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vendredi 1 juin 2018

Confessions d'un plongeur en haute mer (Partie 1)

J’ai récemment démissionné de mon poste de plongeur en haute mer. Je travaillais pour une grosse boîte qui propose des prestations relatives à la plongée sous-marine allant du sauvetage à la démolition sous-marine, en passant par la réparation de bateaux et la recherche et récupération. Ils sont très réputés dans le milieu et reconnus pour leur fiabilité et leur sûreté. À tel point qu’ils sont souvent sollicités par le gouvernement. Pour être honnête, ça va vraiment me manquer de bosser pour eux. Les gens avec qui je travaillais sont vraiment la crème de la crème. Mais il y a une limite à la quantité de trucs inexplicables qu’un homme peut tolérer avant de tirer définitivement un trait sur l’océan. Voici quelques exemples de secrets que beaucoup de plongeurs emportent avec eux dans la tombe.

Sur le chemin d’une mission pour laquelle on avait été contactés, notre moteur s’était enrayé. J’ai enfilé ma tenue pour aller la désentraver. Après une brève inspection j’ai repéré une épaisse corde enroulée autour de l’arbre et de l’hélice. J’ai notifié mon superviseur, qui m’a fait descendre un sac en toile contenant les outils nécessaires pour couper la corde. J’ai accroché le sac à l’arbre du moteur et je suis parti libérer l’hélice. C’était rapide, et je suis retourné vers le sac. J’ai cru entendre un bruit étrange quand j’ai laissé tomber les outils dedans, un peu comme un son de coquille écrasée. Quand j’ai regardé à l’intérieur, il était rempli de gros coquillages, pour la plupart réduits en miettes par les outils que je venais de jeter. Une fois sorti de l’eau et débarrassé de mon équipement, je les ai examinés. Ils avaient ce qui ressemblait à des hiéroglyphes gravés sur la coquille. Un des anciens de l’équipe m’a alors appris que c’était plutôt rare, mais que c’était déjà arrivé à quelques gars avant moi.

Une autre fois, on était en mission de récupération d’un aéronef militaire. Quand on est arrivés, des vaisseaux de la Marine nous attendaient pour qu’on le leur remonte. On nous a rapidement briefés : ils avaient perdu la communication avec le pilote et voulaient retrouver l’épave pour pouvoir démarrer l’enquête. J’étais assigné à la « comms and logs » (communication avec les plongeurs et supervision de la profondeur et de l’ABT) quand les plongeurs ont atteint la cible. D’après eux, l’avion était intact. Ça nous a tous surpris. Notre supérieur leur a demandé de décrire l’ampleur des dégâts, ils ont répondu qu’il n’y en avait aucun. Genre, pas une égratignure. Il était juste posé au fond. Et, plus surprenant encore, la verrière était toujours en place. Ça veut dire que le cockpit était toujours scellé. En d’autres mots, le pilote ne s’était pas éjecté. Mais il était introuvable. On a remonté l’avion et l’armée a pris le relai. On n’en a plus jamais entendu parler.

J’ai aussi été témoin d’un phénomène étrange à la surface de l’eau, sur le chantier d’une démolition planifiée. Je me dois de préciser qu'une des façons de suivre la position d’un plongeur quand il est sous l’eau est de surveiller son chapelet de bulles. Quand un plongeur inspire, le régulateur d’oxygène à la demande de son scaphandre lui prodigue de l’air grâce à un tuyau. Et puis quand il expire, l’air est évacué dans l’eau et remonte à la surface. À la surface, on peut voir les bulles et ça indique grossièrement la position des plongeurs. Bref, pour cette mission, on était à des centaines de kilomètres de la côte avec deux plongeurs dans l’eau. Après environ une heure de plongée, on a commencé à remarquer un phénomène étrange. On pouvait distinctement voir 3 chapelets de bulles émaner de leur position. Au début on a cru que c’était à cause du courant. Mais après ça on a vu un quatrième chapelet arriver un peu plus loin. Il s’est arrêté à environ 6-7 mètres des plongeurs, juste à côté des autres mystérieuses bulles. On a demandé aux plongeurs, mais aucun des deux ne voyait quoi que ce soit qui sorte de l’ordinaire. Et tout d’un coup, même depuis la surface, on a entendu un hurlement à glacer le sang, qui venait des profondeurs. Puis plus rien. Les plongeurs n’étaient pas tellement inquiets, on entend des trucs étranges tout le temps. Le son se propage facilement sous l’eau, et on finit par systématiquement supposer que la source est en fait très loin. Mais peu de temps après, il nous a semblé voir l’eau se mettre à bouillir au loin, et ça se rapprochait. Sauf qu’elle ne bouillait pas vraiment, en fait. C’étaient d’innombrables chapelets de bulles qui avançaient dans la direction des plongeurs. Notre superviseur leur a ordonné de remonter au dernier palier de décompression pour qu’on puisse les sortir de l’eau. Les bulles étaient dangereusement proches à ce moment-là, et les plongeurs ont dit qu’en remontant ils avaient commencé à apercevoir des silhouettes sombres au loin. Mais ils n’ont pas pu bien voir ce que c’était. On a décidé unanimement de les remonter avant qu’ils ne puissent finir leur arrêt de décompression et on les a mis dans le caisson hyperbare.

