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L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni n'infirme la véracité des témoignages et histoires présents sur ce blog. Pensez à consulter nos pages d'aide pour en apprendre plus, et à toujours vérifier les sources pour vous faire votre propre avis sur la question, ici comme ailleurs.

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Vous l'avez remarqué, le site est à l'arrêt. Nous sommes toujours derrière, mais nous devons discuter de la suite et ne pouvons plus publier en attendant.

Petit rappel amical : les creepypastas ne sont pas nécessairement des fictions, elles peuvent aussi être partiellement ou entièrement tirées de faits réels, c'est ce flottement qui fait leur charme (même si c'est plus facile à deviner pour certaines, on sait). Merci donc de ne pas nous assimiler à un Wattpad de l'horreur.

Vous voulez trouver toutes nos plateformes, ou vous êtes curieux de savoir quels médias parlent de CFTC ? Tout est sur notre Linktree !

mercredi 19 octobre 2016

Requête à M. le Maire

Mail relayé par Jacques Dutris, Mélanie Artaud et Michel Gousset.

Expéditeur : Francine Migot <francine.migot11@bbox.fr>

Date : 22/02/2016

Objet : Maison abandonnée



Monsieur le Maire,

Pardonnez-moi de vous déranger encore. Je vous avais déjà demandé par mail de fouiller voire de détruire la vieille maison qui se trouve au fond de la forêt, sous les prés de M. Jacques (si ma mémoire est bonne). Je réponds maintenant à vos interrogations sur cette requête.

Il y a quelques jours, je suis partie en randonnée dans la vallée. Bonne marcheuse, j'avais pris mon paquetage et ma tente avec moi dans l'idée de camper quelque part pour la nuit. C'est ainsi que j'ai retrouvé, perdue au milieu de la nuit noire et froide, cette vieille maison à moitié en ruines. Cela faisait des décennies qu'elle avait été laissée à l'abandon ; le monde l'avait oubliée et moi avec. J'y suis entrée et j'ai arpenté les vieilles pièces poussiéreuses. Certains murs, couverts de lierre, tombaient en ruine et les tuiles du toit commençaient à se clairsemer, laissant entrer les moustiques et la lueur de la lune.

Néanmoins, la baraque restait en bon état relatif. Épuisée par ma longue marche, je décidai d'y passer la nuit. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, entrant dans une chambre, je vis que le lit était fait ! Les draps étaient bien blancs, propres et repassés, l'oreiller impeccable. Quelqu'un avait élu domicile dans la vieille maison… Surprise par cette idée, je hélai quelqu'un, à l'aveuglette. Personne ne répondit, bien sûr. Je n'avais par ailleurs remarqué nulle trace d'habitation, de présence ni même de passage. Épuisée, je finis par envoyer tout cela au diable et par me glisser entre les draps. Si quelqu'un vivait ici, il pardonnerait bien l'intrusion d'une randonneuse fatiguée...

Au cours de la nuit dans ce lit maudit, avant que je m'endorme, je reçus la surprenante visite de plusieurs animaux. À moitié ensommeillée, je pensai qu'ils avaient élu domicile dans cette maison, ou bien qu'ils appartenaient à la personne qui vivait là. Logique, n'est-ce pas ?

La gentille truffe d'un chien renifla mon visage. Un autre petit chien grimpa sur les couvertures. Deux ou trois chats - il faisait si sombre que je n'en étais pas certaine - vinrent miauler près du lit et finirent par se blottir doucement contre moi, par se frotter dans mon cou et se glisser sous mes draps. Vous savez, j'adore les animaux, Monsieur le Maire. Alors, enchantée d'un accueil aussi sympathique, je m'endormis le sourire aux lèvres.




Je vous demanderai de garder la suite pour vous. Vous pouvez rire devant l'absurdité de ce qui va suivre, Monsieur le Maire, mais je vous prie de croire qu'une chose pareille peut aisément rendre une personne folle à lier.

Le lendemain, à la lumière crue du soleil, je découvris que ce qui s'était blotti contre moi la nuit durant n'était pas un chat.
C'était une marionnette. Elle était cousue dans la peau d'un chat mort. Je me redressai : d'autres marionnettes aux yeux vides jonchaient le lit. Deux chats et deux chiens, Monsieur le Maire. Et pas un de vivant.



