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L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni n'infirme la véracité des témoignages et histoires présents sur ce blog. Pensez à consulter nos pages d'aide pour en apprendre plus, et à toujours vérifier les sources pour vous faire votre propre avis sur la question, ici comme ailleurs.

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Vous l'avez remarqué, le site est à l'arrêt. Nous sommes toujours derrière, mais nous devons discuter de la suite et ne pouvons plus publier en attendant.

Petit rappel amical : les creepypastas ne sont pas nécessairement des fictions, elles peuvent aussi être partiellement ou entièrement tirées de faits réels, c'est ce flottement qui fait leur charme (même si c'est plus facile à deviner pour certaines, on sait). Merci donc de ne pas nous assimiler à un Wattpad de l'horreur.

Vous voulez trouver toutes nos plateformes, ou vous êtes curieux de savoir quels médias parlent de CFTC ? Tout est sur notre Linktree !

samedi 22 juin 2013

Mon Autre Monde

Je m'appelle Michael, mais vous n'avez pas besoin d'en savoir plus sur moi, ce qui compte c'est que vous soyez mis au courant de ce qui va suivre.


Depuis mon enfance, je suis doté comme d'un 6ème sens, je pouvais voir des choses que les autres ne pouvaient pas voir, j'étais au même endroit mais c'était différent, comme si tout ce qui m'entourait disparaissait et laissait place à d'autres présences, des présences agréables, elles me réconfortaient, lorsque je me sentais seul, j'allais dans cet « autre monde » et je me sentais bien, mais un jour, ça a dégénéré.


J'étais en 6ème, je n'avais pas beaucoup de personnes sur qui compter, j'étais différent des autres, même mes professeurs me rejetaient, j'étais souvent seul, mais une personne m'a soutenu : Florian, mon ami.
Mais à partir du jour où on se voyait, j'entendais des voix dans ma tête, celles de mon monde, elles m'appelaient avec un ton triste et en détresse, au début elles étaient inoffensives, mais au fil du temps, elles me harcelaient, normalement je contrôlais mes « voyages », mais à partir de ce jour, mes anciens compagnons m'y ramenaient de force, ils me disaient de plus en plus fort : « Tu nous as trahis... » , quelques minutes après ils me relâchaient, lorsque je revenais de mon monde, je ne voyais plus, je mettais du temps à revenir, mon professeur avait sûrement dû me poser une question car il me mit dehors, lorsque je sortis de la salle, la porte était déjà fermée et une main semblait m'avoir tiré encore plus vite de la classe. Après quelques minutes, j'entendis de nouveau les voix :  « Tu nous le paieras... ».


A la fin des cours, je rentrais sur le chemin avec mon ami quand je me sentis mal, mon corps était lourd et mon audition troublée, Florian me demanda ce qu'il m'arrivait, je voulus répondre mais je n'y arrivais pas, je me sentais partir. A mon réveil j'étais au même endroit mais le ciel était rouge sang, personne n'était dans les rues quand le sol à mes pieds s'écroula, je me retrouvai dans un couloir dont seule la sortie était éclairée, j'entendis une voix derrière moi, lorsque je me retournai je vis les présences de mon monde, mais elles étaient beaucoup plus... Réelles et matérielles, même si je les reconnaissais, elles étaient accompagnés d'une expression malsaine et désagréable, celle du milieu s'approcha de moi et me dit en souriant : « Cours... », sur l'instant je ne compris pas mais en me remémorant ce qu'elles m'avaient dit l'autre fois je pris peur et courus de toutes mes forces vers la sortie, j'étais en pleurs, je ne comprenais pas pourquoi j'avais « trahi » mes amis, ces amis qui m'avaient aidé à me relever quand j'étais petit, lorsque tout le monde me tournait le dos, je trébuchai par terre, je n'avais pas la force de me relever, je voulais juste que ce cauchemar s'arrête.

Mes trois « amis » s'étaient changés en monstres à mes yeux, ils s'approchèrent de moi et séchèrent mes larmes, l'un deux se rapprocha de mon oreille et me chuchota : « Nous t'en débarrasserons... ».


