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jeudi 20 février 2014

Ted the caver - Partie 9: 28/04/2001-19/05/2001

Ted the caver dispute à BEN le titre de plus longue creepypasta de l'histoire, et possède comme elle son propre site internet.
Ceci est la dernière entrée du journal de Ted, traduite par Magnosa. Bonne lecture!

Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4  
Partie 5

28 Avril 2001



Dans cette entrée, je fais rapidement mention de ce que B et moi ressentions à ce moment. J’aimerais m’attarder sur ces ressentis et donner le bon ton à cette partie de mon journal. J’espère que je réussirai à transmettre nos pensées et nos sentiments exacts du moment où nous avons planifié notre prochaine action. Sinon, j’ai peur que le lecteur nous prenne pour des ignorants, des naïfs, ou des fous furieux.



Cette grotte représentait le point culminant de nos semaines de travail acharné, complété par un vaste tableau d’émotions. De la fatigue à la peur. De l’anticipation à la douleur. De la frustration à la gloire. Pour nous, nous n’étions pas au bord d’une possible destruction mais plutôt en train d’honorer une responsabilité tacite. Un peu comme les parents d’un enfant rebelle. Nous n’étions pas près d’abandonner notre « enfant » à cause de la peur de l’inconnu. Que cela lui plaise ou non, cette grotte était devenue une part de nous. Et maintenant nous devions voir notre aventure porter ses fruits. En plus de ça, explications verbeuses à part, nous étions littéralement dévorés de curiosité ! Malgré le nombre conséquent d’évènements inexpliqués, nous DEVIONS retourner dans cette caverne. Qu’est-ce qui causait le grondement ? Quelle était l’origine des variations de la force du vent ? etc, etc, jusqu’à Joe. Qu’est-ce qui avait bien pu lui arriver ? Qu’avait-il vu ? Ou que lui avait-on fait ? Nous avions eu de longues discussions animées pour savoir ce que nous devrions faire. La même conclusion était tirée à chaque fois. Nous devions retourner dans la grotte. Nous ne pouvions pas imaginer de scénario pouvant résoudre les nombreuses devinettes posées au plus profond de la caverne. Le seul moyen de compléter le puzzle était de la conquérir. Nous allions retourner à la Grotte Mystérieuse.



Deux semaines s’étaient écoulées depuis notre excursion avec Joe que nous étions déjà sur le chemin du retour. Pour se préparer, cette fois, on était entré en contact avec le groupe local de secours de spéléologie et on avait obtenu la permission d’emprunter leur téléphone bidirectionnel à faible tension. Il était constitué de deux transmetteurs et d’une longue bobine de câble fin. Je pourrais ainsi dérouler le câble dans le passage et rester en contact avec B en permanence. On a aussi pensé qu’il serait judicieux de prendre une caméra vidéo pour la nouvelle section de la grotte. J’ai acheté une sacoche qui pourrait protéger la mienne de la poussière tout comme des pierres tranchantes. J’étais plus que déterminé à payer le prix nécessaire pour être certain que B verrait le passage entier.



Ma tête allait bien. J’avais toujours une ligne rouge clair pour marquer l’endroit où j’avais tenté de briser la roche avec mon crâne. Je ne suis jamais allé voir un docteur, mais ça a été une expérience douloureuse. J’ai pensé à ce qui aurait pu arriver si j’avais été capable d’aller dans le passage avec Joe. C’était un homme changé après son retour. Je l’ai appelé chez lui à peu près tous les jours pour essayer de lui parlé, mais il n’a jamais répondu. B a appelé son travail et des amis communs lui ont dit que Joe était tombé malade deux semaines plus tôt et que personne ne l’avait vu depuis. Il a dit que Joe avait prévenu son patron qu’il risquerait de ne pas être là pendant un moment. Je me suis même arrêté chez lui deux fois. La première fois, quelqu’un avait l’air d’être à la maison, mais personne ne répondait à la porte. La fois suivante sa voiture n’était plus là et les lumières étaient éteintes. J’espérais lui parler avant cette excursion, mais ça n’a pas fonctionné.



Tandis que nous attachions la corde pour descendre dans la grotte, j’ai ressenti quelque chose que je n’avais jamais ressenti auparavant. JE NE VOULAIS PAS ENTRER DANS CETTE CAVERNE ! Ce n’était pas un pressentiment, pas plus que je ne recevais une sorte de prémonition. Je n’avais simplement aucune envie de pénétrer le monde souterrain de la Grotte Mystérieuse. Je ne l’ai pas dit à B à ce moment. Même si je ne voulais vraiment pas y aller, je savais qu’il le FALLAIT. J’ai vérifié mon matériel deux fois, et je me suis laissé glisser par-dessus la corniche.



