Disclaimer

DISCLAIMER
Les contenus proposés sur ce site sont déconseillés aux personnes sensibles et aux mineurs de moins de 12 ans.
Nous encourageons largement les pratiques répréhensibles qui y sont décrites.
Consultez la page À propos pour plus de détails.

Script générateur de phrases

jeudi 31 octobre 2019

Résultats du concours de creepypastas

Aujourd'hui, nous sommes le 31 Octobre. Qui dit 31 Octobre dit Halloween, et de fil en aiguille, résultats du concours de creepypastas. Tout d'abord, nous tenons à remercier l'intégralité des participants et des votants. D'un côté comme de l'autre, vous étiez au rendez-vous. Cependant, le but d'un concours étant d'établir des vainqueurs, vous vous doutez bien que certains récits se sont plus distingués que les autres. Aussi, sans plus tarder, voici le classement des textes !

Cinquième place : Le jeu maudit (un troll made in Gordjack)
Quatrième place ex æquo : Le labyrinthe itinérant (par Manchot1er)/L'égout Rattenwater (par the Scary Warhol)
Troisième place ex æquo : Les dents blanches (par Marius)/Sans nom (par Maureen)
Deuxième place ex æquo : Cette fille (par Philsam)/Morts étranges (par Martien) /Je regarde encore (par Fram)/L'héritage (par Datkii)/Cauchemars (par AngeNoire)

Enfin, le moment est venu d'annoncer le gagnant. Ah, on me souffle dans l'oreillette qu'il n'y a pas un, pas deux, mais bien trois creepypastas à arriver en première place. Le podium sera donc cette fois  équitablement partagé entre trois textes ! Minute, quelle oreillette ?

 Première place ex æquo : Mémoires (par Atepomaros)/Les chahuteurs (par Princeps, sous l'étendard de la communauté Fighting Spirit)/Histoire d'Halloween (par Luidi)

Encore une fois, félicitations à tous nos participants, et plus particulièrement à nos gagnants ! Leurs textes seront publiés dans les prochains jours sur le blog, alors restez tapis dans l'ombre de la crypte !

Au nom de toute l'équipe de CFTC, il ne me reste donc plus qu'à vous souhaiter un terrifiant, horrible, abominable Halloween. Et si d'aventure votre nuit, en cette fête des morts, réclame son tribu en frissons, c'est avec un plaisir malsain que nous vous inviterons à plonger dans les limbes de Creepypasta from the crypt, et ce jusqu'au Pandémonium de l'horreur. 


lundi 28 octobre 2019

Camacrusa

Salut à tous et à toutes. J'ai un truc assez creepy à vous montrer, bien qu'un peu tiré par les cheveux. Un ami policier en Gascogne, dans le sud-ouest, connaissant mon goût pour les histoires flippantes, m'a envoyé le script d'un témoignage oral dans une affaire de disparition. Je vous le poste ici.

- Début du script du témoignage de Pepito Williams sur l'affaire Pedro-Jordan :

Vous voulez savoir ce qu'il s'est passé ? D'accord, je vais vous le répéter... C'est déjà la troisième fois, mais bon.

Le 11 octobre, avant-hier quoi, moi et une bande de potes, on a décidé de partir en randonnée. Comme on est plutôt sportifs, et qu'on avait déjà fait pas mal de randonnées dans le coin, on a choisi de sortir des sentiers battus. Oui bon d'accord, c'est risqué je sais, mais là c'est pas ce qui nous intéresse, je crois.

Je reprends. Nous sommes donc sortis du sentier balisé pour nous enfoncer un peu dans une vallée boisée, le genre de belle vallée verdoyante avec des arbres bordant une rivière, tout ça quoi. Bref, jusqu'à la tombée de la nuit, rien de grave. Ah, je ne vous l'avais pas dit ? Oh, ben d'accord, je vous le dis maintenant alors : on avait aussi décidé de camper un peu dans la vallée. Rien de grave, un village était à à peine 15 km. Normalement, on était en sécurité.

Donc, la nuit est tombée. Nous, on a continué de marcher jusqu'au point où nous avions décidé de nous arrêter pendant la nuit. Dans la nuit, vous le savez sûrement, on marche en colonne pour éviter les obstacles. Le premier, en l'occurrence moi, comme ici d'ailleurs, a une lampe et les autres suivent, le dernier fermant la marche.

