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vendredi 16 juin 2017

Numéros maudits

Je travaille en tant que formateur dans le plus important réseau de télécommunication du monde, j'ai eu l'occasion de travailler dans différentes boites et dans différents pays et j'ai eu l'occasion de me forger une solide expérience ainsi qu'une solide réputation, je dois vous avouer que je suis connu pour ma fiabilité et mon sérieux, je ne dis pas ça pour vous vendre quoique ce soit, mais pour essayer de vous faire prendre conscience que je ne me permettrais pas de vous divulguer ces informations si ce n'était pas important.

Dans une boite de télécommunication, on est amenés à ouvrir et fermer des lignes, c'est généralement rapide et toujours efficace, du moins presque toujours, certains numéros refusent tout simplement de disparaître.
Les numéros que je vais vous présenter ne sont pas des numéros pour le "fun" comme cela peut être le cas pour le numéro du jeu Five Night At Freddy's 1-(701)347-1936 que vous pouvez appeler pour frissonner sans risques, mais des numéros entourés de mystère et de récits concordants à propos des entités qui vous décrocheront voir même... Qui vous appelleront. Le point commun de tous ces numéros est qu'il n'y a pas de trace de la création de ces lignes auxquelles ils sont rattachés et que nous sommes toujours à la recherche d'un moyen de les couper, de plus certains de ces numéros n'apparaissent pas sur les factures téléphoniques.

Attention : Dernier avertissement avant que je ne vous les donne, je vous les livre pour vous prévenir, ne vous avisez pas de les appeler ou de décrocher à leur appel, la liste des personnes disparues après être entrées en contact avec ses numéros est juste trop longue pour prendre des risques.

1 : 666-666-6666 où 1-666-666-6666

Depuis des années des gens signalent recevoir des messages effrayants provenant de ces numéros, l'associant au diable dans leurs témoignages et indiquant dans certains cas qu'il n'apparaît pas sur leur facture.

Voici un de ces témoignages : "On rentrait à la maison en voiture une nuit, quand un de nos amis a reçu un appel sur son téléphone qui indiquait (666) 666-6666. Il n'a pas décroché et on a même commencé à plaisanter sur le fait que le diable l'appelait depuis une cabine téléphonique de l'enfer, puis quelques minutes après l’icône d'un message vocale est apparu sur son téléphone.
C'était le son le plus bizarre que j'ai jamais entendu, on aurait dit une espèce de voix dissonante avec plein d’interférences, on arrivait à peine à reconnaitre certains mots, mais ils ont suffi à nous glacer le sang, puis le message vocal s'est supprimé de lui même et plus bizarre, il n'y a jamais eu de trace de ce numéro sur sa facture.

2 : 999-9999

Selon certaines légendes urbaines en Thaïlande, 999-9999 est un numéro maudit, si vous l'appelez et faites un vœu, il se réalisera, mais quoiqu'il arrive vous mourrez après coup dans un horrible accident.

3 : Les chiffres rouges

Depuis l'apparition de la couleur sur les téléphones, des chiffres rouges lors de certains appels ont été signalés, vous ne pouvez pas appeler mais faites bien attention, au Pakistan des campagnes de prévention sont effectuées pour éviter que les gens ne décrochent à l'appel de ces "numéros maudits" ou "appels mortels".
Apparemment, si vous y répondez, vous entendrez un signal haute fréquence qui déclenchera une hémorragie cérébrale et vous fera mourir instantanément, des douzaines de cas ont déjà été signalés.

4 : 090-4444-4444

Ce numéro est connu au Japon comme étant le "numéro de Sadako", si vous l'appelez, vous êtes censés pouvoir entendre des bruits inquiétants, il est dit que quiconque appelle ce numéro meurt dans la semaine dans un accident.

5 : 0888-888-888

En Bulgarie, on dit que quiconque se voyant attribué ce numéro maudit meurt dans d'horribles circonstances, son premier propriétaire est mort d'un cancer quasiment instantané tant il a été foudroyant, le deuxième s'est pris une balle dans la tête en pleine rue et le troisième a subi le même sort, alors en formation chez Mobitel à l'époque et sous pression, nous avons du cessé d'attribuer ce numéro.
Depuis ce jour, toute personne tentant d'appeler ce numéro entend un message pré-enregistré signalant qu'il n'est pas attribué.

6 : 666

Dans les pays occidentaux et plus précisément aux USA, selon ce que l'on peut en voir sur youtube, des légendes urbaines concernant le numéro 666 circulent, il est dit que si vous l'appelez, c'est le diable en personne qui vous répondra.
Beaucoup de personnes signalent avoir essayé d'appeler ce numéro, mais les résultats ne sont jamais les mêmes, certains disent qu'il ne se passe rien, d'autres qu'ils entendent la berceuse de leur enfance quand d'autres encore disent avoir entendu l'enfer lui-même.

7 : 1(207)404-2604

Quand vous appelez ce numéro, un numéro différent vous rappelle trois fois en laissant des messages effrayants, le premier sont des cris désespérés, le deuxième une chanson glauque et le dernier des chuchotements.

8 : Appeler les morts

Des enfants des années 70 en Grande-Bretagne ont tous fourni des témoignages concordants à propos d'un numéro que l'on pouvait appeler gratuitement à partir de cabines téléphoniques, quand on l'appelait, on pouvait entendre sans arrêt "aidez-moi, aidez-moi, Susie est en train de mourir".

Voici certains de ces témoignages : "En 1975, à l'âge de 9 ans, certains de mes amis avaient insisté pour que l'on s'entasse dans une cabine téléphonique et que l'on appelle un numéro gratuit composé de 0, de 1 et de 2, il y a eu une tonalité, puis on a entendu une voix sans vie dire "aidez-moi, aidez-moi, Susie est en train de mourir" encore et encore, parfois la voix disait "aidez-moi, aidez-moi, Susie est en train de se noyer", c'était toujours la même voix vide. "

"Je me rappelle rentrer avec d'autres enfants dans une cabine téléphonique, pour entendre l’étrange message "Susie est en train de mourir", je ne me souviens plus du numéro."