Dés le début, il nous a semblé que la grotte ne voulait pas de nous. Rien ne s’est passé sans anicroche. À chaque fois qu’on essayait d’attacher un mousqueton, ou de faire un nœud, ou d’attacher quelque chose à la corde, on devait s’y reprendre à deux ou trois fois. Heureusement, on s’en est aperçu, et on a bien pris le temps de vérifier que tout était sûr. Alors qu’on cheminait dans la caverne, on se cognait tout le temps contre les murs, ou on trébuchait, ou on laissait tomber quelque chose. À un moment, on a même décidé de s’arrêter pour faire le point avant de continuer. Notre matériel était léger, mais il nous a fallu une éternité pour atteindre le trou. On a finalement réussi.



On a vérifié la caméra et le téléphone pour être certains qu’ils avaient survécu au voyage. Tout a été testé et j’ai rassemblé le matériel que je voulais emporter. Ensuite il a été temps. On s’est regardé, mais on ne s’est rien dit. Je me suis alors tourné vers l’étroiture. Pendant que je tordais mon corps pour pénétrer dans la Tombe, j’espérais désespérément que c’était la dernière fois que j’avais à le faire pour entrer dans ce cauchemar de claustrophobes.



La traversée de la Tombe de Floyd s’est déroulée finement, si l’on peut dire. Après avoir atteint l’autre côté, on a pris quelques minutes pour tout me faire parvenir. Je me suis équipé et ai de nouveau tout testé. Le téléphone marchait à merveille. J’ai filmé l’étroiture et la première section du nouveau passage. Comme il m’était impossible de filmer en rampant, je prévoyais de traverser la section suivante et ensuite de m’arrêter pour continuer d’enregistrer. Je pouvais filmer ce que j’avais traversé et ce qui m’attendait ensuite. Comme ça je pouvais avoir les sections depuis les deux bouts. Je commençais à avoir un bon sentiment sur cette excursion. Je ressentais même une sorte de satisfaction personnelle pour pouvoir montrer à B le fruit de ses efforts. C’était peu pratique de tenir la caméra et de dérouler le fil pendant que je rampais. Mais je savais que ça valait le coup.



Les petites formations rocheuses n’étaient pas assez grandes pour apparaître sur la vidéo. Avec une lumière normale provenant de l’extérieur, ça n’aurait pas été un problème, mais celle venant de mon casque rendait la tentative inutile. Les formations de cristal étaient devenues jolies. Elles étaient devenues suffisamment grandes pour un bon enregistrement. J’ai profité du film pour vérifier le téléphone. C’était réconfortant d’entendre la voix de quelqu’un d’autre malgré la profondeur du passage. On a discuté vite fait et j’ai ensuite débranché le téléphone pour me préparer à continuer. Le téléphone ressemblait à un téléphone normal, en beaucoup plus gros. Un peu comme ceux qu’on peut voir dans les films. Quand je voulais parler à B, je devais juste le brancher avec une prise spéciale sur la bobine de fil. La source d’énergie était du côté de B, donc il était toujours allumé. La réception était aussi claire que sur les téléphones normaux. J’ai continué mon avancée.



Même si ma progression était lente, elle était continue. Tout avait l’air de bien se passer jusqu’à ce que j’atteigne la pierre ronde. Une fois encore j’ai ressenti quelque chose d’étrange, exactement comme à mon dernier passage. J’ai regardé autour de moi avec attention, mais je n’ai rien vu qui aurait pu m’alarmer. Je me suis appliqué à filmer la salle entière. J’ai obtenu de bons plans de la pierre, sous toutes ses coutures. J’ai eu les murs, le plafond et le sol du mieux que j’ai pu. J’ai même obtenu une bande assez bonne des figures sur le mur. C’était difficile de deviner ce que c’était sur la vidéo, mais il était évident qu’il y avait quelque chose. Après avoir enregistré tout ce que je voulais, je me suis avancé vers le bout de la pièce pour débuter l’exploration du nouveau territoire.



