Disclaimer

DISCLAIMER

Les contenus proposés sur ce site sont déconseillés aux personnes sensibles et aux mineurs de moins de 12 ans.
L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni n'infirme la véracité des témoignages et histoires présents sur ce blog. Pensez à consulter nos pages d'aide pour en apprendre plus, et à toujours vérifier les sources pour vous faire votre propre avis sur la question, ici comme ailleurs.

Script générateur de phrases

Dernières nouvelles

Vous l'avez remarqué, le site est à l'arrêt. Nous sommes toujours derrière, mais nous devons discuter de la suite et ne pouvons plus publier en attendant.

Petit rappel amical : les creepypastas ne sont pas nécessairement des fictions, elles peuvent aussi être partiellement ou entièrement tirées de faits réels, c'est ce flottement qui fait leur charme (même si c'est plus facile à deviner pour certaines, on sait). Merci donc de ne pas nous assimiler à un Wattpad de l'horreur.

Vous voulez trouver toutes nos plateformes, ou vous êtes curieux de savoir quels médias parlent de CFTC ? Tout est sur notre Linktree !

jeudi 15 janvier 2015

Le mordeur

[02/12/11]
Partage anonyme retrouvé sur un forum de discussion.
Aucun nom ne sera divulgué.

Je suis ce que l’on pourrait appeler un détective du web. Une chose est certaine sur internet : tout ce qui a pu y apparaître un jour, quelle que soit la manière, ne disparait jamais vraiment. Je fouille les méandres de la toile à la recherche de données enfouies dans ses tréfonds les plus inaccessibles pour y retrouver des images, des articles et des documents que l’on a voulu cacher aux yeux du grand public… pour une raison ou une autre. Lorsque je cherchais à hacker des données importantes sur le site JournalSentinelOnline.com, j'ai réussi à dégoter un fichier crypté, particulièrement bien protégé, comme si l'on cherchait à le cacher. J’ai réussi à contourner l’encodage des données, et j'y ai trouvé un article étrange, composé de témoignages et de photos, tous liés à une enquête non résolue sur ce qui semblerait être les attaques d’un individu ou un animal non identifié.

J'ai nommé cette chose le Mordeur. Vous comprendrez pourquoi plus bas.





Une photo qui m’a beaucoup aidé pendant mon enquête


La victime était une jeune fille de 16 ans, originaire d’Allemagne. Selon le rapport établi, elle serait sortie avec des amis avant de rentrer chez elle, seule, aux alentours de 19h00. Elle a témoigné avoir ressenti, durant son trajet, l’inquiétante sensation d’être observé, mais n’aurait vu personne. Un vent très froid soufflait ce soir-là, ce pourquoi elle s’est dépêchée de rentrer chez elle sans prêter attention à d’autres détails.

Le rapport était accompagné d’un extrait du journal intime de la victime, rédigé avant qu’elle ne se couche, dont je vais vous faire la lecture :




Extrait du journal de la victime datant du 06/12/09 :

«Cher journal,

Il est actuellement 23 heures, et je n’arrive pas à dormir. Le vent souffle contre les fenêtres, et les flocons tombent contre son rebord. Des grincements n’arrêtent pas de se faire entendre, ça en devient bizarre. Même si cette maison est vieille, elle n’a jamais fait autant de bruit.

Aujourd'hui, il a neigé, je ne m'étais pas préparée et j'avais les doigts engourdis à cause du froid. En rentrant, j'ai essayé de les réchauffer, mais impossible. Le sang peinait à y passer.

D’ailleurs, il fait aussi atrocement froid, je pense que la chaudière est cassée, et mes parents rentrent tard ce soir. J’ai de plus en plus peur. J’ai aussi l’impression d’être constamment observée, d’entendre des chuchotements lorsque je me déplace. Quoi qu’il en soit, j’ai pris une petite dose de somnifère, je vais bientôt m’endormir.

Je n’ai plus qu’à te souhaiter bonne nuit, et à demain ! »


Quand ses parents sont allés la réveiller le lendemain matin, ils l’ont trouvée en proie à une forte fièvre et 4 de ses doigts avaient été sectionnés à la jointure. Ce qui est étrange, c’est que les sections affichaient visiblement des marques de dents, indiquant que les membres n’avaient pas été coupés, mais arrachés. Plus étrange encore, aucune trace de sang n’a été trouvée dans la chambre et l’extrémité des plaies, après confirmation de l’analyse, était gelée. Les doigts manquants de la victime n'ont pas été retrouvés, et la victime se plaignait d’avoir très froid, alors que les personnes présentes sur les lieux ont toutes témoigné que la température de la maison était confortable.


Voilà donc comment ce croque-mitaine se manifeste : par une suite de circonstances bien précises. Je vais vous les énumérer pour que vous puissiez lui échapper :

-Surtout, lors de périodes de grands froids, restez à tout prix couvert. Il semblerait que lorsqu'il prend quelqu'un en chasse, cette personne ressentirait cette sensation de froid jusqu'à son passage à l'acte. Le monstre semble se nourrir de ses membres gelés.

-S’il est déjà trop tard, voici une manière de le repérer : si vous êtes chez vous, la température va se faire de plus en plus froide, le vent se fera fort, et si vous vous concentrez sur les bruits qui vous entourent, vous pourrez entendre de très faibles chuchotements et des bruits de pas. Il ne se manifeste que la nuit.

-Bien que n’ayant aucune apparence à proprement parler, il peut être capté entre autres par un appareil photo, ou un détecteur de mouvements. Sur les photographies, vous devriez voir une masse noire à peine discernable. Si vous la voyez, sortez le plus vite de votre maison.

