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lundi 28 septembre 2020

Pourquoi je ne joue plus à League of Legend

Ce serait un euphémisme de dire qu'étant qu'enfant, j'étais accro à League of Legends.

Chaque jour, en rentrant de l'école je n'avais qu'une seule envie : jouer le plus possible avant l'heure de dormir. Je ne me préoccupais de rien sinon de mon classement que je pensais dégrader chaque seconde où je n'étais pas en ligne. Si j'étais privé du jeu pendant quelques jours, je devenais « schizophrène, » comme un toxico au crack en désintox. Je n'étais pas Faker, mais je suis presque sûr que je passais autant de temps à jouer que lui et il n'est pas exagéré de dire que mon obsession était presque fatale : je pouvais jouer pendant plus de vingt heures sans nourriture, sans eau ou sans sommeil.

Les choses se sont améliorées depuis. Vous serez peut-être heureux d'apprendre que j'ai supprimé le jeu il y a deux ans de cela et que je n'y ai plus jamais retouché.

Je n'ai pas seulement arrêté d'y jouer, j'évite même les gens quand ils en parlent. Si quelqu'un me pose des questions à ce propos, je prétends ne pas savoir de quoi il s'agit. J'ai jeté tous les goodies que j'avais achetés et supprimé tous les manuels de stratégie que j’avais téléchargés. Je reste le plus à l'écart de tout ce qui touche à League of Legends.

La raison qui me pousse à rejeter tout souvenir lié à ce jeu découle d'une longue épreuve que j'ai endurée à l'âge de seize ans. J'étais seul à la maison un soir, jouant à un match de League comme à mon habitude.

Pour comprendre comment le jeu fonctionne, vous pouvez aller tester vous-même - c'est le jeu PC le plus populaire au monde, bien que je le déconseille fortement si vous voulez avoir une vie. Pour vous faire gagner du temps, je vais seulement expliquer les connaissances de base nécessaires pour comprendre mon histoire.

Pour ceux qui n'y sont pas familiers, League of Legends est un MOBA qui repose sur les compétences, la stratégie et le travail d'équipe. Chaque joueur est appelé un « invocateur » et incarne un « champion » dans le jeu avec des pouvoirs et des capacités uniques. Les parties durent chacune environ une demi-heure et vous pouvez choisir un champion différent à chaque partie. Il y a trois voies sur une carte appelée la « Faille de l’invocateur » et des tourelles défensives sont placées le long de chacune d'elles. Deux équipes s'opposent, composées de cinq invocateurs chacune, généralement crées au hasard grâce à un algorithme, et l'objectif du jeu est de faire tomber les tourelles ennemies afin de détruire leur base et de remporter la victoire.

Si votre champion est attaqué par un autre ou par une tourelle, il perd des points de vie et meurt si ces derniers tombent à zéro. Mourir dans League Of Legends implique que vous ne pourrez plus aider vos coéquipiers et que vous devez attendre un certain temps avant de réapparaître pour leur prêter main-forte. Vous pouvez attaquer les champions ennemis et les tuer afin qu'ils ne puissent pas défendre leurs tourelles, ce qui vous donne de l'or pour acheter des objets et rendre votre champion plus fort. Autrement, l'or s'obtient en tuant les « sbires » ennemis, qui sont de petits êtres qui aident leur équipe à attaquer les tourelles.

Chaque fois que vous lancez une partie, vous avez le choix entre une large variété de champions. Certains sont plus difficiles à jouer que d'autres, et chacun nécessite du temps afin de le maîtriser parfaitement. J'étais habitué à jouer des champions connus sous le nom d'ADC, des attaquants à distance disposants d'une santé maximale inférieure à celle de la plupart des autres champions.

Comme les ADC sont particulièrement vulnérables en début de partie à cause de leur fragilité face à d'autres types de champions, il est habituel de les voir jouer aux côtés d'un champion de soutien que l'on appelle « support, » infligeant de faibles dégâts mais disposant de capacités utiles à son équipe telles qu'améliorer les attaques de l'ADC, soigner des champions autour d'eux, protéger ses coéquipiers des attaques ennemies, étourdir ses adversaires afin que l'ADC puisse combattre en minimisant les risques ainsi qu'une multitude d'autres effets utiles, dépendant du champion de support choisi. En fin de partie, un champion ADC peut mener l'équipe à la victoire, étant capable d'anéantir des équipes ennemies entières en quelques secondes.

En raison du manque de dégâts et de l'obligation parfois humiliante de protéger et servir son ADC, les joueurs trouvent souvent le rôle de support ennuyeux et dégradant à jouer. Ils sont souvent blâmés par leur équipe. Cependant, un bon support est recherché par tous les joueurs d'ADC, et je n'y ai pas fait exception. Je demandais toujours à des amis de jouer ce poste clé, et ayant moi-même un bon niveau, ils acceptaient généralement.

Ce soir-là, je venais de terminer victorieux un match qui s'était complètement retourné après un terrible début de partie, au cours duquel une défaite semblait évidente. Je n'avais jamais été aussi frustré de ma vie. Notre équipe était pleine de noobs, j'avais été absent, ou AFK, pendant près d'une demi-heure après une déconnexion due à mon réseau internet et à mon retour, ce dernier n'étant toujours pas stabilisé, ce qui rendait la partie tout simplement injouable. Tout ce que je pouvais faire était d'essayer de ne pas mourir. Lorsque j'ai vérifié les résultats finaux, j'ai été très surpris de voir un support avec un score de 18 victimes et seulement 1 décès tandis que tout le monde avait fait environ 2 victimes pour 5 décès tout comme moi.

À ma grande surprise, ce joueur de support m'a demandé en ami avant de quitter la partie, et j'ai rapidement accepté. Le nom d'utilisateur n'était qu'une suite de chiffres aléatoires, nous l'appelleront donc Sofia. Voici comment s'est déroulée notre conversation :


 47829983749201 : Salut

 Joshmillr : Salut GG

 47829983749201 : GG ouai tu as jouer comme un noob 


Je suis généralement un gars plutôt gentil - je jouais pour m'amuser, pas pour provoquer des problèmes. Habituellement, si les joueurs étaient toxiques, je n'hésitais pas à les bloquer. Bien qu'à ce stade j'aie ressenti un peu d'animosité de la part de Sofia, je pensais que ce n'était que des plaisanteries. Nous ne nous connaissions même pas encore, et c'était vrai que ma performance dans le dernier match était effroyable.


 Joshmillr : j'étais afk et j'ai eu un mauvais ping

 47829983749201 : tu as l'air bon a priori vue ton historique 


Les joueurs peuvent vérifier les résultats des parties précédentes des autres joueurs sur leurs profils.


 Joshmillr : je suis bon normalement

 47829983749201 : tu joue seulement ADC?

 Joshmillr : ouais je joue surtout lucian et ezreal. tu est un tres bon support d'ailleurs

 47829983749201 : c'est quoi ton nom ?

 Joshmillr : josh. et toi ?

 47829983749201 : sofia

 Joshmillr : t'es une fille ?

 47829983749201 : ouais un problemes ?! »


Sur League, il y a probablement plus d'hommes prétendant être des femmes que de vraies femmes. On estime que seulement 10% de la base de joueurs de League est féminine (bien qu'il puisse y avoir plus de joueuses anonymes).


