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vendredi 28 septembre 2018

Amour fraternel

J'adore mon petit frère. Quand mes parents m'avaient annoncé sa venue il y a quelque années, j'avais d'abord pensé que ma vie allait devenir un véritable enfer. Qu'il se serait accaparé toute l'attention de mes parents. Qu'il détruirait mes jouets. Qu'il serait le petit préféré... mais rien de tout ça n'est arrivé. Ethan est une véritable perle, je n'ai jamais vu de petit frère aussi adorable. Tous mes amis me disaient que j'avais de la chance d'en avoir un comme ça.

Alors, je joue beaucoup avec lui. Encore plus récemment, depuis que mes parents ne parlent presque plus. Je pense qu'il vont divorcer. Ils ne prennent plus le temps de jouer avec moi, alors quand je joue avec Ethan, je profite de ce moment privilégié.
Ethan parle un petit peu, mais pour ce qui est d'écrire, c'est un peu plus difficile. Alors, je l'aide en lui demandant d'épeler des mots.

- Ethan, épelle moi le mot "Arbre".
Il semblait beaucoup s'appliquer.
- A-B-R-E.
- Presque. Tu as oublié une lettre !
- A-R-B-R-E.
- Bravo ! C'est super. Tu as beaucoup progressé depuis la dernière fois !
- Oui
Je pouvais lire de la joie sur son visage.
- Plus difficile, pourrais tu m'épeler le mot ETOILE ?
- J-E-D-O-I-S-P-A-R-T-I-R.
Sa joie s'était envolée.
- Oh, déjà ? C'est de plus en plus court. C'est le grand monsieur sans visage qui ne te laisse pas rester ?
- Oui
- D'accord. Je t'aime, Ethan.
- J-E-T-A-I-M-E-G-R-A-N-D-F-R-E-R-E.

Puis, faisant un geste de la main, il s'évapora dans les ténèbres, me laissant seul avec la table de ouija.

vendredi 21 septembre 2018

Conversations nocturnes

Je connais Creepypastafromthecrypt depuis pas mal de temps, mais je pensais pas un jour y raconter une histoire que j'ai vraiment vécu.



Il y a deux ans, j'étais en couple avec une femme qui s'appelait Sarah. On s'est rencontrés juste après le lycée, je devais avoir 19 ans. Elle était formatrice dans un McDonalds et moi, le petit nouveau. Ça a vite collé entre nous et on est resté 6 ans ensemble, dont 4 ans de vie commune.


La dernière année a été très dure. Elle avait toujours été intéressée par le surnaturel, moi aussi dans une moindre mesure. Puis elle est passée aux énergies spirituelles, de là elle est partie sur le chamanisme, elle a voulu faire des stages pour " réveiller la gardienne d'Isis " qui sommeille en chaque femme. Moi, je la sentais capable de se faire embarquer par la première secte qui passait, et c'était le sujet fâcheux. Dès que je disais ce mot, secte, je savais qu'on partait sur une semaine de disputes incessantes.


On ne se comprenait tout simplement plus. J'étais un peu plus aigri qu'au début, elle n'était plus la même non plus. Je ne sais pas si c'est de l'amour, ou par sécurité, mais j'ai voulu nous donner une dernière chance. En fait, j'avais peur de l'après. Je n'arrêtais pas de penser à quel point je serais mieux sans elle, libre de faire ce que je voulais quand je le voulais. Libéré de toutes ces disputes, n'avoir à m'occuper que de moi.



Mais j'avais peur, peur de ne pas savoir me débrouiller sans elle, peur de regretter, peur d'être seul. En fait cette décision, je l'ai prise pour moi. Froidement.

J'ai loué une chambre pour quelques jours dans un hôtel sympathique de la côte d'azur. Un tout petit hôtel de trente chambres, très familial. La chambre était simple mais chaleureuse. Le plus c'était le petit balcon qui donnait directement sur la mer. Une vue imprenable. On s'est installés et on a filé directement à la plage.


J'ai essayé de motiver Sarah pour sortir le soir, mais la route l'avait fatiguée. J'avais envie de pleurer quand elle s'est retournée pour dormir, sans même me dire bonne nuit. De la haine ou de la tristesse, c'était plutôt ambigu. Je suis resté allongé là, sur mon lit à regarder le plafond, une inconnue allongée à côté de moi.



J'ai regardé ce plafond pendant au moins deux heures, mais je n'ai pas pu fermer l’œil. Et j'ai eu envie d'alcool. Ça sortait vraiment de nulle part, mais c'était une envie très puissante. Je me suis levé discrètement et je suis descendu. Je m'attendais à être seul mais j'ai entendu le son de la télé. Celui qui la regardait était derrière le bar, en train d'essuyer des verres.



Un grand homme, cheveux gominés, teint mât. Il m'a sourit et m'a demandé si je voulais un verre. Il tombait à pic. Je lui ai commandé un whisky et on a discuté. Tout le long de la conversation je me suis dit que j’étais Jack Torrance, que j'étais dans Shining et que je parlais à un barman fantôme. L'homme a éclaté de rire quand je lui ai dit. En fait, c'était le veilleur de nuit, il n'avait pas vraiment le droit de passer derrière le bar mais quand il n'avait rien à faire il aimait bien s'en servir un petit.


Je lui ai raconté l'histoire de mon couple et il m'a écouté. Au fond je savais que je le saoulais avec mes histoires, mais ça faisait du bien. Il m'a donné quelques conseils que je me suis promis d'appliquer dès le lendemain. Mais quand j'ai regardé ma montre et que j'ai vu qu'il était 6h du matin, que j'ai regardé ma tête dans le miroir derrière le bar, je me suis dit qu'il valait mieux que je me rafraîchisse un peu avant de remonter dans la chambre.



J'ai laissé la clé de ma chambre au veilleur de nuit et je suis allé me promener un peu. Le coin était beau et j'ai pu profiter du lever de soleil sur la méditerranée. Je suis rentré une heure plus tard, Sarah dormait encore. J'avais l'air à peu près frais alors j'ai fait comme si de rien était et je me suis couché. Quand elle s'est réveillée ce matin là, elle a fait quelque chose que je déteste.



Là où j'avais essayé d'être discret pour ne pas la réveiller en me couchant, elle déballait la valise en faisant le plus de bruit possible, chantant sous la douche, branchant son sèche-cheveux. Elle a retourné toute la chambre parce qu'elle ne trouvait plus sa brosse à dents, qu'elle était pourtant sûre d'avoir prise avec elle. Je l'ai détestée.


La journée s'est plutôt bien passée, à ma grande surprise. On est allés visiter un musée, on a mangé un bout en terrasse, on est allés au casino le soir. Pas une seule dispute. C'était le but de ce séjour, j'aurais dû être content. Mais je n'arrivais pas à me réjouir.



Cette nuit là, j'ai encore observé le plafond. Mais cette fois, Sarah m'avait dit bonne nuit en m'embrassant. Et j'ai fait quelque chose que je n'avais plus fait depuis longtemps. Je l'ai regardée dormir. Je faisais ça au début, quand on s'aimait à la folie. Je trouvais le moindre gémissement, le moindre mouvement qu'elle faisait en dormant attendrissant. Ce soir là, je n'avais pas le même regard. Je me suis surpris à penser que je ne la trouvais pas vraiment belle. En fait, elle était pleine de défauts.


J'ai descendu les escaliers et je me suis dirigé vers le bar. Et le veilleur de nuit était toujours là, en train de se servir une bière. Je lui ai dit que j'avais appliqué ses conseils mais que je n'en étais pas plus heureux. Il a longuement parlé et son discours m'a remis du baume au cœur. J'avais besoin d'un point de vue d'homme, quelqu'un qui allait dans mon sens et ici, ce veilleur de nuit était ce qui était pour moi le plus proche d'un ami.


Je lui ai laissé ma clé et je suis allé me tremper les pieds dans l'eau, à la plage. Je suis rentré vers 5h du matin, j'ai récupéré ma clé et je suis monté me coucher. Sarah était déjà debout quand j'ai ouvert la porte.


" Tu étais où ? ". J'aurais du m'y attendre. Elle m'a hurlé que je l'avais laissée seule, qu'elle avait eu peur qu'il me soit arrivé quelque chose. J'ai retenu un gloussement de rire quand elle m'a dit qu'elle ressentait une énergie négative dans la chambre, qu'elle avait eu l'impression d'être observée cette nuit. Elle avait même soit disant senti qu'on la touchait dans son sommeil.


J'ai essayé de rationaliser, de lui faire comprendre que c'était sûrement les draps ou même le ventilateur qui lui avaient donné cette impression. Quant à l'énergie négative, je lui ai dit que c'était de l'auto-suggestion et que tout était dans sa tête. Et on s'est disputés. L'irrationnel contre le rationnel. J'ai été très méprisant dans mes réponses, et ça l'a beaucoup blessée je crois.


On a passé la journée chacun de notre côté. Je suis resté dans la chambre à regarder la télé en me jurant de faire acte de bonne foi envers Sarah. Cette nuit, je resterais avec elle.


