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mercredi 16 août 2017

Hong Kong


Bride’s Pool – La mariée laissée devant l’autel
 

Nichée au cœur du Plover Cove Country Park repose une cascade idyllique s’écoulant dans un bassin peu profond parsemé de rochers. Il s’agit de la Bride’s Pool, ou du Bassin de la Mariée. On raconte que ce nom lui a été donné après qu’une future mariée a été transportée sur un palanquin vers un village voisin où son fiancé l’attendait lorsqu’un des porteurs a glissé, la projetant dans les rapides. Son corps n’a jamais été retrouvé. Aujourd’hui, des gens disent avoir vu une femme vêtue d’une cheongsam rouge en train de se brosser les cheveux auprès des eaux majestueuses


Nam Koo Terrace – Les répercussions de la Seconde Guerre Mondiale
 

Cette bâtisse historique de Wan Chai est l’une des maisons hantées les plus connues de Hong Kong. Il s’agit d’un manoir de deux étages ayant appartenu initialement à un riche marchand de la première moitié du XXème siècle qui a été contraint l’abandonner pendant l’occupation de Hong Kong. Des soldats japonais s’en servaient comme d’une maison close et d’un lieu de torture. On dit que les esprits des femmes qui y furent décapitées y errent encore la nuit, sans tête, et que l’on peut entendre des hurlements ainsi que des voix sinistres provenant de derrière les portes condamnées de la maison. A travers les fenêtres brisées, on pourrait parfois voir des feux se déplacer de pièce en pièce. De nombreux suicides auraient eu lieu par la suite et autour de la propriété et des corps y auraient été enfouis massivement, faisant de ce lieu un véritable charnier. Bien que nombre de ces observations et faits rapportés soit des rumeurs, en 2003, après y avoir passé une nuit, un groupe de jeunes a dû recevoir un traitement psychiatrique.






he Single Braid Road – La rapatriée
 
Près de l’Université Chinoise, plusieurs étudiants ont raconté avoir aperçu une fille avec une natte marchant seule la nuit. Cette rue fut nommée Single Braid Road d’après cette fille. L’histoire raconte qu’elle vient de Chine et a traversé la frontière illégalement en compagnie de son petit ami par une nuit froide. Dans le train en direction de Kowloon, une patrouille de police a embarqué pour procéder à un contrôle de passeports. Face à cet imprévu, paniquant à l’idée d’être démasquée, elle a sauté par la fenêtre du train en marche. Hélas, sa natte s’est prise dans le cadre de la fenêtre, la scalpant sur le coup et arrachant dans le même temps la peau de son visage. Son corps a roulé jusqu’à la rue qui deviendra Single Braid Road où elle s’est écroulée, sans vie, dans une mare de sang. La police a emporté le corps et clos l’incident. Son petit ami est parvenu quant à lui à destination, a trouvé un travail et n’a jamais tenté de retrouver sa copine. Cependant, une nuit, un étudiant a vu une fille qui se tenait debout non loin de l’université. Il l’a appelée mais elle n’a pas répondu. En s’approchant, il a remarqué qu’elle avait une longue natte. Elle s’est retournée brusquement lorsqu’il lui a tapoté l’épaule, révélant un visage inexistant. A sa place se trouvait une natte similaire à celle qu’elle portait à l’arrière. Le fantôme ne se montrerait qu’aux étudiants de sexe masculin.


Tuen Mun Road – Le virage mortel
 

Tuen Mun Road est une route expresse très fréquentée. Depuis sa construction en 1977, elle a été témoin d’un nombre impressionnant d’accidents qui lui ont valu une réputation macabre. Le pire accident qui s’y est déroulé a eu lieu le 10 juillet 2003 lorsqu’un poids lourd a percuté un bus à deux étages, envoyant celui-ci faire des tonneaux par-dessus la rambarde de sécurité et le long de la falaise. Vingt-et-un occupants du bus ont péri et vingt ont été blessés. Quatre accidents similaires impliquant des bus sont survenus avant 2003. Le folklore hongkongais suppose que les accidents sont dus aux fantômes d’anciennes victimes qui apparaissent sur la route, forçant les conducteurs à braquer pour les éviter. Certains conducteurs impliqués dans des accidents affirment avoir perdu le contrôle de leur véhicule sans aucune raison. D’autres disent avoir vu des yeux luisants à travers les buissons qui longent la route. Un fait intéressant, l’endroit en question était déjà réputé hanté avant que la route soit construite. Comme on peut le voir sur la photo ci-dessous, la voie est étroite et potentiellement dangereuse et beaucoup d’automobilistes y roulent sûrement trop vite. Néanmoins, on dénombre plusieurs centaines d’accidents sur cette portion de route en moins de quarante ans, une statistique qui fait froid dans le dos.





Sai Ying Pun Community Centre – Tout dans la tête
 

Construit en 1892, ce bâtiment qui est aujourd’hui un centre communautaire était autrefois un hôpital psychiatrique, puis a été utilisé comme salle d’exécution pendant l’occupation japonaise. Les rumeurs autour de cet endroit parlent de pleurs de femmes, de bruits de pas sans provenance, d’hommes prenant feu spontanément et de fantômes décapités.






Mang Gui Kiu – Le pont mystérieux
 
A proximité de ce pont à Tai Po, des enfants au visage blême ont été aperçus faisant des signes aux véhicules qui passaient. Des chauffeurs de minibus ont rapporté que certains de leurs passagers ont subitement disparu après avoir mis pied à terre. Nombreux sont ceux qui pensent que les enfants sont les fantômes des vingt-huit élèves qui sont morts tragiquement au cours d’un pique-nique le 30 août 1955 lorsqu’une forte pluie s’est abattue et que la majorité d’entre eux, ayant eu l’idée de s’abriter sous le pont, a été emportée par un glissement de terrain et à la mémoire desquels un monument a été érigé non loin.


Selon la tradition chinoise, il n’y a aucune raison de craindre le surnaturel si l’on est droit et que l’on n’offense pas les esprits. Un chauffeur de bus est un jour passé devant le Mang Gui Kiu alors que son bus était vide. Une femme aux longs cheveux et au teint pâle y est montée. Le chauffeur, ne voyant dans la caisse que des billets funéraires (comprendre : de faux billets que l’on incinère avec le défunt), a crié : « Madame, veuillez payer votre ticket ! » mais n’a reçu aucune réponse. Le bus était toujours vide. Il a estimé que la femme était un fantôme mais est resté calme et a continué de conduire. A la station suivante, le signal d’arrêt était allumé. Il s’est arrêté, a ouvert la porte et entendu une voix : « Merci ».

Le Mang Gui Kiu était auparavant nommé Hung Shui Kiu, ce qui signifie « Le Pont de l’Eau Rouge » en raison du fait qu’il était souvent submergé par la pluie. Le Dan Kwai Village situé près du pont est dit avoir été un terrain d’exécution pendant la guerre sino-japonaise entre 1937 et 1945. Le sang des victimes se serait déversé dans l’eau, la colorant en rouge. La vérité au sujet de ce village ayant servi ou non de lieu d’exécution reste floue.


Hysan Place – Le magasin Mitsukoshi
 
Entre 1981 et sa fermeture en 2006, le magasin japonais Mitsukoshi Department Store a reçu une multitude de témoignages de la part d’agents de sécurité à propos de voix d’enfants se faisant entendre durant la nuit. De temps à autre, le personnel constatait que des jouets avaient changé d’endroit aux alentours de la section destinée aux enfants. Plus tard, on a découvert que le magasin avait été construit sur un ancien cimetière où reposaient des victimes d’exécutions. Cet endroit est désormais celui sur lequel se dresse l’immeuble Hysan Place.


Le réseau ferroviaire de Honk Kong – Un fantôme sur les voies
 
Au début des années 1980, une jeune femme est tombée sur les voies de la station Yau Ma Tei au moment où le train approchait. Les témoins racontent avoir entendu des cris à glacer le sang et le conducteur du train se souvient avoir ressenti un choc brutal au moment de la collision. Toutefois, lorsque l’équipe médicale est arrivée sur place, elle n’a trouvé aucun corps, pas même une goutte de sang. L’enquête n’est parvenue à établir aucune piste et l’incident a été consigné en tant qu’hallucination collective.
 
Wan Chai Tung Shing Cinema – La salle de spectacle hantée
 
Au cours de sa période de gloire dans les années 1960, le cinéma Tung Shing paraissait toujours plein à craquer. Aussi étrange que cela puisse sembler, il est possible que ça n’ait pas été tout à fait le cas. Nombre de personnes a dit voir un cinéma rempli de monde dans l’obscurité, mais dès lors que la lumière revenait dans la salle, il n’y avait que peu voire pas d’autre spectateur. Des femmes qui sont allées aux toilettes ont expliqué avoir vu un fantôme sans visage dans le miroir, celui d’une femme qui lissait ses cheveux en fredonnant pendant la projection du film. Les toilettes du cinéma s’avèrent être situées à l’emplacement d’un ancien funérarium.
La direction et le personnel du cinéma affirment que celui-ci était toujours rempli la nuit. Pourtant, peu de tickets étaient en réalité vendus. Dans ce cas, qui étaient les spectateurs présents sans ticket dans la salle pendant les films ? Il revient à chacun de se poser la question.




commentaire

samedi 12 août 2017

Cassette

Si je suis venu vous parler c'est parce que j'ai un... Problème ? Mystère ? Je sais pas trop comment dire. Tout a commencé avec des cassettes. Voyez-vous, je suis étudiant en langues. Et comme tout étudiant, j'ai besoin d'un peu d'argent.

Quoi de mieux que de travailler chez soi ? J'ai décidé d'aller sur Craiglist, un site qui permet de payer pour un service ou d'être payé pour un... Service. Enfin vous avez compris.
Je propose d'encoder, de monter, et de traduire parfois, des vieilles VHS. Ça me prend dans les cinq heures la cassette. Ce sont souvent des trucs de famille ou des films que papa-maman avaient faits jeunes. Un truc facile et qui rapporte un peu beaucoup.

Je sais, vous imaginez que j'ai reçu des trucs gores, pornos, des snuff movies, et d'autres trucs dans le genre ? Non, malheureusement c'était pire, bien pire.

Je prends pas de grosses commandes, les délais sont intenables pour plus de dix cassettes, du coup j'en accepte sept maximum avec un renvoi en un mois, parfois plus si je suis pris par autre chose dans ma vie. Je suis pas non plus tout le temps devant mon pc.

