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lundi 25 novembre 2019

Schneewittchen

Bonjour, je re-poste ici un message trouvé il y a quelques mois sur un forum dédié aux contes de fée et à leur analyse (oui, on trouve de tout sur le net, même des forums spécialisés dans ce genre de choses). Inutile de le chercher, il est mort de son inactivité (guère étonnant me direz-vous), et son propriétaire a arrêté de payer, donc erreur 404 not found.
Personnellement, je crois que le texte ci-dessous est un fake, mais ça a le mérite d'être marrant.

Salut à tous. Aujourd'hui, je vais vous parler d'un de mes amis. Il est allemand, et il est employé aux archives régionales de Saxe, en Allemagne, ce qui lui donne accès à des documents très ... intéressants. Il m'en envoie quelques fois. Je tiens à préciser que c'est tout à fait illégal.

Voici donc ce qu'il m'a envoyé. C'est un document datant du XVème siècle, écrit en vieil allemand. Comme il sait que je ne parle pas cette langue, il me l'a gentiment traduit. Il s'agit d'une version différente du conte de Blanche-Neige. Seule la fin diffère vraiment, les autres variations étant du détail inepte (par exemple, le premier paragraphe qu'il m'a envoyé, sur les escarpins de fer, suit à quelques termes près le dénouement du conte habituel). Voilà, je la poste donc ici.

" [...] Lorsqu'elle fit son entrée, la vieille reine reconnut immédiatement Blanche-Neige, et la peur qu'elle en eut la cloua sur place, sa terreur l'empêchant de bouger. Mais on lui avait préparé des souliers de fer qui étaient sur le feu, à rougir: on les lui apporta avec des tenailles et on les mit devant elle, l'obligeant à s'en chausser et à danser dans ces escarpins de fer rouge jusqu'à sa mort, qui suivit bientôt.
Et ils vécurent heureux le temps de leur mariage.
Un jour, la jeune reine se retrouva veuve. Le Roi était mort dans son sommeil. Elle le fit placer dans le cercueil de verre que les Nains avaient taillé pour elle, pour pouvoir l'observer chaque jour. Puis elle vécut longtemps, bien trop longtemps.

Certains paysans proches de Blanche-Neige, qui montaient souvent au château, disparurent bientôt. La région s'inquiétait. Blanche-Neige, elle, semblait triste. Elle se promenait dans la ville, regardant étrangement ses sujets, l'air hagard. Un beau jour, les sept Nains vinrent rendre visite à leur amie. Elle les accueillit comme il se devait. La ville fut préparée pour une grande fête. Blanche-Neige était de nouveau rayonnante, comme avant. Mais en arrivant devant elle, les Nains frémirent. "Qui es-tu ?" demandèrent-ils.
"Je suis Blanche-Neige" répondit en souriant la jeune femme. "Qui d'autre pourrais-je être ?".
"Tu n'es pas notre Blanche-Neige" lança l'un des Nains, "Va-t-en, monstre ! Nous nous doutions de quelque chose depuis ton réveil, maintenant, nous en sommes sûrs !".
Et ils repartirent en courant dans la forêt. Nul dans la ville ne les revit plus.
Progressivement, les environs du château se vidèrent. Chaque mois, de jeunes nobles, attirés par le veuvage de la Reine, s'installaient, et disparaissaient peu après. La ville devint sinistre. Les gens ne sortaient plus de chez eux. Le château devint lugubre, la forêt enchantée sombre. Puis, peu à peu, la forteresse tomba en ruine. Les habitants fuirent ce lieu hanté où ils perdaient leurs filles et leur fils du jour au lendemain, et où la Reine ne sortait plus de sa tour.

Un jour, une jeune barde fut déposée à l'orée de cette forêt maudite, car on disait que l'on pouvait y trouver de fabuleux trésors et des êtres extraordinaires. Les premières choses qu'elle vit furent des arbres gris, aux branches tordues et à l'écorce grimaçante. Le soleil ne passait pas à travers leur dense feuillage. Une brume inquiétante couvrait le sol. La jeune fille décida alors de s'enfoncer dans la forêt. Elle se perdit rapidement. Les arbres se ressemblaient tous. Rien ne permettait de les distinguer et de retrouver son chemin.
Heureusement, elle finit par arriver à une petite maison, dans une clairière grise. Le chaume du toit était pourri. La charpente apparaissait par endroits. Les briques étaient d'un rouge sale, poussiéreux. La porte était en bois renforcé de fer forgé. Il s'en dégageait une sorte de tristesse. Affamée et assoiffée, elle toqua à la porte. Elle entendit aussitôt des exclamations derrière le battant, sept voix différentes. "Qui est-ce ?", "Ne la laissez pas rentrer !", "Attention", "Elle a déjà failli nous avoir", "Elle ne fait pas comme ça d'habitude", "Regardons, on verra bien". Peu après, la porte s'ouvrit en grinçant. Sept nains se tenaient derrière. "Rentre vite" chuchota l'un d'eux. Une fois à l'intérieur, la barde fut assaillie de questions : "Qui es-tu ?", "Que viens-tu faire ici ?". Exténuée, la jeune fille était bien incapable de répondre. La voyant ainsi, quatre nains la montèrent à l'étage et la déposèrent dans un lit froid et poussiéreux. Avant de s'endormir, elle eut le temps d'apercevoir les sept autres petits lits qui l'entouraient.