Elle s'est endormie contre moi, elle avait l'air rassuré. Bizarrement, la sentir contre moi m'a apaisé et j'ai finalement trouvé le sommeil, sans même jeter un coup d’œil au plafond. Il ne s'est rien passé cette nuit. Sarah, de bonne humeur m'a même glissé un petit " tu vois, l'esprit a peur de toi, t'es là, il ne se passe rien " en souriant. On était passé d'une énergie négative à un esprit. Dans deux jours elle allait me dire que Jésus prenait une douche dans notre salle de bain.


La journée s'est déroulée à merveille. En fait, j'étais content d'être avec elle. Une sensation que je n'avais plus ressenti depuis longtemps. On a beaucoup mangé ce soir là, on a même fait l'amour. C'était suffisamment rare pour que je le mentionne. J'avais juré à Sarah que je resterais dans la chambre cette nuit, même si je ne trouvais pas le sommeil. Mais après deux heures à regarder le plafond, j'ai craqué.


J'ai descendu les marches et je me suis approché du bar. Le veilleur de nuit m'a vu mais n'a pas esquissé un sourire. Je lui ai commandé un whisky et en me servant il m'a fait la remarque suivante : " T'es pas venu hier. Je me suis ennuyé. " Il y avait quelque chose de froid dans son regard. Puis il a éclaté de rire en me tapant sur l'épaule. Moi je ne savais pas trop si je devais rire.


Je lui ai raconté que ça allait mieux avec Sarah, que j'étais peut être allé trop vite en besogne, que j'avais été dur avec elle. Mais malgré tout, je n'étais pas encore heureux. Elle m'aimait c'était flagrant. Moi, c'était autre chose. Pas tout a fait de l'amour. Je crois même que j'ai dit le mot pitié ce soir là. Je tenais à elle mais la quitter m'aurait fait mal. Pour elle.


Le veilleur m'a dit que je devais renouer avec elle, vivre avec elle quelque chose qui nous rapproche. Il m'a même proposé de prolonger le séjour dans l’hôtel en rigolant. Ça me faisait du bien de lui parler. Même si pendant tout le séjour, je n'avais fait que lui parler de ma femme. Il ne me jugeait pas.


C'était le dernier soir que l'on passait ici, j'ai eu envie de profiter une dernière fois de la plage, avant de repartir sur la route. J'ai laissé ma clé au veilleur de nuit et je suis sorti. Le soleil commençait tout juste à se lever quand je suis remonté dans ma chambre. J'ai salué une dernière fois le veilleur de nuit qui lui aussi, remballait ses affaires.


Quand Sarah s'est levée, elle avait une tête de déterrée. Elle avait passé une mauvaise nuit. Elle avait entendu du bruit dans la chambre à plusieurs reprises. Je lui ai dit que c'était sûrement moi qui était allé aux toilettes. Ce qui était évidemment faux.



Et comme si ça ne suffisait pas, en repliant ses affaires Sarah a remarqué que certaines étaient tachées. Des taches blanchâtres, provenant sûrement du sachet d'anti mites percé qu'il y avait au fond du placard. Je crois que Sarah n'a pas gardé un souvenir très joyeux de l’hôtel où on a séjourné.


On a payé, on a mis les valises dans la voiture et j'ai démarré. Mais juste au moment de partir j'ai pensé au veilleur de nuit. Si j'avais entre guillemets sauvé mon couple, c'était en grande partie grâce à lui. Je suis redescendu et suis revenu dans le hall de l’hôtel.


J'ai laissé un petit billet sur le comptoir, devant le regard surpris de la réceptionniste. Je lui ai dit que c'était pour le veilleur de nuit, qu'il était d'excellent conseil.



J'ai ressenti comme une brûlure à l'estomac quand elle m'a rendu mon billet. La brosse à dent. La présence. Les sensations. Les bruits. Les tâches blanches.



Je me souviens mot pour mot de ce qu'elle m'a dit.



<< Vous devez vous tromper monsieur, il n'y a pas de service de veilleur de nuit. >>

commentaire

mercredi 19 septembre 2018

Le Necronomorial fête son premier anniversaire !

Cela fait maintenant un an que le Necronomorial à ouvert ses portes. Pour fêter ça, le classement de ses meilleurs textes à lieu en ce moment même.

Vous pourrez le trouver ici : Classement Nécronomorial 2016-2017

Merci à tous ceux qui participent à cette belle aventure, au lecteurs, mais aussi aux auteurs, qui nous proposent des textes toujours au top !

Ah, et si vous voulez nous envoyer votre texte en vue d'une publication sur le Necronomorial, c'est sur le forum que ça se passe ! On vous attend nombreux.

A Vendredi pour une nouvelle creepypasta !


lundi 17 septembre 2018

Littéralement

Il y a quelques années de  ça, j'avais été contacté par un ancien pote du lycée, qui m'avait demandé mon aide. Il n'avait pas oublié mon gôut pour tout ce qui touche à l'espionnage, films, gadgets, livres, etc. Il savait que j'avais du matos de ce genre, et avait besoin d'un micro-espion ; micro qui se place sur quelqu'un pour enregistrer une conversation à son insu.
A vrai dire, cela faisait pas mal de temps que j'avais délaissé cet univers. J'étais adulte maintenant, j'étais marié, j'avais 2 enfants. Tout ce "matos", je l'avais bien évidemment gardé, mais il devait être dans mon grenier maintenant, prenant la poussière. Cependant, l'histoire qu'il m'avait racontée m'avait presque convaincu. Pas seulement de lui prêter le matos, mais surtout de l’accompagner dans son aventure. C'était follement excitant, cela ravivant en moi des souvenirs et passion,  me rappelant pourquoi j'adorais cet univers.


Il m'avait donc "presque" convaincu, comme je l'ai dit. Il faut dire que j'étais assez lâche. J'adorais voir les gens dans les films prendre des risques, mais moi, je ne voulais jamais en prendre. Ma vie était simple et tranquille, pourquoi gâcher tout ça ? Sa réponse a été simple, elle aussi : L'argent. Il m'avait promis une belle liasse de billets si je l'acompagnais. J'avais donc accepté.


Mon pote n'était pas marié, mais il avait énormément d'amis. Il était actif et aidait dans beaucoup d'associations, d'oeuvres de charité, tout ça. Il avait vraiment l'air d'être quelqu'un de bien. La semaine d'avant, une de ses amies, qui appartenait à une association venant en aide à des personnes âgées seules et isolées, et qui ne voulaient pas quitter leur domicile pour vivre leurs derniers jours dans une maison de retraite, avait disparu.
Son amie était partie vivre quelques jours avec un vieil homme habitant dans une maison isolée de la ville, au beau milieu d'une forêt, histoire de voir si le vieux se débrouillait bien tout seul, ou s'il fallait prévenir quelqu'un pour qu'il soit aidé dans son quotidien. Seulement, elle n'avait plus donné de signes de vie depuis qu'elle y était allée. Des membres de l'association y étaient bien allés pour demander des comptes au vieux, mais en plus d'avoir été très mal acceuilli, le vieux  leur avait certifié qu'il n'avait reçu aucune visite depuis des semaines. Même la police, qui avait enquêté, n'avait rien trouvé de suspect.
Mon pote du lycée avait alors décidé d'y aller lui même, sous couverture, histoire de faire avouer le vieux d'une façon ou d'une autre, par la ruse, ou par la force s'il le fallait. On avait mis au point un plan pour pouvoir arriver à nos fins : mon ami se ferait passer pour un inspecteur des impôts, qui viendrait vérifier si la déclaration du vieux était conforme. Il fallait que celui-ci soit mal à l'aise, qu'il ait peur d'avoir mal déclaré ses impôts, et que mon ami se montre encourageant et gentil, histoire de l'amadouer, et de faire croire au vieux qu'il suffirait de faire ami-ami avec l'inspecteur des impôts pour échapper à une sanction.
Un plan ambitieux, mais qui pourrait marcher. J'avait alors équipé mon ami d'un micro espion, caché sous sa chemise, et d'un émetteur. Quant à moi, j'étais planqué dans une camionette, à quelques mètres, cachée dans la forêt, ou j'enregistrais toute leur conversation.
Le plan s'était déroulé encore mieux que prévu. Le vieux avait vite entrepris de se mettre mon ami dans la poche, et l'avais même invité à diner.
Et c'est là que tout a dérapé. Mais au lieu de vous raconter, je vais directement vous passer la fin de l'enregistrement, vous comprendrez mieux. J'en ai gardé une copie. Je vous passe le début, qui n'est pas vraiment intéressant.