Mais j'avais besoin d'argent, je vais pas vous expliquer pourquoi, on a tous des aléas dans la vie où on a plus de beurre dans les épinards ni rien. Donc quand ce mec m'a proposé le double de ce que je demande pour douze cassettes et ce sur trois mois maximum, j'ai dit oui.

C'était un tas de cassettes vieillottes, avec des étiquettes numérotées de 1 à 12 et de la poussière dessus. On m'a demandé de les encoder et de les traduire. C'étaient des cassettes américaines.

Après avoir trié les cassettes qui marchaient ou pas (cinq étant lisibles : la 1, la 4, la 7, la 10, et la 11 ; la bande étant trop abîmée pour les autres), j'ai pris celle avec le "1" scotché dessus. C'était un JT américain sur la chaîne CNN, sur un tremblement de terre en "Glagolitic Union of Russia" ou GUR. J'ai pas tout de suite tilté, et j'ai continué à mater, tout en encodant en même temps pour pouvoir mettre des sous-titres plus tard.

Certains scientifiques pensaient que ce tremblement de terre était dû à la comète de Halley. Là j'ai pas pigé tout de suite. J'ai fait des recherches sur la comète de Halley tout en laissant le JT en fond. Elle n'avait jamais eu d'incidence sur la Terre en l'état, elle semblait être la source de peur et d'agitation dans certaines cultures, mais pas de tremblement de terre.
Alors que je cherchais, le GUR revenait dans mon esprit. Après de rapides recherches (et un tour sur un site de creepy assez miteux par hasard total), j'ai découvert que :
1) La GUR n'a jamais existé ;
2) Le glagolitique est un alphabet désuet ;
3) Il n'y a jamais vraiment eu de tremblement de terre en 1986 (date du dernier passage de la comète, ainsi que du JT).

J'étais un peu sur le cul. Le JT était fini et j'ai commencé à encoder la cassette numéro 4, datant de trois mois après la première. Le 23 mai pour être précis. La présentatrice semblait en stress et n'avait visiblement pas dormi depuis longtemps. Il n'y avait qu'un titre : "La Guerre de Taured". Ce pays aussi n'existe pas, même sans recherches je le savais. Pourtant, la présentatrice parlait d'une guerre, une vraie.

Les images étaient verdâtres et j'ai compris après un certain temps que c'était une vidéo de nuit. Des hommes sur des chars, des Américains si j'en croyais le drapeau sur le veston de l'un d'eux, tiraient sur des positions éloignées. Semblant comprendre l’inefficacité de leurs actions, un des soldats a tenté de fuir mais un autre l'a pointé avec un pistolet et la caméra s'est arrêtée, sans doute un moment qu'il ne fallait pas voir. La présentatrice était en train de se tirer les cheveux, j'avais peur pour elle, sans vraiment de raison si ce n'est le stress. La cassette se finissait comme ça, la présentatrice en train de murmurer les au revoir standards et génériques.

La cassette numéro 7 était différente : elle montrait tout simplement un écran d'ordinateur avec des statistiques. Les pertes humaines et d'autres chiffres avec des acronymes inconnus. Elle ne durait que 20 secondes.

La cassette numéro 10 était une autre vidéo, comme celle avec les hommes sur le char. Il y avait moins d'hommes, trois peut-être, quatre en comptant le cameraman/journaliste. Tous les soldats avaient des cernes, des traces de sang et de cendre sur le visage et les vêtements. Ils ne regardaient jamais le cameraman et les questions du journaliste restaient en suspens, sauf une :

"How to kill them ?" (Comment les tuer ?)

Le plus proche de la caméra l'a alors regardée :

"We don't fucking know" (On en sait foutrement rien)

La caméra passait de l'un à l'autre, puis s'est coupée sur un soldat propre sur lui, un général peut-être. Il a longtemps parlé de l'honneur de sauver non pas que Taured et les pays voisins, mais aussi le monde. Alors qu'il parlait, un messager lui a tendu une fiche, il l'a rapidement parcourue, a secoué tristement la tête et a déclaré :

"Forget it, we go home" (Oubliez ça, on rentre à la maison)

La cassette se finissait comme ça.

Alors que je tenais la cassette numéro 11, j'ai senti comme un malaise. Ça DEVAIT être un film, un projet d'art, ou un truc comme ça. Mais il y avait trop d'acteurs, de moyens, ça aurait fait du bruit à sa sortie. Et tout le discours du général était trop... Réel ?

J'ai mis la cassette dans le lecteur. J'étais pas prêt.
C'était un JT, comme les premières cassettes, mais avec un nouveau présentateur. C'était un ado, mal à l'aise, anxieux, il se mordait la lèvre et murmurait plus qu'il ne parlait. Les soldats des USA étaient rentrés et le Vieux Continent ainsi que l'Asie restaient sans aucun contact. Le Gouvernement promettait de rétablir le calme et ne pas laisser le problème des "bugs" (je ne sais pas s'il faut le traduire comme insecte ou virus) en dehors des frontières. Il recevait des messages de contact au Pentagone ou ailleurs. Les derniers instants de la cassette le montraient lire un papier, pleurer, regarder la caméra, et dire :

"They're here" (Ils sont là)

Cut final. Écran statique qui venait de la cassette et non pas de mon appareil.

Je ne savais pas quoi penser de tout ça. Il me manquait des clés, et la dernière cassette, la 12, ne m'était d'aucun secours, elle était illisible. Je ne me sentais pas à l'aise du tout.

Après avoir fini, très difficilement, de traduire les cassettes (la numéro 11 étant assez ardue) j'ai envoyé le résultat final avec un mot d'excuse pour les cassettes et demandant des réponses. C'était un projet d'art, non ?
L'expéditeur ne m'a jamais répondu mais m'a quand même payé le double alors que j'avais fait à peine la moitié du travail.

Je me retrouve alors avec un mystère. Un gros mystère. Je peux me dire que tout ça est un projet d'art, que le mec trouve ça drôle que j'y crois et décide de pas répondre. Ou alors je peux me dire que c'est bien plus pervers que ça, et que ce tas de cassettes vient vraiment d'un autre endroit, où la comète de Halley a fait des choses horribles, où Taured est un vrai pays, et où... "Ils" sont là.


mercredi 9 août 2017

Promenade le long du quai

Tôt ce matin, je suis sorti dehors. J’aime bien me promener le long du quai, quand il n’y a encore personne. Il faisait encore un peu nuit, et le soleil se levait doucement. Je marchais tranquillement, pensant à ce que j’allais faire aujourd’hui. Plus le jour se montrait, plus je commençais à voir  de promeneurs qui, comme moi, se baladaient pour se réveiller en douceur.

J’habite dans un village d'une taille relativement modeste, environ 700 habitants, alors je connais la plupart des gens qui viennent le matin, sur le quai. Il y a les habitués, à qui je dis bonjour quand je les croise. Néanmoins je ne m'arrête jamais pour les saluer, j'ai horreur de m'interrompre. Et de l'autre côté, on trouve les personnes qui viennent juste de temps en temps. Généralement j’arrive à mettre un prénom (ou à la limite un lien de parenté) sur tous les visages que je croise.

Mais ce matin, alors que j’étais à mi-chemin, j’ai croisé une personne que je n’avais jamais vue de ma vie. C’est quelque chose qui arrive vraiment rarement. Comme j’étais très étonné, j’ai attendu qu’il passe derrière moi. Il descendait le quai, contrairement à moi qui montais. J'en ai profité pour l’observer, car je voulais vraiment savoir qui c'était. Contre toute attente, il s'est également retourné. Et c’est là que je l’ai reconnu. Mon oncle, qui habitait le village voisin mais que curieusement, je n’avais pas vu depuis au moins 5 ans.

J’étais plutôt content de le voir, alors je me suis dirigé vers lui. Au début il n’avait pas l’air de me reconnaître, alors quand je me suis trouvé proche de lui, je l’ai salué, lui ai dit mon prénom et je lui ai demandé si il me reconnaissait. L’expression de son visage, qui était jusque là un peu vide, est devenue plus amicale. On a parlé un bon quart d’heure. En fait, c’était plutôt moi qui parlais, il se contentait juste d’acquiescer la plupart du temps. C’était agréable de ne pas se faire interrompre, mais j’aurais bien aimé qu’il me raconte un peu plus ce qu’il avait fait durant ces 5 ans.

A un moment, il a détourné le regard en direction du soleil, qui se levait presque totalement et m’a dit qu’il devait retourner chez lui. Je lui ai demandé s’il voulait passer chez moi un de ces jours, mais il n’a pas répondu et a continué sa marche, de manière un peu plus rapide qu’avant. J’ai continué la mienne également, et arrivé au bout du quai, j'ai fait demi-tour puis je suis allé acheter le journal, comme chaque matin, avant de rentrer.

Je le feuilletais tranquillement, avec mon café. Rien d’intéressant, comme d’habitude, mais il me faut absolument quelque chose pour accompagner mon café. Il ne me restait qu’une page à lire.

Celle des avis d’obsèques. Le nom de mon oncle y figurait. 

C'est l'été alors soyons foufous, deux pastas espacées d'un jour seulement

mardi 8 août 2017

Victor

Y avait ce mec dans ma classe, Victor. C’était mon pote.

Il était un peu bizarre Victor, mais je l’aimais bien. Je crois que j’étais son seul ami d’ailleurs. Il faisait un peu tache dans notre collège privé, il fumait de la drogue à la sortie des cours, ne parlait pas aux professeurs et on ne voyait jamais sa famille.
Mais il était sympa, il me laissait essayer son vélo tout terrain, il me lisait les poèmes qu’il écrivait, on parlait des filles, bref c’était cool avec lui quoi.

Je crois que les gens ne venaient pas lui parler à cause de sa manie de jamais enlever ses écouteurs. Sérieux, il passait son temps avec sa musique vissée aux oreilles, même en cours, cachée dans sa manche. C’était assez perturbant car il ne les enlevait même pas pour me parler. Mais moi je m’en foutais moi, je l’aimais bien Victor.

Un soir après les cours il m’avait invité à dormir chez lui, j’étais assez content car c’était une première pour moi, et je n’avais jamais vu sa maison. Elle était en fait carrément normale, et même plutôt jolie. C’était un truc plutôt incohérent avec l’univers de Victor, mais c’était sympa comme baraque. On en avait fait le tour ensemble, ses parents étaient pas là, mais y avait sa petite sœur, Marjorie, qui avait pas plus de 5 ans je dirais. Elle ressemblait un peu à Victor, très timide et les yeux dans le vide. Elle ne m'avait même pas dit bonjour.