"Je me souviens de l'horrible voix de quand j'étais petit et qu'on jouait avec les cabines téléphoniques, selon ce dont je me souviens, on mettait une pièce dans le téléphone et on composait le 20 20 20 20 et la voix de l'autre côté était distordue mais audible et disait "aidez-moi, aidez-moi, Susie est en train de mourir", ce qui nous faisait toujours prendre nos jambes à nos cous. "

vendredi 9 juin 2017

Prière du soir

Ma petite fille est très pieuse. Depuis sa plus tendre enfance, sa mère et moi l'avons orientée vers la foi en Dieu et lui avons donné une éducation catholique. De ce fait, tous les soirs, elle fait sa prière avant d'aller se coucher. Un simple notre Père, suivi de ces quelques mots :


"Mon Dieu, veillez sur ma maman et mon papa." 


Mais, alors que j'allais entrer dans sa chambre pour aller lui souhaiter bonne nuit, un soir, elle était en pleine prière. J'ai attendu un peu devant la porte qu'elle finisse pour ne pas la déranger. L'habituel notre Père, puis, les quelques mots habituels. Enfin, pas cette fois. Quelque chose avait changé :


"Mon Dieu, veillez sur ma maman et mon papa. Et accueillez mon tonton près de vous." 


Je suis rentré et je lui ai demandé pourquoi elle avait parlé de son oncle dans sa prière. Elle m'a juste répondu qu'elle ne savait pas, ça lui était venu comme ça. Je n'avais pas insisté plus que ça, mais le lendemain matin, on a retrouvé le frère de ma femme mort chez lui. Foudroyé par une crise cardiaque.
J'ai immédiatement fait le lien avec la prière de ma fille de la veille, mais ça ne pouvait être qu'une coïncidence. Alors j'ai gardé tout ça pour moi.
Pendant la semaine qui a suivi, j'ai écouté à la porte de la chambre de ma famille ses prières, et, Dieu merci, elle ne disait que les mots habituels. Enfin, jusqu'à la semaine dernière, où, à nouveau, elle a ajouté quelque chose :


"Mon Dieu, veillez sur ma maman et mon papa. Et accueillez mon papy près de vous." 


Comme mon beau-père était déjà mort, j'ai immédiatement téléphoné à mon père pour lui demander si tout allait bien. Il m'a assuré que oui, il se sentait en pleine forme, et qu'il était content que je m'inquiète pour lui. J'étais soulagé de voir qu'il n'avait rien qui laisserait présager à une mort imminente, mais je n'ai quand même pas dormi de la nuit.
Le lendemain, mon téléphone a sonné très tôt. Mon père était décédé durant la nuit. D'une crise cardiaque. Je n'en revenais pas... Ce n'était donc pas une coïncidence. Ma fille pouvait prévoir la mort d'un proche. Je ne savais pas par quel miracle ou malédiction. La mort de mon beau-frère, ainsi que celle de mon père, m'avait profondément choqué. Je n'ai parlé de la capacité de ma famille à personne, de toute façon, personne n'allait me croire. Je n'en ai même pas discuté avec elle, ma fille ne savait sans doute pas la portée de ses paroles.
Puis, avant hier, alors que je faisais ma prière avec elle, elle a de nouveau recommencé.


"Mon Dieu, veillez sur ma maman. Et accueillez mon papa près de vous." 


Je l'ai regardée avec de grands yeux ébahis. Les larmes ont coulé le long de ma joue. Ma fille m'a demandé ce qu'il n'allait pas. Je l'ai serrée dans mes bras en lui disant que ce n'était rien, avant de la mettre au lit.
Je me suis préparé cette nuit-là, j'ai fait la paix avec moi-même. J'ai vécu une vie honorable, pieuse. Je savais que c'était le paradis qui m'attendait. J'ai fait mes adieux à ma femme, à ma fille, sans leur révéler mon destin imminent . J'ai passé la nuit à prier... et je me suis finalement endormi. Pour me réveiller le matin, frais comme un gardon.
Je n'étais pas mort ! Peut-être que mes prières m'avaient sauvé. Je remerciais Dieu, et j'embrassais ma femme, qui était toute blême.
Je lui ai demandé d'un ton jovial :


"Et bien, qu'as-tu ? On dirait que tu as vu un fantôme !". 


Elle m'a répondu, d'une voix triste :


"J'ai quelque chose à te dire... Quelqu'un a appelé ce matin. Ton frère est mort d'une crise cardiaque cette nuit..."


mardi 6 juin 2017

Le challenge de la baleine bleue

Depuis un peu plus d’un an, en Russie, un jeu assez sombre fait parler de lui, sans qu’il soit possible d’obtenir autre chose que des informations plutôt floues à son sujet. Il s’agit du siniï kit (синий кит), le challenge de la baleine bleue. Jusqu’à récemment, il a été difficile de savoir s’il ne s’agissait que d’un canular destiné aux jeunes en manque de sensations fortes, ou d’un véritable jeu tordu. Lorsque les premiers corps liés à cette pratique ont été découverts, les autorités ont dû se rendre à l’évidence et commencer à mener l’enquête.

Le principe du challenge est très simple : chaque jour, votre tuteur vous soumet un défi, que vous devez absolument réaliser. Les premiers peuvent être très simples (cela dépend bien sûr de qui vous les envoie), comme faire un simple dessin d’une baleine bleue ou publier des messages dépressifs sur les réseaux sociaux. Plus vous avancez, plus les défis se corsent : le dessin de la baleine bleue ne sera plus sur une feuille de papier, mais taillé dans votre chair. Les derniers défis ont pour objectif de vous préparer au 50e jour, celui de votre mort.

Il n’y a aucune échappatoire possible. Dès le moment où quelqu’un lance le jeu, en Russie en publiant « ya v igrè » (я в игре), soit « je joue », suivi des hashtags adéquats, un tuteur se manifeste très rapidement, et il ne reste alors plus que 50 jours à vivre à cette personne. Abandonner n’est pas permis. On a retrouvé des conversations sur les comptes de certaines victimes où, après avoir tenté de mettre fin au challenge sans aller au bout, leur tuteur avait menacé leur famille et leurs amis, en leur fournissant des informations très précises sur leur identité, l’endroit où ils se trouvaient ou encore des lieux où ils se rendaient tous les jours. Il est probable que cela ait été une motivation suffisante pour accomplir le dernier défi, même si les circonstances de certaines morts restent assez floues. Mais les cas de résistance constituent une minorité, comme vous allez rapidement le comprendre.