Durant la nuit, elle fut réveillée par une voix enjôleuse. "Laissez moi-entrer, je suis votre amie. C'est moi, Blanche-Neige". Les Nains criaient : "Non ! Tu n'es pas notre amie. Va-t-en !" La jeune fille, l'esprit engourdi par le sommeil, se leva et, dégageant un trou dans le toit en chaume, observa le devant de porte. Une femme à la peau blanche comme la neige et aux lèvres rouges comme le sang se tenait là. Elle scintillait dans la brume. Celle-ci leva la tête vers elle : "Toi, tu me laisserais entrer, non ?". Subjuguée, la jeune fille répondit par l'affirmative. La Reine fit alors un bond extraordinaire, se posant dans la chambre. Elle attrapa la jeune fille. Dans le même temps, un nain monta à toute vitesse. "Non, pourquoi l'as-tu invitée ! Tant qu'elle n'était pas invitée, elle ne pouvait pas rentrer". D'autres voix reprirent : "Nous n'aurions jamais dû l'accueillir !" L'apparition, elle, poursuivit de sa voix mielleuse : "Allons, je ne suis pas méchante. C'est moi, Blanche-Neige." "Non ! Tu les as tous dévorés, le Prince en premier !" crièrent-ils en chœur. "J'aurais voulu aimer mon Prince, je l'ai aimé, mais seul son sang m'intéressait" répondit-elle. Sa véritable silhouette apparut alors : un corps décharné, à la peau blanche comme la neige et aux os saillants, dominé par un crâne chauve mis en valeur par une bouche rouge comme le sang. La dernière chose qu'entendit la jeune paysanne fut son rire, résonnant dans la forêt, tandis que les nains s'enfuyaient dans la brume."



lundi 18 novembre 2019

Les Chahuteurs

J’ai toujours rêvé d’être enquêteur. Chercher des indices, traquer, réfléchir et trouver. Et j’ai fini par atteindre mon but : je suis devenu enquêteur dans la police. Mais après quelques années de service, j’ai décidé d’abandonner ce poste pour quelque chose d’encore plus excitant : me mettre au service du paranormal. Mon travail actuel consiste simplement à chercher des preuves de l’existence de certaines créatures ou d’esprits. Pas de les faire partir ou de les exorciser, ce boulot-là c’est celui de ceux qui passent après moi. Si je décide aujourd’hui de rendre cet écrit accessible, c’est parce que, après trois ans de recherches et de concertations d’experts, personne n'a trouvé le moindre moyen de faire disparaître ces créatures. Aussi, pour le bien commun, il me semble nécessaire de mettre à la disposition de tous le résultat de mon enquête concernant ce que j’ai décidé d’appeler les « Chahuteurs ».

Note : ceci n’est que le résultat de la recherche, si vous avez des questions sur le déroulement de celle-ci, n’hésitez pas et envoyez-moi un mail à l'adresse phil.inquisit@gmail.com. Je vous répondrai dès que possible.

Les Chahuteurs sont des créatures qui apparaissent lorsqu’on dort. Ils n'apparaîtront jamais si vous êtes éveillé, ni si quelqu’un d’autre est éveillé à vos côtés. Ils ont un comportement qu’on peut qualifier d’enfantin. Ils viennent en général à trois ou quatre, dans votre phase de sommeil profond, et ont pour « jeu » de faire le plus de bruit possible. Souvent cela ressemble à des cris d’enfants, des rires. Les sons ressemblent à ceux qu’on pourrait entendre dans une cour de récréation, mais tout ça sans vous réveiller. Ils semblent aimer jouer avec le risque, essayer de faire le plus de bruit possible sans vous faire sortir de votre sommeil. Alors, en général, les nuits où ils apparaissent, vous ne vous en rendez jamais compte. Ils passeront une heure environ à « jouer » à côté de votre lit, parfois à se bagarrer entre eux. Puis, si vous restez endormi, ils disparaîtront. Cela rend le phénomène très difficile à quantifier car les témoignages ne peuvent en rien nous informer sur la fréquence de celui-ci.
Nous savons néanmoins que les Chahuteurs: 
- peuvent apparaître n’importe où sur Terre, même si aucun témoignage n’a été recueilli auprès  de passagers d’avions (probablement car il y a la plupart du temps des gens éveillés autour), et le phénomène ne semble jamais s’être produit non plus sur un bateau. 
- peuvent apparaître aux côtés de n’importe qui, peu importe l’âge, le sexe ou le mode de vie. 
- une fois qu’ils ont commencé à jouer auprès de quelqu’un, semblent continuer plusieurs nuits d’affilé. Parfois une semaine, parfois un mois, mais rarement plus.

