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L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni n'infirme la véracité des témoignages et histoires présents sur ce blog. Pensez à consulter nos pages d'aide pour en apprendre plus, et à toujours vérifier les sources pour vous faire votre propre avis sur la question, ici comme ailleurs.

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Petit rappel amical : les creepypastas ne sont pas nécessairement des fictions, elles peuvent aussi être partiellement ou entièrement tirées de faits réels, c'est ce flottement qui fait leur charme (même si c'est plus facile à deviner pour certaines, on sait). Merci donc de ne pas nous assimiler à un Wattpad de l'horreur.

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mercredi 17 décembre 2014

Les rats quittent le navire

http://lrqln.tumblr.com/ - Le 26/11/2014, 23:53

Ça fait plusieurs heures que je réfléchis à la meilleure manière de donner suite à tout ça. Je me suis dit que ceci pourrait marcher, du coup je tente ma chance.

Vous me connaîtrez sous le pseudonyme “Dyka”. J’ouvre ce blog car j’ai été confronté dernièrement à des situations que je ne connaissais pas et qui m’ont plongé dans l’incompréhension. Comme vous pouvez le voir ci-dessous, j’administrais un forum quand c’est arrivé et c’est une des choses que j’ai dû abandonner face à ça.
À tous ceux qui passeront ici: lisez ce qui suit attentivement. C’est d’une importance capitale. Je ne veux pas que vous soyez surpris à votre tour le jour où ça vous tombera dessus. C’est pour ça que j’ai décidé de rassembler ces preuves: j’espère avoir capté par ce moyen une partie de leur manière d’agir.

Avant tout, ne prenez pas ceci comme autre chose qu’un avertissement. Ce n’est pas là pour forcer la curiosité -ça pourrait bien le faire, et je prends ce risque- mais uniquement comme moyen de prévention. Je m’expose pour tous les autres au danger d’attirer leur attention: s’il vous plaît, ne produisez pas l’inverse de ce que je souhaitais faire. Soyez prudents, observateurs, et ne jouez pas au héros.
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J’en suis resté là. Il n’y avait plus rien à sauver, et j’avais fini par perdre de vue la grande majorité des membres: une disparition très probable, une attestée, et tous les autres qui partaient les uns après les autres. Peut-être -j’espère- qu’ils ont compris plus vite que moi qu’il était plus sage de s’éloigner.

J’ai dit au début que vous deviez uniquement vous préoccuper de garder l’oeil ouvert à ce genre d’incident, sans chercher à venir à eux, ou à les conduire vers vous. Je serai l’exception. Malgré le peu d’implication que j’ai eu dans tout ça, je me doute que je suis probablement déjà en ligne de mire: donc je ne perds rien à poursuivre ce que faisaient column et Zamia, en comptant sur ma chance pour ne pas révéler trop tôt quelque chose qui puisse en gêner certains. Si je venais à disparaître brusquement, s’il vous plaît, ne prenez pas ma suite sans y réfléchir à deux fois.

Je le répète une dernière fois. Résistez passivement. Si vous les voyez venir avant qu’ils agissent, ils ne pourront plus vous atteindre, et vous aurez créé une impasse. Si besoin, n’hésitez pas à les bloquer totalement en pratiquant la stratégie de la terre brûlée: c’est ce que j’ai fait dans mon cas. Bien sûr, ils finiront par se tourner vers un autre public, et il faudra l’avertir à son tour. Mais tôt ou tard, ils n’auront plus rien pour nourrir leur monstre, si tant est qu’il existe, et ils finiront par s’éteindre.


Je compte sur vous.



Parties 2 et 3
Partie 4
Partie 5

samedi 13 décembre 2014

La purge pernicieuse

Il est raconté par les ancêtres de villageois habitant autrefois le sud-ouest de la France, ainsi que le nord de l'Espagne, que chaque année a lieu une sorte d'inquisition du mal, nommée la Purge Pernicieuse. Cette légende née dans le courant du Xème siècle explique que, lors de la nuit la plus longue de l'année, des esprits malveillants viennent exécuter les personnes dont la demeure est marquée par un symbole précis. Une fois la victime achevée, ces esprits barrent le symbole d'un trait épais et pourpre. La croyance populaire veut que les personnes tuées dans ces purges ne peuvent atteindre le paradis.