-Il ne peut agir que lorsque vous dormez. Si vous vous savez pris en chasse, ne lui laissez jamais l'occasion de vous nuire. Privez-vous de sommeil autant de temps que nécessaire.





Séance d’interrogatoire d’un enfant de 6 ans, victime du Mordeur :

«-Bien, donc tu t’appelles comment, petit ? Tu as quel âge ?

-Je m’appelle *******, j'ai 6 ans.
(Note : le responsable de l’interrogatoire tente d’« amadouer » l’enfant pour mieux le connaître ; lui, et sa situation familiale)

-Très bien, alors, peux-tu m’expliquer ce qui s’est passé avant de t’être endormi ?

-On a mangé de la soupe. Papa et Maman parlaient de "choses d’adultes", comme ils disent.

-D’accord, tu as fait quoi, avant de te coucher ?

-Maman m’a lu une histoire, et j’ai essayé de dormir. Mais je n’ai pas réussi.

-Qu’as-tu vu ou entendu pendant ce temps ?

-J’ai vu un loup. Il montrait ses dents, de la bave coulait, et il avait les yeux rouges. Je suis allé voir ma mère pour la prévenir … Elle m’a dit que c’était mon imagination. Mais il était toujours à côté de mon lit, à me regarder… (L’enfant se met à pleurer en regardant ses moignons de doigts.) »

La police municipale a écarté cette hypothèse, qui était sans doute le fruit de l'imagination de l'enfant, et a accusé le chien de la famille. Ce dernier a donc été piqué cinq jours plus tard.

Les enfants peuvent sûrement apercevoir le monstre, qui doit être représenté sous la forme d'une chose effrayante à leurs yeux. Caractéristique du Mordeur, ou fruit de l'imagination fertile du jeune âge ?

À noter que c’est le premier témoignage récent où le Mordeur est aperçu sous l’une de ses nombreuses formes physiques. Car oui, nos ancêtres avaient déjà de nombreuses légendes à son sujet.




Extrait du livre « Les monstres dans l’imaginaire collectif au fil du siècle » :

Dans les régions de grands froids, les parents contaient des légendes aux enfants irrespectueux. L’une d’elles décrivait l’histoire d’un croque-mitaine dévorant les parties du corps les plus exposées aux gelures. 

 


Lettre envoyée par un poilu de la guerre 14-18 à sa femme, contenant une supposée attaque du Mordeur sur l’un de ses camarades :

« Chère Juliette,
Ici le temps se fait de plus en plus long. Les vivres commencent à manquer, et le froid se fait de plus en plus mordant. […] François est resté deux heures à agoniser dans le froid, sans écharpe, ni gants. Nous avons réussi à le sauver. Nous sommes arrivés à temps et nous l’avons amené à l’infirmerie. Malheureusement, le lendemain matin, nous l’avons retrouvé la gorge tranchée, oreilles arrachées. Ses plaies étaient froides comme la neige et aucune goutte de sang n'avait coulé. Nous ne connaissons pas encore le meurtrier. [...]»

Le Mordeur peut mutiler les corps, mais n'hésite pas à trancher les gorges exposées. Son degré de dangerosité en devient par conséquent encore plus élevé.






Retranscription d'une courte vidéo, prise dans des circonstances restant à déterminer :


La vidéo met en scène un officier de police, assis aux côtés d'un corps dans une morgue. Le policier en cause est aujourd'hui interné pour démence. Il semble avoir un monologue avec le cadavre, qui appartient à une adolescente dont les doigts ont été arrachés lorsqu’elle dormait. Elle se serait enfuie quelques secondes après l’agression avant de se réfugier dans une forêt non loin de chez elle. Elle y serait morte d'hypothermie.

« Je sais que ce n’était pas cet homme… Je le sais, moi aussi je l’avais vu, avant. Tu t’es enfuie, mais il t’a rattrapée… Le froid t’a rattrapée.

Tu dormais, sereinement, et il s’est approché de toi, tapi dans l’obscurité… Il est monté sur ton lit, doucement, il a posé ses mains froides sur ton corps, il a approché ses dents de tes doigts… Il les a tenus fermement… Et il a forcé la pression… Tu as eu envie de boire, c'est ce qui t'a réveillée, et tu as senti qu’on te broyait les membres.

Et là, tu l’as vu, sur toi, tu as vu son corps sombre, qui appuyait de tout son poids sur toi, tu as vu son visage terne, ses yeux exorbités, ses dents qui se démarquaient de son visage obscur. Il est resté posé sur toi dix minutes, et pendant dix putain de minutes, il a dévoré tes doigts un à un, se délectant même des os, une sensation d'engourdissement te paralysait la main. Tu pleurais, priant que cela s'arrête … mais sa main … sa main, posée sur ta bouche t’empêchait de crier, tu sentais son odeur putride … Et quand il est parti … Tu t’es enfuie … Et tu as couru te réfugier dans la forêt … Il n’en finira jamais …»

(Le policier regarde sa main mutilée.)

L'officier en charge de l'affaire semble avoir déjà était victime du Mordeur. Peut-être même était-ce l'enfant du précédent interrogatoire ? Ceci me fait penser que cette entité perd son invisibilité lorsqu'elle se nourrit. C'est en ces rares occasions que nous pouvons voir sa vraie forme.

