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vendredi 9 novembre 2018

Je vous appelle pour vous informer

- Bonjour ?


- Bonjour, c'est bien Karen Maitland à l'appareil ?


- Oui, c'est bien ça.


- Heu... je suis désolé d'appeler si tard... C'est juste que... Hum... Je connais votre fille ?


- Est ce que Anna va bien ?


- Oh, heu... Non, Je... L'autre... Je vais au collège communautaire avec Sarah ?


- Oh... D'accord. Bon. Et vous vous situez vers où ?


- Chicago.


- Chicago ?


- Hah, de par votre réaction je peux deviner que Sarah a toujours été une sorte de loup solitaire.


- Ah, oui. On peux dire ça, en effet... Mais c'est bien d'entendre qu'elle a quelques amis là-bas. Je peux vous demander la raison de votre appel ?


- Et bien, je vous appelle pour vous demander si vous êtes entrée en contact avec Sarah récemment.


- Hum... non... Pas vraiment. Elle a en quelque sorte... coupé les ponts il y a pas mal de temps. Je lui ai toujours dit qu'elle pouvait, si elle le voulait... Je n'ai pas changé de numéro de téléphone, juste au cas où. Mais, je pense qu'elle... a probablement changé le sien maintenant.


- Je suis désolé. Ça, heu... ne lui ressemble pas trop. Bien... écoutez, je suis désolé de vous l'apprendre, mais Sarah est portée disparue.


- Quoi ? Comment ça, disparue ? Depuis combien de temps ?


- Heu, depuis presque trois jours.


- Trois jours ? Ok bah heu... Mais... Je veux dire... Qu'est ce qui se passe, des gens la recherchent ?


- Et bien, c'est ça le truc, je... je ne pense pas. Je veux dire... Vous savez qu'elle n'est pas très sociable... donc elle n'a pas vraiment d'amis proches. Et elle est très souvent absente. Alors c'est comme si personne n'avait remarqué. J'ai averti la police, mais elle ne semble pas être disposée à pousser l'enquête trop loin.


- Mais c'est... Elle a toujours été un peu antisociale ! Mais ça ne veut pas dire qu'ils n'ont pas à... Écoutez, pouvez-vous me donner le nom de votre Campus ? Je prends un avion dès ce soir, je pourrais ainsi y être demain après-midi.


- Bien sûr, c'est le Campus WestGate. J'appelais juste pour vous avertir, car, honnêtement c'est heu... C'est vraiment bien de voir quelqu'un prendre cette affaire au sérieux.


- Bien sûr... Merci beaucoup de me l'avoir dit.. Je... J’apprécie vraiment le geste.


- Non, honnêtement, c'est moi qui devrais vous remercier. J'ai, heu... J'ai déjà fait ça plusieurs fois dans le passé et... Ce n'est vraiment pas marrant si tout le monde s'en fout.


- Pardon ? Que voulez vous dire ?
  Allo ?

 Traduction : Kamus

Source

mercredi 31 octobre 2018

Le documentaire de CFTC - Creepypastas : Un regard français

Après quelques semaines de travail, des idées farfelues mais qui ont tout de même débouché sur quelque chose, des sueurs froides, des imprévus et une collaboration rocambolesque, nous avons fini par monter sur pied un projet dont nous ne sommes pas peu fiers : le premier film documentaire francophone sur les creepypastas réalisé de l'intérieur de cet univers ! Nous espérons que vous l'aimerez autant que nous avons aimé y contribuer. Sur ce, joyeux Halloween à toute la communauté de la part de l'ensemble de l'équipe !




lundi 29 octobre 2018

Le procès de Jonh Fargo

Les événements relatés ici se sont déroulés le 12 juillet 1998, dans un tribunal de la ville de San Diego, en Californie (Etas unis). Par respect pour la vie privée des intervenants, tous leurs patronymes ont été remplacés par de faux noms.
Ainsi donc, le 12 juillet 1998 a eu lieu le procès de Jonh Fargo, accusé de multiples meurtres. En effet, entre 1987 et 1997, il se serait rendu coupable de la mort de 13 personnes, dont 3 enfants. Lorsqu'il a été arrêté, il se trouvait dans une maison voisine à celle ou s'était récemment produit le meurtre de toute une famille, maison à laquelle il avait déjà commencé à mettre le feu.
Pour cette audience, une grande partie de la Police de San Diego avait été mobilisée afin de sécuriser l'endroit, car énormément de personnes, parmi les famille des victimes, auraient pu tenter d'attenter à la vie de l'accusé avant l'heure.
Ce jour là, tous les yeux étaient rivés sur ce tribunal.

Sans attendre, voici une retranscription de ce qu'il s'est dit lors de ce fameux procès.

"Monsieur Fargo, vous êtes accusé d'avoir commis au total 13 meurtre, entre le 18 février 1987 et le 22 avril 1997. Vous êtes également accusé d'être à l'origine de 9 incendies à caractère criminel. Qu'avez vous à répondre à ces accusations ?
- Maître, je plaide coupable pour les incendies. C'est en effet moi qui ai incendiés ces maisons. Par contre, je nie totalement les accusations de meurtre. Ce n'est pas moi qui les ai commis.
-Vous confessez donc avoir incendiés ces maisons. Mais, comme vous le savez, ces maisons était toutes voisines à celles où les meurtres ont eu lieu. Cela ne peux pas être une coïncidence. 
- Et si ça l'était ? C'est tout à fait possible, et, sauf erreur de ma part, vous n'avez aucune preuve me reliant aux meurtres. Maître, je pense que vous avez mieux à faire que d'être ici à m'accabler de faits que je n'ai pas perpétrés.
- Monsieur Fargo, je suis ici pour faire mon travail. J'ai d'ailleurs des documents qui attestent d'un évident lien entre ces crimes et vous.
Le 18 février 1987, un couple est tué dans sa maison de Los Angeles. Or, la maison voisine avait pris feu quelques minutes avant les faits. Sur place, nous avons retrouvé vos empreintes sur la boîte aux lettres. Est-ce là une coïncidence, monsieur Fargo ?
- Et bien, je...
- Le 24 Juin 1989, toute une famille trouvée démembrée dans leur maison de Sacramento. Quelques minutes avant, la maison de leur voisin avait été incendiée. Une nouvelle fois, vos empreintes ont été retrouvées sur place. Encore une coïncidence ?
- Mais...
- Le 1er Novembre 1990, à San Francisco, une femme est trouvée morte à son domicile. Elle avait été éventrée. Devinez quelle maison a été incendiée quelques minutes plus tôt ? Et quelles empreintes ont été relevées, cette fois encore ? Voulez-vous que je continue la liste des "coïncidences", monsieur Fargo ?
- Très bien, mais cela ne constitue toujours pas la preuve formelle que je suis à l'origine de tous ces meurtres. Comme je l'ai déjà dit, je suis sûr que vous avez mieux à faire que d'être ici à m'accuser sans preuves plus tangibles. Vous pourriez être avec votre famille, par exemple.
- Ne vous moquez pas de nous, monsieur Fargo. Ces "coïncidences" suffisent amplement à vous lier aux meurtres. Je vous conseille de coopérer. Si vous nous dites la vérité sur ces meurtres, peut-être que vous ne serez pas condamné à mort, et écoperez simplement de la réclusion à perpétuité. La balle est dans votre camp, monsieur Fargo.
- Très bien, très bien, je me rends. Je vais tout vous expliquer, car quoi que je fasse, je sais que je ne serais plus jamais un homme libre. Vous avez raison, ce ne sont pas des coïncidences. Mais je continue à le clamer: je n'ai tué personne. 
- Vous êtes donc complice ?
- Je ne peux le nier. Vous savez, en Californie, il y a énormément de patrouilles de Police. Et beaucoup de maison sont équipées d'alarmes, rendant les cambriolages difficiles.
- C'est un fait. Dans le rapport, il est indiqué que les alarmes des maisons où ont eu lieu les meurtres ont toutes été déclenchées les jour des crimes.
- Et tous les policiers se sont rendus sur place... Leur attention ne s'est portée que sur la maison en feu, bien évidemment.
- Vous étiez donc un leurre ? Vous faisiez en sorte de diriger les forces de l'ordre vers la maison en feu et non vers celle ou se déroulait le meurtre ? Mais pour quelle raison ? Pourquoi diable voudriez-vous aider quelqu'un à tuer toutes ces personnes ?
- Par... amour. Vous savez, quand on aime quelqu'un, on le prend entier, avec tous ses défauts... J'étais, et je serais toujours, prêt à tout pour lui. Il était adorable, mais il avait quelques petites pulsions, qu'il ne pouvait pas cacher. Je l'ai donc aidé à les satisfaire, quand je sentais qu'il était sur le point d'exploser.
- Vous avez donc allumé ces feux pour distraire les forces de l'ordre pendant que votre amant massacrait de pauvres innocents dans la maison d'à côté... Vous êtes complètement fou.
- Fou d'amour, oui. 
- De plus, vous irez - au mieux - en prison pour le reste de vos jours, alors que votre amant se promène toujours librement, dehors. Savez-vous où il pourrait se trouver ?
- J'ai ma petite idée, oui.
- Et bien ?
- Disons que mon ultime acte d'amour s'achève maintenant. Vous savez que la plus grande partie de la police de San Diego se trouve ici aujourd'hui, n'est-ce pas ?
- Et alors ?
- Je vous l'avais dit, Maître. Vous avez mieux à faire que d'être ici aujourd'hui. Je vous l'ai répété."

L'avocat était alors devenu livide, et s'était précipité hors de la salle pour téléphoner à sa famille. Peine perdue, car on su plus tard qu'elle avait été tuée pendant le procès.
Jonh Fargo a été condamné à perpétuité pour sa complicité lors des meurtres commis par son amant, qui n'a jamais été retrouvé.
Il a finalement été assassiné en prison par le frère d'une des victimes, quelques années plus tard.

vendredi 26 octobre 2018

Le photomaton de San Fernando

Pendant une période qui a duré presque trois mois, s'étendant d'Avril à mi-Juin 2002, un photomaton situé dans le Centre Commercial de Steltson Oaks Mall, dans la vallée de San Fernando (Los Angeles) n'a produit que des photos du même homme, et ce peu importe la personne qui utilisait la machine.



Cet homme semblait toujours regarder en face de lui, avec un visage dépourvu d'expression. Il était compliqué de déterminer son âge avec précision, même si il a été convenu qu'il devait être, sinon un adolescent, un jeune homme aux alentours de la vingtaine. Au début du mois de Juin cependant, les photos de l'homme ont commencé à être produites avec bien plus de rapidité qu'auparavant, et ont changé peu à peu. 



Les photos se sont progressivement transformées. En effet, les yeux de l'homme ont changés peu à peu et le reste de l'image semblait toujours se déformer davantage. Au final, la machine à fini par être retirée du centre commercial à force de plaintes des clients, beaucoup d'entre eux affirmant avoir été réellement choqués par les photos, et auraient dit avoir fait des rêves impliquant l'homme qui que l'on y voyait. Actuellement, l'endroit où se trouve la machine n'est pas connu publiquement.

Malgré tout, les photos en question étant très prisées sur le marché, elles sont encore trouvables en quantité dans des magasins spécialisés en objets étranges.



Traduction : Tac


Source

vendredi 19 octobre 2018

Changements

Quelque chose ne va pas. Tout a l'air si réel... Pourtant, ma famille me dit que c'est dans ma tête. J'essaye de m'en persuader mais rien n'y fait, je crois qu'il se passe quelque chose.

Tout a commencé par une mélodie que ma femme avait l'habitude de siffler en cuisinant, toujours la même. Je n'ai plus le nom, c'était une jolie mélodie, douce, ça l'aidait à se concentrer, disait-elle. Une sorte de rituel porte-bonheur ou quelque chose comme ça. Mais ce matin, la mélodie avait changé, et son sifflement était devenu faux, il m'agressait presque. Je ne voulais pas la vexer, mais ça devenait une obsession, je n'arrivais même plus à me concentrer sur autre chose ! C'était tellement faux... tellement aléatoire... Heureusement, elle a fini par servir le repas, et tout est rentré dans l'ordre.