On s’était endormis dans sa chambre, qui elle paraissait bien plus en accord avec sa personnalité.
À un moment de la nuit, Victor était sorti de la chambre et m’avait réveillé. Il n’avait rien remarqué, alors j’avais pris son téléphone, histoire de résoudre une question qui me taraudait depuis que je l’avais rencontré pour la première fois : la musique qu’il avait dans ses écouteurs toute la journée.
Le premier truc bizarre c’était le titre des morceaux, y’en avait une petite centaine, elles duraient entre 5 et 10 minutes, mais aucune mention de l’artiste, ça ressemblait à ça :
« -Record_65
-Record_66
-Marjorie_03
-Marjorie_04 »
Je voyais pas ce que sa petite sœur avait à faire là-dedans, mais j’ai quand même écouté du coup, par curiosité.


C’était pas de la musique. C’était des cris, des supplications, des pleurs. Des centaines de cris enregistrés et sauvegardés sur son téléphone. C’était ça qu’écoutait en boucle Victor, toute la journée.
J’ai jamais autant flippé de ma vie, les cris provenaient tous de la même voix, enfantine et féminine.

On aurait dit celle de sa petite sœur.

Je me suis enfuis en courant de chez lui, avant qu’il revienne.
Le lendemain, j’étais revenu en cours, encore peu sûr de ce que j’avais vécu. Victor était là aussi. Il n’était pas venu me parler, et moi non plus. Il était resté à sa place habituelle, en écoutant sa « musique », les yeux dans le vide.

Pourtant, je l’aimais bien moi Victor.


vendredi 4 août 2017

Le mystérieux cas d'Alex de TN

4Chan est un forum qui regroupe un nombre incalculable de personnes et d'histoires les plus rocambolesques de l'Histoire d'Internet. Celle d'Alex ne change pas de cette idée.
En 2013, quelqu'un poste un emplacement géographique promettant une surprise à celui qui irait. Personne ne semble parti pour, et le mystérieux posteur continue de poster des photos de plus en plus étrange.
Finalement, Alex de TN (Tennessee) finit par y aller en prenant des photos et en postant pour rendre compte de ce qui se trouve dans cette endroit à ceux qui le suivent sur 4chan.
Malheureusement pour Alex, il semblerait que quelqu'un (sans doute celui qui avait posté) est rentré dans le bâtiment, Alex cherche alors la sortie mais ne la trouve pas. Il n'a plus jamais posté.


  
OP >> Votre récompense vous attend dans ces décombres, habitants du Tennessee
Il y a un parc à côté, vous partez de là et vous atteignez le point indiqué pour découvrir le secret. Il est sous plastique au moment où je vous écris
> Bonne chance

> Post avant découverte d'un corps

> Je jure devant dieu que si c'est un gode dragon...

> je vais up ce topic autant de fois que nécessaire


 Localisation de la "récompense"

 OP > Personne ne vient chercher sa récompense ? Ok je vais essayer ailleurs

> on dirait une de ces arnaques russes. Mais si tu me donnes un indice j'irai p-e

> c'est peut-être un lutin. Ou un addict au crack qui aurait pris de la mauvaise marchandise

> que quelqu'un envoie les flics là bas, dites-leur que c'est un cadavre et on observe ce qui se passe. c'est peut-être une bombe, un cadavre ou un gode dragon


OP > ||on dirait une de ces arnaques russes. Mais si tu me donnes un indice j'irai p-e
Tu brûles !
 


OP > y a pas de flics par ici :)

OP > Quelqu'un vient chercher la récompense ?  

OP > mon ami s'est enfui
Pourquoi personne ne vient ?

vous voyez ? 

 OP > je suis en colère, vous n'êtes toujours pas là... (ndt : l'OP répond à un autre commentaire)

OP > mon ami bouge. mon ami n'est pas la récompense (ndt : l'OP répond à un autre commentaire)
OP > récompense. sous plastique


 OP > moi et mon ami nous connaissons depuis longtemps maintenant, mais ce n'est pas ce qui compte aujourd'hui, j'ai besoin que des gens viennent ici.





S'il-vous-plaît, venez - mercredi 24 avril 2013

OP > Je chante ce soir. QUE QUELQU'UN VIENNE



Un certain Alex décide de répondre à l'offre de l'OP, et explore les lieux.


Alex > Ici Alex du Tennessee, JE SUIS SUR PLACE. SUIS VENU PAS TROP TARD.



Alex > il fait super sombre. on dirait qu'il fait pousser des trucs ici


Alex > l'intérieur de la porte. j'ai pas trouvé l'ami, je pense que je suis arrivé avant lui



Alex > trouvé du plastique.

Alex > "Bundie" ? hein ? c'était sous le plastique


Alex > l'endroit est immense. taillé dans la terre, on dirait. pas de plancher ni de murs

Alex > matériaux volés ? on le voit pas sur la photo mais des petites plantes grimpantes ont poussé autour. j'ai entendu le bruit d'une voiture mais je suis remonté et j'ai rien vu au dehors.


Alex > pourquoi tous ces câbles dans une cave ? j'ai entendu un bruissement. ça pourrait être un ouvrier ou un flic ou un gars de /b/ ou qqun qui me suit ? je me tiens prêt



Alex > je viens de trouver ce sac. J'ai vraiment peur là.



Alex > je jette un oeil à l'intérieur. on dirait un genre de bassin momifié et une assiette en carton pliée en deux


Alex > un rat momifié ou une chauve-souris ? et l'assiette.


Alex > dedans, un disque dur. je l'ai pris. je vide le reste du sac

Alex > j'ai bougé le sac.. il dissimulait un trou
Alex > l'intérieur de l'assiette.  

Alex > Ok. Merde. j'ai ouvert le sac et IL A BOUGÉ. j'ai failli me chier dessus. le sac contenait un opossum torturé. attaché avec de la ficelle dans 3 couches de sac plastique. j'étais en train d'enlever la 2è couche quand cette saloperie a jailli de sa prison. l'opossum était coincé dans ces rouleaux de mousse dans un sac de supermarché.

Alex > meilleure vue de l'assiette
On y lit :
"Plate's a date
A very important mate
You shouldn't have come here
I lied" 
(ndt : Les deux premières phrases sont assez obscures, littéralement elles signifient "un plat est un rancard, un ami très important" ; les deux dernières, elles, sont sans équivoque "tu n'aurais pas dû venir ici. J'ai menti")

  
Alex > Putain de merde y a des tonnes de vieux médocs sur les étagères. Du valium et d'autres trucs. Certains sont plus vieux que moi. Désolé si des gens demandent des trucs j'ai pas encore lu vos réponses 

Alex > J'ai entendu quelqu'un dehors rouler très doucement sur les graviers. Je crois que c'est l'heure de mon rendez-vous. Je vais essayer de voir si y a pas une autre porte. j'y vois quasi rien, la lampe de mon tel c'est de la merde. Putain c'est quoi ce truc ?


Alex > une boite aux lettres... d'autres cadavres d'animaux à l'intérieur.

Alex > ok pas d'autre porte mais un vide sanitaire et une espèce de soupirail. vais sortir par là. J'entends le type derrière


Alex > c'était pas un soupirail. Juste un accès vers une autre zone. je fais demi-tour, je vais essayer de sortir par où je suis entré. Putain...


> HISTOIRE COMPLÈTE
   > Alex rencontre un mec bizarre au supermarché
   > il lui demande si il va sur 4chan
   > il lui demande de le retrouver à un lieu précis à Elizabethon, Tennessee

à 23 heures GMT-6
   > Alex va sur /b/, les anons le persuadent d'y aller, il emporte un canif et une matraque
   > des gens font l'hypothèse que le mec bizarre est celui qui essayait d'attirer les gens exactement au même endroit en disant qu'une récompense les y attendait - postait des photos de ce qui ressemblait à un corps dans un sac en plastique
   > thread archivé - partie une http://chanarchive.org/4chan/b/69099/by-this-rubble-your-prize-awaits-ten…

partie 2 - http://chanarchive.org/4chan/b/69100
   > Alex se rend sur place et trouve un trou creusé dans le sol avec des opossums maltraités, des pots remplis de trucs bizarres, des animaux morts et une assiette de pique-nique avec écrit :
A plate's a date
A very important mate
You shouldn't have come here
I lied
   > à l'intérieur un disque dur externe au contenu inconnu et des pilules
   > Alex arrête de donner signe de vie. Le guetteur qui regardait tout de loin disparait, on suppose qu'Alex a été tué - quelqu'un qui prétendait être sur place a déclaré voir une voiture de police se diriger vers l'entrepôt.


Traduction : Tripoda

Source

lundi 31 juillet 2017

Imagination Land

Je suis capable de lire dans les pensées depuis que je suis toute petite. Ce n'est pas vraiment comme montré dans les films, cependant. Ce n'est pas écouter une sorte de radio. C'est tellement plus immersif que ça. C'est comme si je vivais les pensées. Que j'étais dedans. C'est une expérience passionnante lorsque vous lisez les bonnes pensées. Le problème est justement d'en trouver qui valent le coup.

Honnêtement, lire des pensées d'adultes est aussi barbant que de déclarer ses impôts. Les pensées d'enfants, bien au contraire, sont exceptionnelles. Elles ne sont pas encombrées par le travail, le stress et les insatisfactions. L'esprit d'un enfant est rempli d'imagination et d'aventure. C'est pourquoi je suis devenue professeur de maternelle.

Je reste assise à mon bureau, regardant les enfants colorier. Je souris alors qu'ils griffonnent sur le cahier, avec leurs crayons. Je m'approche doucement et je regarde à travers leurs pensées. En un instant, je décolle avec Carlos dans une fusée, à travers des galaxies tourbillonnantes.  Je visite de lointaines planètes remplies d'extraterrestres ressemblant à des blobs et de Martiens à 2 têtes. Je souris, et je passe à Marcy. Je peux sentir les cannes à sucre et les dragées alors que je suis entrainée dans un véritable monde de sucreries, parsemé d'arbres en chewing-gum et de cascades de caramel liquide. Marcy joue à la marelle avec un bonhomme de pain d'épice, riant de son petit rire si mélodieux.