Début de la retranscription de l'enregistrement :
- Vous reprendrez bien un peu de vin blanc, monsieur Dupuis ?
- Oui, volontiers, il est délicieux. Monsieur Paul, vous vivez seul depuis longtemps ?
- Oui, je n'ai plus de famille. Ils sont tous morts. Tous ! Ils m'ont laissé seul depuis bien longtemps.
- Et personne ne vient vous rendre visite ?
- Pas vraiment, à part ces crétins des associations qui viennent en aide aux personnes âgées. Ils pensent que je ne peux pas me débrouiller seul. Mais ils ont tort !
- Ah vraiment ? Ils viennent souvent ?
- Il y en a une qui est venue la semaine dernière. Une petite grosse. Cette truie etait insuportable... Vous reprendrez bien un peu de viande ?
- Volontier ! Insuportable, c'est à dire ? Elle voulait vous forcer à quitter votre domicile ?
- Non, ce n'est pas ça. Vous voyez, s'il y a bien quelque chose qui m'insupporte, c'est la manière qu'ont les jeunes de parler, ces temps-ci. Quand je les vois parler à la télévision, ça me mets en rage. Ils ne savent plus parler français ! Je pourrais facilement en tuer un, si il parlait comme ça devant moi.
- Et cette femme parlait mal le français ?
- Elle était insuportable. Elle utilisait le mot "Littéralement" à tous bouts de champs ! Et voilà qu'elle était "littéralement" en larmes quand elle regardait les infos, alors qu'elle ne pleurait pas du tout. Elle était "littéralement" morte de rire, alors qu'elle n'avait même pas un sourire sur son visage. Je vous jure, j'étais vraiment exaspéré. Je déteste qu'on utilise ce mot pour rien ! Ça a duré pendant les deux jours ou elle est resté ici.
- Et elle est partie sans essayer de vous convaincre de partir avec elle ?
- Partir ? Haha, non. Vous ne comprenez pas. Je vous ai dit que je détestais ces jeunes qui parlent n'importe comment. Hors de question que je la laisse partir.
- Comment ça ? Elle est encore ici ?
- Non. Au bout de deux jours, j'étais tellement en colère à cause de ses "littéralement", que je me suis dit que la prochaine fois que je l'entendais utiliser ce mot, je la corrigerais. Je ferais en sorte que ce mot soit correctement utilisé.
- Ah... et que s'est il passé ?
- Et bien, elle avait chaud, et elle s'est écriée : "Je suis LITTÉRALEMENT en train de cuire".
- Ne me dites pas que...
- Si, ce furent ses dernière paroles. Vous aimez votre viande ? C'est de la truie. Bien juteuse. Est-elle assez cuite ?
- Mais c'est pas vrai ! Je... Je...
- Vous avez du mal à respirer ? Reprenez donc un peu de vin... C'est une cuvée mortelle... Littéralement.




----------------




Voilà, ça a été la dernière fois que j'ai vu mon pote du lycée. On m'a souvent demandé "pourquoi tu n'es pas allé l'aider ?". Et bien parce que, comme je l'ai dit, je suis un lâche. Je sais que j'aurais peut être pu l'aider ce jour là, même s'il était déjà probablement condamné à cause du poison. Mais, que voulez-vous, sur le coup, j'ai préféré m'enfuir.
Grâce a cet enregistrement, que j'avais tout de suite apporté à la police, le vieux avait pu être coffré. Ils avaient pu analyser la viande contenue dans son frigo, et il s'agissait bien du corps de la femme de l'association, qui était portée disparue. Ils avaient également retrouvé ses ossements enterrés profondémement sous terre, dans la forêt. Mon ami était encore en train d'être dépecé quand la police est arrivée sur place.


Témoignage donné par Alexandre A, pour une revue spécialisée.



Petit trou dans les parutions pour cause d'indisponibilité de l'équipe au complet cette fin de semaine. Désolé !

lundi 10 septembre 2018

Le jeu des dés

Avez-vous confiance en votre propre chance ?

 
Bien que d'autres puissent se sentir impuissants face à un tel concept, peut-être que vous appréciez le plaisir de laisser le hasard déterminer votre destin, même pour un bref instant.
       
   
Cependant, si cela ne vous correspond pas, alors ce "jeu" n'est pas pour vous. Sachez que, peu importe à quel point vous êtes vigilant dans la préparation de ce rituel, si la chance décide de vous tourner le dos, le malheur pourrait décider de vous tourmenter à jamais .


Passons aux étapes à suivre.....                     
       
   
                     
       
   
Nombre de Joueurs:
• 1
Exigences (matériel) :
• Une table. ( La table doit être d'une hauteur vous permettant de vous tenir à l'aise en étant debout. N'utilisez pas de chaises.)
• Une paire de dés standard à six faces.
• Une tasse. La tasse doit être opaque et d'un matériau léger.
• Un jeu de plateau préféré. Il n'est pas nécessaire que le jeu implique des dés.
• Un dispositif de chronométrage ou un chronomètre.
• Une pièce calme.
• Un souhait ou un désir.


Instructions:

     Faire le pari
1. Commencez à tout moment de la journée.
2. Placez la table à l'intérieur de la pièce calme. Celle-ci deviendra la salle de jeux.
3. Retirez le plateau du jeu et ignorez le reste de son contenu. Placez-le sur la table.
4. Placez un dé à une extrémité du plateau. C'est le premier dé.
5. Mettez l'autre dé dans la tasse. C'est le deuxième dé.
6. il est impératif que les deux dés soient à l'opposée l'un de l'autre.
7. Tenez-vous devant le premier dé.
8. Prononcez les mots suivants: "Le jeu est près. Que voulez-vous parier ? "
9. Attendez un court instant.
10. Énoncez votre souhait ou votre désir. C'est votre pari.
11. Quittez la salle de jeux. Fermez la porte.
12. Attendez. Gardez un œil sur votre chronomètre.
13. (Si vous collez votre oreille sur la porte, à ce moment-là ,vous pourrez entendre le deuxième dé remuer dans la tasse)
 Rouler les dés :
1. Après au moins sept minutes, ouvrez la porte et retournez dans la salle de jeux.
2. NE PAS entrer de nouveau dans la salle de jeu si plus de 11 minutes se sont écoulées. (Voir: Notes supplémentaires.)                                                                                                           
○ Si la tasse est retournée avec le deuxième dé à l'intérieur: Vous pouvez continuer à jouer.
○ Prenez le premier dé et roulez-le sur le plateau de jeu. Ne laissez pas le dé tomber du plateau.
○ Prenez note du numéro que vous obtenez.
○ Soulevez alors la tasse et regarder le numéro du deuxième dé, puis comparez-le au vôtre.
       
• Si tout est exactement comme vous l'avez laissé : NE PAS CONTINUER. IL ne veut pas jouer. Démontez le plateau. Détruisez et jetez le second dé. N'essayez pas de jouer de nouveau à ce jeu.                                                                                                                                                                 
○ Si tout est exactement comme vous l'avez laissé, sauf que le deuxième dé n'est plus dans la tasse: NE PAS CONTINUER. Vous l'avez énervé (Voir: Notes supplémentaires). Excusez-vous pour votre manque de décorum. Démontez le plateau de jeu. Détruisez le second dé (si vous le retrouvez). Vous pouvez tenter de rejouer le jeu, même si cela n'est pas recommandé. Sa mémoire est longue, et IL ne pardonne ni n'oublie.                                                                                                                                                           
•  Si vous trouvez ne serait-ce qu'une goutte de sang sur le plateau : partez, oubliez ce jeu et ne revenez dans cette pièce que pour des durées ne dépassant pas 7 minutes, que ce soit seul ou accompagné. Sachez également que si vous choisissez de contourner cet avertissement, ce ne sera pas votre "compagnon de jeu" qui vous attendra dans cette pièce, mais quelque chose de bien pire.                                                                           
• NOTE: Si vous souhaitez annuler le jeu pour une raison ou pour une autre, vous pouvez le faire maintenant; dites-lui que le pari est terminé, présentez des excuses, démantelez la configuration du jeu avant de détruire le deuxième dé. Vous pouvez essayer de jouer à nouveau le jeu, mais assurez-vous que cette fois, vous êtes prêt à le faire. C'est votre dernière chance. À partir de maintenant, il n'y a plus de retour en arrière possible.                                       


 Fin du jeu et signification des chiffres obtenus :             
                           
• Si les numéros des deux dés sont les mêmes: le jeu n'a pas d’impact sur votre futur.
• Si le chiffre du premier dé est le plus élevé: vous gagnez.
• Si le chiffre du premier dé est le plus faible: Vous perdez.
• Dire Merci et démonter la configuration du jeu.                                                                                                                                                       
En attente du résultat:


Attendez. Dans quelques jours, l'un des trois événements suivants se produira selon le résultat du jeu:                                                                                       
○ Si le jeu était un match nul: la vie continuera comme avant - pas mieux, mais pas pire.
○ Si vous avez gagné: Votre pari sera remporté. Acceptez votre prix avec grâce.
○ Si vous avez perdu: Son pari sera remporté. Il prendra son prix - et vous en subirez les conséquences.



Aucun spectateur ne devra être présent pendant la partie. D'autres personnes peuvent occuper le bâtiment, mais personne d'autre que la personne concernée ne devra être dans la salle de jeu pendant que le rituel est entrepris. Ce jeu doit absolument être tenté seul.
Si plus de 11 minutes se sont écoulées pendant que vous êtes derrière la porte : Ne continuez pas. Gardez la porte de la salle de jeu fermée et n'y retournez pas avant que 24 heures se soient écoulées entre-temps. Une fois les 24 heures écoulées, ouvrez la porte de la salle de jeu, démantelez sa configuration, et détruisez le deuxième dé. Il est également recommandé de détruire ou d'éliminer tous les autres matériaux utilisés pour le jeu.
Le jeu peut être entrepris autant de fois que vous le souhaitez, tant que les deux conditions suivantes sont prises en compte :
•  Au moins sept jours passent entre chaque tentative.
• Je vous rappelle qu’Il n'oublie et ne pardonne, si un seul faux pas est fait...
Les moyens par lesquels vous pouvez le mettre en colère incluent :
• Faire un pari inapproprié (voir: Concernant votre mise);
• Faire un faux pari (voir: Concernant votre mise);
• Tricher ou saboter le jeu;
• S'opposer à Lui intentionnellement ;
• L'insulter, lui ou le jeu ,de quelque façon quece soit.
Si vous l’énervez, préparez-vous au pire.