Le lendemain ça recommençait. Une mélodie fausse, sans air précis. Cette fois, je n'ai pas pu m'en empêcher et je lui ai demandé quelle était cette mélodie, et pourquoi elle avait changé sa chanson fétiche. Elle a alors marqué un temps d'arrêt et s'est retournée vers moi, les yeux ronds et les sourcils haussés. "De quoi tu parles ?" m'a-t-elle demandé. "J'ai toujours sifflé la même chose, depuis qu'on se connaît". Une sensation de malaise s'est alors emparée de moi, comme si tout mon sang s'était figé en une seconde. J'ai ris nerveusement et suis retourné à mes activités, comme si de rien n'était... Du moins, j'ai essayé. Quelques minutes après, mon fils et rentré, et ma femme cuisinait toujours en sifflant. Je me suis alors jeté sur lui en lui demandant s'il trouvait que maman avait changé de mélodie. "N'importe quoi, c'est toujours la même foutue mélodie depuis des années, si seulement elle pouvait en changer !" Mon sang s'est à nouveau figé. J'étais en train de devenir fou ou quoi ?!
Les trois jours suivants se sont passés normalement, enfin, mis a part cette nouvelle mélodie, mais j'essayais d'occulter ce "détail". Cependant, le quatrième jour, quelque chose a attiré mon attention. La voix de ma femme était devenue un peu rauque, comme celle d'une fumeuse. A table, pendant qu'elle parlait, je lui ai donc demandé si elle avait pris froid pour avoir une voix aussi grave. Mes deux gosses et ma femme se sont m'ont alors fixés avec incompréhension, interloqués. Mon fils a regardé sa soeur en roulant des yeux. Avec un sourire, ma femme a pouffé de rire : "Oulala, tu es fatigué toi, tu devrais prendre quelques jours !". Cette réplique a visiblement beaucoup amusé les gosses. Nerveusement, je me suis donc mis à rire avec eux, pour ne pas attirer l'attention, mais je me sentais affreusement mal. Je commençais à péter les plombs, il n'y avait pas d'autre explication.
Mais bon, c'étaient des détails, alors j'ai  de nouveau mis ça de côté. Mais malheureusement, la semaine suivante s'est révélée bien plus perturbante. Cette fois, ça a été au tour de mon fils et de ma fille. En fait, ils étaient bruns comme moi, à mon grand désespoir d'ailleurs, car j'ai toujours rêvé qu'ils aient les beaux cheveux blonds de ma femme. Alors quand je les ai vus franchir le seuil de la porte, les cheveux blonds comme les blés, j'ai eu un choc. Je me suis alors tourné vers ma femme, lui demandant si elle leur avait donné l'autorisation de se faire une couleur sans me consulter, même si ce n'était pas dans son habitude. Et évidemment, elle a posé sa main sur mon front, haussant les sourcils. "Chéri je commence vraiment à m'inquiéter, je pense que tu devrais consulter". , Repoussant sa main, j'ai persisté dans ma demande d'explications. Sa réponse m'a alors fait froid dans le dos. "Tu sais bien que nos enfants ont toujours été blonds !".


Résolu, j'ai le jour même pris rendez-vous chez mon psy, qui m'avait soigné pour une dépression il y a deux ans de ça. Une fois là-bas, j'ai évidemment voulu lui serrer la main, mais, avec stupéfaction, je me suis rendu compte qu'à la place de son bras droit, il n'y avait qu'un moignon. Voyant mon trouble, il me jeta un regard peu amical, je l'avais visiblement froissé. "Je suis désolé, je ne savais pas pour votre bras... Que vous est-il arrivé, si ce n'est pas trop indiscret ?". Il s'est alors assis en fronçant les sourcils, tout en se passant la main gauche sous le menton. "Un accident quand j'avais cinq ans. Depuis le temps, vous devriez vous en rappeler" Frappé de plein fouet par cette déclaration, j'étais pétrifié, liquéfié sur ma chaise, ne sachant plus que répondre. Voyant ma détresse, soupira, puis essaya de me le rappeler. "On en avait même parlé à plusieurs reprise, il m'arrivait de faire le parallèle entre mon membre manquant et votre manque de confiance en vous". Voyant que cela ne m'aidait pas du tout, il a poursuivi : "Rappelez-vous, je vous disais qu'à chaque malheur, il y a une solution".


Mais rien n'y faisait. Je le voyais toujours me serrer la main au début et à la fin de chaque séance. Il était droitier et non pas gaucher, et était donc censé avoir sa main, bordel ! Inquiété par mon état de confusion, il m'a prescrit un traitement. Pour lui c'était sans doute le stress qui parasitait mon esprit. Mais pour moi, c'étaient des conneries, je n'étais pas du tout stressé... Mais bon, c'était quandême lui le professionnel, alors j'ai pris mon traitement.


Deux semaine plus tard, rien n'avait vraiment changé. Ma femme avait toujours cette voix rauque, sifflait toujours cette horrible mélodie, et mes gosses étaient toujours blonds. Mais au moins, rien ne s'était ajouté au tableau. Du moins, avant ce fameux après-midi où ma fille est revenue du collège. À première vue, rien n'avait changé, jusqu'à ce qu'elle me sourisse. Elle qui avait toujours eu un sourire magnifique, les dents blanches et bien alignées, m'offrait aujourd'hui un spectacle bien différent. Des dents courtes et étroites, espacées de plusieurs millimètres, étaient alignés là où hier encore se tenait une dentition éclatante. C'était horrible, et elle continuait de sourire, de rire la bouche grande ouverte, et tout le monde la regardait comme si tout était normal. Putain. Je n'ai pas pu m'en empêcher, je l'ai coupée alors qu'elle racontait sa journée à sa mère. "Il s'est passé quoi avec tes dents ?! N'allez pas encore me dire que c'est normal !". Tous étaient ébahis. Ma fille est alors tombée en sanglots, et a couru dans sa chambre, suivie de ma femm, qui m'a lancé un regard noir avant de disparaître dans la cage d'escalier. Seul mon fils était resté là à me fixer, l'air ahuri. "C'est quoi ton problème depuis quelques temps ? Tu sais bien qu'elle a une malformation depuis sa naissance ! C'est déjà assez dur pour elle, et toi t'en rajoutes !" Furieux, il s'est à son tour levé pour la rejoindre.

Je me suis alors affalé sur le canapé, la bouche ouverte, les yeux dans le vide. Je devenais fou, j'avais l'impression d'être entouré d'étrangers. Un éclair m'a alors traversé l'esprit. "Les photos !". On avait des photos sur tous les murs de la maison, et des albums pleins dans le meuble du salon. Me levant d'un bon, j'ai commencé par aller voir celles des enfants accrochées sur le mur. Les larmes me sont montées aux yeux presque immédiatement. Leurs cheveux étaient plus blonds que jamais, et la bouche grande ouverte de ma fille abritait ses affreuses petites dents qui paraissaient presque affûtées, sur cette photo. C'est la dernière chose donc je me souviens avant mon blackout. D'après "ma femme, j'ai perdu connaissance pendant presque 4 heures. Dès mon réveil, j'ai espéré que tout cela n'ait été qu'un mauvais rêve, que j'allais voir le beau sourire de ma fille et entendre la douce voix de ma femme d'ici quelques instants. Au lieu de ça je ne vis que mon fils, les bras croisés, assis sur le fauteuil à côté adjacent. Il me fusillait du regard.

Je me suis redressé tant bien que mal, et la tête me tournait horriblement. "Ça va mon grand ?" Mais il continuait de me fixer sans dire un seul mot. Cela a duré pendant de longues minutes, et j'aurais pu jurer qu'il n'avait pas cligné des yeux une seule fois. "Thomas, pourquoi tu me regardes comme ça ? Si c'est par rapport à ta soeur, je suis désolé". Il s'est alors mis a rire, même si ça n'avait rien d'un rire normal. On aurait dit un fou, ses yeux étaient presque révulsés, et son corps se contractait bizarrement. Il s'est mis à taper sur le fauteuil avec une violence que je ne lui connaissais pas. Ma femme a alors déboulé comme une furie dans la chambre, les bras en avant, suppliant mon fils de se calmer, que tout allait bien se passer. Il s'est légèrement apaisé. Au même moment, ma fille est arrivée en courant dans la chambre, les mains sur la tête. "Putain je suis désolée!" Ma femme s'est alors retournée vers elle, furieuse. "Marie, tu sais très bien qu'il ne faut jamais laisser sa porte ouverte ! J'espère que t'es contente de toi !" Elle a alors tenté de ramener mon fils, dont la bave coulait du coin de la bouche. Il me fixait toujours. Sans délicatesse, je me suis alors exclamé : "C'était quoi ça !" Ma fille a momentanément semblé surprise par ma question, avant de secouer sa tête. "Tu bosses tellement que tu ne te rends même pas compte de la situation." Elle m'a alors appris que son frère était autiste depuis toujours. Puis, sans un mot de plus, elle m'a laissé seul avec mon incompréhension.

Depuis, j'en suis là, je vis avec une femme dont la voix m'est inconnue, une fille à la mâchoire difforme, et un fils autiste, assisté dans chaque tâche quotidienne par sa mère. Et moi je suis spectateur, tentant de ne rien laisser paraître face à ces inconnus. Je ne saurais dire si mon cerveau se déglingue ou si c'est quelque chose de plus compliqué que ça, mais en faisant quelques recherches je me suis rendu compte que je n'étais pas seul. J'ai recensé beaucoup de cas similaires au mien. Je crois que quelque chose se trame, quelque chose qui nous dépasse tous.
 Alors faites attention autour de vous, repérez les moindres petits changements qui au départ peuvent vous sembler insignifiants. Soyez observateur, car vous pourrez bientôt vous retrouver entourés d'étrangers.

lundi 15 octobre 2018

Le neveu de mes rêves

Il y a quelques nuits, j’ai rêvé que mon petit frère avait un fils.

C’était vraiment étrange comme sensation. Cet espèce d’univers onirique qui ne fait sens que tant que l’esprit dort, et qui au réveil s’évapore pour ne laisser qu’une confusion persistante, insoluble. Celui-ci était relativement normal, comparé à d’autres que j’avais pu avoir. Je ne sais pas qui était la petite amie de mon frère, mais elle n’était plus dans les parages. Il élevait seul son enfant, tant bien que mal, à l’aide du soutien de sa famille; nos parents et moi. Une situation plutôt commune pour un rêve, me direz-vous ? Pas vraiment.

Mon petit frère a quinze ans.

Tout de suite, c’est moins probable. Pas impossible, cela dit.

J’ai souvent rêvé d’enfants que j’aurais eu très jeune, ça semble être un thème récurrent dans ma psyché. Je les note dans un carnet, mon psychiatre m’a conseillé de le faire quand j’avais l’impression qu’une signification importante s’y dissimulait. En tout, il y en a eu trois : lorsque j’avais douze ans, puis quatorze, puis quinze. Les deux premiers, j’avais une petite fille : la première blonde comme moi, la seconde brune. Mais le troisième rêve, ce fut un garçon, blond lui aussi. Je ne me souvenais jamais du reste, chaque fois, le songe s’évanouissait dans l’obscurité, je n’avais alors pour tout souvenir que des bribes d’images et des impressions.

Mais ce rêve-ci, où c'était au tour de mon frère d'être parent, était plus vif, plus fort. Moins réaliste, aussi. J’en ai noté tous les détails quelques pages plus tôt. L’encre coulait à flot sur le carnet tant j’avais peur d’oublier, si bien que le résultat est un amas de mots sans forme. Je vais essayer d’être plus claire ici :

L’enfant n’avait pas de nom, mais ce n’est pas surprenant. Aucun des enfants de mes rêves n’était nommé. En revanche, j’ai en souvenir sa tête ronde et potelée, ses cheveux aussi blonds que ceux de mon frère et moi quand on était plus jeunes, presque blancs, lumineux. Et des yeux gris-bleus, aussi, si familiers. Probablement ceux de sa mère inconnue, les yeux de mon frère sont plus clairs. Il avait entre deux et trois ans, ce qui ne m’avait pas choqué sur le coup, avant qu’un ami à qui je racontais cela me fasse remarquer que cela voulait dire que mon frère avait entre douze et treize ans lors de la "conception". Détail dérangeant.

Je me souviens aussi que vers la fin du rêve, un monstre voulait l’enlever. Une créature des ombres dont l’apparence m’échappe. Je me souviens aussi avoir alors éprouvé une forte colère. Une bouffée d’affection absolue et inconditionnelle, si forte. Je n’ai qu’un souvenir de cette émotion forte, pas vraiment d’une bagarre ou d’une scène précise qui aurait pu en découler. Mais j’aime à penser que le moi onirique s’est battu pour préserver son neveu. La fin, cependant, je m’en souviens : la créature enlève avec violence le fils de mon frère, ne laissant derrière elle qu’un berceau vide, éclaté et ensanglanté. Tous deux retournent aux ombres. Aux ombres.