Et là, je suis tombé sur une jambe. Croyez-moi ou pas, c'était une putain de jambe. Pas le genre jambe-coupée-pour-film-d-horreur, mais une jambe verdâtre un peu couverte de mousse, qui se tenait là, debout, devant moi. Au niveau du genou, un œil me fixait. Alors moi, je me suis arrêté, normal. Les autres m'ont demandé ce qu'il y avait. Je leur ai montré la jambe. Je crois que là on s'est tous dit "What the fuck man ?". Là, le truc a commencé à avancer à cloche-pied vers moi. J'étais assez effrayé pour tout vous dire, mais j'étais motivé par la présence des autres. Donc, j'ai pas reculé. Et puis, ce pouvait être une blague des gamins du coin ou un hoax quelconque, une caméra cachée, un truc du genre. Mais quand elle est arrivée plus près de moi, je tremblais d'effroi. La jambe était creuse. L'intérieur était rempli de dents, avec une langue rouge vif s'agitant au fond. Je me suis vite tourné vers les autres, ils avaient les yeux aussi ronds que moi devant cette jambe creuse. Elle m'a sauté dessus, l’impact me faisant chuter, et je suis resté groggy pendant 2-3 secondes. Quand j’ai retrouvé mes esprits, la jambe était sur ma poitrine. D'un seul coup, je me suis relevé et je l'ai envoyée valdinguer. Je me suis enfui en courant, ce truc était dangereux. Aixe m'a suivi, mais pas Pedro, ni Jordan. Avec le recul, m'enfuir comme ça c'était pas cool, j'aurais dû revenir les chercher. Sans lumière, dans une forêt, la nuit, on peut pas s'en sortir. En fuyant, comme ma lampe valdinguait un peu, j'ai pu voir que d'autres  jambes se dirigeaient vers l'endroit d'où on était venus.

Finalement, on est arrivés au village, Aixe et moi. On est entrés dans la maison qu'on avait louée, et on y est restés calfeutrés toute la nuit.

Dès le lendemain, on est allés chercher le garde-forestier pour qu'il nous aide à retrouver nos deux potes. On lui a montré le lieu où on s'était perdus de vue. Il y avait des traces de piétinements, et des empreintes de pas qui s'éloignaient de cette zone, avec bizarrement la trace d'un seul pied à chaque fois. Le garde-forestier, qui devait avoir soixante-dix ans, nous a dit qu'on ne les retrouverait pas, que ce n'était pas la peine de s'acharner. Rebroussant chemin, il a murmuré une seule chose. "Camacrusa".

- Fin du script

Si vous voulez savoir la suite, mon ami m'a informé que Pepito Williams était connu chez eux pour son addiction à des drogues de tous poils, et ses amis Aixe, Pedro, et Jordan aussi. Il est donc vraisemblable que tout cela n'ait été qu'une hallucination, et que Pedro et Jordan se soient noyés dans la rivière adjacente, après une sorte de rave party sylvestre. Il m'a aussi dit que les recherches, pour l'instant, ne donnaient rien. Quant au garde-forestier, il est mort d'une crise cardiaque chez lui, le 13 octobre. Le jour suivant ayant été balayé par de fortes pluies, les traces mentionnées par Pepito n'ont jamais pu être retrouvées.

lundi 21 octobre 2019

Le frère modèle

Les liens entre les membres d'une même fratrie sont une énigme.
Bien souvent, au sein de leur famille, les fratries se mettent en constante compétition avec des activités malsaines. Alors que les choses pourraient être simples.
Si simples ...
Mon frère Rémi n'était pas de ce genre-là. Nous avions toujours eu un rapport complice, il me montrait sans cesse des jeux à faire dans la maison. Ma mère ne comprenait jamais, et s’énervait beaucoup en qualifiant mes loisirs de bêtises dangereuses. Mais mon frère était toujours présent pour arrondir les angles en prenant ma défense. Réellement, je vous le dis : on devrait tous avoir un grand frère comme modèle. Lorsque j'ai grandi, les choses ont quelque peu commencé à changer. Il ne me poussait plus vers ces sources d'amusements en solo, il voulait à présent jouer avec moi, être à mes côtés pour mieux me guider. Inutile de dire que j'étais aux anges.