Lorsque je me réveillai, j'étais dans un lit d'hôpital, ma mère était là mais elle ne faisait pas attention à moi; de toutes façons, je ne l'aimais pas, elle me détestait plus qu'autre chose, je ne savais même pas pourquoi elle était ici. Une infirmière entra et me demanda comment j'allais, j'étais encore dans les brumes, je lui demandai si je pouvais appeler Florian, en lui disant qu'il était celui qui avait sûrement appelé l'hôpital, après ces mots, elle baissa la tête, et me dit d'une voix tremblante : " Ton ami Florian n'est plus avec nous, il a été percuté par une voiture en tentant de te ramener sur la chaussée". J'étais anéanti, le seul ami que j'avais venait de mourir... J'étais pris de larmes en me retournant dans ma couette que j'enroulai autour de mes bras, je me sentais partir, à la limite de l'évanouissement j'entendis : « Cet obstacle n'est plus, nous serons désormais de nouveau réunis... ».


Lorsque je rouvris les yeux, la salle était vide, plus personne n'était là, je regardai à la fenêtre, aucune voiture n'était garée, j'en conclus que j'étais encore dans cet endroit...
Les trois monstres étaient derrière moi, l'un deux s'avança et me dis : « C'est beau n'est-ce pas ? Une amitié retrouvée.. ».
J'étais en larmes lorsque je repensai à Florian, je ne supportais pas ce qu'ils avaient fait à mon seul ami, pour moi ils n'étaient plus que des monstres qui avait ruiné ma vie.
Je me retournai et leur répondis : « Vous n'êtes que des monstres ! Vous m'avez pris mon seul ami, vous n'avez jamais été mes amis !!! »
Les trois présences avaient le regard vers le vide, la salle et le ciel commencèrent à devenir rouges, ils devenaient menaçants, leur regard était pétrifiant, les trois sautèrent sur moi puis je me réveillai, j'étais chez moi, dans mon lit, en regardant le réveil, il était 7 heures de matin, nous sommes le Vendredi 12 Avril, les créatures étaient devant moi, pourtant j'étais bien dans le monde réel, ils se contentèrent de me dire : « Nous viendrons te chercher à ton prochain sommeil, tu quitteras ce monde pour toujours... »
Cette nuit, je vais sans doutes quitter ce monde, mais plus rien ne m'y retient, je n'ai personne et mon seul ami est mort, tué par ces choses, il ne me reste plus qu'à aller m'endormir pour arrêter cette misérable vie.
Les monstres m'ont dit autre chose, qu'ils viendront choisir un nouvel ami, dans ce monde, un ami qu'ils ne quitteront pas, peut-être vous.


Pareil que la précédente, et encore une fois nos excuses à l'auteur.

Annabelle

J'ai toujours aimé la nature, tout ça, mais là, ça me dépasse...

Quand j'étais gosse, à six ans (j'en ai 20 actuellement), j'adorais me balader à vélo le mercredi. J'y allais avec ma Nounou car mes parents, responsables d'entreprise, travaillaient. Et tous les mercredi, j'allais jusqu'au parc jouer avec un ami. Mais un jour, au début du printemps, il y avait une petite fille assise sur une souche dans le bois qui jouait à la poupée, seule. Ma nounou s'arrêta.
«Bonjour petite ! Tu es seule ?
-Oui, ma mère travaille dans l'usine à côté du village et mon père habite loin.
-Ah ! Tu t'amuses ?
-Non madame, ma poupée est cassée, je m'ennuie...
-Viens avec nous jusqu'au parc, je la réparerai. Ah, mais ta mère n'est peut-être pas d'accord !
-Si madame ! Elle l'est tout le temps. Et le parc est juste à côté.
-D'accord. Bastien, tu laisses monter la petite fille derrière ? Comment t'appelles-tu ?
-Annabelle Dubois, madame.
-C'est joliii ! Tu montes ?»

On partit jusqu'au parc, ma nounou répara la poupée, et vers quatre heures, on dut repartir. Mais Annabelle ne vint pas.
«J'attends ma maman ici !» dit-elle en souriant. Qu'elle était belle ! Ses yeux marron en amande clignaient, tandis que ses cheveux auburn flottaient.