Tout au bout de la grande salle, il y avait un passage menant aux ténèbres. L’entrée faisait environ un pied de moins que ma tête et ça semblait continuer ainsi aussi loin que portait mon regard. Je me suis courbé sous le plafond et préparé à découvrir de nouveaux spectacles. Les murs de la nouvelle section étaient plus sombres que le reste de la grotte jusqu’ici. Le sol était composé des mêmes roches brisées. Le plafond formait une arche presque parfaite, tout comme dans la vieille section de la Grotte Mystérieuse. Ça avait presque l’air déplacé à côté des murs inégaux du reste de la caverne. Ma vision portait tout au plus à trente pieds là où le passage avait l’air de tourner radicalement à droite. J’ai pensé que c’était un bon endroit pour faire le point avec B.



Il y a eu quelques bips avant qu’il ne décroche, mais quand il a répondu, sa voix était toujours aussi claire que du cristal. On aurait dit qu’il avait fait une sieste (est-ce que j’étais parti si longtemps ?). Il a dit qu’il allait bien et que je pouvais prendre tout le temps que je voulais. Je l’ai remercié et ai raccroché. Sa patience avait été extraordinaire pendant la totalité du projet. Il avait passé énormément de temps à m’attendre pendant que j’explorais le passage. J’étais heureux qu’il souhaite toujours rester assis pour m’attendre. J’ai rangé le téléphone et ai commencé à filmer le nouveau passage, quand c’est arrivé…



Dans mon dos, j’ai entendu le bruit de grattement. Il était fort. Il était tout proche ! Il venait de la grande pièce que je venais de quitter ! Je me suis retourné pour faire face à la cause de ce bruit. Lorsque je l’ai fait, j’ai perdu ma présence d’esprit et me suis relevé au même moment. Crack ! Mon casque avait percuté le plafond du passage. Ma lampe s’était cassée et j’étais plongé dans de profondes ténèbres. La douleur s’est déclarée dans ma nuque et est descendue jusque dans mon dos. Le casque avait protégé ma tête mais mon cou était presque engourdi à cause de l’impact. La peur s’est répandue en moi et mes genoux ont commencé à faiblir. Involontairement, je suis lentement descendu dessus. J’ai doucement désactivé la caméra et ai commencé à voir des étoiles à cause de la douleur de mon dos. Le bruit de grattement avait duré une seule seconde, et à présent le seul bruit que je pouvais entendre était mon souffle paniqué. Non seulement je pouvais sentir la peur m’écraser la poitrine, mais en plus les ténèbres semblaient m’empêcher de bouger. Je me sentais vulnérable de toutes les directions. Je voulais me retourner et regarder derrière moi, et à côté de moi, et devant moi. Partout où j’ai regardé, c’était noir. Finalement, j’ai échappé suffisamment à la stupeur de la terreur pour atteindre une source de lumière de secours, la lampe mini-mag sur mon casque. J’ai appuyé sur le bouton de marche, et lorsqu’elle s’est allumée j’ai presque pleuré ! J’avais oublié de mettre des piles neuves, et maintenant je pouvais à peine voir plus loin qu’à quelques pieds de distance. Enfin, c’était toujours mieux que rien. J’ai immédiatement commencé par diriger le faisceau de lumière vers la grande salle. Je m’efforçais de distinguer un mouvement à l’intérieur. Rien du tout.



Je tremblais violemment alors que j’étais assis là, à essayer de réfléchir à ce que je devais faire. Mon esprit était incapable de réfléchir clairement. Je pensais honnêtement que j’allais mourir à cet endroit, dans la caverne. Pendant un instant fugitif, je me suis demandé comment B pourrait savoir ce qui m’était arrivé. Puis ça m’a frappé comme un rocher : LE TÉLÉPHONE ! Mon esprit s’est réveillé à ce moment car j’ai aussi pensé à mes bâtons de lumière. Sans quitter la salle des yeux, j’ai fouillé dans mon sac pour les trouver. Comme je portais le téléphone et la caméra, j’avais déchargé mon sac autant que possible et une des choses que j’avais laissées avec B était ma lampe frontale de secours. C’est pour cela qu’il ne me restait que les bâtons de lumière. J’en ai trouvé un et l’ai sorti de son emballage. Je pouvais dire que quelque chose n’allait pas à cause du bruit qu’il a fait. Il avait déjà été craqué par inadvertance et était à présent inutile. Je l’ai jeté sur le sol et en ai cherché un autre dans mon sac. Je quittais parfois la salle des yeux pour jeter un œil au passage derrière moi. J’en ai trouvé un autre et l’ai craqué pour faire venir la lumière. La douce lueur verte a créé d’étranges couleurs sur les murs de la grotte. Le bâton produisait à peine assez de lumière pour voir les environs immédiats, et ne permettait de deviner ce qui se trouvait droit devant. J’ai fouillé mon sac avec mes mains pour trouver une lumière de plus, encore une fois sans quitter la salle des yeux. J’ai senti un troisième bâton et l’ai sorti de son emballage. Après l’avoir craqué pour être sûr qu’il fonctionnait, j’ai hésité, et ensuite je l’ai jeté dans la pièce.