Joshmillr : aucun je demandait juste

47829983749201 : tu pense que je dois être nul parce que je suis une fille

Joshmillr : non, je n'ai jamais dit ca c'est juste que je n'ai pas vu beaucoup de filles ici

47829983749201 : ugh pourquoi c'est toujours comme ça

Joshmillr : bin désolé je ne voulais pas t'offenser 


C'était peut-être une erreur de demander, mais à l'époque je ne pouvais pas penser que cette fille était une putain de dégénérée. J'ai fermé la discussion, prêt à ne plus jamais lui reparler, quand j'ai reçu une invitation à jouer venant d'elle. Malgré notre première conversation plutôt froide, je savais qu'elle était une bonne joueuse de support, donc si elle me respectait suffisamment pour m'inviter, quel mal cela pourrait-il faire ? Après avoir vérifié que ma connexion était correcte, je suis entré dans sa partie. Grâce à nos compétences combinées, nous avons remporté une victoire facile, l'équipe ennemie capitulant en seulement 25 minutes.

De là a commencé une ère de succès, une chaîne de victoires consécutives qui a rarement été brisée. Tant que ma connexion était bonne et que je restais concentré, nous étions un duo imparable, détruisant tous nos adversaires comme des châteaux de sable. Elle semblait être en ligne tout le temps, encore plus que moi, ce que je trouvais étrange mais pratique. Je ne jouais jamais sans elle et tant que nous ne tombions pas avec des coéquipiers trop médiocres, nous étions victorieux.

Je n'avais jamais eu de partenaire aussi compétent auparavant dans le jeu, donc je ne me souciais pas trop de tout ce qu'elle me disait, tant qu'elle acceptait de continuer à jouer avec moi. Cependant, ce serait un mensonge de dire que je n'étais pas irrité par son tutorat constant. Pour une raison quelconque, elle ressentait le besoin de me rappeler constamment que j'étais le facteur limitant de notre duo.

Après chaque partie, vous pouvez en télécharger et regarder une rediffusion pour analyser ce que vous ou tout autre joueur avez fait durant le match. C'est un outil d'apprentissage incroyablement utile, mais il devient ennuyeux si on en abuse.

Je lui ai donné mon numéro WhatsApp car il était plus facile d'envoyer des messages en dehors du jeu. Au début, League of Legends était tout ce dont nous parlions, et elle ne semblait pas du tout désireuse de me connaître, alors j'ai abandonné les efforts. Même après avoir remporté des matchs, elle m'envoyait des vidéos des replays de mes coups ratés ou des moments où j'aurais dû faire autre chose. Cela venait toujours avec une remarque sarcastique inutile. Même si je détestais ça, elle avait généralement raison, et accepter la critique est un élément clé de l'amélioration de ses capacités. Elle m'a aidé à améliorer ma technique, ce qui s'est reflété dans mes performances. Peut-être que c'était juste sa personnalité, et je me devais d'être reconnaissant qu'elle soit prête à me consacrer autant de temps, pensais-je à l'époque.

Après un certain temps, nous avons commencé à discuter davantage. J'ai découvert qu'elle avait quinze ans et qu'elle vivait en France. Elle était également scolarisée à domicile car elle était victime de harcèlement quand elle était enfant, ce qui était probablement la raison pour laquelle elle avait autant de temps libre. Elle aimait écouter du heavy metal et du screamo. Surtout, elle m'a fait comprendre qu'elle « n’était pas normale » et m'a même envoyé ses divers diagnostics de psychologues affirmant qu'elle avait des troubles bipolaires et des problèmes de colère. Bien sûr, j'avais bien remarqué qu'elle avait des problèmes, mais elle n'était pas aussi mauvaise que certaines personnes. Elle était drôle et gentille parfois, quand elle était de bonne humeur. Je pensais que si je lui parlais plus souvent nos conversations pourraient être thérapeutiques pour elle.

Elle m'a envoyé une photo d'elle cosplayant une championne support, Sona. Si la fille sur la photo était bien elle, elle était absolument magnifique. Elle avait de longs cheveux ondulés qu'elle avait teints couleur ciel et de magnifiques yeux bleus éclatants. J'ai considéré la possibilité évidente que je me faisais arnaquer, mais pour être honnête, je me fichais de ce à quoi elle ressemblait tant qu'elle m'aidait à remporter des victoires. Pourtant, ça faisait du bien de penser qu'il pourrait y avoir une fille derrière cet écran. Peut-être qu'un jour nous pourrions même nous rencontrer.

Lorsque nous perdions des matchs, ce qui était rare au début, elle s'énervait très fort. Ses réactions étaient tellement exagérées que les premières fois, même pour quelqu'un avec des troubles bipolaires, je pensais qu'elle devait utiliser le sarcasme pour faire passer son message. Elle maudissait les autres membres de l'équipe, recherchait et analysait l'historique de leurs matchs et regardait les rediffusions de leurs erreurs encore et encore, m'envoyant des messages tel que « Qu'est-ce qu'il faisait cet attardé ? » à divers moments de la rediffusion. C'était généralement des invocateurs alliés quelconques que nous ne reverrions jamais. Il était rare de rencontrer quelqu'un aussi obsédé par le jeu que moi, et j'ai lentement commencé à découvrir que son engouement était bien pire que je ne le pensais au début.

Plus vous gravissez les échelons du classement, plus les parties deviennent difficiles. Vous êtes contre des adversaires plus expérimentés et il devient de plus en plus compliqué de maintenir vos séries de victoires. Le moment est finalement venu où nous avons stagné et nous devenions tous les deux très frustrés.

Nous étions dans un match, et un membre de l'équipe ennemie a marqué un « pentakill, » signifiant qu'il avait réussi à éliminer toute notre équipe en peu de temps. Je pensais qu'il devait être un joueur professionnel sur un compte de plus petit niveau, car personne dans notre équipe n'était réellement mauvais, mais malgré cela notre adversaire nous terrassait un par un grâce à sa maîtrise exceptionnelle du jeu. Alors que tous nos champions morts gisaient dispersés à travers la carte, la discussion a explosé avec des accusations contre notre support Sona, la championne que Sofia jouait.

« Si Sona utilisait son soin, on aurait tué leur ADC, a écrit quelqu'un dans le chat. »
« Pourquoi tu n'a pas utilisé ton soin sona ? »
« cette stupide sona n'a pas utiliser son ult »
« sona noob »
j'espère que ta mere aura un cancer »

Je suis rapidement intervenu, car je ne voulais pas la voir se faire crucifier par nos coéquipiers.

« Fermez-la et jouez, » leur ai-je répliqué.

Une fois ressuscité, j'ai continué à jouer, avec encore plus de concentration qu'auparavant. L'équipe ennemie était plutôt moyenne en dehors de ce seul gars, donc j'ai pensé que nous avions une chance de gagner tant que nous ne reproduisions pas nos erreurs et restions au taquet. Cela m'a rendu plus déterminé à mieux jouer et à me battre jusqu'à la fin.

Quand j'ai regardé la carte après un moment, j'ai remarqué que Sona était ressuscitée, mais elle se tenait immobile à la base. Elle se déplaçait parfois à l’intérieur, mais c'était tout. Quand je m'en suis rendu compte, je suis devenu furieux. Le jeu est fait pour être joué en équipe, vous êtes donc lourdement pénalisé si vous quittez une partie sans qu'elle soit terminée. Si vous en avez marre, vous ne pouvez donc rien faire d'autre qu'aller à la base et attendre la fin, abandonnant ainsi vos coéquipiers. C'est exactement ce qu'elle faisait, elle me laissait tomber alors que la partie n'était pas perdue.