Concernant votre mise:
Vous ne pouvez pas parier pour un prix qui ne peut être accordé. Cela ne signifie pas que votre souhait ou votre désir doit être de nature matérielle.
Cependant, n'essayez pas de tenter l'impossible.
Vous ne pouvez pas parier pour un prix qui implique de prendre la vie d'une personne.
Vous ne pouvez pas parier pour un prix qui implique la destruction totale de quelque chose ou de quelqu'un.
Vous ne pouvez pas parier pour un prix que vous ne désirez pas.
Faire l'un des paris ci-dessus le mettra en colère. (Voir: Notes supplémentaires.)


Concernant son pari:
Son pari est exactement le contraire du vôtre - et s'il gagne, son prix sera votre propre malheur. Si vous avez souhaité l'amour, vous vous trouverez seul. Si vous avez souhaité la richesse, vous vous retrouverez sans ressources. Si vous avez souhaité la célébrité, vous vous retrouverez oublié.
S'Il gagne, vous ne pourrez pas empêcher le malheur de vous frapper.                                                                                                                         


Selon certain, s'Il arrive à ses fins ... c'est que vous le méritez.
Pariez avec soin.
***                                                                                                                                                            

On sais que vous êtes friands de rituels, alors voici notre cadeau de la rentrée !

vendredi 7 septembre 2018

Le candidat 91371246213

Source du document : post d'un forum qui a fuité de l'intranet de l’Éducation Nationale

« Cher tous, je transmet ce message ici bien qu’« ici » ne soit pas l'endroit le plus pertinent pour le faire, mais je me devais de communiquer ma découverte à quelqu'un. Je me présente brièvement, j'ai été correcteur de copies d'examens pour le concours d'agrégation externe en Histoire pour la session 2018. Pour celles et ceux qui ne savent pas de quoi il s'agit ou qui ont tout simplement oublié, l'agrégation est un concours de l'enseignement public visant à sélectionner chaque année, parmi plusieurs milliers de postulants, les futurs enseignants majoritairement pour les lycées et universités. Il s'agit du grade le plus élevé, le plus prisé et sans nul doute le mieux rémunéré de l'enseignement en France.

Le concours d'agrégation, toutes disciplines confondues, est extrêmement compliqué à obtenir et nécessite un investissement et un travail colossal de la part des candidat-e-s et je mets ma main à couper que parmi les personnes qui préparent et composent, nombre de postulant-e-s finissent par abandonner avant les examens, à faire subir une humeur de chien à longueur d'année aux parents, enfants et conjoint-e-s. Parfois, le stress se ressent sur les copies que ce soit au niveau de l'écriture du candidat, ou à certaines fautes d'orthographe qui auraient pu être évitées mais faites dans un élan de nervosité. Il est à peine exagéré d'affirmer que certains jouent leur carrière, leur avenir voire même leur vie dans ce concours et que cela les affecte mentalement et physiquement, qu'ils réussissent ou non.

Les faits que je présente ici sont véridiques. Pour preuve de ma bonne foi, je communique ici les sujets qui sont tombés aux épreuves d'admissibilité (les épreuves écrites de la première phase éliminatoire).



Dissertation 1 : franchir la frontière au Nord et à l'Est de l'Europe de la fin du VIIe siècle au milieu du XIe siècle.

Dissertation 2 : réformes et révolutions au Moyen Orient (1876-1980).

Explication de texte : éloge d'Hermann Boerhaave devant l'Académie des Sciences.

Géographie : centres et périphéries dans les espaces du tourisme.



Par ailleurs je publie ce témoignage au lendemain de la publication des résultats d'admissibilité (le 18 mai 2018). Vous pouvez bien entendu vérifier ces informations sur le site officiel de l’Éducation Nationale ou en tapant les mots clés « sujet agreg histoire 2018 » dans n'importe quel moteur de recherche.

Ceci étant dit, je vous raconte les faits inquiétants qui me sont arrivés à moi ainsi qu'à trois de mes collègues lors des corrections de copies au mois d'avril dernier.

C'était la dernière copie de la journée que je corrigeais dans le lot qu'on m'a attribué, celui des sujets d'histoire médiévale. La dissertation du ou de la candidate (je précise cela, étant donné que les copies sont anonymes au moment de la correction) commençait de façon assez classique pour une dissertation d'agrégation. L'introduction était correcte mais c'est à partir de la première sous partie que les choses prirent une tournure assez étrange. Voici la retranscription de l'exposé tel que j'ai pu le lire :

« L'idée de frontière à l'époque médiévale recouvre deux réalités : le tracé naturel, matérialisé par le paysage et les éléments géomorphologiques, et le tracé anthropique, c'est à dire que la frontière est le fait d'aménagements intentionnels dans le paysage.

À qui je vais faire croire ça ? Je me présente là après six mois de prépa alors que je n'avais clairement pas le niveau pour concourir. C'est à peine si j'arrive à tenir un stylo... qu'est-ce que j'ai raté dans mon parcours pour en être réduit à rester ici pendant sept heures à m'écorcher les neurones sur un sujet pareil ? »

Suite à cela la copie reprit son « cours normal ». Malheureusement pour le/la candidat-e, elle n'était pas assez nourrie en quantité et en qualité pour être admissible. J'ai gardé cette phrase au cas où une édition des « perles de l'agrégation » viendrait à voir le jour car la figuration tellement inopinée de ce type de phrase dans une copie « sérieuse » m'a semblé incongrue à même titre que de terminer un paragraphe traitant de la France durant la Seconde Guerre Mondiale par « La « drôle de guerre » n'a cependant fait rire personne ». J'ai même gardé le numéro du candidat au cas où des références seraient demandées : 91371246213. J'ai repris mon travail normalement après ça.

Le surlendemain, à la pause déjeuner, un collègue est venu à ma table. On s'est salué et on a parlé de tout et de rien. En général on évite de parler du travail, moi en particulier, car cette session de correction me semblait interminable. Mais est venu la question que je n'avais pas envie d'entendre :


« Et toi les copies ça se passe comment ?

- Tu tiens vraiment à en parler ?

- J'ai corrigé quelqu'un dans les copies d'explication de document sur l'autre néerlandais, la personne qui a composé ne respirait pas la joie de vivre visiblement...

- Comment ça ?

- J'ai pris une photo en douce pour les « coquilles ». »

Il me l'a montré sur son écran de téléphone, la graphie ressemblait à celle du candidat qui a attiré mon œil il y a deux jours.

« Ce savant là au moins il a eu une vie remplie (le/la candidat-e parlait d'un contemporain de l'homme dont il était question à l'explication de document). Reconnu par ses pairs, marié, des enfants, la richesse et la santé. Cela fait des années que j'aspire à atteindre ces objectifs. Tout ce que mes années d'études m'ont apportées n'est que solitude, mal-être, mépris et humiliation des enseignants et des collègues. Tout ça pour finalement bosser à un poste sous-payé. Si seulement moi aussi j'aurais pu mourir dans une explosion, noyé, empoisonné en laissant une image positive et non pas l'image d'un raté... »

Cette intonation... sur deux copies différentes. Je lui demande le numéro du candidat.

« Je ne l'ai pas noté mais je peux te l'envoyer ce soir d'accord ? »

J'ai continué mon travail normalement le reste de la journée. Le soir même, mon collègue envoyait le numéro et après vérification de mes notes j'ai eu un mauvais pressentiment : c'était le numéro 91371246213.

Plus tard, l'avant dernier jour des sessions de correction, je m'étais retrouvé seul avec une personne qui devait visiblement corriger des copies pour la première fois. On s'est attaqué à des piles entières de sujet qui avaient été négligées par d'autres collègues.

Au beau milieu d'une relecture de copie ma collègue a hurlé : « P***** mais c'est quoi cette copie ?! » Elle m'a déconcentré, je lui ai demandé non sans un certain agacement ce qu'il se passait. « C'est pas possible, ça fait plus d'une heure que je suis bloqué sur la copie d'avant, et là, le type d'après il a fait un hors sujet mais là... p**** comment on peut écrire ça sciemment dans une copie de concours ? »

Je me suis approché et ai regardé la copie (après tout pour une nouvelle qui n'avait pas l'habitude de ce genre d'épreuve, elle avait sûrement besoin d'aide) à cet instant j'avais complètement oublié l'histoire du « candidat dépressif » mais elle me revint très vite en mémoire. La copie sous mes yeux n'avait même pas la moindre accroche d'introduction.