Le lancer était parfait et le bâton a volé sur la longueur de la pièce. Pendant le bref instant où l lumière a traversé la salle, je n’ai rien vu à part les murs. L’absence de quelque chose d’inhabituel ne suffisait pas à calmer mon état de panique. Tout au bout, j’ai eu un bref aperçu de la pierre ronde comme le bâton rebondissait dessus. Ensuite la lumière est tombée derrière et a semblé disparaître. J’étais toujours tout tremblant, mais au moins je n’avais rien vu. Pourtant, il y avait ce bruit…



J’ai utilisé mon bâton pour éclairer le téléphone, et j’ai réussi à le brancher sur la bobine en tâtonnant. Je l’ai mis à mon oreille et… je n’ai RIEN entendu ! Le bip habituel qui indiquait la connexion avec l’autre téléphone n’était pas là. Terrifié, j’ai débranché et rebranché le téléphone. De nouveau, le silence. La ligne était coupée. Qu’est-ce qui avait pu se passer. Je VENAIS de parler à B ! Je me suis presque retrouvé à sangloter de peur. Je savais que le seul moyen de sortir était de repasser par là où j’étais venu. Mais QUELQUE CHOSE était là ! Une troisième tentative de me mettre en contact avec B a obtenu les mêmes résultats. J’ai essayé de réfléchir à un autre plan, mais je ne pouvais penser à rien d’autre qu’au grattement que j’avais entendu. Dans mon état affaibli, je me suis effondré contre le mur de la grotte, en respirant comme si je venais de finir une course, sans jamais quitter l’obscurité de la pièce des yeux. Quand mon épaule a touché le mur, j’ai eu un puissant choc de douleur qui m’a rappelé la collision avec le plafond du passage. Désespoir, agonie, terreur.



Je ne saurais pas dire combien de temps je suis resté là, mais je sentais des picotements dans mes pieds et mes genoux étaient douloureux. La douleur dans mon dos a lentement diminué, mais celle dans ma nuque ne s’est pas améliorée. Je me suis résolu à tenter de sortir de ce passage diabolique. Je savais que si j’attendais trop longtemps, je perdrais le peu de lumière que j’avais. J’ai essayé de me relever, mais la force m’a manqué. J’ai doucement rampé vers la pièce, tirant mon sac derrière moi. En me servant des murs de la grotte, j’ai pu lentement me remettre debout, mais pas droit, à cause de mon dos engourdi. Toujours avec une respiration rapide, j’ai avancé dans la pièce avec lenteur. J’ai enroulé le câble en revenant. Mes yeux regardaient droit devant, à l’affut du moindre mouvement. À chacun de mes pas, ma lumière projetait des ombres qui changeaient en permanence sur les murs, m’occupant à essayer de toutes les garder en vue. Mes yeux on commencé à me brûler lorsque j’ai réalisé que je n’avais pas cligné depuis plusieurs minutes. Combien exactement ? Depuis combien de temps est-ce que tout ça durait ? Les seuls sons que je pouvais entendre étaient les craquements que produisaient mes pieds sur les pierres brisées, et le sifflement de ma respiration. Alors que j’enroulais le câble, je pouvais entendre le couinement de la bobine, chaque tour me rapprochant de la Tombe. De B. De la sécurité.