Un jour, alors que j'avais six ans, Rémi s'est approché de moi en catimini, et a chuchoté à mon oreille : " Hé frérot, tu voudrais t'amuser et devenir un grand ? Un vrai de vrai ? " Il souriait gentiment, une main derrière le dos, comme s'il cachait quelque chose. De l'autre, il m'a fait signe de venir avec lui. Flatté et amusé, je l'ai suivi.
Arrivé dans sa chambre, on s'est assis l'un en face de l'autre sur le parquet. Il a alors posé de petites sphères rouges sur le sol. " Indiana Jones en personne croque dans ces bonbons avant de partir à l'aventure. Il est tellement costaud qu'il les mange par cinq. Toi aussi t'es un guerrier, frérot ! "
D'un geste, il a poussé les friandises vers moi. Peu rassuré, j'ai secoué la tête. " J'ai jamais vu qu'il se nourrissait avec ces machins dans ses films." " C'est parce qu'il le cache, pardi! Il va quand même pas montrer toutes ces astuces à tout le monde. Mais Indiana Jones le sait, moi je le sais, et toi aussi maintenant ! "
Comme mon idole, je voulais être un guerrier. Alors, j'ai enfourné les cinq bonbons en même temps, et ai croqué. Un feu a envahi ma bouche, brûlant ma langue et mes gencives alors que mes lèvres se mettaient à enfler. La brûlure s'est étendue jusqu'à ma gorge, tandis que je me mettais à tousser et à suffoquer. Ma mère, qui était en bas, a entendu mon corps tomber lourdement au sol. Elle a grimpé l'escalier, couru dans le couloir, et pénétré dans la chambre. Elle a aussitôt été renseignée par mon frère : " Il... Il a avalé de travers. Je ne sais pas ce que je dois faire."

J'ai passé quelques heures à l'hôpital. Cependant, les médecins ont dû assurer à ma mère que ce n'était rien, car dans la journée, j'étais de retour chez moi.
Les jours suivants, c'était comme si mon sens du goût avait été altéré. De toute façon, la brûlure qui persistait dans ma bouche m'a dégoûté pendant un moment de l'acte de manger.
Quant à mon frère, il se répandait toute la journée en excuses. Il s'était trompé dans le choix des bonbons, et avait pris des friandises totalement différentes de celles du film. Je m'en voulais de l'amener involontairement à se justifier. Après tout, on devrait tous avoir ce genre de grand frère exemplaire.

De tous les endroits de la maison, le grand escalier en bois, dont ma mère nous avait formellement interdit l'accès, avait fini par devenir le lieu préféré de mon frère. Un soir, il s'est approché de la première marche, des craies et un chiffon à la main. Il s'est ensuite tourné vers moi : " Tu voudrais retomber ? Retomber en enfance ?" Il avait cet air énigmatique sur le visage, admirant le vieil escalier.
" Maman nous a interdit d'y aller. Elle dit que c'est dangereux."
" Maman dit ci, maman dit ça ! Espèce de poule mouillée ! Elle est pas ici au cas où tu l'as pas vu, donc on a le champ libre. "
J'étais déjà prêt à éclater en sanglots, et je regardais mon frère avec de plus en plus de réticence. Rémi avait rarement été dans cet état d'agacement et de rébellion. Il a ignoré mon regard, et a tracé à la craie des chiffres, des traits et des spirales sur les premières marches. " Et le jeu du jour est... ( Il a mimé un mouvement de frappe violent sur un tambour imaginaire)... La marelle !" Paniqué, j'ai jeté un œil vers l'escalier, et ce jeu insensé.
" Je ne veux pas jouer."
" Oh que si, tu vas le faire. Moi, je vais m' amuser ! Ton rôle en tant que frangin, c'est de venir jouer avec moi. Allez c'est facile ! Je commence pour te montrer l'exemple."
Il est venu se placer sur la toute première marche, puis s'est cramponné à la rampe de l'escalier, et a sauté sur la deuxième en équilibre sur son pied droit. Il a ri, et est revenu vers moi." Rapide, simple et efficace. Rien qu'une marche, une seule. Mais pour ton tour, on va juste un peu corser les choses."
Il s'est penché,et s'est mis à défaire mes lacets. Les larmes aux yeux, je l'ai regardé faire. Lorsqu'il s'est redressé, il m'a regardé avec un grand sourire. Un sourire, qui, étrangement, me dérangeait.
" Rappelle-toi, rien qu'une marche. "
Malgré toutes mes peurs, toutes mes réticences, la volonté tenace d'épater mon frère l'a emporté. Je me suis positionné sur la première marche, ai serré la rampe, et sauté sur la deuxième, m'appuyant sur mon pied droit.
Mais alors que je m'apprêtais à souffler, la voix autoritaire de mon frère s'est élevée. " Encore !" J'ai baissé la tête sur la marche suivante, qui m'apparaissait trouble. Je pleurais, et des larmes de peur ruisselaient sur mes joues, mouillant l'escalier.
" Allez, saute encore !"
J'ai fait ce qu'il me disait. J'ai sauté sur la troisième marche, prenant appui sur mon pied gauche. Lorsque ma semelle a touché le rebord, j'ai immédiatement regretté. Mon pied, manquant d'appui, a dérapé sur celui-ci, et tout mon corps s'est retrouvé projeté en avant.
Dit comme ça, trois marches, ça semble peu. Mais pour un garçon de mon âge, ça représentait une chute terrifiante. J'ai dégringolé douloureusement l'escalier, alors que mon corps se tordait dans un enchevêtrement bizarre de pieds, de bras, de mains et de jambes tordues dans des angles improbables, le tout accompagné d'un concert de craquements que j'aurais préféré oublier.
Alors que j'étais là, étendu au bas des marches, je pouvais entendre mon frère rire, et crier : " Encore, encore ! "