J'étais sur le point de passer à Thomas, quand j'ai senti quelqu'un tirer sur ma robe. J'ai regardé vers le bas et j'ai vu Sarah. C'était une des plus adorables petites filles que j'avais jamais vues. De beaux cheveux blonds et bouclés, de grands yeux bleus et un sourire radieux.

"Madame Dupree, j'ai fait ça pour vous !" s'était-elle exclamée, me tendant un papier. Je l'ai pris dans les mains pour voir dessus un dessin me représentant en petit bonhomme, avec au-dessus la phrase "J'aime Mme Dupree" répétée plusieurs fois avec des couleurs différentes.
"J'adore ton dessin !", lui avais-je répondu, en la serrant dans mes bras. 

Sarah n'était dans ma classe que depuis quelques jours, alors je n'avais pas encore eu l'occasion de lire dans ses pensées, afin de voir un aperçu de ses rêves et espoirs. Je me suis approchée et je me suis plongée dans son esprit. Et j'ai presque vomi de dégoût.

Je m'étouffais alors que j'étais assaillie par des vagues de puanteur. La fétide puanteur de la mort. L'œil de mon esprit était aveuglé par une obscurité qui semblait presque vivante, qui se répandait à travers mon cerveau, cherchant à effacer tout ce qu'elle touchait. Dans le néant, je sentais des tentacules gluantes autour de moi, s'enroulant autour de ma jambe, sur mon visage, appartenant à une bête gigantesque qui semblait à la recherche de nourriture. Puis, le silence a été brisé par un affreux tumulte, m'éclatant presque les tympans. Les cris de milliers d'âmes, pleurant de désespoir. Implorant la libération de la mort.

Puis, l'instant d'après, j'étais de retour dans ma classe. J'ai quitté l'esprit de Sarah, espérant qu'elle n'ait pas remarqué mes tremblements.

"C'est... un très beau dessin, Sarah", lui avais-je dit, presque en chuchotant. "Maintenant, retourne à ton bureau et prépare-toi pour le déjeuner, d'accord?"

Elle a hoché la tête et sautillé vers son bureau. Alors que je la regardais s'en aller, je me suis dit que les pensées d'un enfant sont les choses les plus merveilleuses sur Terre.

Mais, quelle que soit la chose dans cette robe bleue, ce n'était certainement pas une enfant.

Traduction : Kamus

Source

mercredi 26 juillet 2017

Explication de l'absence de Vidfinn sur le forum

Trouvé sur un forum

Salut les amis.

Pour répondre à vos interrogations qui fusent depuis un certain temps, je me devais de faire ce topic.
Vous avez été nombreux à soulever l’absence de Vifinn, membre apprécié du forum, qui ne s’est plus connecté depuis plus de 7 mois, sans donner de nouvelles.
Étant son ami, je pense pouvoir affirmer que je suis le dernier à l’avoir vu connecté sur le forum, et je comptais vous faire part de mes inquiétudes, même si je sais que beaucoup de membres, notamment les modérateurs, sont déjà au courant.

Je ne m’abaisserai pas à commenter, mais voici une copie de notre conversation par sms du Mercredi 15 Juin 2016 au Samedi 18 Juin pour répondre à vos interrogations :

______________________________

Putain mec
Faut que je te racontes

Tg
Je suis en pleine partie là
       
On s’en fout juste lis c’est marrant

Bon vas y connard
       
Devines qui me parle sur Skype

...
Encore un bot de merde qui veut ta money ?
       
Exact
Je suis mort

C’est pas genre le troisième de la semaine ?
       
Mais grave putain
Mais bon ça me fait rire donc nsm

T’oublieras pas de lui donner le code de ta carte bancaire débile
       
Tg
« Je vous ai contacté sur Skype car je tenais absolument à vous rencontrer mademoiselle »
;)

« mademoiselle » ?
       
Ouais je me suis mis en meuf t’as pas vu ?
C’est pour attirer les bots justement

...t’es chelou
Bon je vais bouffer je re
       
A + bb
« Je m’appelle Léonard Paul Bommers, je suis un jeune américain hospitalisé » no shit sherlock
« Je vais bientôt mourir, et j’aimerais pouvoir donner mon riche héritage »
Je m’amuse beaucoup à lui répondre de la merde
Le jeu c’est de voir en combien de temps il me bloque

Re.
Putain t’es encore là-dessus ?
       
Putain
Mec
Mec

Oui
Oui putain

       
Il veut qu’on s’appelle
Je fais quoi

...bah go connard
       
Ok j’appelle

C’est chelou

Hum ?
       
Le mec a mis sa cam mais il parle pas et y’a genre une marionnette c’est marrant

...hein
       
Genre sa cam c’est une marionette

...go me  montrer

       
Ok attend

tkt  

http://i.gyazo.com/35228577a1e490a2d2148dd42f1c3fb1.mp4

   
Voilà.

...oulah t’es tombé sur un débile

       
Grave
Je raccroche ?

Ben oui on s’en fout

Bon on joue ?

       

______________________________


Putain mec

...oui bonjour ça va et toi ?

       
Le mec me spam

Hein

       
Genre le bot marionnette chelou il arrête pas de m’appeler la
Chaque fois que je décroche il rappelle

...bloque le débile

       
Attend
Je décroche

...mais pourquoi

       
Tg.
Y’a encore la marionnette

...srx ?

       
Ouais
http://i.gyazo.com/f74bb270e7db516dace8980a8ecb9d34.mp4

Bon mec bloque le il est chelou

       
Y’a des bruits chelous derrière
Genre des cris
Ya des cris derrière lui
Je suis flippé la mec

...bloque le et viens jouer

       
Ouais
Ouais
Ok
Overwatch ?

Go.

______________________________        

       
Putain
Mec
Mec
Répond

Répond putain

Oui re c’est bon

Y’a quoi ?

       
La marionnette
Dans ma rue yavait un mec avec la marionette

mec on se connait depuis 2 ans t’as cru j’allais croire à tes conneries ?

       
Mec
Sur ma mère
Je te jure je l’ai vu

...va raconter ça à un débile

       
Mais putain ec
Mec
Je flippe là

Mais t’es sérieux ou ?..
       
Je le vois plus

Bon bah voilà
Tu te tapes des flippes mec calme toi nan ?
Je flippe pas dès que je vois Jeff Panacloc moi hein

       
ta gueule
comment il m’a retrouvé ?

...tu lui a donné ton adresse ?

       
Il vient surement pour réclamer ta carte hein

       
Dans le jardni
Jardin
La marionette est dans le jardin

Non t’es juste en train de te taper un délire
T’as recommencé les joints ou ?..

       
Putain mais
Je te jure
http://i.gyazo.com/13d2cc07db8a45713ba36250373342ae.jpg
LA
DANS LE BUISSON

Frère je vois rien c’est un vieux tee shirt ton truc

       
Putain mais

..bon
Au pire
Va la chercher dans ce cas non ?
Et puis brûle la débile.

       
Ouais ouais

...mec ?
Bon termine ton truc et après on overwatch

Mec ?


______________________________





Vidfinn ne m'a plus jamais répondu.


Nous tenions à remercier tous ceux qui se sont intéressés à notre dernier communiqué, et ceux qui sont venus se joindre à nous sur le forum. Il nous faudra encore un petit moment pour voir comment cela impactera le site, mais la communauté a pris un petit coup de boost grâce à vous. Merci à tous de continuer à nous suivre à travers les années.

dimanche 23 juillet 2017

Communiqué de l'équipe de CFTC : remise au point

Avant-propos : Comme annoncé un peu plus tôt dans la journée sur Facebook, voici un communiqué devant retranscrire l'avis des membres actifs du forum. Je précise bien actifs, ce qui signifie qu'on ne parle que d'une petite poignée de personnes qui sont avec nous depuis un moment et montrent encore de l'intérêt quant à la survie de notre site et de sa communauté. Toutefois, si je devais oublier un élément qui semble important à préciser, j'invite ces membres à venir garnir la section des commentaires, qui sera d'ailleurs l'un des sujets que nous allons aborder ici.

Bonsoir à toutes et à tous, que vous soyez membre du forum, habitué.e de la section commentaire ou que vous apparteniez à la majorité silencieuse venue rechercher du divertissement chez nous. Suite à quelques discussions en interne et constatations de ma part, il a été décidé qu'il était temps de remettre quelques points sur les i d'une part, et revenir sur quelques détails de notre activité qui semblent mal ou pas compris par un nombre trop important de gens. Pour plus de lisibilité, voilà un petit index vous permettant d'atteindre directement le sujet qui vous intéresse. Il serait toutefois plus indiqué de lire la totalité du post, même si vous ne vous sentez pas concerné.e. La dernière partie est particulièrement importante.

L'anarchie dans la section commentaire


La remarque a été refaite dans les derniers jours sur la trollpasta La vie de Tommy, et elle fait écho à d'autres plus anciennes : les commentaires du site sont devenus une vraie plaie. Autant être honnête de but en blanc, elle donne de moins en moins envie de s'y rendre, y compris au personnel du staff qui ne voit plus ça que comme une corvée, ce qui est bien dommage. La faute au nombre de débats stériles et aux insultes qu'on y trouve presque quotidiennement. Les principaux concernés se reconnaîtront d'ailleurs très vite. Ce qui suit s'adresse cependant à chaque personne qui souhaiterait commenter sur le site, habituée ou nouvelle.

Au cas où vous l'auriez oublié, l'espace de commentaires est un lieu où tout le monde est supposé s'exprimer en respectant autant les personnes fournissant le travail qui nous permet de publier, que les autres internautes s'exprimant par le même biais. Une succession de commentaires agressifs ne donne pas envie de prendre part à la conversation, ce qui mène au bout d'un certain temps à la désertification de cet espace. De même, personne n'a envie de s'ennuyer à essayer de publier quoi que ce soit si les seules choses qu'on peut en tirer sont des "c'est de la merde". Réfléchissez un peu à ce que vous dites, vous avez des êtres humains en face de vous, et peu importe à quel point vous pouvez ne pas apprécier les autres, ici n'est pas le lieu pour déverser votre haine.

Raison pour laquelle les commentaires sont modérés. Nous avons réfléchi un moment à la marche à suivre, et malheureusement nous en sommes venus aux mêmes conclusions que ce qui a été évoqué dans les commentaires sur La vie de Tommy : le meilleur moyen d'éviter ce genre de débordement, c'est de couper le mal à la racine. Tous les messages comportant des insultes, qu'elles soient directes ou voilées, seront systématiquement supprimés, et si un participant récurrent s'avérait ne pas prendre en compte ces recommandations, la totalité de sa participation sera effacée, utile ou non, et sa présence ne sera plus tolérée.