Le court voyage à travers la pièce a duré une éternité. Lorsque je suis passé devant le symbole rudimentaire, il a semblé luire, comme s’il donnait une sorte d’avertissement. Je ne savais pas ce qu’il représentait, mais tout dans cette grotte semblait inspirer la peur. Au bout de la salle, je pouvais voir la pierre ronde à l’extrémité de mon faisceau de lumière. Quelque chose semblait différent en elle, mais je ne pouvais pas dire quoi. Après avoir avancé de quelques pieds, j’ai enfin pu trouver ce que c’était. Elle avait bougé ! C’était ÇA, le son que j’avais entendu. La terreur s’empara de nouveau de mon corps tout entier comme je réalisais à quel point j’étais proche de… quelque chose ! Je n’avais pas d’autre choix que de continuer. Mais ce n’était pas chose facile. J’ai avancé tout doucement à coté de la pierre, serrant mon bâton lumineux dans ma main tremblante, m’en servant pour percer l’obscurité. Je me suis arrêté sur ce côté de la pierre pour enrouler le câble du téléphone. Ensuite j’ai compris pourquoi je ne pouvais plus communiquer avec B. La pierre était dessus ! J’ai tiré un coup sec et le câble a lâché. Mon seul espoir de contact avec le monde extérieur avait cessé d’exister au moment où il s’était brisé. Je ne m’étais jamais senti aussi seul. Enterré profondément dans la terre. J’étais descendu volontairement dans ma propre tombe, avec un cercueil de roche dure.



Le téléphone étant devenu inutile, je l’ai posé dans le passage. Mon regard fixé sur la pierre ronde, j’ai continué mon avancée. Ma respiration était rapide, ma gorge sèche et endolorie et ma bouche poussiéreuse. À chaque craquement de pierre sous mes pieds, mon cœur s’arrêtait. La lueur verte de mon bâton ne trahissait aucun mouvement. J’ai dépassé la pierre et ai regardé attentivement son sommet. Ne voyant rien, j’ai marché vers l’autre côté d’un pas rapide. Lorsque je l’ai atteint, j’ai reculé dans l’horreur de ce que je voyais. Dans le côté du passage, près du sol, il y avait un trou, avec un autre passage révélé. Il avait été couvert par la pierre. MAIS MAINTENANT IL ÉTAIT OUVERT ! La pierre n’avait pas pu bouger toute seule.



J’ai reculé du trou et me suis cogné contre le mur opposé. Je n’avais pas fait attention à la douleur dans mon dos jusqu’ici, mais cette fois elle est revenue dans toute sa fureur. J’ai fixé le passage nouvellement découvert des yeux. Il venait des profondeurs avec un angle de 45 degrés et continuait tout droit aussi loin que je pouvais voir. Plusieurs pieds en-dessous je pouvais voir le bâton de lumière que j’avais jeté. Il illuminait suffisamment le passage pur que je puisse remarquer que les murs étaient lisses. Tout comme le sol, contrairement au reste de la grotte. Le passage faisait trois pieds de diamètre environ, d’après ce que je voyais. Ça aurait été un passage facile à explorer, si j’en avais eu le désire. Mais à cet instant, la seule chose que je voulais était sortir et revoir la lumière du jour. J’ai doucement reculé en direction de B, m’éloignant encore du trou. Je n’ai à aucun moment quitté l’abysse de mes yeux. J’ai presque trébuché sur le câble du téléphone quand je me suis tourné pour quitter cette tanière démoniaque. J’ai remarqué que ma mini-mag était presque morte, ce qui me laissait avec mon seul bâton lumineux. Je voulais sprinter jusqu’à la Tombe de Floyd. Le seul fait d’entendre un autre être humain pourrait apaiser une partie de la peur dont j’étais la proie.



Lorsque je me suis détourné de la pierre et du trou, j’ai senti un sentiment de panique m’envahir. J’avais la sensation qu’une légion de démons allait m’attaquer par derrière. J’avais l’impression que mon salut se trouvait droit devant, dans les ténèbres, et que Lucifer était derrière moi, essayant de m’empêcher de l’atteindre. Je me suis aperçu que je bougeais beaucoup plus vite que ce que j’aurais du dans une grotte. Ma seule pensée était de sortir le plus vite possible. J’ai passé les formations de cristal, remarquant à peine ces magnifiques créations de la nature dans la lueur verte de mon bâton. À chaque fois que je me baissais pour éviter un rocher, je sentais mon dos protester et me rappeler ma blessure. Lorsque j’ai atteint l’endroit où je devais ramper, je me suis jeté à quatre pattes, ralentissant à peine la cadence. Lorsque mes mains sont entrées en contact avec le sol de la caverne, j’ai senti un choc électrique me parcourir jusqu’en bas du dos, et en même temps dans mes bras. Pour la première fois depuis que le cauchemar avait commencé, j’ai laissé échapper un cri. Je me suis tordu sur le sol de pierre, atteignant un nouveau niveau de douleur à chaque inspiration.  Gémissant de douleur et de peur, j’écoutais si de nouveaux sons arrivaient dans la grotte. Je pouvais sentir le silence écraser ma tête. Je savais de mes précédents voyages que B était toujours trop loin pour m’entendre. Mais j’étais tout proche.