 


C'est avec ce dernier document que se conclut mon enquête
pour l'instant, mais je continue à la compléter avec de nouveaux faits et documents. Écoutez mes conseils, cela vous permettra d'éviter bien des soucis.



mardi 13 janvier 2015

Peter Pan

J'ai toujours adoré les contes, «Blanche neige», «Le Petit Chaperon Rouge»... 
Et même maintenant je continue de les lire encore et encore, les histoires je les connais par cœur, à tel point que je serais capable de reconnaître la moindre référence à ces contes dans les films, les livres, et … les faits-divers .

Vous seriez surpris du nombre de faits-divers qui peuvent rappeler une de ces histoires, je me suis amusé à les collectionner. Ça peut aller du truc complètement con, l'histoire d'un type qui a réveillé sa copine dans le coma après l'avoir embrassée, aux choses les plus morbides qui soient, comme ce chasseur qui, pris d'une crise de folie, a tiré à plusieurs reprises sur une petite fille avec son fusil de chasse avant de l'attacher à un arbre, dans un regain de lucidité ou de panique totale, pour la donner à manger au loup qui rôdait dans les parages pour faire disparaître son crime.

De tous ces faits-divers peu connus, un a retenu mon attention plus que les autres, une série de crimes irrésolus qui m'ont poussé à enquêter de mon côté malgré les menaces de la police.

Le meurtrier est un fou que j'ai surnommé «Peter Pan».
Vous connaissez tous Peter Pan je suppose, ce jeune garçon égocentrique venu du Pays Imaginaire, «Neverland» pour les anglophones , et qui refuse catégoriquement de grandir. Il refuse de grandir, oui, mais empêche aussi tous les enfants de «Neverland» de grandir, et le plus souvent il les en empêche en les tuant car «grandir est contraire au règlement». 

Le jeune Peter a tendance aussi à oublier beaucoup de choses, ses anciens amis, ses ennemis. C'est un jeune homme qu'on dit sans cœur, sans compassion, un sociopathe en quelque sorte. Tout comme notre assassin.

Si cette affaire m'a interpellé, et que j'ai nommé notre assassin «Peter Pan» c'est bien parce qu'elle fait écho au conte (roman) de J.M BARRIE, sur de nombreux éléments. 

Tout commence en 1997 dans un petit village de Bretagne, une petite fille du nom de Marie, seulement âgée de 4 ans, disparaît durant 3 jours et 3 nuits avant d'être découverte endormie sur un banc, à moitié dévêtue avec le message «je reviendrai te chercher» sous son haut.
À son réveil la petite fille n'a plus aucun souvenir de ce qui s'est passé durant ces 3 jours et les médecins préconisent de ne plus parler de tout ça à l'enfant pour éviter tout choc psychologique possible.

L'enquête ne donne rien. Il faut attendre 2 mois pour que se produisent 4 nouveaux enlèvements dans les régions du Nord-pas-de-Calais et de la Bretagne, un seul des jeunes enfants sera retrouvé, et de la même manière que la jeune Marie, dénudé et endormi avec le même message glissé sous le t-shirt. Pour tous les enfants qui seront retrouvés, les médecins préconiseront de ne plus leur parler de tout ça.

Entre 1997 et 2003 ce seront 15 enfants âgés de 4 à 8 ans qui disparaîtront sans laisser de traces, 5 seront retrouvés dans les jours à venir, les 10 autres réapparaîtront... en 2013.

Ces 10 auront eu moins de chance que les autres car, alors que l’enquête repartait suite à un mystérieux appel anonyme, la police a découvert dans une forêt leurs corps entassés dans une fosse commune. Grâce à un soin particulier apporté aux cadavres, ces derniers étaient conservés dans le même état que lors du jour de leur mort, habillés et coiffés de la même manière que lorsqu'ils avaient été enlevés il y a pour certains 16 ans de cela.

Les autopsies ont révélé qu'ils avaient été assassinés lorsqu'ils avaient atteint l'âge de 18 ans, la plupart auraient reçu de nombreux coups de couteau à l'abdomen ou auraient été égorgés, un a même été retrouvé avec un yo-yo enroulé autour du cou et serait ainsi mort par strangulation.
Les autopsies ont aussi révélé que les enfants avaient été drogués durant toute leur captivité sans doute pour les garder docile.

Non loin de la fosse les policiers ont découvert une vieille scierie abandonnée, à l’intérieur de laquelle s'entassaient des tonnes de jouets en tous genres, des bocaux avec des friandises, ainsi que les squelettes de 2 personnes adultes semble-t-il, oubliés dans un coin vu leurs dispositions, ainsi que le corps d'un chien.

Toute cette affaire m'a donc fait penser à Peter Pan, les enfants qui s'amusent dans un monde imaginaire après avoir été «enlevés» , la mise à mort des enfants alors qu'ils ont atteint l'âge adulte...

Mais ce qui me taraude le plus est de connaître l'apparence physique du meurtrier, à quoi peut-il bien ressembler ? Je ne peux me l'imaginer qu'avec un visage juvénile et avec les mêmes habits que la représentation habituelle de Peter Pan. J'ai alors mené mon enquête recherchant des témoignages pouvant m'aider à me faire une idée de ce à quoi il ressemblait. Mais malheureusement à part ceux de 3 familles, je n'ai trouvé  aucun témoignage, les enlèvements se faisaient principalement la nuit à l’intérieur même du domicile des victimes, et personne ne voyait rien, n'entendait rien, j'en venais même à penser que nous avions vraiment affaire à ce cher Peter.

Voici les témoignages des 3 familles, qui sont relativement troublants.