J'ai essayé de la convaincre de revenir en jeu et je lui ai même envoyé un texto sur WhatsApp. Elle ne répondait à rien, j'ai donc décidé de continuer sans elle. La communauté de League Of Legends est réellement toxique et il faut avoir les nerfs solides pour ne pas céder aux insultes, alors je me suis honnêtement demandé comment elle avait pu arriver aussi haut dans le classement si elle perdait si facilement son sang-froid. Les autres membres de notre équipe étaient tout aussi en colère et beaucoup ont commencé à envoyer des messages d'insultes ciblés contre elle. Nous avons été assez rapidement vaincus et dès que j'ai quitté la partie, j'en ai entamé une nouvelle sans elle.

J'étais absolument furieux qu'elle m'ait abandonné ainsi. Maudis-moi, blâme-moi, fais tout ce que tu veux et je le tolérerai, mais laisse tomber notre équipe, et c'est fini. Je me sentais trahi et je pensais qu'elle était si pathétique et immature qu'elle ne soit même pas capable d’ignorer quelques remarques grossières. Et par-dessus tout, je n'avais pas besoin d'un coéquipier qui valorisait sa propre fierté plus qu'une victoire d'équipe.

Quand elle a réalisé que j'avais lancé une partie sans elle, elle a commencé à m'envoyer des textos sur WhatsApp. J'ai lu ses premiers messages.

« Ils m'ont encore fait pleurer. »
« Ça m'arrive toujours… »
« Pourquoi suis-je si sensible ? »

Son apitoiement m'a énervé, alors j'ai mis mon téléphone en silencieux et j'ai continué à jouer. Mes résultats n'étaient pas aussi bons que lorsque je jouais avec elle, mais ils étaient assez décents. En fait, même avec les défaites supplémentaires, il semblait libérateur de ne plus dépendre d'elle. J'ai réalisé à quel point elle m'avait aspiré au cours du mois dernier, et j'ai juré de développer mes propres compétences et de repartir la tête haute. Après quelques matchs, j'ai décidé que j’avais assez joué et je suis parti me coucher.

Le matin, je me suis réveillé avec plus de 100 messages non lus. J'ai ouvert WhatsApp et à mon horreur, j'ai été accueilli par une série d'images sanglantes qui m'ont presque fait vomir. Je venais de me réveiller et je n'étais pas du tout préparé à affronter une telle vision. Elle avait fait plusieurs coupures sur ses bras avec un couteau et m'avait envoyé les photos, de profondes lacérations croisées. Il y avait de grandes taches brunes de son effusion de sang sur le tapis et les draps à l'arrière-plan. J'ai fait défiler vers les messages :

« Pourquoi tu m'ignores ? »
« ARRÊTE DE M'IGNORER »
« PARDON »
« PARDON »
« PARDON »
« PARDON »

Les images ont commencé après les plaidoyers. Elle m'avait envoyé des photos des diverses coupures et ecchymoses qu'elle s'était infligées aux bras, aux jambes et au ventre. J'ai pensé que c'était probablement mon indifférence qui avait causé ce gâchis, et j'ai immédiatement regretté.

*Sofia est en train d’écrire…*

« bonjour »

J'avais peur de ce qu'elle pourrait faire ensuite – je ne savais pas quoi dire. Au lieu d'envoyer des SMS, je l'ai appelée. Elle a décliné les premières fois, mais j'ai continué d'essayer et elle a finalement répondu.
« Sofia ?
– Hey. »

Sa voix était douce et calme.

« Ravi de te parler Sofia. Écoute, si c'était ma faute, je suis vraiment désolé. S'il te plaît ne prends pas ce jeu autant au sérieux, je veux juste que nous nous amusions. Te faire ça à pour ce que quelqu'un a dit ou a fait, même moi, n'en vaut vraiment pas la peine, ai-je dit avant de laisser place au silence pendant un moment.
– J’ai pleuré toute la nuit. Je pensais que tu ne me parlerais plus, a-t-elle répondu en ayant l'air d'étouffer.
– J’étais juste en colère contre ce que tu as fait, désolé de t'avoir ignorée. Cela ne se reproduira plus.
– J'en ai plus, mais je ne les montrerai pas tous. »

Elle m'a envoyé une autre image, cette fois d'un écran de téléphone. Il y avait encore plus d'images de coupures ensanglantées qu'elle avait envoyées à un autre numéro.

« À qui les as-tu envoyées ?
– C'est mon autre numéro de téléphone.
– Pourquoi envoyer les photos dessus ?
– Je veux voir à quoi ils ressemblent lorsque tu les reçois sur WhatsApp. Parfois, ils recadrent l'image. »

J'étais terrifié et extrêmement inquiet pour sa santé. Elle était à la fois incroyablement consciente d'elle-même et tout autant fragile mentalement.

« As-tu soigné les coupures ?
– J'ai mis des pansements.
– Va à l'hôpital et prends des médicaments pour tes plaies, elles pourraient être infectées et tu pourrais devenir vraiment malade. Sérieusement.
– Pourquoi tu t'en soucies ? a-t-elle demandé soudainement désemparée.
– Parce que tu es mon amie et que tu m'as vraiment fait peur. Il ne s'agit pas de ce putain de jeu. Je ne veux pas que tu te blesses.
– Ok, d'accord. »

Elle a raccroché.

Je n'étais pas entièrement convaincu qu'elle suivrait mes conseils. Ce jour-là à l'école, tout ce à quoi je pouvais penser, c'était ces images sanglantes, qui m'avaient beaucoup chamboulé. Je n'avais jamais vu d’images de blessures aussi détaillées, capturées sous tous les angles. La substance rouge épaisse coulait des coups de couteau et des lames dans ses bras, tachant ses meubles et éclaboussant les murs, coagulée dans son tapis. À plusieurs reprises, je l'entendais crier et pleurer dans ma tête.

Était-ce ma faute ?

Quand je suis rentré chez moi, la première chose que j'aie faite a été d'appeler Sofia. J'ai demandé si elle était allée à l'hôpital et, à mon grand soulagement, elle a dit qu'elle s'était procuré un traitement. Tout ce qu'elle voulait faire maintenant, c'était jouer. Pour la première fois depuis des années, je ne me sentais pas du tout d'humeur à jouer, mais j'ai accepté pour la rendre heureuse.

Aucun de nous n'était en très bon état, et cela s'est reflété dans nos performances de jeu. Nous perdions, elle était en rage, et je pouvais dire que chaque match la rendait de plus en plus excitée.

« Vous ne mettez même pas d'auto-attaque, vous êtes nuls ou quoi ? »
« Regardez la carte sales noobs! »
« Dégage de la voie du bas ! »
« Mais il est où notre jungler ? »

Je lui ai dit de se calmer et de faire une pause, et quand elle a refusé, je me suis déconnecté. Elle est devenue incroyablement en colère et a commencé à m'envoyer des SMS menaçants, me disant qu'elle piraterait mon compte et enverrait des choses à mes amis. J'ai décidé que j'en avais assez de cet abus à cause d'une partie, et si elle ne se calmait pas le matin, je la bloquerais pour de bon.

Le lendemain matin, j'ai reçu encore plus de photos de coupures et d'ecchymoses sur ses membres. Mon cœur s'est serré quand un autre message est arrivé.

« Ils l'ont emporté.
– Ils ont emporté quoi ? »

Elle m'a laissé un vu pendant un moment, alors je me suis inquiété et j'ai appelé.