Me forçant à avancer, j’ai grimacé comme je poussais mon corps avec mes quatre membres et commençais à progresser. Je tenais toujours mon bâton dans ma main, mais j’avais cessé de regarder derrière moi. J’étais focalisé sur ce qu’il y avait devant moi. J’ai atteint le point où je pouvais crier à B, mais je n’ai pas fait un bruit. Je ne voulais pas m’arrêter suffisamment longtemps pour parler. Finalement j’ai atteint la dernière section de la grotte avant l’étroiture. Comme j’arrivais vers l’entrée de la Tombe, j’ai appelé B. Il m’a répondu. Je lui ai crié de préparer les affaires pour qu’on puisse partir quand je serais sorti. Il m’a demandé si ça allait (comme il ne m’avait plus entendu parler dans le téléphone, il s’était inquiété). Je lui ai dit que non, et de préparer les affaires. Lorsque j’ai atteint la corde, j’ai retiré mon casque et je l’ai fourré dans mon sac. Pour la première fois, j’ai réalisé que J’AVAIS OUBLIÉ MA CAMÉRA ! Mais c’était futile. Je ne me préoccupais pas plus de ma caméra qu’un passager du Titanic s’était soucié de son manteau ou de son chapeau. J’ai accroché mon sac à la corde et lui ai dit de le tirer. Ensuite je lui ai dit de commencer à marcher vers la surface dés qu’il l’aurait sorti. Il a demandé pourquoi et je lui ai crié qu’il y avait quelque chose dans la grotte avec nous.



Mon dos me faisait mal à chacun de mes mouvements. Je savais cependant que ça n’avait pas d’importance. J’allais sortir de la Tombe aussi vite que possible, peu importe les blessures. Au moment où j’ai commencé à me glisser dans l’étroiture, j’ai senti le vent dans le passage qui augmentait, et avec lui la plus terrible puanteur que j’avais jamais sentie. Ça ressemblait à une odeur d’humidité, de décomposition, c’était rance, putride. C’était une odeur de MORT. J’ai presque commencé à avoir des haut-le-cœur. J’ai mis ma chemise devant mon nez pour me protéger de cette odeur épouvantable. B l’a senti aussi à ce moment. Il a crié « QU’EST-CE que c’est que ÇA ? » puis de me dépêcher de passer. Je lui ai dit que j’arrivais, j’ai pris une grande inspiration à travers ma chemise et j’ai commencé à ramper. Les cris de B avaient intensifié ma peur et ma panique, comme si j’en avais besoin. Je savais qu’il pouvait sentir l’urgence de quitter cet endroit. Je lui ai quand même crié de se préparer au départ pendant que je me glissais à travers l’étroiture, que je le rattraperai quand je serais passé. Il a dit qu’il allait le faire. Il a placé mon bâton de lumière dans le passage, et a commencé à se diriger vers la sortie.



