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mercredi 26 octobre 2016

Mr. Stringy

Tante Sicily est morte. Elle était la grand-tante et la dernière proche encore vivante de ma femme, Emily. Les parents de mon épouse sont morts d'un accident de la route quand elle n'était encore qu'une étudiante de première année. C'est après ça qu'elle est entrée en contact avec Sicily

Sicily était vieille et avait quelque chose d'excentrique. Elle vivait seule sur un terrain en friche de 4 hectares au sud de Pendleton. C'était une femme célibataire qui consacrait son temps à "regarder ses histoires", comme elle disait, et fabriquait des poupées qu'elle donnait ensuite à des enfants en phase terminale.

Emily et moi, nous nous sommes mariés peu de temps après qu'elle ait obtenu son diplôme et nous avons utilisé le reste de l'argent de son assurance-vie pour nous payer une petite maison, ici, à Portland. À l'époque, Emily appelait Sicily une ou deux fois par mois et lui envoyait régulièrement des paquets qui contenaient tous les matériaux nécessaires pour ses poupées. Pour ce que je savais, leur relation se limitait à ça. Je lui ai proposé plusieurs fois de la conduire chez elle pour lui rendre visite, mais elle a toujours refusé, prétextant à chaque fois que ce n'était pas le bon moment. J'ai vite arrêté de lui demander.

Au fil du temps, Sicily a commencé à montrer des signes de démence. Ça a commencé doucement, elle répétait la même histoire ou la même question deux ou trois fois de suite. Puis, ça s'est accéléré. Plusieurs fois, j'ai vu Emily pleurer après qu'elles se soient parlées.

"Au début elle est complètement normale, et ensuite elle commence à parler de ces satanées poupées!" m'a expliqué Emily. "Mr. Stringy est bagarreur", "Mr. Stringy n'arrête pas d'embêter Ralphie" ...

Ralphie était le chien de Sicily. Il était passé un jour sur la propriété, et il avait décidé de rester. Il passait ses journées à chasser des lapins, ou à voler les bobines de fil de Sicily pour les vomir plus tard, d'où son nom.

Parfois, ma femme appelait Sicily à plusieurs reprises sans recevoir de réponse. C'est alors que les choses se sont tendues dans la maison. Incapable de la joindre, Emily a alors fait appel au shérif local pour faire une enquête. Il est allé à la propriété de Sicily et l'a retrouvée, saine et sauve, mais complètement confuse et désorientée. J'ai demandé à ma femme de la placer dans un établissement spécialisé, mais elle me disait que Sicily ne voulait pas et qu'on ne pouvait rien faire pour la faire partir.

Quand Sicily n'a pas répondu au téléphone après deux jours d'appel, mon estomac s'est serré. Le shérif nous a appelés plus tard ce jour-là pour nous informer que tante Sicily était décédée. Il a fait ses condoléances à Emily. Emily a passé le reste de la journée au téléphone à faire des arrangements. Il s'est avéré que Sicily avait tout préparé à l'avance, il y avait donc peu de choses à faire. Elle avait demandé et payé d'avance pour une crémation, demandant que ses cendres soient répandues sur sa terre et nommant ma femme comme sa seule héritière.

"Nous devons aller là-bas," lui ai-je dit ce soir-là. Je peux vous dire qu'elle a hésité, mais j'ai senti que c'était important.

"Ils peuvent nous envoyer tout ce que je dois signer," dit-elle. "D'ailleurs, elle m'a expliqué qu'elle ne voulait pas de mémorial, donc on n'a aucune raison d'y aller."

J'ai passé le lendemain à essayer de la convaincre. Je lui ai dit qu'elle le regretterait, qu'elle était de la famille et assez sympathique pour nous laisser ses terres. Elle a finalement cédé, et nous sommes partis le lendemain matin. Nous ne savions pas vraiment ce qui nous attendait là-bas, donc nous avons préparé notre équipement de camping et pris de la nourriture, par précaution.