« Qui a emporté quoi ? ai-je répété quand elle a décroché.
– Mon ordinateur. Mes parents sont rentrés du travail hier et ont vu des taches de sang.
– Oh mon Dieu...
– Ils ont dit que le jeu me rendait violente.
– Tu ne leur as pas dit que c'était ton plaisir, ton échappatoire ?
– Aucune excuse, ils ont dit. Je ne pouvais rien faire.
– Je suis désolé. »

Je ne savais pas quoi dire.

« Je n'ai rien. Il ne me reste plus rien.
– Sofia, il y a plus dans la vie que ce jeu.
– C’est exactement ce qu'ils m'ont dit. Tu es comme eux. Je jouais pour échapper à leurs abus, pour oublier tous les brutes et les menteurs. »

J'ai entendu du verre se briser en arrière-plan, alors qu'elle criait et martelait violemment quelque chose.

« J'ai un marteau. » 

Sa voix était soudainement aiguë et calme, comme un adulte parlant à un enfant. Elle s'est mise à rire. Les fous rires étouffés se sont transformé en hurlements.

« Tu sais ce que je vais faire avec ce marteau ?! Briser toutes ces pourritures comme ils m'ont brisée ! Je vais les casser…. JE VAIS LES BRISER !
– Quoi que tu veuilles faire, ne le fais pas... Sofia ! SOFIA ! »

J'ai entendu des bruits aigus, du verre et de la céramique se briser. Elle a raccroché. Je l'ai immédiatement supprimée de mes amies et l'ai bloquée sur le jeu, puis je l'ai bloquée sur WhatsApp. C'était assez, et je ne voulais plus entendre parler de cette folle. J'avais un mal de tête terrible et je tremblais, alors j'ai pris de l'aspirine et je me suis couché. Extrêmement frustré peut-être, mais dans l'ignorance du cauchemar qui m'attendrait le lendemain matin.

À 6 h 24 le lendemain, j'ai reçu un message WhatsApp d'un numéro que je ne connaissais pas, mais j'ai tout de suite su qui c'était. J'ai roulé des yeux de frustration, prêt à bloquer et à supprimer.

« Pourquoi as-tu abandonné ton support ? »
« Elle était toujours là pour t’aider. »
« Elle ne t'a jamais quitté. »
« Elle s'est sacrifiée pour toi. »
« La détestes-tu ? »

Un par un, les messages continuaient à arriver. Mon cœur a commencé à battre la chamade et des gouttes de sueur se sont formées sur mon front.

« Vous étiez censés vous protéger. »
« Aide-la lorsque les temps sont durs comme si elle avait fait de même. »
« Mais il est trop tard maintenant, Josh. »
« Regarde ce qui se passe lorsque tu lâches ton support. »

Une image est apparue. J'ai dû presser ma main contre ma bouche pour m'empêcher de vomir le dîner de la nuit dernière sur le tapis.

C'était une image sombre et granuleuse, mais on ne pouvait pas se méprendre sur ce qu'elle montrait. La fille aux cheveux bleus que j'avais vue sur la photo il y a quelque temps était appuyée contre la porte d'une armoire, la tête penchée sur le côté.

Ses yeux avaient été arrachés, laissant voir des orbites vides. Son nez avait été creusé et reposait sur sa joue comme un accessoire de costume en plastique, la chair exposée scintillant en-dessous. Le sang avait commencé à coaguler dans certaines zones, et dans d'autres, la lumière se reflétait sur le liquide épais, toujours brillant et suintant. Il y avait des lacérations sur tous ses membres, certaines anciennes et d'autres nouvellement formées. La chair de son bras gauche avait été déchirée si sévèrement qu'une section osseuse de son bras avait été découverte. Sa robe était déchirée, révélant sa poitrine exposée où elle avait été poignardée violemment, plusieurs fois.

Mon téléphone a sonné.

« Aucune aide. Sona est morte. »

J'ai crié. Mes parents sont entrés dans la pièce et je suis tombé en leur racontant ce qui s'était passé.

Ils ont appelé la police et après une enquête, ils nous ont dit que les autorités françaises avaient déjà été informées. Une jeune fille de quinze ans en France a été arrêtée après avoir assassiné brutalement sa sœur cadette. Elle avait habillé sa sœur de quatorze ans avec une perruque et un costume de cosplay, puis torturé et mutilé son corps avant de la poignarder à mort. Elle n'avait aucun antécédent d'automutilation, mais était connue pour avoir passé sa colère contre des objets ménagers et d'autres personnes.

Après avoir entendu cette histoire, je me suis souvenu des images sanglantes de la chair déchirée qui m'avaient été envoyées. J'ai finalement vomi. Je me suis recroquevillé dans mon lit, pleurant et tremblant pendant une heure après avoir supprimé toutes les traces de League of Legends de mon ordinateur et supprimé WhatsApp pour de bon.

Ces images reviennent me tourmenter chaque fois que je suis seul dans un endroit sombre. Voilà pourquoi j'évite tout ce qui est lié à ce jeu. Je dis aux gens de ne pas utiliser l'abréviation « LoL » lorsqu'ils m'envoient des messages. Je ne joue plus aux jeux vidéo, je ne vais plus aux conventions. Aujourd'hui, le seul support dont j'ai besoin est émotionnel. 

Traduction de Luzgar

lundi 21 septembre 2020

Fiche M - Un portail vers l'Enfer ?

Connaissez-vous la légende du portail vers l'Enfer ?

Situé non loin de Prague en République Tchèque, se trouve l’imposant château Houska, qui fut construit entre 1253 et 1278 sous le règne du roi d’Ottokar II de Bohême selon un style d’architecture Gothique, et il est d’ailleurs l’un des seuls châteaux de l’époque étant aussi bien conservé. Installé sur le bord d’une falaise de calcaire entourée de montagnes et de forêts, sa construction fut réalisée juste au-dessus d’un large trou connu comme étant une sorte de puits sans fond, la légende raconte même que ce fameux "puits sans fond" serait en réalité un portail menant tout droit vers l'Enfer.


Photographie du château - Miroslav Šálek

D'années en années, de nombreux chercheurs de tous les horizons ont tenté de trouver le fond de ce puits, mais ils auraient vraisemblablement tous échoué. De nombreux facteurs ont renforcé la légende disant que le château renferme en réalité un portail en direction de l’Enfer, comme par exemple le fait que la plupart de ses défenses soient tournées vers l’intérieur au lieu de s’orienter sur l’extérieur ou encore le fait que la cour ne possède aucun escalier. Elle est surplombée par un chemin de ronde, et sa façade possède de nombreuses fausses fenêtres cachées au milieu des vraies.
Le puits se trouve au centre de la chapelle qui fut consacrée à l’archange Saint-Michel. Les murs de l’édifice sont ornés de diverses fresques datant approximativement du début du XIVe siècle, et mettent en scène de nombreux récits Bibliques comme la crucifixion du Christ ou encore l’archange Saint-Michel terrassant le dragon symbolisant le mal. Cependant, l’une de ces fresques représente une créature mi-cheval mi-femme, une centaure armée d’un arc tenu dans sa main droite tirant une flèche sur une seconde figure ayant l’air humaine. Les centaures étant des créatures venant de la mythologie païenne, il est assez rare d’en trouver des représentations sur les murs de chapelles catholiques. En plus de cela, le centaure de la fresque est un archer gaucher, ce qui ferait que cette fresque serait vraisemblablement la seule et unique représentation de cette époque mettant en scène un archer de ce type, car au Moyen-Âge les gauchers étaient associés à Satan. Les historiens pensent que cette fresque fait écho à l’un des mythes entourant le « portail vers l’Enfer » dans lequel il est question de créatures démoniaques, mi-humaines mi-animales, qui sortiraient prétendument des profondeurs du portail dans le seul but de s’en prendre aux humains des villages alentours. Selon le mythe, on pourrait même les entendre en sortir la nuit et certains disent que les cris résonnent dans l'intégralité du château.