Il n’y a presque aucune information sur les fameux tuteurs, mis à part les spéculations des médias. La seule exception étant le concepteur même du jeu, qui a été retrouvé et est accusé d’avoir poussé 16 jeunes filles au suicide. Il est actuellement retenu dans une prison à St Petersburg. Ce qui est étrange à son propos, c’est qu’il reçoit des dizaines de lettres d’amour de jeunes filles, certaines lui donnant même leur adresse. Il semblerait que le phénomène soit étendu à la plupart des victimes, toutes celles n’ayant pas été stoppées à un stade précoce du challenge faisant preuve d’une dévotion aveugle à l’égard de leur tuteur. Si leur fragilité psychologique a rapidement été établie, les méthodes employées pour parvenir à ce résultat n’ont pas encore été découvertes.

Interrogé sur ses actes, le créateur du jeu s’est montré relativement inquiétant : « Bien sûr que je l’ai fait (ndlr : pousser des jeunes aux suicides). Ne vous inquiétez pas, vous allez tout comprendre. Tout le monde comprendra. Ils sont morts heureux. Je leur ai donné tout ce dont ils manquaient : de la chaleur, de la compréhension, des liens. » Dans d’autres témoignages, il déclarait qu’il débarrassait la société de « déchets biologiques », et qu’il pensait « nettoyer la société ». Il semble satisfait de son œuvre, car malgré sa détention, le nombre de suicide n’est pas en baisse.

Il est difficile de savoir qui sont ses complices, si tout un réseau organisé se cache derrière le challenge, ou si n’importe qui peut décider du jour au lendemain de pousser des jeunes gens au suicide. Quoi qu’il en soit, le jeu semble s’étendre, car s’il était il y a encore quelques mois restreint à VKontakte, le Facebook russe, les services de police européens se sont déclarés inquiets de sa propagation, notamment en Grande-Bretagne. Des articles en espagnol, en français ou en turc sont également trouvables sur la toile, laissant penser que le phénomène est déjà présent chez nous.

Ce message n’est pas une blague ou un texte destiné uniquement à vous faire peur. Surveillez bien vos amis pour voir s’ils ne se comportent pas bizarrement, car ils pourraient être en danger de mort. Le nombre de corps ne cesse d’augmenter, et il est impossible de savoir de quoi les gens qui se cachent derrière ça sont réellement capables. Et n’oubliez pas, ça peut arriver à n’importe qui. Mon frère vient juste de publier « je joue » sur son mur Facebook. 


vendredi 2 juin 2017

Mémoires d'un soldat

[Extrait d'une interview d'un militaire à la retraite, en vue d'une publication dans un journal local]


J'ai eu une longue vie, et pendant celle-ci j'ai vu beaucoup de choses qui sortent de l'ordinaire, mais si je ne devais en citer qu'une, c'est celle qui s'est passée en Indochine, pendant la guerre. 
Notez bien ce que je vais vous dire, car en parler fait ressurgir de terribles souvenirs, donc je ne répéterai pas deux fois mon histoire.


J'avais cru ne plus jamais connaître les horreurs de la guerre après notre victoire contre les Allemands en 45, mais j'ai été appelé pour partir en Indochine française, qui correspond maintenant aux actuels Laos, Vietnam et Cambodge. Le conflit faisait rage là-bas, et la France avait un intérêt à garder cette colonie. Elle a donc envoyé des soldats sur place, même s'ils subissaient encore le contrecoup de la seconde guerre mondiale. Et j'étais dans le lot.


J'avais un peu d’expérience, en tant que soldat. Les précédentes guerres m'avaient forgé un corps robuste et un mental solide. Même si je n'étais pas dupe : cela ne me serait d'aucune utilité face aux balles. Cette expérience, j'essayais d'en faire profiter mes camarades, et j'en suis assez fier, car ça nous a permis de nous sortir de situations désastreuses plus d'une fois.
C'est en 1953 que j'ai vécu ma plus grande manœuvre militaire. Le 20 novembre, pour être précis. La France avait décidé de lancer une vaste opération aéroportée afin de s'emparer de la plaine de Diên Biên Phu. Celle ci portait le doux nom d'Opération Castor.


Alors que la bataille faisait rage, j'ai eu pour mission de contourner les ennemis et de les attaquer par le flanc. Nous étions une petite escouade, et, étant le plus haut gradé, je donnais les ordres. Nous nous sommes engagés dans une forêt qui longeait la plaine. La mission était simple : avancer furtivement par la forêt, puis attaquer les troupes ennemies par le coté, donnant ainsi un avantage non négligeable à nos troupes. 


Tout se passait bien, personne ne nous avait pour le moment repéré, jusqu'à ce je voie la tête de mon camarade Jean exploser. Il s'était pris une balle en plein milieu du front, faisant gicler son sang et des bouts de cervelle un peu partout. Bien sûr, comme c’était la première guerre de certaines recrues qui n'avaient jamais vu la mort d'aussi proche, au lieu de s'abriter rapidement, il se sont enfuis, malgré mes ordres. Les cons, il se sont tous fait plomber les uns après les autres.
Pour ma part, je savais ce à quoi nous avions affaire. Le bruit des coups de feu était toujours identique, et venait du même point, en hauteur.
Nous avions en face de nous un sniper. Et un bon, de surcroît.


La stratégie était pourtant simple : Le canarder pour l'obliger à s'abriter, pour pouvoir se déplacer et le prendre par surprise. Mes gars savaient ce qu'ils avaient a faire, et ont donc entrepris un tir de barrage pendant que j'essayais de m'approcher du sniper. Cette stratégie était la plus efficace, mais pourtant, elle a causé de grandes pertes parmi mes hommes. 