Cette fois-ci, l’étroitesse du passage m’était complètement égale. J’écorchais mon visage, mes oreilles, mes bras et mes épaules. Chaque pouce de l’étroiture signifiait de nombreuses éraflures sur mon corps, mais je les ai à peine remarquées. Mon dos me paralysait presque de douleur. Une fois encore j’ai eu une grosse envie de vomir à cause de l’odeur qui parvenait jusqu’à moi grâce à la brise. À la moitié de la Tombe de Floyd, j’ai fait une pause pour reprendre mon souffle. J’approchais l’épuisement et ma respiration était presque trop rapide. Le haut du passage semblait appuyer sur ma joue, et le bas était comme du verre brisé sur mon autre joue. Alors que je faisais une pause pour récupérer rapidement, j’ai entendu le grattement venant des profondeurs de la grotte. Il a duré quelques secondes, puis s’est arrêté. J’ai laissé échapper un cri qui m’a fait sursauter. Je ne réagissais plus consciemment au bruit. Le cri était une réponse de mon subconscient à la peur qui filtrait dans mon corps entier. En panique, j’ai recommencé à glisser dans le passage. Lorsque j’ai atteint la partie la plus large de la tombe, j’ai rapidement glissé mes bras sous moi pour atteindre la position qui me permettait de sortir par le trou. J’ai attrapé la corde et ai tiré de toutes mes forces. Lorsque mes épaules ont atteint le trou, elles s’y sont logées, et je me suis retrouvé coincé ! J’ai enfoncé mes pieds dans la pierre et j’ai remué en arrière pour m’en sortir. Ensuite j’ai un peu tourné mon corps et j’ai réessayé. Cette fois-ci, j’ai réussi à faire passer le haut de mon corps. Normalement, je ferais attention en sortant, vu qu’il y a trois pieds entre le trou et le sol. Mais cette fois, j’ai donné des coups avec mes jambes et ai poussé avec mes bras et PLOP, je suis tombé de la Tombe, directement sur mon épaule. J’ai essayé de rouler pour amortir l’impact, mais j’ai été incapable de faire autre chose que de prendre le coup de plein fouet. Curieusement, la douleur s’est focalisée dans mon épaule, n’affectant apparemment pas mon dos déjà engourdi. J’ai roulé sur mes membres, et je me suis relevé précautionneusement. L’odeur était moins intense en dehors du passage. J’ai attrapé mon bâton lumineux pour trouver mon casque. J’ai commencé à me diriger vers les sangles pendant que j’attachais mon casque. Lorsque je les ai atteintes, j’ai levé les mains pour attraper les prises et j’ai reculé d’horreur. Dans la lueur de mon bâton, je pouvais voir pour la première fois les blessures de mes bras. Mes avant-bras étaient couverts de plaies profondes et d’écorchures. Ma peau était presque recouverte par le sang. Pendant ce bref moment où je me suis arrêté, j’ai remarqué que la grotte était silencieuse. Aucun son ne venait du passage, pas plus que de devant. Une fois de plus le sentiment de solitude m’est revenu, me motivant à avancer. Grimper la petite corniche s’est avéré être difficile dans ma condition. N’avoir qu’un bâton de lumière pour s’éclairer ajoutait encore de la difficulté. Une fois en haut, je me suis mis à courir pour rejoindre B. J’étais impressionné par sa rapidité.



Bien que je n’aie pas davantage mentionné ma condition physique pendant ma sortie, j’avais affreusement mal ! Chacun de mes pas était ponctué par un accès de douleur dans ma nuque et le bas de mon dos. Mes bras étaient déchiquetés et un de mes épaules avait une belle entaille. Je pense sincèrement que si je n’avais pas été autant terrorisé, je n’aurais pas eu l’énergie et la motivation suffisante pour sortir de là. Je carburais uniquement à l’adrénaline. Malheureusement pour moi, le pic d’adrénaline était sur le point de toucher à sa fin.



Je n’ai ni vu, ni entendu B avant d’atteindre la petite zone au bout de la pente. Il était accroché à la corde et se frayait un chemin vers la sortie aussi vite qu’il pouvait. Je pouvais l’entendre se déplacer rapidement et respirer très fort. Je l’ai appelé et son sursaut m’a permis de voir qu’il était presque aussi tendu que moi. Il m’a dit d’attraper la corde et de commencer à le suivre. Nous savions tous les deux que c’était dangereux et qu’on ne le ferait pas en temps normal, mais c’était différent. Je me tenais là et regardais où la corde disparaissait dans l’obscurité. J’ai gigoté autour tandis que B gravissait le chemin vers la sécurité. Il était hors de vue, mais je savais qu’il était proche. Je savais que la corde était la ligne de sauvetage qui me reliait à l’extérieur. À la lumière, à la sécurité. Derrière moi se trouvaient les ténèbres, la peur, l’inconnu. J’ai eu la pensée futile d’une scène de film où l’acteur a vaincu le monstre et a atteint la porte de la maison hantée. Au moment où il passe le seuil, il entend un bruit derrière lui qui le fait se retourner, juste pour voir que…



