Tu penseras différemment, bientôt, je te le promets. »


Mon ami, j'avoue avoir été méfiant lorsque tu m'as dit cela. Je te demande pardon. Tu m'as ouvert les yeux.


Le lendemain matin, lorsque je suis descendu prendre mon petit déjeuner, ma mère était toujours devant sa télé, et moi, je gardais toujours mon ami collé contre mon torse. Dès qu'elle m'a vu, elle m'a parlé: c'était la première fois depuis bien des matins. Elle m'a dit qu'ils avaient montré une photo de moi aux infos. Penché sur un cadavre. Cette photo avait été prise par la femme du vieil homme mort, qui regardait par la fenêtre de la maison. Ma mère avait les larmes aux yeux en me demandant si j'avais tué cet individu. J'en ai été presque ému. Pourtant, c'est en souriant que j'ai répondu que j'avais tué le violeur de ma sœur. Elle m'a longtemps regardé, sans rien dire. Puis elle a prononcé une phrase, une seule, qui m'a transpercé comme un poignard.
« J'appelle la police. »
Mon ami a alors hurlé dans mes entrailles:
« Tue cette garce !
- C'est ma mère !
- Tu veux finir en prison ? Espèce de lâche, les autres avaient peut-être raison en te traitant de couille molle... »


J'ai tué ma mère. Lorsqu'elle est tombée sur le sol du salon, à côté du téléphone, j'étais d'abord trop choqué pour faire quoi que ce soit. Puis j'ai reçu comme une nouvelle décharge électrique, d'abord douloureuse, mais vite incroyablement agréable. J'observais le cadavre, et je riais. Je riais lorsque je lui arrachais les vêtements. Je riais lorsque j'ai pris le couteau de cuisine et que je lui ouvrais le ventre. Je riais lorsque je léchais son ventre couvert de sang, tandis que mon ami me disait:
« En te nourrissant, tu me nourris... En me nourrissant, tu me rends plus fort, et tu me permets de t'aider dans ta soif de vengeance. A nous deux, nous créerons une société parfaite et juste, éliminée de toute vermine. Mais nous ne pourrons réaliser notre rêve qu'en faisant couler le sang... J'espère que tu comprends cela, à présent?
- Oui, je comprends...
- Tous ceux qui ne sont pas tes amis sont tes ennemis... et garde bien en tête que je suis ton seul ami.»


Voilà où j'en suis à présent... Tout ce monde est rempli de parasites qu'il faut éliminer... Tous. Ils méritent tous la mort; tous, sans exception. Je sais maintenant ce qu'il me reste à faire: tuer tout ce qu'il est possible de tuer.

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  Je vous entends penser derrière votre écran: « Cette histoire est totalement fantaisiste, une telle chose n'arrivera jamais ! » Certes, il est rare de nos jours de tomber sur un collier possédé par un démon assoiffé de sang. Mais un fusil d'assaut est presque aussi efficace qu'un artefact magique. Combien de révoltés contre la société, dans la réalité? Combien de révoltés qui, du jour au lendemain, n'en peuvent plus et, bien malheureusement, passent à l'acte, massacrent des innocents de sang froid? Pensez-y...


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Note de l'auteur: Cette creepypasta ne reflète pas mon point de vue sur notre société et n'a aucune visée politique. De plus, je ne cherche en aucun cas à justifier ou à minimiser les crimes commis par des sociopathes.
Auteur: Hypnomalade

Le vainqueur du 3ème concours creepy (tags: artefacts et morts) est le brillant Hypnomalade, déjà auteur de la magistrale creepypasta Adieu.

13 commentaires:

  1. C'est pas un remake de Death Note par hasard ?

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    1. Négatif. Il est vrai que ça peut y faire penser mais je ne me suis pas du tout inspiré de Death Note pour écrire cette pasta, si ce n'est, peut-être, inconsciemment :)

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    2. Dans Death Note, il tue les criminels dans l'espoir de rendre le monde meilleur, il ne tue jamais d'innocents, et pis le shinigami ne le contrôle absolument pas, ensuite c'est pas du tout un mec rejeté, il est plutôt apprécié et très intelligent.

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  2. Waow ! J'aime vraiment beaucoup ! Très bonne creepypasta ! :D
    Et j'ai aussi un peu cette façon de voir les choses...

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  3. Moi aussi j'aime beaucoup !
    Et c'est clair qu'il suffit de remplacer le collier par une arme à feu pour que cette histoire puisse vraiment arriver

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    1. Oui, c'est ça qui rend cette pasta à la fois fantastique mais réaliste et donc qui est super.

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  4. on dirait death note mais au lieu d'un livre c'est un collier

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  5. excellente pasta! les histoire ou le héros est maltraité et qu'il se rebelle grâce à un pouvoir son mes préférées!
    j'invente des histoires comme ça depuis toute petite!

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  6. Je sais pas pourquoi mais j'ai aussi penser a death note en lisant cette pasta et puis j'ai regarder vos commentaires et je me suis sentie moins seul XD

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  7. moi j'ai pensé à l'anaux de Sauron qui control le mec et qui lui dit de fair ce qu'il veut.

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