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lundi 26 octobre 2020

Mon témoignage (palier 1)

Bon, je savais pas trop comment aborder le sujet, ni même comment l'expliquer sans passer pour quelqu'un d'un peu détraqué, même ici. Mais on sait tous que généralement, ce qui amène les utilisateurs sur ce site est lié à une fascination pour le paranormal, le glauque ou des sujets similaires. Pour ma part, c'est plutôt une expérience personnelle qui m'a entraîné vers cette communauté.
 
De ce fait, il est grand temps de vous parler de ce qui m'effraie depuis ma plus tendre enfance. Peu importe ce que vous en penserez au final, et si j'en avais parlé quelquefois sur le Discord sans trop entrer dans les détails, aujourd'hui vous allez avoir les gros pans de l'histoire.
 
J'ai grandi dans une ville moyenne de l'Aisne et j'étais le cadet d'une famille recomposée comprenant quatre enfants. Mes parents vivaient en appartement et mon arrivée "presque" imprévue les a fait réfléchir à l'idée d'acheter une maison. À peu près un an après ma naissance, nous avons déménagé dans une grande maison dans laquelle j'ai vécu tous mes souvenirs d’enfance, et où nous sommes restés jusqu'à mes dix-huit ans. Ce que je vais vous raconter, c'est mon expérience avec celle-ci, car il m'est arrivé des événements assez étranges que même aujourd'hui je n'arrive pas à expliquer.
 
J'ai des dizaines d'histoires à raconter, mais je vais plutôt me concentrer sur trois d'entre elles qui se sont déroulées à l'étage. Pour faire simple, la maison avait un rez-de-chaussée constitué d'une cuisine, d’un garage, d’un salon/salle à manger, d’une salle de bain et de la chambre de mes parents, ainsi que d'un étage comprenant la mienne, une autre salle de bain, un couloir menant à la chambre de mon grand frère et la "chambre bleue". Ma chambre était la pièce la plus proche des escaliers permettant d'accéder à l'étage. Quand j'étais petit, j'étais dans la "chambre bleue", nommée ainsi à cause de son papier-peint entièrement bleu, et mon actuel lieu de vie, mentionné précédemment, appartenait à l'une de mes grandes sœurs. Quand celle-ci est partie de la maison, j'ai hérité de la pièce.
 
Maintenant que le contexte est posé, commençons.
 
     
■ Le bruit de la télé
     
Quand j'étais petit, j'allais souvent jouer avec mon frère qui avait la chance d'avoir une télévision cathodique et une console de jeu directement dans sa chambre. Je passais beaucoup de temps dans celle-ci à regarder la télé et à jouer à des jeux, et généralement, je pouvais savoir quand il était présent en entendant le bourdonnement de l’écran lorsque je montais les escaliers ou encore en allant dans la salle de bain le soir. Pour les plus jeunes d'entre vous, vous ne devez pas vraiment comprendre lorsque je parle de bourdonnement. Alors imaginez un bruit un peu sourd, permanent, signalant le fonctionnement de l'appareil, et vous vous rapprocherez de ce que je pouvais entendre.
 
Un jour, alors que je devais avoir quatorze ans, je me suis retrouvé à entendre, en passant devant les escaliers menant à l'étage, le fameux bruit. C'était assez étrange, parce que c'était les vacances scolaires et mon grand frère était chez son père. Alors, j'ai décidé d'aller voir de moi-même si je n'avais pas oublié d'éteindre la télé plus tôt dans la journée.
 
J'ai monté les escaliers et je suis allé en direction de la chambre de mon frère alors que le bruit semblait se faire de plus en plus fort, la porte de sa chambre étant ouverte. Néanmoins, au moment où j'ai passé l'encadrure, le bourdonnement s'est stoppé net. D'un coup, c'était le silence le plus complet dans tout l'étage et, bien sûr, la télévision était éteinte.
 