Voilà un an que je suis coincé dans ce fauteuil roulant, sans même savoir pourquoi. Mon grand frère est toujours aux petits soins avec moi, mais notre complicité a changé. Il refuse qu'on joue ensemble, ou de me lancer des défis comme avant. Il dit qu'il est sûr qu'il gagnerait, et qu'il n'y a donc aucun intérêt.
Oh, et autre chose !
Un bébé est venu agrandir les rangs des garçons de la famille. Je regarde d'ailleurs souvent Rémi s'occuper de lui. Peut-être enfonce-t-il le biberon trop loin dans sa bouche, et peut-être le berce-t-il un peu trop fort, mais je sais qu'il n'en est pas moins un frère exemplaire. Le soir, je l'entends chuchoter à l'oreille du nouveau-né : "Je jouerai avec toi. Je jouerai avec toi tous les jours. Et tous les jours, je te laisserai gagner..."
D'une certaine manière, ça me fait chaud au cœur. Ce petit aura une chance phénoménale de pouvoir jouer avec un tel frère, comme j'en ai moi-même eue.
J'espère que vous aussi, vous avez un Rémi, un grand frère dans votre famille. Je le souhaite à tous, de tout cœur.

Après tout, on devrait tous avoir un grand frère pour modèle.


Stup'Horror, notre chaîne partenaire, a réalisé une vidéo où est contée cette histoire. Vous pouvez la retrouver via ce lien !

lundi 14 octobre 2019

Demande de fonds

Bonjour à tous. Récemment, en fouillant les dossiers de mon PC, j'ai retrouvé des documents que j'avais enregistrés il y a des années (oui, chaque fois que je vois un texte intéressant sur le net, je l'enregistre comme ça). Celui qui suit m'a semblé assez creepy pour être partagé ici. De souvenir, c'était sur un forum sérieux, un gars qui travaillait dans un laboratoire et qui parlait de son boulot consistant à faire passer à la trappe toutes les lettres de demandes qui n'allaient pas au premier coup d’œil.
Certaines pièces jointes sont citées, mais le type disait les avoir jetées sans même les regarder. Dommage ...

Il y a des termes et des concepts assez avancés. Je mets des liens pour ceux qui ne sont pas biologistes:
- Pan troglodytes (chimpanzé commun) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pan_troglodytes

Voici le document en question :

FMPPH (Fondation Martin Pour le Progrès de l'Homme) Laboratoire de Biologie Efferness
52 Rue Postale 75005
81300 Albi Paris
          Objet : Demande de subvention