J'insiste sur le fait que nous parlons des insultes, pas des critiques. Que vous veniez par exemple dire, comme je l'ai déjà cité plus haut, "c'est de la merde", c'est insultant pour l'auteur, et rien d'autre. Si vous venez dire que vous trouvez ce que vous avez lu mauvais, ça ressemble déjà davantage à un avis. L'idéal serait que vous disiez ce qui vous a plu et déplu (ou juste déplu), même si ça doit être brouillon ou tenir sur une seule ligne. Une discussion doit toujours être possible, c'est l'essence même des commentaires.

Nous trouvons cela vraiment dommage de devoir rappeler des choses comme ça, et de devoir gaspiller de l'énergie et du temps à modérer cet espace, alors qu'ils pourraient nous servir à préparer davantage de contenu. Quant à ceux qui viennent pour troller, ils se tirent vraiment une balle dans le pied : en faisant fuir les gens des commentaires, voire du site, c'est tout le trafic du site qu'ils diminuent. Ça pourrait finir par signifier la fermeture complète des commentaires, voire du site (inutile de publier s'il n'y a plus de public). Étant donné que vous venez aussi pour vous divertir, ce serait vraiment contre-productif.

On publie quoi, déjà, ici ?


Une remarque qui a été faite par les membres du forum : autant dans les nouveaux inscrits que dans les commentaires, il semblerait que le terme "creepypasta" soit mal compris par beaucoup de monde, ce qui pose énormément de problèmes. Alors retenez bien une fois pour toute que creepypastas et nouvelles horrifiques sont deux choses différentes. CFTC n'est pas prévu pour être un blog littéraire, ça n'a jamais été le cas. À l'origine, les creepypastas étaient définies ni plus ni moins que comme les légendes urbaines d'internet. C'est toujours notre vision des choses, peu importe comment les choses ont pu évoluer outre-atlantique ou sur d'autres pages françaises qui se préoccupent davantage du moment de gloire personnel de voir son nom affiché que de l'esprit de la chose (et c'est bien à cause de ça que le genre s'essouffle).

La véracité ou fausseté des propositions n'est absolument pas prise en compte dans le processus de sélection. Nous avons déjà publié certaines choses qui se sont avérées vraies, d'autres fausses, et d'autres encore qui ne sont que des rumeurs sans qu'il soit possible de réellement savoir. Que l'information soit trouvable sur d'autres sites (douteux ou non), dans des médias ou ailleurs n'est pas un critère de rejet. Ce qui est important, en revanche, c'est que ce soit un minimum crédible quand on sait que c'est faux (et si on ne sait pas, ou si on sait que c'est vrai, la question ne se pose pas). C'est vous et vous seuls qui devez vous faire votre opinion. Lorsque les creepypastas ont débuté, les gens cherchaient des informations un peu partout sur internet pour savoir, ça faisait partie intégrante du mystère qui les entourait. Nous tenons à conserver cet état d'esprit.

Pourquoi, me direz-vous. J'ai déjà eu à plusieurs reprises affaire à des gens qui trouvaient ça "débile". La réponse est pourtant toute simple : des sites qui vous publient des histoires d'horreur, il y en a des dizaines (et nous ne trouvons pas ça mal, sinon nous n'ouvrerions pas le Nécronomorial, sur lequel vous pourrez trouver des récits de ce genre de très bonne qualité). Mais ils ont tous en commun le fait de publier des choses dont vous savez très bien qu'elles sont fausses. Pendant votre lecture, vous acceptez ce que vous lisez, c'est comme ça qu'on ressent du frisson, c'est ce qu'on appelle la suspension consentie d'incrédulité, mais une fois que c'est fini, vous repartez la tête tranquille.

L'angoisse que l'on peut ressentir en découvrant quelque chose qui pourrait être réel, dont vous ne savez pas grand-chose au final, le besoin frénétique de savoir qui vous mène à toujours essayer de creuser davantage pour être sûr, l'inquiétude dont vous ne pouvez pas vous débarrasser même après avoir fini votre lecture, tout cela représente un spectre de sensations totalement différentes. Et ça, ce n'est pas reproduit par le premier bouquin de Chair de Poule venu. Voilà ce qui fait l'originalité de CFTC, et ce pourquoi nous ne changeons pas notre ligne éditoriale. Le fait que vous vous attendiez à autre chose est en partie responsable de votre déception quand vous lisez nos publications. Un lien vers un article beaucoup plus détaillé sur la question (qui a déjà été posée il y a quatre ans, des ajustements sont donc nécessaires) devrait mis à disposition sous peu.
CFTC c'est devenu à chier

Il est fort possible que le point précédent explique une partie de ce que j'ai pu voir en commentaires sur certaines publications, mais d'autres points sont encore à préciser. On nous reproche la dégradation de la qualité de notre contenu, et on nous pointe diverses raisons, qui ont parfois leur part de vérité mais omettent souvent la réalité des choses. On va essayer d'en faire le tour.

Il faut déjà se rappeler que les administrateurs ne sont pas (forcément) ceux qui ont rédigé les publications, ce point a l'air d'avoir été un peu mieux intégré dernièrement, mais un rappel ne fait pas de mal. Ce que nous faisons, c'est publier anonymement (ceci est lié au dernier point : si vous avez un auteur, càd quelqu'un qui a inventé ce que vous venez de lire, vous êtes à 100% certain que c'est faux, en n'ayant qu'un récit, vous ne savez pas si quelqu'un a imaginé tout ça, si ça a été trouvé sur internet ou si ça a juste été rédigé dans une forme plus agréable à lire).

Sans transition, ce que nous faisons aussi, c'est corriger ce qui doit être publié. J'ai vu un commentaire qui demandait si les correcteurs étaient en grève, eh bien non, il n'y en a tout simplement plus. Nous sommes actuellement deux, avec un niveau d'orthographe différent, pour s'occuper de tout ça, ça prend beaucoup de temps, et selon que ce soit publié par moi ou Kamus, ça n'aura du coup pas été corrigé de la même manière. Vous pourriez nous dire que nous n'avons qu'à recruter, mais la vérité est que très peu de gens veulent devenir correcteur sur le forum, et les rares candidatures que nous avons eues n'ont pas réussi à passer le test. Mais si vous êtes intéressés et avez un excellent niveau en français, le recrutement est toujours ouvert.

Quant aux productions en elles-mêmes, nous ne pouvons vous proposer que ce qui nous est proposé à nous, ça ne dépend pas de notre bonne volonté. Il y a des périodes où nous recevons beaucoup de choses, et des périodes creuses. Et dans les périodes où nous recevons beaucoup de choses, il arrive parfois que la qualité ne soit simplement pas au rendez-vous. Baisser nos standards n'est pas une solution, car si nous publions plus mais que vous êtes davantage déçus, ça ne fait qu'empirer le problème. Voilà pourquoi il est inutile de se plaindre de passer d'un rythme de publication de tous les deux jours à toutes les semaines : nous faisons notre possible pour publier le plus régulièrement possible, mais quand nous n'avons rien, nous n'avons rien.

Enfin, le processus de sélection en lui-même implique un vote argumenté, qui doit permettre d'améliorer les propositions avant publication si besoin est, et permet d'obtenir un avis plus large que celui de vos seuls administrateurs, qui, en dépit de leur habitude du genre, ne peuvent pas être toujours objectifs. De plus, avoir une série de membres qui indiquent clairement qu'ils sont pour ou contre le passage sur le site nous permet de travailler plus vite lorsque nous avons besoin de publier rapidement, ou quand le nombre de propositions est élevé. Cependant, depuis quelques temps, ce sont toujours les mêmes qui critiquent, et ils sont très peu nombreux. Ce qui fait que l'absence du moindre d'entre eux (et ils peuvent bien l'être, nous avons tous une vie derrière nos écrans) ralentit considérablement notre rythme. À l'époque où nous avions entre une vingtaine et une quarantaine de membres plus ou moins actifs en plus des membres de passage, ce n'était pas un problème, maintenant qu'il y en a moins de dix, staff compris, c'en est un.

Rappel : à quoi sert le forum


Tout cela nous mène au centre névralgique du site, et qui est pourtant ignoré par beaucoup de monde : le forum. Contrairement à ce que certains pensent, quand ils ne l'ignorent pas totalement, le forum ne sert pas qu'à venir proposer une de vos productions qui sera publiée dans l'heure. Les creepypastas existent depuis longtemps, et beaucoup de choses ont déjà été explorées, ce qui fait qu'une idée qui vous a paru originale nous aura parfois été proposée deux ou trois fois dans les mois précédents. Par ailleurs, lorsqu'on ne s'inspire pas de faits réels (et je dis bien s'inspirer de faits réels, pas dire à tout le monde que ce que vous racontez est vrai alors que ça sort de votre imagination), construire un récit de qualité ET crédible aux yeux de tous (ce qui inclut de nombreux paramètres) n'est pas une chose simple. Les gens qui ont réussi à faire accepter leur première proposition sans la moindre modification se comptent sur les doigts des mains. Sur le forum, vous avez la possibilité de travailler avec les autres, voir ce qui ne va pas, améliorer si ça a du potentiel ou chercher d'autres idées s'il n'y a rien à tirer de votre idée de départ. Idéalement, si vous venez pour proposer quelque chose, dites-vous d'emblée que ce sera refusé tel quel, mais que vous aurez l'occasion de rendre encore meilleur que vous ne l'imaginez déjà ce que vous avez fait. Et qui sait, vous aurez peut-être une bonne surprise.

Mais au-delà de ça, c'est sur le forum que tout se passe avant la publication : les traductions, la recherche de contenu sur le web, les critiques, les corrections. Plus nous avons de membres investis là-dedans, plus le fonctionnement du site est fluide. Ce n'est pas parce que vous ne comptez pas créer de creepypasta que vous n'êtes pas les bienvenus, bien au contraire. Un avis bien aiguisé est précieux pour ceux qui s'essayent à la publication. Il y a toujours des pages que nous n'avons pas vérifiées sur les sites étrangers (et pas seulement anglophones) qui renferment potentiellement des trésors et que vous pourriez nous indiquer si vous tombiez dessus (un index des traductions déjà faites est tenu à jour pour vous assurer de ne pas être déçu).