Fresque du centaure se trouvant dans la chapelle


Illustration de Rostone Hermann représentant les prétendues créatures sortant du puits

Certaines légendes vont jusqu’à raconter que les personnes se baladant autour du portail vers l'Enfer étaient elles-mêmes changées en ces créatures infernales pour aller à leur tour s’en prendre aux humains en commettant bon nombre d'atrocités. Beaucoup ont voulu essayer de reboucher le trou que forme le puits en y jetant des pierres jusqu’à ce qu’il soit inaccessible ou en tentant de le condamner tant bien que mal, mais leurs efforts n’ont jamais apporté de résultats concluants car tout ce qui a pu être jeté à l’intérieur au fil des ans a fini par disparaître, comme absorbé dans les profondeurs du néant.

Un jour, un Duc décida de faire amener un prisonnier dans le château (qui selon certaines versions était consentant et devait même se voir offrir sa liberté par la suite) pour y mener une expérience. Il demanda à ses hommes d’attacher le prisonnier à une corde solide pour le descendre lentement dans le puits afin qu’il puisse l’explorer de l’intérieur et à son retour, décrire à quoi cela pouvait bien ressembler. L’expérience se passait parfaitement bien, jusqu’à ce que le prisonnier commence à pousser d’horribles hurlements. Alors, à ce moment-là, les hommes du Duc prirent la décision de le remonter aussi rapidement que possible, mais il fut rapporté que lorsque le prisonnier remonta enfin à la surface, il avait l’air d’avoir vieilli de 30 ans d’un seul coup. Il ressemblait à un vieil homme plein de rides et de cheveux blancs alors qu’à son arrivée sur les lieux, il était encore jeune et vigoureux. Il n’était même pas en état de décrire ce qu’il avait vu là-bas puisqu’il avait malheureusement perdu la tête. Il mourut finalement 2 jours plus tard, sans jamais avoir pu décrire l’horreur qu’il avait vue et qui l’avait tant effrayé lorsqu’il était en bas. L’expérience fut réitérée à plusieurs reprises avec d’autres cobayes, mais il est dit qu'à chaque fois, le résultat futle même.

Dès le XVIe siècle, le château fut laissé entre les mains de l’aristocratie. À partir de 1584 et cela jusqu’en 1590, il reçut donc plusieurs modifications pour coller à un style plus Renaissance, mais les caractéristiques Gothiques qu’il avait ne furent pas perdues. Pendant la guerre de 30 ans, au cours du XVIIIe siècle, le château fut délaissé et abandonné, alors un chef de brigands, Oronto, pris la décision de s’y installer avec ses hommes et de s’autoproclamer Comte d’Houska. Certaines rumeurs disaient qu’Oronto était un alchimiste et également un mage noir qui avait installé un laboratoire secret dans le château pour travailler sur une formule lui donnant la vie éternelle et qu’il y aurait pratiqué des expériences plus terribles les unes que les autres.

Les hommes d’Oronto, qui étaient laissés livrés à eux-mêmes, avaient décidé de passer leur temps en tourmentant les habitants des villages voisins. C’est à cause de leurs actions peu scrupuleuses qu’une nuit, deux chasseurs décidèrent d’entrer par effraction dans le château, pensant que tuer l’autoproclamé Comte pourrait mettre fin aux tourments des villageois. Une fois dans le château, l’un d’eux tira sur Oronto à travers une fenêtre, et ce dernier mourut sur le coup.

Plus les années passaient, plus le château avait mauvaise réputation. Ferdinand III alla jusqu’à le faire nommer « le château maudit ».


Gravure représentant le château Houska, František Alexandr, 1845

En 1836, le poète d’origine Tchèque Karel Hynek Mácha y passa une nuit pour se reposer alors qu’il visitait la région. Il écrit dans une lettre adressée à Edward Hindle qu’il y aurait vécu une expérience traumatisante pendant cette fameuse nuit. D’après lui, il serait descendu dans la cour avant de remarquer un drôle de creux dans le sol. Il aurait alors pris la décision d’aller voir s’il y avait quelque chose dedans et y aurait vu l'avenir, atroce, où l’horreur régnait. Il dit y avoir vu une femme ressemblant à un ange dans un futur semblable à l’Enfer. Il lui aurait demandé où ils étaient et elle lui aurait répondu « nous sommes à Prague. »

Alors, il lui aurait demandé en quelle année et elle lui aurait répondu « en l’an 2006 ». D’après lui, à ce moment-là, elle lui aurait montré des images en mouvement à l’intérieur de ce qu’il décrit comme un « petit cercueil » pour lui montrer qu’elle disait la vérité. La majorité des gens pensent qu’il a simplement cauchemardé tandis que d’autres disent qu’il aurait véritablement eu des visions du futur. Quoi qu’il en soit, Karel Hynek Mácha est mort en novembre 1836, quelques mois après sa nuit au château, à seulement 25 ans.

Entre 1938 et 1944, les SS Allemands occupèrent le château alors qu’il n’avait pourtant jamais été situé sur un emplacement stratégique. Lorsque les forces Allemandes se retirèrent de la Bohême, l’intégralité des dossiers concernant le château furent définitivement détruits pour des raisons inconnues.

Aujourd’hui le château est ouvert au grand public, mais malgré tout, quelque chose d’étrange semble toujours régner dans cet endroit. Des cadavres d’oiseaux sont régulièrement ramassés dans la cour intérieure, et plusieurs visiteurs ont rapporté avoir été les témoins de phénomènes étranges. Certains disent même que l’activité spirituelle de ce lieu est très élevée. Des dalles de pierre ont été posées sur le puits pour éviter de laisser ce trou ouvert et personne n’ose y toucher de nouveau.

Beaucoup de personnes affirment voir des fantômes là-bas, certains guides touristiques s’occupant des visites disent avoir aperçu dans la cour l’esprit d’une personne décapitée avec de grandes quantités de sang dégoulinant de son corps spectral, et se trouverait également l’esprit d’un moine qui hanterait la chapelle en donnant des coups aux visiteurs avec une hache fantomatique. Il y aurait aussi des apparitions de créatures infernales dans la salle voûtée. Au premier étage, une silhouette masculine pourrait être vue dans les pièces où les nazis menaient des expériences. Au troisième étage, le fantôme d’une femme blonde en robe blanche pourrait être aperçu en train de regarder par les fenêtres et de déambuler dans les couloirs. La cave du château est appelée le « bureau du diable » ou « bureau de Satan » à cause d’un imposant trône possédant des cornes et un trident à côté duquel un prêtre sans visage aurait pu être observé. Et ce ne sont pas les seules apparitions répertoriées au fil du temps…


Le trône se trouvant dans le "bureau du diable" ou "bureau de Satan"

Des grattements, des hurlements, des gémissements, des chuchotements résonneraient de sous ce qui recouvre aujourd’hui le puits. Des bruits de pas, des coups et des voix peuvent être entendus par les visiteurs dans les différentes pièces du château.