«… Nous avions couché Sébastien à environ 22h, puis avec mon mari nous sommes retournés au salon voir la fin du film. Quelques minutes après mon mari a entendu un bruit venant de la chambre de notre fils, la fenêtre s'était ouverte, il l'a refermée et est revenu. 20 minutes plus tard j'ai entendu comme un léger sifflement, si léger et court que j'ai d'abord pensé à un acouphène. Puis il y a eu un second sifflement plus fort cette fois-ci, instinctivement mon mari et moi nous sommes regardés interloqués, ça venait bien de la chambre de notre fils.[...] Nous sommes allés voir, il avait disparu...[...] on habite au 5e étage d'un immeuble.» Famille du jeune Sébastien enlevé en Mars 2000

Ces deux derniers nous en disent plus sur l’identité du coupable...

«… Elle s'est réveillée dans la nuit, après avoir senti un «léger souffle frais» sur sa nuque. Elle a ensuite entendu un léger sifflement et s'est retournée vers la fenêtre, elle était grand ouverte. Elle a allumé sa petite lampe de poche et s'est approchée pour fermer la fenêtre. C'est alors qu'elle a soudainement vu la tête d'un jeune garçon étrangement blanc lui souriant de toutes ses dents, les yeux exorbités. Elle s'est mise à crier et s'est cachée sous ses draps. Les cris nous ont alertés, quand elle m'a tout raconté je me suis tout simplement dit qu'elle avait rêvé … Mais un jour plus tard elle avait disparu … » Famille d'une fillette de 8 ans enlevée en Juin 2003

Et enfin...

«… Il a commencé à nous parler de son «ami imaginaire» 2 jours avant sa disparition, il nous disait qu'il venait la nuit sans faire de bruit et qu'il se glissait dans la chambre pour réveiller notre fils. Il faisait grincer les planches du parquet, une fois réveillé il nous disait qu'ils discutaient en silence puis l'étrange garçon lui a demandé au bout d'un moment de venir avec lui mais il ne voulait pas alors il a disparu en faisant des bruits étranges. Notre fils l'a même dessiné, sur les dessins on voit un homme habillé en vert saluer avec la main, les yeux ronds, un sourire jusqu'aux oreilles, sur un autre dessin on voit l'homme tenant par la main une petite fille …»

Voilà, c'est tout ce que je sais sur cette affaire pour le moins étrange, qui, depuis presque 2 ans, n'a plus aucune nouvelle disparition ou réapparition morbide à son actif. J'ai essayé de contacter les enfants qui étaient revenus vivants de tout ça mais je n'ai toujours pas de réponse, est-il venu les rechercher ? J'espère que vous ne faites pas partie de ces survivants car depuis le temps vous avez sans doute oublié et vous ne vous méfierez pas du moindre bruit dans votre maison... espérons qu'il soit vraiment comme Peter et qu'il oublie ses anciens amis.  


dimanche 11 janvier 2015

Précognition

Mon fils est âgé de onze mois et il a récemment commencé à parler. Il peut dire une vingtaine de mots, et il pointe régulièrement des objets du doigt en disant leurs noms. Parfois, il dit un mot comme "chat", et nous pensons d'abord qu'il invente, mais en y regardant de plus près, il a toujours juste.


L'autre jour, j'étais seule avec lui à la maison, et il s'est soudainement arrêté de jouer. Il a pointé du doigt l'espace vide derrière moi, et il a dit de façon très claire : "homme".


Traduction: RedRaven

Texte original

samedi 10 janvier 2015

Pilote automatique

Avez-vous déjà oublié votre téléphone ?
Quand avez-vous réalisé que vous l'aviez oublié? J'imagine que vous vous êtes juste tapé le front et avez dit "bordel" sans aucune raison. Vous n'en avez sûrement pas pris conscience de façon spontanée. Plus exactement, vous essayez de prendre votre téléphone, fouillant dans votre poche ou votre sac, et êtes momentanément confus parce qu'il n'est pas là. Et ensuite vous refaites mentalement le cours des événements de la matinée.

"Merde."

Dans mon cas, l'alarme de mon téléphone m'a réveillé comme d'habitude mais je me suis rendu compte que la batterie était plus basse que je le pensais. C'était un nouveau téléphone et il avait cette habitude ennuyeuse de laisser des applications tourner et pomper la batterie durant la nuit.
Donc, je l'ai mis en charge pendant que je me douchais au lieu de le mettre dans mon sac comme d'habitude. J'échappais momentanément à la routine, mais c'était tout. Une fois sous la douche, mon cerveau est revenu à la "routine" qu'il suit tous les matins, et tout allait bien.

Oublié.

Ce n'était pas juste moi qui devenais maladroit, comme je me le suis demandé plus tard. C'est comme ça que le cerveau fonctionne. Votre cerveau ne marche pas seulement sur un seul niveau, il fonctionne sur plusieurs plans. Comme quand on marche pour aller quelque part, on pense à notre destination et à éviter les obstacles, mais on n'a pas besoin de penser à ce que nos jambes continuent de bien marcher.
Je ne pense pas à maîtriser mon souffle, je me demande plutôt si je vais prendre un café pour aller au boulot (je l'ai fait). Je ne pensais pas à mon petit déjeuner qui se baladait dans mes intestins, je me demandais si j'arriverais à finir à l'heure pour pouvoir aller chercher ma fille Emily à la garderie après le boulot ou si j'allais rester coincé au boulot et avoir à payer encore une pénalité de retard.