Le plus étrange en fait, ce n’était pas ce rêve, c’était au réveil. Je me suis levée pleine de détresse, comme si ce rêve était un souvenir, puis mon cerveau a ordonné sa propre remise en fonction, et je me suis calmée. Mais la bouffée d’affection était encore là, bien présente. Jusqu'à ce que je réalise que l’objet de cette affection n’existait tout bonnement pas.

J’ai passé le reste de la journée dans un état confus, indescriptible, très désagréable. La boule au ventre, un début de nausée qui devait résulter d’un mélange entre perplexité, tristesse et amour. Comme si mon cœur cherchait toujours cet être pour qui j’aurais pu, l’espace d’une nuit, donner ma vie, alors qu’il n’avait jamais existé dans cette réalité.

J’ai demandé à mes parents, la même journée, ce qu’ils feraient si l’un d’entre nous avait un enfant à notre âge. Ma mère a écarquillé les yeux comme elle sait si bien le faire, avant de faire le signe de croix. Je déteste quand elle fait ça, déjà parce que ça la fait ressembler à une grenouille aux grands yeux de pierre grise et froide, mais aussi parce que ça veut généralement dire que je vais être engueulée juste après. Cette fois-là, elle m’a simplement dit qu’ils seraient extrêmement déçus de notre comportement, mais qu’ils essayeraient au moins d’élever l’enfant, plutôt que de proposer une adoption sous X, le dernier recours.

Il n’a jamais été question d’avortement.

Mes parents sont très religieux, à leur manière. Ils ne vont pas communier dans des lieux sacrés, mais prient très souvent dans le grenier, le matin – sans nous, nous n’avons pas le droit d’aller dans le grenier – et dans leur chambre à coucher le soir. Avant, tous les dimanches soirs, je devais participer au même manège : mes parents fermaient portes et fenêtres dans leur chambre, allumaient l’encens - beaucoup trop d’encens - tellement que ça enfumait la pièce et me troublait la tête, et me laissaient prier en solitaire, à genoux devant leur lit. Des heures durant. Je détestais cela. C’était ennuyeux au possible, et l’odeur et l’effet des plantes me faisaient tourner de l’œil et rendaient mon esprit confus. Après chaque séance, j’avais les muscles ankylosés à force d’être restée sans rien faire, tout mon corps me faisait mal, même aux endroits les plus incongrus.

Une fois, j’ai voulu éteindre l’encens parce qu’il me gênait pour prier. Pour une raison ou pour une autre, mon père est entré dans la pièce avant la fin de l’heure sacrée – il ne faisait jamais ça normalement. Quand il a vu que j’avais aéré la pièce et tout éteint, il s’est énervé très fort. Ses sourcils bruns sont le seul élément qui trahissent ses émotions, et ce soir-là, ils ont dansé comme jamais.

Ce rituel a continué jusqu’à mes seize ans, date à laquelle ils ont dit me penser assez grande pour agir comme je le voulais. J’ai arrêté complètement les prières, ça ne les a pas dérangés plus que ça. J’en ai dix-neuf aujourd’hui. Mon petit frère, par contre, subit le même traitement, et c’est obligatoire. Mes parents sont très sévères. Je n’ose pas imaginer leur réaction si l’un de nous deux revenait à la maison avec un nouveau-né, à notre âge et dans notre situation actuelle, nous qui vivons tous deux avec eux.

Je ne leur ai jamais posé trop de souci de ce côté-là, de toute façon, je n’ai jamais eu de petit ami, ou de petite amie pour ce que ça change. Je n’ai jamais été très sociable non plus, les gens me font peur et je fais peur aux gens. J’ai des troubles. Il faut aussi y ajouter mes difficultés scolaires, de concentration et de compréhension, ce qui n’aide pas. En général, les gens me prennent soit pour une tarée, soit pour une demeurée. Je suis peu propice à la romance. De toute façon, le contact physique et l’intimité sexuelle me dégoûtent.

*** 

J’ai parlé à mon frère de ce rêve. Sans surprise, il m’a regardée avec de grands yeux. On en a beaucoup ri après, mais j’ai senti qu’il était mal à l’aise. Il a déjà eu une petite amie, une seule, avec laquelle il a rompu après plusieurs mois de relation. Je sais qu’ils l’ont déjà fait, et justement, ça l’a fait paniquer, il avait peur justement que nos parents ne découvrent quelque chose, ou qu’elle tombe enceinte. Il a peur des enfants, mon petit frère. C’est étrange à dire, mais c’est comme ça. Quand il voit un tout petit passer, il s’écarte un peu, son visage change. Il a l’air en détresse, hanté.

Moi j’adore les enfants, mais de loin. Être près d’eux, ça me fait mal.

Je crois que je devrais arrêter de lui raconter mes rêves de folle. Il n’aime pas ça.

L’impression étrange et l’affection liés à mon rêve se sont dissipées, mais pas leur souvenir. Je vois mon psychiatre lundi prochain. Il est temps. Mon obsession grandissante pour le grenier ne s’améliore pas, et mes phobies obsessionnelles non plus. Mon cerveau est étrange. Je dois éteindre la lumière de ma chambre une quinzaine de fois chaque soir, sinon je n’arrive pas à fermer l’œil. Si je ne le fais pas, je pense au grenier, et ça me fait peur. Là où se trouve la chapelle de mes parents. Là où je n’ai jamais pu mettre les pieds.

Là où je ne veux pas aller, où j’ai peur de me rendre de moi-même si je ne fais pas clic-clac, la lumière. Peut-être que je m’y tuerai si j’y allais. Généralement, le clic-clac, je fais ça pour ne pas penser à faire des choses malsaines, ou à des images dérangeantes ; des choses que je ne ferais jamais dans la vraie vie, mais auxquelles je ne peux m’empêcher de penser. Mon cerveau est étrange, oui. Les pensées intrusives. Brrrr

*** 

J’ai fait le clic-clac treize fois, et ensuite mon ampoule a grillé. J’ai appelé mon père pour qu’il la change, mais il m’a dit d’aller dormir. Je ne vais pas dormir. Pas sans les deux derniers clic-clac.

Je vais écrire ce qui me passe par la tête.

Ce soir, c’est le grenier on dirait.

Je devrais prendre mes médicaments, mais ils empirent parfois les choses. Il faut les prendre avant les crises, m’a dit le psychiatre. Là, je suis en pleine crise, donc peu utile. Faudrait voir. Si je prends ou pas, qu’est-ce qui va se passer ?

Je ne vais pas les prendre. En réalité, je ne pensais pas vraiment le faire. Je l’ai fait une ou deux fois, dans ce genre de situations, mais plus jamais. Je prendrai la bonne dose demain matin, comme d’habitude. Cette nuit, tout ira bien.

Tout ira mal.

J ai je veux aller au grenier. Pas envie plutôt besoin. Je n ai jamais obéi a ce besoin avant Mais aujourdhui ça passe dans ma tête sans fin

Il y a quelque chose au grenier qui appelle et qui attend

Je n ai pas peur du grenier J ai surtout peur de ce que j y ferai. Pourquoi mon cerveau veut y aller c est ça qui fait peur.

*** 

Je suis allée au grenier

Cétait noir

Il y avait des berceaux quatre brisés et en sang

et une porte sur les ombres

*** 

Ma mère a lu mon journal. Elle n’a même pas essayé de le cacher. Elle est venue me voir, cahier en main, me l’a rendu. Elle n’a pas fait le signe de croix, ni ses yeux de grenouille, ses yeux bleus-gris si familiers.

Si familiers.

Elle m’a dit que j’allais reprendre les prières.

Je ne pense pas que je verrai mon psychiatre lundi.

vendredi 12 octobre 2018

Programme de nuit

Originellement posté par l’utilisateur James_Bigun12 


Ça faisait longtemps que je cherchais un endroit où raconter ça, ça a l’air parfaitement à sa place ici.


Je pense que tous ceux qui regardaient Gulli il y a quelques années verront de quoi je parle. Pour les autres, il faut savoir qu’à l’époque cette chaîne n’était pour ainsi dire pas « active » durant la nuit. De minuit à 6h du matin, les programmes de dessins animés et autres joyeusetés étaient à l’arrêt, ce qui est assez compréhensible pour une chaîne orientée pour les moins de 16 ans. A la place, il y avait une séquence animée avec le logo, représenté en train de dormir en boucle dans une petite animation. Malheureusement, je n’ai pas réussi à trouver un enregistrement de ce dont je parle, si quelqu’un a un lien pour illustrer mon propos, je lui en serais extrêmement reconnaissant !


EDIT : merci teddy.rgt à qui a trouvé une vidéo (pas vraiment de qualité il est vrai x) ) du programme nocturne dont je parle : http://youtu.be/njwsMCqxrow 


Bref, j’ai pris connaissance de cette animation l’un des premiers soirs où j’ai laissé mon fils seul à la maison (il devait avoir 7-8 ans à l’époque). J’étais en effet parti répéter avec ma fanfare et la baby-sitter avait eu un empêchement. Je lui ai fait cuire une pizza, et autorisé à regarder la télé jusqu’à ce que je rentre. Autant dire qu'entre La famille pirate et les Zinzins de l’espace, mon fils était aux anges..

Je suis rentré le plus tôt possible pour ne pas le laisser seul trop longtemps, mais hélas, il était déjà 1h du matin bien tassé. Je pensais le trouver endormi sur le canapé, la télé encore allumée, comme à son habitude, mais à ma plus grande surprise, il était on ne peut plus éveillé.

Bien sûr, Gulli était encore allumée, mais j'ai découvert, assez décontenancé, que la télé ne faisait que diffuser le fameux logo en boucle. Pourtant, mon fils avait l’air totalement captivé. Pendant que je déposais mes affaires, mon fils restait silencieusement regarder cette animation fixe, le bruitage de nuit et de ronflements remplissant le silence de notre salon. Cela avait bien duré 5 minutes, ce qui m’a interloqué. Mon fils qui était si dynamique d’habitude, était totalement captivé par... une image fixe. Ca ne lui ressemblait pas, il ne m’avait même pas adressé un mot. Au moment où je suis venu lui dire d’aller se coucher, il ne m’a même adressé pas un regard. Après quelques minutes, j'ai même été obligé de le traîner à son lit, et de le mettre moi-même en pyjama. Celui-ci restait hagard. Après avoir éteint la lumière, je suis revenu dans le salon. Ce bruitage de nuit commençait sérieusement à me les briser, et le fait que mon fils avait mis le volume de la télé à fond n’aidait pas. Mais au moment d’éteindre la télé, quelque chose s’est produit. Je ne saurais pas exactement dire quoi, mais je suis resté fixé sur l’écran. J’avais vu quelque chose. En tout cas, l’impression d’avoir vu quelque chose.

Les ronflements continuaient. Je ne voulais pas éteindre, j’avais la nette impression que quelque chose n’allait pas. Impossible de mettre le doigt dessus. Sur le coup, je pensais plutôt avoir vu un bug de ma télévision, un pixel rouge, quelque chose. Impossible d’être sûr de quoi que ce soit.

En fait, ça avait l’air d’être au niveau des frames, et j’étais clairement trop fatigué pour déceler ce genre de problèmes techniques. J’ai juste enregistré avec mon téléphone, éteint cette maudite télé, et je suis allé dormir, en me disant que je verrai bien le lendemain.

A force de remettre cette histoire à demain, j’ai fini par oublier tout ça, et la vidéo s’est perdue au changement de téléphone que j’ai fait le mois d’après. Mon fils est un grand garçon à présent, et il a bien fini d’être obsédé par Gulli. Mais en cherchant de vieilles photos de vacances, je l’ai retrouvée. Au départ, je n’ai rien décelé, et j’ai mis ça sur le compte de la fatigue. Je poste cette vidéo sur mon compte YouTube (désolé de la qualité vidéo, c’est filmé avec mon Iphone 4 de l’époque) pour que vous voyiez ça par vous-même : Rien d’alarmant, n’est-ce pas ?

http://www.youtube.com/watch?v=fmpZiGQZNww

C’est ce que je croyais aussi.
Ça me démangeait, je savais que j’avais vu quelque chose. C’est alors que j’ai eu l’idée de passer cette vidéo au ralenti.

Même longtemps après, j’ai encore du mal à le croire moi-même, mais si on est attentif, on peut distinguer trois images « subliminales » si j’ose dire, à 0:17, 0:36 et à 0:59 (mettez au ralenti pour mieux voir). Je n’ai pas réussi à en voir d’autres.
J'ai augmenté le contraste dans les trois cas pour mieux voir (encore une fois, qualité d'iphone de 2010...)













"NE
D???
???"
















"CONTINUE" ?

















"ICI
F (ou P ?)???E
?CI" ?