En effet, on aurait dit que le sniper ennemi ne s'abritait jamais malgré les rafales de tirs. Dès qu'un de mes hommes levait la tête pour lui tirer dessus, il se prenait un tir dans la tête. La précision de ce sniper était vraiment hors norme. Pour ma part, j'avais réussi à me faufiler jusqu'à l'ennemi, et quand je l'ai vu, j'ai été très surpris.
Notre fameux sniper était un cadavre en décomposition. Il n'avait presque plus de peau sur les os. Il était allongé sur le ventre, et dans ses doigts squelettiques se tenait un MAS 49, qui était un fusil semi-automatique français, équipé d'une lunette de grossissement. Je n'étais pas au bout de mes surprises, car celui-ci avait également un semblant d'uniforme de l'armée française. Même s'il était déchiré de partout, j'avais bien reconnu l'écusson sur les épaules, qui était encore en place.


Mais je ne me suis pas trop attardé sur les détails, car je n'étais pas dupe, j'avais déjà vu ça ailleurs. C'était un leurre, un piège. Le vrai sniper devait avoir mis le corps d'un de nos soldats ici pour attirer nos troupes sur lui, et pouvoir les canarder d'un autre endroit.
Je devais donc faire vite, car j'étais tombé tout droit dans la gueule du loup, il me fallait trouver un abri. Alors que je me retournais pour me cacher derrière un rocher, j'ai senti une vive douleur au torse. Je m'étais pris une balle dans le dos, qui m'avais traversé le corps.


Je me suis retourné, et c'est là que je l'ai vu. Le squelette du soldat français. Il me faisait maintenant face, et me regardait de ses orbites vides. Son doigt décharné était sur la détente, et de la fumée sortait du canon de son fusil.


Ce n'était pas un leurre. C'était lui, le tireur. 


Je ne sais par quel maléfice les ennemis avaient permis au cadavre d'un de nos soldats de revenir à la vie et d'obéir à leur ordres, mais j'avais la preuve devant moi que cela existait bel et bien. Après m'avoir regardé quelques secondes, le squelette a repris sa position initiale, tandis que je m'étais écroulé sur le sol.
Si je ne l'avais pas vu bouger en premier lieu, c'est parce qu'il avait fini son travail de l'autre coté. Tous mes hommes étaient morts. Certains avaient la tête explosée, d'autres s'étaient vidés de leur sang après avoir reçu une balle dans le cœur. Je me suis dis que j'avais beaucoup de chance de ne pas avoir reçu la balle en pleine tête, mais que j’étais quand même mal barré. La balle était ressortie et n'avais pas touché d'organes vitaux, donc j'avais peut être une chance de m'échapper en comprimant ma blessure.


Le tireur semblait ne plus faire attention à moi, alors j'ai rassemblé mes dernière forces pour fuir cet endroit. Alors que j'étais parvenu a quitter la place, je me suis retourné une dernière fois pour voir mes collègues tombés sur le champs d'honneur, afin de ne jamais les oublier. Et pour le coup, je ne les ai jamais oubliés, pour sûr !


Mes hommes, que j'avais vu mourir au combat quelques minutes plus tôt, étaient tous en train de se relever. Même ceux qui n'avaient plus de tête. Tels des marionnettes désarticulées, ils se mettaient en position de tir, comme le squelette. Eux aussi gardaient maintenant cette position pour le compte de l'ennemi. C'était du délire. J'ai quitté les lieux le plus vite que j'ai pu, et j'ai eu de la chance de tomber sur un médecin en cours de route. C'est grâce à lui si je suis là a vous raconter mon histoire aujourd'hui.


Le lendemain, j'avais tout raconté à mes supérieurs, mais évidemment, ils ont pensé que c’était ma blessure et le choc d'avoir perdu mes camarades qui m'avait fait délirer, et ne m'ont pas cru. Le soir même j’étais dans l'avion qui me ramenait au pays.


Je n'ai jamais eu de nouvelles de cette histoire, ni de mes camarades. J'ai fait quelques recherches, une fois remis de mes blessures, pour voir si d'autres soldats avaient vu ces choses sur le champ de bataille, mais il faut croire que la précision et la ténacité de ces soldats morts-vivants n'a pas laissé beaucoup de survivants pour qu'ils puissent témoigner. Il y a bien un groupe de soldats américains qui a dit avoir réussi à fuir ces monstres, mais ils ont tous été fusillés pour désertion. Certains prétendent que c'était une ruse de l'ennemi pour semer la peur dans le rang de nos soldats, afin d’affaiblir leur mental pendant les combats. Pour ma part je pense que les haut gradés étaient au courant, mais qu'ils ne voulaient surtout pas ébruiter l'histoire pour justement maintenir l’ordre dans les rangs et la motivation des soldats.


Enfin, croyez-le ou pas, si la France a perdu cette guerre d'Indochine, et si plus tard même les ricains s'y sont cassés les dents, ce n'est pas à cause de la connaissance du terrain des soldats du Viêt-Minh, ou autres conneries de ce genre.


Si on a perdu, c'est parce que nos soldats tombés au combat étaient rappelés de leur sommeil éternel pour tuer nos camarades. 


mardi 30 mai 2017

Le dévoreur numérique

Ceci est l’historique d’un chat que j’ai trouvé ouvert sur l’ordinateur de mon frère, qui a disparu depuis déjà deux semaines. On a d’abord cru qu’il avait décidé de se faire la malle, mais si ce qui suit après n’est pas une mauvaise blague, j’ai peur qu’il ne lui soit arrivé quelque chose. Ma mère pense que c’est une mise en scène pour brouiller les pistes, moi… je ne sais pas trop quoi penser. Je n’ai aucune information sur les autres membres du chat, il les a visiblement rencontrés en ligne. Si vous avez déjà entendu un truc similaire, contactez-moi s’il-vous-plaît !