« Ça y est c'en est fini. Ma vie n'est qu'un odieux mensonge. Vivre six ans avec un idéal, qui a été foulé au pied en l'espace de quelques minutes par des gens qui étaient censé m'aider. Puis un an et demi à survivre, à la limite d'abandonner ses rêves, et en l'espace de quelques mois, au fur et à mesure que le concours approche, être lâché et abandonné par les gens qu'on aime. Les masques tombent, personne n'a jamais cru en moi, visages d'hypocrites qui éprouvent plus de pitié que d’empathie. Six ans de perdu. Je n'en peux plus de vivre de cette façon... de vivre avec des rêves et des espoirs brisés en mille morceaux... de vivre dans un endroit où je n'ai plus ma place... de vivre là où personne n'a jamais cru en moi... je n'ai plus la force d'avancer... à ce stade il est plus rentable de mettre fin à mes jours que de continuer...tout est fini... je ne veux plus être déçu et triste...tout est fini... tout est fini... »

C'était tout. Rien d'autre. Pas d'argumentation en lien avec le sujet d'histoire contemporaine, pas de schéma, pas même une ébauche de plan (qui de toute façon n'aurait pas été comptabilisée) Il y avait également ce qui ressemblait à des traces de larmes et probablement un « pâté » de stylo rouge. Dans l'encadré c'était bien le même numéro que les fois d'avant : 91371246213.

« 'tain j'ai limite envie d'écrire « comme ta mère » après « brisé » j'te jure » me balança ma collègue. Je la réprimandais en lui disant de suivre le protocole dans le cas de copie nulle.

La nuit qui a suivi cette lecture, j'ai eu du mal à trouver le sommeil. Je me posais des questions. L'agrégation implique des sacrifices et une abnégation qui force le respect. Les personnes qui s'inscrivent sont en général des gens d'un niveau intellectuel élevé. Qu'a-t-il bien pu arriver à cette personne avant ou pendant la préparation du concours pour avoir autant d'idées noires ? Et surtout à devoir l'exprimer sur une copie quitte à rater volontairement son concours ? Avait-elle seulement préparé ce concours dans des conditions favorables ? Que lui est-il arrivé avant de décider de s'inscrire ?

Le matin suivant était le dernier jour de la correction. Pour quasiment tout le monde c'était synonyme de liberté prochaine. Mais moi, j'avais un sale pressentiment. Quelques minutes après à peine le début de la correction (des copies de géographie) j'ai entendu un hurlement dans le bureau à côté du mien. Paniqué je me suis précipité avec d'autres collègues pour voir ce qu'il se passait. Il y avait une collègue qui fixait de façon béate sa copie à corriger, le regard figé, sa respiration semblant bloquée.

« Tout va bien Mme Y ? » demanda un correcteur.

Elle se leva et quitta le bureau en direction des toilettes en face. Je me suis avancé vers le bureau et j'ai constaté un ensemble de feuille double d'un-e candidat-e. Un collègue me devança et feuilleta le tout le regard interloqué.

« L’individu qui a rendu ça s'est trompé d'épreuve c'est pas possible. On dirait un travail d'art plastique réalisé sous acide ! ». J'eus un frisson en y jetant un coup d’œil : je remarquais immédiatement dans l'encadré le numéro du candidat morbide : 91371246213. Sur la première page (retranscris du mieux possible tant la graphie était illisible) il y avait écrit le paragraphe suivant :

« Pourquoi disserter sur le tourisme ? Ma génération n'aura jamais les revenus nécessaires pour se payer le moindre week-end une fois dans la vie active... on n'aura jamais de retraite au rythme des réformes actuelles. Pas de compensation ni de consolation... pas pour moi en tout cas... plus jamais... »

Les pages qui suivirent n'avaient aucun sens : des mots aléatoires disposés n'importe comment, des personnages simplifiés qui semblaient s'auto-mutiler. Par dizaines, des suicides en tout genre. Des immolations, des personnages se jetant d'un précipice dans ce qui ressemblait à un lac, des personnages ayant une pierre attachée aux pieds. Des rituels d'hara-kiri, des pendaisons, des empoisonnements, le tout avec des commentaires précisant à chaque fois les actes des personnages. Des marques au crayon rouge, au surligneur pour symboliser le sang à côté de chaque « scène ». En page 7 il y avait un visage occupant toute la page, un sourire malsain, des yeux vides qui pleuraient du sang et sur le front le numéro du candidat. Sur la page suivante il y avait écrit « page précédente, vous pouvez apercevoir l'état actuel de ma conscience et de mon moi intérieur après toutes ces années de déception et de trahison ». Sur les pages 9 à 11 il n'y avait rien à part des empreintes de doigts visibles à l’œil, l'une d'elle semblait être faite dans du sang. Enfin sur la dernière page figurait tout en bas dans le coin à droite, écrit à la façon d'un enfant d'école primaire en bleu, « adieu ».

La copie passa dans les mains de tous mes autres collègues chacun allant de son commentaire, amusé, écœuré ou effrayé. Le responsable local de la session de correction qui était présent se contenta de dire « quand Mme Y reviendra dites-lui juste d'annuler la notation de la copie. Retournez tous à votre travail ! » Ainsi se termina la session de correction en 2018...

C'est là que je m'adresse à vous et que je vous demande de l'aide... je vous fais joindre la copie que j'ai réussi à scanner. Il est certain que le/la candidat-e n'aura pas réussi son concours, mais j'ai l'intime conviction que la personne est sur le point de commettre l'irréparable. Je sais que c'est contraire au règlement mais je demande que l'on lève l'anonymat sur cette copie et qu'on identifie qui est le/la candidat-e en question. J'entamerai de mon côté les procédures. Je demande qu'on se mobilise tous et toutes mais j'aimerais savoir si de votre côté vous reconnaîtriez un indice dans cette copie qui permettrait de l'identifier, de mettre un nom sur cet individu. Il n'est peut-être pas trop tard. On peut encore sauver une vie.


Bien à vous tous.

M. X. »





PS : Suite à un problème de taille de fichier (et surtout après vérification du code des examens) il n'a pas été possible de charger la copie ici...

Bonne rentrée à tous et à toutes, fêtons cela en reprenant le rythme de publication !

jeudi 6 septembre 2018

Retrospective 2016: Une histoire pour effrayer mon fils

"Fiston, nous devons avoir une discussion à propos d'internet"

C'est ce que j'ai dit à mon fils alors qu'il était sur son ordinateur. Il était en train de jouer a Minecraft, sur un serveur public. Il était absorbé par le jeu, les yeux rivés sur son écran. On pouvait voir des lignes de conversations défiler sur le canal de discussion.

"Fiston, peux-tu arrêter ton jeu quelques minutes ?"


Pour une fois, il a accepté de quitter le jeu et d'éteindre l'ordinateur. Il m'a demandé si j'allais encore lui raconter une de mes "histoires ringardes". J'ai fait semblant d'avoir le cœur brisé en lui faisant remarquer que d'habitude, il avait l'air de les aimer, mes histoires ringardes.

Il avait grandi en écoutant mes histoires, qui parlaient d'enfants rencontrant des sorcières, des fantômes, des loups-garous, des trolls... Comme beaucoup de parents, j'ai utilisé ces contes pour, en quelque sorte, apprendre la prudence à mon fils. Les pères célibataires comme moi se doivent d'user de tous les outils mis à notre disposition pour l'éducation des enfants.

Il m'a gentiment dit que ça lui plaisait quand il avait six ans, mais que maintenant qu'il avait grandi, ça ne lui faisait plus peur et qu'il trouvait même ça un peu stupide. Il a ajouté qu'il voulait bien en écouter une quand même sur internet, mais seulement si je la rendais vraiment très effrayante.

J'ai un peu hésité, mais il m'a rappelé qu'il avait 10 ans et qu'il n'était pas un froussard, alors j'ai dit que j'allais essayer.

On est descendus dans le salon, et j'ai commencé à raconter l'histoire.

"Il était une fois, un garçon nommé Colby..."

On pouvait voir la déception sur son visage. Il avait l'air de se dire "encore une histoire pour gamins de papa".


Colby s’était connecté à internet et avait navigué sur plusieurs sites pour enfants. Au bout d'un moment, il avait commencé à parler à d'autres enfants, via des jeux online, ou sur des forums. Il s’était lié d'amitié avec un autre garçon de 10 ans, nommé Helper23. Ils aimaient les même jeux vidéo et les mêmes séries. Ils rigolaient aux blagues de l'un et l'autre. Ils découvraient de nouveaux jeux ensemble.

Après plusieurs mois d'amitié, Colby avait offert 6 diamants dans le jeu sur lequel ils jouaient alors. C’était un cadeau très généreux. L’anniversaire de Colby s'approchait à grands pas, et Helper23 voulait lui offrir un super cadeau dans la vraie vie. Colby avait pensé que ce ne serait pas grave s'il donnait son adresse à Helper23, à condition qu'il promette de ne pas la divulguer à des étrangers, ou à des adultes. Helper23 avait juré de ne rien dire, même pas à ses propres parents, et avait posté le colis.


J'ai interrompu mon récit pour demander à mon fils s'il pensait que c'était une bonne idée que l'enfant donne son adresse à Helper23. Il a dit que non. Malgré lui, il avait fini par se laisser emporter par l'histoire.


Eh bien, Colby ne trouvait pas l'idée bonne non plus. Il se sentait coupable d'avoir donné son adresse, et sa culpabilité ne faisait qu'augmenter, de plus en plus. Alors qu'il enfilait son pyjama la nuit suivante, sa culpabilité et sa peur étaient telles qu'il n'avait jamais ressenti quelque chose d'aussi fort auparavant. Il s’était convaincu d'avouer la vérité à ses parents. La punition serait dure, mais au moins il aurait la conscience tranquille. Il s’est glissé dans son lit, en attendant que ses parents viennent lui souhaiter bonne nuit.