Et en plus de ça, il y a bien d'autres moyens de contribuer à la vie du forum. Les textes du Nécronomorial sont également à critiquer ou à écrire, pour les plus littéraires, mais au-delà de ça, d'autres sections renferment des sujets très variés, allant de l'exploration urbaine aux discussions sur le paranormal, ou bien des jeux et autre passe-temps dans la section libre. Il est prévu pour être un lieu vivant, sur lequel il est d'ailleurs plus facile d'échanger que par commentaires, et c'est bien ce qui lui a permis d'exister aussi longtemps : on ne reste pas sur un forum sans vie. Et s'il n'y a personne pour rester sur le forum, alors il n'y a personne pour continuer d'alimenter CFTC, peu importe combien de personnes continuent de lire toutes nos pages chaque jour.

Cette dernière partie visait à lever les appréhensions que certains peuvent avoir, et souligner l'importance du forum pour ceux qui pensent qu'il ne s'agit que d'un gadget. L'inscription est simple, la validation par un administrateur est toujours rapide, et il y a beaucoup à faire, si on s'en donne la peine. Et il ne faut pas se laisser intimider par les autres membres, même si certains peuvent se révéler chiants, vous pouvez tout aussi bien les ignorer, l'ancienneté ne leur donne pas tous les droits. En cas de problème, que ce soit avec l'un d'eux ou avec quelque chose que vous ne comprenez pas sur le site, le staff est aussi là pour vous aider. Alors si vous aimeriez participer davantage à la vie de CFTC, la porte vous est grande ouverte. N'oubliez pas qu'à la base, ce site a été créé par des amateurs, pour des amateurs. Et aujourd'hui, les amateurs, c'est vous.


mardi 18 juillet 2017

SAR (partie 4)

Salut tout le monde ! Je suis de retour de mon stage, et j’ai beaucoup d’histoires vraiment intéressantes à vous partager. J’en ai tellement que je vais les diviser en deux parties, ce post étant la première. J’aimerais bien toutes les mettre d’un coup, mais je n’ai pas encore pu toutes les écrire. Il ne s’est rien passé d’extraordinaire durant le stage, juste un accident avec un débutant que j’ai trouvé intéressant. Puisqu’il me semble que vous attendiez avec impatience ces histoires, je vais enchaîner sans plus tarder. Je les relierai toutes aux personnes qui me les ont racontées.

K.D : K.D est un vétéran qui est agent SAR depuis environ quinze ans. Elle se spécialise dans les missions de sauvetage en haute montagne, et est considérée comme une des meilleures dans son domaine. C’était une des plus enthousiastes à me raconter ses anecdotes, et étant donné qu’on était ensemble dans beaucoup d’exercices, elle a fini par m’en transmettre quatre qui m’ont vraiment marquée.

  • Elle m’a raconté la première lorsque je l’ai interrogée sur ses appels les plus traumatisants. Elle a secoué la tête, et m’a dit que les appels tragiques arrivaient plus fréquemment en montagne, puisque le risque d’accidents graves est plus élevé. Il y a à peu près cinq ans, un des parcs où elle travaillait a connu une série de disparitions. C’était une mauvaise année, m’a-t-elle dit, une des pires au niveau de la météo. Il tombait plus de trente centimètres de neige tous les deux jours, et quelques alpinistes sont morts dans des avalanches. Ils avaient averti les gens de ne pas s’écarter des sentiers battus, mais bien sûr il y en a toujours qui n’écoutent pas. Dans un cas en particulier, une famille entière avait été décimée, parce que le père pensait mieux s’y connaître que les gardes forestiers, et a emmené sa femme et ses enfants dans une zone à risques. Ils avaient des raquettes, et autant que K.D pouvait le supposer, ils s’étaient aventurés sur un pan neigeux qui devait avoir l’air solide, sans l’être réellement. Il a cédé sous leur poids, et cette famille a dégringolé sur plus de cent mètres. Ils ont atterri sur les rochers en bas, et les parents sont morts sur le coup. Un des enfants a subi le même sort, mais les deux autres ont survécu. Un s’en est sorti avec une jambe et des côtes cassées, tandis que l’autre n’avait presque rien, à part quelques contusions et une cheville foulée. L’enfant sauf a laissé son frère pour aller chercher du secours. K.D a dit qu’il n’avait pas fait un kilomètre avant qu’une tempête ne lui tombe dessus. L’enfant s’est arrêté et a essayé de se réchauffer, ou peut-être simplement de se reposer, et a fini par mourir de froid. K.D et ses collègues ont fini par retrouver la famille avec l’aide de témoins qui les avaient vus s’enfoncer dans la nature, et c’est elle qui a trouvé l’enfant mort de froid en cherchant du secours. Elle m’a dit qu’il avait commencé à neiger, juste assez pour cacher l’horizon, mais pas au point de rendre les recherches impossibles. Elle a vu une silhouette assise dans la neige, et elle l’a rejointe le plus vite possible. Elle m’a décrit en détail comment elle a d’abord réalisé qu’il s’agissait d’un enfant, puis, au fur et à mesure qu’elle se rapprochait, qu’il était mort, et enfin qu’il avait gelé dans une des positions les plus pitoyables qu’elle n’ait jamais vues. L’enfant était assis droit, avec ses genoux serrés contre sa poitrine. Il les entourait de ses bras, et sa tête était enfouie dans son manteau. Lorsqu’elle a retiré le manteau pour voir son visage, elle a constaté qu’il était mort en pleurant. Son visage était déformé, et les larmes avaient gelé sur ses joues. Elle a dit qu’il était affligeant de voir à quel point l’enfant était terrifié au moment de succomber à l’hypothermie, et en tant que mère, ça lui avait brisé le cœur. Elle m’a dit plusieurs fois combien elle espère que le père brûle en enfer en ce moment même.


  • Une autre de ses histoires traumatisantes qui m’a marquée lui est arrivée alors qu’elle n’était encore qu’une novice. On avait signalé à son équipe qu’un alpiniste expérimenté n’était pas rentré chez lui la veille. Sa femme était convaincue que quelque chose de grave était arrivé, parce qu’il rentrait toujours chez lui à l’heure. Ils sont partis à sa recherche, et ont dû escalader ce qui semblait être des pans très ardus de la montagne. Ils sont arrivés sur une zone relativement plate, et K.D a repéré du sang sur la neige. Elle a suivi la piste, et a commencé à trouver des petits morceaux de chaire. Elle n’était pas sûre de quelle partie du corps ils pouvaient provenir, mais plus elle progressait, et plus il y en avait. Cette piste de sang et de chaire la mène à un endroit abrité, en contrebas d’un versant, et c’est là qu’elle trouve l’alpiniste. Elle a dit qu’il y avait beaucoup de sang, bien plus qu’elle n’en avait jamais vu auparavant. Il gisait là, face contre terre, un bras tendu devant lui, comme s’il était mort en rampant. En regardant de plus près, elle voit qu’il est en partie éviscéré, ce qui explique la provenance des morceaux de chaire qu’elle a vu. Le type possède un pic à glace coincé dans un étui à sa hanche, couvert de sang. Ils ne pourront jamais savoir avec certitude ce qui s’est passé bien entendu, mais elle m’a expliqué comment elle voyait les faits : le gars a essayé d’escalader la paroi jusqu’à la zone de plat suivante, et il se servait d’un pic à glace pour grimper. Il est probablement tombé sur une aspérité friable, et il a chuté. Dans sa chute, ou au moment de l’atterrissage, il s’est empalé sur son pic, ce qui l’a éviscéré. Il s’est traîné au sol, en semant des morceaux de lui-même, et il est mort sous la falaise. Le gore ne la dérange pas tant que ça, mais je suppose que certaines des personnes qui l’ont aidée à s’occuper du corps ont dû vomir lorsqu’elles l’ont retourné et qu’une bonne partie de ses intestins se sont déversés.


  • Je lui ai dit que ça m’intéressait qu’elle me parle de ses expériences de disparitions complètes. Son regard s’est éclairé, et elle s’est penchée vers moi. « Tu veux entendre un truc vraiment bizarre ? » me demande-t-elle. Elle m’explique que lorsqu’elle a commencé, il y avait une affaire qui avait fait beaucoup de bruit dans la presse. Une famille était partie cueillir des baies dans une zone de la forêt assez proche de l’entrée du parc. Ils avaient deux petits garçons, tous deux de moins de cinq ans, et à un moment de la journée, l’un des deux disparait. Il y a une battue très importante, et ils ne trouvent rien du tout. C’est une autre de ces affaires où le gosse semble ne jamais avoir été sur les lieux. Les chiens se contentent de s’asseoir et ne reniflent rien, aucune trace de l’enfant n’est trouvée. Les recherches se poursuivent sur à peu près deux mois, mais finissent par être annulées. Six mois plus tard, la famille revient pour déposer des fleurs sur la stèle érigée à la mémoire de l’enfant. Ils amènent leur autre fils. Alors qu’ils posent les fleurs, ils perdent de vue le gosse pendant trois secondes à peine, et dans ce laps de temps ce dernier s’évapore dans la nature. Évidemment, les parents sont plus que dévastés. C’est déjà assez horrible de perdre un enfant, mais c’est inimaginable d’en perdre deux. La battue est énorme, une des plus grosses de l’histoire de l’État. Il y a environ trois cents volontaires qui inspectent la moindre parcelle du parc, à la recherche de l’enfant. Mais une fois encore, aucune trace de lui. Les recherches se poursuivent pendant à peu près une semaine, certains fouillent à des kilomètres de l’endroit où il a disparu. Et puis, presque deux semaines plus tard, un volontaire situé à presque trente kilomètres de la zone de recherches officielle nous contacte par radio pour nous signaler qu’il a trouvé le gosse. Ils ont supposé que l’enfant était mort, cependant le volontaire affirmait qu’il était non seulement en vie, mais aussi en bonne forme. K.D et son équipe vont récupérer le gamin, et ils ne peuvent en croire leurs yeux lorsqu’ils arrivent sur place : c’est effectivement l’enfant porté disparu. Ses vêtements sont propres, il n’a aucune trace de terre sur lui, et il ne semble pas traumatisé. Le volontaire explique qu’il l’a trouvé assis sur une souche, à jouer avec un petit fagot de brindilles tenues ensemble avec une sorte de vieille ficelle. K.D lui demande où il était passé, avec qui il était durant ces deux semaines, et l’enfant lui répond qu’il était avec « l’homme flou ». Alors K.D croit dur comme fer au bigfoot, donc elle devient toute excitée et lui demande ce qu’il veut dire par « flou ». Est-ce qu’il était poilu ? Mais l’enfant lui répond que non, il n’était pas poilu. C’était un « homme flou », et il décrit un homme qui serait de forme trouble, « comme lorsque tu fermes tes yeux mais pas complètement ». Il a dit que l’homme avait surgi des bois et l’avait emmené avec lui loin dans la forêt. L’enfant raconte qu’il dormait dans un arbre creux, et que l’homme flou lui donnait des baies à manger. K.D lui demande si l’homme était méchant, s’il effrayait l’enfant, et ce dernier lui répond que « non, il n’était pas effrayant. Mais je n’aimais pas qu’il n’ait pas d’yeux. » K.D me dit qu’ils ramènent le gosse à la base, et un policier le raccompagne en ville pour recueillir plus de détails sur ce qu’il s’est passé. Ce policier est un de ses amis, et elle m’a dit que l’enfant a raconté être gardé à l’intérieur de cet arbre, et qu’il recevait des baies dès qu’il avait faim. Il pouvait se promener dans un rayon bien défini, mais que s’il essayait d’aller plus loin, l’homme flou « s’énervait et hurlait très fort bien qu’il n’ait pas de bouche ». Lorsque l’enfant avait peur la nuit, l’homme flou « éclaircissait » et lui donnait le fagot de brindilles. Il a dit que l’homme flou voulait le garder, mais qu’il a dû le laisser partir parce qu’il n’était pas « le bon genre ». Il ne peut ou ne veut pas en dire plus que cela. Son témoignage a laissé les policiers perplexes, et les recherches pour son frère ont été renouvelées, sans résultats. Le gamin n’a aucune idée d’où son frère peut être, et personne ne l’a trouvé.


