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lundi 28 décembre 2020

MrSleepyPeople


Temps de lecture approximatif : 9 minutes

J'aimerais vous parler d'une communauté que j'ai découverte il y a quelques mois. Pour vous donner du contexte, je dois d’abord vous parler de quelque chose dont j’ai honte, même si c’est relativement commun. J’ai toujours apprécié des vidéos que beaucoup trouveraient écœurantes. Tout a commencé avec les « blackhead removal » et autres évulsions de sébum coincé dans les pores de la peau. Bien vite, ce n’était plus suffisant pour satisfaire mon appétit, je suis donc passée aux traitements de kystes en tout genre, puis je me suis attaquée aux ablations de tumeurs.

J’ai aussi pu découvrir le monde merveilleux des parasites. Pour les amateurs, je recommande chaleureusement le contenu sur les larves des dermatobia, des mouches ayant une fâcheuse tendance à pondre des œufs dans la peau de certains primates.
Au fil des vidéos recommandées, je suis tombée sur les extractions de dents de sagesse qui m’ont apporté une grande satisfaction. Malheureusement, peu de chirurgiens-dentistes partagent en détails leurs pratiques, j’en ai rapidement fait le tour. Alors que je creusais pour trouver plus de contenu du même genre, l’algorithme m’a recommandé quelque chose de nouveau.

« Lisa Eye Check Part 1 »

La miniature montrait un pouce soulevant une paupière afin de dévoiler le globe oculaire. Quelques semaines auparavant, j’aurais soigneusement évité cette vidéo. Je suis plutôt frileuse en ce qui concerne les yeux. Je n’irais pas jusqu’à qualifier cela de phobie, mais ça me met mal à l’aise.

Pourtant j’ai cliqué, avide de nouvelles découvertes, pensant que ça ferait un peu de changement. La vidéo, publiée par la chaîne « MrSleepyPeople », date du 26 octobre 2011.

Au début, on peut voir un couple profondément endormi dans un lit. La chambre n’a pas de fenêtre et les murs nus font plutôt penser à une cave. Le cameraman se rapproche doucement, avançant jusqu’à n’être qu’à quelques centimètres du visage de la femme. De sa main libre, il soulève une paupière avec un doigt, rapprochant encore la caméra. D’un autre doigt, il lui touche l’œil, appuyant légèrement dessus. Il répète le même procédé avec l’autre œil, puis soulève les deux paupières en même temps. La femme et son compagnon sont toujours profondément endormis. Le cameraman fait quelques pas en arrière, puis la vidéo s’arrête.

Je me suis sentie mal à l’aise tout le long, beaucoup trop de détails me dérangeaient. Jusqu’à présent, dans les vidéos que j’avais pu visionner, les sujets étaient toujours consentants. La plupart était d’ailleurs entre les mains de professionnels médicaux, dans un lieu stérilisé et adapté à la procédure. Même en l’absence de ces professionnels, un minimum de précautions étaient prises, comme le port de gants ou au moins le lavage des mains.

Ici, rien de tout ça, juste un homme tripotant les yeux d’une femme inconsciente dans des conditions d’hygiène douteuses. Ne sachant pas comment réagir, j’ai jeté un coup d’œil aux commentaires, tous en anglais :

« Magnifique, quel âge a-t-elle ? Acceptes-tu les commandes de vidéos ? J’aimerais voir du feet play. »
« Très sexy ! J’ai une demande de vidéo spécifique, quels sont tes tarifs ? Je t’ai envoyé un mail. »
« J’ai des vidéos à échanger, plusieurs femmes, yeux clairs. Répondez à ce commentaire si intéressé. »

A ma grande surprise, la plupart des commentaires étaient encourageants et le ratio like/dislike était majoritairement positif. Avec mon malaise, ma curiosité grandissait, me poussant à explorer la chaîne. MrSleepyPeople comptait une quarantaine de vidéos, toutes du même genre. Certaines montraient les mêmes femmes, Lisa étant d’ailleurs mentionnée dans cinq titres de vidéos différents.

Certains d'entre eux mettaient en évidence d’autres éléments inquiétants. Quelques-unes des filles étaient indiquées comme « inconscientes » ou encore « ivres ». Les vidéos avaient été publiées de façon régulière depuis 2011, et la plus récente datait de janvier 2020. Chacune comptait plusieurs milliers de vues et des dizaines de commentaires.

J’ai d’abord pensé à un ARG très poussé. Il serait impossible pour une même personne de gérer autant de profils différents pour interagir avec les vidéos, ce devait être le travail d’un groupe. Autre élément difficile à expliquer : le nombre de jeunes femmes différentes sur la chaîne. Où trouvaient-ils autant de personnes prêtes à se faire manipuler les yeux ? J’ai continué à parcourir la chaîne, cherchant des éléments qui pourraient m’aider à comprendre ce à quoi j’avais affaire.  

Deux vidéos ont suffi à me convaincre que MrSleepyPeople n’était ni un projet artistique un peu sombre, ni une blague.

« Interrupted eye check »
Schéma similaire aux autres vidéos, une femme endormie, un « examen » des yeux. Vers la fin de la vidéo, la jeune femme referme l’œil qui est maintenu ouvert. Le cameraman s’éloigne brusquement d’elle, coupant la vidéo.

« Passed out Mary eye check, cleaning »
La vidéo est en format portrait, probablement prise avec un téléphone portable. Après l’habituel examen du globe oculaire, MrSleepyPeople se sert de la caméra frontale pour se filmer tandis qu’il rapproche son visage de celui de la femme endormie. C’est un homme, on ne voit que la moitié inférieure de son visage. La paupière est soulevée avec délicatesse, puis l’œil est léché avidement. La femme ne réagit pas.

Un excellent jeu d’acteur ne suffirait pas à réprimer un réflexe de protection des yeux. Mary, si c’est son vrai prénom, n’était pas consciente, et probablement pas consentante. Il m’a alors semblé évident que MrSleepyPeople profitait de jeunes femmes endormies et parfois droguées. Sa réaction lorsqu’une de ses victimes semblait prête à se réveiller prouvait qu’il le faisait à leur insu.

Plus déconcertant : pour qu’il puisse ainsi toucher leurs visages et ouvrir leurs yeux, ses victimes devaient être au stade du sommeil lent profond. Durant ce stade, il est difficile de se réveiller et le cerveau devient pratiquement insensible aux stimuli extérieurs. MrSleepyPeople connaît donc les habitudes de sommeil des personnes qu’il filme. Pire encore, il doit probablement les regarder dormir, attendant le moment opportun pour accéder à leurs yeux sans être importuné.

Après avoir visionné plusieurs « Examens de l’œil », YouTube a commencé à me recommander d’autres vidéos semblables. MrSleepyPeople n’était pas un cas isolé, j’ai rapidement trouvé des dizaines de chaînes proposant du contenu similaire. Des femmes endormies sont filmées à leur insu, leurs bras sont soulevés et relâchés pour montrer la flaccidité de leurs membres, leurs visages sont touchés, leurs pieds caressés.
En commentaire, les autres membres de cette sinistre communauté encouragent celui qui publie la vidéo à “faire plus”. Parfois, ils demandent des vidéos spécifiques ou proposent des échanges, laissant leurs adresses e-mail pour être contactés. Les playlists sur certains de ces profils ne sont pas bien rassurantes. La plupart sont centrées sur un aspect : l’incapacité de la victime, toujours une femme, à consentir. Endormie, évanouie, droguée, elle est un objet à la merci de la personne tenant la caméra. Certaines playlists montrent des techniques d’hypnose, dont ces personnes comptent probablement se servir à mauvais escient. 

Toute cette communauté est centrée sur le fantasme de la femme dans son état le plus vulnérable, inconsciente et dans l’impossibilité de refuser quoi que ce soit. Ses membres sont des hommes adultes partageant ou consommant des vidéos dont ils tirent une gratification sexuelle. Tout cela est fait aux dépens de femmes qui font souvent partie de leur entourage comme l’indiquent certains titres contenant les mots « ami », « cousin », « coup de ce soir », « colloc’ » ou « copine de mon colloc’ »

Ce qui a fini par me dégoûter, c’est que les femmes sur ces vidéos ne sont pas toutes majeures, comme en témoignaient des titres tels que « Examen de l’œil sur une enfant » ou encore « J’examine l'œil de ma petite sœur et je joue avec ses cheveux ». Sur les centaines de vidéos des playlists, on peut occasionnellement voir des enfants endormies, traitées comme des poupées de chiffon et qualifiées comme les adultes de « sexy », « attirantes » ou encore « délicieuses ». S’ils sont capables de poster cela sur YouTube, je n’ose pas imaginer le genre de vidéos que ces hommes se partagent en privé.

Le plus triste c’est qu’il n’y a pas grand-chose à faire contre ces personnes. Quand bien même le site trouverait cette communauté et purgerait son contenu, le réseau va au-delà de ce qui est accessible publiquement, et ces vidéos continueraient à être échangées par mail ou grâce aux services de messagerie instantanée d’autres réseaux sociaux.

J’ai effacé mon historique de recherche YouTube, et je prends désormais soin d’éviter les mots-clefs ou de cliquer sur les vidéos (y compris celles que je consommais avidement avant de tomber sur MrSleepyPeople) qui pourraient me faire retomber sur de telles communautés. Bien que sa découverte m’ait forcée à remettre en question mes tendances voyeuristes (sur des personnes consentantes et entre les mains de professionnels médicaux, je tiens à le rappeler) c’est quelque chose de plus concret qui me tient désormais éloignée de cette partie cachée de YouTube.

Je n’ai aucune envie de tomber un jour sur une vidéo montrant une femme que je connais, et je ne veux surtout pas me retrouver face à mon corps endormi, manipulé à mon insu par un homme de mon entourage.

Cette creepypasta vous est offerte grâce au travail de Moth Noises, qui a assuré la compilation des éléments nécessaires à sa rédaction, de Dan Torrance et Seven (7) qui ont participé au processus d'analyse et de sélection conformément à la ligne éditoriale, et de Kintefleush et Gordjack qui se sont chargés de la correction et la mise en forme. L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni ne dément la véracité du présent article et invite les lecteurs à se faire leur propre avis sur la question. L'équipe décline également toute responsabilité en cas de disparition ou de mort, douloureuse ou non, s'ensuivant des éventuelles recherches menées à cet effet.

lundi 21 décembre 2020

Les Bougies


Temps approximatif de lecture : 6 minutes

J'arrive sur mes trente ans. J'ai une vie active, un homme avec qui j'espère me marier, un bon travail. Il n'y a pas longtemps, mon fiancé m'a fait remarquer que je ne lui parlais jamais de mon enfance avant mes treize ans. J'ai eu comme un déclic. Il avait raison. Pourtant, il n'y avait aucune mauvaise volonté de ma part, ni aucune honte qui me pousserait à cacher mon passé. Je l'avais simplement occulté. Quand j'ai réalisé ça, que j'avais moi-même muré cette partie de moi, ce passé, tout m'est revenu. Et aujourd'hui, je regrette d'avoir fouiné dans ce recoin de mon cerveau. 