Nous avons une idée assez imprécise de l’apparence des Chahuteurs, car ces derniers détestent être vus. Si vous vous réveillez et avez le malheur d’en apercevoir un, il vous sautera immédiatement dessus pour vous crever les yeux avec ses ongles. La suite des tortures qu’il vous fera subir dépend des cas. Parfois il partira immédiatement, parfois il vous griffera légèrement le corps. Il pourra également aller jusqu'à vous arracher un membre voire, très rarement, vous tuer. Le châtiment alors administré à votre vue semble sans échappatoire, ces créatures sont très vives. Si l’une d’entre elles est aperçue, elles vous attaqueront toutes ensembles, donc à quatre environ.
Voici une description approximative des Chahuteurs basée sur divers témoignages, ces créatures étant la dernière chose que les victimes ont pu voir de leur vie. Ils mesurent aux alentours de quatre-vingt centimètres, ont une apparence humanoïde, avec une très grande tête disproportionnée par rapport à leur corps. Leur menton est pointu, surplombé par une énorme bouche dont deux canines sortent, au-dessus de laquelle est situé un nez se résumant à un trou. Leur visage est également marqué par une absence totale d’yeux, et ils abordent souvent une coupe de cheveux longue, qui leur couvre les oreilles et le haut du front. Leurs bras sont assez longs et leurs jambes courtes. Ils ont, que ce soit aux mains ou aux pieds, des ongles longs d’environ deux centimètres. Leur teint est assez sombre, brunâtre.

Je vais maintenant décrire une potentielle rencontre avec des Chahuteurs et vous donner quelques conseils sur la façon dont vous devez réagir:
1) Tout d’abord, vous vous réveillez en plein milieu de votre sommeil, généralement ce sera aux alentours de 3h du matin. Jusque-là, cela n’est peut-être qu’une simple insomnie. Ne paniquez pas.
2) Si vous vous êtes réveillé et avez le souvenir vague de l'avoir été par un bruit de pas, un cri ou un rire, surtout si cela vous évoquait une voix d’enfant, le risque que ce soit un Chahuteur est plus élevé, mais il demeure relativement faible. Après tout, cela n’est peut-être qu’un rêve.
3) Que ce soit le cas ou pas, ne paniquez pas. La plupart du temps, les Chahuteurs sentent votre réveil et entreprennent de se cacher, sous votre lit ou dans votre armoire. Pour une raison inconnue, les Chahuteurs mettent environ deux à trois minutes avant de complètement disparaître. Il est néanmoins conseillé d’attendre une vingtaine de secondes avant d’allumer la lumière car parfois, et surtout si votre chambre a peu de meubles, ces créatures peuvent avoir du mal à trouver une cachette.
4) Attendez 2 à 3 minutes, je vous conseille pour ma part d’attendre 5 minutes, avant de regarder sous votre lit ou dans vos armoires si cela peut vous rassurer. Pas avant. Vous ne voulez pas les trouver.
5) Une fois cela fait, vous pouvez aller dormir de nouveau, mais soyez certain d’une chose: les Chahuteurs reviendront, ils passent la nuit entière avec la même personne si celle-ci s’est réveillée, alors dormez profondément.

A l’heure actuelle (5 septembre 2019), nous n’avons trouvé aucun moyen de neutraliser ces créatures sans risques pour la victime. Il est capital d’obtenir toutes les informations possibles car les Chahuteurs représentent un réel danger pour tous, et leur nombre, ou du moins le nombre de témoignages les concernant, explose depuis un an. Si vous vous réveillez au milieu de la nuit avec l’étrange impression d’avoir entendu un rire d’enfant, il est impératif que vous suiviez les instructions ci-dessus. Le lendemain, n’hésitez pas et contactez-moi par mail.

Bien à vous,
P.

Voici donc la dernière creepypasta gagnante du concours d'Octobre à être publiée, écrite par Princeps ! 

lundi 11 novembre 2019

Histoire d'Halloween

Halloween a toujours été une fête... quelconque chez moi. Même quand j'étais petite. Bien sûr, je me rappelle avoir passé plusieurs années à chasser les bonbons avec mes amies, déguisée en sorcière ou en ange, mais pendant qu'elles dansaient, riaient, et s'amusaient à se faire peur, moi... je m'ennuyais franchement. J'ai vite arrêté, de toutes façons je commençais à être trop grande pour défiler dans les rues et quémander des sucreries aux voisins du quartier. Depuis, Halloween est devenue une journée comme les autres. Mais je dois avouer que ça me fait sourire aujourd'hui, de voir les enfants sonner à ma porte et me demander des bonbons. Ça ma rend un peu nostalgique, malgré ce que j'ai pu dire à propos de ces soirées. C'est pour cela que j'achète toutes sortes de friandises quelques jours avant, histoire d'avoir toujours quelque chose à donner. Quand j'ai quitté la maison familiale, et pris mon premier appartement, je n'imaginais pas le nombre d'enfants qui sortiraient le soir d'Halloween dans mon nouveau quartier. Il était calme, un peu perdu, il n'y avait pas grand-chose à faire, alors j'imagine que pour beaucoup de gamins c'était l'une des seules activités intéressantes de l'année.