Espérant vous avoir convaincu, vous suppliant d'engager les démarches aboutissant à la fouille et à la démolition de la maison, et vous priant d'agréer mes sincères salutations.


Francine Migot






Ce texte est sorti vainqueur d'un concours organisé en interne par le vénérable Kamus, en collaboration avec notre forum partenaire Encre Nocturne (des types adorables). Son auteur se trouve justement être administratrice de ce forum... Bravo à toi Cornedor !

lundi 17 octobre 2016

Hi Walter! I got a new gf today

Je suis tombé sur un sujet d'actualité qui est viral aux États Unis, je parle du cas Kayla Berg.

Kayla Bergn c'est une meuf qui habitait dans le Winconsin, elle s'est faite enlevée dans la ville de Wasuau à l'âge de 15 ans en Septembre 2009 et n'a jamais été retrouvée à ce jour. Peu après son enlèvement (soit deux semaines), une vidéo intitulée "Hi Walter! I got a new gf today!" a été publiée sur Youtube montrant un mec, dont on ne connaît pas le nom, parler à un de ses potes appelé Walter. Il lui dit qu'il a une nouvelle copine, qu'il faisait les magasins avec et qu'il voulait le lui montrer, il dit aussi qu'elle n'aime pas les photos mais qu'il va la lui présenter quand même. À la deuxième scène, on le voit ouvrir une porte et on découvre une femme nue et ligotée dans une salle de bain, qui demande de l'aide. Il entre et ferme la porte brusquement, puis la vidéo s'arrête là.  

Le truc c'est qu'à la publication de la vidéo, le mec a bidé parce qu'il n'avait que dix abonnés. Seulement, il y a de ça pas très longtemps, un mec de reddit est tombé sur la vidéo par hasard et s'est demandé si ce n'était pas la fameuse Kayla Berg parce que les dates coïncident bizarrement. Depuis, le sujet a été énormément partagé jusqu'à ce que la mère tombe dessus et donne son avis; apparemment, elle reconnaît sa fille et sa voix.

Du coup, depuis peu l'enquête est rouverte, 7 ans après sa disparition...


Je vous laisse avec la vidéo et quelques liens qui en parlent.






vendredi 14 octobre 2016

Incontrôlable


Extrait de l'interview de l'agent de police ayant répondu à l'appel d'urgence de la famille publié sur un journal local .
« La femme était déjà en panique avant même que je n’aie le temps de lui parler. J’avais beaucoup de mal à comprendre ce qu’elle essayait de me dire. Sa voix secouée de sanglots et les pleurs derrière elle n’arrangeaient pas les choses. J’essayais tant bien que mal de la calmer en lui demandant la raison de son appel. Elle m’a informé que son mari était dans l’incapacité de contrôler la voiture. […] Elle criait à l’aide… C’était très angoissant. Tout en restant calme, je lui ai demandé sans plus attendre sur quelle route elle se trouvait, mais les cris de ses deux filles ont aussitôt interrompu la conversation. Selon ce que j’ai pu comprendre, le véhicule venait d’un seul coup de changer de route. C’est alors que j'ai entendu le père de famille rassurer leurs fillettes. […] Tout s’est passé si vite… La mère m’a ensuite fait savoir qu’ils se trouvaient désormais dans une forêt. Je distinguais la voix de son mari disant que les vitres venaient tout juste de s’ouvrir. Selon elle, les vitres, les portes ainsi que les ceintures étaient bloqués. L’appel s'est terminé rapidement quand de nombreux cris se sont mis à retentir à travers le téléphone. » 
La voiture a été retrouvée au fond du lac. Dans celle-ci se trouvaient les corps des quatre membres de la famille : le père, la mère et leurs deux enfants. Au départ, certains ont pensé que le père avait orchestré le meurtre de sa famille en même temps que son propre suicide. Cette hypothèse, cependant, s'est rapidement révélée non concluante. Tout porte à croire que rien ne s’est passé comme cela, ce qui a amené les enquêteurs à cette autre théorie.