À travers les siècles cet endroit a gagné la réputation d’être un lieu maudit et est devenu l'origine de nombreuses légendes et théories, mais il reste pourtant entouré de mystères. Peut-être qu’un jour quelqu’un soulèvera les dalles recouvrant le puits, peut-être qu’un jour quelqu’un retournera l’explorer et lèvera les mystères qui l’entourent. Mais ce jour n’est pas encore arrivé.


Sources :


Petite parenthèse : Une rom hack reprenant la toute première creepypasta postée sur CFTC ("Pokémon Black") a été achevée assez récemment par des anglophones, avec une unique version dans leur langue. Le lien pour la télécharger est disponible ici pour Windows, allez y jeter un œil si vous voulez la tester !

lundi 14 septembre 2020

Chambre 331

Mon tout premier emploi a été celui de « groom » à l'hôtel du coin. Ce n'était pas une chaîne ou un motel, mais un hôtel de luxe relativement tranquille situé près de ma maison, le Kingfisher. 
C'est le 15 novembre que je m'y suis retrouvé face à face avec l'horreur et que j’ai vraiment perdu ma confiance en l'humanité. Je me souviens encore de cette soirée comme si c'était hier, quand bien même je ne comprends toujours pas ce qui est arrivé, et j'espère au fond ne jamais le découvrir. Tout ce que je sais, c'est que je ne resterai plus jamais seul ou ne travaillerai plus dans un hôtel de toute ma vie, par crainte que cela ne se reproduise ou que la prochaine fois, je sois plus qu'un témoin.

Quand j'ai commencé à y travailler, c'était une entreprise florissante. Des gens de tout le pays venaient y séjourner chaque fois qu'ils voulaient passer un week-end à la plage ou bénéficier d'un séjour luxueux dans une campagne paisible. J'adorais cet endroit, mais au fur et à mesure que le temps passait et que le pays commençait à plonger dans les problèmes économiques, de moins en moins de gens sont passés. Ne vous méprenez pas, nous étions toujours très occupés, mais nous n'étions plus aussi populaires. Alors qu’avant nous avions l'habitude de recevoir environ 1 500 personnes par week-end, nous avons commencé à nous estimer chanceux si nous en avions approximativement 1 100. Ce fut le début du déclin pour la plupart des hôtels de ce genre et comme de moins en moins de personnes y dormaient, de moins en moins de personnel y travaillait, ce qui signifiait que la sécurité était beaucoup moins présente. 

C'est à partir de là que j'ai été témoin du fameux événement. 

C'était un jeudi soir assez classique, nous avions dû héberger environ 300 personnes sur les 15 étages accessibles, donc nous étions bien évidemment assez vides. De toute façon, ce n’était jamais complet le jeudi. Mon service a commencé de façon relativement normale. J'aidais les clients qui arrivaient et partaient, mais vers 21 heures, mon travail s'est arrêté et j’ai eu un moment de répit. N'ayant plus rien à faire, je traînais dans le hall, discutant avec des clients attendant un taxi et avec mon ami Craig, qui était à la réception. Après environ une heure à chercher des choses à faire pour me donner l’impression d’accélérer un peu mon service, nous avons reçu un appel de la chambre 331, de la part d’un certain M. Gerald Rogers. C'est Craig qui a répondu, donc je ne sais pas exactement de quoi il s’agissait. Tout ce qu'on m'a dit, c'est que le téléphone avait probablement été décroché par accident mais que d'après le brouhaha, le monsieur qui était dans la chambre devait être éveillé. Il y avait apparemment un barouf sourd et des bruits de mouvements audibles à travers le téléphone. 
Pensant que je pouvais faire traîner cette tâche, j'ai décidé de prendre les escaliers et je ne suis donc pas arrivé avant une dizaine de minutes. Lorsque je me suis présenté devant la chambre, j'ai frappé doucement à la porte, ne voulant alerter aucune des personnes qui se trouvaient à cet étage et qui dormaient sans doute. J’ai attendu plusieurs minutes mais je n'ai pas eu de réponse, alors j'ai frappé à nouveau, un petit peu plus fort. Cette fois-ci, j'ai entendu une voix basse qui me répondait. 

"Qui est-ce ?" a-t-il demandé. Sa voix était très grave mais tout de même très claire. Ce n'était rien qui puisse vraiment me mettre mal à l'aise. 

"Je suis un employé. J’ai été informé que votre téléphone avait été décroché et que vous nous aviez appelés accidentellement. Pourriez-vous le raccrocher ?" lui ai-je demandé.

"Désolé, je ne peux pas. Pourquoi ne pas entrer et allumer la lumière ? Ma porte est déverrouillée." 

Cette fois, il a élevé la voix comme s'il était maintenant loin de l’entrée. 

J'ai saisi la poignée de la porte, mais en essayant de la tourner, j’ai constaté qu’elle ne bougeait pas. La porte était verrouillée. J'ai attendu derrière le battant, pensant qu’il se rendrait compte qu'elle était en réalité fermée et qu'il m'ouvrirait. Cependant, après plusieurs minutes d'attente, rien ne s'est passé. Lassé, j'ai dit à travers la porte, "Je ne peux pas entrer. Raccrochez simplement votre téléphone." Je me suis alors retourné pour redescendre dans le hall, sans repenser à cette histoire. Une fois de retour en bas, j'ai demandé à Craig si l'homme avait finalement raccroché le téléphone et il m'a répondu que oui, alors j'en suis resté là.

Une heure plus tard, Craig a dû revenir vers moi pour me dire que le même téléphone dans la même chambre avait de nouveau appelé la réception et était de nouveau resté décroché. Pensant que cela devait être une sorte de problème technique venant de ladite chambre, je suis retourné à la 331 en allant beaucoup plus vite que la dernière fois. J'ai continué de procéder en frappant à la porte de façon silencieuse, car il était 23h et que nous ne voulions pas de mauvaises critiques de la part des clients. Une fois de plus, je n'ai pas eu de réponse, alors, comme j’avais fait plus tôt, j'ai frappé un peu plus fort. Mais cette fois, toujours pas de réponse. Mes cognements n'ont été accueillis que par le silence. 

Pensant que le Monsieur était peut-être endormi, je suis retourné dans le hall et j'ai pris la grande clef pour me permettre d’entrer dans la 331. En ouvrant, j'ai vu l'homme assis sur le lit. Il regardait en direction de la salle de bain. À part le lavabo qui coulait, la pièce était calme, extrêmement silencieuse. Étrangement, l'homme n'avait pas réalisé que j'étais là. Il a continué à fixer la salle de bain. Je me suis excusé de l'avoir dérangé de nouveau et lui ai gentiment demandé de raccrocher, mais il n'a pas bougé. Il a continué à fixer le même point. J'ai fait un pas dans la pièce. Mon anxiété a commencé à augmenter. C’était effrayant de me rendre compte qu'il ne me voyait même pas. J'étais sur le point d'allumer la lumière, mais j'ai entrevu le téléphone. J’ai immédiatement changé de direction pour aller remettre ce dernier en place sur son support. 