Cet après-midi, après avoir un peu tourné en rond, on s'est arrêté à une station essence pour demander notre chemin. À l'intérieur de la supérette, nous avons trouvé le shérif qui s'était arrêté pour prendre une tasse de café. Il a dit qu'il était content que quelqu'un vienne pour Sicily, que c'était une honte que personne n'ait veillé sur elle quand elle en avait besoin. Il nous a indiqué le chemin en soulignant les points de repère, la plupart des routes étaient sans indications.

Au moment de repartir, il m'a pris à part et m'a donné un regard peiné.

"Vous n'avez pas l'intention de la voir, n'est-ce pas?" Me demanda-t-il, en évitant le contact visuel.

"Je ne pense pas, enfin, ma femme n'a rien dit à ce sujet" Ai-je répondu.

"Eh bien, ce n'est pas le genre de chose que je dirais devant une dame, mais elle était déjà décédée depuis un moment quand on l'a trouvée. Elle était si isolée..." Il balbutia. "Écoutez," dit-il finalement, "Je ne veux pas vous mettre mal à l'aise, mais quelque chose a trouvé son corps avant nous... probablement des rongeurs. Disons-le, elle était dans un sale état."

Il s'est penché plus près encore et m'a murmuré : "Ils ont pris ses yeux. Il vaut mieux que vous ne la voyiez pas comme ça."

J'étais sans voix. J'ai adressé un signe de tête au shérif et je suis allé à la voiture, un peu sonné.
Il y avait peu de distance entre la station service et la propriété de Sicily, mais on n'aurait jamais pu trouver par nous-mêmes. Toute la zone était sillonnée de chemins de terre. Finalement, nous sommes arrivés en haut d'une colline dans une prairie jonchée de débris, où se dressait un mobile home délabré. L'endroit ressemblait presque à une décharge. Nous sommes sortis de la voiture et après un rapide regard sur ce qui nous entourait, j'ai compris pourquoi mon Emily refusait de venir.

"C'était une erreur," dit-elle, "rentrons à la maison."

Je pensais la même chose, mais on venait juste d'arriver et je pensais toujours que ce voyage était la bonne chose à faire.

"Il se fait tard", lui ai-je dit, "je ne pense qu'il vaut mieux ne pas conduire sur ces routes la nuit. Pourquoi on ne resterait pas, on repartirait demain matin." Je pouvais bien voir qu'elle n'était pas convaincue, mais elle a accepté.

On a décidé d'explorer la maison pour voir s'il y avait des choses à garder. Je dois admettre que je m'attendais à trouver des objets de valeur oubliés depuis longtemps, mais j'ai gardé ça pour moi. La porte était ouverte, et au moment d'entrer, nous avons été frappés par une odeur qui nous a presque fait tomber à terre. C'était un pot-pourri de nourriture en décomposition, de déchets et d'air vicié. Nous sommes restés à la porte pendant un moment, espérant que l'air frais de l'extérieur s'imposerait rapidement, mais la puanteur a persisté.

Quand nous avons été assez braves pour entrer, la nature de l'odeur est devenue évidente. L'ensemble de la remorque était jonché d'ordures. Des piles de journaux et magazines au-dessus de vieux plats de nourriture, une accumulation de détritus. La cuisine était pleine de vaisselle sale avec de la nourriture dans divers états de dégradation. Une fois que je me suis habitué à la puanteur et la saleté, j'ai remarqué les poupées. Elles étaient partout. C'était de grandes poupées de chiffons que Sicily avait confectionnées à partir de différents types de tissu avec des yeux en boutons et des sourires cousus à la main.

Ce qui était dérangeant, ce n'était pas tant la quantité de poupées que le fait qu'elles avaient toutes été posées dans diverses natures mortes. Quatre étaient assises à la table de la cuisine devant des assiettes de victuailles décomposées. Une était perchée sur le canapé à regarder la télévision. Une autre dans la salle d'eaux, en train d'enfiler un bonnet de bain. Dans tous les coins, nous étions accueillis par un regard vide et un sourire idiot.