Le véhicule était une Tesla Model S dont l’option « Autopilot » serait restée bloquée. Lorsque ce système est actif, il permet normalement de suivre de manière autonome le flot de la circulation en gérant seulement l'accélérateur et le freinage. Il peut aussi gérer la direction en maintenant la voiture dans sa voie de circulation. Cependant, dans cette situation, il semblerait que la machine ait totalement pris le contrôle de chaque commande, aussi bien électrique que mécanique. Allant du simple verrouillage des portes au blocage de l’accélérateur. D’après les analyses, la Tesla aurait aussi soudainement modifié l’itinéraire imposé en changeant dangereusement de route. Elle se serait par la suite étrangement frayé un chemin dans les bois pour finir au fond de l’eau, tout cela à une vitesse alarmante. Les vitres avaient été entrouvertes, laissant l’eau du lac pénétrer dans l'habitacle. Comme si la voiture avait consciemment anticipé les événements. Les hommes chargés de l’affaire ont dû démonter les portes toujours verrouillées et couper les ceintures toujours bloquées afin d’évacuer les corps.

L’affaire reste encore floue à ce jour mais les enquêteurs ont rapidement conclu à une simple défaillance technique. La marque américaine n’en est cependant pas à sa première victime puisque  ce même modèle avait déjà provoqué un accident mortel,
le 7 mai dernier en Floride.




lundi 10 octobre 2016

Démangeaisons

Tout a commencé il y a à peu près six mois. Mon cuir chevelu me démangeait occasionnellement. Ce n’était rien de bien méchant, juste quelques picotements. Et puis ça a empiré. J’avais la sensation continuelle de fourmillement dans mes cheveux. Je n’arrêtais pas de me gratter, un peu comme quand j’avais 7 ans et qu’il y avait eu une infection de poux à l’école. Les gens à mon travail me regardaient bizarrement. J’essayais de me contrôler mais c’était insoutenable, ça me démangeait trop, il fallait que je me gratte.

Et puis c’est passé à ma peau. Mes bras, mes jambes, mon ventre… Partout. C’était horrible, j’avais l’impression d’avoir à nouveau la varicelle. Mes vêtements irritaient ma peau, dès que j’avais quelque chose sur moi ça me démangeait atrocement. Pourtant ma peau n’avait aucune lésion, hormis bien entendu les rougeurs et les blessures provoquées par mes grattages incessants.

Je suis allé chez le médecin et je lui ai décrit mes symptômes. Je lui ai dit que j’avais tout essayé mais que rien ne calmait les démangeaisons. J’avais en permanence ces maudits picotements atroces sur la peau et mon cuir chevelu. La sensation horrible qu’un millier de petits insectes couraient sur ma peau. J’ai fait des analyses mais on ne m’a rien trouvé. Pas d’eczéma, pas d’urticaire ni psoriasis ou quoi que ce soit d’autre. Rien de physique. Alors j’ai essayé un psychologue. On m’a dit que c’était peut-être psychosomatique, peut-être que je faisais un blocage sur quelque chose. Peut-être que mes démangeaisons, ces horribles envies de m’arracher la peau, étaient dues à un problème émotionnel, enfoui au fond de mon inconscient. Sauf que tout allait bien dans ma vie avant d’avoir ce foutu besoin de me gratter toutes les deux secondes. J’ai même essayé l’hypnose, ça n’a pas calmé mes irritations. C’était devenu carrément insoutenable. Rien ne calmait ces démangeaisons, ça grattait en permanence, c’était des millions de fourmillements et de picotements en même temps, sur mon corps, mes cheveux, partout. Ça a même commencé à démanger sous ma peau.

Mon quotidien était déjà difficile, et ça a continué à empirer. Les démangeaisons étaient toujours plus violentes et je me suis mis à faire d’affreux cauchemars. Comme tout le monde, il m’arrive de faire des mauvais rêves, mais ceux datant de cette période de ma vie étaient tout simplement atroces. À tel point que j’avais peur de m’endormir. Je me souviens du premier. J’étais sur un sentier en pente, il faisait sombre. Des corbeaux me lorgnaient du haut de leur branche. Au milieu du chemin il y avait une personne de dos. Je me suis approché et cette personne s’est retournée. C’était une femme mais je ne voyais pas son visage, il était caché par ses cheveux. Des longs cheveux bruns. Soudain elle m’a brusquement attrapé par les épaules et j’ai eu une succession de flashs. Je voyais des symboles étranges, du sang, des flammes, des visages effrayants qui riaient… Et il y avait plein de voix qui parlaient en même temps et répétaient des choses incompréhensibles. Je me suis réveillé en sursaut. Je n’avais jamais fait de rêve de ce genre. Ça m’a vraiment perturbé, je sentais que ce n’était pas normal. J’ai fini par me rassurer en me disant que cela devait venir du stress à cause de mes démangeaisons.