Tous les soirs d'Halloween, c'était la même chose : je ne pouvais pas me poser plus de cinq minutes sans qu'un groupe d'enfants, parfois accompagné d'un adulte, ne sonne à ma porte et scande "Des bonbons ou un sort !". Ça me faisait rire et, étant célibataire, ces interactions, bien que courtes, égayaient souvent ces soirées. Habituellement je ne recevais plus de visite après 22 heures, 22 heures 30 grand maximum. Mais il y avait cet enfant. Cet enfant qui arrivait toujours après les autres. Cet enfant qui était toujours seul. Cet enfant qui... m'a fait une impression particulière la première fois que je l'ai vu.

Il était plus de 23 heures. A cette heure-ci, je commençais à ranger dans les placards les derniers bonbons qu'il me restait, me disant que je ne recevrais vraisemblablement plus aucune visite pour ce soir. Mais non. On a sonné à ma porte. Après avoir lancé un rapide coup d’œil sur l'horloge, j'ai ouvert la porte, et je suis tombée sur cet enfant. Il portait un masque en forme de crâne, qui cachait non seulement son visage, mais enveloppait également toute sa tête, ainsi qu'un simple t-shirt bleu clair délavé en guise de costume. Il y avait quelques traces de sang sur le masque et le T-shirt, mais également sur sa peau extrêmement pâle. Je ne suis pas une personne qui aime juger, mais son accoutrement me laissait... un peu perplexe. Comme si ses parents n'avaient pas assez d'argent pour acheter un déguisement complet, et que ce gamin essayait de rattraper le tout en ajoutant du faux sang. Ça lui donnait un air particulier. Mais peut-être que cela était accentué par le fait qu'il ne parlait pas. Dès que j'ai ouvert la porte, il est resté silencieux pendant... cinq petites secondes j'imagine, avant de tendre ses bras, ouvrant bien grand son sac à bonbons. La chasse ne devait pas être bonne pour ce petit, le sac semblait plutôt vide. Je lui ai offert mes dernières friandises, et il m'a fait un rapide salut de la main avant de tourner les talons, toujours aussi silencieux. Je suis restée devant la porte quelques instants, et j'ai haussé les épaules. Halloween s'est arrêté de cette façon, cette année-là.

Ce premier Halloween sans ma famille a également été marqué par un autre événement, beaucoup plus grave. Le lendemain, derrière un bâtiment, près des poubelles, un concierge a retrouvé un corps. Le corps d'un enfant. Une petite fille, poignardée plusieurs fois à l'aide d'un morceau de verre. La nouvelle a choqué tout le quartier, dont moi bien évidemment. Ce voisinage si paisible s'était soudainement... transformé. Par la peur et la paranoïa. Parmi les habitants se trouvait un meurtrier. Je ne me rappelle pas très bien comment se sont déroulés les premiers jours qui ont suivi le drame, de mon côté. Comme tous les autres j'imagine, l'horreur en premier lieu, puis la crainte, l'insécurité. Mais ça n'a pas duré, bien évidemment. C'est peut-être horrible à dire, mais passés les premier mois, les marches blanches, les hommages... Nous avions déjà tous oublié. La vie avait repris son cours, après tout, ce n'était qu'un fait divers parmi tant d'autres. Même si le meurtrier n'avait pas été retrouvé... finalement, je m'étais trompée : le voisinage était redevenu paisible, comme si cette affaire n'avait jamais existé. Une information en efface une autre, comme on dit.

Le deuxième Halloween que j'ai vécu dans ce quartier était quasiment identique au premier. En réalité, il était parfaitement identique. Cette histoire n'avait eu aucune incidence, et je pense même qu'il y avait encore plus d'enfants dans les rues cette année-là. Et, vous vous en doutez, en toute fin de soirée... l'enfant était là. Comment j'ai réussi à le reconnaître ? Il avait le même déguisement. Le même masque en forme de crâne, un t-shirt sobre, et plusieurs tâches de sang sur le corps et les vêtements. Les mêmes gestes que l'année dernière : un silence de mort, son sac grand ouvert, un rapide geste de la main, et il a disparu. Comme je vous l'ai dit, cet Halloween était similaire au dernier. En tout point. Le lendemain... on a retrouvé un nouveau cadavre. Encore une enfant, une nouvelle fois tuée de manière extrêmement violente. Et c'est à ce moment précis que tout a changé pour de bon. Cette fois-ci... Toutes ces émotions, toutes ces peurs, tous ces soupçons... ne se sont pas dissipés. Deux meurtres deux années de suite le soir d'Halloween, et un assassin toujours en liberté... Ce fut dur. Pour tout le monde.