Je ne connais pas vraiment le sens de ces textes. Un canular ? Un piratage de la chaîne à ce moment-là ?

Gulli n’a jamais répondu clairement à mes mails sur le sujet, à part pour prétendre qu’il était « visible que votre vidéo est truquée et ne reflète en aucun cas le réel contenu de notre grille de programmes» avant de me menacer de me faire un procès pour que je retire la vidéo. Comme si ça allait me faire peur.


De nos jours, ce programme nocturne a disparu de la chaîne.

lundi 8 octobre 2018

Sur un Chantier à Boulogne

Voici une petite anecdote pour la route. Mon oncle travaillait à Boulogne à la fn des années 1980, en tant que plaquiste. Quand j'étais ado, il me racontait souvent de petites histoires morbides à propos des différents chantiers qu'il avait fréquenté à l'époque. L'une d'elles aurait pu faire une magnifique légende urbaine, à ceci près qu'ici, tout est vrai.


Vers 1988 ou 1989, mon oncle débarque sur le chantier d'un parking couvert de six étages, dans le nord, pas loin d'Auteuil. Sa mission était plus que rudimentaire. C'était à peine s'il devait un peu toucher à la loge du gardien et à la cage d'escalier. Tout le reste de la structure devait être laissé quasiment nu, avec le béton apparent (comme la plupart des parkings en fait).


Une fois sur place, il s'est très vite rendu compte que le chantier était un véritable cauchemar. Personne ne semblait parler la même langue. La moitié du bâtiment affichait un retard monstre tandis que l'électricité était seulement sur le point d'être installée dans certaines parties. Des fuites inondaient les niveaux les plus bas, et des caisses à outils gisaient, abandonnées par on-ne-sait-qui, depuis des semaines. Des odeurs de moisi envahissaient déjà les niveaux inférieurs. Un truc qui avait particulièrement marqué mon oncle, c'était l'absence quasi-totale de sécurité : les barrières avaient été déboulonnées (il suffisait de s'appuyer dessus pour qu'elles s'ouvrent comme des portes de saloon), les escaliers n'étaient pas fixés, les échelles non plus, et les fers d'attente n'avaient pas été crossés afin d'éviter d'éventuels empalements.



Mon oncle a décidé de se faire tout petit, et de faire son travail le plus vite possible et du mieux qu'il pouvait. Au fil des semaines, les odeurs d'humidité se sont faites de plus en plus prégnantes, remontant jusqu'au niveau de la rue. Plusieurs ouvriers se sont plaints, mais sans résultat. Finalement, les fuites ne suffisaient plus à expliquer la pestilence. Certains ont évoqué l'idée qu'une malfaçon, quelque part, avait débouché sur les égouts ou sur la fosse sceptique d'un bâtiment voisin. On a fait le tour du chantier, en vain. Les recherches sont cependant restées très superficielles, et personne ne s'est donné la peine de fouiller en profondeur. Les travailleurs semblaient plongés dans une apathie totale.


Le mystère fut résolu un peu moins de quatre mois après le début des travaux. Pendant tout ce temps, l'odeur n'avait fait qu'empirer. Tout au fond du bâtiment, une cage avait été prévue afin d'accueillir un monte-charge. Cette partie du parking n'était presque jamais visitée, et, en l'absence de véritables instructions et d'une organisation solide, les ouvriers l'avaient laissée en plan. J'imagine que le tout devait plus avoir l'air d'un bunker en ruine que d'un bâtiment en construction. Les entrées de la cage avaient été clôturées avec de grandes planches de bois agglomérées, et personne ne s'était donné la peine de les retirer depuis. Quand il fut évident que l'odeur venait de ce côté, on ôta enfin ces planches, afin de jeter un coup d’œil.



Mon oncle était là à ce moment là. Quand il me racontait l'histoire, il s'appesantissait longtemps sur les détails de la découverte. D'abord, la nuée invraisemblable de mouches échappée du puits obscur. Un véritable nuage noir qui fit reculer toutes les personnes présentes. Puis, le faisceau de lampe de poche balayant les murs de béton nus, plongeant, atteignant enfin le fond. Et là, la marée grouillante : comme si un gigantesque caillot de vermine avait complètement bouché le tube. Tout le fond était tapissé d'insectes mouvants. Mon oncle est parti à ce moment là, pris de nausée, moins à cause de la vision que du fait de l'odeur.


En bas, il y avait des pigeons. Des centaines de pigeons, décomposés depuis des semaines. Toute la cage avait été clôturée, y compris le dessus, par « sécurité. » Pas le moindre morceau de bois n'avait été déplacé. Personne n'a su comment tous ces oiseaux s'étaient retrouvés là. Mon oncle supposait qu'on les y avaient jetés volontairement. Que quelqu'un avait sciemment recloué les planches après avoir déversé une pleine benne de volatiles morts. Pour quelle raison ? Impossible de le savoir. D'autres ont imaginé qu'il devait forcement y avoir une ouverture quelque part, ouverture qu'évidemment, personne n'a trouvé. Si on suit cette théorie, quelque chose, en bas, devait attirer les piafs : un gigantesque appât ? une réserve de nourriture ? un genre de phéromone ? Enfin, d'autres, évidemment, se sont empressés de crier au paranormal, évoquant des esprits contrariés et des histoires de malédiction. L'hypothèse aurait au moins pu expliquer la déliquescence totale qui avait investi le chantier. Je crois que l'histoire s'est retrouvée dans les faits divers. Il faudrait éplucher les journaux de l'époque pour en avoir le cœur net. Je vous laisse avec ça, en espérant que d'autres poursuivront les recherches.


vendredi 5 octobre 2018

Curiosité

Je ne sais pas trop si ça a sa place ici, ni même un quelconque intérêt mais je pense cependant que ça pourrait intéresser certains d’entre vous. Je vais juste poser rapidement le contexte : mon école ne dispose pas de cantine ou de self, mais on a par contre une grande salle à disposition pour déjeuner si on le souhaite. Il arrive que le personnel administratif s’installe aussi là pour manger, ce qui casse un peu le côté formel.


Quand je m’y suis installée pour déjeuner avec mon amie hier, il y avait à la table derrière nous la directrice avec plusieurs de ses collègues. On a commencé à manger silencieusement, fatiguées par la matinée de cours. Mes oreilles se sont alors retrouvées à capter la conversation derrière moi. Ecouter ces cinq femmes qui avaient toutes l’air d’être respectables et d’avoir dépassé la quarantaine parler de paranormal et de petits hommes verts en plaisantant m’a fait échanger un sourire avec mon amie.


L’une d’entre elles a parlé de la maison de son frère, dans laquelle une dame blanche serait présente, et quelques blagues sur l’existence ou non des fantômes se sont enchaînées durant quelques instants. L’ambiance a cependant changé quand l’une des femmes a lâché(e) qu’elle croyait à ce genre de phénomènes depuis qu’il lui était arrivée une expérience étrange avec sa fille.
Ses collègues lui ont alors demandé des détails et j’ai donc pu écouter le récit suivant : elle a surpris sa fille de bas-âge en train de rire toute seule dans le salon. La mère, un peu étonnée, lui a alors demandé ce qu’elle faisait, ce à quoi l’enfant à répondu qu’elle parlait au monsieur. Encore plus surprise, la mère lui a demandé des précisions sur la nature de la conversation ainsi que la description de l’homme. La narratrice n’a pas donné la réponse de sa fille, mais a seulement évoqué le côté fluide et direct des réponses de celle-ci, comme si l’homme était vraiment là, en face d’elles.


A ce stade de l’histoire, les questions de ses interlocutrices sont devenues plus nombreuses notamment pour savoir qui était l’homme. La mère a ainsi expliqué que la description faite par sa fille renvoyait à son grand-père du côté paternel. Le fait que l’enfant ait déjà pu le rencontrer ou même le voir sur des photos a alors été opposé, cependant la narratrice a réfuté cette théorie, l’homme étant mort quand sa fille était petite, ajoutant qu’il n’y a pas de photos visibles dans la maison. Elle a ensuite lâché un dernier détail qui a fini de totalement changer l’ambiance : la petite fille connaissait des anecdotes sur l’enfance de son père que personne auparavant ne lui avait raconté, et dont l’existence frôlait même l’oubli le plus total.


Un silence pesant a ensuite suivi, et lorsque la conversation a repris, c’était pour un brusque changement de sujet. Je ne sais pas quoi penser de cette histoire, ni même si elle est réelle, mais je pense qu’elle est assez étrange pour être partagée.

Desolé du retard, certains ont des cours jusqu'à 18h ;)

lundi 1 octobre 2018

Les jeux de Suzy

Ce message a été retrouvé sur un forum d'occultisme, son auteur s'est déconnecté immédiatement après l'avoir posté et ne s'est plus jamais manifesté :

Suzy était une petite fille très créative, elle adorait inventer des jeux.
Elle est morte dans un accident il y a quelques années en courant après son ballon roulant sur la route, pile pendant le passage d'un camion.
C'était la fille d'une collègue avec qui j'étais très proche.
J'étais même à son enterrement.
C'était vraiment moche de voir des parents ayant perdu leur fillette de 5 ans, ils étaient dévastés, comme n'importe quel parent aimant son enfant l'aurait été.

Je l'avais même rencontrée cette petite, de son vivant je veux dire, qu'est ce qu'elle était bavarde.
C'était lors d'un barbecue chez ma collègue, Suzy n'arrêtait pas de parler à sa mère de détails en tous genre sans aucun lien logique entre ses phrases.
Elle avait ce trait typique des enfants de parler de façon incompréhensible et adorable pour raconter une anecdote de sa journée.
Mais ça m'amusait, je l'aimais bien cette môme, avant.
"Ballon-trampoline" , "Le chien pisteur" ou encore "L'avion imaginaire" étaient ses préférés parmi les jeux qu'elle avait inventé elle-même, je détaillerai les règles plus tard.


Si je vous raconte cette histoire, c'est parce qu'il existe un moyen de contacter Suzy et de jouer avec elle.
Il vaut mieux que vous ne sachiez pas comment je l'ai découvert.


En revanche, je peux vous expliquer comment procéder, cependant c'est extrêmement risqué, et pour l'avoir testé personnellement je ne vous le recommande vraiment pas.
Je me doute que sur ce forum, quelqu'un allait forcément finir par également découvrir la façon de l'appeler tôt ou tard. Autant que ceux qui voudront essayer sachent à quoi s'attendre.
Je vous avertis juste pour avoir bonne conscience, afin d'avoir au moins agi pour éviter d'autres morts inutiles, mais ce que vous en ferez relèvera de votre responsabilité.

Avant de vous expliquer quoi que ce soit, sachez que Suzy ne sera pas une simple petite fille bavarde et joueuse comme auparavant.
D'après ce que j'ai compris en découvrant ce rituel, elle aurait essayé de revenir dans notre monde car elle était trop petite pour comprendre et accepter le concept de mort.
Il paraîtrait que c'est relativement courant chez les enfants, et ce faisant, elle aurait atterri dans un endroit très peu recommandable dans lequel elle aurait été assujettie à des... influences.
Les jeux auxquels vous vous apprêtez à participer ne sont PAS des jeux ordinaires d'enfant. Suzy est devenue cruelle et a modifié ses jeux préférés pour en faire des boucheries lorsque vous perdez.
Elle vous expliquera évidemment les règles elle-même, ne l'interrompez pas lors de ses explications et faites comme si vous veniez de découvrir les règles pour ne pas la vexer.
Elle ne vous précisera pas la punition en cas de défaite.

Vous voilà prévenus.


Voici le matériel nécessaire :


- Un ballon, de préférence un ballon de handball.
- Quelques feuilles de papier, prenez de préférence un bloc de feuilles ou un support pour faciliter le dessin.
- Des crayons.
- Un serre tête ou une casquette avec des oreilles d'animal.
- Un jardin avec au moins 2 balançoires, un parc fera également l'affaire si vous n'en avez pas. Le jeu ne peut pas être pratiqué en intérieur.
- Un trampoline géant ou un petit trampoline par personne.
- Un cache œil.
- Des bouchons d'oreilles.
- Un parfum distinctif par personne.




Suzy aura son propre parfum.
Ne jouez surtout pas à ça en plein jour si vous n'avez pas de jardin privé à l'abri des regards
En fait, même si vous en avez un, attendez la nuit, et assurez vous de ne pas être découverts.

Vous pouvez être seul ou plusieurs, mais il doit y avoir une balançoire par personne plus une de libre pour Suzy.