C'est ça le truc ; il y a un niveau de votre cerveau qui marche avec la routine, comme ça le reste du cerveau peut penser à d'autres choses. Pensez-y. Pensez à votre dernier trajet. De quoi vous rappelez-vous vraiment ? Peu, s'il en reste quelque chose, n'est ce pas.
La plupart des journées banales se troublent en une seule, et se rappeler d'une journée quelconque en particulier est scientifiquement prouvé comme difficile.
Faites quelque chose assez souvent et ça devient la routine. Continuez de le faire et ça arrête d'être filtré par la partie pensante du cerveau, c'est recalé à celle dédiée à la routine. Votre cerveau continue de le faire, sans que vous y pensiez. Bientôt, vous ne penserez pas plus à votre trajet jusqu'au boulot qu'à s'occuper de ce que vos jambes continuent de bouger quand vous marchez.

La plupart des gens appellent ça le pilotage automatique. Mais il y a un danger par rapport à ça. Si vous mettez fin à la routine, votre capacité à vous rappeler et à expliquer la rupture sera aussi bonne que votre capacité à faire en sorte que votre cerveau ne passe plus en mode routine.
Ma capacité à me rappeler que mon téléphone était sur le comptoir est aussi fiable que ma capacité à faire en sorte que mon cerveau ne rentre pas en mode "routine du matin" qui impose que mon téléphone soit dans mon sac. Mais je n'ai pas fait en sorte que mon cerveau n'entre pas dans son mode routine. J'ai pris une douche, comme d'habitude. La routine a commencé. Sauf que je l'ai oublié.

-Pilotage automatique enclenché.

Mon cerveau était de retour à la routine. Je me suis douché, rasé, la météo annonçait un temps super, j'ai donné à Emily son déjeuner et je l'ai mise dans la voiture (elle était tellement adorable ce matin, elle se plaignait du "méchant soleil" qui l'aveuglait, et l'empêchait de faire une petite sieste sur la route de la garderie) et je suis parti. C'était la routine. Ça n'avait pas d'importance que mon téléphone soit sur le comptoir, en train de charger silencieusement. Mon cerveau était en mode routine, et dans la routine, mon téléphone était dans mon sac. C'est pour ça que j'ai oublié mon téléphone. Pas par maladresse. Pas par négligence. Rien de plus que mon cerveau qui entrait en mode routine et passait outre les exceptions.

-Pilotage automatique enclenché.

Je suis parti au travail. C'était déjà une journée chaude et étouffante. Le méchant soleil me brûlait depuis que ce traître de téléphone absent m'avait réveillé. Le volant était brûlant à toucher lorsque je me suis assis. J'ai eu l'impression d'avoir entendu Emily décaler son fauteuil derrière le siège conducteur pour échapper à la lumière aveuglante. Mais je devais travailler. Envoyer le rapport. Assister à la réunion du matin. Ce n'est qu'au moment de ma pause café que j'ai essayé d'attraper mon portable, et que l'illusion a pris fin.
J'ai refait ma matinée mentalement. Je me suis rappelé la batterie faible. Je me suis rappelé l'avoir mis en charge. Je me suis rappelé l'avoir laissé là.
Mon téléphone était sur le comptoir.

-Fin du pilotage automatique.

À nouveau, c'est là qu'est le danger. Avant que vous n'ayez ce moment, le moment où vous cherchez votre téléphone et que l'illusion se dissipe, cette partie du cerveau est toujours en mode routine. Il n'a aucune raison de questionner ces faits de routine ; c'est pour ça que c'est la routine. Ce n'est pas comme si quelqu'un pouvait dire "Pourquoi tu ne t'es pas rappelé de ton téléphone? Ça ne t'a pas traversé l'esprit ? Comment as tu pu oublier? Tu dois être négligent"; mais c'est pas ça l'important. Mon cerveau me disait que tout était normal, malgré le fait que ça ne l'était pas. C'était pas parce que j'avais oublié mon téléphone. D'après mon cerveau, d'après la routine, mon téléphone était dans mon sac. Pourquoi je penserais à questionner ça ? Pourquoi je vérifierais ? Pourquoi je me rappellerais tout à coup, comme ça, que mon téléphone est sur le comptoir? Mon cerveau était en mode routine et la routine était que mon téléphone soit dans mon sac.
La journée s'est poursuivie. La brume du matin a laissé place à la chaleur persistante de l'après-midi. Le macadam faisait des bulles. La chaleur menaçait même de fissurer le sol. Les gens avaient remplacé leurs cafés pour des smoothies glacés. Les vestes étaient jetées, les manches retroussées, les cravates desserrées, les sourcils en sueur. Le parc se remplissait doucement de promeneurs et de barbecues. Les cadres des fenêtres menaçaient de se déformer. Le mercure continuait de monter. Heureusement que le bureau avait l'air conditionné...
Mais, comme toujours, la fournaise de l'après-midi a laissé place à la fraîcheur de la soirée. Une journée banale de plus. Je me maudissais toujours pour avoir oublié mon téléphone. Je conduisais pour rentrer. La chaleur de la journée avait aussi chauffé l'intérieur de la voiture, relâchant une horrible odeur venue de nulle part. Lorsque je suis arrivé dans l'allée, les graviers ont craqué confortablement sous mes pneus, ma femme m'a salué à la porte.

"Où est Emily ?"



Merde.