Ma nounou haussa les épaules et nous partîmes. À la maison, je rangeai mon vélo rouge, mangeai, fis mes devoirs et partis dormir. C'est ma mère qui me réveilla.
«On va manger chéri !
-J'ai fait un rêve bizarre.
-Hein ?
-Annabelle me regardait avec ses yeux d'ange et me demandait de jouer avec elle, puis sa poupée m'a regardé bizarrement et tu m'as réveillé...
-Annabelle ?»

Je lui racontai l'histoire. Elle me dit en rigolant que c'était car je la connaissais mal, tout ça. Je partis manger mais je me sentais bizarre quand même.

Chaque semaine, je voyais Annabelle. Elle n'était pas méchante en fait ! Elle montait à l'arrière de mon vélo.

Un jour, ma mère me dit:
«Bastien...Ton vélo est trop petit, tu vas te faire mal à force ! Je vais t'en racheter un autre, mais en attendant tu resteras à la maison le mercredi.
-Mais POURQUOI ?!
-C'est trop loin à pied pour un enfant. Tu iras quand je te rachèterai un vélo.
-...D'accord...»
Les années passèrent et je découvris de nouveaux centres d'intérêt. Finalement, je suis retourné il y a peu sur le chemin.

...

Sur le chemin...
...Des morceaux de poupée...
...Mais c'était celle d'Annabelle.

Je continuai, un peu choqué. Le parc était désert, à l'exception d'une balançoire sur laquelle se balançait...

...Une petite fille...

...Aux cheveux auburn...

...Aux yeux marron en forme d'amande...

...Et qui me dit en faisant un grand sourire:
«Joue avec moi.».

Elle se leva. Son regard était étrange. Elle murmurait:
«Pourquoi m'avais-tu abandonnée ?...
-Je...J'avais pas le choix !
-Un vrai ami n'abandonne jamais...
-C'est faux !...Je t'ai pas abandonnée !
-...Ne serais-tu pas un vrai ami ?»

Elle se rapproche de moi... Son bras s'étend... Il atteint mon cou...Mon corps est paralysé, j'aurais bien voulu serrer son bras pour me dégager de son étreinte mais c'était juste impossible.
«Tu sais ce que je leur fais, aux traîtres ?»
Elle me saisit et m'étrangle. Je ne peux plus respirer...J'étouffe !!
«Je leur fais ça.».

C'est sûrement la dernière chose que je vois... c'est la tête de la poupée qui me regarde comme dans mon rêve. Son sourire malsain m'emporte dans les ténèbres.


Une creepypasta oubliée sur le forum depuis deux mois. Toutes nos excuses à son auteur...

mercredi 19 juin 2013

Le masque

Dans le miroir je me rends compte que cette vie, cette peau, rien ne me correspond. La société nous inflige la pire des tortures, porter un masque, un masque qui doit nous empêcher de nous montrer tel que nous sommes dans l'intimité de notre chambre, par exemple. Elle nous l'inflige tout le temps, et nous oblige même à changer de masque par rapport aux situations. Jamais quelqu'un n'aura le masque joyeux de la maison lors d'un enterrement, et vice-versa. Sans nos masques, nous ne sommes que des animaux, des bêtes. Nous ne sommes plus rien.
J'ai choisi de dire adieu à ces masques hypocrites, c'est un choix probablement stupide me direz vous, mais ce choix est décisif dans ma vie. Tel le Phœnix, renaissant de ses cendres, plus jamais je ne serai le même, à partir de maintenant. Morceau par morceau j'ai volé de votre hypocrisie pour éclairer le visage de ma vérité. De La Vérité, celle qui dirige toutes nos vies, celle que personne ne veut voir. Je me suis formé avec vos mensonges le masque parfait, le mien.
Vous pensez sans doute que mon choix n'était pas parfait, pourtant, maintenant, je suis parfait. L'être le plus beau, le moins hypocrite.
Je suis l'Humain.




mardi 18 juin 2013

Lola

Bonjour, je m'appelle Michael. J'ai 36 ans, j'ai une belle maison, enfin, pour le salaire que j'ai. Ce n'est pas un testament, mais plutôt la raison qui me pousse à faire ça.
 