Une autre fois, pendant une plongée pas loin des Bahamas, il m’est arrivé un truc flippant. C’était ma première mission de récupération avec eux, donc j’étais avec un plongeur très expérimenté. À à peine 60 mètres de profondeur, on était en train de chercher des points d’arrimage possibles sur une épave de bateau. En m’approchant de la proue du vaisseau, j’ai remarqué que mon collègue s’attardait sur une partie endommagée de la coque. Perdu dans sa concentration, il s’était enfoncé de quelques mètres à l’intérieur de l’épave. Je lui ai demandé plusieurs fois s’il voulait que je reste à l’entrée pour tendre son tuyau d’air (c’est fortement recommandé parce que c’est très dangereux de pénétrer dans un vaisseau coulé) ce à quoi il m’a répondu non. Il n’avait pas l’intention d’aller à l’intérieur. Il persistait à dire qu’il était juste à l’entrée de l’épave. J’ai compris qu’il était désorienté et j’ai tendu le bras pour l’attraper. Juste avant de le toucher, j’ai réalisé qu’aucune bulle ne sortait de son casque. Quoi ça puisse être, ça ne respirait pas. J’ai fait demi-tour et j’ai signalé qu’il y avait quelque chose d’autre avec nous au fond. Je m’attendais à ce qu’on se foute de moi, mais non. J’ai tout de suite entendu la voix de mon chef nous dire : « Les gars, allez vous mettre en position et préparez-vous à remonter ». Une fois à la surface je lui ai demandé ce qu’il s’était passé et il m’a répondu qu’il refusait de mettre ses plongeurs excessivement en danger. Il n’a pas voulu développer. On a refusé de terminer la récupération.

La plongée qui suit, je ne sais pas trop comment l’expliquer. J’étais au fond, couché sur le dos en train de regarder vers la surface. Tout ce que je voyais, c’étaient les nuances sombres de l’obscurité ambiante. Et tout d’un coup je suis revenu à moi. Je n’avais aucun souvenir de comment j’étais arrivé là. J’ai réalisé que je ne me souvenais pas d’être entré dans l’eau, ni même de pourquoi j’y étais. J’ai essayé de forcer mon corps à se redresser, mais je me suis rendu compte que je ne pouvais pas bouger. Je n’arrivais pas à contrôler mon corps. Je pouvais entendre les gars des comms en haut donner des instructions à l’autre plongeur pour me trouver. Depuis combien de temps j’étais là ? Depuis combien de temps j’étais porté disparu ? Il a dit aux mecs de la surface qu’ « Ils l’avaient attrapé ». J’ai essayé de crier, mais même ça je n’y arrivais pas. Après encore quelques minutes d’échanges paniqués entre le plongeur et l’équipe, j’ai aperçu une ombre se distinguer dans l’obscurité. Elle venait vers moi. « Les gars, je l’ai retrouvé. » Il m’a attrapé par mon harnais pour me remonter à notre palier de décompression. Pendant qu’il me tirait, j’ai pu jeter un coup d’œil rapide autour de moi. J’étais couché sur un tas d’ossements humains.