Gardez en tête qu'elle est très mauvaise perdante, et que chaque jeu sera plus difficile que le précédent.
Ne la provoquez surtout pas, ne fanfaronnez pas sur votre victoire, au risque de la frustrer encore plus et de rendre votre partie encore plus difficile.
Suzy, en revanche, ne manquera pas de tout faire pour vous déconcentrer de façon insupportable, ignorez-la.




Pour l'appeler, chaque joueur doit s'asseoir sur une des balançoires avec le matériel sur le sol, aux pieds d'un des participants, les trampolines doivent se trouver à quelques mètres à coté.
Aucune autre formule n'est nécessaire.
Un vent frais devrait alors se faire sentir dans vos cheveux pendant quelques secondes avant que la petite apparaisse sur une balançoire à vos côtés.
Il sera désormais impossible de faire machine arrière, les jeux auront commencés dès sa venue.




Elle sera habillée d'une petite robe rouge, d'un serre tête avec des oreilles de chat et de sandales violettes.
Pour une raison que j'ignore, l'emplacement où devraient être ses yeux seront vides, mais elle aura une expression joyeuse d'enfant tout ce qu'il y a de plus normal.
Elle vous demandera alors "Tu veux jouer avec moi ?"
J'ignore ce qu'il se passera si vous répondez "non", mais au vu de son caractère je vous avertis que c'est sans doute très risqué.



Lorsque vous lui répondrez "oui" elle s'exclamera "youpiii, alors à quoi veux tu jouer d'abord ?
Chien pisteur, avion imaginaire ou ballon trampoline ?"

Quoi qu'il arrive, vous devrez jouer aux trois jeux, cette question ne servira qu'à déterminer l'ordre dans lequel vous y jouerez.




Voici les règles des trois jeux de Suzy :


"Le chien pisteur" est un jeu de cache cache un peu spécial, le joueur désigné pisteur doit enfiler le serre tête ou la casquette, se bander les yeux et mettre des bouchons d'oreilles.


Le but du jeu pour le pisteur est de retrouver les autres après qu'on lui a fait faire 10 tours sur lui-même et renifler le parfum de chacun des autres joueurs.
Les autres ne doivent pas à proprement parler se cacher mais se tenir debout entre 10 et 20 mètres du pisteur.
Celui-ci devra alors tenter de trouver les autres joueurs à leur odeur en moins de minutes qu'il n'y a de joueurs.
Une fois que le pisteur commencera à vous chercher, il vous sera interdit de bouger ou de tenter quoi que ce soit qui lui permettrait de vous localiser.




Dans le cas ou il échouerait, Suzy viendra près de lui pour lui retirer son bandeau et ses bouchons d'oreilles avant de lui crever les yeux en poussant un cri déchirant qui privera le pisteur de son ouïe pour toujours, fuir ou essayer de l'arrêter sera inutile.
Le joueur ayant échoué sera alors éliminé de la partie pour des raisons évidentes, et très honnêtement il s'agit là de la punition de défaite la plus douce parmi les 3 jeux.
Cette enfant est un monstre.
Chaque joueur doit le faire une fois, sauf Suzy.
Petite précision : J'ignore totalement ce qu'il se passera si vous perdez tous à ce jeu.
Elle pourra aussi bien vous laisser à votre sort en ricanant ou tous vous achever.



"L'avion imaginaire" est est jeu mêlant dessin et balançoire.


Vous devrez vous asseoir sur une des balançoires en tenant une feuille de papier et un crayon.
Dès que Suzy commencera à vous pousser, vous devrez commencer à dessiner un avion.
Elle ne s'arrêtera que lorsque votre dessin sera suffisamment à son goût, et elle poussera de plus en plus fort.
Si, lorsque vous avez terminé, la petite continue de vous pousser, déchirez la feuille et recommencez, bien que vos chances de survie soient à présent extrêmement faibles.
La force de cette enfant ne semble pas connaître de limites, j'ai vu de mes yeux un de mes amis faire 3 tours complets autour de la balançoire en une seule poussée.
Suzy a alors sauté pour le pousser dans l'autre sens et il a effectué 9 tours, se faisant broyer le crâne dans un craquement effroyable par la force du choc contre la barre métallique à laquelle la balançoire est accrochée lorsque celle-ci s'est complètement enroulée autour.



Le jeu ne s'arrêtera que lorsque Suzy sera satisfaite du dessin qu'elle semble voir à tout moment, ou lorsque vous tomberez de la balançoire ou lorsque vous mourrez.
Si vous tombez et survivrez à la chute, Suzy vous attrapera par le bras et vous attachera à la balançoire de force avant de vous pousser à nouveau jusqu'à ce que vous finissiez broyés.
Elle ne manquera pas de rire malicieusement en cas d'échec.
Je la hais.
Chaque joueur devra le faire une fois, sauf bien sûr Suzy.




"Le ballon-trampoline" est un jeu consistant à sauter sur un ou plusieurs trampolines en se passant la balle avec les mains.


Vous devrez réussir à faire 50 passes entre vous, mais ne passez jamais la balle à Suzy, où elle vous lancera la balle à la figure ou dans le ventre avec une vitesse inouïe, impossible à rattraper.
Elle fera pareil si vous laissez tomber le ballon, ne s'arrêtant que lorsque votre cœur s'arrête de battre.
Le ballon semble impossible à crever ou à abîmer durant ce jeu, voilà pourquoi un ballon de handball est préférable.
Non seulement, se passer le ballon est plus simple, mais vos souffrances dureront moins longtemps qu'avec un ballon en mousse ou en plastique.
Si vous êtes seul, lancez le ballon en l'air et rattrapez-le vous même, ça compte comme une passe.
Comptez chacune d'entre elle à voix haute.


Suzy tentera de l'attraper au vol, vous pourrez utiliser tous les moyens pour l'en empêcher y compris la frapper, mais tenter de la retenir de force avec des blocages ou clés de bras se révélera inutile au vu de sa puissance physique.
Si vous y jouez, profitez en pour la défoncer autant que vous le pouvez...
Elle sera de plus en plus rapide au fur et à mesure que vous vous approchez des 50 passes, et elle tentera de vous l'arracher des mains après la 40ème.
Le jeu s'arrête lorsque les 50 passes sont effectuées où que vous êtes tous morts, cela va de soi.


Lorsque vous aurez effectué les trois jeux, si vous êtes encore en vie, Suzy vous félicitera en disant "c'est toi le champion, bravo !!"
Elle avancera son visage dépourvu d'yeux à quelques petits centimètres du vôtre et murmurera d'une voix froide et meurtrière "Mais la prochaine fois c'est moi qui gagnerai, c'est moi la VRAIE championne" avant de disparaître subitement, laissant un paquet cadeau derrière elle, avec un petit ruban rose et une carte sur laquelle il est écrit "pour le champion" avec une petite fleur dessinée dessus.
Connasse.



J'ignore ce que le cadeau contient, je n'ai pas osé l'ouvrir et je n'ai pas trop envie de profiter d'un cadeau gagné au prix de la mort de trois de mes amis, mais il est revenu dans ma maison à chaque fois que j'ai essayé de m'en débarrasser.
Il est actuellement dans ma cave, là où personne ne le trouvera jamais, hors de ma vue.
Je n'exclus pas non plus la possibilité que ce cadeau soit empoisonné, ou qu'il contienne quelque chose que je ne veux pas voir.
Je pense que je l'ouvrirai quand je serai très vieux et que je n'aurai plus rien à perdre, quand cette petite peste pourra me prendre la vie avec son cadeau éventuellement piégé sans que je n'aie de regrets.
Si je venais à découvrir qu'il contient en réalité une belle récompense, je la donnerai sûrement à mon cousin.


J'ai déjà pensé à retenter le jeu rien que pour me défouler sur cette sale gosse à coups de batte de baseball, mais les images de mes amis me sont revenues en tête à chaque fois que j'y ai pensé et ont chassé cette idée stupide de mon esprit.
A présent, je veux juste continuer ma vie tranquillement, ne plus jamais en parler, ne plus jamais y penser.
Faites attention à vous.


vendredi 28 septembre 2018

Amour fraternel

J'adore mon petit frère. Quand mes parents m'avaient annoncé sa venue il y a quelque années, j'avais d'abord pensé que ma vie allait devenir un véritable enfer. Qu'il se serait accaparé toute l'attention de mes parents. Qu'il détruirait mes jouets. Qu'il serait le petit préféré... mais rien de tout ça n'est arrivé. Ethan est une véritable perle, je n'ai jamais vu de petit frère aussi adorable. Tous mes amis me disaient que j'avais de la chance d'en avoir un comme ça.

Alors, je joue beaucoup avec lui. Encore plus récemment, depuis que mes parents ne parlent presque plus. Je pense qu'il vont divorcer. Ils ne prennent plus le temps de jouer avec moi, alors quand je joue avec Ethan, je profite de ce moment privilégié.
Ethan parle un petit peu, mais pour ce qui est d'écrire, c'est un peu plus difficile. Alors, je l'aide en lui demandant d'épeler des mots.

- Ethan, épelle moi le mot "Arbre".
Il semblait beaucoup s'appliquer.
- A-B-R-E.
- Presque. Tu as oublié une lettre !
- A-R-B-R-E.
- Bravo ! C'est super. Tu as beaucoup progressé depuis la dernière fois !
- Oui
Je pouvais lire de la joie sur son visage.
- Plus difficile, pourrais tu m'épeler le mot ETOILE ?
- J-E-D-O-I-S-P-A-R-T-I-R.
Sa joie s'était envolée.
- Oh, déjà ? C'est de plus en plus court. C'est le grand monsieur sans visage qui ne te laisse pas rester ?
- Oui
- D'accord. Je t'aime, Ethan.
- J-E-T-A-I-M-E-G-R-A-N-D-F-R-E-R-E.

Puis, faisant un geste de la main, il s'évapora dans les ténèbres, me laissant seul avec la table de ouija.

vendredi 21 septembre 2018

Conversations nocturnes

Je connais Creepypastafromthecrypt depuis pas mal de temps, mais je pensais pas un jour y raconter une histoire que j'ai vraiment vécu.



Il y a deux ans, j'étais en couple avec une femme qui s'appelait Sarah. On s'est rencontrés juste après le lycée, je devais avoir 19 ans. Elle était formatrice dans un McDonalds et moi, le petit nouveau. Ça a vite collé entre nous et on est resté 6 ans ensemble, dont 4 ans de vie commune.


La dernière année a été très dure. Elle avait toujours été intéressée par le surnaturel, moi aussi dans une moindre mesure. Puis elle est passée aux énergies spirituelles, de là elle est partie sur le chamanisme, elle a voulu faire des stages pour " réveiller la gardienne d'Isis " qui sommeille en chaque femme. Moi, je la sentais capable de se faire embarquer par la première secte qui passait, et c'était le sujet fâcheux. Dès que je disais ce mot, secte, je savais qu'on partait sur une semaine de disputes incessantes.


On ne se comprenait tout simplement plus. J'étais un peu plus aigri qu'au début, elle n'était plus la même non plus. Je ne sais pas si c'est de l'amour, ou par sécurité, mais j'ai voulu nous donner une dernière chance. En fait, j'avais peur de l'après. Je n'arrêtais pas de penser à quel point je serais mieux sans elle, libre de faire ce que je voulais quand je le voulais. Libéré de toutes ces disputes, n'avoir à m'occuper que de moi.



Mais j'avais peur, peur de ne pas savoir me débrouiller sans elle, peur de regretter, peur d'être seul. En fait cette décision, je l'ai prise pour moi. Froidement.

J'ai loué une chambre pour quelques jours dans un hôtel sympathique de la côte d'azur. Un tout petit hôtel de trente chambres, très familial. La chambre était simple mais chaleureuse. Le plus c'était le petit balcon qui donnait directement sur la mer. Une vue imprenable. On s'est installés et on a filé directement à la plage.


J'ai essayé de motiver Sarah pour sortir le soir, mais la route l'avait fatiguée. J'avais envie de pleurer quand elle s'est retournée pour dormir, sans même me dire bonne nuit. De la haine ou de la tristesse, c'était plutôt ambigu. Je suis resté allongé là, sur mon lit à regarder le plafond, une inconnue allongée à côté de moi.



J'ai regardé ce plafond pendant au moins deux heures, mais je n'ai pas pu fermer l’œil. Et j'ai eu envie d'alcool. Ça sortait vraiment de nulle part, mais c'était une envie très puissante. Je me suis levé discrètement et je suis descendu. Je m'attendais à être seul mais j'ai entendu le son de la télé. Celui qui la regardait était derrière le bar, en train d'essuyer des verres.