J'ai eu une famille atypique. Je ne sais pas vraiment comment vous raconter tout ça, alors je vais le faire en suivant l'ordre dans lequel mes souvenirs me sont revenus. Je pense que vous parler de ma famille est déjà un bon début.

Commençons par ma mère. Persuadée d'avoir des dons de médium et de guérisseuse, elle a été condamnée à plusieurs années de prison pour la mort de mon petit frère Joseph, après avoir refusé de l'emmener à l'hôpital suite à une importante brûlure lors d'un barbecue. Avec l'accord de mon père, dont je parlerai plus tard, elle a préféré soigner Joseph à l'aide de ses " dons " plutôt que d'appeler les pompiers. C'est ma tante qui, au bout de plusieurs semaines et suite à mon appel, l'a emmené d'urgence à l'hôpital. Sa blessure s'était infectée et les docteurs ont dû amputer sa jambe gauche, mais il était bien trop tard. Mon frère Joseph est mort à l'âge de dix ans. J'ai ensuite été placée chez ma grand-mère maternelle avec l'interdiction pour mes parents de me récupérer. 

Mon père avait une confiance aveugle en ma mère et ses soi-disant dons, il ne la remettait jamais en question. Ce n'était pas un homme très intelligent, elle le dominait en quelque sorte. Aussi, il détournait le regard lorsqu’elle nous mettait en danger, mon frère et moi, volontairement ou pas. Il a fini ses jours seul, dans sa vieille et sombre maison de la campagne bretonne, à regretter sa vie et ce qu'il en avait fait. 

Voilà dans quel environnement j'ai grandi. Mais malgré tout, ce ne sont pas ces événements qui m'ont fait oublier les trois-quarts de mon enfance. 

Pour tout dire, je n'avais jamais vu ma grand-mère avant d'être placée chez elle. Ma mère ne parlait jamais d’elle et à chaque fois que l'on évoquait mon grand-père, elle entrait dans des crises d'hystérie que seul mon père parvenait à calmer. Ma mamie s'appelait Louise. C'était quelqu'un de calme, qui ne parlait jamais pour ne rien dire. Elle vivait seule dans la forêt près de Rocroi, dans les Ardennes, mais était née et avait grandi en Bretagne. Elle habitait une petite maison de bois très rustique. C'était une femme indépendante, qui s'occupait de son logis avec vigueur. Elle savait se débrouiller et se servait de sa voiture une fois par mois pour aller faire ses courses en ville. 

Comme ma mère, et je pense que c'est d’elle qu'elle tenait ça, ma grand-mère était versée dans l'ésotérisme. J'avais remarqué certains livres dans sa bibliothèque qui intriguaient la petite fille que j'étais. D'épais ouvrages reliés de cuir, aux noms indéchiffrables pour moi. Mais ce n'était pas une sorcière, disons qu'elle pratiquait plus la magie à la façon des anciens du village, ceux qui vivent ou ont vécu à la campagne sauront de quoi je parle. C’était plus de la superstition que de la véritable magie. 

Je me souviens que dans son salon, il y avait un petit guéridon que mamie Louise avait transformé en autel à la mémoire de papy. Je ne l’ai jamais connu car il est mort avant ma naissance. Elle avait disposé cinq bougies autour d'un cadre contenant sa photo. J'avais interdiction de m'en approcher, et de souffler les bougies pour quelque raison. Ma grand-mère prenait également soin de ne jamais créer de courants d'air dans la maison. On n'ouvrait jamais une porte ou une fenêtre si une autre l’était déjà. 

Quand le soleil se couchait, mamie déposait un plat recouvert d'une serviette blanche sur le rebord de la fenêtre, à l'extérieur de la maison. Avec tout l'amour que je lui porte encore aujourd'hui, je dois admettre que vivre avec elle ne me plaisait pas. Il y avait constamment une ambiance lourde de secrets, de choses non dites, de regards inquiétants, d'interdits. Mamie Louise ne parlait pas souvent et restait la plupart du temps dans le salon à tricoter. Quant à moi, je passais le temps en grattant le bout rouge des allumettes pour ne garder que le bois et tenter d'en faire des châteaux. Je m'amusais comme je le pouvais. 

Je n'osais pas sortir seule dans la forêt et à chaque fois que je demandais à mamie de m'accompagner, elle restait immobile, sans rien dire. De colère face à son mutisme, me sentant ignorée, je courais parfois jusqu'à la porte d'entrée, bien décidée à aller jouer dehors avec ou sans elle. Mais à chaque fois, au moment de passer le battant, j'étais paralysée de peur. La forêt n'avait rien d'inquiétant, mais c'était plus fort que moi. Je ne pouvais pas franchir le seuil de la maison sans succomber à une peur panique. Alors je revenais auprès d’elle, qui continuait à tricoter, un sourire satisfait sur le visage. 

Une fois, en passant devant une bougie, l'air que mon passage avait dérangé l'a soufflée. Ma grand-mère était assise dos à moi et ne pouvait pas me voir. Alors comme une petite fille, j'ai tenté de cacher ma bêtise. J'ai pris une des bougies pour rallumer la mèche éteinte. Alors que j'approchais la flamme, mamie m'a appelée pour que je vienne près d'elle. Elle savait. C'est peut-être l'odeur de la fumée qui l'avait alertée. Elle m'a demandé de m'asseoir à côté d'elle. Elle a posé sa main sur ma cuisse. J'ai regardé son visage en pensant y voir de la colère, mais elle pleurait. Sa face était crispée dans une expression de dégoût et des larmes coulaient de ses joues. Sa main est doucement remontée le long de ma cuisse vers le haut, comme une caresse. Mamie Louise pleurait toujours et semblait lutter, retroussant avec peine ses lèvres pour articuler quelque chose. Alors que sa main effleurait mon entrejambe, elle a hurlé : « RALLUME LA BOUGIE ! ». Ce que je me suis empressée de faire, terrifiée. Une fois celle-ci allumée, mamie a séché ses larmes, puis sans rien dire, est partie préparer le dîner. 

Maintenant, j'aborde la partie délicate. Vous êtes libres de croire ou non à ce qui va suivre, je n'écris pas pour convaincre qui que ce soit mais pour m'exorciser d'un souvenir que j'avais miraculeusement oublié et que j'aimerais de nouveau sceller. 

Un soir, ma grand-mère, comme d'habitude, emmenait un plat recouvert d'une serviette en tissu pour le poser sur le rebord extérieur de la fenêtre. Alors qu'elle ouvrait la fenêtre du salon, j'ai relevé de mon côté celle de la cuisine pour fermer les volets. J'ai aussitôt senti un courant d'air et j'ai tout de suite pensé aux bougies, avant d’entendre un grand fracas de vaisselle brisée dans le salon. J'ai aussitôt fermé la fenêtre et j'ai accouru pour trouver mamie, livide, devant l'autel dédié à mon grand-père dont les bougies étaient comme je le pensais, éteintes. À ses pieds, le plat était brisé. 

Mamie Louise m'a alors jeté un regard que je n'oublierai jamais, et s'est jetée sur le paquet d'allumettes, vide. Par ma faute. J'avais tout utilisé pour fabriquer un château qui n'avait même pas tenu. Devant son affolement, je me suis mise à pleurer. Quelque chose n'allait pas. Elle a poussé un petit gémissement puis est passée devant moi sans même me regarder. La nuit commençait à tomber et on y voyait déjà plus grand-chose dans le salon. Elle a grimpé les escaliers à toute vitesse et j'ai entendu la porte de sa chambre claquer. Puis plus rien. Un silence qui encore aujourd'hui, me terrorise. Je ne peux m'endormir que si j'entends la radio ou la télé. Au grand dam de mon fiancé. 

J'ai ramassé les morceaux du plat et récupéré la serviette en tissu. Jusque-là, je n'avais jamais pu voir ce que mettait mamie Louise dans ce plat qu'elle s'évertuait à poser sur le rebord de la fenêtre, tous les soirs, à la nuit tombante. Je croyais à de la nourriture, mais il n'en était rien. J'ai découvert, ce soir-là, une petite poupée de chiffon, avec de la laine jaune en guise de cheveux et une petite robe rose. J'étais terrifiée. C'était moi dans ma tenue de nuit, la robe avec laquelle je dormais. 

J'ai alors entendu la porte de la chambre de ma grand-mère s'ouvrir doucement. Des pas lents ont commencé à descendre l'escalier. Sans savoir pourquoi, je me suis ruée derrière le canapé pour me cacher. Quelque chose n'allait pas, j'avais l'impression que mamie essayait de se faufiler sans que je ne l'entende. Au fond de moi, je sentais que ce n'était pas mamie Louise qui descendait l'escalier. Que quelque chose d'autre était dans la maison avec moi. J'ai entendu sa voix, beaucoup plus proche que je ne le pensais. J'ai levé la tête, elle se tenait juste devant le canapé. Aujourd'hui je crois, sans savoir pourquoi, qu'elle savait où je me cachais avant même d’être en bas. 

Je me suis levée et je suis sortie de ma cachette. Que pouvais-je faire d'autre ? Elle s'est approchée de moi et m'a serrée dans ses bras en m'assurant que tout allait bien. Je l'ai crue. J'avais envie de la croire. J'étais une enfant terrorisée. Elle a pris ma main dans la sienne, je me sentais presque rassurée. Puis, elle s'est assise dans son fauteuil et m'a invitée à venir sur ses genoux. Il faisait noir, la nuit était totalement tombée. Je ne distinguais pas bien son visage, mais je crois qu'elle souriait. Je me suis assise sur ses genoux, face à elle. D'une manière ou d'une autre, je n'osais pas lui tourner le dos. Elle a caressé mes cheveux puis ma joue, essuyant mes larmes. Sa main est descendue le long de mon épaule puis s'est attardée sur ma poitrine naissante. J'ai à nouveau senti que quelque chose n'allait pas. Je n'aimais pas la façon dont elle me touchait. Ni son sourire qui s'était élargi. Elle dégageait une odeur d'alcool et de tabac qui me donne encore la nausée, quand j'y repense. 