(Message de Nerissa) Hé là Malvion et bienvenue. Je suis Officier du Chat. Si tu as des questions ou des problèmes, contacte-moi à n´importe quel moment ;)
(Message de Nerissa) Ouhou Malvion Sympa de te joindre à nous ^^
(Message de Capitaine) Bienvenue Malvion.

vermicelles: sauf qu'il a pas voulu me ramener, du coup j'ai du me taper tout le chemin à pattes
jeromedu16: srx
vermicelles: tiens, salut malvion 
Malvion: Salut
vermicelles: la forme ?
jeromedu16: slt
EvilDead: plop !
Nerissa: coucou Arthur
Malvion: Comment vous allez ?
Tiiny-xoxo: cc, bien et oi ?
Malvion: Au fait, on a un nouvel arrivant ?
jeromedu16: sa va
Nerissa: je vais bien et toi ?
vermicelles: pan le vent ! bref, ça va bien
EvilDead: yup, il était là quand on est arrivé, mais il dit rien depuis tout à l’heure, donc on s’en fout un peu
Malvion: Ça va
Malvion: Mais je croyais que les invités pouvaient pas accéder à cette partie du chat ?
vermicelles: soit ça a changé, soit il a choisi un pseudo comme ça
Nerissa: non non, ça n’a pas changé, c’est forcément son pseudo qui est comme ça
invité872: crtygc
EvilDead: oh regardez, il parle
vermicelles: en fait c’est un chat qui marche sur un clavier
invité872: лцуты
Malvion: Un chat russe ?...
Nerissa: invité, si tu es juste venu pour troller, tu vas prendre un ban
jeromedu16: attention, nerissa s’énerve
Nerissa: mais non
invité872: Excusez-moi, je n’ai pas l’habitude de ce mode de communication.
vermicelles: qué ?
EvilDead: le gars il arrive à venir jusque sur le chat mais il sait pas se servir d’un clavier
jeromedu16: lol
Tiiny-xoxo: ‘es qui, un Amish ?
Malvion: Un problème avec ton t, Marie ?
Tiiny-xoxo: ouais, il es cassé
vermicelles: tttttttttttt
jeromedu16: tttttttt
EvilDead: t t t t t t t t t t t t t t 
Tiiny-xoxo: je vous hais
invité872: Je ne suis pas un Amish, non. Mais j’ai besoin d’un peu de temps pour m’adapter aux nouvelles technologies.
vermicelles: tu parles comme dans un bouquin, on dirait malvion en pire
Malvion: Va te faire
vermicelles: moi aussi je t’aime tutur
invité872: Ah, amusant. Je ne suis pas un livre, mais je connais de bonnes histoires.
jeromedu16: t chelou un peu
Nerissa: on va dire inhabituel
EvilDead: des histoires à propos de quoi ?
vermicelles: evil veut du cul
Tiiny-xoxo: evil veu du cul
vermicelles: BOUM PEMT
EvilDead: bande de gamins
invité872: Oh, plein de choses. Souvent des choses pas très connues, d’ailleurs. Mais qui ont toujours un dénouement tragique.
vermicelles: c’est un ancien de la guerre du viet nam, il a combattu avec Rambo
Malvion: C’était pas sa guerre
jeromedu16: son bataillon c fait dézingué par un sniper zombi
EvilDead: mais laissez-le parler, roh
invité872: Je n’ai pas grand-chose à dire sur le Viet Nam. Mais puisqu’on parlait de nouvelles technologies, vous connaissez peut-être le dévoreur numérique ?
Tiiny-xoxo: le nom claque
jeromedu16: je croyai que t’été pas fort en info
Malvion: Jamais entendu parler
invité872: Mon incompétence dans le domaine ne signifie pas que je n’en ai jamais entendu parler. 
EvilDead: tu tapes plus vite tiens, tu t’es fait à ton clavier ?
invité872: On peut dire ça.
Nerissa: l’homme qui entretenait le mystère
Malvion: Du coup, on peut l’avoir l’histoire, maintenant qu’on est lancés dedans ?
invité872: Bien entendu. Vous avez sûrement déjà vu, sur le net, des utilisateurs sur des chats, ou dans les commentaires d’un site, qui viennent un peu, s’acclimatent à l’endroit, jusqu’à faire partie des habitués. Et, d’un coup, sans avoir prévenu qui que ce soit, ils disparaissent sans crier gare.
vermicelles: ni aéroport
Malvion: What ?
vermicelles: sans crier gare ni aéroport
vermicelles: riez à ma blague
jeromedu16: mdr
Nerissa: …
EvilDead: …
vermicelles: merci jerome, toi t’es un vrai
Malvion: Mais ouais y en a plein des gars comme ça, mais c’est internet, ça arrive tout le temps
invité872: Pensez-vous. Il y a effectivement des gens qui oublient leur mot de passe ou même simplement de revenir, ils passent à autre chose. Mais il y en a aussi beaucoup qui tombent dans les griffes du dévoreur numérique. Et comment le savoir, puisque la seule chose que vous connaissez d’eux, ce sont de simples pseudonymes. 
EvilDead: c’est le monstre de la matrice
Tiiny-xoxo: il va venir nous dévorer
invité872: Qui sait. Il est impossible de savoir qui, ou quand il va frapper. Il n’apparaît sous aucune forme à l’écran, il est simplement là, sans que vous le sachiez. Il guette. Et quand son moment arrive, Dieu seul sait comment, il vous attire avec lui dans cet océan de données. Dès lors, il n’y a plus de retour pour vous, et bien que vous soyez signalé absent sur le net, vous y êtes en réalité coincé… et vous êtes sa proie.
Nerissa est absent
Nerissa: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
jeromedu16 est absent
jeromedu16: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
EvilDead: Nerissa et jerome qui ont eu la même idée en même temps
EvilDead: désolé les gars, on vous a grillés
Nerissa: roh, vous êtes pas drôles
vermicelles: même le monstre a trouvé cette blague nulle
invité872: Il paraît que parfois, certains arrivent à se cacher assez longtemps pour comprendre comment se manifester et demander de l’aide. Ils sont tous incapables de décrire l’endroit dans lequel ils sont retenus prisonniers, en revanche ils se disent tous en mesure de ressentir quand leur prédateur se rapproche. Comme s’il y avait une sorte de connexion entre eux.
Malvion: En même temps, la connexion, c’est la base d’internet
vermicelles est absent
vermicelles: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
EvilDead: tu dis que la blague est nulle, mais tu fais la même, c’est pas malin
Nerissa: je me demande à quoi ça ressemble, l’intérieur d’internet
invité872: Peut-être que tu le découvriras un jour, quoique je ne te le souhaite pas. Car le dévoreur numérique attrape toujours ses proies. Et il est tellement vorace qu’il n’en laisse jamais rien.
Malvion: Ça c’est vermicelles avec une pizza
EvilDead: xD true story
Tiiny-xoxo: d’ailleurs faudrai penser à revenir
jeromedu16: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
Nerissa: j’avais presque oublié qu’il était plus là, lui
EvilDead: modo en mousse
Nerissa: je ne te permets pas
Tiiny-xoxo est absent
Tiiny-xoxo: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
Malvion: T’es pas sérieuse
EvilDead: les gars, ça devient relou
Nerissa: ça peut pas exister, on en aurait entendu parler
invité872: Par les gens qui vous cachent en permanence tant de choses qu’on dit que tous les peuples lanceraient une révolution immédiatement s’ils découvraient ne serait-ce que la moitié de ces secrets ? Allons donc ! Personne n’a d’intérêt à ce que cette histoire s’ébruite.
invité872: D’autant qu’elle est ancienne, elle remonte aux débuts d’internet, peut-être est-ce même à cause d’eux que cette chose existe. Au début, elle était coincée dans un petit réseau et ne pouvait pas faire grand-chose. Mais quand internet est arrivé et qu’elle a pu s’y engouffrer, tout espoir de contrôle sur elle s’est évanouie, tandis que pour elle, c’était la promesse d’un véritable festin.
Malvion: C’est bon, on a compris, en fait t’es juste un dc et vous allez tous revenir en même temps
Nerissa: C’est qui qui a eu cette idée de génie ?
Nerissa est absent
Nerissa: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
vermicelles: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
Malvion: Bah visiblement c’est toi
EvilDead: mec… Marie est plus là
Malvion: Qu’est-ce que tu racontes comme connerie ?
EvilDead: je viens d’aller voir dans sa chambre, l’ordi est allumé, mais elle est pas là
Malvion: Elle est peut-être sortie…
EvilDead: j’aurais entendu la porte
Malvion: …
jeromedu16: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
vermicelles: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
Tiiny-xoxo: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
invité872: Eh bien, eh bien, on dirait qu’on a un problème ici.
Malvion: T’es qui putain ?
invité872: Personne. Je vous ai juste raconté une histoire.
EvilDead: y a un moyen de ressortir ?
Malvion: Tu vas pas croire à ses conneries ?
EvilDead: ferme-la, le gars arrive, tout le monde se met subitement afk et ma copine disparaît, je veux savoir
invité872: Peut-être. Vous pouvez toujours essayer de trouver une sortie. Mais à mon avis, s’il y en a, elles ont été condamnées. Personne ne voudrait prendre le risque de laisser passer autre chose, n’est-ce pas ? 
Nerissa: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
invité872: Sur ce, bonne fin de journée.
invité872 s’est déconnecté
Malvion: Eh mais reste là enfoiré !!!!
EvilDead est absent
EvilDead: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
Malvion: …
Malvion: C’est bon les gars, vous m’avez eu, j’ai bien flippé, je le reconnais, on peut arrêter maintenant ?
Malvion: Eh oh ?
jeromedu16: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
vermicelles: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
Tiiny-xoxo: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
Nerissa: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
Malvion: Mais putain !!!
EvilDead: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)
Malvion est absent
Malvion: Je ne suis plus devant mon clavier Mais je serai de retour bientôt ! (mes messages sont enregistrés)