Comme si le téléphone n'était pas suffisant. Avec ça, j'avais laissé Emily à cette putain de garderie. Je me suis directement dirigé vers celle-ci. Je suis allé à la porte et j'ai commencé à m’inventer des excuses, me demandant vainement si je pourrais séduire les gérants pour éviter les pénalités de retard. Et puis j'ai vu un morceau de papier collé à la porte.
"En raison du vandalisme de la nuit dernière, veuillez utiliser l'autre accès. Aujourd'hui seulement."

Cette nuit ? Quoi ? La porte était bien ce mati-.

Je ne bougeais plus. Mes jambes tremblaient.
Des voyous. Un changement dans la routine.
Mon téléphone était sur le comptoir.
Je ne suis pas venu ici ce matin.
Mon téléphone était sur le comptoir.
Je suis revenu parce que je buvais mon café. Je n'ai pas déposé Emily.
Mon téléphone était sur le comptoir.
Elle a bougé son siège. Je ne l'ai pas vue dans le miroir.
Mon téléphone était sur le comptoir.
Elle a dû s'endormir à cause du méchant soleil. Elle n'a rien dit quand je suis passé devant la garderie.
Mon téléphone était sur le comptoir.
Elle a changé la routine.
Mon téléphone était sur le comptoir.
Elle a changé la routine et j'ai oublié de l'en sortir.
Mon téléphone était sur le comptoir.

Neuf heures. Cette voiture. Ce soleil brûlant. Pas d'air. Pas d'eau. Pas de pouvoir. Pas d'aide. Cette chaleur. Un volant trop chaud pour le toucher.


Cette odeur.


J'ai ouvert la porte de la voiture.



-Fin du pilotage automatique.




Traduction: Meowski


jeudi 8 janvier 2015

The tree man

Dans les années 1700, une légende en Angleterre commença à se propager très rapidement.
La légende relatait une histoire, qui par bien des points se rapprochait du « Croque-Mitaine », cet être censé devoir contraindre les enfants à rester bien sages.
Eh bien, c'est d'ailleurs comme cela que « ça » a commencé.

La légende voulait que si vous vous rendiez près des bois d'un petit village, et ce en pleine nuit, « Tree Man » vous capturait.
Il était dit de « Tree Man » qu'il était de stature grande et mince, possédant des yeux rougeoyants ainsi que des bras et des jambes semblables aux branches d'un arbre. C'est ainsi, selon les parents des enfants désobéissants, qu'il parvenait à vous tromper.
Évidemment, certains enfants décidèrent qu'il serait amusant de s'assurer d'eux-mêmes de la véracité de cette histoire.

Jamais plus on ne revit les enfants. Une année plus tard, les ossements de trois enfants furent retrouvés. Les restes suggéraient qu'ils étaient âgés de 15 ans environ. Les os avaient été blanchis, et nettoyés des restants de peau et de tendons. Les spécialistes ne purent s'exprimer sur les circonstances de cette tragédie au vu des dommages importants causés aux os.

Après cette découverte, les parents des disparus présentèrent des signes de folie. Une des mères tenta même d'assassiner son époux. Elle échoua avant de se donner la mort.
Les pères quant à eux furent retrouvés pendus un peu plus tard dans la forêt, se balançant au bout de vignes mortes. On retrouva un message de l'un des pères laissé avant de commettre l'acte. On pouvait y lire :

« Je ne peux plus trouver le sommeil.
Je ne peux plus ni manger ni vivre.
Chaque fois que je ferme les yeux, je vois son visage.
Tout est de la faute de cette chose horrible. »

En 1902, un groupe d'écoliers commença à agir étrangement. Ils se frappaient les uns les autres, injuriaient les professeurs, et dessinaient des choses dérangeantes. Ce fut de loin le comportement le plus troublant.
Ces dessins représentaient un enfant aux côtés de ce qui semblait être un vieil arbre pourrissant et qui prenait l'apparence d'un homme.
Il paraissait mesurer au moins 4 mètres de hauteur et posséder de longues branches pour seuls membres.
Deux semaines passèrent et tous les enfants disparurent mystérieusement. Tous les parents affirmèrent que leurs enfants ne s'arrêtaient pas de parler et de dessiner une personne qu'ils appelaient « Tree Man ».
Les parents, après la disparition de leurs enfants, furent placés en centre psychiatrique.

Des années plus tard, en 2005, un enfant fut porté disparu dans les bois. Il fut trouvé trois semaines plus tard.
La faim l'avait aminci mais il était pâle et pleurait. À ses côtés, à l'aide de brindilles et de branches, il avait représenté 10 symboles. Un officier de police lui demanda comment il s'y était pris pour les produire.
L'enfant leva seulement les yeux vers l'officier et dit :

« Lui. »

Trois semaines après cela, l'enfant disparut une nouvelle fois, cette fois-ci pour de bon. Sa mère fut retrouvée en position fœtale, pleurant à chaudes larmes. À ses côtés se trouvait un morceau de papier, sur lequel des brindilles étaient disposées de telle sorte qu'elles formaient des symboles représentant un langage inconnu.

Encore aujourd'hui, il n'existe que de minces informations sur les attaques.
Elles ne se produiraient que dans les parties des bois où les arbres sont morts et pourrissants ou lorsque vous vous endormez dans les bois, incapable d'apercevoir les arbres.



Traduction: Onizuka-San

Texte original

La parenté avec un certain grand dadais est évidente. Si ça ne vous saute pas aux yeux, allez vous cultiver !

mardi 6 janvier 2015

Frayeurs nocturnes

Tu as déjà ressenti la peur d'aller te coucher, le soir. Tu sais, lorsque tu viens de regarder un film d'horreur, ou de lire une histoire effrayante.