Inutile de dire qu'après ce deuxième incident, les derniers Halloween ne se sont pas spécialement  passés dans la joie et la bonne humeur. Au fil des ans, je recevais de moins en moins d'enfants à ma porte. Ce n'était pas vraiment une peur exagérée, à vrai dire. Chaque année, on avait droit à une nouvelle atrocité. Malgré les gendarmes, malgré les bénévoles chargés d'ouvrir l’œil, personne n'a réussi à empêcher les meurtres de se reproduire. Année après année. Ça a duré encore trois ans. Quatre enfants avaient déjà perdu la vie. Le cinquième Halloween après le premier meurtre, mis à part quelques groupes d'enfants, plus personne ne faisait la fête. Après, plus grand-monde ne s'intéressait à Halloween dans le village, il faut l'avouer, mais disons que les meurtres ont accéléré le processus. J'étais en pleine période de déménagement, et ça m'arrangeait de ne pas avoir à ouvrir la porte constamment. Certains enfants étaient bien là à vouloir des bonbons, mais leur nombre chutait au fil des années. Cependant, il y en avait un qui était toujours à son poste. Ce gamin. Le même masque, un t-shirt banal... Mais cette fois, aucune trace de sang. Ça ne m'a pas surpris plus que ça, je me disais que laver ces affaires à la main devait être compliqué pour sa mère ou son père. Comme vous pouvez vous en douter, le même comportement, les mêmes petits gestes de sa part. Néanmoins, j'ai essayé de lancer une conversation. Après tout, je le connaissais depuis cinq ans maintenant. Je lui ai juste balancé "Tu n'es pas un peu trop vieux pour participer à Halloween, maintenant ?". Il n'a rien dit, a haussé les épaules, et ç'a été notre dernière rencontre.

J'ai quitté le quartier quelques jours plus tard, après un cinquième meurtre. Néanmoins, peu après mon départ, ils ont enfin trouvé l'assassin. Je pense que beaucoup ici l'ont déjà deviné : il s'agissait de cet enfant. Les tâches de sang sur ses vêtements n'étaient pas de la décoration, c'était de l'hémoglobine véritable, appartenant à ses victimes. Une fois ses pulsions calmées, comme tous les autres enfants, il allait toquer aux portes pour récupérer des bonbons. J'ai également appris qu'il avait étranglé sa dernière proie, ce qui expliquait l'absence de sang sur lui. Je ne me rappelle plus comment j'ai réagi. Un peu... choquée je dirais ? Je ne sais pas. Mais voilà, c'était une histoire que je voulais raconter. J'aurais aimé vous inventer une chute extrêmement terrifiante, un "plot twist", mais ce n'est pas le but. C'est une anecdote sur Halloween. Le fait d'avoir croisé la route de l'assassin pendant toutes ces années, le fait qu'il était un enfant... C'est tout. Une histoire de ce genre, qui... en quelque sorte, forge un peu plus le côté mystique de cette fête. La rend un peu plus éternelle, un peu plus... effrayante. Ce sont ce genre de faits qui nous font nous rappeler Halloween.

Voici donc la deuxième creepypasta siégeant sur le podium du concours à être publiée, écrite par Luidi. Je trouve que l'originalité et l'étrange simplicité de cette histoire font tout son charme, et ce sont sans doute eux qui lui ont valu cette victoire.