Un grand homme, cheveux gominés, teint mât. Il m'a sourit et m'a demandé si je voulais un verre. Il tombait à pic. Je lui ai commandé un whisky et on a discuté. Tout le long de la conversation je me suis dit que j’étais Jack Torrance, que j'étais dans Shining et que je parlais à un barman fantôme. L'homme a éclaté de rire quand je lui ai dit. En fait, c'était le veilleur de nuit, il n'avait pas vraiment le droit de passer derrière le bar mais quand il n'avait rien à faire il aimait bien s'en servir un petit.


Je lui ai raconté l'histoire de mon couple et il m'a écouté. Au fond je savais que je le saoulais avec mes histoires, mais ça faisait du bien. Il m'a donné quelques conseils que je me suis promis d'appliquer dès le lendemain. Mais quand j'ai regardé ma montre et que j'ai vu qu'il était 6h du matin, que j'ai regardé ma tête dans le miroir derrière le bar, je me suis dit qu'il valait mieux que je me rafraîchisse un peu avant de remonter dans la chambre.



J'ai laissé la clé de ma chambre au veilleur de nuit et je suis allé me promener un peu. Le coin était beau et j'ai pu profiter du lever de soleil sur la méditerranée. Je suis rentré une heure plus tard, Sarah dormait encore. J'avais l'air à peu près frais alors j'ai fait comme si de rien était et je me suis couché. Quand elle s'est réveillée ce matin là, elle a fait quelque chose que je déteste.



Là où j'avais essayé d'être discret pour ne pas la réveiller en me couchant, elle déballait la valise en faisant le plus de bruit possible, chantant sous la douche, branchant son sèche-cheveux. Elle a retourné toute la chambre parce qu'elle ne trouvait plus sa brosse à dents, qu'elle était pourtant sûre d'avoir prise avec elle. Je l'ai détestée.


La journée s'est plutôt bien passée, à ma grande surprise. On est allés visiter un musée, on a mangé un bout en terrasse, on est allés au casino le soir. Pas une seule dispute. C'était le but de ce séjour, j'aurais dû être content. Mais je n'arrivais pas à me réjouir.



Cette nuit là, j'ai encore observé le plafond. Mais cette fois, Sarah m'avait dit bonne nuit en m'embrassant. Et j'ai fait quelque chose que je n'avais plus fait depuis longtemps. Je l'ai regardée dormir. Je faisais ça au début, quand on s'aimait à la folie. Je trouvais le moindre gémissement, le moindre mouvement qu'elle faisait en dormant attendrissant. Ce soir là, je n'avais pas le même regard. Je me suis surpris à penser que je ne la trouvais pas vraiment belle. En fait, elle était pleine de défauts.


J'ai descendu les escaliers et je me suis dirigé vers le bar. Et le veilleur de nuit était toujours là, en train de se servir une bière. Je lui ai dit que j'avais appliqué ses conseils mais que je n'en étais pas plus heureux. Il a longuement parlé et son discours m'a remis du baume au cœur. J'avais besoin d'un point de vue d'homme, quelqu'un qui allait dans mon sens et ici, ce veilleur de nuit était ce qui était pour moi le plus proche d'un ami.


Je lui ai laissé ma clé et je suis allé me tremper les pieds dans l'eau, à la plage. Je suis rentré vers 5h du matin, j'ai récupéré ma clé et je suis monté me coucher. Sarah était déjà debout quand j'ai ouvert la porte.


" Tu étais où ? ". J'aurais du m'y attendre. Elle m'a hurlé que je l'avais laissée seule, qu'elle avait eu peur qu'il me soit arrivé quelque chose. J'ai retenu un gloussement de rire quand elle m'a dit qu'elle ressentait une énergie négative dans la chambre, qu'elle avait eu l'impression d'être observée cette nuit. Elle avait même soit disant senti qu'on la touchait dans son sommeil.


J'ai essayé de rationaliser, de lui faire comprendre que c'était sûrement les draps ou même le ventilateur qui lui avaient donné cette impression. Quant à l'énergie négative, je lui ai dit que c'était de l'auto-suggestion et que tout était dans sa tête. Et on s'est disputés. L'irrationnel contre le rationnel. J'ai été très méprisant dans mes réponses, et ça l'a beaucoup blessée je crois.


On a passé la journée chacun de notre côté. Je suis resté dans la chambre à regarder la télé en me jurant de faire acte de bonne foi envers Sarah. Cette nuit, je resterais avec elle.


Elle s'est endormie contre moi, elle avait l'air rassuré. Bizarrement, la sentir contre moi m'a apaisé et j'ai finalement trouvé le sommeil, sans même jeter un coup d’œil au plafond. Il ne s'est rien passé cette nuit. Sarah, de bonne humeur m'a même glissé un petit " tu vois, l'esprit a peur de toi, t'es là, il ne se passe rien " en souriant. On était passé d'une énergie négative à un esprit. Dans deux jours elle allait me dire que Jésus prenait une douche dans notre salle de bain.


La journée s'est déroulée à merveille. En fait, j'étais content d'être avec elle. Une sensation que je n'avais plus ressenti depuis longtemps. On a beaucoup mangé ce soir là, on a même fait l'amour. C'était suffisamment rare pour que je le mentionne. J'avais juré à Sarah que je resterais dans la chambre cette nuit, même si je ne trouvais pas le sommeil. Mais après deux heures à regarder le plafond, j'ai craqué.


J'ai descendu les marches et je me suis approché du bar. Le veilleur de nuit m'a vu mais n'a pas esquissé un sourire. Je lui ai commandé un whisky et en me servant il m'a fait la remarque suivante : " T'es pas venu hier. Je me suis ennuyé. " Il y avait quelque chose de froid dans son regard. Puis il a éclaté de rire en me tapant sur l'épaule. Moi je ne savais pas trop si je devais rire.


Je lui ai raconté que ça allait mieux avec Sarah, que j'étais peut être allé trop vite en besogne, que j'avais été dur avec elle. Mais malgré tout, je n'étais pas encore heureux. Elle m'aimait c'était flagrant. Moi, c'était autre chose. Pas tout a fait de l'amour. Je crois même que j'ai dit le mot pitié ce soir là. Je tenais à elle mais la quitter m'aurait fait mal. Pour elle.


Le veilleur m'a dit que je devais renouer avec elle, vivre avec elle quelque chose qui nous rapproche. Il m'a même proposé de prolonger le séjour dans l’hôtel en rigolant. Ça me faisait du bien de lui parler. Même si pendant tout le séjour, je n'avais fait que lui parler de ma femme. Il ne me jugeait pas.


C'était le dernier soir que l'on passait ici, j'ai eu envie de profiter une dernière fois de la plage, avant de repartir sur la route. J'ai laissé ma clé au veilleur de nuit et je suis sorti. Le soleil commençait tout juste à se lever quand je suis remonté dans ma chambre. J'ai salué une dernière fois le veilleur de nuit qui lui aussi, remballait ses affaires.


Quand Sarah s'est levée, elle avait une tête de déterrée. Elle avait passé une mauvaise nuit. Elle avait entendu du bruit dans la chambre à plusieurs reprises. Je lui ai dit que c'était sûrement moi qui était allé aux toilettes. Ce qui était évidemment faux.



Et comme si ça ne suffisait pas, en repliant ses affaires Sarah a remarqué que certaines étaient tachées. Des taches blanchâtres, provenant sûrement du sachet d'anti mites percé qu'il y avait au fond du placard. Je crois que Sarah n'a pas gardé un souvenir très joyeux de l’hôtel où on a séjourné.


On a payé, on a mis les valises dans la voiture et j'ai démarré. Mais juste au moment de partir j'ai pensé au veilleur de nuit. Si j'avais entre guillemets sauvé mon couple, c'était en grande partie grâce à lui. Je suis redescendu et suis revenu dans le hall de l’hôtel.


J'ai laissé un petit billet sur le comptoir, devant le regard surpris de la réceptionniste. Je lui ai dit que c'était pour le veilleur de nuit, qu'il était d'excellent conseil.



J'ai ressenti comme une brûlure à l'estomac quand elle m'a rendu mon billet. La brosse à dent. La présence. Les sensations. Les bruits. Les tâches blanches.



Je me souviens mot pour mot de ce qu'elle m'a dit.



<< Vous devez vous tromper monsieur, il n'y a pas de service de veilleur de nuit. >>

commentaire

mercredi 19 septembre 2018

Le Necronomorial fête son premier anniversaire !

Cela fait maintenant un an que le Necronomorial à ouvert ses portes. Pour fêter ça, le classement de ses meilleurs textes à lieu en ce moment même.

Vous pourrez le trouver ici : Classement Nécronomorial 2016-2017

Merci à tous ceux qui participent à cette belle aventure, au lecteurs, mais aussi aux auteurs, qui nous proposent des textes toujours au top !

Ah, et si vous voulez nous envoyer votre texte en vue d'une publication sur le Necronomorial, c'est sur le forum que ça se passe ! On vous attend nombreux.

A Vendredi pour une nouvelle creepypasta !


lundi 17 septembre 2018

Littéralement

Il y a quelques années de  ça, j'avais été contacté par un ancien pote du lycée, qui m'avait demandé mon aide. Il n'avait pas oublié mon gôut pour tout ce qui touche à l'espionnage, films, gadgets, livres, etc. Il savait que j'avais du matos de ce genre, et avait besoin d'un micro-espion ; micro qui se place sur quelqu'un pour enregistrer une conversation à son insu.
A vrai dire, cela faisait pas mal de temps que j'avais délaissé cet univers. J'étais adulte maintenant, j'étais marié, j'avais 2 enfants. Tout ce "matos", je l'avais bien évidemment gardé, mais il devait être dans mon grenier maintenant, prenant la poussière. Cependant, l'histoire qu'il m'avait racontée m'avait presque convaincu. Pas seulement de lui prêter le matos, mais surtout de l’accompagner dans son aventure. C'était follement excitant, cela ravivant en moi des souvenirs et passion,  me rappelant pourquoi j'adorais cet univers.


Il m'avait donc "presque" convaincu, comme je l'ai dit. Il faut dire que j'étais assez lâche. J'adorais voir les gens dans les films prendre des risques, mais moi, je ne voulais jamais en prendre. Ma vie était simple et tranquille, pourquoi gâcher tout ça ? Sa réponse a été simple, elle aussi : L'argent. Il m'avait promis une belle liasse de billets si je l'acompagnais. J'avais donc accepté.


Mon pote n'était pas marié, mais il avait énormément d'amis. Il était actif et aidait dans beaucoup d'associations, d'oeuvres de charité, tout ça. Il avait vraiment l'air d'être quelqu'un de bien. La semaine d'avant, une de ses amies, qui appartenait à une association venant en aide à des personnes âgées seules et isolées, et qui ne voulaient pas quitter leur domicile pour vivre leurs derniers jours dans une maison de retraite, avait disparu.
Son amie était partie vivre quelques jours avec un vieil homme habitant dans une maison isolée de la ville, au beau milieu d'une forêt, histoire de voir si le vieux se débrouillait bien tout seul, ou s'il fallait prévenir quelqu'un pour qu'il soit aidé dans son quotidien. Seulement, elle n'avait plus donné de signes de vie depuis qu'elle y était allée. Des membres de l'association y étaient bien allés pour demander des comptes au vieux, mais en plus d'avoir été très mal acceuilli, le vieux  leur avait certifié qu'il n'avait reçu aucune visite depuis des semaines. Même la police, qui avait enquêté, n'avait rien trouvé de suspect.
Mon pote du lycée avait alors décidé d'y aller lui même, sous couverture, histoire de faire avouer le vieux d'une façon ou d'une autre, par la ruse, ou par la force s'il le fallait. On avait mis au point un plan pour pouvoir arriver à nos fins : mon ami se ferait passer pour un inspecteur des impôts, qui viendrait vérifier si la déclaration du vieux était conforme. Il fallait que celui-ci soit mal à l'aise, qu'il ait peur d'avoir mal déclaré ses impôts, et que mon ami se montre encourageant et gentil, histoire de l'amadouer, et de faire croire au vieux qu'il suffirait de faire ami-ami avec l'inspecteur des impôts pour échapper à une sanction.
Un plan ambitieux, mais qui pourrait marcher. J'avait alors équipé mon ami d'un micro espion, caché sous sa chemise, et d'un émetteur. Quant à moi, j'étais planqué dans une camionette, à quelques mètres, cachée dans la forêt, ou j'enregistrais toute leur conversation.
Le plan s'était déroulé encore mieux que prévu. Le vieux avait vite entrepris de se mettre mon ami dans la poche, et l'avais même invité à diner.
Et c'est là que tout a dérapé. Mais au lieu de vous raconter, je vais directement vous passer la fin de l'enregistrement, vous comprendrez mieux. J'en ai gardé une copie. Je vous passe le début, qui n'est pas vraiment intéressant.