Il est tard, tu viens d'éteindre ton ordinateur. Tu es perturbé par l'histoire que tu viens de lire. Tu ne peux pas t'empêcher de penser à sa fin. Se peut-il que de tels événements puissent se produire dans la vie réelle ?
Non, bien sûr que non.
Tout n'est que fiction. Tu sais que ce récit est de la pure invention, que ses protagonistes n'ont jamais existé, que jamais personne n'a vécu une telle aventure.


Et si un jour cela t'arrivait ?
Tu ne peux t'empêcher de penser à cela. Comment réagirais-tu si tu vivais un tel cauchemar ? Tu serais sûrement mort de peur, te dis-tu. Certes. Mais quand ? Quand cela se produirait-il ? C'est bien ça, le problème. Cela pourrait t'arriver n'importe quand. Dans quelques années, quelques mois, et même dans les instants qui suivent.


Tu ne peux t'empêcher de frémir à cette idée. Est-ce qu'en ce moment même des créatures t'observent ? Peut-être celles du récit que tu viens de lire ? Attendent-elles patiemment que tu ailles te coucher pour t'attaquer ? Elles pourraient te blesser. Elles pourraient te faire du mal. Te surprendre, aussi. Tu crois que si cela se produisait, tu mourrais de frayeur.


Tu crois sentir un courant d'air froid. Quelqu'un serait-il derrière toi ? Non, ta porte est fermée. Personne n'a pu rentrer. Personne d'humain, en tout cas.
Tu es debout, au milieu de ta chambre. Tu penses avoir aperçu quelque chose du coin de l'œil. As-tu halluciné ?


À présent, tu as peur. Très peur même. Tu te sens oppressé, observé, terrifié. Tu hésites à faire quelques pas ; tu veux te mettre en pyjama, mais le trajet de ta position à ta garde-robe te parait affreusement long. Une horrible créature risquerait d'apparaître au son de tes pieds frôlant le plancher.


Les minutes passent, la lumière éclaire faiblement ta chambre qui te parait extrêmement inquiétante. Tu tentes de te remettre les idées en place, mais tu es beaucoup trop bouleversé. Tu crois entendre de légers bruits, peut-être un frottement ou un craquement. Viendraient-ils du monstre ? Peut-être qu'il approche. Peut-être qu'il vient pour toi.


Tu tends l'oreille. Aucun doute, tu as entendu du bruit. Tu es figé, horrifié à l'idée qu'une créature maléfique puisse surgir afin de te faire du mal. Peut-être se cache-t-elle sous ton lit ? Cela te parait être une bonne cachette pour un monstre. Tu es fatigué, tu veux dormir, mais à cause de tes pensées perturbantes tu refuses d'aller dans ton lit. Tu es presque désespéré à l'idée que tu vas devoir t'en approcher pour y passer la nuit.


Tu as envie de pleurer. Comment être sûr que tu ne risques rien ?
Allons, ressaisis-toi. S'il y avait une créature dans ta chambre, ne crois-tu pas qu'elle aurait déjà tenté de t'attaquer ? Oublie tes idées irréalistes, tu es dans le monde réel, pas dans celui de la fiction. Les créatures maléfiques n'existent pas, c'est ce qu'il faut que tu te dises.


Tu reprends courage, tu souffles un bon coup, tu t'approches de ta garde-robe afin d'en sortir un pyjama, et tu te changes. Tu es anxieux mais tu as moins peur. Tu t'approches ensuite de ton lit, en faisant malgré tout attention à ne pas passer trop près du bord, tu tires les couvertures, et tu te blottis dedans. Tu jettes un dernier coup d'œil dans ta chambre pour te rassurer qu'il n'y ait rien d'anormal, puis tu éteins la lumière.


C'est bien, tu as réussi à te convaincre qu'il n'y avait aucun monstre sous ton lit. Mais n'as-tu donc pas fait attention aux yeux qui te scrutaient dans ta garde-robe ?

Un classique très classique. Pour répondre à un commentaire sur une pasta précédente, on ne frappe pas fort dès le début de l'année, on se réserve pour plus tard, muarf muarf muarf.

vendredi 2 janvier 2015

11 yatsuki

13 Yatsuki 1938 : Écritures personnelles du chef de police de la province d’Akita, Shiro Ishii.


C’est moi qui devais donner l’ordre de tirer... Suite à la perquisition de la maison de Sadako Sasaki, nous avons retrouvé ces pages, et l’horreur qu’elles contenaient. Je les glisse donc dans le dossier, pour que vous puissiez vous faire une idée de ce qu’elle a fait.




« 11 Yatsuki...


J’écris ces pages le 12 Yatsuki, pour raconter le cauchemar que j’ai fait la nuit dernière... Nous sommes actuellement en 1938, et mon mari est allé combattre les Chinois pour l’Empereur.


Je rentrais d’une longue journée de travail dans les rizières. Je mangeais une portion de riz, car ma paye ne me permettait pas de manger de la viande. N’ayant rien à faire, et devant me réveiller tôt pour aller travailler, je me suis glissée sur mon matelas et me suis endormie.


J'ai fait un rêve... Non, un cauchemar. J’étais devant un miroir, mais ce n’était pas mon reflet dedans. Non, ce n’était absolument pas mon reflet... C'était une femme en yukata, qui était extrêmement maigre, avec des veines proéminentes sur ses mains crasseuses, et des doigts osseux. Elle avait de longs cheveux hirsutes, noirs et gras, tombant sur son visage. Je ne pouvais donc pas l’identifier. Un de ses yeux, révulsé, d’un blanc laiteux, pouvait être discerné dans sa chevelure. Mais alors, j'ai vu son cou... Long d’au moins deux mètres, sinueux et noueux. Il se déplaçait en émettant un bruit de craquement d’os.