J'ai repoussé sa main et je me suis levée, toujours lui faisant face. Son sourire s'est estompé. Elle s'est levée d'un bond et s'est jetée sur moi. Elle a enfilé quelque chose sur ma tête et a recouvert mon visage. C'était épais, élastique, et ça m'empêchait de respirer. J'ai tout de suite compris qu'elle essayait de m'étouffer avec le bonnet de bain qu'elle utilisait pour garder ses cheveux au sec sous la douche. J'essayais de hurler, mais je ne pouvais pas reprendre mon souffle. Je me débattais, griffais ses mains qui me maintenaient avec une force sidérante. Je ne sais pas combien de temps tout ça a duré. Probablement pas longtemps, même si ça me parait une éternité. J'entends encore aujourd'hui le son de sa voix, les mots qu'elle a prononcés.

Sa voix était beaucoup plus grave, mais c'était toujours la sienne. Son accent en revanche, n'était plus le même. Elle ne cessait de répéter : « Tu vas être obéissante, tu vas m'écouter ! » 

Mais soudain, elle a lâché prise et je suis tombée au sol. Elle se tenait devant moi, agrippant son bras à l'aide de sa main comme pour l'empêcher de se mouvoir. Ses deux membres semblaient lutter l'un contre l'autre. Elle a poussé un hurlement terrifiant et a traversé la maison en courant, a ouvert la porte d'entrée et a disparu dans la nuit. Moi, je suis restée quelques instants à reprendre mon souffle, incapable du moindre mouvement. Ensuite, quand j'ai senti que mes jambes pouvaient de nouveau me porter, j'ai couru tout le long du chemin jusqu'à la ville, m'attendant à tout moment à ce que le monstre qu'était devenue ma grand-mère ne se jette à ma poursuite. Mais il n'en a rien été. Je suis tombée dans les pommes, exténuée, devant les portes de la mairie.

Écrire tout ça a été difficile, j'ai dû faire de longues pauses. Lorsque l'on m'a retrouvée à l'époque, j'avais dit que quelqu'un s'était introduit dans la maison pour me faire du mal et que mamie l'avait poursuivi dans les bois. C'était évidemment faux, mais personne n'aurait cru la vraie version des faits. Depuis que tous ces souvenirs ont refait surface, j'ai parlé à ma tante. Elle m'a dit qu'après la mort de mon grand-père, mamie Louise n'avait plus été la même. Mon grand-père qui d'ailleurs, était de ses dires un homme mauvais qui avait plusieurs fois jeté des regards malsains sur ma mère et elle.

Le plus étrange dans tout ça, c'est que j'aime toujours ma mamie. Je pense qu'au fond, elle essayait de me protéger. De quoi ? J'ai quelques hypothèses mais aucune certitude. Mais ce qui est sûr, c'est que quand mamie Louise a gravi les marches de l'escalier ce soir-là, c'était la dernière fois que je la voyais. Quant à ce qui est descendu dans le salon ensuite, à pas de loup, tentant de se faufiler dans le noir et qui a disparu dans l'obscurité en hurlant, je ne saurai probablement jamais ce que c'était…

Cette creepypasta vous est offerte grâce au travail de Atepomaros, qui a assuré la compilation des éléments nécessaires à sa rédaction, de Undetermined.B et Sawsad qui ont participé au processus d'analyse et de sélection conformément à la ligne éditoriale, et de Noname et Gordjack qui se sont chargés de la correction et la mise en forme. L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni ne dément la véracité du présent article et invite les lecteurs à se faire leur propre avis sur la question. L'équipe décline également toute responsabilité en cas de disparition ou de mort, douloureuse ou non, s'ensuivant des éventuelles recherches menées à cet effet.

lundi 14 décembre 2020

Tradition




Temps de lecture approximatif : 3 minutes

La majorité des membres de ma famille (ma grand-mère, mon grand-père, mes oncles et tantes) ne sont plus de ce monde depuis les années 90. Ma mère, comme sa mère avant elle, a reçu une éducation respectueuse des vieilles traditions : à l'occasion de Noël, elle dressait toujours la table pour la nuit. Elle y laissait les cuillères et les assiettes, de la koutia1, du kholodets2, des vareniki3, et des verres de vin. Le couvert était mis pour 6 ou 7 personnes. Tout était préparé comme si des gens devaient arriver dans la cuisine et prendre place à table. Je vivais à l'époque avec mon frère jumeau, nous avions alors 15 ans, et je ne faisais pas vraiment attention à tout cet assortiment. Quand je demandais à ma mère à quoi ça servait de dresser la table pour la nuit, elle répondait qu'à Noël, les cieux s'ouvraient et que tous nos défunts descendaient pour se voir et dîner (ou plutôt souper). Enfin, je n'y ai jamais cru, je pensais plutôt qu'il s'agissait d'une fantaisie, une tradition tout ce qu'il y avait de plus commun.

Tout a commencé à Noël 1997. Ma mère, comme toujours, avait dressé la table pour la nuit, installé tous les couverts, servi la nourriture dans les assiettes et le vin dans de petits verres, l’ensemble était splendide. Ce jour-là, ma sœur aînée était venue avec son enfant, nous avions fait la fête et elle était restée dormir. Elle couchait dans le salon, qui était à côté de la cuisine. À la fin de la soirée, alors que nous étions partis rejoindre nos chambres situées un peu plus loin, elle était restée éveillée et avait regardé la télé jusqu'à une heure du matin.

C'est là que tout a commencé : dans la cuisine, des couverts ont commencé à tinter contre les assiettes. Comme si quelqu'un était en train de manger, selon les dires de ma sœur. Lorsqu'elle a entendu cela, elle a allumé la lumière, paniquée, et s'est précipitée dans la chambre des parents en criant. Mon père est allé dormir dans le salon. Après cet incident, ma sœur n'a plus jamais couché à la maison pour Noël.

Six ans ont passé. Un nouveau Noël est arrivé, et ma mère, comme à son habitude, a dressé la table pour les membres de notre famille ayant rejoint l'autre monde. Mon frère et moi étions dans notre chambre, assis près de l'ordinateur quand c’est arrivé. La porte était entrouverte, nos parents dormaient déjà, il était environ une heure du matin. Quand j'ai commencé à réaliser de quoi il retournait, j'ai eu la chair de poule sur tout le corps et j'ai ressenti une telle peur que je ne me rappelais pas avoir un jour éprouvé quoi que ce soit de similaire. À ce moment, j'ai cru aux esprits immortels de l'autre monde.

Ça a début lorsque je m'étais assis près de la porte, et que j'ai entendu un bruit étrange en provenance de la cuisine. J'ai cru que j'avais rêvé. Mais à peine une minute plus tard, il y a eu un nouveau son, et cette fois-ci si distinctement que je ne pouvais pas me tromper : c'était le son d'une cuillère raclant contre une assiette. 

J'ai dit à mon frère : « Tu as entendu ça ? » 

Il m’a répondu : « Tu as rêvé. » 

Un autre son s'est fait entendre, je n'avais aucun doute, un tabouret était tiré contre le carrelage. 

Je lui ai de nouveau demandé : « Tu as entendu ça ? », ce à quoi, il a cette fois, répliqué : « J'ai entendu quelque chose, oui... ». Au même moment, d'autres bruits nous sont parvenus. Comme si quelqu'un s'installait, tirait son tabouret et commençait à se servir. Et ce "quelqu'un" renvoyait à un grand nombre de personnes.

Je ne pouvais pas crier, mon cœur s'était décroché et une boule s'était formée dans ma gorge. La chair de poule parcourait ma peau, et la peur nous envahissait lentement mon frère et moi.

À ce moment, j'ai compris que ceux qui étaient là-bas s'étaient levés de leurs sièges et avaient traversé le couloir au sol grinçant pour entrer dans le salon et se rapprocher de notre chambre.

Mon frère s'est jeté sur la porte et a fermé le verrou, et j'ai commencé à prier. Le loquet a commencé à trembler, et en-dessous, par l'interstice de la porte, j'ai vu des pieds. De retour dans notre lit, mon frère et moi étions comme paralysés. Et alors, les gonds de la porte ont commencé à trembler, un coup en haut, un coup en bas. Nous n'avons pu nous retenir et nous sommes mis à hurler, réveillant nos parents. Tout s'est subitement arrêté.

J'ai entendu le cri de mon père et la voix inquiète de ma mère. Je suis sorti de la chambre, et mon père et moi nous sommes dirigés vers la cuisine. Ce que nous y avons vu m'a plongé dans un profond malaise : les tabourets étaient tirés, et les verres de vin renversés sur la table. Des filets de liquide écarlate gouttaient encore de la table pour se répandre sur le sol. La nourriture n'avait pas été touchée.

Nous ne nous sommes rendormis qu'une heure plus tard, et seulement avec la lumière allumée. Après cet incident, ma mère n'a plus jamais dressé la table pour la nuit : je le lui ai interdit.

1 Plat traditionnel orthodoxe des pays d'Europe de l'Est à base de graines de froment et de pavot, de miel, de noix et de raisins secs, pouvant notamment être servi à Noël.

2 Une version de l'aspic, un plat en gelée, typique de la cuisine russe, ukrainienne et biélorusse... quoiqu'en un peu moins ragoûtant.

3 Une version plutôt ukrainienne des raviolis, ils sont traditionnellement fourrés avec de la purée de pomme de terre, des champignons et parfois avec de la viande en Russie, souvent opposés aux pelmeni fourrés exclusivement avec de la viande ou du poisson et originellement issus de la cuisine de l'Oural.

Cette creepypasta vous est offerte grâce au travail de Elche27, qui a assuré la compilation des éléments nécessaires à sa rédaction, de Magnosa qui a assuré sa traduction du russe vers le français à partir de l'originale que vous pouvez trouver sur Jutkoe.ru, de Jared Gauss et Seven qui ont participé au processus d'analyse et de sélection conformément à la ligne éditoriale, et de Noname et Gordjack qui se sont chargés de la correction et la mise en forme. L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni ne dément la véracité du présent article et invite les lecteurs à se faire leur propre avis sur la question. L'équipe décline également toute responsabilité en cas de disparition ou de mort, douloureuse ou non, s'ensuivant des éventuelles recherches menées à cet effet.

lundi 7 décembre 2020

Fiche M : Sokushinbutsu


Temps approximatif de lecture : 1 minute

Il est possible de trouver, dispersés un peu partout dans le nord du Japon, quelques dizaines de moines momifiés connus sous le nom de Sokushinbutsu. Adeptes du Shugendô, une ancienne forme de bouddhisme, ces religieux sont morts dans l'acte ultime d'abnégation.
 