Plus de mille ans après, alors que ces pratiques semblaient disparues depuis longtemps (si toutefois elles avaient déjà existé), on constate que toute la France et une partie de ses pays frontaliers sont frappés par ce phénomène. L'approche des esprits maléfiques semble peu réaliste, c'est en fait un groupe d'hommes auto-proclamés inquisiteurs. Une sorte de secte. Ces personnes partent à la chasse, la nuit du 21 au 22 décembre, assassinant sans vergogne les personnes marquées du petit symbole, presque invisible si on n'y prête pas attention, constitué d'un triangle surplombant une croix. Ce signe est généralement placé là par des gens qui ne vous apprécient guère, mais il se peut parfois que des enfants ne prenant pas l'histoire au sérieux jouent des tours aux habitants de leur quartier...


Le jour de la Purge Pernicieuse approche à grands pas. Aussi je vous conseille de scruter les murs de votre maison, la boîte aux lettres ou la porte de votre appartement. Effacez la marque si vous la voyez. Et surtout, si vous le pouvez.






lundi 8 décembre 2014

Un dernier tour


Le document qui suit est un extrait du journal local de la ville d'OkpoDong, en Corée du Sud.
Ce dernier traite de la série de morts survenue lors de la nuit du 23 avril 1999.

C'est une traduction entière de l'article, ainsi que le témoignage d'une mère de famille, deux semaines après l'accident.



« Je m'en souviens très bien. Nous y étions, comme chaque Jeudi avec mon enfant H*****. Tous ces soirs, je l'emmenais aux manèges, à Okpo Park. Il s'y amusait tellement. Si seulement il était encore là avec moi...»
[Légère pause]

« Désolée, je reprends.

La nuit du 23 avril, je l'ai emmené sur le grand huit, mais je ne l'ai pas pris avec lui. Il voulait essayer tout seul, comme un grand. Mais dès que le wagon est parti, tous les manèges se sont éteints. Ils se sont ensuite rallumés, j'ai donc pensé à une petite panne sans gravité.       
Mais lorsque le wagon s'est remis en marche, il n'allait plus à la même allure, il filait bien trop vite.       


Et lorsque ce dernier est arrivé dans le virage, une nouvelle panne a eu lieu.
Je m'inquiétais trop pour laisser mon enfant dedans, alors j'ai demandé au contrôleur d'arrêter le manège.

Personne n'a répondu.


Je suis donc allé voir dans la cabine des commandes, et personne n'était présent.

Et à partir de là, tous les manèges se sont mis à disjoncter.
La toupie semblait… se refermer sur les sièges, écrasant les autres enfants. Un des wagons est tombé des rails parce qu'il s'est cassé, et s'est effondré dans l'un des bâtiments dessous.
Le manège à tentacules, lui, montait les cabines en l'air et tournait beaucoup trop vite.


Des dizaines de personnes sont tombées… des dizaines sont mortes, le visage éclaté sur le bitume… »

[La mère n'a pas souhaité en parler plus en détails]

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Ce dernier document traite des mêmes accidents, mais est sur le forum du journal en question.
Le sujet (non publié par un journaliste) a été écrit par l'utilisateur "Goyra".
Bien qu'étrange, l'administrateur n'a pas jugé utile de garder le texte.
Aujourd'hui, ce dernier a été supprimé.


[...]
Vous aurez beau dire ce que vous voulez, mais rien de ce qui s'est passé n'était normal. Rien du tout.
Vous aurez beau accuser une tierce personne, elle ne sera pas coupable pour autant.
C'est elle, encore et toujours! C'est elle! Elle!

Vous croyez vraiment que ce qui s'est passé était normal? Vraiment?
Non, elle est venue ce soir là, et reviendra d'autres fois encore. Vous savez que j'ai raison!
De tels actes arrivant devant les yeux des victimes dans ce parc ne peuvent être dus au hasard!
Et ce ne sont pas des morts qu'elle veut, mais des enfants! Vous en connaissez la cause!
[Partie censurée par l'administrateur, car jugée "malsaine"]

[Deux commentaires, postés par kiyah859 ainsi qu'un anonyme, n'ont donné que plus de questions sur le sujet]

[18/06/08] 23:20:15 par kiyah859 :


Cheonyeo Gwishin
Cheonyeo Gwishin
Cheonyeo Gwishin
Cheonyeo Gwishin
Cheonyeo Gwishin
[...]