vendredi 26 mai 2017

Plutôt mourir debout

L'être humain a besoin de liberté, sinon il s’avilit peu à peu. Rousseau pensait que le bonheur venait de l'état de nature : une vie libérée de tout esclavage. Comment vous dire à quel point il avait raison ? À quel point, nous nous détruisons sans ce libre-arbitre qui est le cœur de notre humanité ? Je vais tout vous raconter, pas pour quémander votre pitié ou me faire plaindre, mais afin que mon expérience profite à d'autres.

Avant de rencontrer Mathieu, il y a quelques années, j’étais une sacrée fêtarde. Je passais plus de temps en compagnie de mes amis au bar plutôt qu'à travailler sur mon mémoire. C'est à une de ces soirées qu'il m'a abordée. Le contact est passé tout de suite, c'était quelqu'un de vraiment charmant et drôle ! Nous avons échangé nos numéros et nous sommes promis de nous revoir.
Dans les jours qui ont suivi, nous avons beaucoup discuté par textos et, finalement, on s'est fixé un rendez-vous. Je dois dire qu'il n'était pas aussi mignon que dans mes souvenirs, plutôt maigrelet et son visage était assez creusé. Cependant, ses yeux étaient magnétiques, d'un bleu océan profond absolument splendide.

Nous sommes sortis rapidement ensemble, je vous passe les détails. Les deux premiers mois ont été une période géniale, il était attentionné et aux petits soins. Le seul hic était au lit, où son fantasme était de mettre ses mains autour de mon cou pendant que nous couchions ensemble. Vu que cela ne me faisait pas mal, je me suis dit que tout le monde avait ses fétichismes un peu étranges. J'aurais dû me douter de quelque chose, j'ai été une pauvre conne.

Au bout de quelque temps, nous avons emménagé ensemble, cédant au forcing de Mathieu. C'est à ce moment que mon calvaire a commencé. Dans un premier temps, c'étaient des remarques mesquines sur des oublis, des échecs, des détails anodins. Parfois, des petites piques par-ci par-là : « Tu pourrais être plus comme ceci… Comme cela », « Tu as pris du poids, non ? ». Je ne me laissais pas faire, ayant un fort caractère, et nous nous engueulions souvent. Pourtant, à chaque fois que son regard plongeait dans le mien, je me sentais hagarde, groggy, et déstabilisée. Impossible pour moi de rester en colère contre lui.