Mon fils savait que la partie effrayante allait venir. Malgré ce qu'il avait dit avant, il était quand même un peu angoissé, et agrippait fermement mon bras.

Colby entendait le moindre bruit de sa maison. La machine à laver qui tambourinait dans la pièce d'à côté, les branches d'arbres qui frappaient les vitres, son petit frère qui dormait dans la chambre voisine. Et d'autres bruits... qu'il ne pouvait pas identifier. Puis les bruis de pas de son père qui s'approchait de la porte de sa chambre.


"Papa ?" avait-il dit nerveusement. "J'ai quelque chose à te dire."


Son père a alors passé la tête dans l’entrebâillement de la porte, mais l'angle de celle-ci était bizarre. Dans l'ombre, il semblait que sa bouche ne bougeait pas et que ses yeux n’étaient pas normaux.


"Oui, fiston ?"


La voix n’était pas normale non plus.


"Tout va bien, papa ?" a demandé Colby


"Oui, oui" a répondu le père, toujours avec cette voix bizarre. Colby s'est enfoncé dans les couvertures, inquiet.


"Hum... Maman est là ?"


"Me voilà !" La tête de sa mère a émergé en dessous de celle de son père. Sa voix semblait fausse, forcée.
.
"Allais-tu nous dire que tu as donné notre adresse à Helper23 ? Tu n'aurais pas dû faire ça ! Nous t'avons toujours dit de ne pas révéler tes données personnelles sur internet !"

Elle a continué.

"Ce n’était pas un enfant ! Il faisait juste semblant d'en être un. Tu sais ce qu'il a fait ? Il est venu chez nous, a pénétré a l’intérieur, puis nous a assassinés, tous les deux ! Juste pour passer un bon moment avec toi !"

Un homme a alors émergé de derrière la porte de sa chambre, tenant dans ses mains deux têtes tranchées. Colby hurlait et haletait, tandis que l'homme laissait tomber les têtes sur le sol, dégainant un large couteau. Il est entré dans la chambre, et s'est dirigé vers le garçon.

Mon fils avait hurlé également. Il se protégeait les yeux avec ses mains. Mais l'histoire ne faisait que commencer.

Après plusieurs heures, le garçon était quasiment mort, et ses cris s’étaient transformés en pleurs. Le tueur avait alors remarqué les lamentations d'un bébé venant de la chambre voisine. C’était un régal pour lui, lui qui n'avait jamais encore assassiné un bébé, et était alors enthousiaste à cette idée. Helper23 a retiré le couteau du ventre de Colby le laissant à l'agonie, avant de suivre les cris dans la maison, comme un appel des sirènes.

Dans la chambre du bébé, il s'est approché du landau, et a pris le nourrisson dans ses bras. Il s'est dirigé vers la lumière pour mieux le voir. Alors qu'il le tenait dans ses bras, les pleurs du bébé se sont arrêtés. Il souriait. Helper23 n'avait jamais encore tenu un bébé dans ses bras, mais il le berçait comme s'il avait fait ça toute sa vie. Il a essuyé ses mains ensanglantées sur une couverture, afin qu'il puisse caresser la joue du bambin.

"Hé, coucou toi !"

La lueur de sadisme dans son regard s’était éteinte, laissant place à un regard bienveillant et chaleureux. Il est sorti de la chambre, l'a nommé William et a décidé de le ramener chez lui pour l'élever comme son propre enfant.

Une fois mon histoire finie, mon fils était visiblement troublé. Entre deux respirations saccadées, il a balbutié : "mais papa... Je m'appelle William aussi !".

Je lui ai fait un clin d’œil complice, tout en caressant ses cheveux.

"Je le sais bien, fiston."

William est remonté dans sa chambre en courant, et en pleurant toutes les larmes de son corps.
Mais au fond... Je pense qu'il a aimé l'histoire.


Traduction : Kamus

source

mercredi 5 septembre 2018

Rétrospective 2015 : Pale Luna

Depuis plusieurs années, il est devenu très facile d'obtenir ce que l'on veut. Il suffit de quelques clics, et le tour est joué. Internet a tout simplifié, n'importe qui peut utiliser un ordinateur et altérer la réalité.
Cette abondance d'informations, obtenue grâce à un simple clic, est arrivée à un tel point qu'il est difficile maintenant d'imaginer notre vie sans.
Quand même, il y a de ça une génération, quand les mots "Streaming", ou "Torrent", n'avais pas de sens en dehors des cours d'eau, les gens devaient se retrouver face à face pour s'échanger logiciels, programmes, jeux de cartes et autres cartouches.
Il est vrai que la grande majorité de ces rencontres avaient pour but de s'échanger des jeux populaires, comme King's Quest ou encore Maniac Mansion.
Pourtant, il existait une minorité de programmeurs qui faisaient passer leurs propres créations lors de ces échanges, et si le jeu était suffisamment divertissant et bien programmé, celui-ci était passé de main en main, jusqu'à attirer l'attention d'un potentiel éditeur.
Ces jeux-là étaient rares et considérés comme de véritables artefacts, recherchés par les collectionneurs à travers tout le pays.
Pourtant, "Pale Luna" n'était jamais sorti de la région de San Francisco. Toutes les copies recensées restaient dans cette zone.
Tous les ordinateurs ayant un jour fait tourner ce jeu se situaient dans les environs de cette ville. Cela est explicable par le petit nombre d'exemplaires mis à disposition par le programmeur.


Pale Luna était un jeu d'aventure textuel, une "Fiction interactive" , dans la même veine que "Zork" ou "The Lurking Horror". Il avait été créé dans la même période que ces deux jeux, période durant laquelle ce genre était à la mode. 



Exemple de fiction interactive : Zork

 Au début du programme, il n'y avait qu'un écran noir, excepté quelques lignes de texte :

- Vous êtes dans une salle sombre. Le clair de Lune brille par la fenêtre.

- Il y a de l'OR dans un coin, ainsi qu'une PELLE et une CORDE

- Il y a une PORTE qui donne vers l'EST

- Commande ?



C'est ainsi que commençait ce jeu, décrit dans un vieux fanzine comme "énigmatique, sans aucun sens et totalement injouable". Le jeu acceptait alors les choix suivants :
PRENDRE OR, PRENDRE PELLE, PRENDRE CORDE, OUVRIR PORTE, ALLER VERS l'EST, dans cet ordre. Puis le joueur recevait les instructions suivantes :


- Prenez votre récompense

- PALE LUNA VOUS SOURIT

- Vous êtes dans la forêt. Il y a 3 chemins. NORD, OUEST et EST.

- Commande ?


Ce qui a rapidement frustré le peu de joueurs ayant eu l'occasion de tester ce jeu était le comportement confus et bugué de la phase suivante. En effet, seule une direction était la bonne.
Par exemple, dans notre cas, toute tentative d'aller dans une autre direction que le nord se soldait par un freeze complet du système, obligeant les joueurs à redémarrer leur ordinateur.
De plus, chaque nouvelle séquence de jeu était une répétition de l'écran précédent, la seule chose qui changeait étant les directions proposées. Encore pire, les commandes classiques de ce type de jeu étaient inutiles ici. Les seules actions acceptées par le jeu, autres que celle du mouvement, était UTILISER OR, auquel le jeu répondait par le message suivant :


- Pas ici.


Ou bien, UTILISER PELLE, qui affichait :


- Pas maintenant.


et aussi UTILISER CORDE, qui faisait surgir le texte :


- Vous avez déjà utilisé ceci.


La majorité de ceux qui ont joué à ce jeu continuait pendant quelque temps, jusqu'à en avoir marre de devoir redémarrer leur ordinateur à chaque freeze du système, et jetait la disquette du jeu à la poubelle, décrivant cette expérience comme une horrible blague mal programmée.
Toutefois, il y a une chose sur le monde des ordinateurs qui ne change pas malgré l'époque : ceux qui les utilisent ont beaucoup trop de temps libre à combler.


Un jeune homme du nom de Michael Nevins a un jour décidé de découvrir si Pale Luna avait plus à offrir que ce que la majorité des gens avait pu apercevoir.
Après cinq heures de jeu, trente-trois tentatives et beaucoup de câbles débranchés, il avait finalement réussi à faire afficher au jeu un texte différent.
Ce nouvel écran affichait :


- PALE LUNA AFFICHE UN LARGE SOURIRE

- Il n'y a aucun chemin

- PALE LUNA AFFICHE UN LARGE SOURIRE

- La terre est souple

- PALE LUNA AFFICHE UN LARGE SOURIRE

- Ici

- Commande ?


Il aura fallu une heure pour que Nevins trouve la bonne combinaison d'actions pour progresser dans le jeu :


CREUSER TROU, DÉPOSER OR, REBOUCHER TROU.


Cela fait, un nouveau texte était affiché :


- Félicitations.