  • La dernière histoire que K.D m’a racontée est quelque chose qui lui est arrivé alors qu’elle s’est retrouvée séparée de son groupe de formation, quand elle était encore une novice. Ils apprenaient les bases de la haute altitude sur un versant bien cartographié de la montagne, et elle a dû aller au petit coin. Elle s’est éloignée d’une cinquantaine de mètres du groupe pendant la pause déjeuné, et elle a fait ce qu’elle avait à faire. Je vais utiliser ses mots exacts pour raconter la suite : « Donc je vais pisser, et quand j’ai fini je pars rejoindre le groupe. Mais j’ai à peine fait deux pas que je réalise n’avoir aucune idée d’où je me trouve. Et c’était pas genre « ah, j’ai pris un mauvais tournant ». Je veux dire que j’avais absolument aucune putain d’idée d’où je me trouvais. Si tu m’avais demandé, je pense pas que j’aurais été capable de te dire dans quel État on était. C’était un peu comme ce que je m’imagine que les amnésiques ressentent, tu vois ? T’es complètement perdue, et tu sais pas du tout quoi faire. Donc je suis restée là pendant un moment, à essayer de comprendre où diable est-ce que j’étais et ce que je devais faire. Mais plus je restais là, et plus je devenais confuse et déboussolée, donc j’ai commencé à marcher. Je me souviens avoir pris une direction au hasard. Mais ça ne fait qu’empirer, jusqu’à ce que je ne me souvienne même plus ce que je fais sur la montagne. Je me contente de patauger dans la neige, et puis je me mets à entendre cette voix. C’est presque comme si elle était dans ma tête. Comme si une grenouille pouvait parler, genre grave et rauque. Et elle ne cesse de me répéter « tout va bien, tout va bien, tu as simplement besoin de trouver quelque chose à manger. Trouve quelque chose à manger et tout ira bien, contentes-toi de continuer à marcher et trouve quelque chose à manger. Mange. Mange. » Donc je commence à chercher quelque chose que je peux manger, et je te jure que je n’ai jamais eu aussi faim de toute ma vie. C’était monstrueux, et je pense que j’aurais avalé tout ce que tu aurais pu me mettre sous le nez. J’avais perdu la notion du temps, et je n’avais aucune idée du temps que j’avais passé dehors lorsque j’ai entendu une véritable voix se rapprocher de moi. Je vais dans sa direction, et je tombe sur un autre agent SAR, qui a l’air complètement effrayé. Il court vers moi, en me demandant si je vais bien et ce que je fous ici. Et ce qui est flippant, c’est que pendant qu’il court vers moi, je me surprends à saisir mon couteau de chasse à ma ceinture. Je ne réfléchis même pas à ce que je fais, tout ce que je sais à ce moment c’est qu’il faut que je mange. Si je ne mange pas, je n’irai jamais bien à nouveau, donc je dois juste manger. Il me voit faire ce geste, et il recule immédiatement. Il me crie de poser mon couteau, qu’il ne va pas me faire de mal, et ça m’a fait comme un déclic. Tout d’un coup, je sais précisément où je suis, et je lâche le couteau. Je cours le rejoindre, et je lui demande combien de temps a durée mon escapade, en imaginant qu’il me dirait un truc comme une demi-heure. Mais il me dit que j’ai disparu pendant deux putains de jours. J’ai dépassé deux pics, et je me suis presque retrouvée de l’autre côté de la montagne. Si j’avais continué, j’aurais fini par m’aventurer dans environ cinq cents kilomètres de nature sauvage, et ils ne m’auraient jamais retrouvée. Il n’arrive pas à croire que je ne suis pas morte, et bien sûr je n’ai pas la moindre idée de quoi en penser. De mon point de vue il ne s’était écoulé que très peu de temps. Je ne dis rien, je me contente de le suivre jusqu’au point de rassemblement, d’où on me raccompagne à la base pour être transportée à l’hôpital. Une fois sur place, ils me font passer toutes sortes de tests, afin d’essayer de comprendre ce qui s’est passé. Le plus probable selon eux est que j’ai eu une sorte d’état de fugue étrange, ce qui ressemble un peu à une amnésie, ou une attaque bizarre qui m’a retourné le cerveau. Mais la vérité est qu’on ne sait vraiment pas. Ça ne s’est jamais produit à nouveau, mais crois-moi, depuis je ne reste jamais seule dehors. Les gens me charrient parce que je les force à m’accompagner quand je m’éloigne du groupe, mais je leur dis qu’il vaut mieux m’entendre pisser dans la neige que me perdre dans les montagnes glacées pendant deux putains de jours.


EW : La personne suivante à qui j’ai parlé est E.W, un ancien instructeur qui travaille maintenant comme secouriste. Il participe toujours aux opérations comme celle-ci pour nous filer un coup de main, mais il ne travaille plus à plein temps. Il s’était spécialisé dans la recherche des enfants perdus, il semblait avoir un sixième sens pour deviner où ils étaient allés. C’est une légende parmi les plus vieux vétérans, mais ça le gêne qu’on le complimente sur son travail. Il s’est assis avec moi un soir, lors du dîner, et on a fini par s’échanger des histoires. La plupart étaient assez banales, mais quand on en est venus à nos appels les plus bizarres, je lui ai parlé de mon ami qui était monté sur des escaliers. Il est devenu silencieux, et m’a demandé si j’avais entendu parler de ce petit garçon qui avait disparu de son parc il y a quelques années de cela. Je n’étais pas au courant, donc il m’a raconté cette histoire.
  • Ils étaient dehors, à la recherche de ce garçon de sept ans, Joey, qui avait disparu près d’une rivière. Bien entendu, la première hypothèse était qu’il était tombé et s’était noyé, mais lorsqu’ils ont amené des chiens, ces derniers ont mené les agents SAR loin de la rivière, vers une des parties les plus denses de la forêt. Quand on recherche des gens, on le fait selon un modèle de quadrillage, et on fouille chaque « carré » de fond en comble. Ce que l’équipe d’E.W a tout de suite remarqué était que le modèle qui se dessinait était très inhabituel. Les chiens sentaient l’odeur de Joey dans des carrés séparés, mais ne la retrouvaient pas dans les carrés adjacents. Si on le compare à un échiquier, l’odeur de Joey revenait sur les cases noires, mais jamais dans les blanches. Et ça, bien sûr, ça n’avait rien de logique, parce que comment ce gosse aurait pu sauter d’une case à l’autre sans laisser son odeur là où il passait ? E.W et son coéquipier sont arrivés dans un nouveau carré sur le quadrillage, et il a aperçu des escaliers une quinzaine de mètres plus loin. Il dit à son partenaire qu’ils ont besoin d’aller chercher à côté des escaliers, mais ce dernier refuse catégoriquement. Il explique à E.W qu’il avait juré de ne jamais s’en approcher, et que bien qu’ils étaient courants, il ne voulait pas prétendre qu’ils étaient normaux. Il dit à E.W qu’il resterait à portée de vue pendant qu’E.W les inspecte. E.W m’a dit qu’il était agacé, mais qu’il comprenait son pote, et qu’il ne l’a pas forcé. « Je suis allé jusqu’aux escaliers. Ils étaient petits, un peu comme ceux d’une cave. Je ne ressens rien de particulier à leur sujet,  les escaliers je veux dire, donc je n’ai pas spécialement peur. Je suppose que je suis comme tout le monde, je préfère ne pas trop y penser. Bref, je me rapproche, et je vois qu’il y a quelque chose sur la première marche, un peu roulé en boule. Mes cheveux se hérissent, parce que bien sûr tu espères toujours le meilleur scénario. Et on pensait trouver l’enfant en vie, parce qu’il n’avait disparu que depuis quelques heures. Mais j’ai tout de suite su que c’était lui, et qu’il était mort. Il s’était recroquevillé comme une petite boule sur la marche, en se tenant le ventre. Il avait l’air d’avoir terriblement souffert au moment de sa mort, mais je ne voyais pas de sang, sauf sur ses lèvres et son menton. J’ai prévenu les autres par radio que je l’avais trouvé, et on a ramené son corps à la base. Cette pauvre famille, ils étaient ravagés. Les parents ne parvenaient pas à comprendre comme il avait pu mourir, parce qu’il avait disparu depuis si peu de temps. Et pour couronner le tout, on n’avait pas de cause du décès claire, ce qui n’a fait qu’empirer les choses. J’ai supposé qu’il avait probablement mangé quelque chose d’empoisonné, puisqu’il se tenait le ventre quand je l’ai trouvé, mais je n’ai rien osé dire. C’est déjà suffisamment difficile d’avoir perdu son enfant sans qu’un stupide mec des SAR vous donne ses hypothèses sur la chose. Ils l’ont emmené, et je suis rentré chez moi en essayant de ne pas trop y penser. Je déteste trouver des enfants morts, tu sais. J’aimais ce boulot, mais c’est une des raisons qui m’ont fait arrêter. J’ai deux filles, et l’idée de les perdre était juste… » Il a marqué une pause à ce moment. Je ne suis pas super à l’aise avec les trucs émotionnels comme ça, et c’est toujours gênant de voir un homme pleurer, donc je ne savais pas trop quoi faire. Il a cependant fini par reprendre ses esprits, et il a continué. « On n’a pas toujours des nouvelles des médecins légistes sur les causes de décès. On n’a pas vraiment à savoir, je suppose, et parfois ils pensent que c’est illégal de nous en faire part, pour je ne sais quelles conneries de loi. Mais j’ai un ami qui travaille au département du shériff, et il ne rechigne pas à me filer des infos intéressantes quand je lui demande. Dans ce cas toutefois, c’est lui qui m’a appelé, environ une semaine plus tard. Il me demande si je me souviens de l’enfant, c’est bien sûr le cas, et il dit qu’il se passe des choses vraiment étranges. Il me dit « E.W, mec, tu vas penser que je suis dingue, mais le légiste a aucune idée de ce qui a pu arriver à ce gosse. Il n’a jamais rien vu de pareil. » Il a continué en m’expliquant que le médecin n’arrivait pas à croire ce qu’il avait vu en ouvrant l’enfant. Les organes du petit étaient comme du gruyère. Il y avait des trous très propres de la taille d’une pièce de monnaie dans chacun d’eux, à part son cœur et ses poumons. Mais son colon, son estomac, ses reins, et même un de ses testicules étaient bourrés des ces trous nets. Mon ami a dit que le légiste l’avait décrit comme si quelqu’un avait pris une perforatrice, et avait tout perforé, tellement ils étaient propres. Mais l’enfant n’avait pas une égratignure sur lui, aucune blessure d’entrée ou de sortie. Ce qui se rapprochait le plus de ça était le gars qui s’était rempli de chevrotine en nettoyant son fusil l’année dernière. Personne n’avait la moindre idée de ce qui avait pu être à l’origine de cet état. Mon ami m’a demandé si j’avais déjà entendu parler de quelque chose du genre, ou si on avait déjà eu un cas similaire par le passé. Mais je n’avais jamais entendu parler de quoique ce soit de semblable, et je lui ai dit que je n’allais pas lui être d’un grand secours. Autant que je me souvienne, le médecin a déterminé la cause de la mort comme une « intense hémorragie interne », ou un truc du genre, mais personne ne sait vraiment ce qui s’est passé. Je n’ai jamais pu oublier ce gosse. J’en fais des cauchemars parfois. Je ne laisse pas mes enfants aller dans les bois seuls, et quand on y va ensemble je ne les perds jamais de vue. Autrefois j’aimais ces endroits, dehors. Mais cette affaire, et quelques autres, leur ont retiré tout leur charme. » Le dîner était terminé, donc on a commencé à tout ranger, et à rentrer dans nos cabanes. Avant de nous séparer, il a posé sa main sur mon épaule, et m’a regardé de très près. Il m’a dit qu’il y a de mauvaises choses dehors. Des choses qui se fichent de savoir qu’on ait des familles ou des vies, ou qu’on puisse penser et ressentir des choses. Il me dit d’être prudente, et il s’éloigne. Je n’ai pas eu l’occasion de lui reparler, mais son histoire m’a marquée.