lundi 4 novembre 2019

Mémoires

Aujourd’hui, j’ai 65 ans. La majeure partie de ma vie, je l’ai passée à récolter des témoignages dans le but de monter un documentaire sur la Grande Guerre. Mais les années passant, j’ai eu de sacrés problèmes, autant sur le plan familial que sur celui de la santé. Je crois que j’ai peu a peu transformé mon projet de documentaire en une arlésienne, condamnée à jamais à rester une suite de pages traînant sur mon bureau poussiéreux. Avec la mort du dernier vétéran de la Grande Guerre en 2012, une aviatrice anglaise si je me souviens bien, j’ai relégué mon projet au deuxième plan. En fait, je pensais ne jamais le ressortir des placards.
Ma femme m’a beaucoup aidé à monter ce projet. C’est elle qui m’a obtenu la plupart des rendez-vous avec les vétérans, étant donné qu'elle était infirmière en maison de retraite. Du moins, elle m’aidait pour ceux qui se trouvaient dans son établissement. Pour les autres, ceux qui résidaient dans d’autres coins de la France, je me débrouillais seul. Bien souvent, elle me traduisait ce qu’ils disaient, car n’étant guère habitué à leur diction approximative, je ne saisissais rien de ce qu’ils tentaient de me dire. C’était en 1979, j’avais donc 30 ans. La plupart des vétérans étaient déjà octogénaires, et nous avons passé du temps à écouter leurs histoires, recueillir leurs témoignages. Souvent par petites séances, pour les ménager.
Je n’ai vécu aucune guerre, et je ne peux pas imaginer ce que cela a dû être pour ces hommes de raviver de tels souvenirs. Certains se plongeaient dans le mutisme sans crier gare, quand d’autres se mettaient à sursauter au moindre claquement de porte. Nous savions alors qu’il était temps de laisser ces gens se reposer. Il nous fallait néanmoins nous hâter, car la condition de ces hommes n’allait pas en s’arrangeant. Entre 1979 et 1991, j’ai rencontré vingt-trois vétérans de la Première Guerre mondiale. Des français pour la plupart, mais aussi deux allemands et un italien. Et ma femme m’a suivi presque à chaque fois.
Ces hommes avaient déjà été sollicités maintes et maintes fois pour raconter ce qu’ils avaient vécu, pour des documentaires ou des émissions de télévision. En lisant mes interviews aujourd’hui, je me rends compte qu’il n’y a plus grand-chose à en tirer. Tout ce que ces hommes m’ont dit, ils l’ont aussi dit à d’autres qui ont été plus ambitieux que moi, et actuellement, le contenu de mes pages ne comporte plus rien de nouveau qui justifierait qu’on en fasse un documentaire. Malgré tout, j'ai trois interviews qui sortent du lot.
Les trois hommes que j’ai interviewés ont tous évoqué une même chose qu’ils ont décrite presque unanimement. C’étaient deux vétérans français, et un italien. Ils n’étaient pas au même endroit au même moment, et n’étaient pas non plus dans les mêmes régiments ou unités. Ainsi, la première fois que j’ai entendu parler des «  nègres fins », c’était en 1982. J’interviewais Michel Augier, qui avait servi à Verdun en 1916, dans le 106e régiment d’infanterie territoriale. Voici le passage en question :

« Michel Augier : […] C’était un sacré bourbier, donc. Mais il n’y avait pas de tirailleurs avec nous, c’est un détail qui a son importance, vous devriez le noter. Dans le coin où on était, vers la côte 304, enfin dans le coin où j’étais moi en tout cas, la visibilité était mauvaise. J’avais trouvé un petit recoin, un renfoncement dans la tranchée et je m’y étais installé. Au-dessus de ma tête on avait disposé des planches, pour s’abriter de la pluie et des shrapnels. Ces planches faisaient une sorte de pont, au dessus de la tranchée. Mais si un imbécile heureux avait eu la bonne idée d’y marcher en dessus, il se serait fait tuer par les allemands.
Une nuit, j’essayais de dormir, un peu plié comme je le pouvais, n’est-ce pas. Je partageais mon trou avec Maurice, un autre soldat qui venait de… je crois qu’il était des Vosges. […]Je l'ai senti bouger à côté de moi et quand je l’ai regardé, il levait la tête par-dessus la tranchée. Je lui ai attrapé la manche pour le faire se coucher et c’est là qu’il m’a dit qu’il avait vu un boche s’approcher. Je me suis levé à mon tour et j’ai jeté un coup d’œil. On avait pas le droit de se servir de nos jumelles parce qu’elles brillaient dans le noir et on aurait été pris à partie. Au premier coup d’œil je n’ai rien vu. Il faisait noir, on voyait juste des lumières oranges dans les tranchées d’en face. C’est qu’il faisait froid aussi, donc les allemands avaient allumé des feux.
Et puis j’ai vu bouger là, dans le noir. C’était pas loin hein, peut-être à cent mètres de nous. J’ai pris mon fusil discrètement et j’ai mis l’intrus en joue, puis j’ai tiré. Bien sûr, ça a réveillé tout le monde et je me suis empressé de replonger dans ma tranchée, vous imaginez. Je pense pas l’avoir touché, mais je suis sûr que c’était pas un boche. Pour être franc, je sais pas ce que c’était. Mais quand j’avais tiré, ça s’était mis à cavaler à quatre pattes alors que c’était debout avant la seconde d'avant. Et ça courait pas comme un chien ou quoi que ce soit d’autre. C’était debout comme votre femme là, puis d’un coup à quatre pattes. Je pense que Maurice et moi avons été les seuls à le voir parce que si quelqu’un d’autre l’avait vu, il l’aurait aligné tout comme. »

Ne sachant trop si Michel Augier me racontait un souvenir déformé par le temps ou une affabulation, je lui ai demandé sans conviction de me décrire cette chose. J’étais à ce moment-là persuadé que c’était un animal. Il faisait noir, Michel l’avait dit. Et puis, il n’avait pas regardé longtemps, il aurait été abattu sinon. Tout laissait place à l’erreur.