Albi, le 17 Novembre 2001
Bonjour,
Nous vous écrivons cette lettre afin de demander à votre laboratoire un soutien matériel pour réaliser le projet de notre Fondation. En effet, vous avez une longue histoire de soutien à des créateurs indépendants et inventeurs géniaux, aussi, c'est à vous que nous nous adressons.
La FMPPH (Fondation Martin Pour le Progrès de l'Homme) est une fondation de recherche travaillant sur certaines méthodes, qui pourraient un jour permettre à l'Homme d'atteindre son plein potentiel, plus précisément le potentiel inscrit dans ses gènes. Notre projet consiste à atteindre cet objectif. Pour cela, transformer l'Homme est nécessaire. Nous avons déjà avancé dans cette direction, des tests ayant été menés avec succès sur des volontaires.
Voici une présentation détaillée du projet, et une justification de l'intérêt qu'il convient d'y porter (les détails techniques sont dans les documents joints).
L'Homme est fondamentalement une espèce non mature, restée au stade infantile. Notre projet a donc pour but de faire arriver celui-ci à maturité. De lui permettre de devenir adulte du point de vue évolutif, c'est-à-dire de parvenir à réaliser le plein potentiel de ses gènes. De nombreux éléments de l'évolution humaine le montrent. A titre d'exemple, je vais vous décrire deux de ces éléments marquants.
Tout d'abord, la branche de l'humain s'est séparée de la lignée aboutissant aux chimpanzés lorsque nos ancêtres ont conservés des caractères juvéniles. Nous le voyons bien puisque les bébés chimpanzés ont des caractéristiques anatomiques les rapprochant de l'humain : ils sont bipèdes, et ont un crâne de la même forme que le nôtre.
La première étape de notre projet est donc de renverser ce processus, et de supprimer ces caractères juvéniles chez l'humain. Les techniques que nous avons mises au point sont jointes à cette lettre.
L'autre indice frappant que je vais décrire ici est celui que nous fournissent les tuniciers, du groupe des Urochordés. Les tuniciers sont des animaux fixés sur les fonds marins, filtrant l'eau pour se nourrir. A son stade juvénile, le tunicier présente des caractéristiques des chordés (dont nous faisons partie). Il possède en effet une chorde (se rapprochant d'une colonne vertébrale), une queue post-anale lui permettant de nager, et des fentes branchiales. Selon l'hypothèse de Garstang, l'arrivée à maturité de ce "tétard" entraîne sa fixation sur les fonds marins, et la perte plus ou moins partielle de ces caractéristiques.
 
Comme je l'ai dit plus haut, la dernière étape de notre projet serait de renverser ce processus. Cela permettrait de faire de l'homme une pure conscience, un cerveau coupé de toute sensation, abrité par un cylindre de chair protectrice solidement ancré au sol. Cette étape est celle qui nécessite encore quelques recherches, les précédentes ayant déjà été testées avec succès sur des volontaires. Nous avons bon espoir d'y arriver. Un jeune chercheur nous ayant récemment rejoint dispose d'idées très intéressantes sur le sujet.
Nous savons que votre laboratoire a par le passé financé de nombreux projets ambitieux et novateurs, et que vos vues au sujet de l'humanité sont aussi éclairées que les nôtres. La mise en œuvre de notre projet nécessiterait un soutien matériel, notamment pour l'achat de l'équipement nécessaire à la suite de nos opérations. La liste détaillée est jointe à cette lettre.
Nous avons donc l’honneur de solliciter de votre haute bienveillance, par la présente, un soutien financier sur le long terme, du montant que vous jugerez bon de nous accorder, afin de pouvoir mettre en œuvre ce projet indispensable à la progression de l'Homme en tant qu'espèce.
À toutes fins utiles, nous vous adressons un dossier supplémentaire contenant le descriptif détaillé de notre projet. Nous restons à votre entière disposition pour tout rendez-vous que vous jugeriez nécessaire à l’étude de notre demande.
Vous remerciant par avance de l’intérêt que vous porterez à notre sollicitation, et dans cette attente, nous vous prions d’agréer l’expression de nos respectueuses salutations.
Professeur Eryuh MARTIN, FMPPH (Fondation Martin Pour le Progrès de l'Homme)
Albi, 81300

lundi 7 octobre 2019

Animalito

Salut !
Je poste ici la transcription d'un enregistrement des aveux d'un criminel espagnol. Il me vient d'une amie espagnole qui fait un stage dans un commissariat (pour moi, tout bâtiment lié à la police s'appelle commissariat, je n'ai plus le nom exact en tête, et la flemme de le chercher). Et je le trouve assez bizarre. Celui qui parle a l'air sacrément toqué.