Un des trucs les plus étranges que j’ai pu voir s’est produit pendant une mission de récupération de corps. Je n’y aurais personnellement même pas cru si je ne m’étais pas trouvé moi-même dans l’eau à ce moment-là. L’armée avait trouvé un site où ils présumaient que les corps de plusieurs Marines disparus pendant la Seconde Guerre Mondiale pourraient être retrouvés. Moi et un autre plongeur sommes entrés dans l’eau avec des sacs mortuaires pour remonter les dépouilles. Au fond, on a effectivement trouvé trois squelettes. On les a mis dans les sacs et sommes retournés au palier de décompression. En chemin vers la surface, on a vu les sacs commencer à bouger. Au début très légèrement, et ensuite ils ont commencé à se secouer et à tourner sur eux-mêmes. Des bulles sont sorties de deux des sacs, et puis plus rien. Le troisième à continuer à se débattre. On a atteint la surface et on a tout de suite retiré notre équipement. On avait peur de toucher les sacs, mais un des membres de l’équipe a fini par ouvrir celui qui bougeait encore. Un vieil homme, squelettique, mais très vivant en est sorti en crachant de l’eau. On est restés figés, incapable de comprendre ce qu’on était en train de voir. Toujours sans la moindre idée de ce que j’étais en train de faire, j’ai couru ouvrir les deux autres sacs. Il y avait deux autres vieillards, inertes, dedans. Ils avaient l’air de s’être noyés. On a essayé de leur faire un massage cardiaque mais on n’a pas réussi à les réanimer. L’homme, celui qui, on se sait comment, était en vie, a commencé à s’écarter de nous à reculons. Il décrivait en hurlant les horreurs qu’il avait vues. Il parlait d’une éternité passée à brûler. On l’a enfermé dans une pièce et contacté l’armée pour leur dire qu’on avait trouvé un « survivant ». Dans l’heure qui a suivi, leur hélico était là pour récupérer les deux corps et le survivant. On avait remis les dépouilles dans leurs sacs, et on les leur a passés. Un officier s’est penché pour les inspecter, et a ouvert les sacs. En faisant ça, une puanteur insupportable nous a envahis. Les corps semblaient être en pleine décomposition, comme s’ils avaient macéré dans l’eau depuis une semaine. Il a zippé la fermeture éclair et les a fait monter dans l’hélico. Puis on l’a conduit au survivant. On pouvait l’entendre hurler depuis le bout du couloir. On a ouvert la porte, et les murs étaient couverts de sang. Il était vivant, et il hurlait toujours, mais il semblait être en train de se décomposer lui aussi. L’officier l’a calmement escorté jusqu’à l’hélico et ils sont tous les deux montés à bord. On n’a plus jamais entendu parler d’eux. Cependant, je suis quand même retourné inspecter la pièce. Avec son sang, il avait dessiné des hiéroglyphes sur les murs. Je ne suis toujours pas certain de ce que j’ai vu, mais quelques motifs semblaient se répéter. Des vagues, des flammes et des corps. Il y en avait un bon paquet sur les murs, mais pas longtemps après que je sois entré, notre supérieur a commencé à les récurer. Il a refusé qu’on s’attarde dessus plus longtemps.

J’ai entendu des rumeurs à propos des « Gardiens des Profondeurs ». Ça fait un bout de temps que je m’interroge à leur sujet. Je pense qu’ils sont liés à beaucoup de nos anecdotes. Dans notre équipe, leur mythe est rarement abordé dans les discussions. Mais voici ce que j’ai retenu au fil des années. Nous ne sommes pas supposés nous aventurer dans les profondeurs de l’océan. Et quand un plongeur perd la vie en mer, il ne la perd pas tout à fait. Il est condamné à écumer les océans pour l’éternité. Et quand il tombe sur des vivants, dans un élan de rage et de jalousie, il n’hésitera pas à les emporter avec lui dans les profondeurs.

Partie 2

17 commentaires:

  1. Salut ! Excusez-moi mais je n'ai pas trop compris le moment où son ami semble désorienté et entre dans l'épave. Celui qui ne respire plus, c'est le collègue du narrateur ?
    En tout cas, super creepy, j'ai adoré :)

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    1. Ce n'était enfaite pas son ami. Il l'a remarqué quand il s'est aperçu que son "compagnon" ne respirait pas.
      Ça devait sûrement être une créature qui a pris l'apparence de son ami pour attirer le plongeur dans l'obscurité de l'épave.