Une fois mon travail terminé, j’ai tourné les talons et je me suis précipité vers la sortie tout en ayant l’impression que quelque chose était derrière moi et me suivait. En arrivant à la porte, je me suis retourné pour contrôler la pièce du regard une dernière fois. C’est alors qu'il a finalement fait un mouvement. C’était lent, presque imperceptible et ce n'était qu’au niveau de son visage, mais c'était déconcertant. Il a lentement incliné la tête pour éloigner son regard de la salle de bain et m’a regardé, les yeux grands ouverts. J’ai fermé la porte en la claquant de façon assez rapide pour rompre le contact visuel aussi vite que possible. J’ai eu la chair de poule et en redescendant vers le hall, j'ai prié pour que rien en rapport avec cet homme ne se reproduise ce soir. 

Une fois revenu, j'ai tout raconté à Craig. Il m'a dit que j'étais probablement paranoïaque et que le type était sûrement ivre ou dormait juste bizarrement. Pour être honnête, je préférais ses explications à ce que je venais de voir et j'ai donc essayé de me convaincre que ce qu'il avait dit était vrai. Au fil de la nuit, l'hôtel est devenu de plus en plus calme et j'ai donc passé du temps à parler avec Craig, ce qui m'a rassuré et m'a fait oublier ma précédente rencontre, jusqu’à ce que l’homme appelle une troisième fois. 

Tout comme les deux dernières fois, il n'y a pas eu de paroles au bout du fil. Seulement des bruits de pas et des petits gémissements étouffés. Mon estomac s’est noué et, malgré mon bon sens me disant de ne pas y aller, je suis remonté jusqu'à la 331. 

Cette fois, la porte était légèrement entrouverte, alors j'ai frappé tout doucement et fait grincer les gonds en l’ouvrant, tout en espérant que l'homme n'était pas là. 

En zyeutant la pièce, j'ai remarqué qu’il était toujours dedans. Sauf que cette fois, il était sur le lit, face contre terre. La seule lumière qui illuminait la chambre était la faible lampe du couloir, m'empêchant de voir ce qu’il y avait autour. Tout ce que je discernais, c'était cet homme allongé, entouré d'un liquide sombre. Cela me rassurait un petit peu et me rendait moins anxieux. Craig avait certainement raison. Il était probablement ivre et il avait sans doute commencé à s’uriner dessus en s'endormant. C’était ennuyeux qu'il ait abîmé nos draps, mais cela rendait l’ambiance beaucoup moins effrayante. J’ai raccroché son téléphone pour la deuxième fois et je suis parti en fermant complètement la porte. 

Après cela, le reste de la soirée a été plutôt tranquille. Vers une heure du matin, Craig et moi avons terminé notre quart de travail et sommes donc rentrés chez nous. J’ai brièvement raconté à mon remplaçant les problèmes qu’il y avait eu avec l’homme de la 331, au cas où il aurait recommencé, mais comme j'avais une seconde garde à partir de neuf heures, je suis parti assez brusquement pour aller dormir. 

Cette nuit-là, il m'a fallu un certain temps pour m'endormir. Même si je me répétais que ce n'était qu'un homme un peu trop ivre, ces événements me travaillaient trop pour pouvoir fermer l’œil. Ils étaient toujours gravés au fond de mon esprit, m’apportant un sentiment de malaise.

Je suis retourné au travail le lendemain matin et tout semblait aller pour le mieux. Il faisait maintenant jour dans tout l'hôtel, alors toutes ces petites angoisses qu'on a parfois dans la tête lorsque nous sommes dans le noir avaient complètement disparu de mon esprit. J’ai passé les premières heures de mon service à suivre ma routine. Je transportais les bagages des gens jusqu’aux chambres, j’appelais de nombreux taxis... Je me montrais toujours amical envers les clients et je leur parlais souvent de leurs soirées et du déroulement de leur séjour. Lors de mon troisième voyage dans le hall, j'ai été accueilli par un grand homme portant un long manteau de cuir entièrement boutonné avec un foulard qui lui couvrait le nez et la bouche ainsi qu’une casquette. Il s'est approché de moi et m'a dit "Désolé pour la nuit dernière, dans la chambre 331."

"Au revoir, M. Rogers. Je suis heureux que vous ayez apprécié votre séjour chez nous," lui ai-je répondu. Et sur ces mots, il est sorti de l’établissement. 

Aux alentours de onze heures, j'ai été appelé une ultime fois à la 331, non pas par le téléphone de la chambre, mais par la femme de ménage.

Elle avait appelé parce qu'elle ne pouvait pas entrer et avait besoin que je déverrouille la porte pour elle. Apparemment, sa clef ne fonctionnait plus, car peu importe le nombre de fois où elle l’avait tournée, elle refusait d’ouvrir. 

En arrivant, j’ai voulu la déverrouiller mais elle a également refusé de s’ouvrir. J’ai donc pensé que quelque chose devait se trouver derrière et bloquer. J’ai passé un appel à la réception pour demander si Gerald Rogers avait bel et bien quitté l'hôtel quand je l'avais vu à dix heures, et ils m'ont affirmé que oui. Sachant cela, j'ai décidé qu'il valait mieux forcer le passage, alors j'ai donné trois coups de pied dans la porte pour tenter de casser la serrure. Le dernier coup a fonctionné et nous avons pu ouvrir le battant. En entrant, nous avons été horrifiés de voir que la pièce était couverte de sang. Il y en avait partout, dans la baignoire et le lavabo, sur les murs et le plafond… Il y en avait aussi une grande mare qui avait tâché tout le matelas. J'étais dégoûté. Mon estomac s’est tordu et je me suis senti mal. Je me suis mis la main sur la bouche pour essayer de ne pas vomir.

 Je me suis retourné pour quitter la pièce avec précipitation et lorsque je me suis dirigé vers la porte, j'ai vu ce qui la bloquait. C’était le cadavre de Gerald Rogers. Il était allongé là, près du battant. Ses vêtements avaient tous disparu, sauf son caleçon, il avait des coupures des deux côtés du corps et il portait ses boyaux autour du cou comme un boa. Cependant, le plus déconcertant était le fait qu'il avait un écœurant sourire formé sur son visage, comme s'il était mort dans un moment « d’extase ». 

Il va sans dire que nous avons immédiatement appelé la police. L'enquête a été longue et ardue et personne n’a jamais su qui avait tué M. Rogers. Peu de temps après, j'ai démissionné. Je ne pouvais pas continuer à retourner sur les lieux de ce crime. Pas avec les souvenirs que j’avais. Encore plus tard, l'hôtel a fermé définitivement. Il n’avait pas réussi à se remettre de son image ternie. Je pense souvent aux événements de cette nuit-là. Qui était le meurtrier ? Aurais-je pu aider M. Rogers ? Et pourquoi avait-il l'air si heureux ?

Traduction de Naveen



lundi 7 septembre 2020

Le chemin de la vengeance

Si un jour vous souhaitez vous venger de quelqu'un, il existe un moyen.

Cette personne doit vous avoir fait vraiment souffrir, parce que les épreuves que vous traverserez et les risques encourus pour mener à bien cette revanche sont potentiellement mortels.

C'est décidé, vous voulez toujours vous venger ?

Bien, prenez des notes, mais je refuse d'être tenue pour responsable si les choses tournent mal.

Voyez-vous, les … êtres ? ou entités ? qui vous aideront à vous venger ne sont pas des plus recommandables. Elles ne sont pas non plus des plus prévisibles. En clair, ces choses pourront décider ou non d'appliquer la vengeance demandée. Elles pourront aggraver les souffrances que vous avez souhaitées pour votre ennemi. Même si cette personne a de la famille, notamment des enfants, qui sont plus réceptifs, il y a de fortes chances que selon l'humeur de vos... exécutants, des gens innocents subissent les effets de la vengeance.