C'était un bruit vraiment distinct, et je pense que ceux ayant vécu avec ce genre d'appareil savent qu'on peut difficilement le confondre avec quoi que ce soit d'autre. En prime, en sortant de la chambre et en redescendant, j'ai très bien remarqué que le bruit avait disparu. C'est un évènement assez marquant parce qu'au final, mon frère allait souvent chez son père, et j'étais pas forcément au courant de tous ses déplacements durant cette période. De nombreuses fois j'ai entendu le bruit, et en y repensant, depuis ce jour, j'ai remarqué que je ne l'ai plus entendu aussi souvent qu'avant, et beaucoup moins la nuit.
 
■ La présence de la chambre bleue
 
Celle-là est plus étrange. Elle ne concerne pas forcément que moi, mais aussi ma mère, même si je pense que c'était plus inconscient pour elle.
 
Aussi, comme je l'ai expliqué plus tôt, la chambre bleue était ma chambre lorsque j'étais petit, jusqu'à à peu près trois-quatre ans. Ensuite, elle a surtout servi de débarras pour toutes les affaires de mes parents. Si j'en parle, c'est surtout à cause de son atmosphère très spécifique. Disons que c'était une pièce très spéciale étant donné que le simple fait de m'y trouver me donnait des sueurs froides. Y être me rendait complètement parano, comme si des yeux me fixaient, et une présence prolongée me garantissait des cauchemars. Le fait que la porte soit ouverte après la tombée de la nuit transformait le fond du couloir en un lieu terrifiant.
 
C'était assez tabou d'en parler au sein de ma famille. En fait, je pensais être le seul à subir cette présence désagréable, jusqu'à ce que je remarque quelque chose d'étrange. Pendant très longtemps, ma mère qui était un peu maniaque se rendait au premier étage pour fermer tous les volets avant qu'il fasse nuit, entre dix-sept heures et dix-huit heures. C'était une tâche qui m'incombait en temps normal, mais pendant une longue période, ma mère s'est mise sans vraiment prévenir à le faire. À la seule exception près que chaque soir, elle fermait la porte de la chambre bleue à clé.
 
C'était la seule des quatre pièces qu'elle fermait de cette façon, laissant même grande ouverte les portes de chacune des autres. Je ne lui ai jamais demandé pourquoi, mais au fond je crois que la réponse n'aurait apporté que plus de questions.
     
■ Le bruit du matelas

Cet évènement est de loin sur le podium des plus traumatisants. C'est l'un de ceux qui reviennent le plus dans mon esprit quand je repense à mon ancienne maison, et sûrement celui qui me fait vous parler aujourd'hui.
     
Je me rappelle que c'était un samedi, je devais avoir douze ou treize ans. J'avais été réveillé vers huit-neuf heures du matin par un bruit répétitif en dehors de ma chambre, et je me suis dit que je pouvais me lever pour aller déjeuner. En ouvrant la porte pour sortir, le son que j'entendais et qui m'avait réveillé était plus identifiable. La porte de la chambre bleue et celle de mon frère étaient ouvertes, et je distinguais un crissement de matelas en provenance de cette dernière. Il faisait jour et les volets étaient ouverts, donc je me suis demandé si mon frère n'était pas en train de sauter sur son matelas. J'ai vraiment été tenté d'aller voir, mais au final je me suis fait une raison, et je suis allé déjeuner en raisonnant qu'il m'expliquerait en me rejoignant.
 
Je me rappelle avoir commencé à manger et une bonne dizaine de minutes plus tard, ma mère est venue me dire bonjour. Je lui ai alors demandé si mon frère était déjà venu déjeuner, vu qu'il ne descendait visiblement pas, ce à quoi elle m'a répondu qu'il ne viendrait pas puisqu'il était chez son père. Encore aujourd'hui, en repensant à sa réponse complètement niaise, j'ai des sueurs froides. Le bruit venait sûrement de quelque chose étant sur son matelas.
 
Ma mère fait des allergies en présence des animaux, alors j'ai grandi sans en avoir. Il m'arrive souvent de repenser à ce moment et de me demander ce que j'aurais vu, ou ce qui me serait arrivé, si j'avais décidé d'aller dans la chambre pour voir ce qu'il se passait plutôt que d'aller déjeuner. Je crois que si la curiosité ce jour-là m'avait fait craquer, je ne serais peut-être pas présent pour vous raconter cette histoire. Ou alors peut-être que, comme la télé, le bruit se serait arrêté en passant la porte. Si c'était à refaire, je redescendrais déjeuner.
 