Plus les mois passaient, plus les choses empiraient. Ses réflexions devenaient progressivement plus violentes. « Tu n'es qu'une bonne à rien », « Je me demande comment je fais pour te supporter, pourquoi j'ai quitté mon ex pour ça ? ». Vous devez vous demander comment on peut supporter un traitement pareil. Il m'avait coupée de tout lien social, de toute estime de moi. Je pensais qu'il avait raison, que j'avais de la chance de l'avoir, que je n'étais qu'une merde. Ça en arrivait à un point tel que je faisais, non, je vivais en fonction de lui et de ses attentes, mais ce n'était jamais assez et il avait toujours quelque chose à me reprocher. Si le diable existe, son visage est celui de Mathieu.

Pour perdre ma soi-disant surcharge pondérale, je me faisais vomir discrètement après chaque repas. Je me rappelle qu'un jour ce monstre m'a surprise les doigts dans la gorge, il a seulement souri puis caressé ma tête avant de partir. À mesure que je me décomposais, que je perdais des kilos, lui prenait des couleurs, ses joues se remplissaient et son ventre gonflait. Et ses yeux, plus profonds que jamais. Le cadavre que j'étais se disait que c'était parce que je le rendais heureux. Dans un sens, je n'avais pas tort.

Je n'avais plus de travail, j'avais arrêté les études, ma vie entière était sous sa coupe. Il s'en servait pour tenir et m'emprisonner, et sa violence s'est accentuée. « Sale pute, fais ce que je te dis. Sans moi, t'es rien ! », je n'irai pas plus loin, c'est encore trop douloureux. Je n'étais plus qu'un sac d'os et lui un porc bedonnant, avec son insupportable sourire. Mais, pour moi, tout était de ma faute et l'important était qu'il aille bien.

C'est au fond du trou que m'est venu le déclic. Mathieu était au travail et je faisais le ménage. Je suis tombée sur une veille vidéo de moi datant d'avant notre rencontre. Belle, lumineuse, entourée. J'ai tourné ma tête en direction du miroir et je me suis vue, ce que j'étais devenue. Alors, j'ai pris la meilleure décision de ma vie : fuir ce salaud immédiatement.

Pendant que je rassemblais mes affaires dans une grande valise, j'ai senti des mains sur mon cou et la voix de mon bourreau me murmurant à l'oreille : « Tu vas me laisser seul, après tout ce que j'ai fait pour toi ? ». J'étais tétanisée et incapable de bouger. Il a resserré son emprise : « Je croyais que tu m'aimais, mais non. Tu t'es foutue de moi depuis le début ». Je pleurais de peur, mon corps était comme statufié. Lui, il continuait de serrer jusqu’à me couper la respiration. « Tu ne peux pas m'abandonner. Tu sais à quel point les autres femmes m'ont fait souffrir, combien je suis fragile ». C'est là qu'un miracle s'est produit : au moment où j'allais suffoquer, j'ai réussi à basculer violemment ma tête en arrière pour aller fracasser la sienne. Le choc l'a fait reculer de quelques pas. Il m'a regardée droit dans les yeux : « Mon amour, oublions toute cette histoire. Tu t'es emportée, je le comprends. Moi aussi, j'ai mal agi quand j'ai vu que tu voulais me quitter ». Il a avancé d'un pas et a repris : « Je te propose de commander chinois ce soir, qu'en dis-tu ? ». Il a fait un ultime pas : « S'il y a des problèmes dans notre couple, nous pouvons les surmonter ensemble. Fais-moi confiance, tout ira bien. »

Pour la première fois, je trouvais la force de surmonter son regard et en un éclair, j'ai saisi ma valise pour l'envoyer directement à la tronche de ce salopard. Il s'est effondré par terre, du sang tachant la moquette. Je me suis précipitée vers la sortie, fermée à clefs, et en me tournant je l'ai vu me faire face. J'ai vu le vrai lui de cette chose.
Un monstre difforme et rond avec une peau rouge pâle grasse, des mains boudinées aux doigts longs et squelettiques parcourues de veines apparentes. Son visage était littéralement rond, ses yeux toujours aussi bleus mais globuleux et sortant presque de leurs orbites. Cette immondice vivante avait un nez pointu énorme et profondément enfoncé dans le crâne. Le pire était sa bouche immense ouverte jusqu'aux deux oreilles et une dentition de requin. Tout son être suait abondement et des litres de bave sortaient de cette bouche.

« Ne me laisse pas, mon amour, j'ai besoin de toi. Je vais changer, je te le promets. »

Je ne me souviens plus exactement de ce que je lui ai répondu, mais j'ai hurlé et ordonné de reculer en le traitant de putain d'abomination. Son visage est devenu rouge vif, et il s'est jeté sur moi et m'a propulsée sauvagement contre le mur. Allongé sur moi, sa face contre la mienne, il m'a susurré des mots qui sont restés gravés dans ma mémoire : « Sans toi, ma chérie, je ne vais pas pouvoir me nourrir. Il va m'en falloir une autre. »

Il a recommencé à m'étrangler, sans retenue. Je me débattais, bien sûr, mais impossible de le faire lâcher prise. Quand, avec une énergie miraculeuse, j'ai pu lui porter un coup brutal sur l’œil droit. Il a été foudroyé par la vigueur de l'impact et j'ai réussi à me dégager de son emprise. Pendant qu'il se tordait de douleur, j'ai saisi sa tête et l'ai fracassée contre le sol encore et encore jusqu'à ce qu'il ne bouge plus et, même à ce moment, je ne me suis pas arrêtée. Je ne pourrais pas vous dire combien de temps je suis restée à pleurer, recouverte d'éclaboussures de sang. Puis, j'ai appelé la police, leur expliquant les événements. Quand je suis retournée voir le cadavre, il avait disparu, tout comme les taches de sang et la bave, absolument tout avait disparu !