Début de la retranscription de l'enregistrement :
- Vous reprendrez bien un peu de vin blanc, monsieur Dupuis ?
- Oui, volontiers, il est délicieux. Monsieur Paul, vous vivez seul depuis longtemps ?
- Oui, je n'ai plus de famille. Ils sont tous morts. Tous ! Ils m'ont laissé seul depuis bien longtemps.
- Et personne ne vient vous rendre visite ?
- Pas vraiment, à part ces crétins des associations qui viennent en aide aux personnes âgées. Ils pensent que je ne peux pas me débrouiller seul. Mais ils ont tort !
- Ah vraiment ? Ils viennent souvent ?
- Il y en a une qui est venue la semaine dernière. Une petite grosse. Cette truie etait insuportable... Vous reprendrez bien un peu de viande ?
- Volontier ! Insuportable, c'est à dire ? Elle voulait vous forcer à quitter votre domicile ?
- Non, ce n'est pas ça. Vous voyez, s'il y a bien quelque chose qui m'insupporte, c'est la manière qu'ont les jeunes de parler, ces temps-ci. Quand je les vois parler à la télévision, ça me mets en rage. Ils ne savent plus parler français ! Je pourrais facilement en tuer un, si il parlait comme ça devant moi.
- Et cette femme parlait mal le français ?
- Elle était insuportable. Elle utilisait le mot "Littéralement" à tous bouts de champs ! Et voilà qu'elle était "littéralement" en larmes quand elle regardait les infos, alors qu'elle ne pleurait pas du tout. Elle était "littéralement" morte de rire, alors qu'elle n'avait même pas un sourire sur son visage. Je vous jure, j'étais vraiment exaspéré. Je déteste qu'on utilise ce mot pour rien ! Ça a duré pendant les deux jours ou elle est resté ici.
- Et elle est partie sans essayer de vous convaincre de partir avec elle ?
- Partir ? Haha, non. Vous ne comprenez pas. Je vous ai dit que je détestais ces jeunes qui parlent n'importe comment. Hors de question que je la laisse partir.
- Comment ça ? Elle est encore ici ?
- Non. Au bout de deux jours, j'étais tellement en colère à cause de ses "littéralement", que je me suis dit que la prochaine fois que je l'entendais utiliser ce mot, je la corrigerais. Je ferais en sorte que ce mot soit correctement utilisé.
- Ah... et que s'est il passé ?
- Et bien, elle avait chaud, et elle s'est écriée : "Je suis LITTÉRALEMENT en train de cuire".
- Ne me dites pas que...
- Si, ce furent ses dernière paroles. Vous aimez votre viande ? C'est de la truie. Bien juteuse. Est-elle assez cuite ?
- Mais c'est pas vrai ! Je... Je...
- Vous avez du mal à respirer ? Reprenez donc un peu de vin... C'est une cuvée mortelle... Littéralement.




----------------




Voilà, ça a été la dernière fois que j'ai vu mon pote du lycée. On m'a souvent demandé "pourquoi tu n'es pas allé l'aider ?". Et bien parce que, comme je l'ai dit, je suis un lâche. Je sais que j'aurais peut être pu l'aider ce jour là, même s'il était déjà probablement condamné à cause du poison. Mais, que voulez-vous, sur le coup, j'ai préféré m'enfuir.
Grâce a cet enregistrement, que j'avais tout de suite apporté à la police, le vieux avait pu être coffré. Ils avaient pu analyser la viande contenue dans son frigo, et il s'agissait bien du corps de la femme de l'association, qui était portée disparue. Ils avaient également retrouvé ses ossements enterrés profondémement sous terre, dans la forêt. Mon ami était encore en train d'être dépecé quand la police est arrivée sur place.


Témoignage donné par Alexandre A, pour une revue spécialisée.



Petit trou dans les parutions pour cause d'indisponibilité de l'équipe au complet cette fin de semaine. Désolé !

lundi 10 septembre 2018

Le jeu des dés

Avez-vous confiance en votre propre chance ?

 
Bien que d'autres puissent se sentir impuissants face à un tel concept, peut-être que vous appréciez le plaisir de laisser le hasard déterminer votre destin, même pour un bref instant.
       
   
Cependant, si cela ne vous correspond pas, alors ce "jeu" n'est pas pour vous. Sachez que, peu importe à quel point vous êtes vigilant dans la préparation de ce rituel, si la chance décide de vous tourner le dos, le malheur pourrait décider de vous tourmenter à jamais .


Passons aux étapes à suivre.....                     
       
   
                     
       
   
Nombre de Joueurs:
• 1
Exigences (matériel) :
• Une table. ( La table doit être d'une hauteur vous permettant de vous tenir à l'aise en étant debout. N'utilisez pas de chaises.)
• Une paire de dés standard à six faces.
• Une tasse. La tasse doit être opaque et d'un matériau léger.
• Un jeu de plateau préféré. Il n'est pas nécessaire que le jeu implique des dés.
• Un dispositif de chronométrage ou un chronomètre.
• Une pièce calme.
• Un souhait ou un désir.


Instructions:

     Faire le pari
1. Commencez à tout moment de la journée.
2. Placez la table à l'intérieur de la pièce calme. Celle-ci deviendra la salle de jeux.
3. Retirez le plateau du jeu et ignorez le reste de son contenu. Placez-le sur la table.
4. Placez un dé à une extrémité du plateau. C'est le premier dé.
5. Mettez l'autre dé dans la tasse. C'est le deuxième dé.
6. il est impératif que les deux dés soient à l'opposée l'un de l'autre.
7. Tenez-vous devant le premier dé.
8. Prononcez les mots suivants: "Le jeu est près. Que voulez-vous parier ? "
9. Attendez un court instant.
10. Énoncez votre souhait ou votre désir. C'est votre pari.
11. Quittez la salle de jeux. Fermez la porte.
12. Attendez. Gardez un œil sur votre chronomètre.
13. (Si vous collez votre oreille sur la porte, à ce moment-là ,vous pourrez entendre le deuxième dé remuer dans la tasse)
 Rouler les dés :
1. Après au moins sept minutes, ouvrez la porte et retournez dans la salle de jeux.
2. NE PAS entrer de nouveau dans la salle de jeu si plus de 11 minutes se sont écoulées. (Voir: Notes supplémentaires.)                                                                                                           
○ Si la tasse est retournée avec le deuxième dé à l'intérieur: Vous pouvez continuer à jouer.
○ Prenez le premier dé et roulez-le sur le plateau de jeu. Ne laissez pas le dé tomber du plateau.
○ Prenez note du numéro que vous obtenez.
○ Soulevez alors la tasse et regarder le numéro du deuxième dé, puis comparez-le au vôtre.
       
• Si tout est exactement comme vous l'avez laissé : NE PAS CONTINUER. IL ne veut pas jouer. Démontez le plateau. Détruisez et jetez le second dé. N'essayez pas de jouer de nouveau à ce jeu.                                                                                                                                                                 
○ Si tout est exactement comme vous l'avez laissé, sauf que le deuxième dé n'est plus dans la tasse: NE PAS CONTINUER. Vous l'avez énervé (Voir: Notes supplémentaires). Excusez-vous pour votre manque de décorum. Démontez le plateau de jeu. Détruisez le second dé (si vous le retrouvez). Vous pouvez tenter de rejouer le jeu, même si cela n'est pas recommandé. Sa mémoire est longue, et IL ne pardonne ni n'oublie.                                                                                                                                                           
•  Si vous trouvez ne serait-ce qu'une goutte de sang sur le plateau : partez, oubliez ce jeu et ne revenez dans cette pièce que pour des durées ne dépassant pas 7 minutes, que ce soit seul ou accompagné. Sachez également que si vous choisissez de contourner cet avertissement, ce ne sera pas votre "compagnon de jeu" qui vous attendra dans cette pièce, mais quelque chose de bien pire.                                                                           
• NOTE: Si vous souhaitez annuler le jeu pour une raison ou pour une autre, vous pouvez le faire maintenant; dites-lui que le pari est terminé, présentez des excuses, démantelez la configuration du jeu avant de détruire le deuxième dé. Vous pouvez essayer de jouer à nouveau le jeu, mais assurez-vous que cette fois, vous êtes prêt à le faire. C'est votre dernière chance. À partir de maintenant, il n'y a plus de retour en arrière possible.                                       


 Fin du jeu et signification des chiffres obtenus :             
                           
• Si les numéros des deux dés sont les mêmes: le jeu n'a pas d’impact sur votre futur.
• Si le chiffre du premier dé est le plus élevé: vous gagnez.
• Si le chiffre du premier dé est le plus faible: Vous perdez.
• Dire Merci et démonter la configuration du jeu.                                                                                                                                                       
En attente du résultat:


Attendez. Dans quelques jours, l'un des trois événements suivants se produira selon le résultat du jeu:                                                                                       
○ Si le jeu était un match nul: la vie continuera comme avant - pas mieux, mais pas pire.
○ Si vous avez gagné: Votre pari sera remporté. Acceptez votre prix avec grâce.
○ Si vous avez perdu: Son pari sera remporté. Il prendra son prix - et vous en subirez les conséquences.



Aucun spectateur ne devra être présent pendant la partie. D'autres personnes peuvent occuper le bâtiment, mais personne d'autre que la personne concernée ne devra être dans la salle de jeu pendant que le rituel est entrepris. Ce jeu doit absolument être tenté seul.
Si plus de 11 minutes se sont écoulées pendant que vous êtes derrière la porte : Ne continuez pas. Gardez la porte de la salle de jeu fermée et n'y retournez pas avant que 24 heures se soient écoulées entre-temps. Une fois les 24 heures écoulées, ouvrez la porte de la salle de jeu, démantelez sa configuration, et détruisez le deuxième dé. Il est également recommandé de détruire ou d'éliminer tous les autres matériaux utilisés pour le jeu.
Le jeu peut être entrepris autant de fois que vous le souhaitez, tant que les deux conditions suivantes sont prises en compte :
•  Au moins sept jours passent entre chaque tentative.
• Je vous rappelle qu’Il n'oublie et ne pardonne, si un seul faux pas est fait...
Les moyens par lesquels vous pouvez le mettre en colère incluent :
• Faire un pari inapproprié (voir: Concernant votre mise);
• Faire un faux pari (voir: Concernant votre mise);
• Tricher ou saboter le jeu;
• S'opposer à Lui intentionnellement ;
• L'insulter, lui ou le jeu ,de quelque façon quece soit.
Si vous l’énervez, préparez-vous au pire.


Concernant votre mise:
Vous ne pouvez pas parier pour un prix qui ne peut être accordé. Cela ne signifie pas que votre souhait ou votre désir doit être de nature matérielle.
Cependant, n'essayez pas de tenter l'impossible.
Vous ne pouvez pas parier pour un prix qui implique de prendre la vie d'une personne.
Vous ne pouvez pas parier pour un prix qui implique la destruction totale de quelque chose ou de quelqu'un.
Vous ne pouvez pas parier pour un prix que vous ne désirez pas.
Faire l'un des paris ci-dessus le mettra en colère. (Voir: Notes supplémentaires.)


Concernant son pari:
Son pari est exactement le contraire du vôtre - et s'il gagne, son prix sera votre propre malheur. Si vous avez souhaité l'amour, vous vous trouverez seul. Si vous avez souhaité la richesse, vous vous retrouverez sans ressources. Si vous avez souhaité la célébrité, vous vous retrouverez oublié.
S'Il gagne, vous ne pourrez pas empêcher le malheur de vous frapper.                                                                                                                         


Selon certain, s'Il arrive à ses fins ... c'est que vous le méritez.
Pariez avec soin.
***                                                                                                                                                            

On sais que vous êtes friands de rituels, alors voici notre cadeau de la rentrée !

vendredi 7 septembre 2018

Le candidat 91371246213

Source du document : post d'un forum qui a fuité de l'intranet de l’Éducation Nationale

« Cher tous, je transmet ce message ici bien qu’« ici » ne soit pas l'endroit le plus pertinent pour le faire, mais je me devais de communiquer ma découverte à quelqu'un. Je me présente brièvement, j'ai été correcteur de copies d'examens pour le concours d'agrégation externe en Histoire pour la session 2018. Pour celles et ceux qui ne savent pas de quoi il s'agit ou qui ont tout simplement oublié, l'agrégation est un concours de l'enseignement public visant à sélectionner chaque année, parmi plusieurs milliers de postulants, les futurs enseignants majoritairement pour les lycées et universités. Il s'agit du grade le plus élevé, le plus prisé et sans nul doute le mieux rémunéré de l'enseignement en France.