[19/06/08] 06:56:34 par Anonyme :

Je n'ai pas eu l'occasion de m'exprimer lors des entrevues, mais ce que décrit cette mère est vrai.
Je ne sais aucunement si cette entité, ou je ne sais quoi, est intervenue cette nuit, mais rien ne s'est passé par hasard.
Si seulement j'avais été avec mes enfants aussi... J'y repense, chaque matins, chaque soirs...

@kiyah859 : Pas encore une fois. Pas comme cet autre parc... pas encore...
Je ne veux pas revivre cela. Gwishin. Je ne veux plus.

[Lien à part du message]
www.chosun.com/forums/subjects/it

[Nous ne savons aucunement pourquoi ce commentaire a été laissé ici, ni qui l'a réellement posté.]
 Aucune recherche n'a été jugée utile.
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D'après les enquêtes, les résultats, qu'ils soient basés sur l'état des contrôleurs ou de la mécanique, n'ont rien donné de concluant.

D'autres personnes, blessées cette nuit-là, parlent d'esprits et de présences surnaturelles.

D'autres accusent le mauvais entretien des manèges.
Le procès n'a toujours pas abouti, faute d'indices.

Depuis ces événements, Okpo Park a été abandonné, comme sur la photographie ci-dessous.



samedi 6 décembre 2014

Le vagabond

Retour dans les années 90, une fille se suicide après avoir visionné une image postée sur un vieux forum.
 

L'image représente une personne – que certains décrivent comme étant une femme – debout au milieu d'une route. La silhouette est transparente au point que ses jambes sont à peine visibles, et est éclairée par une source de lumière inconnue provenant de la direction de l'appareil photo.

Qu'il s'agisse de phares de voiture, d'une lampe-torche, ou du flash de l'appareil n'est pas reconnu avec certitude, la provenance de cette image n'ayant pas été identifiée. Aucun des traits du visage ne peut être discerné, mais la silhouette est plus facilement reconnaissable de par ses longs appendices osseux qui ressemblent partiellement aux pattes d'une araignée. Ceux qui ont vu cette photo ou connu son existence se sont mis à appeler cette silhouette "Le Vagabond."

Le premier cas connu s'est déroulé en 1996. Jane, une étudiante qui rendait visite à sa famille pendant les vacances scolaires, avait un certain attrait pour le paranormal. Elle a vu la photo du Vagabond sur un forum, suivie d'un message disant : "Peux-tu me voir ? Je peux te voir aussi."

Des dizaines d'autres utilisateurs ont vu la même publication. La plupart n'en pensaient pas grand chose - au mieux, qu'elle était ''amusante'', en quelque sorte. Certains, cependant, se sont plaints de maux de tête lorsqu'ils regardaient l'image, qu'on prétend pouvoir se reproduire par la suite.

D'après la famille de Jane, celle-ci aurait souffert de cauchemars durant la nuit suivant le visionnage de la photo. Celle-ci prétendait se réveiller et voir le Vagabond, dehors, par sa fenêtre. Parfois, il aurait gratté le verre avec ses membres semblables à ceux d'une araignée, même si habituellement, il se serait contenté de rester là et de l’observer. Elle se serait trouvée incapable de bouger pendant sa présence, comme si des mains invisibles étaient en train de la maintenir. Même si elle fermait les yeux, elle continuait de le voir.

Sa famille était certaine qu'elle avait juste été effrayée par une image postée en ligne, et que ses cauchemars en étaient la conséquence, jusqu'à ce que Jane se plaigne de voir le Vagabond même lorsqu'elle était pleinement éveillée. Elle était convaincue qu'il la suivait. Elle l'aurait vu alors qu'elle était dans une pièce remplie de monde ou en public, alors que personne d'autre ne voyait quoi que ce soit de la sorte. La famille de Jane s'inquiétait de sa démence, mais ne faisait que lui assurer que le Vagabond n'était pas réel.

L'état de Jane, cependant, n'a fait qu'empirer. Elle en venait à des extrémités pour rester éveillée la nuit. Elle a juste commencé avec de la caféine et est restée active, mais rapidement elle s'est mise à se mutiler et à crier à travers la nuit. Bientôt, elle ne dormait plus du tout. Elle était convaincue que, si elle dormait de nouveau, le Vagabond allait venir la chercher.