En prononçant leurs vœux, ils consentaient à suivre durant trois ans un régime spécial composé uniquement de noix et de graines, tout en s’adonnant à un programme d'activité physique rigoureux qui les dépouillait de leur graisse corporelle. Suite à cette première phase, ils devaient, durant à nouveau trois ans, manger de l'écorce et des racines et boire un thé empoisonné à base de sève de l'arbre Urushi, normalement utilisée pour la laque des bols. Cette substance provoque des vomissements et une perte rapide des fluides corporels, et surtout, elle tue tous les asticots qui pourraient causer la décomposition du corps après la mort. Enfin, ils arrivaient à la dernière étape : l’auto-momification. Pour ce faire, le moine y ayant accédé s’enfermait dans une tombe en pierre à peine plus grande que son corps, dans laquelle il ne bougeait pas, tout en conservant la position du lotus. Son seul lien avec le monde extérieur était un tube à air et une cloche. Chaque jour, il faisait sonner cette dernière pour faire savoir à ceux de l’extérieur qu'il était toujours en vie. Lorsque la cloche cessait de se faire entendre, le tube était retiré et la tombe scellée.
 
Néanmoins, les moines qui ont tenté l'auto-momification n’ont pas tous réussi cette prouesse. Car lorsque les tombes ont finalement été ouvertes par les fidèles, certains corps se sont avérés être pourris. Ces moines ayant échoué ont été laissés là avant d’être enfermés de nouveau dans leurs tombes. Ils avaient beau être respectés pour leur endurance, ils n'ont pas été vénérés. Seuls ceux ayant réussi leur momification ont été élevés au statut de Bouddha, exposés et soignés par leurs disciples. 

Mais le gouvernement japonais a interdit le Sokushinbutsu à la fin du XIXe siècle, bien que la pratique se soit apparemment poursuivie jusqu'au XXe.




Cette creepypasta vous est offerte grâce au travail de Dan Torrance qui a assuré sa traduction de l'anglais vers le français à partir de l'originale que vous pouvez trouver sur Creepypasta.com, de Sawsad et AngeNoire qui ont participé au processus d'analyse et de sélection conformément à la ligne éditoriale, et de Kintefleush et Noname qui se sont chargés de la correction et la mise en forme. L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni ne dément la véracité du présent article et invite les lecteurs à se faire leur propre avis sur la question. L'équipe décline également toute responsabilité en cas de disparition ou de mort, douloureuse ou non, s'ensuivant des éventuelles recherches menées à cet effet.

lundi 30 novembre 2020

AIDE POUR CHIEN SVP


Temps approximatif de lecture : 2 minutes
 
En temps normal, Nelson, mon petit York, adore se promener. En fait, à chaque fois que je m’approche de la porte, il me saute dessus pour que l’on fasse sa sortie quotidienne. Même si je n'aime pas trop ça, je me force à le faire. Vous voyez, j'essaie d'être un bon maître pour mon chien.

Oui, je sais que ce n'est pas bien vu par certains d’avoir acheté un chien sans vouloir le promener. Mais voilà, je suis seul depuis des années, et psychologiquement j’avais besoin d’un peu de compagnie.

Enfin, tout ça pour dire que ces derniers jours, Nelson refuse catégoriquement de sortir. Alors au début je pensais qu'il n’en avait juste pas envie, qu’il faisait trop froid ou tout simplement qu’il était malade, mais pourtant il a l'air d’aller bien et ne semble pas avoir quoi que ce soit. Ce type de comportement m'étonne venant de sa part.

Je me demande s'il n’y a pas une "chose" qui lui fait peur dehors, vous savez, on dit que les chiens voient les fantômes, non ? Alors peut-être qu'il en voit un et que ça l'effraie ? Après c'est vous la vétérinaire, vous le savez sûrement mieux que moi.

Surtout que quelques jours avant, on m’avait fait jurer de lui faire faire de l’exercice régulièrement, alors depuis, je me sens un peu forcé de le sortir.

Donc j'essaye, même s'il ne veut pas. Et je ne vais pas vous cacher qu’à chaque fois le chien traîne de la patte et ne veut pas avancer. Par conséquent, je tire fort sur la laisse pour qu’il me suive. Mais pour tout vous dire, à la longue c'est vraiment fatigant. Et puis quand je croise d’autres passants, vous pouvez être certaine qu’ils me lanceront des regards pleins de mépris, comme quoi je ne sais pas dresser mon chien et bla-bla-bla. Tous des connards (pardon pour la vulgarité).

Et comme si ça ne suffisait pas, l’autre jour, des mouettes ont attaqué Nelson. Si si, je vous jure. Au début je les voyais seulement rôder autour de lui, mais tout d'un coup elles ont commencé à charger pour lui donner des coups de bec, comme si elles voulaient le manger. À ce moment-là je ne vous dis pas ma colère, j'ai couru droit vers elles pour les faire partir. Je pense que vous aimez les animaux tout autant que moi, mais là c'était trop : la prochaine fois que je vois ces saloperies de mouettes toucher à mon pote, je prends mon fusil, je les descends, et ensuite je les donne à manger à Nelson. C'est vrai qu’il sent un peu, comme tous les chiens vous me direz, mais il ne faut pas exagérer non plus.

Bref, désolé, je m'égare. Depuis cet épisode, Nelson a été salement blessé. Je vous épargne les détails, mais j’ai cherché un professionnel qui accepterait de le soigner, sauf que ça a été mission impossible d'en trouver un étant donné qu'ils m'ont tous jeté. Je trouve ça quand même honteux que des vétérinaires refusent de soigner mon chien, si vous prêtez serment, ce n'est pas pour nous jeter comme des malpropres.

Madame, vous êtes mon dernier espoir, je ne pourrai pas soigner mon chien seul, j'en suis incapable. Vous pensez pouvoir vous en occuper ? Je sais que je vous demande beaucoup, mais vous pourrez aussi le rendre aussi dynamique qu'avant ? C'est que, finalement, les promenades me manquent.

S'il vous plaît, vous devez aider mon chien, vous êtes la dernière chance de Nelson. Je ne veux pas perdre plus de temps. Vous savez, c’est mon seul ami, et je ne supporterais pas de le perdre.

Merci d'avance pour votre réponse.




Cette creepypasta vous est offerte grâce au travail de Sawsad, qui a assuré la compilation des éléments nécessaires à sa rédaction, de Jared Gauss et Seven qui ont participé au processus d'analyse et de sélection conformément à la ligne éditoriale, et de Kintefleush et Noname qui se sont chargés de la correction et la mise en forme. L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni ne dément la véracité du présent article et invite les lecteurs à se faire leur propre avis sur la question. L'équipe décline également toute responsabilité en cas de disparition ou de mort, douloureuse ou non, s'ensuivant des éventuelles recherches menées à cet effet.

mardi 24 novembre 2020

Petite animation des dix ans

Bonjour à vous, Cryptiens et Cryptienne ! 
Avant toute chose, ceux du fond qui essaient déjà de s'éclipser discrètement, on vous voit. Mais je vous rassure, pour une fois, ce genre de salutations ne sera pas suivi d'un discours solennel ou de l'annonce d'un concours. Nous avons simplement pensé qu'à l'occasion des dix ans, une petite animation sympathique à laquelle vous pourrez très facilement participer était de rigueur, d'autant plus si elle permet de tordre le cou aux clichés. 

Alors oubliez tout ce que vous savez de la creepypasta, et cliquez ici pour effectuer un petit test de personnalité réalisé par nos soins, et à votre intention ! Ce n'est vraiment pas long, et pour tout vous dire, pas spécialement conventionnel non plus. Enfin, inutile de vous en dévoiler davantage, vous découvrirez la chose bien assez tôt. 

N'hésitez pas à poster votre résultat en commentaire, ou à nous dire ce que vous pensez de cette petite animation !

CFTC décline toute responsabilité quant à la violente désillusion que vous pourriez éventuellement subir suite à la réalisation de ce test.

lundi 23 novembre 2020

La porte 190




Je sais que tous mes camarades de promo ne sont pas au courant de cette histoire, c’est pour ça que j’ai décidé de faire un post afin que les intéressé(e)s puissent être mis au courant, ceux qui voudraient rencontrer du paranormal. Ceux qui auront le courage de suivre mes indications. Voici comment réaliser un de vos souhaits.

À l’université de Caen, au Campus 1, se trouve un bâtiment qui se nomme Vissol. Vous devez y aller seul(e), à trois heures du matin. La porte de l’entrée s’ouvrira à l’heure pile, ni plus ni moins alors soyez sûr(e) d’être dans les temps sinon ça ne marchera pas. Si vous êtes arrivé(e) dans les temps mais que vous ne parvenez pas à entrer malgré tout, c’est que vous ne valez pas suffisamment pour la maîtresse des lieux. Vous avez la chance de pouvoir rentrer chez vous paisiblement et de retenter plus tard… à condition de lui faire faire une offrande considérable.

Une fois à l’intérieur, vous serez dans une nouvelle dimension, votre téléphone perdra le réseau et l’extérieur sera plongé dans le noir.

Vous remarquerez que le « bâtiment » dans lequel vous vous trouvez n’est plus celui que vous connaissez. Les âmes des damnés ont souillé les lieux, le sol est couvert d’un liquide verdâtre poisseux, épais, qui collera à vos chaussures. Des lambeaux de chair tombent du plafond parcouru par des veines noires, des figures humanoïdes recouvrent les murs, comme si elles étaient enfermées dans une espèce de placenta capable de se déchirer au moindre souffle ; l’odeur de la pourriture vous montera aux tripes et des créatures difformes vous accueilleront avec un sourire tordu. « Bienvenue chez nous » comprendrez-vous à travers celui-ci et ces yeux qui vous scrutent avec appétit.

Des doigts ensanglantés, aussi secs que ceux d’un cadavre abandonné dans le désert, scelleront la sortie. Vous ne pourrez pas faire demi-tour, mais n’ayez crainte, les masses sanguinolentes qui se traîneront au sol pour aller vers vous sont faciles à distancer. Dépêchez-vous simplement d’arriver à la porte 190. Monter les marches ne sera pas une tâche aisée comme vous devrez éviter les pattes d’araignées géantes qui essaieront de vous poignarder alors que vous grimperez les escaliers, mais vous pouvez le faire, n’est-ce pas ? Cela en vaut la peine pour accomplir votre cher petit souhait ? Vous n’aurez qu’à utiliser les corps décomposés de vos prédécesseurs comme bouclier si vous n’avez pas peur qu’eux-mêmes ne se réveillent pour tenter de prendre votre place en ouvrant votre bouche suffisamment large pour se glisser à l’intérieur.