J'étais marié avec mon épouse Elise, depuis 7 ans. Pourquoi "j'étais" ? Parce qu'elle n'est plus. Je n'ai jamais su pourquoi. Une crise cardiaque apparemment, quelques heures après la naissance de notre fille, Lola. Contraint de vivre seul avec elle, j'ai essayé tant bien que mal de l'éduquer, malgré l'absence maternelle. Elle ne m'a d'ailleurs jamais posé de question à son sujet, même si j'imagine qu'elle remarquait qu'elle était la seule de sa classe sans maman. Mais c'était peut-être mieux ainsi, j'étais un père heureux, elle m'adorait, on s'amusait ensemble, bref le bonheur.
 
Mais ça n'a pas duré. A 6 ans, ma fille tomba malade. Quelque chose d'incurable selon les médecins. J'ai tout fait, j'ai prié, je leur ai supplié de la soigner. Et rien à faire. Elle était seule, et j'étais impuissant face à la maladie. Finalement, elle mourut dans sa chambre d'hôpital. Cette fois-ci, c'était moi qui me retrouvais tout seul. Abandonné, la seule compagnie que j'avais était les larmes, les pleurs. J'étais détruit, désespéré. Et c'est là ou j'ai commencé à péter les plombs, je me droguais, je buvais, plus qu'habituellement en tout cas, je ne dormais plus la nuit. Et surtout, je ressentais une présence.
 
Je ne saurais comment dire. Je me sentais constamment observé, j'avais l'impression d'entendre la voix de ma petite fille, j'étais parcouru de frissons, etc... Bien sûr, je mettais tout ça sur le compte des médicaments que je prenais. Mais plus récemment, des objets se déplaçaient. J'avais posé mon portable sur la table du salon, à mon retour il n'y était plus. J'ai cherché pendant des heures jusqu'à que je le retrouve : Il était posé au centre d'une pièce vide. C'était la chambre de Lola. Et cela continuait, avec divers objets. Et une nuit, je compris.
 
J'étais dans ma chambre, je dormais pour une fois. Mais je fus réveillé par des rires. Des rires d'enfant. Le rire de ma fille. Et je la vis devant mes yeux, au pied du lit. Blanche, transparente, elle ne me dit qu'une chose : de la rejoindre. Elle me supplia de venir la rejoindre. Et après un clignement d'yeux, plus rien. Je me demandais si c'était vrai, si c'était une hallucination. Mais les autres nuits, ce fut la même chose. Et chaque fois, elle me suppliait un petit peu plus. Et maintenant j'en suis là.
 
Pour les sceptiques, bien que je ne vous oblige pas à me croire, j'ai fais quelques photographies. Et je l'ai retrouvée, elle était plus belle que jamais, ma petite chérie, ma petite Lola.
 
Bien, j'en ai fini. Je vous laisse, je vais en terminer avec ma vie. Je vais pouvoir rejoindre Lola et Elise, et on formera cette fois une vraie et grande famille.

 



Un poète

 Les mains au repos étendent mollement les doigts, virilement rafraîchis par la brise sur le sang humide. Il contemple toute leur grandeur, toute leur nonchalance, avant de saisir à nouveau la lame, car l'épaisseur rouge sombre commence à sécher.

Il agit nettement, sans bavure ou presque: la blessure est assez large, assez chaude pour être belle, mais délicate et jamais dans l'outrance.
Il perfore proprement les plèvres et vise son œuvre agonisante.
Il savoure avec satisfaction les longues minutes que le tableau morbide met à suffoquer; puis il passe au suivant, car la sculpture est éphémère.

Elle a vu faire ainsi le jeune homme avec une demi-douzaine des siens. Cheveux longs, pas rasé, traits fins... Un poète.
Il fait le tour de la pièce et constate qu'il n'a plus matière à créer, avant de l'apercevoir, adossée au mur du fond, qui le regarde avec horreur.

Elle appelle à l'aide, mais nul ne l'entend... Elle se met à pleurer... Elle demande pourquoi...
Puis il répond. D'une voix toute naturelle, magistrale et bienveillante.

"Que voulez-vous comprendre? Je suis un artiste. Mon travail n'est pas de faire comprendre, mais de faire ressentir. Et ne suis-je pas doué pour faire ressentir?"