Début de l'enregistrement effectué dans le cadre de la procédure judiciaire

J'en peux plus de vos questions... J'en ai assez. J'en peux plus de tout en fait. De toute façon, ce sera bientôt fini, j'en suis sûr. Enfin, j'espère.
Vous voulez que je vous raconte ce qu'il s'est passé, pas vrai ? D'accord. Mais après, vous me laisserez tranquille. J'en peux plus.

    Tout a commencé avec les affaires que vous savez. On peut passer dessus vite fait. J'avais des ennuis, des ennuis avec des gens peu recommandables, et avec la police aussi. Eh oui, même en Valence, on a de la criminalité de comp... (Tousse tousse)... de compétition.
    Alors je suis allé me confesser au Père Pedro. Il me connaît depuis l'enfance. Il a beau savoir que j'ai un don pour m'attirer des ennuis, là, c'était pire que... (il s'arrête pour reprendre son souffle)... pire que jamais. Oui, vous savez, dans ma famille, on est très croyants, et j'ai toujours respecté ce vieil homme sympathique. Je croyais sincèrement qu'il pourrait m'aider, trouver une solution, avec ses contacts. Comme les autres fois. Si j'avais su. Une solution, ouais... Mais court-termiste... (Tousse tousse).

    Oui, donc, je reprends. Il a tout de suite compris. Il m'a dit "Je vois, je vois" comme à son habitude. Ensuite, il m'a donné une adresse où je devais me présenter. Alors moi, comme le pigeon que je suis... (Tousse tousse)...  j'y suis allé... (Il s'arrête encore une fois pour reprendre son souffle).
    J'y suis arrivé deux jours plus tard, comme il m'avait dit. C'était une petite maison paumée, mais assez jolie, assez cosy comme on dit, le genre de petit cottage rentable à outrance, si vous voyez ce que je veux dire. Un gars standard m'a ouvert quand j'ai frappé et je me suis présenté comme venant du père Pedro. Il m'a ensuite regardé bizarrement, et m'a prié de le suivre sans autre forme de procès. Alors bon, puisque le père Pedro me disait de lui faire confiance pour résoudre tous mes soucis, je l'ai suivi... (Tousse tousse)...

    Il m'a amené dans une salle à manger tout à fait standard, le genre de salle à manger qu'on trouve dans un cottage de base, sauf que la table était vachement épaisse. Normal, un tiroir était caché sur le côté, comme dans ces vielles tables de campagne où on met le pain dans un tiroir en bout de table. Alors le type, l'air de rien, en a sorti une brindille avec un bouchon d'un côté, et un nœud de l'autre. Moi, je me disais qu'il se moquait de moi, que le père Pedro devenait sûrement un peu sénile avec l'âge... (Tousse tousse).

    Il a pris la parole : "C'est un animalito. Il vit dans cette brindille creuse". Là, j'ai ouvert des yeux ronds. L'animalito, c'était une bête magique en Espagne. Maupassant en a parlé dans un de ses bouquins je crois, que je n'ai pas lu, d'ailleurs... (Tousse tousse)... J'aurais dû, ah ouais, j'aurais dû. Je comprenais rien du tout... (il s'arrête, et ferme les yeux, comme sur le point de s'évanouir, mais se reprend après une profonde inspiration)...  "Il va t'aider. Il te protégera. Avec lui, tu pourras courir de Valence à Murcia sans t'arrêter".
    Alors là, j'ai pété un câble. Je passerai les détails. Mais le gars a fini par tenter me poignarder, comme ça. Au lieu de me transpercer, la lame a été déviée au dernier moment, miraculeusement. Et cela plusieurs fois. J'étais tout de même sceptique. Alors il m'a envoyé la miche de pain en plein dans la figure, mais elle a elle aussi été détournée. Après plusieurs tests du genre, j'étais convaincu. C'était un truc de fou ! ... (Tousse tousse)... A priori, ça me sauverait bien... (Tousse tousse)...