—-40.24248—-

—- -121.4434—-


À ce stade, le jeu n'acceptait plus aucune commande, et il fallait redémarrer l'ordinateur une dernière fois.
Après avoir longuement réfléchi, Nevins était arrivé à la conclusion que ces nombres étaient en fait une latitude et une longitude - celles-ci conduisaient à un point dans une forêt qui surplombait le parc volcanique de Lassen.
Comme il avait beaucoup plus de temps libre que de bon sens, il avait décidé d'aller voir de lui-même ce que signifiait la fin de "Pale Luna".


Le lendemain, armé d'une carte, d'une boussole et d'une pelle, il parcourut les sentiers du parc, dans la  forêt, impressionné par le fait que chaque fois qu'il tournait à un carrefour, c'était exactement dans le même sens que dans le jeu.
Plus d'une fois il regretta d'avoir emmené les outils pour creuser, mais finalement il se convainquit que vu la similarité entre sa journée et ce qu'il avait vécu dans le jeu pour le moment, il y avait sûrement un trésor enterré quelque part à la clef.


À bout de souffle, après son périple en quête de l'endroit qu'indiquaient les coordonnées, il arriva finalement dans une petite clairière, dans laquelle il trouva un amas de terre retournée.
Excité comme il devait l'être pour avoir peut-être trouvé un trésor, ce serait un doux euphémisme de dire qu'il fut choqué en découvrant à la place la tête d'une petite fille blonde, dans un état de décomposition avancée.
Il alerta aussitôt les autorités. L'enfant fut identifiée ; il s'agissait de la petite Karen Paulsen, 11 ans, portée disparue par le département de police de San Diego depuis plus ou moins un an et demi.


Des efforts ont été faits pour retrouver la piste du programmeur de Pale Luna, mais le grand flou régnant dans le milieu des échanges de jeux en face à face conduisait à bien des impasses.


Les collectionneurs offriraient jusqu'à 6000 dollars pour une copie authentique du jeu.


Le reste du corps de Karen ne fut jamais retrouvé.







Traduction : Kamus


Une version BD a également été traduite. Elle met en avant des détails importants qui ont pu échapper à certains d'entre vous...

mardi 4 septembre 2018

Rétrospective 2014 : L'expérience russe sur le sommeil (The russian sleep experiment)

 Durant la fin des années 1940, des chercheurs russes ont gardé cinq personnes éveillées pendant quinze jours en utilisant un gaz expérimental basé sur des stimulants. Ils étaient enfermés dans un environnement scellé afin de pouvoir contrôler leur consommation d’oxygène de manière à ce que le gaz ne les tue pas, étant donné qu’il était toxique à partir d’une concentration élevée. Cela a eu lieu avant l’invention des caméras en circuit fermé, ils n’avaient donc que des microphones et des fenêtres de verre épais d’une douzaine de centimètres en forme de hublot qui permettaient de les surveiller. La chambre était équipée de lits d’appoint sans literie, de l’eau courante et de toilettes, et contenait des livres et suffisamment de nourriture sèche pour qu’ils puissent tenir à cinq pendant plus d’un mois.

Les sujets de test étaient des prisonniers politiques jugés ennemis de l’État durant la Seconde Guerre Mondiale.


Tout s’est bien passé pendant les cinq premiers jours ; les sujets ne se plaignaient que rarement, car on leur avait promis qu’ils seraient libres s’ils acceptaient de subir le test et de ne pas dormir pendant trente jours (bien que la libération fût hors de question). Leurs conversations et leurs activités étaient surveillées, et on a pu noter qu’ils ne parlaient que d’incidents de plus en plus traumatisants dans leur passé, le ton de la conversation devenant beaucoup plus sombre après le quatrième jour.


Au bout de cinq jours, ils ont commencé à se plaindre à propos des circonstances et des événements qui les avaient menés là où ils se trouvaient et à montrer des signes de paranoïa sévère. Ils ont arrêté de se parler et, à la place, se sont mis à parler aux microphones ou aux miroirs sans tain des hublots. Curieusement, ils semblaient penser pouvoir gagner la confiance des expérimentateurs en se retournant contre leurs camarades, les autres sujets de test en captivité avec eux. Les chercheurs ont tout d’abord supposé qu’il s’agissait d’un effet du gaz…


Après neuf jours, le premier d’entre eux a commencé à crier. Il courait sur la longueur de la chambre en hurlant à pleins poumons pendant trois heures sans discontinuer, et a ensuite essayé de ne pas s’arrêter, mais il n’arrivait qu’à produire de temps à autre de petits couinements. Les chercheurs ont pensé qu’il s’était déchiré les cordes vocales. Le plus surprenant dans ce comportement, c’est la manière dont les autres sujets ont réagi… ou plutôt n’ont pas réagi. Ils ont continué à murmurer à l’attention des microphones jusqu’à la seconde où les cris ont commencé. Deux des captifs qui ne criaient pas ont alors désossé les livres, ont enduit toutes les pages avec leurs propres excréments et les ont collées sur le verre des hublots. Les cris se sont rapidement arrêtés.


Les murmures adressées aux micros également.


Trois jours se sont écoulés. Les chercheurs vérifiaient les micros chaque heure pour être sûrs qu’ils fonctionnaient, car ils pensaient qu’il était impossible que cinq personnes enfermées dans une pièce ne produisent aucun son. La consommation d’oxygène dans la chambre indiquait qu’ils devaient être tous les cinq en vie. En fait, elle correspondait à la quantité d’oxygène que cinq personnes consommeraient pendant un exercice physique extrêmement ardu. Le matin du quatorzième jour, les chercheurs ont fait quelque chose qu’ils avaient dit qu’ils ne feraient pas pour obtenir une réaction des captifs: ils ont utilisé l’interphone de la chambre, espérant provoquer une quelconque réponse des détenus. Ils avaient peur qu’ils soient morts ou dans un état végétatif.


Ils ont annoncé: « Nous allons ouvrir la chambre pour tester les microphones ; restez loin de la porte et allongez-vous sur le ventre par terre, ou vous serez abattus. Si vous respectez ces règles, l’un de vous gagnera sa liberté. »


À leur grande surprise, ils ont entendu une seule phrase prononcée d’une voix calme : « Nous ne voulons plus être libérés. »


Des débats ont éclaté entre les chercheurs et les forces militaires qui finançaient le projet. Comme il était impossible d’obtenir d’autres réponses en utilisant l’interphone, il a finalement été décidé que la porte de la chambre serait ouverte à minuit le quinzième jour.


La chambre a été vidée du gaz stimulant et remplie avec de l’air frais, et des voix provenant des micros ont immédiatement commencé à protester. Trois voix différentes ont commencé à supplier, comme s’il en allait de la vie de l’amour de leur vie, de remettre le gaz. La chambre a été ouverte et des soldats ont été envoyés à l’intérieur pour retrouver les sujets de test. Ils ont commencé à hurler plus fort que jamais, et les soldats ont rapidement fait de même lorsqu’ils ont vu ce qui était à l’intérieur. Quatre des cinq sujets étaient toujours vivants, bien que l’état dans lequel ils étaient ne fût pas qualifiable de « vivant ».


Les rations de nourriture des cinq jours précédents n’avaient pas été touchées. Il y avait des morceaux de chair des cuisses et du torse du sujet mort enfoncés dans le drain au centre de la chambre, le bouchant, et permettant à une dizaine de centimètres d'eau de s’accumuler sur le sol. La portion de cette eau qui était composée de sang n’a pas été déterminée. Les quatre sujets « survivants » avaient également de grandes portions de muscles et de peau arrachés de leur corps. La destruction de la chair et les os à l’air libre sur leurs doigts indiquaient que les blessures avaient été infligées à la main, et non avec les dents, comme les chercheurs l’avaient pensé au début. Des observations plus précises de la position et de l’angle des blessures ont montré que la plupart des blessures, si ce n’était toutes, avaient été infligées par eux-mêmes.


Les organes abdominaux sous la cage thoracique des quatre sujets avaient été retirés. Alors que le cœur, les poumons et le diaphragme étaient restés en place, la peau et la plupart des muscles attachés aux côtes avaient été arrachés, permettant de distinguer les poumons à travers les côtes. Tous les vaisseaux sanguins et les organes étaient intacts, ils avaient simplement été retirés et posés par terre, répartis autour des corps éviscérés, mais toujours vivants, des sujets. L’appareil digestif des quatre sujets pouvait être observé en fonctionnement, digérant de la nourriture. Il a été très vite clair qu’ils digéraient leur propre chair, qu’ils avaient arrachée et dévorée durant les jours précédents.


La plupart des soldats étaient des Russes d’un commando spécial affecté à l’installation, mais la plupart ont refusé de retourner dans la chambre pour en sortir les sujets test. Ces derniers continuaient de crier pour qu’on les laisse dans la chambre et suppliaient qu’on remette le gaz pour qu’ils ne s’endorment pas.


À la surprise de tout le monde, les sujets ont livré un combat violent lorsqu’on les a fait sortir. Un des soldats russes s’est fait déchirer la gorge et en est mort, un autre en est sorti gravement blessé, après s’être fait arraché les testicules et perforer une artère d’une de ses jambes par les dents d’un sujet. Cinq autres soldats ont perdu la vie si l’on compte ceux qui se sont suicidés dans les semaines suivant l’incident.