***

J'ai terminé avec ce petit témoignage, et j'ai vraiment trié ce que je voulais partager, parce que je ne sais pas exactement comment vous allez réagir à ces informations. Si vraiment vous voulez que je vous parle d'autres trucs qui me sont arrivés, alors je le ferai. Je crois que j'ai encore besoin d'exorciser ces quelques vieux démons qui me terrorisent, et qu'écrire serait un bon moyen de le faire.


lundi 19 octobre 2020

Fiche M : Cimetière à ciel ouvert

Situé dans la chaîne de l'Himalaya, l'Everest est connu comme étant le plus haut sommet du monde avec une altitude établie à 8 848 mètres. Son ascension fait rêver grand nombre d'alpinistes depuis bien longtemps, mais il ne faut pas se fier aux apparences, car même si la montagne paraît belle et calme sur les photos, l’envers du décor est bien plus morbide.

Il est logique de se dire que l’ascension du plus haut sommet du monde est dangereuse, mais tous ces morts qui s’accumulent d’année en année, que deviennent-ils ? Ils sont simplement laissés là, figés dans la neige de l’Everest, qui devient leur éternel cimetière à ciel ouvert.

Malheureusement, les proches de ces défunts alpinistes ne peuvent pas récupérer les corps à cause des dangers que cela représenterait de les rapatrier. En effet, au-delà des 7 900 mètres d’altitude, la montagne est appelée la « zone de mort » car là-bas, le taux d’oxygène est trois fois inférieur à la normale. Il est impossible de secourir un blessé dans ces conditions sans y laisser sa propre vie. Alors, en cas d’accident, les victimes restent simplement sur place, pour toujours…


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Des alpinistes passant non loin d'un cadavre.


Depuis 1920, plusieurs centaines de gens ont péri en voulant gravir le Mont. La plupart de ces cadavres ne peuvent même pas être déplacés à cause du gel qui les maintient collés à la roche, là où certains autres sont tout bonnement ensevelis sous plusieurs mètres de neige. Ironiquement, ce sont les dépouilles de ces personnes qui ont donné leur vie pour l’Everest qui servent aujourd'hui de repères visuels aux alpinistes qui passent devant elles.

Malgré la dangerosité de la tâche, il est possible pour les familles d’assigner des guides expérimentés afin de ramener ce qui reste de leurs proches. Ce genre de manœuvre est néanmoins coûteuse, sachant qu'il faut dépenser entre 25 000 et 57 000€ tout en prenant en considération le fait que de telles opérations peuvent se solder par un échec. 
À titre d'exemple, en 1984, lorsque la police népalaise a voulu faire redescendre le corps de l’Allemande Hannelore Schmatz, le lieutenant Yogendra Bahadur Thapa ainsi que le sherpa Ang Dorje sont morts en essayant en vain de ramener la dépouille.



Hannelore Schmatz.


Schmatz, qui était par ailleurs la quatrième femme à atteindre le sommet, est tragiquement devenue la première personne de nationalité Allemande à périr sur l’Everest.



Le cadavre d’Hannelore Schmatz, toujours sur l’Everest.


Parmi toutes ces victimes, certaines sont devenues des symboles du manque de solidarité dont les alpinistes peuvent faire preuve entre eux, à l’instar de Green Boots.

Devenu un célèbre repère visuel à cause de sa position, Green Boots est un alpiniste probablement décédé aux alentours de 1996 dont l’identité demeure inconnue. Son surnom de « Green Boots » lui a été attribué à cause des épaisses chaussures vertes toujours visibles à ses pieds, la cavité dans laquelle il se trouve ayant par ailleurs été affublée du même surnom.



« Green Boots »


Même si un grimpeur ne doit pas risquer sa vie pour en secourir un autre dans des conditions dangereuses, de plus en plus d’expéditions abandonnent à une mort certaine des personnes qui auraient, d’après des spécialistes, pu être sauvées malgré les conditions. C’est ce qui est arrivé à un alpiniste britannique nommé David Sharp en 2006.