J'ai été interrogée sur la disparition de Mathieu et je leur ai dit ce qu'il s'était passé. Ils m'ont alors envoyée voir des psys, faire des examens… Au final, je n'ai pas été inquiétée et ces derniers ont abouti à un délire de ma part. L'enquête a conclu que le disparu avait fui la ville en raison de l'arrivée d'un proche d'une de ses anciennes compagnes. En effet, les enquêteurs m'ont appris que mon ex avait été mêlé à de nombreuses affaires de suicides, toutes des conjointes. Je ne sais pas si les policiers me pensaient vraiment innocente ou s'ils se disaient que j'avais bien fait de liquider cette ordure, mais je m'en suis sortie.

Moi oui, mais combien de gens sont encore entre les griffes de monstres comme je l'ai été ? Il n'était pas unique, car je peux en voir d'autres. Croyez-moi, ils sont nombreux.


mercredi 24 mai 2017

Une collection particulière

Extrait d'une confession d'un condamné à mort à son avocat.


Je n'ai pas toujours eu cette capacité. Celle de voir les fantômes. Je n'ai été capable de les voir qu'une fois que j'avais commis mon premier meurtre. Je m'en souviens comme si c'était hier. La petite Laura... Elle était si mignonne. Les cheveux blonds, bouclés. Un visage d'ange, toujours souriant. Une adolescente qui croquait la vie à pleines dents. Je l'ai suivie, alors qu'elle rentrait du lycée, et je l'ai attrapée, dans le petit parc qu'elle traversait pour se rendre chez elle. Bien sûr, je l'ai violée, avant de l'égorger et de l'enterrer dans un coin de ce même parc. C'était mon premier meurtre, et j'avais quand même assuré parce que jusqu'à maintenant personne n'a jamais retrouvé son corps.

Et c'est peu de temps après que je l'ai vu. Son fantôme. Il était transparent, silencieux. Il se tenait au pied de mon lit, et ne faisait rien d'autre que me regarder, avec un air inquisiteur. Bien sûr, j'étais mort de trouille au début. Je pensais qu'elle était là pour se venger, pour me hanter, ou bien me pousser au suicide, d'une manière ou d'une autre. Mais elle restait là, sans rien faire. Elle me regardait fixement, tout le temps. J'ai bien essayé de m'en débarrasser, avec du gros sel, de l'acier, comme dans les films, mais rien à faire, elle était intangible. Je ne pouvais pas la toucher, et elle ne pouvait pas me toucher. Finalement, ce n'était qu'un fardeau qui me suivait. Peut-être espérait-elle que j'aie des remords, qu'elle me ferait avoir des cas de conscience ? Mais, malheureusement pour elle, je n'en avais aucune, de conscience.

Au contraire, j'avais bien envie d'ajouter quelques fantômes à ma collection, donc j'ai commencé à chercher d'autres victimes. Comme cet homosexuel de 32 ans, que j'avais trouvé grâce à un site de rencontres. Après l'avoir attiré à l'écart dans une ruelle, je l'ai éventré, et laissé pourrir là. C'était ma première victime connue, celle qui a lancé ma légende. Celle du "Tueur de Minuit", car j'avais l'habitude de tuer mes victimes pile à cette heure-là.

Comme prévu, en me réveillant, je n'avais pas un fantôme, mais deux. À coté de Laura, le fantôme de ma victime de la veille, avec la même expression sur son visage. Cette expression que j'allais voir sur de plus en plus de visages, car je n’étais pas prêt de m’arrêter en si bon chemin.

J'ai donc continué à tuer, de plus en plus souvent, de plus en plus parfaitement. Et ma collection de fantômes grandissait de jours en jours. C'était presque une petite armée qui me suivait partout, en me fixant du regard. Ah, si les autres pouvaient voir ce que je voyais... Chaque visage était un hymne à ma gloire, à mon œuvre. Chaque visage me rappelait le soir où je l'ai assassiné. Je vivais les plus beaux jours de ma courte vie.

Mais un événement a tout fait basculer. Quelqu'un avait eu la bonne idée d'imiter mon modus operandi, et de tuer des gens de la même manière que moi. Mais ses victimes il ne les choisissait pas au hasard, car il suivait mes pas. Il tuait alors les personnes de la même famille que mes victimes. Leur oncle, leur père, leur mère, leur sœur... Jusqu'à ce que je le retrouve. Il avait tout d'un fan inconditionnel. Il m'a même demandé un autographe... que je lui ai bien sûr signé... avec son propre sang. Mais ce qui est intéressant, ce n'est pas ce copycat minable, mais ce qui s'est passé après. Au matin, son fantôme avait bien rejoint les autres, mais cette fois, ceux-là ne me regardaient plus. Ils étaient bien trop occupés avec le nouvel arrivant.

Ils le torturaient. D'une façon ignoble. Même moi, qui était habitué à voir ce genre de choses, je ne pouvais pas m’empêcher de détourner les yeux de ce spectacle barbare. J'ai même eu de la pitié pour ce minable, c'est peu dire.
Puis, j'ai enfin compris. J'ai compris pourquoi ils me suivaient. Pourquoi ils ne disaient rien.

Ils attendaient.

Ils attendaient que mon heure soit venue. Que je rejoigne enfin le royaume des esprits, pour qu'ils aient enfin leur vengeance. Comme pour ce copycat minable, ils avaient de grands projets pour moi, et pour cela, il ne leur fallait qu'attendre ce moment. Et, en leur qualité de fantômes, attendre, c'est ce qu'ils savaient faire de mieux.

Bien sûr, j'ai essayé de m'excuser, j'ai pleuré, j'ai imploré. Mais rien n'a changé. Ils restaient de marbre, et rien que je fasse ne pouvait changer mon destin. Au bout d'un certain temps, je m'y suis résigné. À quoi bon ?

Maintenant que la police m'a attrapé, et que je vais bientôt passer sur la chaise électrique, j'ai peur. J'ai vraiment peur, car je suis le seul homme sur Terre qui sait ce qui l'attend après sa mort. Une éternité de torture, infligée par les fantômes de ses victimes. Et ça, elles le savent bien, car je les vois en ce moment même, alors que je vous raconte mon histoire. Ce n'est plus cette expression qui m’accueillait chaque matin.

Non, maintenant, pour la première fois... Je les vois sourire.