"Nous n'aurions pas dû venir," a déclaré Emily, serrant mon bras. Elle avait raison. Je voulais lui trouver du réconfort ici, pas lui mettre sur la conscience que sa tante avait vécu dans la misère et l'isolement.

Nous avons lentement fait notre chemin à travers chaque pièce. Je gardais un œil sur les trésors enfouis, notant du regard tout ce qui pouvait avoir de la valeur. 

Nous progressions dans un couloir étroit qui menait aux chambres, quand nous sommes tombés sur quelque chose d'entièrement différent. Des poupées alignées dans le couloir, certaines avec des membres manquants, toutes mutilées à divers degrés. Dans la chambre d'amis, nous en avons trouvé une avec une paire de ciseaux de couture plantée dans le front, et une autre empalée avec un tisonnier. C'était comme si nous étions sur la scène d'un règlement de comptes qui aurait mal tourné.
 

Il était clair maintenant que pendant toutes ces années où nous avions mis le comportement étrange de Sicily sur le compte de l'excentricité ou au pire d'une légère démence, c'est bien la folie qui la dévorait. La chambre principale offrait un spectacle similaire, à l'exception qu'il manquait les yeux de toutes les poupées de la pièce. En regardant de plus près, on pouvait voir pendre les fils qui autrefois retenaient les boutons. Une bibliothèque renversée bloquait le sol de la chambre, nous avons dû marcher sur le lit pour rejoindre l'autre côté de la pièce.

C'est là, que j'ai aperçu un grand coffre contre le mur. Il avait l'air d'être ancien et c'était peut-être le seul objet de valeur dans la maison. J'ai essayé de soulever le couvercle, mais il était fermé. J'ai pensé à le forcer, mais je ne voulais pas paraître insensible devant ma femme en deuil. On était en train de revenir sur nos pas pour quitter la chambre, quand j'ai remarqué une grande clé sur la table de chevet. Sans y réfléchir, je l'ai ramassée et je suis retourné vers le coffre. La clé correspondait bien au coffre, et un instant plus tard, je l'ai ouvert. Je m'attendais à trouver les économies de Sicily, ou au moins un souvenir de famille, mais le coffre ne contenait qu'une poupée.

Elle était faite de matériaux souples comme les autres et faisait quatre pouces de hauteur. Elle avait des fils rouges pour les cheveux et des boutons noir d'ébène pour les yeux. Mais au lieu d'un sourire tordu, elle avait de grandes lèvres rouges cousues qui lui donnaient un sourire narquois. J'ai levé la poupée et je l'ai montrée à ma femme qui était de l'autre côté de la salle.

Elle a tressailli quand elle a posé les yeux sur la poupée. "C'est Mr. Stringy," dit-elle.

"Celui dont elle parlait toujours ?" Elle a hoché la tête.

"Tu veux le garder?" Lui ai-je demandé, mais elle a secoué la tête. "Remets-le à sa place," dit-elle, "Je ne veux pas de cette chose dans notre maison." J'ai remis la poupée à sa place comme elle me l'avait demandé et nous sommes retournés à la voiture.

Le soleil commençait déjà à se coucher, nous avons planté notre tente et préparé le campement pour la nuit. J'ai fait un petit feu et nous nous sommes assis autour d'une bouteille de vin et quelques sandwiches. Peu après, la nuit est tombée et le mobile home a disparu dans l'obscurité.

"Je suis désolé," dis-je finalement, rompant le silence. "Si j'avais su, je n'aurais jamais suggéré de venir ici." Emily a approuvé silencieusement en regardant d'un air grave dans son verre de vin.

"Je suis passée à autre chose, tu sais." dit-elle finalement. "Mes parents, je veux dire. C'était il y a longtemps, j'ai fini par le digérer."

"Je le sais, chérie" lui ai-je répondu, "Je le sais."

Nous avons regardé fixement le feu un moment avant de rentrer dans la tente. Tout était immobile et calme, à l'exception du craquement occasionnel émanant du feu. Une fois installés dans la tente, nous nous sommes posés silencieusement. J'étais sur le point de m'endormir, quand Emily a rompu le silence.