Et sur ces mots, il fiche sa lame entre deux côtes et élargit la plaie dans un bruit de tissu qu'on déchire.



Fraîcheur, nonchalance... Meurtre.

lundi 17 juin 2013

La fenêtre (Windows)

Dans l’obscurité de la nuit, je vous conseille de ne pas regarder par la fenêtre. Quand vous regardez à travers une fenêtre sombre, vous voyez tout ce dont vous avez toujours eut peur, tout ce que vous avez toujours redouté. L’impossible est possible et existe dans le vide sombre. Vous ne pouvez rien voir, mais vous pouvez tout imaginer. Des visages ridicules et surréalistes qui vous regardent comme s’ils connaissaient vos secrets les plus intimes et les plus sombres, la tête en décomposition du damné qui grogne et gémit et toutes tes peurs les plus profondes ; tout ça existe là-bas.


Mais ne vous inquiétez pas. Vous êtes en lieu sûr. C’est simplement une fenêtre, vous pouvez seulement les voir, mais ils ne peuvent pas vous emmener dans leurs dimensions.


Mais il y a une chose…


Vous êtes vulnérable à l’air libre. Vous vous demandez ce que je veux dire ?


Votre reflet ; il permet de coexister avec eux.


Simplement ne clignez pas des yeux.


Traduction : Kanzelra

Creepypasta originale ici.

La Clinique Gandy

Temps de lecture approximatif : 5 minutes


Depuis bien des éons il existe des lieux obscurs que l’on craint, qui exercent sur nous et tout le voisinage une étrange influence, abreuvant notre esprit d’une énergie obscure que très peu d’entre nous sont capables de supporter avant d’arriver à l’apogée. Il y a  des rumeurs, il y a toujours des rumeurs où que l’on se trouve, sur des lieux semblables partout à travers le monde. Des temples oubliés et autres ruines dans les pays reculés, et parfois de simples maisons dans une ville tous aussi simple. Dans les Hautes-Pyrénées, il existe une de  ces villes ordinaires, Bagnères-de-Bigorre. Un vieil amas de maisons décrépi qui au fil du temps s‘est développé et s’est retrouvé affublé d’une communauté vieillissante rafraîchie, pour son plus grand malheur, par quelques écoles, collèges et autres lycées.

Les jeunes imbéciles et ignares furent entièrement hypnotisés par cette civilisation décadente. Et à force d’errer dans les rues et ruelles de cette ville pourrissante on trouve obligatoirement un de ses lieux occultes, et ces idiots ne se sont pas gênés pour en faire un repaire de dépravation. C’était une clinique, la Clinique Gandy. Un grand bâtiment en ruines dans une petite allée discrète qu’on ne remarque quasiment jamais tant qu’on ne sait pas qu’elle existe. Et l’existence de ce lieu arriva rapidement aux oreilles d’un groupe de jeunes, mais ce groupe n’était comme la plupart des autres, pas des ignorants qui hurlent à la lune les soirs de fêtes, ils étaient là parce qu’il fallait être là et non pas pour être détestables. Ils n’étaient pas du genre à désobéir aux adultes, ils étaient aussi les victimes par excellence pour les autres élèves.

Mais cette fois c’était différent, les trois jeunes étaient attirés par cet endroit oublié, mais craignaient aussi d’y aller. Ce fut Arthur qui convainquit Florian et Roberto de s’y rendre toute une après-midi au lieu d’aller en cours, et ce fut pour eux une véritable révélation.  L’endroit décrépit leur allait parfaitement, sombre, glauque et désert. Un véritable temple pour leurs vies isolées. Le bâtiment était constitué de 4 étages en comptant le rez-de-chaussée, et chaque étage était constitué d’une multitude de salles toutes plus vides et en ruines les unes que les autres.