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  2. Jai l'impression de lire la version aquatique de SAR (qu'est ce que j'aime cette pasta!^^) j'ai hate de voir la suite :)

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  3. Pasta sympa à lire et comme dit Lepanda c'est la version aquatique de SAR :D Par contre, je ne sais pas si ça vous fait la même chose mais ce genre de format me fait un peu sortir de l'aspect "crédible" qu'une pasta doit avoir. Je m'explique : le plongeur enchaîne les expériences étranges et paranormales sans vraiment se poser de questions (perso si il m'arrivait une seule expérience comme ça je ne plongerai plus jamais mdr alors que le type est en mode "on s'en fout, la plongée c'est cool". Je pense que faire un format où les premières expériences sont juste des signes étranges pour finir sur une dernière anecdote vraiment glaçante serai plus efficace... Après ce n'est que mon avis perso mais ça reste une pasta bien écrite, agréable à lire et qui sort des sentiers battus, bravo à l'auteur !!!

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    1. Si je peux me permettre une hypothèse qui justifierait tout ça : d'une part, on ne parle ni dans SAR, ni ici d'une personne au cours de ses loisirs, mais bien d'un travail, il y a donc déjà l'aspect financier, pas envie de se retrouver au chômage, de changer de vie, etc.
      Et sinon, à côté de ça, c'était plus ou moins évoqué dans SAR, mais il y a en général deux types de réactions : fermer les yeux et continuer en évitant de réfléchir ou prendre la fuite et oublier toutes ces histoires. On peut facilement se dire que bien nombreux sont ceux concernés par la deuxième option, et aussi que certains se sont barrés pour moins que ça et que d'autres ont vu bien pire mais appartiennent à la première catégorie. Enfin bref, le tout, c'est de se rappeler qu'il n'est pas le seul témoin, mais que les autres se taisent.

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  4. Même remarque que "From The Box". C'était un problème que j'avais aussi eu avec SAR, mais ici il est bien plus flagrant (surtout l'expérience où il se retrouve sur des ossements, on dirait que ça ne l'as pas plus touché que ça). Sinon, ça reste crédible, et ça ne va pas me donner envie de faire de la plongée tout ça ^^'.

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  5. J'adore ce genre de pasta ou l'on ne sait pas ce qu'est la menace et ou ceux qui ont l'air d'en savoir quelque chose préfèrent se taire. Cette pasta me fait penser à celle de la secouriste avec les escaliers, vous savez bien de laquelle je parle, on pourrait même les lier et se dire que s'il y a des "gardiens de profondeurs", il pourrait aussi y avoir des "gardiens des profondeurs des forêts"?

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  6. Très heureux de voir une pasta similaire à SAR! Ce n'est que la partie 1 en plus. Avec la qualité de celle-ci, j'ai hâte de voir les suites!

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  7. Juste génial, impossible de ne pas comparé se text au SAR et je suis très content car s'était une très bonne série. Très impatient pour la suite :)

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  8. Cela me fait penser aux pastas "SAR" mais en version aquatique. J'aime bien ^^ . Des requins peut etre un jour ? :p

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  9. Simple questions, est ce que les "Gardiens des Profondeurs " serais les "escaliers"(SAR) de cette pasta? Voila je me posais juste la question^^

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  10. On a le pitch de la saison 4 de channel zero ^^
    sinon, j'aime bcp cette pasta

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  11. Super pasta, j’attends une suite (:

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  12. J'adore ! Moi qui ai la frousse de l'océan et en même temps une certaine inteigue (on peut tout imaginer quand on regarde sous ses pieds, dans l'eau), l'effet est garanti !

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  13. Gros coup de coeur depuis SAR effectivement,j'adore ce genre de pasta,et l'Océan à tellement de potentiel en histoires creepy ,rien qu'en histoires vraies il y a de quoi faire..car la réalité surpasse souvent la fiction..

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  14. SAR 2.0 cool j'ai bien aimé hate de voir la suite

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