À partir de là, mes nuits n'ont plus du tout été paisibles. Dès que je m’assoupissais je faisais un cauchemar. Certains étaient récurrents. Par exemple, je rêvais souvent que j’étais enterré sous terre et que tout à coup des milliers d’insectes se ruaient sur moi et commençaient à me dévorer vivant. Je pouvais sentir leurs mandibules m’arracher la chair. Et quand je me réveillais j’avais l’horrible impression qu’ils étaient encore là à cause de mes démangeaisons. Je n’ai jamais été du genre phobique, les insectes et tout ça, ça ne m’a jamais perturbé mais je peux vous dire que depuis, je ne peux plus voir une araignée ou une fourmi sans repenser à ce cauchemar.

Je rêvais aussi souvent de ma mère. On était enfermés tous les deux dans une minuscule pièce et elle me fixait. C’était dérangeant. Elle ne parlait pas et me fixait juste de ses yeux vides. Et puis tout à coup elle se mettait à hurler. Même si j’essayais, je n’arriverais pas à vous décrire ce cri. C’était horrible, ça me glaçait le sang. Je me réveillais toujours à peu près à ce moment-là, en sursaut. Mais une fois je ne me suis pas réveillé tout de suite et j’ai vécu la suite de ce rêve. Ma mère se taisait enfin mais pour se mettre à vomir du sang sans s’arrêter.

Ces rêves ne sont que des exemples parmi des tas d’autres. Si je devais tout raconter ça me prendrait des heures. Plus le temps passait, plus ils devenaient traumatisants. Je voyais des monstres, du sang, des gens que j’aime devenir de vrais psychopathes, j’étais l’objet d’attaques en tous genres. J’ai rêvé une fois qu’on me brûlait vif, et je peux jurer que j’ai ressenti la chaleur des flammes à mon réveil.

Je ne pouvais plus supporter tout ça. Les démangeaisons et ces horribles cauchemars. Je perdais pied, je ne dormais presque plus. Dès que je fermais les yeux je voyais des images atroces. J’avais l’air d’un fou. Les yeux exorbités par le manque de sommeil et toujours entrain de me gratter à sang. Je ne sortais plus de chez moi. Je passais mes journées à essayer de soulager mes démangeaisons.
Un jour un ami est passé me voir, s’inquiétant de ne pas avoir de mes nouvelles. Il m’a avoué après tout ça que ce jour-là, en me voyant, il avait failli partir en courant. Il est finalement resté mais il me répétait sans cesse qu’il ne se sentait pas bien, comme oppressé. Il me disait qu’il y avait quelque chose de malsain dans l’air et que je lui faisais peur à toujours me gratter. Alors je lui ai tout raconté, je devais de toute façon déjà avoir l’air d’un taré alors je n’étais plus à ça près.

Il m’a écouté et m’a conseillé une sorte de médium. Cet ami est très branché ésotérisme. Il m’a dit que, peut-être, mes continuelles envies de me gratter et ces affreux cauchemars venaient de quelque chose de paranormal. Je n’’avais plus rien à perdre, alors je suis allé voir le médium qu’il me conseillait.

Et j’ai bien fait. Dès que le médium m’a vu, il m’a tout de suite dit qu’une entité maléfique était accrochée à moi. Elle était presque collée à ma peau. J’avais un halo noir autour de moi. Je lui ai parlé de mes symptômes et il m’a dit que ce qui provoquait mes démangeaisons et mes cauchemars c’était l’esprit. Il me voulait du mal. Mon corps réagissait par les démangeaisons, les sensations de picotement, les fourmillements sous la peau, les sensations d’insectes courant dans mes cheveux… Les cauchemars quand à eux étaient directement provoqués par cet esprit qui cherchait à me déstabiliser, à m’affaiblir mentalement pour pouvoir prendre possession de mon corps.