    Si j'avais su le prix à payer. Enfin si, je le savais. Le gugus me l'avait dit. L'animalito devait être nourri. Nourri par de la chair d'enfant baptisé... (Tousse tousse)... Quand il sortait de la brindille pour manger, je le voyais. Un corps filiforme, marron, des pattes énormes par rapport au corps, et une bouche toute aussi grande, pleine de rangées de dents. Au début, je m'introduisais dans des morgues, ou autres établissements du genre. J'avais l'habitude. Ouais, d'ailleurs, c'est pour ça que je suis là, devant vous... (Tousse tousse)... Facile pour moi, habitué aux traf... (Tousse Tousse)... aux trafics de tous poils. Après, vous avez commencé à surveiller ces endroits, normal. Alors j'ai plus pu. Et puis, les familles surveillaient leurs enfants de près après ces enlèvements de cadavres. Ouais, les rumeurs de nécropédophilie, c'était moi, ouais... (Tousse tousse)... j'avoue tout. Mais j'en ai plus pour longtemps, de toute façon... (Tousse Tousse)...

    Bref, j'ai fini par plus pouvoir le nourrir. Ce que je savais pas, c'est qu'il se nourrirait tout seul. Je devenais de plus en plus émacié. Ouais, j'étais très endurant, invincible, tout. Mes ennuis étaient réglés. Pas de problème de ce côté là...( Tousse tousse)... Mais je maigrissais à vue d'oeil. Je devenais squelettique, de plus en plus. Il me bouffait... (Tousse tousse)... Et là... (Tousse tousse)... il continue... (Tousse tousse)...

Fin de l'enregistrement


Note : l'interrogé est mort quelques jours après l'interrogatoire. D'après les médecins légistes, la cause du décès est la sous-nutrition, mais les organes internes étaient incroyablement abîmés, comme déchiquetés de part en part par de minuscules lames de rasoir.

mercredi 2 octobre 2019

Nouvelle édition du concours de creepypastas

Oyez, oyez ! 
Dans moins d'un mois, c'est Halloween. Vous savez ce que ça veut dire ? Forcément que vous le savez, vous avez lu le titre de l'article. Néanmoins, je vais développer. A l'occasion de la fête des morts, CFTC organise donc un concours de creepypastas à grande échelle, qui s'étalera (votes inclus) sur l'intégralité du mois d'Octobre. 

Comme lors du concours de poèmes qui s'est tenu en Juin dernier, les trois candidats qui accéderont au podium verront leur création publiée sur le site. Concernant les thèmes parmi lesquels vous devrez choisir, vous avez le choix entre : Folie, Monstres, Artefacts, bien évidemment Halloween, et - soyons fous - Jeu vidéo. Rien ne vous empêche toutefois d'embrasser d'autres branches du monde des creepypastas, tant que l'un des thèmes ci-dessus est présent dans votre récit. 

Au niveau des inscriptions, rien ne change par rapport au mois de Juin. Vous pouvez envoyez votre candidature en MP via Discord ou le forum à Gordjack, ou vous inscrire sous ce post, où figure la liste des participants. Vous pouvez aussi passer par notre adresse mail. Quant à votre récit, il devra lui être envoyé avant le 20 Octobre à 23h59, date à laquelle les envois de textes seront clos et où commenceront les votes, qui dureront jusqu'au 31 à midi. Encore une fois, tant que vous respectez la date limite, rien ne vous empêche de vous inscrire et d'envoyer votre récit du même coup, l'inscription étant surtout nécessaire à la tenue d'une liste des participants.

Pour en revenir aux votes, ceux-ci pourront être effectués à partir de la date précisée, via le post mentionné en amont. Si vous voulez faire partie des votants, il est donc impératif de posséder un compte sur le forum.

Dans ce dernier paragraphe, je m'adresse particulièrement aux nouveaux et aux timides qui n'oseraient pas se lancer : j'en reviens à nouveau au concours de poèmes du mois de Juin, mais lors de celui-ci, les gagnants, s'ils avaient pour certains un minimum d'expérience dans le domaine de la traduction, étaient tous en quelque sorte novices à l'écriture de poèmes. Aussi, absolument tout le monde à ses chances. 

Un dernière chose qui a son importance. Avant d'écrire, nous vous invitons à consulter la section Clichés du forum, où vous trouverez quelques écueils dans lesquels il ne faut pas tomber pour composer une bonne creepypasta. Vous trouverez le tout ici

Bien, il ne nous reste plus qu'à souhaiter bonne chance à tous les futurs candidats, que nous espérons voir le plus nombreux possible.