Le couloir sera jonché de détritus, de cannettes, de paquets de chips et d’organes que vous aurez peut-être du mal à reconnaître, mais vous feriez mieux de courir. La créature aux mille pattes ne va pas tarder à vous poursuivre en se glissant depuis les escaliers jusqu’à derrière vous. Cette monstruosité composée d’amas de chair, des pattes d’araignées que vous êtes parvenus à éviter, dégoulinant d’un sang vert noirâtre vous poursuivra jusqu’à ce que vous arriviez à la porte 190.

Dépêchez-vous de toquer trois fois. La porte s’ouvrira et se refermera derrière-vous. Ici, vous pourrez rencontrer la Reine des vers. Elle vous attend depuis longtemps, alors ayez la décence de vous asseoir sur la chaise en face de vous. La vie qui grouille sous vos pieds grimpera peut-être sur vous et vous sentirez du liquide tomber depuis le plafond qui n’est rien de plus qu’une plaie béante, l’odeur sera puissante, mais souriez et soyez agréable. La Reine, entité ressemblant à une vieille femme dont les yeux pourris coulent sur ses joues, vous servira le thé. Buvez et retenez-vous de vomir.

Si vous voulez qu’elle accomplisse votre souhait, offrez-lui votre portrait. Si vous essayez de l’entourlouper, vous serez lentement dévoré(e) par les vers qui doivent déjà se délecter à cette idée. De sa main gauche, elle sortira une bougie où elle brûlera l’image.

Elle vous dira : « Ton âme sera mienne à l’instant où tu éteindras la flamme de ton souffle et tu seras mon serviteur jusqu’à la fin d’une éternité. Tu répondras à mes commandements et tu tueras en mon nom si je le requiers. »

De toute façon, il est trop tard pour reculer car elle ne vous laissera pas partir. Vous aviez déjà fait votre choix en entrant. Maintenant, formulez votre vœu et soufflez la bougie. La Reine vous marquera de son sang en vous faisant avaler un de ses enfants. Enfin, vous pourrez sortir. La créature qui vous poursuivait ne sera plus là, mais ce n’est pas une raison pour ne pas vous presser car, à trois heures quinze, vous serez enfermé(e) dans cette dimension. Faites juste attention aux marches qui resteront glissantes. De là, la sortie sera libérée et vous pourrez passer. Mais n’oubliez pas.

Vous lui appartenez.

Cette creepypasta vous est offerte grâce au travail de Noname, qui a assuré la compilation des éléments nécessaires à sa rédaction, de Jared Gauss et Sawsad qui ont participé au processus d'analyse et de sélection conformément à la ligne éditoriale, et de Kintefleush et Magnosa qui se sont chargés de la correction et la mise en forme. L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni ne dément la véracité du présent article et invite les lecteurs à se faire leur propre avis sur la question. L'équipe décline également toute responsabilité en cas de disparition ou de mort, douloureuse ou non, s'ensuivant des éventuelles recherches menées à cet effet.

lundi 16 novembre 2020

Fiche M : L'affaire Henri Languille

Temps de lecture : environ 3 minutes

Nous sommes en 1905, et le criminel Henri Languille est condamné à être exécuté sur la place publique de la ville d’Orléans.

En effet, ce dernier est accusé du meurtre d’Auguste Legeais, surnommé « le Père La Boule », en référence à l’auberge de La Boule d’Or. Son corps est retrouvé le 13 octobre 1903 dans sa chambre, baignant dans une flaque de sang. La victime aurait été violemment agressée, son assaillant l’ayant assommée d’un coup de pierre, avant de lui asséner plusieurs coups de chaise et de greffoir, puis de finalement l’étrangler avec un mouchoir.

Les soupçons de la police se portent rapidement sur Henri Languille, dont le casier judiciaire important – pour coups et blessures, vols et escroqueries – lui vaut la réputation de « malfaiteur redoutable qui terrorise toute la contrée ». Le 14 février 1905, après de longs mois d’investigations, Henri Languille finit par avouer qu’il est l’auteur du crime du Père La Boule. À l’issue de son procès devant les assises, le 18 avril 1905, l’assassin est condamné à la peine capitale.

Il forme un pourvoi en cassation qui est rejeté le 11 mai 1905. Et finit par tenter d’obtenir la grâce du président de la République, Émile Loubet, dans un contexte où la demande de l’abolition de la peine de mort ne cesse de croître. Cependant, ce dernier déclare que « la justice doit suivre son cours ». Dès lors, la rumeur de l'exécution prochaine d'Henri Languille enfle à Orléans et même à Paris, où la presse se tient aux aguets. Il faut dire que la dernière exécution publique à Orléans remonte alors au 17 juin 1865. Les journaux rapportent qu'à l'époque, près de 10 000 personnes se sont massées au pied de l'échafaud.

Se rajoute donc à l’affaire Anatole Deibler, le bourreau le plus célèbre de France du début du XXe siècle, personnage incontournable du paysage médiatique national, qui arrive à Orléans le 27 juin 1905 avec sa guillotine. En effet, ce dernier sillonne la France avec sa machine au gré des exécutions.


Le soir-même, des hommes, des femmes, et même des enfants, commencent à se réunir sur la place du Mont Bel-Air. En réaction, des gendarmes se déploient afin de tenir la foule à une distance respectable. Le Journal du Loiret décrit le montage de la guillotine sur l’échafaud comme un « spectacle impressionnant » où « quatre hommes relient lentement et silencieusement, à la lueur de deux lanternes, les pièces de la sinistre machine ».



En pleine nuit, c’est un homme apparemment décontracté qui est mené à l’échafaud tandis que la foule réclame sa mort.

« Tas de paysans ! Adieu Paris ! Adieu Paris ! » crie le condamné. Il est 3 h 30 quand la lame tombe et que sa tête finit dans le panier.

Ce qui rend cette exécution inhabituelle est l’étrange expérience menée par le Dr Beaurieux, médecin en chef de l’Hôtel-Dieu d’Orléans. Voici comment les journaux de l’époque relatent l’événement :

À cet instant, nous nous précipitons tous vers le seau où la tête vient de choir (...) Le Dr Beaurieux a, entre les mains, la tête décapitée.

– Languille ! crie-t-il, Languille !

Nous demeurons stupéfiés. Les paupières viennent de se soulever. Et les deux yeux pleins de vie encore, fixent longuement ceux du Dr Beaurieux, puis les paupières retombent.

– Languille ! crie une deuxième fois le praticien.

De nouveau, les paupières se soulèvent et les yeux fixent encore ceux du médecin. Elles se referment et pour la troisième fois, le docteur Beaurieux appelle :

– Languille ! Languille !

Mais cette fois les paupières restent closes, définitivement.

L’expérience a duré trente secondes. Trente secondes pendant lesquelles la tête décapitée a conservé, manifestement, une vie consciente.

C'est Le Matin, un quotidien de Paris, qui relate le premier cette histoire dans ses colonnes. L'information est bientôt relayée par toute la presse. À une époque où la question de l'hypothétique survivance des décapités après leur immédiate décollation est mise en avant par les abolitionnistes de la peine de mort, l'intervention surprenante du praticien orléanais trouble l’opinion publique, et alimente la presse.

Beaurieux niera lui-même avoir attrapé la tête de Languille comme le soutenaient les journalistes. Et par la suite, il finit par partager ses propres observations :

« La tête est tombée sur la partie sectionnée de son cou et je n’ai donc pas eu à la prendre dans mes mains, comme tous les journaux se sont empressés de répéter […].

« À ce moment, j’ai pu noter immédiatement après la décapitation que les paupières et les lèvres du guillotiné se contractaient de manière irrégulière pendant 5 à 6 secondes. Ce phénomène a été remarqué par tous ceux qui se sont trouvés dans la même situation que moi, à observer ce qui se passe après le sectionnement du cou…

« J’ai patienté pendant plusieurs secondes. Les mouvements spasmodiques ont cédé. Le visage s’est détendu, les paupières à moitié fermées sur les globes oculaires, ne laissant que le blanc de la conjonctive visible, exactement comme les mourants que nous avons l’occasion de voir tous les jours dans notre profession […]. C’est à ce moment que je me suis écrié d’une voix forte et nette : “Languille !” J’ai vu les paupières se soulever lentement, sans aucune contraction irrégulière – j’insiste sur cette particularité – mais avec un mouvement constant, certain et normal, comme il arrive quotidiennement, quand les personnes se réveillent ou sont tirées de leurs pensées.

« Ensuite les yeux de Languille ont regardé assurément les miens et ses pupilles se sont contractées. Je n’avais pas affaire à une sorte de regard vague, sans aucune expression, que l’on peut observer tous les jours chez les mourants : j’avais affaire à un regard animé qui me fixait. Après plusieurs secondes, les paupières se sont fermées à nouveau, doucement et d’un mouvement régulier, et la tête avait repris la même expression qu’avant que je ne l’appelle.

« C’est à ce moment que je l’ai appelé à nouveau, et, encore une fois, sans le moindre spasme, doucement, les paupières se sont soulevées et des yeux indéniablement expressifs se sont plantés dans les miens, avec peut-être plus de pénétration que la première fois. Puis les paupières se sont fermées à nouveau, mais de manière incomplète. J’ai tenté d’appeler une troisième fois ; il n’y a pas eu de mouvement supplémentaire – et les yeux ont pris l’expression vitreuse qu’ont les cadavres.

L’épisode entier a duré 25 à 30 secondes. »

Le Garde des Sceaux, Joseph Chaumié, a rapidement demandé des comptes au procureur général qui a donné son aval à la réalisation de cette expérience, dans une ville qui ne possédait même pas de faculté de médecine. Et la presse a été accusée par le magistrat d'avoir inventé toute une mise en scène.

Malgré tout, cette affaire continua durant de longues années à alimenter les conversations.



Sources :
Gaëlle Saulé-Mercier (2020), L’affaire Henri Languille, le guillotiné d’Orléans.

Cette fiche M vous est offerte grâce au travail de Litanie, qui a assuré la compilation des éléments nécessaires à sa rédaction, de Sawsad, Jared Gauss et AngeNoire qui ont participé au processus d'analyse et de sélection conformément à la ligne éditoriale, et de Kintefleush et Noname qui se sont chargés de la correction et la mise en forme. L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni ne dément la véracité du présent article et invite les lecteurs à se faire leur propre avis sur la question. L'équipe décline également toute responsabilité en cas de disparition ou de mort, douloureuse ou non, s'ensuivant des éventuelles recherches menées à cet effet.

dimanche 15 novembre 2020

CFTC a 10 ans !