Le concours d'agrégation, toutes disciplines confondues, est extrêmement compliqué à obtenir et nécessite un investissement et un travail colossal de la part des candidat-e-s et je mets ma main à couper que parmi les personnes qui préparent et composent, nombre de postulant-e-s finissent par abandonner avant les examens, à faire subir une humeur de chien à longueur d'année aux parents, enfants et conjoint-e-s. Parfois, le stress se ressent sur les copies que ce soit au niveau de l'écriture du candidat, ou à certaines fautes d'orthographe qui auraient pu être évitées mais faites dans un élan de nervosité. Il est à peine exagéré d'affirmer que certains jouent leur carrière, leur avenir voire même leur vie dans ce concours et que cela les affecte mentalement et physiquement, qu'ils réussissent ou non.

Les faits que je présente ici sont véridiques. Pour preuve de ma bonne foi, je communique ici les sujets qui sont tombés aux épreuves d'admissibilité (les épreuves écrites de la première phase éliminatoire).



Dissertation 1 : franchir la frontière au Nord et à l'Est de l'Europe de la fin du VIIe siècle au milieu du XIe siècle.

Dissertation 2 : réformes et révolutions au Moyen Orient (1876-1980).

Explication de texte : éloge d'Hermann Boerhaave devant l'Académie des Sciences.

Géographie : centres et périphéries dans les espaces du tourisme.



Par ailleurs je publie ce témoignage au lendemain de la publication des résultats d'admissibilité (le 18 mai 2018). Vous pouvez bien entendu vérifier ces informations sur le site officiel de l’Éducation Nationale ou en tapant les mots clés « sujet agreg histoire 2018 » dans n'importe quel moteur de recherche.

Ceci étant dit, je vous raconte les faits inquiétants qui me sont arrivés à moi ainsi qu'à trois de mes collègues lors des corrections de copies au mois d'avril dernier.

C'était la dernière copie de la journée que je corrigeais dans le lot qu'on m'a attribué, celui des sujets d'histoire médiévale. La dissertation du ou de la candidate (je précise cela, étant donné que les copies sont anonymes au moment de la correction) commençait de façon assez classique pour une dissertation d'agrégation. L'introduction était correcte mais c'est à partir de la première sous partie que les choses prirent une tournure assez étrange. Voici la retranscription de l'exposé tel que j'ai pu le lire :

« L'idée de frontière à l'époque médiévale recouvre deux réalités : le tracé naturel, matérialisé par le paysage et les éléments géomorphologiques, et le tracé anthropique, c'est à dire que la frontière est le fait d'aménagements intentionnels dans le paysage.

À qui je vais faire croire ça ? Je me présente là après six mois de prépa alors que je n'avais clairement pas le niveau pour concourir. C'est à peine si j'arrive à tenir un stylo... qu'est-ce que j'ai raté dans mon parcours pour en être réduit à rester ici pendant sept heures à m'écorcher les neurones sur un sujet pareil ? »

Suite à cela la copie reprit son « cours normal ». Malheureusement pour le/la candidat-e, elle n'était pas assez nourrie en quantité et en qualité pour être admissible. J'ai gardé cette phrase au cas où une édition des « perles de l'agrégation » viendrait à voir le jour car la figuration tellement inopinée de ce type de phrase dans une copie « sérieuse » m'a semblé incongrue à même titre que de terminer un paragraphe traitant de la France durant la Seconde Guerre Mondiale par « La « drôle de guerre » n'a cependant fait rire personne ». J'ai même gardé le numéro du candidat au cas où des références seraient demandées : 91371246213. J'ai repris mon travail normalement après ça.

Le surlendemain, à la pause déjeuner, un collègue est venu à ma table. On s'est salué et on a parlé de tout et de rien. En général on évite de parler du travail, moi en particulier, car cette session de correction me semblait interminable. Mais est venu la question que je n'avais pas envie d'entendre :


« Et toi les copies ça se passe comment ?

- Tu tiens vraiment à en parler ?

- J'ai corrigé quelqu'un dans les copies d'explication de document sur l'autre néerlandais, la personne qui a composé ne respirait pas la joie de vivre visiblement...

- Comment ça ?

- J'ai pris une photo en douce pour les « coquilles ». »

Il me l'a montré sur son écran de téléphone, la graphie ressemblait à celle du candidat qui a attiré mon œil il y a deux jours.

« Ce savant là au moins il a eu une vie remplie (le/la candidat-e parlait d'un contemporain de l'homme dont il était question à l'explication de document). Reconnu par ses pairs, marié, des enfants, la richesse et la santé. Cela fait des années que j'aspire à atteindre ces objectifs. Tout ce que mes années d'études m'ont apportées n'est que solitude, mal-être, mépris et humiliation des enseignants et des collègues. Tout ça pour finalement bosser à un poste sous-payé. Si seulement moi aussi j'aurais pu mourir dans une explosion, noyé, empoisonné en laissant une image positive et non pas l'image d'un raté... »

Cette intonation... sur deux copies différentes. Je lui demande le numéro du candidat.

« Je ne l'ai pas noté mais je peux te l'envoyer ce soir d'accord ? »

J'ai continué mon travail normalement le reste de la journée. Le soir même, mon collègue envoyait le numéro et après vérification de mes notes j'ai eu un mauvais pressentiment : c'était le numéro 91371246213.

Plus tard, l'avant dernier jour des sessions de correction, je m'étais retrouvé seul avec une personne qui devait visiblement corriger des copies pour la première fois. On s'est attaqué à des piles entières de sujet qui avaient été négligées par d'autres collègues.

Au beau milieu d'une relecture de copie ma collègue a hurlé : « P***** mais c'est quoi cette copie ?! » Elle m'a déconcentré, je lui ai demandé non sans un certain agacement ce qu'il se passait. « C'est pas possible, ça fait plus d'une heure que je suis bloqué sur la copie d'avant, et là, le type d'après il a fait un hors sujet mais là... p**** comment on peut écrire ça sciemment dans une copie de concours ? »

Je me suis approché et ai regardé la copie (après tout pour une nouvelle qui n'avait pas l'habitude de ce genre d'épreuve, elle avait sûrement besoin d'aide) à cet instant j'avais complètement oublié l'histoire du « candidat dépressif » mais elle me revint très vite en mémoire. La copie sous mes yeux n'avait même pas la moindre accroche d'introduction.

« Ça y est c'en est fini. Ma vie n'est qu'un odieux mensonge. Vivre six ans avec un idéal, qui a été foulé au pied en l'espace de quelques minutes par des gens qui étaient censé m'aider. Puis un an et demi à survivre, à la limite d'abandonner ses rêves, et en l'espace de quelques mois, au fur et à mesure que le concours approche, être lâché et abandonné par les gens qu'on aime. Les masques tombent, personne n'a jamais cru en moi, visages d'hypocrites qui éprouvent plus de pitié que d’empathie. Six ans de perdu. Je n'en peux plus de vivre de cette façon... de vivre avec des rêves et des espoirs brisés en mille morceaux... de vivre dans un endroit où je n'ai plus ma place... de vivre là où personne n'a jamais cru en moi... je n'ai plus la force d'avancer... à ce stade il est plus rentable de mettre fin à mes jours que de continuer...tout est fini... je ne veux plus être déçu et triste...tout est fini... tout est fini... »

C'était tout. Rien d'autre. Pas d'argumentation en lien avec le sujet d'histoire contemporaine, pas de schéma, pas même une ébauche de plan (qui de toute façon n'aurait pas été comptabilisée) Il y avait également ce qui ressemblait à des traces de larmes et probablement un « pâté » de stylo rouge. Dans l'encadré c'était bien le même numéro que les fois d'avant : 91371246213.

« 'tain j'ai limite envie d'écrire « comme ta mère » après « brisé » j'te jure » me balança ma collègue. Je la réprimandais en lui disant de suivre le protocole dans le cas de copie nulle.

La nuit qui a suivi cette lecture, j'ai eu du mal à trouver le sommeil. Je me posais des questions. L'agrégation implique des sacrifices et une abnégation qui force le respect. Les personnes qui s'inscrivent sont en général des gens d'un niveau intellectuel élevé. Qu'a-t-il bien pu arriver à cette personne avant ou pendant la préparation du concours pour avoir autant d'idées noires ? Et surtout à devoir l'exprimer sur une copie quitte à rater volontairement son concours ? Avait-elle seulement préparé ce concours dans des conditions favorables ? Que lui est-il arrivé avant de décider de s'inscrire ?

Le matin suivant était le dernier jour de la correction. Pour quasiment tout le monde c'était synonyme de liberté prochaine. Mais moi, j'avais un sale pressentiment. Quelques minutes après à peine le début de la correction (des copies de géographie) j'ai entendu un hurlement dans le bureau à côté du mien. Paniqué je me suis précipité avec d'autres collègues pour voir ce qu'il se passait. Il y avait une collègue qui fixait de façon béate sa copie à corriger, le regard figé, sa respiration semblant bloquée.

« Tout va bien Mme Y ? » demanda un correcteur.

Elle se leva et quitta le bureau en direction des toilettes en face. Je me suis avancé vers le bureau et j'ai constaté un ensemble de feuille double d'un-e candidat-e. Un collègue me devança et feuilleta le tout le regard interloqué.

« L’individu qui a rendu ça s'est trompé d'épreuve c'est pas possible. On dirait un travail d'art plastique réalisé sous acide ! ». J'eus un frisson en y jetant un coup d’œil : je remarquais immédiatement dans l'encadré le numéro du candidat morbide : 91371246213. Sur la première page (retranscris du mieux possible tant la graphie était illisible) il y avait écrit le paragraphe suivant :

« Pourquoi disserter sur le tourisme ? Ma génération n'aura jamais les revenus nécessaires pour se payer le moindre week-end une fois dans la vie active... on n'aura jamais de retraite au rythme des réformes actuelles. Pas de compensation ni de consolation... pas pour moi en tout cas... plus jamais... »

Les pages qui suivirent n'avaient aucun sens : des mots aléatoires disposés n'importe comment, des personnages simplifiés qui semblaient s'auto-mutiler. Par dizaines, des suicides en tout genre. Des immolations, des personnages se jetant d'un précipice dans ce qui ressemblait à un lac, des personnages ayant une pierre attachée aux pieds. Des rituels d'hara-kiri, des pendaisons, des empoisonnements, le tout avec des commentaires précisant à chaque fois les actes des personnages. Des marques au crayon rouge, au surligneur pour symboliser le sang à côté de chaque « scène ». En page 7 il y avait un visage occupant toute la page, un sourire malsain, des yeux vides qui pleuraient du sang et sur le front le numéro du candidat. Sur la page suivante il y avait écrit « page précédente, vous pouvez apercevoir l'état actuel de ma conscience et de mon moi intérieur après toutes ces années de déception et de trahison ». Sur les pages 9 à 11 il n'y avait rien à part des empreintes de doigts visibles à l’œil, l'une d'elle semblait être faite dans du sang. Enfin sur la dernière page figurait tout en bas dans le coin à droite, écrit à la façon d'un enfant d'école primaire en bleu, « adieu ».

La copie passa dans les mains de tous mes autres collègues chacun allant de son commentaire, amusé, écœuré ou effrayé. Le responsable local de la session de correction qui était présent se contenta de dire « quand Mme Y reviendra dites-lui juste d'annuler la notation de la copie. Retournez tous à votre travail ! » Ainsi se termina la session de correction en 2018...

C'est là que je m'adresse à vous et que je vous demande de l'aide... je vous fais joindre la copie que j'ai réussi à scanner. Il est certain que le/la candidat-e n'aura pas réussi son concours, mais j'ai l'intime conviction que la personne est sur le point de commettre l'irréparable. Je sais que c'est contraire au règlement mais je demande que l'on lève l'anonymat sur cette copie et qu'on identifie qui est le/la candidat-e en question. J'entamerai de mon côté les procédures. Je demande qu'on se mobilise tous et toutes mais j'aimerais savoir si de votre côté vous reconnaîtriez un indice dans cette copie qui permettrait de l'identifier, de mettre un nom sur cet individu. Il n'est peut-être pas trop tard. On peut encore sauver une vie.


Bien à vous tous.

M. X. »





PS : Suite à un problème de taille de fichier (et surtout après vérification du code des examens) il n'a pas été possible de charger la copie ici...

Bonne rentrée à tous et à toutes, fêtons cela en reprenant le rythme de publication !