Le 14 mai 2006, une première expédition s’en va vers le sommet aux alentours de minuit. Après une heure de marche, ils croisent David dans la grotte du Green Boots, assis près d’une paroi rocheuse. Le chef de l’expédition essaie de lui parler, mais il finit par juger que son état est trop désespéré pour lui apporter de l’aide. L'ensemble du groupe part alors, comme si de rien n’était, en contournant David pour passer.

Une demi-heure plus tard, une expédition turque croise elle aussi David, mais là encore, personne ne l’aide. Entre le 14 et le 15 Mai, une quarantaine d’alpinistes passe devant lui. Certains disent ne pas l’avoir vu, d’autres affirment l’avoir photographié en pensant qu’il s’agissait de Green Boots et d’autres encore répondent avoir jugé qu’il était en trop mauvais état pour pouvoir lui aporter de l'aide.



David Sharp, assis dans la grotte du Green Boots.


Dans la matinée du 15 mai, l’alpiniste Libanais Maxime Chaya et son sherpa s’arrêtent devant David alors qu’ils sont en train de redescendre. Ils essaient de le faire respirer avec une bouteille d’oxygène et contactent le camp de base pour alerter les secours, mais ces derniers répondent que d’après leur description, son état a l’air trop avancé pour qu’envoyer de l’aide soit réellement judiceux. N’ayant plus que 90 minutes d’oxygène, l’alpiniste décide de réciter une prière avant de s’en aller.

Un peu plus tard, l’expédition turque passe de nouveau devant David en redescendant, car l’un de ses membres est atteint d’un mal des montagnes. Mais cette fois encore, ils ignorent l'homme. 
Quelque temps après, une autre alpiniste accompagnée de son sherpa passe à son tour devant l'homme et demande à s’arrêter pour essayer de relier une bouteille d’oxygène à son régulateur, mais elle n’y arrive pas. Elle décide donc d’indiquer la position de l’homme au camp de base avant de reprendre sa route.

Vers la fin de la matinée, une équipe de sherpas parvient à lui procurer un peu d’oxygène et après l’avoir questionné, ils obtiennent une réponse de sa part : « Mon nom est David Sharp et je fais partie d’Asana Trekking ». Ils se rendent alors compte qu’il est malheureusement incapable de se tenir debout seul, et l’installent donc au soleil avant de le laisser sur place.

Le 16 Mai, une équipe Coréenne s’arrête près de lui et signale par radio que « le grimpeur aux bottes rouges signalé plusieurs fois » vient de décéder. 





Mémorial de David Sharp, installé dans un camp de base tibétain.


Cette affaire a fait beaucoup de bruit dans la communauté des alpinistes, blâmant les grimpeurs qui sont passés devant lui sans l’avoir aidé. Maxime Chaya, lui, a blâmé David Sharp d’être parti en solitaire avec une réserve d’oxygène visiblement trop faible, alors qu’il était censé être expérimenté.

Sources de la Fiche :

https://kairn.com/comment-faire-pour-retirer-les-corps-de-leverest/
https://fr.qwe.wiki/wiki/David_Sharp_(mountaineer)
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Green_Boots
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Hannelore_Schmatz
https://www.demotivateur.fr/article/l-incroyable-histoire-des-cadavres-repandus-sur-le-chemin-vers-le-sommet-de-l-everest-va-vous-glacer-le-sang--5496/amp
https://www.google.com/amp/s/ici.radio-canada.ca/amp/1159711/fonte-glaciers-mont-everest-cadavres
https://www.google.com/amp/s/dailygeekshow.com/everest-zone-mort-corps-cadavres-depouilles/%3famp

dimanche 18 octobre 2020

Concours d'illustrations d'Octobre

Salutations à vous, peuple de la Crypte !