"Elle était rejetée, tu sais."

"Je sais," répondis-je.

"Non, je veux dire que ce n'était pas son choix, mes arrière-grands-parents l'ont abandonnée. Maman me l'a dit un jour. Avant que mon arrière-grand-mère soit née, Sicily avait une autre sœur qui avait seulement un an de moins. Je suppose que leurs parents ont toujours privilégié la petite sœur et ont ignoré Sicily. C'est pour ça que Sicily a commencé à faire des poupées, pour avoir des amis avec qui jouer.

C'est seulement peu de temps après qu'elle ait fait Mr. Stringy que sa petite sœur est tombée gravement malade, au point d'être clouée au lit. Ma mère ne savait pas vraiment tout dans les détails, mais elle disait que la jeune sœur est décédée peu de temps après et que ses parents en ont accusé Sicily. Sicily a dit que c'était la faute de Mr. Stringy, que c'était un accident. Ils ont éloigné Sicily et ma grand-mère a grandi en pensant qu'elle était une enfant unique."

Je n'avais jamais rencontré tante Sicily, mais mon cœur s'est serré en entendant cette histoire et en apprenant ce qu'elle avait vécu pendant tant d'années. Elle avait passé toute sa vie seule, à fabriquer des poupées pour les enfants malades.

J'étais tellement perdu dans mes pensées que sur l'instant, je n'ai même pas entendu les halètements qui se rapprochaient. "Tu as entendu ça?" ai-je murmuré. Je pouvais entendre Emily hocher la tête dans l'obscurité. Le son s'est amplifié jusqu'à ce qu'il soit juste devant la tente. Les côtés de la tente ont alors commencé à trembler tandis que quelque chose grattait le nylon. Nous étions acculés, paralysés par la peur. Je me suis rappelé de sérieusement considérer l'acquisition d'un port d'arme si on arrivait à survivre à ça.

J'ai attrapé la lampe-torche et je me suis dressé sur mes genoux. J'essayais d'avoir l'air courageux pour Emily, mais elle avait probablement dû voir mes mains tremblantes.

"Écoute" dis-je finalement, "c'est probablement un coyote et ils n'attaquent pas les humains. Si on fait un peu de bruit, je suis sûr qu'il va s'enfuir."

Nous avons compté jusqu'à trois, et nous avons crié et frappé sur les côtés de la tente. Le calme est revenu un instant, puis nous avons entendu un gémissement plaintif à l'extérieur. Cela a duré une minute ou deux, avant que je cède. "Je vais jeter un coup d’œil" ai-je dit tout en descendant la fermeture éclair de la porte, armé de ma lampe-torche. J'ai tendu le cou hors de la tente pour découvrir un chien, gémissant dans l'obscurité.

"C'est juste un chien", ai-je dit.

"C'est Ralphie", a déclaré Emily. Il se tenait devant nous. C'était le chien le plus pathétique que je n'avais jamais vu. Il tremblait dans le froid, et les côtes visibles à travers son poil emmêlé suggéraient qu'il n'avait pas mangé depuis plusieurs jours. Il balançait sa tête d'un côté à l'autre, révélant que l'un de ses yeux était recouvert de sang séché.

Je me suis levé de la tente et j'ai essayé de l'approcher, mais il a gardé ses distances, gémissant et tenant sa tête de côté pour nous regarder avec son œil valide. Je lui ai versé de l'eau et lui ai donné les restes de viande de notre repas, qu'il a dévorés avec appétit. Nous l'avons regardé manger, et je me suis retourné pour voir des larmes couler sur les joues d'Emily. Elle a tapoté Ralphie sur la tête et est retournée se blottir dans la tente. Je l'ai suivie, et une minute plus tard Ralphie a gratté à la porte. Nous avons échangé des regards, et j'ai cédé, j'ai ouvert le rabat pour le laisser entrer. Il nous a regardé une dernière fois
avec circonspection avant de se décider à dormir à nos pieds.

"Merci", a dit Emily.

"Il sent encore plus mauvais que la maison", ai-je répondu.