PB : Par un pur hasard, j’ai eu l’occasion de discuter avec un autre vétéran, P.B, qui est dans les SAR depuis des années. On était ensemble pendant un exercice de quadrillage, et on a pu échanger sur ce qu’on aimait dans le job, ce qu’on avait pu voir, et tout. A un moment, on est passé devant de vieux escaliers, mais ceux-ci appartenaient probablement à une vieille tour d’observation, étant donné l’endroit où nous étions. J’en ai profité pour lui dire que les escaliers m’intéressaient, et que j’aimerais en apprendre plus sur eux. Il est devenu un peu silencieux, et semblait hésiter à me dire quelque chose. Il a fini par me dire d’éteindre ma radio. Bien entendu, c’est quelque chose que nous ne devons absolument jamais faire, mais je l’ai éteinte, et il en a fait de même.
  • Il y a environ sept ans, me dit-il, il était de sortie sur un appel avec un bleu. Ils se trouvent dans une zone du parc qui possède un certain historique de signalements bizarres et de phénomènes étranges. Des disparitions, des histoires à propos de lumières dans les bois, des bruits inhabituels, ce genre de choses. Le bleu avait les jetons, et n’arrêtait pas de parler de « choses dans la forêt ». D’après P.B : « il ne cessait pas de parler du « Goatman ». Sans arrêt, « Goatman » ceci, « Goatman » cela. J’ai fini par lui dire qu’il y avait plein d’autres choses effrayantes dehors, qui étaient réelles, et qu’il ferait mieux d’oublier ces histoires de « Goatman ». Le novice voulait savoir de quoi je parlais, et je lui ai juste dit de la fermer et de continuer à marcher. On a franchi une petite crête, et il y avait des escaliers à une dizaine de mètres de nous. Le bleu s’arrête net, et reste planté à les fixer. Je lui dis « Tu vois ? Ça c’est quelque chose dont tu devrais avoir peur. » Il me demande ce que fout ce truc ici, et je sais pas trop pourquoi, je lui dis la vérité. Ou du moins ce qu’on m’avait dit être la vérité. J’aurais pu avoir beaucoup d’ennuis pour avoir fait cela, et je pourrais encore en avoir beaucoup en te le répétant. Mais tu es une gentille fille, et je veux que tu arrêtes de t’y intéresser. Tant que tu le peux. Donc je vais te dire ce que je sais, à condition que tu n’en souffles jamais un mot aux patrons. » Je lui ai répondu que je ne dirai rien, et il vérifie à nouveau que nos radios sont éteintes. « Quand j’ai commencé, il y avait moins de secrets à leur sujet, comme pour tout ce qui se passait là-dehors. On prévenait les gens avant même qu’ils ne soient embauchés qu’il se passait des choses étranges. J’imagine que le Service des Forêts en a eu marre du taux de démission, et qu’il voulait que les gens sachent dans quoi ils s’engageaient. Donc ils ont commencé à faire signer ces contrats aux gens les empêchant de raconter à la presse ce qu’ils allaient voir dans leur métier. Le SF ne voulait pas effrayer les populations, donc la dernière chose dont il avait besoin était des novices se précipitant aux journaux avec des histoires de fantômes et d’escaliers hantés. Mais finalement, ces contrats se sont révélés inutiles. Non seulement les gens ne voulaient pas parler de ce qu’ils avaient vu, mais ils ne le pouvaient pas. La presse a essayé de les interroger quelques fois, quand des enfants ou des randonneurs disparaissaient, et personne n’a rien dit. Je n’arrive pas vraiment à l’expliquer. J’imagine… qu’on ne voulait pas vraiment admettre que les choses allaient mal. C’est notre travail, de parcourir les bois toute la journée. On n’a pas besoin d’avoir la frousse, et le meilleur moyen d’éviter ça c’est de prétendre que tout va bien. Donc je vais te dire tout ce qui me vient à l’esprit, et après ça, je n’en reparlerai plus jamais. Et n’aborde jamais le sujet quand je suis là. Les escaliers sont aussi vieux que le parc. On a des archives qui remontent à des dizaines d’années où ils y sont décrits. Parfois les gens les montent, et rien ne se passe. Mais parfois… Ecoute, je n’aime vraiment pas en parler, mais parfois des choses vraiment terribles arrivent. J’ai vu un gars avoir sa main tranchée nette lorsqu’il a posé le pied sur la seconde marche. Il a voulu attraper une branche d’arbre, et c’est allé si vite. En un instant sa main n’était plus là. Une plaie totalement nette. On ne l'a pas retrouvée, et le gars a failli en crever. Une autre fois, une femme a touché des escaliers, et un vaisseau sanguin de son cerveau a explosé. Littéralement explosé, comme une bombe à eau. Elle a titubé vers moi, et tout ce qu’elle a pu dire était « Je crois que quelque chose ne va pas. » Elle s’est effondrée comme un sac de farine, morte avant de toucher le sol. Je n’oublierai jamais comment le sang s’infiltrait à l’intérieur de son œil. Avant qu’elle ne meure, je l’ai vu devenir rouge. Je l’ai vu, et il n’y a rien que je pouvais faire pour l’aider. On avertit les gens de ne pas s’approcher d’eux, mais il y a toujours au moins un imbécile pour le faire. Et même s’il ne leur arrive rien à eux, quelque chose de mauvais arrive toujours. Des gosses disparaissent alors qu’on est sur leur piste. Quelqu'un meurt le lendemain, coupé en deux, dans une zone entièrement sécurisée du parc. Je ne sais pas pourquoi, mais il se passe toujours quelque chose de mauvais. Je ne sais pas vraiment pourquoi ils sont là, mais ça n’a pas d’importance. Ils y sont, et si on était intelligent, on dirait aux nouveaux exactement de quoi ils sont capables. » Nous sommes restés tous les deux silencieux pendant un petit moment. Je n’osais pas parler parce que je n’étais pas certaine qu’il avait fini. Il avait l’air de vouloir dire quelque chose d’autre. Il a fini par reprendre la parole : « Tu as déjà remarqué comment on ne trouve jamais le même deux fois ? » J’ai acquiescé, en pensant qu’il allait poursuivre. Mais il est juste resté silencieux, en marchant avec moi, et il a fini par me raconter une histoire sur le plus gros cerf qu’il avait vu dans le parc. Je n’ai pas abordé le sujet à nouveau, et je ne lui ai pas demandé d’autres histoires. Il est parti du stage le lendemain. Apparemment il est parti avant le lever du soleil, en prétextant qu’il était malade. Personne n’a entendu parler de lui depuis.


Je vais m’arrêter là pour le moment. J’essaierai de poster la partie suivante dans les jours à venir, mais vu que c’est la fin de l’été, on est assez occupé. Merci pour votre intérêt constant les gars, vous avez vraiment éveillé cette curiosité en moi, que j’ignorais avoir !

Traduction : The Dude

Source
Partie 1
Partie 2
Partie 3