Le médium m’a débarrassé de cet esprit. Il a effectué un exorcisme. Il m’a donné des conseils pour repousser les mauvais esprits. Je ne donnerai pas plus de détails sur ses actions car moi-même je ne suis pas sûr d’avoir bien compris comment cet homme avait agi pour me débarrasser de ce mal. Vous savez, le spiritisme et toutes ces choses sont à pratiquer avec certaines règles sous peine de fâcheuses conséquences. Les souvenirs que j’en ai sont trop vagues, j’étais vraiment dans un état second à cette époque de ma vie. Alors je préfère rester évasif sur le sujet.

Aujourd’hui, tout est redevenu normal. Plus de fourmis, plus d’irritations, plus de sensation de peau en feu, plus aucune démangeaison et plus aucun cauchemar.

Quoi qu’il en soit, je reste encore traumatisé par cette expérience et quand soudainement mes bras, mes jambes, ou mon cuir chevelu se mettent à me démanger, j’ai toujours l’angoisse que ce soit un esprit qui rôde autour de moi.


mercredi 5 octobre 2016

J'ai rencontré quelqu'un sur Happn

Temps de lecture approximatif : 8 minutes


Il y a quelques temps, je me suis inscrite sur une application de rencontre nommée Happn. Le concept me semblait intéressant alors, après avoir hésité longuement, j’ai décidé de tenter l’expérience. Au bout de quelques jours à peine, j'ai reçu ce que l’on appelle un « Charme ». Pour faire court, c’est un peu le même système qu’un « Poke » sur Facebook. C’était un garçon de mon âge qui me l’avait envoyé. Sans plus attendre, je me suis jetée sur son profil en constatant qu’il était plutôt mignon. Or, j’étais obligée de le charmer à mon tour pour entamer une conversation. Je ne vous cache pas que j’ai quelque peu hésité. En réalité, je trouvais ça débile de devoir à mon tour lui envoyer la même chose. Mais je l’ai fait quand même.

Je n’ai pas eu à attendre très longtemps pour qu’il engage une conversation. C’était simple, basique. Nous parlions, nous faisions connaissance. En parcourant davantage son profil, j’étais persuadée de l’avoir déjà rencontré quelque part. Il a rétorqué le contraire. Pourtant j’étais sûre de moi mais je n’arrivais pas à me souvenir de l'endroit où j'avais pu le rencontrer. Bref, Quentin était quelqu’un de très gentil. J’adorais son humour, sa simplicité. Pratiquement tous les jours nous nous parlions.

Un soir, alors que je rentrais d’une soirée chez des amis, dans le bus, j’ai ouvert l’application en constatant que j’étais en train de croiser ce garçon à ce moment. En effet, Happn a la particularité d’informer où et quand vous croisez une personne. Sur son profil était indiqué « croisé maintenant, à moins de 500 mètres ». Il faut savoir que ça ne peut pas être plus précis que ça. Ravie, je lui ai très vite envoyé un message avant que le bus ne parte en lui demandant où il était. malheureusement il n’a pas répondu tout de suite. Sur la route, j'ai rouvert l’application en remarquant à nouveau que le statut n’avait pas changé. J’étais toujours en train de le croiser et cela à moins de 500 mètres. Cependant, il n’y avait aucune voiture derrière nous, ni même devant et de plus, le bus avait pris une route de campagne avec rien aux alentours à part des champs et de la forêt. Je me suis dit qu'il devait se trouver avec moi dans le bus. J'observais discrètement chaque personne présente mais lui n'était pas là. J'ai renvoyé un message en attendant impatiemment une réponse. 

Une fois descendue au dernier arrêt, j'ai découvert sans surprise qu’il était toujours dans le coin. Deux types ainsi qu'une jeune femme étaient descendus avec moi. J'ai regardé une nouvelle fois les photos mais aucun des deux hommes ne correspondait au profil. Je suis finalement rentrée chez moi en pensant que l’application ne s’était simplement pas actualisée.