Je crois qu'aucun de nous deux n'a pu dormir cette nuit-là. Chaque fois que j'arrivais à m'endormir, je me faisais réveiller en sursaut par un fracas à l'extérieur. Parfois ça sonnait comme du métal, parfois c'était le son de plats qui se brisaient au sol. Je ne pouvais pas déterminer si c'était vrai, ou simplement un rêve.

"Tu as entendu ça?" a finalement demandé Emily.

"C'est juste des ratons laveurs, ils ont dû réussir à entrer dans la maison", lui dis-je en essayant d'avoir l'air convaincant.

"Les ratons laveurs rient ?"


"Tu as entendu des rires?"

"Ça y ressemblait. Comme des rires d'enfants."

"Eh bien, les ratons laveurs font parfois des cris stridents, je suppose que ça peut ressembler à des rires" ai-je dit, en espérant que ce soit vrai.

J'ai tendu l'oreille, mais je ne pouvais pas entendre autre chose que le son de notre respiration. Lentement, la tente a commencé à s'illuminer.

"Le soleil se lève", ai-je dit en me levant.


Emily a accueilli la nouvelle avec soulagement.

"Allons-y maintenant."

Nous nous sommes assis et nous sommes sortis de nos sacs de couchage. Ralphie était encore endormi. "Qu'allons-nous faire de lui?" Ai-je demandé. Emily disait qu'on pouvait se décider plus tard, mais qu'on ne pouvait pas le laisser. Je l'ai secoué et appelé par son nom, mais il ne voulait pas bouger. Il avait froid.

J'ai regardé ma femme et j'ai vu les larmes dans ses yeux. Nous avons ejambé le chien pour sortir, et nous avons découvert avec surprise qu'il faisait encore nuit. La lumière venait du mobile home, qui était à présent dévoré par les flammes. On s'est rapprochés, mais on s'est arrêtés net dans notre élan en entendant un cri.

"Il y a quelqu'un ici", a dit ma femme.

"Il n'y a personne, nous sommes au milieu de nulle part. Il faut une voiture pour venir ici, et il n'y a aucune voiture dans les alentours."

"Donc c'est des ratons laveurs?"

"Il y avait beaucoup de choses dans cette maison" dis-je. "Je ne sais pas, mais je suis sûr qu'il n'y a personne ici."

Je suis retourné à la tente pour chercher nos sacs, mais Emily m'a stoppé. "Laisse tout ici" dit-elle, "Il faut partir."

Nous sommes retournés à Portland sans dire un mot.
 

Quelques semaines plus tard, j'étais à la maison quand le facteur est venu à notre porte avec un paquet. Au début, j'ai pensé qu'Emily avait commandé quelque chose sur Internet, mais j'étais sous le choc quand j'ai vu l'adresse de retour.

"Qui est-ce?" a-t-elle dit depuis la cuisine.

"Hmm, personne, juste quelqu'un qui essaye de vendre quelque chose" ai-je marmonné.

Je suis allé dans la salle de bains, le paquet à la main. Une fois la porte fermée derrière moi, je l'ai ouvert pour y trouver Mr. Stringy me regardant fixement de ses yeux en boutons, avec le même sourire ironique. Une note est tombée de l'emballage. C'était du shérif. Il disait qu'il avait retrouvé la poupée en parfait état à quelques pas du mobile home. Tout le reste était perdu. Il ajoutait qu'il était désolé pour cette perte et nous recommandait de le contacter si on avait la moindre question.

Sans hésiter, j'ai mis Mr. Stringy dans la poubelle de la salle de bains, que j'ai immédiatement vidée dans la benne. Je ne voulais pas énerver Emily, mais pour être honnête, la vue de cette poupée ne ferait que remonter des souvenirs que je voulais oublier le plus tôt possible.

Mais ce n'était pas la dernière fois que je l'ai vu. Je l'ai revu dans les bras d'une petite fille en fauteuil roulant au centre commercial.