« Michel Augier : Oh bah ça, vous m’en demandez de bien bonnes aujourd’hui ! Bon… c’était plutôt gringalet, n’est-ce pas. C’était noir, mais je ne saurais pas vous dire si c’étaient des poils, des plumes ou quoi que ce soit d'autre. Ç'avait deux bras et deux jambes. Et lorsque cette chose s'est mise à courir, elle avait le dos voûté. Quand on en a parlé avec les autres, ils nous ont dit que c’était surement un sénégalais qui était devenu fou. Ça nous a bien fait rire sur le moment, mais on avait pas de tirailleurs dans notre coin, ils étaient bien plus bas sur le front. On a quand même gardé cette version-là parce qu’elle nous faisait rire. On a appelé ça un nègre fin. Nègre parce que c’était noir et fin parce que c’était gringalet. »

En sortant, j’ai mis toute la fin de l’interview entre parenthèses, parce que je pensais qu’elle ne me serait pas utile pour mon projet. Pour moi, encore une fois, malgré tout le respect et l’admiration que je portais à Michel Augier, il ne s’agissait là que d’une interprétation farfelue et biaisée par l’enfer des tranchées d’une rencontre avec un animal.

En 1983, presque un an plus tard, j’interviewais Jean-Eugène Servant, près de Bordeaux. Âgé de 82 ans, il avait servi à Verdun mais également pendant la bataille de la Somme, au sein du 418e régiment d’infanterie. Après qu'il m'a raconté en détail son expérience de ces deux grandes batailles, je lui ai demandé à tout hasard et sans trop de conviction s'il avait déjà entendu parler de « nègres fins ». Je lui ai décrit sommairement le témoignage de Michel Augier. Jean-Eugène paraissait mal à l’aise, presque honteux. Finalement, il a acquiescé. Lui les avait appelés les « bougnats ». Un bougnat était un marchand de charbon, il a donc rapproché la couleur de ces choses à celle du charbon.

« J-E Servant : […] Après ça, nous nous sommes enterrés dans les bois. C’était en novembre et on avait un temps exécrable. Parfois même, on écopait nos trous avec nos quarts ( Ndla : un quart est une tasse métallique dont le militaire se sert pour boire ou manger ), on faisait ce qu’on pouvait mais le confort était aux abonnés absents. Je crois que pendant toute la période pendant laquelle je suis resté là-bas, je n’ai pas eu de vêtements secs, pas une fois. Nous, on était dans les bois, ceux de Saint-Pierre-Waast pour être exact, pas loin de Rancourt si jamais ça vous dit quelque chose. Alors imaginez ceux qui n’étaient pas autant à l’abri, en dehors des bois. De la boue partout, tout le temps.
On avait pas mal de rats aussi, qui cherchaient à s’abriter, mais aussi à se nourrir. Ces salopiots taillaient dans les sacs de vivres, trouaient nos vêtements, nous amenaient poux et puces. Des fois même, ces fils de putains nous mordaient dans notre sommeil. Nous avions développé des stratagèmes pour nous en débarrasser, ou du moins réduire leur nombre. On avait installé des pièges un peu partout, et certains faisaient même la collection des rats morts. Vous savez Patrick ( Ndla : c’est mon prénom ), j’ai mangé des choses immondes dans ma vie. Mais la viande de rat, c’est une des pires.
En fait, ce n’est pas tellement le goût, mais le fait de s’imaginer que l’on mange la même bestiole qui a sûrement grignoté les orteils des morts gisant quelque part dans la boue. Parce que faut le dire, c’était courant qu’en écopant l’eau de la tranchée, on bute sur quelque chose de dur sous l’eau. Et en général, c’étaient des corps. Mais je m’égare.
Une nuit, pendant mon tour de garde, je marchais dans la tranchée. Il n’avait pas plu, l’eau avait donc laissé place à une couche épaisse de boue. D’ailleurs, j’avais bien du mal à me déplacer rapidement, dans la tranchée. Je vérifiais si tout le monde allait bien, je jetais de temps en temps un coup d’œil discret par-dessus le parapet pour voir si les casques à pointe ne tentaient pas quelque chose, ou si je voyais une tête dépasser de leur tranchée. Ah, j’oublie de vous dire que ces cadavres qu’on trouvait dans l’eau, on les laissait pas en plein milieu du passage. On les avait entassés… je n’aime pas ce mot mais c’est malheureusement le plus représentatif. On les avait entassés donc, à une extrémité de la tranchée. Ils bouchaient le passage, en quelque sorte.
J’arrive donc au niveau de la pile de corps, et du coin de l’œil, je crois voir bouger un bras. Je me tourne vers le monticule de cadavres, un peu désarçonné. Et je ne rêve pas, un corps bouge. Puis un autre. Très vite, je me rends compte que ce ne sont pas les corps qui bougent, mais quelque chose dessous. J’arme mon Berthier (Ndla : Fusil de dotation de l’armée française durant la seconde moitié de la Grande Guerre ) et instinctivement, je mets en joue l’endroit d’où je pense que provient le mouvement. Je m’approche tant bien que mal, mes pieds s’enfonçant dans la boue. Du bout de mon canon, je tâte les corps et j’entends un grognement strident. De surprise ou de terreur, le tir m’échappe, et les corps se soulèvent d'un coup avant de me tomber dessus. Je ne comprends pas tout de suite ce qui m’arrive, mais je me retrouve allongé sur le dos, enfoncé dans la boue par les deux ou trois cadavres qui ont atterri sur moi. Et devant moi, je vois… comme un animal, voûté, qui respire en haletant. Il a la peau noire, et je dis peau parce que ce n’étaient pas des poils, mais bien un cuir. Je pouvais voir ses muscles.
Je m’apprête à hurler, à appeler n’importe quel sous-verge (Ndla : Sous-officier ) qui passerait par là. Mais là, cette chose se relève lentement et se juche sur ses deux pattes arrières. J’ai prié. Enfoncé dans ma boue, j’ai prié. […]C’était debout, et c’était grand. Surtout, ça se tenait parfaitement debout. Pas du tout chancelant comme un ours qui essaierait de se dresser, non non, bien fixe. Ça a enjambé le tas de cadavre et c’est sorti de la tranchée comme vous montez un escalier. »