Le lendemain soir, mes parents m’avaient autorisée à inviter deux de mes amies pour ne pas rester toute seule. Sans hésiter, j’ai contacté Maëlle et Laurine, mes deux meilleures amies, pour une soirée spéciale séries. Il était déjà tard et le dernier épisode venait de se terminer lorsque Laurine a reçu un appel inconnu. Trois tentatives d’appels plus tard, elle a décidé de couper son téléphone. À peine quelques minutes après, ç'a été au tour de Maëlle. Elle n'a pas décroché au premier appel mais au second. Sans se poser de questions, elle a engagé directement la conversation. Elle a mis la main contre son portable et nous a informées qu’il s’agissait d’un homme cherchant à s’amuser avec nous. Laurine et moi lui avons demandé de raccrocher aussitôt. Chose qu’elle n’a pas faite. Prudente et quelque peu intriguée par cet événement, j’ai décidé de fermer la porte d’entrée ainsi que les volets. De toute manière, mes parents ne devaient plus tarder. J’ai d’un seul coup sursauté en entendant les éclats de rire de mes deux amies. Maëlle avait mis le haut-parleur. Certes, l’homme semblait très sympathique et surtout très marrant. Un canular qui avait échoué selon lui. Mais personne ne trouvait ça étrange à part moi, visiblement. Il n’y avait plus que moi qui me posais des questions. Cela dit, nous sommes restées tout de même pas loin d’une dizaine de minutes avec lui.

Par la suite, il a voulu que nous racontions chacune notre tour notre meilleure histoire d’horreur. Heureusement, nous en rigolions bêtement, même si au fond de moi je voulais qu’elles raccrochent. C’est alors qu’est venu son tour. Toutes les trois plongées dans le noir, il a commencé à nous raconter sa légende urbaine. C’était très bizarre. L’ambiance était, d’un seul coup, redescendue et devenue très pesante. Il nous la racontait tellement bien que c'était oppressant. Parfois, nous rions nerveusement pour nous rassurer lorsque ses paroles nous faisaient frissonner d’angoisse. Alors que nous attendions la chute, nous avons soudainement été surprises par les craquements du plancher à l’étage. Un perturbant silence a régné ensuite dans le salon pour ensuite laisser place à nos éclats de rire de moins en moins naturels. Le type ne parlait plus. A bout de nerfs et quelque peu anxieuse, j’ai pris le portable dans mes mains tout en voulant lui dire que nous allions raccrocher. 

Jusqu’au moment où nous avons clairement commencé à entendre l’écho de ma voix venant directement des escaliers. À travers l’obscurité, un rire des plus anormaux s'est fait immédiatement entendre aussi bien dans le téléphone qu’en bas des marches, puis, quelques mots prononcés d’un air tétanisant ont suivi : « C’est alors que la jeune femme se rendit compte qu’elle avait oublié son portable dans la salle de bains ». Complètement terrifiées, nous sommes précipitamment sorties de la maison par la baie vitrée du salon. Il ne nous a pas fallu longtemps pour comprendre que ce type nous avait appelées avec mon téléphone resté au premier étage.

Evidemment, la police n'a trouvé personne à l’intérieur. Je n’ai malheureusement pas pu leur décrire l’individu ni même expliquer comment il aurait pu s’introduire dans la maison. Mes amies sont finalement rentrées chez elles. Mon père m’a ensuite accompagnée à l’intérieur de la maison afin de récupérer mon portable. Il était sur la première marche des escaliers. Juste à côté se trouvait un calepin. A l’intérieur, l’individu y avait fait un folioscope. Les dessins représentaient un personnage en mouvement et se dirigeant vers une autre personne, une fille qui semblait être couchée sur son lit. Plus je faisais défiler les pages, plus le personnage de gauche se rapprochait jusqu’à ce qu’il se tienne devant le lit. La fille était alors représentée comme un ange flottant au-dessus de son lit qui, quant à lui, était maintenant rempli de sang. 

Toujours sous le choc et après avoir réussi à persuader mes parents, nous avons dormi chez ma tante. Ne trouvant pas le sommeil, mes amies et moi reparlions de ce que nous venions de vivre lorsque j'ai reçu un message sur Happn de la part de Quentin. Il se trouvait maintenant à plus de 5km de ma position. « Hey, comment tu vas ? » m'a-t-il demandé. J’étais toute contente d’avoir enfin un message de lui alors je lui ai répondu sans tarder en lui expliquant ce qui s’était passé ce soir-là. Nous avons papoté toute la nuit.