Elle a alors ri d’une voix inhumaine, réverbérée. Elle était comme satisfaite de son apparence. Elle est sortie de la salle sombre, qui me rappelait quelque chose... Elle est alors sortie, passant les ponts, se faufilant entre des bambous tout en sortant du chemin. Et là j'ai compris. Elle était dans ma province.

Elle allait dans les allées rapidement, balançant sa tête avec des va-et-vient, toujours avec cet horrible bruit d’os s’entrechoquant. Elle marchait rapidement, en boitant, et murmurait doucement, en disant des choses incompréhensibles de son horrible voix. Elle s’est arrêtée devant une maison. Je regardais avec effroi la bâtisse à moitié sur pilotis.


C’était la villa de l'humble famille Sagawa. Ils avaient un enfant de cinq ans. Cela peut paraître bizarre, mais même si c’était un rêve, je demandais à Bouddha (que j’avais renié depuis longtemps) qu’il ne lui arrive rien.


Son long cou s’est étiré, pour regarder à travers un rideau de bambou. Il y avait Issei, et sa femme Anyu, paisibles, des bougies allumées autour d’eux. La créature a ri.


Le couple, surpris, a rapidement tourné la tête vers ma direction... Enfin, celle du monstre. Cet instant a été suivi d’un long silence. Puis, le monstre a transpercé violemment le rideau, en criant. Anyu, prise de terreur, reculait en bégayant. Issei ouvrait la bouche pour émettre un son, un cri, mais il ne réussissait qu'à ouvrir la bouche et la refermer comme une carpe. Le monstre avait empêché Anyu de s’enfuir en la bloquant avec son cou. Issei s’est approché armé d’un couteau, fou de rage et de peur.


La bête a saisi un marteau posé contre le mur, et brisé la jambe de l’homme. L'os blanc est sorti de sa position normale, ce qui a arraché un cri au pauvre Issei.
Des larmes coulaient des yeux de la femme pétrifiée, et s'arrêtaient aux coins de sa bouche. La créature s’est approchée d'elle, un sourire laissant apparaître ses dents aiguisées. La lourde masse s’est abattue sur son crâne. L'innocente s’est écroulée et a été prise d’un dernier soubresaut, son sang épais se répandant sur le sol. Son mari était inconscient.


Le monstre s'est alors dirigé vers la salle d’à côté, a tiré le rideau pour voir l’enfant sur son matelas, enfoui dans ses couvertures, pétrifié. Elle s’est approchée du lit, doucement.


- Chhhh... Ne prends pas peur Yoichi...



Elle a tendu sa main doucement, ses longs doigts osseux se renfermant sur la couverture. Puis elle l'a tirée violemment.
Le petit a poussé un cri d’effroi, il était tremblant et pétrifié de peur. Il pleurait.


- Oh, désolée !


Elle a mis sa tête à côté de la joue du petit, et la lui a léchée lentement de sa longue langue noire.


Alors qu’elle s’apprêtait à faire quelque chose que je ne peux pas décrire ici, Issei, qui avait repris connaissance, a dit d’une voix faible et triste :


- Ne... Ne le touche pas sale monstre !


Cette chose a fait volte-face, et s’est approchée du blessé pour l’achever. Le temps de faire ça, Yoichi s'était caché ! Elle a tiré le cadavre du riche homme, et l’a amené dans la chambre à coucher du petit enfant, qui s'était sûrement enfoui dans l'un des nombreux placards.


Et là, elle a arraché de ses longs doigts crasseux les membres de sa victime, et les a portés à sa bouche, arrachant des lambeaux de chair tout en rigolant doucement. Du sang coulait de mon... Son menton et sa bouche, la viande descendant dans sa longue gorge, rassasiant le démon.


Elle a ensuite bu le sang éparpillé sur le sol. Léchant ses lèvres gercées. Elle a saisi une lampe à huile allumée, et a avalé le liquide bouillant, en récupérant un maximum en passant sa langue sur les parois.


Puis elle est partie en courant, passant par la fenêtre. Elle s’est arrêtée devant ma maison, s'est dirigée vers mon matelas, et là je me suis réveillée en hurlant, ce rêve était horrible. Je ne suis pas allée travailler dans les rizières aujourd’hui. J' .. . . ... . » 





Voilà le texte, contenant toutes les horreurs commises par ce monstre. On a amené Sadako dans une cellule. J’ai fait mon rapport à mon supérieur, et il a rendu son verdict. L’accusée allait être condamnée à être fusillée pour toutes les barbaries qu'elle avait commises.


Le 13 Yatsuki, à 10 heures, elle était attachée au poteau d'exécution, elle n’avait plus que quelques secondes à vivre.


J'ai donné l’ordre à mes officiers de tirer, ce qu’ils ont fait. Sadako a été transpercée de part en part, du sang coulant sur sa poitrine. Yoichi, dans les spectateurs, regardait
mourir le bourreau de ses parents. Impassible.


Nous pensons qu’il a été traumatisé par ces actes, ce qui aurait déformé sa vision de la réalité, et il aurait donc imaginé un Rokurokubi, un démon au long cou, autrefois humain, qui prend cette apparence après avoir renié le bouddhisme... Enfin, c'est ce que pensent les officiers...

Je n'ai jamais parlé des documents écrits par Sadako.