Sa famille savait qu'elle ne pouvait pas se contenter d'attendre et d'espérer une amélioration. Mais quand la mère de Jane a frappé à la porte de la chambre de sa fille, elle n'a reçu aucune réponse. Elle a ouvert la porte avec attention, pour ne pas déranger ou surprendre Jane, mais elle n'entendait toujours rien.

Jane n'était pas dans son lit. Elle n'était pas assise devant son ordinateur. Elle semblait ne pas du tout être dans sa chambre, jusqu'à ce que sa mère aille vérifier la penderie.
 

 Jane était là, recroquevillée dans le coin. Le sang rougissait l'avant de son corps, coulant de la plaie traversant son cou. Elle serrait une note ensanglantée qui disait : ''Il ne peut pas m'avoir maintenant.''

Le cas de Jane n'était pas isolé. Pendant le reste des années 90, des dizaines d'autres ont disparu ou se sont suicidés après avoir vu l'image du Vagabond. Depuis le tournant du siècle - malgré mes meilleurs efforts pour retrouver l'image - elle semble avoir disparu.

Récemment cependant, j'ai demandé sur un forum si quelqu'un avait entendu parlé du Vagabond. J'avais fait cela tellement de fois avant, et habituellement il n'y avait qu'une ou deux personnes ayant entendu parler de cette histoire, mais personne ayant vu la photo. Cette fois, c'était différent. Peu de temps après avoir posté, j'ai reçu un mail dans ma boite de réception.

L’objet de ce mail était ''JE PEUX TE VOIR.'' On ne pouvait y lire qu'un simple, ''PEUX-TU ME VOIR ? JE PEUX TE VOIR AUSSI.''

Il y avait une image en pièce jointe de ce message.
Je ne peux pas vérifier s'il s'agit de la vraie image du Vagabond ou non, mais je dois vous prévenir que si vous choisissez de l'afficher, vous le ferez sous votre propre responsabilité. 






Traduction: La Réponse

Texte original

C'est un classique, prenez-le comme tel!

jeudi 4 décembre 2014

L'insecte sans nom

Voici deux feuillets imprimés. Il semblerait que ce soit le premier jet d'un article devant être publié sur internet. Celui-ci fut effectivement posté, mais de manière partielle. La page 1/2 ne figure pas en complément.

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Page 1/2

(Intégralité du texte)

Mon insecte a un manteau serré avec des tons sales,
Passant par des nuances de gris, marron foncé ou pâle,

Des petits tissus rouges et blancs, pièces cousues sur l’habit,
Menus îlots détonants, poches emplies de moisi,


Et enfin des bordures d’un noir total,
Encadrent ses larges pans couleur métal.

Mon insecte, je le torture sans remords,
Parfois j’ai l’impression qu’il m’implore.


Il est nécessaire que je lui fasse sa toilette,
Je suis obligé de pincer sa collerette,

Il y a indiscutablement des poches pourries,
Qui croissent entre les replis de sa peau meurtrie.
Sa chair se crispe et rougit,
Je ne distingue plus le tégument de l’habit.


Des stigmates indélébiles marquent son buste ridicule,
Je n’utilise pourtant que deux doigts quand je le manipule.

Mon insecte ne me sert que pour les affaires courantes,
Il ne réalisera jamais de faits extraordinaires.
Sa nuque ne s’enfle pas, elle est nonchalante,
Il n’y a rien que je puisse y faire.


Parfois je ne pense qu’à mon insecte,
Va-t-il se remettre des blessures que je lui inflige ?

Éternellement, mes idées sont infectes,
Constamment, mes poings le fustigent.


Son ventre mou, au dégradé gris cendre, paraît brûlé
D’une branche pleine de flammes, c’est moi qui l’ai piqué.

Je me suis désintéressé de lui, je vais le joindre à cette lettre,
Sinon, ma main restera à jamais le séide de l’insecte sans nom dont je me prétends le maître.





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Page 2/2

Le fait divers du jour : Découverte faite par un particulier d’un pénis dans sa boîte aux lettres.


Créé : 27-10-2014

À XXXX, Monsieur xxxxxx, 37 ans, a reçu un colis. Une enveloppe sordide contenant un sexe masculin. Sans indice probant, l’enquête piétine.