Si vous vous sentez l’âme d’un illustrateur et souhaitez montrer toute l’étendue de vos talents à la Crypte, ce concours vous tend les bras. En y participant, vous vous donnerez une chance d’attirer l’œil avisé de notre Référente Illustratrice, et peut-être obtenir une place dans son équipe à l’issue du concours ! Par ailleurs, les illustrations gagnantes se verront offrir une publication sur nos réseaux sociaux, dont notre Instagram fraîchement ouvert.

Tout ce que vous avez à faire pour participer, c’est vous inscrire et illustrer de la façon que vous souhaitez (photo, montage, dessin, etc…) une creepypasta ou une nouvelle horrifique publiée sur l’un des deux blogs en Octobre de n’importe quelle année (période d’Halloween oblige). Ces illustrations devront être prêtes avant le 31 octobre 2020 à 18h, car une fois cette date passée, vos créations seront dévoilées à la communauté qui aura jusqu’au 8 novembre pour élire sa préférée.

Pour votre inscription, vous pouvez passez par l’un des réseaux sociaux de CFTC, réagir en commentaire ou envoyer un message privé à AngeNoire ou Sytom (qui seront les personnes indiquées à la réception de vos œuvres).

Bonne chance à tous !


lundi 12 octobre 2020

Le rituel du cheval à bascule

Vous est-il déjà arrivé de voir des souvenirs amers refaire surface ? 
  
Comme cette fois, lorsque votre soi-disant meilleur ami vous a dénoncé à la maîtresse alors que vous lui aviez fait jurer de ne rien dire. Ou cette fois-là, lorsque vous avez vu de vos propres yeux votre animal de compagnie se faire renverser par un chauffard à moitié saoul. Vous vous souvenez de cette sensation? Ce sentiment de vengeance assez intense pour vous pousser à commettre l'irréparable. 

Ça y est ? Vous vous en souvenez ? Bien. Gardez ce sentiment dans un coin de votre tête, car aujourd'hui, je vais vous donner une seconde chance. Je vais vous faire part d'un rituel qui vous permettra de vous alléger l'esprit en changeant votre passé, en accomplissant quelque chose que vous auriez dû faire depuis bien longtemps, ou tout simplement en prenant votre revanche envers quelqu'un ou quelque chose. Le rituel consiste tout bonnement en un goûter. Enfin... Un goûter des plus singuliers, croyez-moi. 
 
Pour réaliser ce rituel, vous devrez vous munir d'au minimum deux paquets de biscuits. Ah et, très important, il faut que ce soit vos préférés.  
  
Vous emmènerez également un briquet, un stylo et pour finir un carnet entièrement vierge. Peu importe la taille ou le nombre de vos feuilles, du moment qu'il est possible d'écrire dessus. 
 
Lorsque vous serez fin prêt et que le dernier des douze coups de minuit aura retenti, vous devrez vous rendre dans le parc où vous aviez l'habitude d'aller étant enfant. J'espère pour vous que vous savez où il se situe. Lorsque vous en serez sûr et certain, approchez-vous de l'entrée. Mais avant de rentrer dans l'enceinte du parc, vous devrez faire un petit effort de remémoration : est-ce que, dans votre parc, il y avait un cheval à bascule ?
  
Si vous n'arrivez plus à vous en souvenir, vous devrez partir. Vous ne devrez pas continuer le rituel. Mais si malgré mes avertissements vous vous entêtez à poursuivre, sachez que je ne suis en aucun cas responsable de ce qui vous arrivera.  
  
Si la réponse à cette question est oui, alors vous devrez le repérer au plus vite et vous en approcher. En revanche, si la réponse est : "Non", sortez de votre poche le stylo et le bloc-notes. Imaginez à quoi ressemblerait un cheval à bascule à l'intérieur du parc et dessinez-le sur votre feuille. Enfin, vous devrez entrer dans le parc pour déposer votre dessin dans un endroit assez spacieux. Approchez la flamme de votre briquet de la feuille et écartez-vous ensuite de cet endroit. Fermez les yeux et tendez l'oreille. N'essayez en aucun cas de voir ce qui se passe tant que vous n'aurez pas la certitude d'avoir entendu un grincement venant de l'endroit où repose votre papier incandescent. Cette opération peut prendre jusqu’à vingt-cinq minutes, cela dépendra de votre foi en ce rituel. Lorsque vous ouvrirez les yeux, si tout s'est bien passé, un enfant se balancera d'avant en arrière sur sa nouvelle monture fraîchement créée. Néanmoins, si le cheval à bascule était déjà là avant votre arrivée, alors vous devrez vous-même monter dessus et commencer à vous balancer. Un enfant devrait rapidement s'approcher de vous. 
 