À occasion particulière, publication particulière. Le blog de Creepypasta From The Crypt a été ouvert il y a exactement 10 ans aujourd’hui. 10 ans ! Je ne sais pas si Max le Fou, l’administrateur qui a créé le Blogger, ou Rob Nukem, son successeur qui l'a poursuivi et a créé la page Facebook, se doutait que la communauté prendrait cette envergure et durerait aussi longtemps. En ce qui me concerne, je dois aussi dire que c’est une immense fierté de me trouver là et de rédiger ce message à cette occasion. J’ai rejoint CFTC à la fin de l’été 2013, et j’ai pris mes fonctions d’administrateur un peu avant l’été 2014, et je dois bien dire que, pendant les premières années, cette histoire d’anniversaire des 10 ans était un peu une blague. « Vous imaginez quand CFTC aura 10 ans ? »

Et pourtant, après moultes péripéties, de nombreux changements dans le staff et parmi les administrateurs, la création de nouveaux grades, l’ouverture du Nécronomorial et du serveur Discord, nous y sommes. Je me sens vraiment ému d’avoir tenu aussi longtemps à ma place et d’avoir eu l’occasion de participer à tout cela, aux côtés de gens tous les plus formidables les uns que les autres, même s’il faut bien dire que quelques couacs en route ont causé des départs regrettables.

CFTC, aujourd’hui, c’est un peu moins de 100 000 messages sur le forum (quoiqu’on les atteint largement si on compte les nombreuses suppressions qu’il y a pu y avoir), 1345 publications sur le blog de CFTC et 207 sur le Nécronomorial (sans compter celle-ci), 26 personnes qui ont rejoint le staff ou l’une des équipes officielles pour vous apporter toujours plus de contenu de qualité et font, je dois dire, un travail exceptionnel dont je n’aurais jamais pu rêvé à l’époque où j’y faisais moi-même mes premiers pas, 4457 followers sur Twitter (https://twitter.com/CreepypastaFTC) et 4702 sur Facebook (https://www.facebook.com/CreepypastaFromTheCrypt), un Instagram qui vient d’ouvrir ses portes (https://www.instagram.com/creepypastafromthecrypt), un serveur Discord (https://discordapp.com/invite/8sChvSq) très actif avec des animations diverses et variées.

Mais à côté de ces chiffres, CFTC est surtout, au moins pour moi, devenu une grande famille. Quand je regarde le chemin parcouru, je vois les liens qui se sont créés, et je trouve cela réellement extraordinaire. Des amitiés très fortes et même des relations qui durent encore aujourd’hui sont nées sur CFTC. Notre cher Kamus a partagé avec nous la naissance de son premier enfant. Bien sûr, tout n’est pas rose et il y a aussi eu des disputes et parfois des départs douloureux, mais, après tout, ça aussi, ça fait partie de la vie de famille.

À titre personnel, la communauté m’a accompagné à des étapes importantes de ma vie, mon activité en tant qu’administrateur me sert d’un point de vue professionnel, certains membres sont devenus de véritables proches, et ceux-ci m’ont d’ailleurs tiré d’un très mauvais pas IRL plus d’une fois. J’en suis à un point où ma vie serait radicalement différente si je n’avais jamais rejoint le forum pour y proposer timidement ma première création. C’est pourquoi je tiens à exprimer ma profonde gratitude aux membres du forum. Merci à Tripoda d’avoir eu confiance en moi lorsque j’ai mis ma candidature au poste d’administrateur en 2014. Merci à toutes les personnes que j’ai côtoyées dans le staff au fil des ans, même si nous avons pu avoir des différends, et même si certains ont définitivement quitté notre communauté.

Et je souhaite tout particulièrement remercier le staff de 2020 à de multiples égards. Fin 2019, il me semblait voir venir la mort de la communauté. Plus aucune équipe, presque personne dans le staff, il a même fallu fermer nos portes pendant tout un mois. Mais au final, l’opération de résurrection a fonctionné au-delà de mes espérances, et je pense ne pas me tromper en disant que nous avons retrouvé un niveau d’activité qui n’a rien à envier à l’âge d’or. J’aimerais exprimer ma gratitude à Gordjack, qui m’épaule depuis de longs mois et qui fait un travail extraordinaire, ainsi qu’à Wasite qui nous a rejoint et apporte beaucoup à l’administration depuis qu’il est là ; tous deux ont d’ailleurs également quelques mots à vous dire dans cette publication. Le staff actuel m’a aidé à surmonter des événements très difficiles tout en continuant à faire tourner CFTC à la perfection, et ils ne devraient jamais oublier que ces mois qui ont passé ont, à mes yeux, fait d’eux la meilleure équipe avec laquelle j’ai travaillé pendant toute ma carrière.

Enfin, je veux dire merci à toutes les personnes qui font partie de cette communauté, que vous soyez membres actifs ou dans la majorité silencieuse. Après tout, notre contenu, nous le faisons pour vous, nous cherchons sans cesse à l’améliorer pour vous offrir la plus fine qualité. Et j’espère de tout cœur être encore là dans 10 ans pour vous écrire un nouveau message !

Magnosa

 ***
 
Eh bien, je ne suis pas doué pour ce genre de chose... Vous savez, les seuls discours que j'ai l'habitude de faire et qui m'inspirent sont sur l'abolition de la bourgeoisie et pas pour ce type d'occasions très particulières. Alors on va y aller au feeling, alors je vais simplement vous raconter mon rapport à CFTC et les deux du fond sont priés d'arrêter de bailler d'avance. Je me suis inscrit en 2016 et pour vous faire une confession, je n'avais jamais lu de pastas du site, j'en connaissais une dizaine via diverses vidéos YouTube avec des voix robotiques absolument immondes. Je me suis dit « hey, j'aime ce concept alors je veux essayer » et me suis fait un compte sur le premier forum dans la barre de recherche. J'ai proposé ma création et me suis fait refuser, puis encore et encore jusqu'à que je me fasse finalement publier. J'étais comme un gamin devant un paquet de cra... de bonbons ! J'actualisais toutes les cinq minutes la page des commentaires pour n'en louper aucun, attendant impatiemment chaque réaction.

Toujours aujourd'hui c'est quelque chose que j'adore, lire les commentaires et connaître l'avis des gens sur mes textes (et qui nourrit souvent mon formidable ego, mais ceci est une autre histoire). Bref, ça a duré pendant quelques années et CFTC était avant tout pour moi un moyen de montrer, d'affiner et de faire publier mon travail ainsi que de critiquer celui des autres lorsque le cœur m'en disait. Une sorte de forum d'échange entre auteurs en somme. 
 
Cela a drastiquement changé le jour fatidique où j'ai postulé en tant que modérateur du site, avec quelques hésitations sur le moment car je ne suis pas très doué avec les gens en général et ne suis pas habitué à intégrer une communauté. Bon, pour être honnête avec vous, le changement est survenu plutôt 6 mois après ma nomination, le temps que je me mette au travail, puis il a bien fallu encore 3 mois supplémentaire pour que je rejoigne le discord (non sans mal) et entre vraiment dans la communauté. Oui, bon je ne suis pas l'employé du mois c'est sûr, et Gordjack a dû s'arracher quelques cheveux à cause de ma passivité. 
 
C'est d'ailleurs grâce à lui que j'ai pleinement rejoint CFTC et je tenais à le remercier tout particulièrement. C'est lui qui m'a motivé à passer le cap de la discussion avec les autres membres (et à faire mon boulot, accessoirement) et m'a accompagné en tant qu'apprenti modo tout en réparant mes conneries plus régulières que je ne le voudrais. Bref, merci à toi Gordjack. Je ne regrette pas car j'ai fait des rencontres vraiment incroyables dans cette communauté qui a vraiment changé ma vie sur de nombreux plans, m'a fais grandir et évoluer. Je pense être devenu moins con grâce à CFTC, grâce à des discussions vraiment passionnantes, grâce aux critiques sur mes textes ou ceux des autres ou simplement grâce aux échanges que j'ai pu avoir.

Je ne sais pas quoi rajouter d'autre, à part que vous, communauté de lecteurs, êtes ce qui me motive aussi à écrire. J'attends toujours aussi fébrilement vos retours, j'aime lire vos réactions sur tout ce que l'on peut vous proposer (surtout les "je n'ai pas compris", ma douceur perso <3). Voilà, continuez comme ça ! Merci à nous (faut pas déconner, c'est nous qui bossons dans l'histoire) et un peu merci à vous d'être fidèles au poste !

Presque affectueusement, Wasite

***
 
Qui aurait cru que cet adolescent lisant des creepypastas sous la couette, il y a des années, finirait par devenir administrateur sur son site de prédilection ? Pas lui, en tout cas. Si on m'avait dit, à l'époque, ce que je deviendrais, je me serais contenté de rire au nez de la personne.

Et pourtant, je l'ai fait. Comme beaucoup d'entre vous, je n'étais qu'un lecteur parmi tant d'autres, lisant texte sur texte, fasciné par les sensations qui m'étaient ainsi offertes. Mais un jour, cette question m'est venue : et pourquoi pas moi ? Pourquoi, moi aussi, je ne pourrais pas apporter ma pierre à l'édifice ? C'est ainsi que je suis devenu correcteur pour CFTC. Alors, je me suis découvert une passion, un investissement qui n'avaient jamais été les miens auparavant. A nouveau, une question m'est venue : et si j'allais plus loin ? Et si j'en étais capable ? C'est alors que tout s'est enchaîné. De correcteur, je suis devenu référent correcteur, puis modérateur, et enfin administrateur voilà un peu moins d'un an.

CFTC m'a montré qu'avec de la volonté, de l'investissement et des idées, tout était possible. Même le plus notoire des lecteurs a une chance de devenir, un jour, l'un des piliers du site. Il suffit d'y croire, de ne pas baisser les bras, et de faire sienne la communauté qui aujourd'hui nous porte.

Sans nos équipes, sans notre Staff, et sans vous, lecteurs qui pour certains nous suivez depuis les éons, nous ne serions rien. Nombreuses sont les crises qui ont été essuyées par le site, mais à chaque fois, tous autant que vous êtes, vous avez su nous relever.

Aujourd'hui, ce sont dix ans de frissons qui sont célébrés. Dix ans à être à vos côtés, à vous écouter, à vous décevoir parfois. Mais vous, que dis-je, nous sommes une communauté, aux points de vue aussi nombreux que les membres qui la composent, aussi, je ne peux que m'en réjouir.