Le plus intéressant était le rez-de-chaussée, un véritable dédale de salles, parfois petites, parfois immenses, certaines même reliées entre elles par des trous creusés par le temps, et quasiment toutes plongées dans une obscurité totale qui nécessitait l’utilisation de lampes. Les autres étages étaient tous construits selon le même schéma, un seul et unique couloir, et toutes les chambres. Puis finalement le grenier aussi était intéressant, éclairé, mais réaménagé en salle d’accouchement à première vue.
Les visites s’enchaînaient les unes après les autres, et finalement ils parlèrent, c’étais prévisible, l'humain  recherche toujours l’admiration des siens… Ils en ont parlé à beaucoup de ceux de leurs classes, et les ont amenés, ils venaient toujours plus nombreux. Et à chaque fois les
meubles, les débris et les sons étaient différents, comme si l’endroit était vivant, mais jamais ils ne s’en inquiétaient.

Finalement, ils préparèrent un grand évènement, un petit jeu sympathique. Ils allaient tous se séparer dans le vieux bâtiment inquiétant, de nuit, et l’un d’eux devrait les trouver, un à un. Et celui qui devait chercher était bien entendu Arthur, celui qui connaissait le mieux les lieux.  Le jeu commença comme prévu dans le noir, une lampe pour chacun et Arthur avec une caméra sur la tête pour immortaliser l’instant.

Le jeune garçon entra dans la clinique, tous le monde était déjà à l’intérieur depuis dix minute et aucun son ne se faisait entendre. Il était l’heure de commencer à les chercher, et déjà un air froid lui parcourait l’échine, c’était la première fois qu’il était seul dans ces longs couloirs.

Il arpenta les premiers couloirs avec méfiance, à l’affût du moindre mouvement et du moindre bruit, pour les trouver mais aussi pour éviter une embuscade, il se doutait bien que certains d’entre eux avaient prévu de lui faire peur. Il entendit un rire dans son dos et se retourna, seul le noir était là, il pointa sa lampe droit devant lui et ne vit rien, il se retourna à nouveau et continua son chemin jusqu’à que le faisceau de lumière ne viennent se refléter sur une tache de sang.

La panique prit possession d’Arthur, du sang, comment ça pouvait bien être arrivé là ? Ce ne pouvait pas être le sang d’un d’entre eux, non, pas possible… Ou plutôt il ne voulait pas que ce soit possible. Un autre rire, cette fois il fallait tous les prévenir. Il se mit à hurler aussi fort qu’il pouvait, tant pis si les voisins l’entendaient. Il cria qu’il fallait partir, qu’il y avait du sang. Mais seul le silence lui répondit, du moins c’est ce qu’il cru au début, car le silence se mua lentement en un bourdonnement malsain pour devenir progressivement des plaintes d’outre-tombe, des gémissements inhumains qui résonnaient dans tout le bâtiment et dans sa tête. 
Il se mit à courir en  sens inverse vers la sortie et à chaque fois qu’il se rapprochait un peu plus il entendait de moins en moins les hurlements et les bruits de course effrénée. Il atteignit enfin la sortie, mais à peine franchie….

Il découvrit avec horreur qu’il était toujours à l’intérieur, et devant lui se déroulait un spectacle horrible. Des cadavres, des cadavres partout, des corps inconnus et d’autres qu’il reconnaissait…. Malheureusement.

Il comprit alors, c’était comme une immense révélation, comme si son esprit s’était illuminé d’un savoir impie. Il était le seul à avoir résisté à l’énergie des lieux, les autres étaient tous devenus fous au fil des secondes, et tous s’étaient tué ou avaient tué, il était le seul à n’avoir subi aucun effet, le seul à être arrivé à l’apogée, le seul à être rentré en contact avec le Voile, ce monde si proche du nôtre, celui d’où viennent les vents froids et les présences invisibles, les mouvements dans les miroirs et les grincements dans la nuit.
Il n’eut pas le temps de bouger qu’un grand flash de lumière l’aveugla et qu’au même moment quelque chose lui sauta dessus.
Ce qu’il advint d’Arthur, nous le devinons tous, tué par un fou… On un habitant du Voile. Jamais on ne retrouva son corps, ni la pièce fantôme où tous les cadavres étaient censé se trouver. On ne retrouva dans le Hall que la caméra qu’Arthur avait accrochée sur sa tête, endommagée et en mémoire une petite partie de la vidéo, une seul et unique image. Et ce qu’on y trouva, c’étaient les derniers instants d’Arthur, et de Roberto, clairement identifié sur l’image, ainsi qu’une créature non identifiée.