Lorsque vous le verrez, cet enfant vous rappellera vaguement une personne. Ses habits, sa casquette, ses lunettes vous sembleront familiers mais vous ne saurez pas exactement qui il est. Une fois que vous serez proches l'un de l'autre, si vous étiez sur la monture à bascule, vous devrez descendre pour ne pas paraître impoli devant l'enfant. N'oubliez pas que c'est son parc et que vous n'y êtes pas le bienvenu. De la même manière, si l'enfant y était, il descendra de son plein gré. Au fur et à mesure que le temps passera, les traits de l'enfant vous sembleront de plus en plus familiers jusqu'à ce que vous vous rendiez compte qu'il s'agit en réalité d'une autre version de vous. À ce moment, vous vous rappellerez de ce pour quoi vous avez fait le rituel. Toutes vos émotions resurgiront dans votre tête dans les moindres détails. 
 
L'enfant vous questionnera alors sur les raisons de votre venue. Mais ne lui répondez pas tout de suite. Tendez-lui un des deux paquets de biscuits. Il vous saisira alors soudainement la main mais ne sursautez pas, vous risqueriez de lâcher le paquet de biscuits. Vous ressentirez une froideur des plus « brûlantes », semblable à une engelure. Au risque de me répéter, ne lâchez surtout pas le paquet de biscuits, il pourrait prendre cela pour une insulte et vous gèlerait les membres un par un, provoquant un arrêt de toutes vos fonctions vitales, vous tuant sur le coup. Attendez que sa main se desserre pour y déposer les biscuits. Il les observera pendant un petit instant et vous demandera si vous voulez vous joindre à lui pour son quatre heures. Vous devrez accepter. Si vous refusez son invitation, il partira. Dans ce cas précis vous disposerez environ d'une quinzaine de secondes pour vous enfuir de ce parc avant qu'il ne revienne en compagnie d'un adulte. Ceux qui ont aperçu cet adulte témoignent l'avoir vu se tordre dans tous les sens dans un grincement semblable à celui du cheval à bascule de tout à l'heure. 
  
Cependant, si vous acceptez son offre, l'enfant s’assiéra sur un rebord non loin de l'entrée et vous posera, de manière plus amicale cette fois-ci, plusieurs questions auxquelles vous pourrez répondre si vous le souhaitez. 
  
Quand vous et le petit aurez fini de manger vos biscuits, ce dernier vous remerciera et vous demandera d'une voix réservée l’événement que vous voulez changer. Vous lui direz alors l'époque à laquelle s'est déroulé le motif de votre venue. Vous n'avez pas besoin de détailler, n'oubliez pas qu'il partage vos souvenirs. 
 
C'est alors qu'il vous y enverra. Tous ceux qui ont déjà essayé le rituel diront s'être sentis mal à l'aise dans leur corps lorsque leur version enfantine les a envoyés dans le passé, et la raison à cela est simple. Vous ne pouvez pas exister deux fois au même moment. Vous devez alors vous dépêcher de réaliser ce pour quoi vous êtes venu car si vous prenez trop de temps ou si vous oubliez ce pour quoi vous êtes là, votre malaise s'intensifiera de plus en plus jusqu’à ce que vous vous évanouissiez, et vous resterez donc perdu entre la vie et la mort pour l'éternité.  
  