Pendant le combat, la rate de l’un des sujets vivants s’est rompue et il s’est vidé de son sang presque immédiatement. Les chercheurs médicaux ont tenté de l’endormir, mais cela s’est révélé inutile. On lui a injecté plus de dix fois la dose maximale pour un humain d’un dérivé de la morphine, et il continuait de se battre comme un animal enragé, brisant les côtes et les bras d’un des docteurs. On a pu constater que le cœur a continué à battre pendant deux minutes entières après que l’hémorragie l’ait amené à un point où son système vasculaire était rempli avec davantage d’air que de sang. Même après qu’il se soit arrêté, il a continué de crier pendant trois minutes, s’efforçant d’attaquer quiconque venait à portée et répétant continuellement le mot « PLUS », de plus en plus faiblement, jusqu’à ce qu’il soit réduit au silence.


Les trois sujets test survivants ont été immobilisés et transportés dans une installation médicale, les deux ayant leurs cordes vocales encore intactes continuant de supplier le retour du gaz pour rester éveillés…


Celui des trois ayant le plus de blessures a été emmené dans le seul bloc opératoire dont l’installation disposait. Durant la procédure devant le préparer pour le replacement de ses organes internes, il s’est révélé immunisé aux sédatifs qui lui ont été administrés dans le but de le mettre en condition pour l’intervention chirurgicale. Il se débattait furieusement contre ses liens lorsque le gaz anesthésiant a été apporté pour le mettre hors de combat. Il a réussi à déchirer la quasi-totalité d’un bandeau de cuir épais de dix centimètres attaché à un de ses poignets, même avec le poids d’un soldat de quatre-vingt-dix kilos qui essayait de maintenir ce poignet immobile. Une quantité juste supérieure à la normale a été nécessaire pour l’endormir, et à la seconde où ses paupières se sont fermées, son cœur s’est arrêté. Pendant l’autopsie du sujet test qui est mort sur la table d’opération, il a été révélé que son sang contenait trois fois la concentration normale d’oxygène. Les muscles qui étaient toujours attachés à son squelette étaient affreusement déchiquetés et il s’était brisé neuf os dans sa lutte pour ne pas être maîtrisé. La plupart à cause de la force que ses propres muscles avaient exercé sur eux.


Le second survivant avait été le premier du groupe à commencer à crier. Ses cordes vocales étant détruites, il était incapable de supplier ou de protester contre l’opération, et il n'a réagi qu’en secouant violemment la tête pour montrer sa désapprobation lorsque le gaz anesthésique a été amené près de lui. Il a secoué la tête pour faire oui lorsque quelqu'un a suggéré, à contrecœur, d’essayer l’opération sans anesthésie, et n’a pas réagi pendant les six heures qu’ont nécessité le replacement de ses organes abdominaux et la tentative de les recouvrir avec ce qu’il restait de peau. Le chirurgien présidant l’intervention n’arrêtait pas de répéter qu’il devrait être médicalement impossible pour le sujet d’être encore en vie. Une infirmière terrifiée qui assistait à l’opération a affirmé qu’elle avait vu la bouche du patient former un sourire plusieurs fois, à chaque fois que ses yeux croisaient les siens.


Lorsque la chirurgie a pris fin, le sujet a regardé le chirurgien et a commencé à siffler fortement, essayant de parler en se débattant. Supposant que ce devait être important, le chirurgien a demandé à ce qu’on lui apporte un crayon et un calepin afin que le patient puisse écrire son message. Il était simple. « Continuez à couper ».


Les deux autres sujets tests ont subi la même intervention, tous les deux sans anesthésie. Cependant, il a été nécessaire de leur injecter un paralysant pendant la durée de l’opération. Le chirurgien n'arrivait pas à effectuer la chirurgie pendant que les patients riaient continuellement. Une fois paralysés, les sujets pouvaient seulement suivre les médecins des yeux. Le paralysant a été éliminé de leur système après une période anormalement courte et ils ont rapidement essayé de s'échapper. Au moment où ils ont pu recommencer à parler, ils ont recommencé à demander le gaz stimulant. Les chercheurs ont essayé de leur demander pourquoi ils s'étaient infligé ces blessures, pourquoi ils avaient arraché leurs propres entrailles et pourquoi ils voulaient de nouveau le gaz.


La seule réponse qui a été donnée était: « Je dois rester éveillé ».


Les liens des trois sujets ont été renforcés et ils ont été replacés dans la chambre en attendant de savoir ce qu’on allait faire d’eux. Les chercheurs, faisant face à la colère des « bienfaiteurs » militaires à cause de leur incapacité à atteindre le but qu’ils leur avaient fixé, ont pensé à les euthanasier. L'officier commandant, un ancien agent du KGB, a, au contraire, vu du potentiel en eux, et a voulu voir ce qui se passerait si on les replongeait dans le gaz. Les chercheurs s'y sont formellement opposés, mais leurs objections ont été ignorées.


Afin de les préparer à être de nouveau scellés dans la chambre, les sujets ont été connectés à un moniteur électroencéphalographique, et leurs liens ont été renforcés pour un confinement à long terme. À la surprise générale, ils ont tous les trois arrêté de se débattre au moment où quelqu'un a laissé échapper qu'on allait les remettre dans le gaz. Il était évident qu'à ce moment, ils avaient énormément de mal à rester éveillés. Un des sujets qui pouvait parler fredonnait d'une voix forte et sans s'arrêter ; le sujet muet appuyait ses jambes de toutes ses forces, d’abord la droite, puis la gauche, puis de nouveau la droite, afin d’avoir quelque chose sur quoi se concentrer. Le dernier sujet gardait sa tête au-dessus de son oreiller et clignait des yeux rapidement. Ayant été le premier à avoir été relié à l’électroencéphalogramme, la plupart des chercheurs observaient ses ondes cérébrales avec surprise. Elles étaient normales la plupart du temps, mais affichaient parfois inexplicablement une simple ligne. C’était comme s'il subissait plusieurs morts cérébrales, avant que tout ne redevienne normal. Comme ils se concentraient sur le papier qui sortait du moniteur, seule une infirmière a vu ses paupières se fermer au moment où sa tête est retombée sur son oreiller. Ses ondes cérébrales se sont immédiatement muées en celles du sommeil profond, puis la ligne droite est apparue pour la dernière fois, alors que son cœur s’arrêtait.


Le seul sujet restant en état de parler s’est mis à crier pour être scellé immédiatement. Ses ondes cérébrales montraient les mêmes lignes droites que celui qui était mort après s’être endormi. Le commandant a donné l’ordre de sceller la chambre avec les deux sujets à l’intérieur, ainsi que trois chercheurs. Un des trois qui ont été nommés a immédiatement sorti son revolver et tiré une balle entre les deux yeux du commandant, puis a retourné son arme contre le sujet muet, lui faisant également sauter la cervelle.



Il a ensuite pointé son arme vers le sujet restant, toujours attaché au lit tandis que les membres restants de l’équipe médicale et de recherche fuyaient la pièce. « Je ne me laisserai pas enfermer là-dedans avec ces choses ! Pas avec vous ! a-t-il crié à l’homme attaché à la table. QU’EST-CE QUE VOUS ÊTES ? a-t-il demandé. Je dois le savoir ! »


Le sujet a souri.


« Est-ce que vous avez oublié si facilement ? a répondu le sujet. Nous sommes vous. Nous sommes la folie qui est cachée dans chacune d’entre vous, suppliant d’être libérée à tout moment dans votre esprit animal. Nous sommes ce dont vous vous cachez toutes les nuits dans vos lits. Nous sommes ce que vous réduisez au silence et à la paralysie lorsque vous rejoignez le paradis nocturne que nous ne pouvons fouler. »


Le chercheur a marqué un arrêt. Puis il a visé le cœur du sujet et a fait feu. L’électroencéphalogramme a alors affiché une ligne droite, tandis que le sujet s’étranglait, laissant faiblement échapper quelques mots : « Si… près d’être… libre… »


Traduction: Magnosa

Source

lundi 3 septembre 2018

C'est la rentrée pour CFTC aussi !

Bonjour à tous,

Voici de quoi égayer un peu les personnes qui rentrent de vacances et qui reprennent aujoud'hui le travail ou les cours : Le retour des Creepypasta est pour cette semaine !

Ainsi, vous pourrez découvrir à partir de vendredi des creepypasta inédites sur le blog, le rythme d'avant les vacances n'ayant pas changé. Pour rappel, voici le rythme des parutions :

- Lundi : Creepypasta sur le blog
- Mardi : Brève de Cryptoire (Twitter)
- Mercredi : Spotlight (Necronomorial)
- Jeudi : Brève de Cryptoire (Twitter)
- Vendredi  : Creepypasta sur le blog
- Samedi :  Brève de Cryptoire (Twitter)
- Dimanche : Texte horrifique inédit (Necronomorial)

Et comment attendre jusqu'à vendredi ? 

Pas de panique, l'équipe a pensé à tout. Nous allons donc publier sur le blog une retrospective des creepypasta les plus aimées des années précédentes. Mardi, mercredi et jeudi, vous pourrez donc (re)découvrir les creepypasta qui ont été récompensées en 2014, 2015 et 2016. De quoi vous faire patienter jusqu'à vendredi !

Bon courage à tous pour cette rentrée 2018 !

L'équipe de Creepypastafromthecrypt.