« Je n’ai aucun ennemi » déclare, encore hébété, Monsieur XXXX. C’est le seul renseignement que cet homme a pu fournir sur cette affaire, qui est tombée dans sa boîte aux lettres il y a une semaine. Résidant au 30 rue de la Motte à XXXX, petite commune du Pas-de-Calais, ce célibataire de 37 ans, agent de maîtrise dans une usine automobile, est allé, ce lundi 20 octobre 2014, chercher son courrier. Comme chaque matin. En plus des prospectus, il a eu la surprise de recevoir une enveloppe enflée par un contenu ambigu.

« Au début, j’ai cru que c’était de la nourriture, voire des excréments. J’aurais préféré que ce soit ça », confie l’individu aux journalistes. « J’aurais dû me méfier, il n’y avait ni expéditeur ni destinataire d’indiqué, juste ces trois mots ». Les trois termes en question sont « L’insecte sans nom » et figurent sur le devant du pli. Une lettre écrite accompagnait aussi ce colis morbide.

Une enquête scientifique sans issue

Des analyses sont réalisées le 21 octobre par les laboratoires de la police criminelle. « L’A.D.N. ne semble appartenir à aucune personne recensée par les fichiers d’identification prévus pour ce type de recherche », avoue l’un des inspecteurs chargé des investigations. Confirmation faite par l’Institut National de Police Scientifique (INPS).

Il en va de même pour les empreintes digitales (apparaissant distinctement sur la lettre et l’enveloppe) qui ne sont pas répertoriées.
« On peut émettre l’idée d’un étranger ou d’une personne n’ayant jamais été enregistrée administrativement », hasarde de son côté le maire de XXXX.

Un poème obscur

Il reste qu’une lettre était jointe, soigneusement enroulée autour du petit membre tranché. Elle n’offre pas énormément d’informations éclairantes. Il s’agit d’une sorte de poème qui dégage une certaine confusion et n’offre aucun indice utile.

« Le caractère très équivoque qui se dégage de ce message laisse à penser que la boîte aux lettres, où fut déposé cet horrible courrier, a été désignée par le plus grand des hasards. Il n’y a pas de signification à chercher du côté du destinataire », affirme un des responsables de l’enquête en cours. Il n’y a en effet que ce poème ambigu, dont l’interprétation de chaque vers et de chaque mot reste subjective. (Celui-ci est présenté intégralement en bout d’article). Quant à la poste, elle ne semble pas avoir joué de rôle d’entremetteur.

Une affaire qui risque de ne pas aboutir

En dépit de la plainte contre X lancée par Monsieur XXXX, « l’enquête risque, du fait du peu d’éléments véritablement éloquents dont nous disposons, de prendre du temps » selon un des responsables.

Mais à défaut d’inspirer la police, les divers sens prêtés à ce texte, la cause de ce pli morbide, ainsi que l’identité de la personne ayant écrit et déposé la lettre (en supposant qu'il ne s’agit pas de deux individus différents, voire plus si l’on considère le sexe masculin comme ayant appartenu à une hypothétique troisième personne), ont suscité la curiosité du public.

C'est particulièrement visible sur internet, où l’engouement pour cette affaire a provoqué la création de blogs que certains internautes alimentent en conjectures et en supputations diverses. Celles-ci sont rarement crédibles et n’aboutissent qu’à forger une légende noire à la commune de XXXX qui n’en a guère besoin.


 



ÉMELINE LACANJ 




mercredi 3 décembre 2014

Les cheveux

J’ai une manie qui est devenue depuis peu extrêmement dérangeante: je me passe la main dans les cheveux. C’est vrai que beaucoup de personnes le font, et ça n’a jamais dérangé personne. Mais certaines fois, il y quelque chose, dans les gestes du quotidien, qui peut changer d’un moment à un autre.
C’était il y  a quelques jours. J’étais extrêmement occupée à me passer la main dans les cheveux tout en mordillant un crayon ( c’est ce que j’appelle « faire mes devoirs »), et là, tout à coup, j’ai stoppé mon mouvement. Non, ce n’est pas vraiment ça… je ne l’ai pas stoppé, je l’ai ralenti. Je ressentais, au niveau du haut de la tête, une sensation de gêne, qui se muait peu à peu en douleur. Ce n’était pas une douleur très forte, c'était très léger, la même que quand on s’arrache un cheveu par mégarde.