Le jour suivant, je suis restée à la maison avec ma mère. J’ai remarqué que Quentin se trouvait de nouveau à moins de 500 mètres d’où j’étais. Je ne vous cache pas que je commençais à trouver cette histoire de plus en plus étrange. Je l'ai bombardé de questions sans jamais avoir une seule réponse. J’étais perturbée et je ne savais pas vraiment quoi faire. Avec tout ce qui m’était arrivé, je me posais un tas de questions. J’en devenais carrément parano. C’est alors que dans la nuit j'ai enfin reçu une réponse. « Je suis là. » me disait-il. Je me suis aussitôt placée devant la fenêtre en lui demandant où il était quand une main sortie de derrière moi s'est plaquée sur ma bouche. Cette même voix sinistre que l’autre soir m'a chuchoté à l’oreille : « ici. » Je me suis retournée vers lui en étant toujours dans l’impossibilité de dire quoi que ce soit.

Ce n’était pas lui. Ce n’était pas Quentin. Accompagné d’un grand sourire, il m'a saluée d’un ton si naturel que c'en était effrayant. Il m'a conseillé de ne pas dire un mot en me montrant le couteau dans sa poche. Il s'est alors assis sur mon lit et a sorti l’arme de sa poche. Je me suis collée contre le mur en ne le quittant pas des yeux. Il a retroussé les manches de son sweat, ses bras étaient recouverts d'un nombre incalculable de cicatrices. Il a pris son couteau et s'est mutilé devant moi. L'homme a tenté de me rassurer en confirmant que ça ne faisait pas mal et m'a demandé si je voulais essayer. Il a ajouté également qu'il ne ferait aucun mal à mes parents ainsi qu’à moi-même si j'acceptais sa proposition. Je me souviens avoir jeté un rapide coup d'œil vers la porte. Il s'est levé et m'a déconseillé de faire ça. 

Ensuite, il s'est approché de moi en me tendant le couteau. Toute tremblante, j'ai pris son arme et cherché inconsciemment à le poignarder. Il m'a stoppée sans grande difficulté puis m'a retroussé les manches brusquement en me couvrant de nouveau la bouche. Apeurée et totalement impuissante, j'ai fermé les yeux afin de me mutiler le bras droit. Quand j'ai essayé d'arrêter, il m'a forcée à faire le contraire. Au bout d'un certain temps, je n'ai plus ressenti la douleur. J'ai même oublié qu'il était devant moi. Pourtant, je continuais. Je sentais le sang couler sur ma peau. Je me sentais fatiguée, à bout de souffle. Je ne me souviens de rien jusqu'à mon réveil à l’hôpital. Ce sont mes parents qui m’ont trouvée dans  ma chambre les bras entièrement ensanglantés.

En expliquant la situation aux policiers, l'un d'eux m'a coupé la parole en m’annonçant que Quentin, la personne à qui je croyais parler, avait été retrouvé mort il y a trois jours maintenant. Il semblait s'être suicidé non loin de chez lui. Son collègue a précisé qu'il n'y avait pas moins d'une centaine de coupures au niveau de ses bras comme sur les miens. Je me suis alors souvenue que j’avais déjà vu sa photo sur plusieurs affiches signalant sa disparition il y a quelques semaines maintenant. 

Depuis cette nuit, je n’ai plus jamais voulu rester toute seule chez moi ni sortir de ma chambre lorsqu’il faisait nuit. Faut dire que cette histoire m’a réellement traumatisée, mais, j’en avais marre que ma mère vienne systématiquement dans ma chambre quand je dormais.

Chaque matin je retrouvais ma porte déverrouillée. Après tout, ce n’était pas pour rien si je m’enfermais à clef. Justement, ça me rassurait plus qu’autre chose. Elle s’en faisait trop pour moi mais je pouvais la comprendre. Lorsque je lui ai demandé si c’était elle, elle s'est mise à rire et à me dire : « chérie, tu vas pas me faire croire que tu ne sais pas fermer une porte à clef ? Je te rappelle qu’il y en a qu’une seule pour ta chambre, celle que tu poses sur ta table de nuit avant de dormir ! »

Aujourd’hui, je ne veux même plus retourner chez moi tant que l’homme qui a tenté de provoquer mon propre suicide n’a pas été trouvé. Je vis actuellement chez ma tante.