Si vous réussissez à modifier votre souvenir comme vous le souhaitiez, vous serez réintégré au monde auquel vous appartenez. Vous vous trouverez là, au beau milieu du parc, mais l'enfant ne sera plus avec vous. Vous pouvez rester dans le parc ou alors rentrer chez vous si vous le souhaitez, cela n'a que très peu d'importance car le rituel est terminé. Mais méfiez-vous à présent. Il se peut que si vous passez non loin d'une aire de jeux pour enfants, vous sentiez la présence de quelqu'un, ou que vous entendiez des grincements. Ce sont là les preuves que le petit enfant vous observe. Et une chose est sûre, si vous remettez les pieds sur son terrain de jeu, il ne vous accueillera pas deux fois de la même façon. 


lundi 5 octobre 2020

La Puante

Quand j'étais plus jeune et que je rentrais chez moi, je jouais toujours au même jeu en arrivant dans mon immeuble. Si j'entendais un voisin arriver, je traçais jusqu'à l'ascenseur pour ne pas avoir à le saluer et à monter avec. Je m'imaginais que j'étais poursuivie par un monstre et je me prenais tellement au jeu que mon cœur battait la chamade. Peut-être qu'on me trouvait impolie, mais moi ça me faisait rire, et au fond ce n'était pas bien méchant.

Je suis maintenant adulte, et j'ai déménagé il y a peu dans un immeuble plus ancien, sans ascenseur. Habitant au septième étage, et trouvant la montée un peu longue, j'ai remis mon jeu au goût du jour. Dès que j'entends d'autres pas dans l'escalier, je cours pour ne pas me faire attraper par « le monstre ».

Outre ce petit côté enfantin qui subsiste, je vous rassure, j'ai un comportement tout à fait normal avec les autres humains, et je ne m'imagine pas qu'ils sont des loups-garous ou des vampires quand je leur adresse la parole. Enfin, seulement lorsqu'ils m'ennuient.

L'autre jour, alors que j'attendais quelqu'un en bas, dans la cour de l'immeuble, je l'ai vue passer pour la première fois. Grande, plutôt jolie et habillée de façon simple mais raffinée, elle est passée devant moi sans m'adresser un mot, laissant dans l'air un parfum... absolument nauséabond, comme si par-dessus une odeur fleurie s'était rajoutée une autre odeur, celle des égouts qu'on peut parfois sentir en ville après la pluie, mais en bien plus fort. Le mélange était vraiment écœurant.

Je l'ai recroisée plusieurs fois, chaque fois dans la cour – souvent elle ressortait de la cave de l'immeuble - et toujours aussi malodorante. Je ne savais même pas à quel étage elle habitait. Une fois, me fiant à mon odorat, j'ai su que c'était elle qui s'apprêtait à s'engager à son tour dans les escaliers, mais qu'elle me pardonne, j'avais à fuir le monstre avant qu'il ne me rattrape.

De toute façon, je ne sais pas ce que je lui aurais bien dit le temps qu'aurait duré cette ascension à ses côtés, c'est à peine si la Puante répondait à mes « Bonjour ! » enjoués quand je la croisais. Un peu commère, j'ai fini par en parler avec une voisine de palier et amie, lui demandant où vivait exactement cette femme et ce qu'elle faisait dans la vie. Je n'ai d'ailleurs pas hésité à la désigner par le petit surnom que je lui avais donné. Mon amie, Viviane, m'a répondu qu'elle ne voyait pas qui pouvait être la Puante, mais qu'après tout elle ne vivait pas ici depuis très longtemps.

Affaire close, donc.

Jusqu'à ce qu'un soir où j'étais au bar avec Viviane, elle me demande de lui décrire à nouveau la Puante, physiquement et olfactivement. Elle y avait repensé, et elle ne savait plus trop par quel cheminement de pensée, mais ça lui avait rappelé une histoire étrange. Son frère qui, il y a quelques années, vivait dans une autre ville, lui avait parlé d'une femme similaire. Il avait dit à Viviane qu'il croisait parfois une femme très jolie mais qui ne sentait vraiment pas bon, et que c'était dommage, parce que sans ça, il l'aurait volontiers invitée à sortir.