La description ressemble à s’y méprendre à celle de Michel Augier. C’est à ce moment-là que je me suis dit qu’il ne pouvait pas s’agir d’une coïncidence. Ces deux hommes ont vu la même créature, l’ont décrite et ne se sont jamais rencontrés. J’ai fait quelques recherches, interviewé d’autres vétérans après ça, mais je n’ai plus entendu parler de « nègres fins » ou « bougnats » jusqu’en 1991.

En 1991 donc, j’ai interviewé Pavi Trapanese, vétéran italien de la première guerre mondiale. Il était soldat dans la 52e division d’Alpini, spécialisés dans le combat en milieu montagneux. Comme avec les autres, je n’ai pas abordé tout de suite le cas de ces créatures. Trapanese me racontait donc difficilement ( il avait 95 ans à ce moment-là ) comment il s’était battu pour reprendre le Mont Ortigara, dans la région de Venise. Après plusieurs pauses, j’en suis venu à lui demander s'il avait vu des choses étranges durant la guerre. Tout d’abord, il m'a répondu que non. Il a réfléchi quelques instant, puis m'a à nouveau assuré qu'il n'avait rien vu d’étrange. Alors que je me préparais à mettre un terme à l’entretien pour le laisser se reposer, Pavi Trapanese a semblé avoir un éclat de lucidité. Son regard fixé dans le mien, il m'a dit que si, il se souvenait. Notez que ce qui va suivre est une retranscription de l’enregistrement que j’ai fait à l’époque. Trapanese y parlant en italien, j’ai traduit en français, il se peut qu’il y ait des erreurs.

« A la toute fin… quand nous avons déplacé les corps de nos camarades, mais aussi ceux des austro-hongrois, je me souviens de quelque chose. C’est très fugace, je l’avais presque oublié. Je me souviens d’une image. Je regarde les chariots de cadavres qui descendent dans la vallée, depuis un point en hauteur. A l’orée de la forêt, je vois du mouvement. Le soleil se couche, je ne distingue pas bien ce que c’est. La forêt est dans l’ombre de la montagne. Au départ, je pense à des éclaireurs ou des rescapés austro-hongrois. Je pense ensuite à des ours lorsque je les vois courir à quatre pattes. Il  y a un corps qui traîne en bas de la route. Je vois alors d’autres formes sortir des bois, ils sont peut-être cinq ou six. L’un d’eux s’approche du corps, alternant entre cavalcade à quatre pattes et course debout. Il attrape le cadavre, et le tire jusque dans la forêt.
Maintenant que j’y repense, il s’agissait sûrement d’ours. Oui, très certainement. »

A ce moment-là, Pavi Trapanese semblait très épuisé. Je l'ai donc laissé se reposer, en me promettant de revenir dans la semaine pour continuer l’entretien, creuser un peu plus sur cet épisode. Il est mort deux jours plus tard. C’est le dernier vétéran que j’ai interviewé.
Après ça, j’ai peu à peu abandonné mon projet. Je ne sais pas ce que vous en pensez. J’ai fait des recherches, recoupé d’autres interviews de collègues, mais je n’ai rien trouvé. Tout ce que j’ai, ce sont trois témoignages de trois hommes qui ne se connaissaient pas, qui ont manœuvré sur des fronts différents et qui ont pourtant tous trois vu la même chose.
De mon projet, il n’y a plus rien à tirer. Du moins, je n’en espère plus rien. Je poste ça ici dans l’espoir que ce cas vous intéresse et que vous fassiez vos propres recherches. Peut-être ai-je manqué quelque chose que d’autres découvriront. Personnellement, je pense que les réponses à mes questions sont mortes en même temps que les derniers vétérans.

La première des trois creepypastas ayant remporté le concours d'Halloween a être publiée, écrite par Atepomaros et portant sur le thème "Monstres". Le tout mis en valeur par une dimension historique qui n'a d'ailleurs pas été pour déplaire à nos votants. Encore félicitations à lui !