Mais quelques minutes plus tard, je n’y ai plus pensé, et j'ai repassé ma main de plus belle dans ma tignasse. Jusqu’à ce que… La même douleur, mais plus forte, est venue à nouveau m’arracher à mon mordillage de crayon. La douleur s’intensifiait, et en arrivait au point où, tout en me retenant de gémir, je repassais ma main sur mon crâne pour m’assurer qu’il n’y avait pas de plaie. Mais non, rien. Pas même la plus insignifiante égratignure. J'ai reposé ma main sur mon bureau. Puis, reprenant lentement ma respiration, je me suis levée pour appeler ma mère, ou ma soeur, pour vérifier si il n’y avait rien d’inquiétant sur ma tête. J'ai passé la tête par la porte entrebâillée, et j'ai crié : « Maman ? » Aucune réponse. « Lilas ? » Je n'ai eu comme réponse que le faible écho de ma voix J’étais seule chez moi. Ma mère était sans doute dans les embouteillages, et ma soeur, chez une de ses amies. Quand à mon père… je n’ai plus le droit de le voir.


Je suis sortie de ma chambre. Puisque personne n’était là, j’aillais devoir vérifier seule si quelque chose n’allait pas. Je me suis postée devant le miroir de la salle de bain, et, après avoir réussi à trouver un moyen de regarder le haut de mon crâne, j'ai réalisé qu’il n’y avait bel et bien rien, à part mes cheveux. Je suis retournée m’asseoir à mon bureau, pensive. Cette douleur n’était peut-être que le fruit de mon imagination, après tout. Par peur d’ouvrir une quelconque blessure sur ma tête, j'ai quand même décidé de garder mes mains à une distance raisonnable du haut de mon corps, en attendant que ma mère arrive. J’ai essayé de ne plus y penser, et je me suis plongée dans un exercice de maths particulièrement compliqué.

Plusieurs minutes se sont écoulées avant que j’entende le bruit. Combien de temps? Je ne sais pas. 

Mais ce délai n'a pas d'importance. C'était un simple crissement, ou plutôt un grincement, le genre qu'on peut entendre dans toutes les maisons. C’était le premier bruit qui perçait le silence studieux dans lequel je m’étais peu à peu installée. Le bruit a continué, puis, après un temps assez court, s'est arrêté net. J'ai tendu l’oreille, pour entendre à nouveau ce bruit, mais le silence était retombé . J'ai repris mon exercice de maths. 

Le crissement revenait sans cesse me déranger dès que je commençais à l’oublier. J'ai secoué la tête, agacée. Et c’est là que je l’ai vue. C’était une sorte de poudre grisâtre, qui s’était déposée sur mes vêtements. Ce n’était pas de la poussière. Je me suis retournée sur ma chaise pivotante. Quand j’ai vu le sol, derrière moi, j’ai étouffé un hoquet de stupeur. Des petits bouts de cheveux blonds, étalés partout devant mon bureau, se mêlaient à l’étrange poudre grise. C’était mes cheveux.
J’ai eu soudainement l’impression que l’atmosphère s’épaississait. Puis le temps a repris normalement. Je me suis sentie perdre l’équilibre, puis j’ai glissé de ma chaise. Je contemplais avec horreur mes cheveux éparpillés sur le sol, sans comprendre ce qui se passait. Et puis j’ai à nouveau ressenti la douleur, mais là, je sentais plusieurs égratignures et quelques plaies sut mon crâne. J'ai fermé les yeux quelques instants, puis les ai ouverts à nouveau.
Quelque chose obstruait ma vue, c’était comme une grande tache sombre. La masse d’ombre a reculé. Très lentement. J’ai encore entendu le crissement, mais cette fois-ci, plus près de mon oreille. J’ai essayé de bouger, mais je sentais quelque chose qui entravait mes mouvements. Je ne pouvais pas crier, je sentais comme une main qui faisait pression sur ma bouche et qui empêchait le moindre son de sortir, j’avais la sensation que du coton envahissait ma gorge mais sans m’empêcher de respirer. Je ne voyais pas bien ce qui se passait, des larmes embrouillaient ma vue.