À vous, CFTC a montré que l'horreur n'était pas qu'un genre décrié par les femmes cinquantenaires possédant un caniche et détestant le metal. Non, CFTC, c'est bien plus que ça. C'est un genre, celui de la creepypasta, amené il y a maintenant dix ans dans nos vertes contrées par les fondateurs du site, et qui n'a cessé de fleurir, pour mener à cette apothéose qui aujourd'hui est la nôtre.

À moi, CFTC a montré que même en partant de zéro, même en n'étant rien, il suffit de se lancer, de sauter dans le vide, pour toucher du doigt l'idéal qui a porté avec tant d'allégresse et de frissons nos plus jeunes années. Alors, l'impossible devient possible.

Peu importe que nous ayons connu une petite baisse d'audience. Peu importe que nous ayons eu des litiges, que ce soit intérieurement à la communauté, avec des perturbateurs extérieurs ou avec vous. Peu importe ce qui s'est mis sur notre route. Nombreux sont ceux qui, des années en arrière, pensaient que nous ne tiendrions pas quelques mois de plus. Mais je sais, non, nous savons, que si nous fêtons nos dix ans en ce jour, CFTC a encore de belles années devant lui.

Des projets sont en route, et une partie de notre avenir est déjà tracé. Tracé en direction de l'abîme, celui dans lequel vous vous plongez sciemment lorsque vous entrez « Creepypasta from the Crypt » dans votre moteur de recherche. Et si d'aventure, vous souhaitez faire partie de cet avenir, sautez le pas, comme j'ai osé le faire il y a des années. Pour moi, CFTC est bien plus que la première référence française de littérature horrifique : c'est un endroit où les rêves se réalisent.

Critiques. Illustrateurs. Traducteurs. Damnés. Ma GrammatikWaffe. Magnosa, qui m'a tendu la main et m'a hissé à ses côtés. Kamus, qui m'a permis d'entrer en cet Éden. Wasite, qui m'a fait découvrir le sandwich aux haricots. Tous les  autres, mes estimés collègues du Staff, mes amis. Et surtout vous, lecteurs. Merci, du fond du cœur merci. En mon nom, merci de m'avoir permis de devenir ce que je suis aujourd'hui. Au nom de CFTC, merci de nous avoir portés pendant si longtemps, qu'importe la période et les événements.

Je sais pertinemment que la plupart d'entre vous, lecteurs, ne lira pas ce post dès la vue de son titre. Et c'est compréhensible, vous êtes ici pour les frissons que nous vous offrons, non pour les états d'âme de trois administrateurs émus de voir subsister une fleur plantée dix ans en arrière. Mais que vous lisiez ces lignes ou non, vous avez ma gratitude inconditionnelle. Tous, autant que vous êtes.

Gratitude que, je l'espère, la terreur que vous feront ressentir nos futurs textes et projets aura tôt fait d'oblitérer.

En attendant, je n'ai plus qu'une chose à dire : longue vie à CFTC, ce lieu où les ombres dansent une valse plus allègre qu'il n'y paraît.

Vous regardant avec amour depuis les nuées, Gordjack

***
 
Après ces messages, quelques indications pour la suite. En effet, nous n’avons pas l’intention de nous relâcher, bien au contraire, et ces 10 ans arrivent avec quelques petites choses. Tout d’abord, nous remercions du fond du cœur Adiboy, qui a pris la décision de quitter le staff de CFTC. L’équipe des Critiques n’aurait pas repris ses couleurs sans lui, et son travail a été extraordinaire. Nous souhaitons également la bienvenue dans le staff à Seven, qui reprendra ses fonctions, et lui disons bonne chance pour prendre la relève !

Par ailleurs, nous avons décidé de relancer une consultation de la communauté, d’une part afin de voir les évolutions par rapport à la consultation de 2018, d’autre part afin de corriger des éléments qui nous sont remontés récemment tout en gardant bien en tête les souhaits de la communauté. Le formulaire est à remplir sur le lien suivant, et nous vous demandons bien sûr d’y répondre avec tout le sérieux possible afin que nous puissions exploiter convenablement les résultats pour en tirer les améliorations qui s’imposent. Le lien se trouve ici : https://forms.gle/qCayXWrLQnnZaA8MA.

Enfin, vous aurez certainement remarqué la disparition de notre logo. Nous ne savons pas ce qui lui est arrivé, mais nous vous assurons que nous mettons tout en œuvre pour le retrouver au plus vite. Si jamais vous avez des informations à ce sujet, n’hésitez pas à rejoindre le Discord pour nous aider dans nos recherches !

La communauté remercie Gordjack, Magnosa et Wasite à l’administration, Antinotice et Noname à la modération, AngeNoire et Sytom à l’organisation des animations, Kamus pour sa gestion des réseaux sociaux et ses nombreuses réalisations ces dernières années, Adiboy pour sa gestion de l’équipe des Critiques, Daniel Torrance pour sa gestion de l’équipe des Traducteurs, Luna Fireline pour sa gestion de l’équipe des Damnés Illustrateurs, et Luidi pour son aide précieuse dans les publications sur les blogs de CFTC et du Nécronomorial, ainsi que l’ensemble des membres des équipes des Critiques, Damnés Auteurs, Damnés Illustrateurs, GrammatikWaffe et Traducteurs !

lundi 9 novembre 2020

Mon témoignage (palier 2)

Eh bien visiblement, mon premier témoignage a été bien accueilli par la communauté. Vous êtes plusieurs à avoir demandé la suite et à avoir essayé de parler avec moi des origines de ce que je pouvais ressentir dans mon ancienne maison, mon avis personnel sur la question. J'ai une réponse toute simple à fournir : je n'en ai aucune idée.

J'ai essayé de faire des recherches dessus, mais internet ne donne rien et mes parents n'ont aucune information concernant quoi que ce soit ayant pu arriver avant notre emménagement. La maison n'était pas moins chère que les autres du quartier, et n'était pas proche d'un point d'eau ou d'un cimetière. Le seul facteur qui aurait pu jouer était sa proximité avec un carrefour qui a tendance à provoquer des accidents.

De plus, précisons-le, je n'ai pas de problèmes particuliers aux dernières nouvelles. À part des antécédents de dépression du côté de ma mère et des problèmes d'insomnies lié à un sommeil assez agité, je n'ai pas de soucis d'ordre psychiatrique ou physique pouvant relier les événements de la télé ou du matelas à une hallucination auditive. Comme je l'ai spécifié quelquefois dans mon premier témoignage, ces trois évènements étaient les moins difficiles à expliquer.

J'ai sous la main des dizaines d'histoires étranges et j'ai décidé de vous les faire partager par paliers, contenant chacun 3 d'entre elles, du "moins étrange" au plus perturbant pour moi. Si vous avez des questions, j'essaierai d'y répondre au mieux dans un de mes futurs témoignages,  donc n'hésitez pas à me les poser en commentaire ou directement sur Discord. Je vais encore me concentrer pour ce second palier sur l'étage, mais la situation devrait évoluer au prochain témoignage.

■ Le réveil

J'ai eu pendant très longtemps un réveil digital en forme de cube me permettant de voir l'heure même dans le noir. Il appartenait à mes parents jusqu'à mes 10-11 ans, et ils me l'ont donné après en avoir acheté un neuf pouvant programmer plus d'une sonnerie (mon père et ma mère ne travaillaient pas aux mêmes horaires). C'était pratique d'avoir un réveil émettant l'heure en rouge même dans l'obscurité la plus totale.

Il s'est retrouvé sur ma table de chevet dans un premier temps, avant de migrer vers mon bureau avec mon ordinateur fixe, en face de mon lit. C'était une place de choix étant donné qu'il me permettait de garder un œil sur l'heure quand je lisais ou jouais avant de dormir. Cependant, il était loin de moi, et c'est ce petit détail qui m'a fait le changer de position et le remettre sur ma table de chevet. Enfin, ça et ce qui m'est arrivé.

Une nuit, j'ai été réveillé par un bruit sourd. Un long bourdonnement qui semblait venir de l'autre bout de ma chambre. J'ai allumé la lumière et j'ai vu qu'il était 3h20, et que le bruit venait de mon réveil. Celui-ci était en train de sonner. Je me suis levé et suis allé l'éteindre, avant de me remettre au lit. J'avais cours le lendemain et je me dis que ma mère avait dû activer le déclenchement de l'alarme en le nettoyant. Je suis retombé dans les bras de Morphée sans aucun problème et ai encore été réveillé par mon réveil. Sauf que cette fois, il était 4h20. Je me suis de nouveau levé pour l'éteindre quand j'ai décidé de changer l'heure à laquelle il était réglé pour être sûr de ne pas être réveillé une nouvelle fois. J'ai alors remarqué que celle-ci était déréglée (00:00). Dans la même foulée, j'ai compris que le voyant se situant sur l'écran indiquant l'heure et montrant que l'alarme est enclenchée n'était pas allumé, alors que je n'avais pas effectué la manipulation permettant de désactiver complètement l'alarme.

Cette nuit-là, j'ai débranché le réveil mais je n'ai pas réussi à me rendormir. Pourtant j'ai utilisé sans problème ce réveil par la suite et celui-ci fonctionne encore aujourd'hui, soit une dizaine d'années après les évènements, sans jamais avoir recommencé quelque chose de si étrange. J'ai beaucoup réfléchi à cette nuit et sur ce qui aurait pu causer le déclenchement d'alarmes successives. Comme le seul moyen pour déclencher l'alarme sans la programmer est d'appuyer sur un bouton situé sur le dessus, j'ai préféré penser à un problème interne. Encore aujourd'hui, j'espère que c'était juste un dysfonctionnement.

■ La femme de la fenêtre

Celle-là est aussi dans mon top traumatique, en plus d'être l'une des plus vieilles que je puisse me rappeler. Quand j'étais tout petit, j'adorais passer du temps dans ma chambre à jouer avec des petites figurines de soldats en plastique sur un tapis représentant une prairie. Étant donné que ma chambre était vraiment bien éclairée grâce à la présence de deux fenêtres (une sur le mur opposé à ma porte, l'autre bien plus grande prenant une partie du mur face à mon lit), j'étais plutôt bien à jouer à cet endroit. C'était avant que je me mette aux consoles de jeux portables et à la franchise Pokémon, donc je devais avoir entre 3 et 5 ans. J'ai toujours eu beaucoup d'imagination et je pouvais passer des heures entières à faire combattre les soldats verts et les soldats violets, avec toute l'insouciance d'un enfant de cet âge-là. J'étais dans mon monde et c'était assez difficile de m'en faire sortir, et je crois bien que j'ai toujours ce système de bulle quand je me mets à travailler ou à écrire par exemple.