Quelques mois plus tard, je l'ai encore vu dans les bras d'un garçon aveugle à l'épicerie avec sa maman. Je me suis approché d'eux, essayant de les mettre en garde, mais j'ai fini par divaguer comme un fou. La mère m'a dit de me mêler de mes affaires. J'ai insisté, mais c'était inutile. Elle a attrapé son fils par les épaules et s'est retournée brusquement.

Je les ai regardés s'éloigner. Le garçon faisait son chemin avec précaution, Mr.Stringy affalé sur son épaule, ses yeux d'ébène fixés droit vers moi. Je n'étais peut-être pas complètement lucide à ce moment-là, mais je vous jure que j'ai vu ses lèvres rouges relevées en un sourire grotesque de dents jaunes crochues.





Traduction : Ocene

Texte original

28 commentaires:

  1. First


    Très bonne creepy j'ai pas tout comprie a part qu'on a une PUTEIN de poupée maléfique



    Au qu'un rapport mais j'ai taper la buche dans un coffre à couronne PS : les vrais comprendrons

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    1. félicitations, tu es la compilation de ce qu'il ne faut pas commenter:

      -first

      -g pa compri mai c lol xD

      -un truc qui n'a rien à voir

      -raconter sa vie

      -''les vrais comprendront''

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    2. Ajoute -"j'ai pensé à [insérez produit culturel mainstream]"

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  2. Cette pasta est superbe, bravo à l'auteur

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  3. L'apparence décrite de Mr.Stringy me rappelle celle de la vraie poupée Annabelle...

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  4. J'ai pensé à Ms. Pérégrine et les enfants particuliers.

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  5. Réponses
    1. J'ai pensé à la même chose x)

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    2. J'avoue il deviens quoi ?

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    3. Il est mort le chien je pense... Il ne bougeait plus donc bon :/

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    4. Si l'on prend le texte original, la traduction la plus "juste" serait "il ne bougeait pas, il était froid".
      Ce qui expliquerait aussi les yeux larmoyant d'Emilie !

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  6. Excellente pasta. Début cependant assez compliqué à comprendre mais au fil de l'histoire on arrive de mieux en mieux à suivre

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  7. Mr. Stringy toujours vêtu de son string rose en dentelle Dolce & Gabbana et son rouge à lèvre Diorific mat édition limitée Noël 2016.
    Une vraie petite diva qui prend n'importe quel prétexte pour écarter les jambes, pire que Barbie.
    Quel délice.

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    1. Jpp, tu m'as tuée! (je suis une revenante)

      Autrement, cette pasta était super! J'aime bien les poupées maléfiques, ça fait penser à Robert, Annabelle & Chucky!
      (bon, en vrai tu les veux pas chez toi, pour sûr.)

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  8. Une bonne pasta malgré la fin très prévisible j'ai bien aimé le fait que l'histoire soit plus profonde que le simple "une poupée maléfique qui tue des gens". PS : Bonne idée d'avoir dis que le shérif a envoyé la poupée et pas juste qu'elle s'est retrouvée là toute seule ça m'aurait un peu déçu ^^

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  9. Attendez, "des roUgeurs" ont pris ses yeux ?
    On sous-estime les méfaits de l'eczema. X)

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    1. La faute a été corrigé mais c'est vrai, moi aussi j'ai vu cette faute ! XD

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  10. J'ai vraiment adoré le début, mais vers le milieu/fin ça se bart vraiment en steak et la fin est assez mal amenée c'est dommage :(

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  11. Enlevez le y : oui sa fait string
    Jcomprend mtn pourquoi

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  12. Y a un truc que j'ai toujours pas compris : elle vivait dans une caravane ou dans une maison la tantine ?
    Sinon la pasta ça va. J'ai bien aimé mais sans plus.

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    1. Enfin, mobile-home* pas caravane. :) #autocorrectlolilol.

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  13. Les lèvres rouges, les dents jaunes...
    Lil cal spotted.

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  14. Malgré sa longueur la creepypasta est juste énorme *_*

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  15. J'ai tout aimé sauf la fin, que j'ai trouvée plate et très basique.

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