Le frère de Vivianne avait un coloc, Simon, qui se foutait de sa gueule parce qu'il pensait que cette femme n'existait pas, qu'il ne l'avait jamais croisée. Simon trouvait ça particulièrement étrange, parce qu'il guettait la moindre représentante de sexe féminin qui franchissait le pas de la porte de leur immeuble, donc il ne voyait pas comment il aurait pu ne pas la voir depuis le temps que le frère de Viviane en parlait.

Finalement, un jour, il l'a lui aussi croisée dans la cour de son immeuble. Puis, il l'a recroisée une deuxième et dernière fois. Simon rentrait d'une soirée bien arrosée, il titubait et peinait à garder les idées claires.

Il montait les escaliers jusqu'à son appartement au quatrième comme il pouvait, quand il a entendu des pas derrière lui. C'était la Puante, bien que lui ne l'appelait sans doute pas ainsi. Ignorant l'odeur, il s'est arrêté et lui a lancé un sourire charmeur.

Elle s'est alors jetée sur lui, bien trop vite pour que ses yeux ou son cerveau n'aient pu traiter l'information. Simon a ressenti, malgré l’anesthésie de l'alcool, une vive douleur à la cuisse, et quand il a posé le regard dessus, il a vu la femme en train de la lui déchiqueter, ses dents anormalement longues et aiguisées s'acharnant sur la chair, les muscles et mêmes les os. Elle ne mangeait pas sa jambe, elle en faisait juste des lambeaux qui virevoltaient et se posaient avec de petits bruits timides dans les escaliers en bois. Alors qu'elle allait maintenant s'attaquer à l'autre jambe, Simon a hurlé de toutes ses forces. Un voisin a accouru, paniqué. La scène avait duré moins d'une minute.

Quand le voisin est sorti, la Puante avait disparu. Simon a perdu connaissance, et s'est réveillé à l'hôpital. Bien sûr, comme toujours dans ce genre d'histoire, on n'a pu retrouver de trace de l'existence de la Puante. Bien qu'il était indéniable qu'une chose horrible s'était produite ce soir-là, il n'y avait aucune preuve que quelqu'un était responsable de l'état de Simon et des restes de sa jambe répandus partout dans l'escalier. Aucune trace d'ADN ni d'une quelconque autre preuve. Le frère de Viviane avait confirmé avoir vu plusieurs fois cette femme dans l'immeuble, mais il était tout de même sceptique quant au fait que ce soit elle qui ait fait ça à Simon. Il était tellement alcoolisé, comment se fier à ses dires ? De plus, le choc avait pu altérer ses souvenirs et à quelques pas de là, un réseau de combats de chien avait été découvert, avec de nombreuses pauvres bêtes enragées. Ça n'expliquait pas tout, ni l'absence de bave canine retrouvée  sur les lieux du drame, mais c'était du moins une explication un peu plus crédible.
 
Cette énigme délirante n'avait pas aidé Simon à passer à autre chose, et il avait fini par déménager. Bien que ni l'un ni l'autre n'aient plus jamais revu la Puante, Simon était constamment angoissé de se trouver dans cet immeuble, et il en voulait au frère de Viviane de ne pas l'avoir cru.

Viviane m'a dit que ni elle ni son frère ne pouvaient se résoudre à croire les faits racontés par Simon, ils étaient partisans de l'idée qu'il avait déliré à cause de la douleur, peu importe ce qui avait pu causer l'accident. Je lui ai demandé si elle pensait que ça pouvait être la même Puante, mais elle a rigolé en me disant de ne pas avoir peur. Je lui ai dit que je n'avais pas peur, et que j'adorais les histoires d'horreur, surtout si je pouvais redouter qu'elles soient vraies. Viviane a décidé de se lancer dans une tournée des bars avec des amies à elles que je ne connaissais pas, alors j'ai préféré rentrer.

J'ai beau aimer les histoires d'horreur un peu trop vraies pour bien dormir, en courant dans les escaliers ce soir-là pour échapper au monstre qui pourrait se trouver à mes trousses, mon cœur battait encore plus vite que quand je jouais à ce jeu enfant.

Je ne croise pas souvent la Puante et peut-être n'est-ce qu'une coïncidence, mais que se passera-t-il si un jour je ne cours pas assez vite ?