J'ai pourtant arrêté de jouer aux petits soldats du jour au lendemain. Un jour, alors que j'imaginais encore une énième bataille, ma vision périphérique m'a fait remarquer un détail étrange du côté de la grande fenêtre. En tournant la tête pour voir de quoi il s'agissait, j'ai vu une femme à l'extérieur, collée à la fenêtre et me regardant droit dans les yeux. Je ne pourrais pas la décrire exactement étant donné que c'est un événement réellement vieux, que j'ai préféré essayer d'oublier et que sur le moment j'ai surtout décidé de prendre mes jambes à mon cou pour me réfugier en pleurs dans le salon où ma mère regardait la télé. J'ai quatre détails encore bien précis en tête: elle portait une robe blanche, était pâle, avait des cheveux longs et noirs et semblait en colère.

Ce n'est pas son apparence pourtant qui m'a le plus effrayé, et je pense que pas mal d'entre vous ont déjà compris où je voulais en venir. J'étais dans ma chambre, au premier étage. La grande fenêtre donnait sur le vide, car je n'avais pas de balcon, et surtout la maison avait un jardin ainsi qu'un mur surmonté d'une grille empêchant les gens d'entrer.

La femme avait bien sûr disparu quand je suis revenu dans ma chambre plus tard dans la journée, et je ne l'ai jamais revue. Je préfère encore penser que c'était un rêve et que je n'ai jamais eu cette rencontre, mais je sais au fond de moi que ça n'en était pas un, vu que je me souviens encore de grosses parties de cette journée. Si ça avait été un cauchemar, je me serais réveillé à cause de la terreur qu'elle m'inspirait dès que je l'ai vue, comme avec celle que j'appelle la Dame et que je vous décrirai prochainement en parlant des cauchemars liés à la chambre bleue.

■ Les escaliers

Je vous ai parlé la dernière fois de la proximité des escaliers avec ma chambre, mais ce que j'ai omis de préciser, c'est que je ne pouvais pas rater le bruit de quelqu'un en train de monter ou de descendre. Ceux-ci étaient en bois et comprenaient 14 marches, que je m'amusais toujours à compter quand je les empruntais ou que j'entendais quelqu'un le faire. À vrai dire, c'était une sorte de TOC que j'avais étant enfant, surtout que ma mère venait me réveiller le matin pour que je me rende à l'école et que généralement c'était le fameux bruit des marches qui me permettait d'émerger doucement de mon sommeil avant qu'elle entre dans ma chambre en ouvrant tous les volets. De plus, il y avait une porte en haut de celles-ci qui était généralement fermée la nuit et qui donc faisait du bruit quand elle était ouverte par ma mère ou encore mon frère.

J'ai par la suite perdu ce TOC en apprenant à ne plus faire attention au bruit des marches, car je me suis très vite rendu compte que certains d'entre eux n'avaient aucun sens. Déjà, le bois avait tendance à travailler et je me retrouvais souvent à entendre une des marches du milieu craquer fortement au milieu de la nuit. Mais surtout, il m'arrivait souvent d'entendre les marches être montées, souvent en pleine nuit, ce qui me réveillait. Néanmoins, au craquement de la 14ème marche, le bruit s'arrêtait net : pas de porte qui s'ouvre, pas de bruit de pas dans le couloir ou encore de bruit de descente des marches. C'était comme si quelqu'un montait les marches et restait debout derrière la porte fermée, sans jamais l'ouvrir ou redescendre. Mais je crois que le pire, dans cette situation, est le fait que c'était un événement récurrent et que je l'ai entendu bien trop souvent pour penser à une coïncidence. J'ai même très vite pris l'habitude de fermer moi-même la porte des escaliers en allant me coucher, pour être sûr que ce qui montait les marches reste bien au rez-de-chaussée.

***

J'en ai fini avec ce deuxième témoignage. Je dois avouer que j'ai déterré pas mal de souvenirs que j'aurais peut-être préféré garder sous scellé, surtout que repenser à certains d'entre eux me fait vraiment me sentir mal. Pourtant, en parler me soulage un peu, et visiblement ça a l'air de plaire à pas mal d'entre vous, donc je ne vois pas pourquoi je ne continuerais pas. J'ai toujours un peu peur que certains ne croient pas mes histoires, mais ça passera avec le temps, j'imagine.


lundi 2 novembre 2020

Fiche M : La véritable histoire d'Amityville

Même sans connaître les faits originaux, Amityville reste connue de tous grâce au livre sorti en 1977 et au long-métrage de 1979 ayant donné naissance à une longue saga cinématographique. Pourtant, derrière ces très nombreuses œuvres de fiction, il existe une histoire qui, elle, est bien réelle.

Tout commence en 1965 dans la maison du 112, Ocean Avenue à Amityville, dans le comté de Suffolk. Datant de 1928, cette bâtisse servait à l’époque d’asile psychiatrique.



La maison d’Amityville

C’est après avoir racheté cette maison que Ronald et Louise DeFeo décident d’y emménager avec leurs cinq enfants. Malheureusement, Ronald Jr, l’aîné de la fratrie, a commencé à consommer de la drogue, et n’hésite pas à voler sa propre famille pour payer sa consommation.


 
Ronald et Louise DeFeo ainsi que leurs cinq enfants

En 1973, alors âgé de 22 ans, Ronald Jr assiste à une dispute entre ses deux parents au cours de laquelle il tente d’intervenir en tirant sur son père. Heureusement, le pistolet s’enraye. Un an après ces évènements, dans la nuit du 12 au 13 novembre 1974, à 3h15, Ronald Jr prend une carabine et va abattre ses deux parents ainsi que ses quatre frères et sœurs alors qu’ils dorment.

Plus tard, vers 18h30 le 13 novembre 1974, Ronald Jr arrive en catastrophe au Henry’s Bar en disant à qui veut l’entendre qu’il a besoin d’aide car sa famille entière a été assassinée. Il emmène plusieurs hommes qui étaient présents au bar sur les lieux et entre rapidement dans sa maison, suivi par ses nouveaux compagnons qui appellent la police après avoir découvert le massacre à l’étage.

Ronald Jr finit par avouer le meurtre après que les policiers ont remarqué des incohérences dans son récit. Une chose n’a jamais réellement pu être expliquée, c'est le fait que les voisins n’aient pas entendu les coups de feu et que, même lorsque les parents ont été tués, les enfants n’aient rien entendu non plus.

Le fils DeFeo affirme que plusieurs voix (dont celle du Diable) lui auraient dit de tuer sa famille. L’avocat du jeune homme engage de son côté Hanz Holzer, un chercheur de phénomènes paranormaux, pour prouver qu’une « puissance extérieure » aurait influencé son client. Les psychiatres refusent d’y voir autre chose qu’un jeune homme dérangé pris d’une frénésie meurtrière et il est condamné à 6 peines consécutives de 25 ans dans la prison de Danemorra. La maison est mise en vente après cette histoire.

Le 18 décembre 1975, George et Kathleen Lutz, accompagnés de leurs trois enfants, rachètent la maison. L’agent immobilier leur dit bien que c'est dans cette bâtisse qu’a eu lieu le massacre de la famille DeFeo ayant fait la une des journaux l’année précédente, mais ils sont persuadés de pouvoir faire avec le passé tumultueux de la maison.


 
La famille Lutz

Bien que catholiques non pratiquants, les Lutz demandent à un prêtre de bénir la maison sur les conseils d’un ami. Après s’être occupé de la demeure, le père Pecoraro leur aurait conseillé de condamner l’une des pièces de la maison après y avoir entendu une voix.

Peu de temps après cette visite du prêtre, la famille découvre une pièce cachée dans la cave qui n’était pas sur le plan de la maison. Elle possède des murs peints en rouge et étrangement, le chien de la famille refuse catégoriquement de s’en approcher.

Quelque temps après la bénédiction, le père Pecoraro a une grosse fièvre et des cloques ressemblant à des stigmates apparaissent sur ses mains et ses pieds. Il essaye d'avertir la famille Lutz pour leur dire de ne pas utiliser la pièce, mais les appels sont systématiquement interrompus.

Après leur emménagement, des phénomènes étranges commencent à survenir. Des nuages de mouches noires accompagnés d’une odeur d’excréments envahissent la maison, des bruits sourds sont parfois entendus la nuit, et il est possible de ressentir un froid glacial et des sortes de vibrations dans l’air. En plus de tout ça, Kathleen rêve de la famille DeFeo chaque nuit et la plus jeune fille du couple, qui a 5 ans à l’époque, a une amie imaginaire appelée Jodie qui lui répète qu’elle et sa famille resteraient dans cette maison pour toujours. Un jour, les parents voient deux yeux rougeoyants à travers la fenêtre de la chambre de la petite fille, ceux de Jodie, d’après l’enfant. Le père de famille, de son côté, est totalement obsédé par la cheminée.

La nuit du 14 janvier 1976, des bruits encore plus forts qu’à l'accoutumée remontent de la cave. Les portes et les fenêtres commencent à claquer toutes seules, et lorsque George se réveille, il voit Kathleen être soulevée du sol, son visage se changeant en celui d’une vieille femme. Ils vont alors chercher leur chien et leurs enfants, puis partent en catastrophe. Aucun membre de la famille n’a changé sa version des évènements de cette nuit, même après tant d’années.

Après cette nuit d’horreur, les Lutz font appel à des parapsychologues pour faire des recherches sur la maison et finissent par s’associer à l’écrivain Jay Anson pour raconter leur histoire. C’est ainsi que le livre « The Amityville Horror – A True Story » (« Amityville - la maison du diable » en Français) voit le jour en 1977.



La couverture du livre

Le livre est suivi par cette fameuse série de films qui débute en 1979.

La maison a été mise en vente et achetée en août 2010. Les nouveaux propriétaires ont alors décidé d’organiser un grand vide-grenier pour se débarrasser de ce qui restait dans la bâtisse. Pour l’occasion, des centaines de personnes ont fait le déplacement mais ont eu l’interdiction de voir l’étage et le sous-sol.

La lieu ensuite été remis en vente en 2016, et il semblerait que les phénomènes qui l'ont secoué ne se soient pas manifestés depuis longtemps. Quoi qu’il en soit, la maison du 112, Ocean Avenue à Amityville aura marqué plusieurs générations.

Sources :
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Affaire_d'Amityville#:~:text=L'affaire d'Am…
http://www.dark-stories.com/amithyville_la_maison_du_diable.htm
https://www.mindshadow.fr/histoire-vraie-amityville/
https://www.ghosthunter.be/la-vraie-histoire-d-amityville/
http://www.sympatico.ca/style-de-vie/insolite/la-veritable-histoire-derrier…