C'est qu'une fois qu'ils ont commencé, difficile de les arrêter. Par ailleurs, parfois, et sans jamais que des raisons précises n’aient pu être déterminées, ils s'en prendront également à vous. En clair, si vous suivez mes instructions, vous passerez un contrat avec des exécuteurs des basses œuvres, cruels et incontrôlables, qui se réserveront le droit de modifier à tout moment les modalités du contrat, sans préavis, de façon unilatérale et même de se retourner contre vous si leur soif de douleur n'est pas apaisée.

Vous voulez toujours ? Eh bien, je me demande ce que cette personne vous a fait… En tout cas, je vous ai prévenu !

Les consignes sont simples. Choisissez une journée de préférence ensoleillée, et partez au plus tard vers midi.

Vous devez absolument avoir quitté la forêt lorsque l'obscurité tombera.

Au passage, plusieurs personnes ont rapporté qu'il leur semblait que le temps s'était anormalement accéléré une fois le rituel terminé et qu'ils avaient à peine eu le temps de repartir, alors qu'il aurait dû leur rester plusieurs heures de marge.

Vous pouvez vous déplacer à pied ou à vélo, de préférence tout terrain (vous allez comprendre). Les véhicules motorisés type quads ou motocross semblent faire échouer le rituel à une fréquence plus élevée, mais c'est vrai qu'ils offrent une certaine forme de sécurité en cas de repli.

Veuillez emmener avec vous un objet de valeur, à la hauteur de vos moyens : ce doit être un sacrifice pour vous. L'argent liquide est accepté, tout objet précieux aussi. Les inconscients ayant tenté de tricher avec un chèque ou une carte bleue ne sont plus en état d'expliquer les raisons de leur stupidité. Il vous faudra également des allumettes ou un briquet, une tablette de chocolat de qualité ou une autre friandise, et une dose de drogue, légale ou non (cigarettes, alcool, cannabis, cocaïne…)

Prévoyez aussi de quoi écrire.

Rentrez dans la forêt et ne perdez jamais des yeux vos camarades si vous êtes accompagné. La personne la plus désireuse d'effectuer le rituel de vengeance devra prononcer 3 fois les noms des entités (que je refuse de retranscrire ici) en leur exprimant son souhait de les rencontrer ainsi que les raisons, et ce, avant d'avoir parcouru un kilomètre dans la forêt.

Veillez à être aussi loin que possible d'autres personnes à ce moment : une fois la demande formulée, il semble que ce qui se passe ensuite puisse toucher tout le monde dans un rayon plus ou moins étendu et vous ne voudriez pas mettre des personnes non préparées en danger, n'est-ce pas...

Si vous échouez, ou si la demande n'est pas à leur goût, vous en serez quittes pour une bonne balade. Les choses pourraient être pires, croyez-moi.

Si votre requête est acceptée, un sentier que vous n'aviez jamais remarqué auparavant apparaîtra au détour d'un virage, sur votre gauche, au bout de quelques centaines de mètres. Empruntez-le. D’abord un petit chemin, il deviendra de plus en plus impraticable : pierres, sable ou boue, ronces acérées, orties, racines protubérantes, dénivelé improbable pour la région, tout est fait pour vous ralentir et vous décourager.

Ne rebroussez pas chemin, il est déjà trop tard.

Vous devez avancer pour avoir une chance de survie. Si vous apercevez des animaux sauvages, ne les regardez pas trop, même s'ils vous paraissent anormalement peu farouches. Vous pourriez remarquer sur eux des anomalies qui vous feraient perdre l'esprit.

Important : si vous tombez sur une meute de chiens errants, cela signifie que les entités ont changé d'avis (je vous ai déjà dit qu'elles étaient lunatiques).

Dans ce cas, déposez la drogue et la friandise sur la souche d'arbre la plus proche, ainsi vous pourrez passer au milieu des chiens sans qu'ils vous attaquent (même s'ils grogneront et aboieront). Sans offrande, ils vous prendront en chasse et s'ils parviennent à vous attraper, ils vous tailleront en pièces. Ce serait dommage, étant donné que dans ce cas de figure, le monde des vivants se trouve à quelques centaines de mètres après les chiens.

Si vous ne croisez pas de chiens, vous allez pouvoir, peut-être, obtenir votre vengeance ! Vous devriez apercevoir une sorte de hameau abandonné, constitué de maisonnettes en bois. Toutes seront brûlées, sauf une : elle est pour vous. Sortez votre papier et votre stylo. Rédigez une sorte de contrat daté du jour, comportant vos noms à tous, ainsi que celui que l'on donne aux choses. Expliquez qui vous voulez viser, pourquoi, quand (la date doit être avant le 31 décembre de l'année en cours), et quel sera le châtiment. C'est le moment d'avoir de l'imagination : vous pouvez tout souhaiter, de l'impossibilité d'obtenir satisfaction chez le coiffeur, aux aigreurs d'estomacs ou flatulences permanentes, en passant par la ruine financière… ou pire. Une fois les modalités d'exécution du contrat couchées sur le papier, précisez le paiement offert en échange du service. Signez tous de vos noms et prénoms, puis placez le contrat et les objets de valeur dans la maisonnette. Assurez-vous que tout le monde est en sécurité puis mettez-y le feu. A présent, dépêchez-vous de partir par là où vous êtes arrivés.

Ne vous retournez pas.

Ne perdez pas de temps et ne vous perdez pas de vue les uns les autres. Si l'un d'entre vous s'égare, ne prenez pas le risque de retourner en arrière. Vous connaissiez les risques avant de venir.

Ce que vous avez souhaité à votre ennemi lui arrivera à la date souhaitée comme vous l'avez demandé, si votre cadeau est jugé suffisamment précieux ET si les choses vous ont à la bonne (j'imagine). Si vous ne constatez rien d'anormalement grave dans votre vie au bout d'un an jour pour jour, vous pouvez (normalement) vous considérer comme tiré d'affaire. Vous pouvez toutefois souffrir d'effets secondaires pénibles, mais sans gravité comparé au reste.

Ils peuvent être :

- Migraines
- Nausées
- Troubles du sommeil (insomnies, cauchemars, terreurs nocturnes)
- Sensation permanente d'être observé
- Acouphènes, ou autres sons que l'on est seul à percevoir
- Malchance chronique

Si cela peut vous consoler, ils ne durent jamais éternellement et il n'y en a jamais plus d'un ou deux à la fois, par personne. Pour ma part, il y a plus de trois ans que j'ai cessé de voir des ombres dans mon miroir.


samedi 5 septembre 2020

Résultat du concours d'écriture de l'été 2020

Le concours d'écriture est terminé, et nous avons un gagnant ! Il s'agit d'El Cabri et de sa nouvelle "Le château des songes" qui a su s'attirer les faveurs du jury ! 


Voici donc le classement au complet :

Château des songes : 1ère place

Reminiscence : 2e place

J'ai tenté d'ouvrir les yeux, ne vous en allez pas!!!!!!! : 3e place

L'héritage de suzie : 4e place 

L'année dernière : 5e place


Le texte victorieux va être publié sur le Nécronomorial une fois la correction achevée nos correcteurs, et nous vous inviterons donc à aller voir cette pépite une fois ceci fait ! 

Nous tenons à remercier tous les participants pour leurs textes qui sont tous agréables à lire, et serons ravi de recevoir leurs prochaines créations. Nous remercions également le jury qui a su admirablement bien juger les contributions.