Au bout d’un instant, le crissement a cessé et j’ai vu la masse d’ombre qui reculait encore, jusqu’à apparaître nettement dans mon champ de vision.
J’aurais voulu crier encore plus fort. Je ne pouvais pas. C’était une créature extrêmement fine, dont la peau était faite d’ombres et dont les muscles avaient fondu, mais malgré son apparence frêle, elle dégageait une impression de puissance. Sa tête penchait d’un coté à un autre, ses petits yeux sombres me fixaient et sa bouche aux dents acérées semblait vouloir m’avaler. Mais ce n’est pas moi que la bouche allait avaler. Enfin, pas vraiment moi.

J’ai entendu le crissement une seconde fois, et un peu de l’étrange poudre est tombée sur mon épaule, rapidement suivie par une touffe de cheveux. Je ne sais pas trop ce qui se passait, mais je crois que la créature sciait mes cheveux avec ce qui devait être ses ongles.
Je voulais fermer les yeux. Je ne pouvais pas.
Je ne me souviens pas vraiment de tous les détails, car j’étais vraiment terrifiée, comme n’importe qui dans cette situation. Mais il y a une chose qui est encore bien ancrée dans ma mémoire. La créature, après avoir coupé mes cheveux, a commencé à me faire des entailles sur le haut du crâne. Puis elle a passé sa main sur ma tête comme pour la caresser, et j’ai senti mon sang se faire aspirer, par toutes petites doses. C’était insupportable. Je sentais que j’allais m’évanouir, mais tout comme je ne pouvais ni crier, ni bouger, quelque chose m’empêchait de tourner de l’œil.

Je ne me souviens pas très bien de la suite. Seul le moment où elle s’était mise à me prendre mon sang est encore net dans mon esprit. Je crois l’avoir vue avaler mes cheveux dilués dans du sang, puis partir après avoir fini son… son repas. Je pense que c’est ça. Son repas. Ensuite, je me souviens juste que je suis restée quelques secondes sans bouger ni crier, même si j’en avais la possibilité. J’étais trop choquée par ce que je venais de subir. J’ai fini par m’évanouir. 


Puis je me suis réveillée, par longtemps après mon évanouissement je suppose, puisque ni ma sœur ni ma mère n’étaient encore là. Quand j’ai rouvert les yeux, j’ai constaté qu’il n’y avait plus aucune trace de ce qui s’était passé. Enfin, presque. Quelques taches de rouge presque imperceptibles s’étalaient sur le plancher. Et puis surtout, le plus visible : mes cheveux avaient raccourci. Après avoir jeté un œil à mon reflet pour constater l’étendue des dégâts, je me suis mise à réfléchir à comment faire en sorte que ma mère ne se doute de rien.
Quand ma mère est rentrée, je lui ai dit que c’était moi qui les avais coupés. Elle n’a rien dit. Elle était sans doute déjà préoccupée par des questions vitales du style « qu’est-ce qu’on mange ce soir? », « Quand trouverai-je enfin le temps de changer le tableau dans le salon? » et plein d’autres questions toutes aussi importantes. J'en ai été soulagée. Je n'aurais pas aimé être soumise à un interrogatoire de sa part.

J’écris ça plusieurs semaines après cet événement. Vous vous demandez sans doute pourquoi je n’ai parlé de ça à personne. La réponse est : je ne sais pas. À chaque fois que je tente d’approcher quelqu’un pour lui en parler, je fais demi tour. Je ne sais pas pourquoi.
Je ne sais pas si quelqu’un lira ça un jour. Mais si jamais ça arrive, je n’ai qu’une chose à  dire: faites attention. La créature ne tue pas, et les blessures qu’elle donne ne sont au final que superficielles. Je ne pense pas qu’elle fasse ça pour le plaisir, mais plutôt pour se nourrir. Les blessures que vous pourriez subir ne seraient pas physiques mais psychologiques. Ne croyez pas que je n’ai gardé aucune séquelle. Je ne me coupe plus les cheveux, de peur de faire ressurgir des mauvais moments. Je ne passe plus aucune nuit sans que le visage de la créature ne revienne hanter mes rêves. Et puis plein d’autres choses.
Donc faites attention quand vous êtes seuls chez vous. Sa présence est parfois imperceptible…






(Moi, ça m'aiderait, j'ai des pellicules.)