lundi 3 octobre 2016

Le plan parfait

Lundi, j'ai élaboré le plan parfait. Personne n’était au courant que nous nous connaissions.
Mardi, il a volé le flingue de son père.
Mercredi,  nous avons décidé de le faire pendant l'assemblée des élèves du lendemain.
Jeudi, nous avons attendu devant les portes du gymnase. Nous avions convenu que j'abattrais le premier qui sortirait du bâtiment, puis il prendrait le flingue et entrerait dans le gymnase pour commencer le massacre.
La personne qui était sortie la première était Mr Quinn, le conseiller d'orientation. Je lui ai tiré 3 fois en plein dans le visage. Il est tombé raide mort dans le gymnase. Le bruit déclenché par les coups de feu était assourdissant. J'ai entendu des cris à l’intérieur.
Personne ne nous avait encore vu. Je lui ai tendu le flingue en lui disant : "C'est ton tour, maintenant !". Il a couru dans le gymnase et a commencé à tirer.
Après un moment, je l'ai suivi.
Il n'avait encore touché personne. Les élèves se bousculaient et se cachaient. C’était le chaos.
Puis, j'ai couru vers lui et je me suis jeté sur lui. Nous nous sommes battus. J'ai arraché l'arme de ses mains, l'ai retournée contre lui, et ai pressé la détente, le réduisant ainsi au silence pour toujours.
Le Vendredi, j'étais acclamé en héros.


C’était vraiment le plan parfait.



Traduction : Kamus

Texte original ici.

samedi 1 octobre 2016

Au bureau

Je ne sais toujours pas quoi penser de ce qu'il m'est arrivé la nuit dernière. Pour vous replacer le contexte, quelques problèmes personnels m'ont fait prendre du retard sur mon travail, alors ce soir-là, j'avais décidé de rester tard au bureau. Mon lieu de travail s'est lentement vidé jusqu'à ce que je me retrouve seule dans ce grand bâtiment. J'ai réussi à boucler plusieurs dossiers en peu de temps, et en regardant l'horloge accrochée au-dessus de ma tête, j'ai constaté qu'il me restait un peu de temps avant que mon fiancé vienne me chercher. Le quartier étant mal fréquenté, et n'ayant rien à faire dehors, je n'ai pas eu d'autre choix que de patienter ici.

Peureuse de nature, je n'étais pas enchantée à l'idée de rester seule dans un endroit tout sauf rassurant la nuit, mais je suis descendue rejoindre ma grande amie, la machine à café du premier étage. Au moment où j'allais entrer dans l'ascenseur, j'ai entendu un gros boum, comme si quelque chose était tombé. J'ai pris mon courage à une main (l'autre tenant le gobelet) et suis remontée voir ce qui avait causé ce boucan.

Un rire nerveux m'a échappé quand j'ai compris ce qu'était la source de mon inquiétude. Les cris masculins que j'entendais me certifiaient que finalement je n'étais pas si seule et que deux de mes collègues étaient en train de s'envoyer en l'air. Gênée, j'ai fermé la porte qu'ils avaient laissé entrouverte en détournant le regard. Ils n'ont pas eu l'air de remarquer quoi que ce soit car les bruits me confirmaient qu'ils étaient encore en pleine action. Je me suis alors rappelée que cette porte était très dur à ouvrir de l'intérieur, et qu'ils allaient avoir du mal à sortir une fois leurs ébats terminés. Tant pis, ils finiraient bien par y arriver et ça leur apprendrait à faire ça ici.

Voyant qu'il était l'heure de m'en aller, j'ai pris mon manteau et suis descendue pour attendre mon fiancé. Ce n'est qu'aujourd'hui en arrivant au bureau que j'ai compris ce qu'il s'était réellement passé. Le corps d'une de mes collègues avait été retrouvé ce matin. D'après les policiers et les médecins sur place, elle aurait été frappée violemment à la tête et violée. Ils l'ont retrouvée bâillonnée et nue. Ils pensent qu'elle a tenté de s'enfuir car la porte est marquée de griffures et est abîmée, comme si quelqu'un avait donné des coups dedans. Ils m'ont posé quelques questions auxquelles j'ai répondu entre deux sanglots, en omettant de mentionner ma présence la veille. Je leur ai dit que j'étais vraiment désolée pour ce qu'il lui était arrivé.

« Vous n'avez pas à être désolée, vous savez bien que vous n'auriez rien pu faire. »