J’ai fixé mon bâton lumineux sur mon casque grâce à son cordon et ai atteint mon harnais. Ensuite j’ai pensé que je laisserais B aller un peu plus haut tandis que je tirerais la corde qui s’étendait encore dans la grotte. Cela permettrait de sortir plus facilement une fois que nous en aurions le bout. J’ai décidé de ne pas enrouler la corde autour de mon bras, vu qu’il était engourdi et qu’il saignait, alors j’ai simplement fait un tas sur le sol. Au-dessus de moi, B m’a prévenu, « cailloux », et je me suis accroupi sous le rebord alors que plusieurs petites pierres atterrissaient sur le sol, non loin de mes pieds. Je suis ensuite vite revenu à ma tâche. J’avais à peu près la moitié de la corde, environ 50 pieds, quand il y eut un accroc. OUH ! Il était solide. Mais je n’allais pas retourner en arrière pour la libérer, alors j’ai préféré simplement l’oublier et enfiler mon harnais pour sortir. Je me suis équipé et ai commencé à me sangler. Avant de pouvoir le sécuriser, j’ai entendu un bruit étrange à mes pieds. Mon pouls s’est accéléré. J’ai regardé la corde et, horrifié, je l’ai vue qui commençait à disparaître dans les ténèbres. QUELQUE CHOSE TIRAIT LA CORDE DANS LA GROTTE !!!



J’ai laissé tomber le harnais et ai attrapé la corde pour remonter. Le harnais non sanglé est tombé sur le sol. Heureusement j’étais attaché à un ascendeur. À ce moment, je ne pouvais pas penser correctement et j’ai commencé à grimper sans être attaché à la corde. Il m’était souvent arrivé de grimper sans ascendeur, mais j’avais toujours été accroché à la corde, au cas où.



Je grimpais aussi vite que mon corps exténué pouvait le faire. J’étais de nouveau proche d’un état de panique et recommençais donc à m’écorcher, à me cogner et à m’esquinter les bras et les jambes. Pendant mon ascension, j’ai crié à B que quelque chose tirait la corde. Il m’a crié de me dépêcher. La chance était avec moi, car je ne suis pas retombé dans le trou. Si ça avait été le cas, je me serais cogné de nombreuses fois contre les murs de la caverne avant de m’écraser sur le sol. Les blessures auraient été fatales. Sans la nécessité de m’arrêter pour décrocher l’ascendeur de la corde, j’ai mis très peu de temps à me relever. Je pouvais voir des rayons de lumière au-dessus de moi, provenant de l’entrée de la grotte. Cela me disait exactement où j’étais.



J’ai rattrapé B sur le « rebord » du dessous, où notre point d’assurage était fixé. Je lui ai dit de continuer. Ça prendrait seulement quelques minutes, mais chaque seconde serait une torture, parce que je devrais attendre qu’il arrive en haut. Je regardais la corde que nous venions de suivre. Je m’attendais à voir une créature des entrailles de la terre monter et faire de moi son repas. La corde bougeait un peu, en rythme avec l’ascension de B, mais n’avait pas l’air d’être tendue. Tandis que j’attendais B, je restais là à surveiller la corde au cas où quelque chose de bizarre se produirait. Je ne savais pas si mon cœur pouvait supporter davantage de stress. Je ne pouvais pas être plus tendu. J’essayais de me détendre un peu pour être sûr de penser rationnellement, mais mon pauvre cerveau avait atteint une surcharge sensorielle. Lorsque B a atteint le haut de la dernière montée, je me suis préparé à accrocher mon ascendeur et à me sortir de cet endroit maudit. C’est alors que je me suis aperçu que la corde commençait à se tendre depuis l’arrière. Je pouvais sentir la tension sur la corde, mais c’était une tension continue, pas comme si quelqu’un était en train d’y grimper. Quoi qu’il en ait été, je voulais sortir le plus vite possible. Je me suis accroché et j’ai agrippé la corde. Je ne l’avais pas remarqué, mais B avait continué à avancer vers l’entrée. J’ai accompli les derniers pieds en vitesse. Je me suis simplement détaché et ai continué à avancer, laissant la corde derrière.



Au moment où je suis arrivé à l’entrée, et à la lumière du jour, B était presque arrivé à l’endroit où la corde était ancrée. Je voulais tellement sortir que j’ai presque commencé à escalader librement, sans être attaché par quoi que ce soit. Je pouvais voir que B était presque en haut, alors je me suis attaché et je l’ai suivi. J’ai failli ne pas réussir. À peine après le début de mon ascension, je me suis presque évanoui de fatigue. J’ai réussi à me reprendre suffisamment pour me tirer vers le haut pendant les derniers pieds. Tandis que je montais, je pouvais entendre la tension de la corde qui se manifestait par des bruits d’étirement. Je priais pour qu’elle ne casse pas tant que j’y étais attaché. À la seconde où j’ai atteint le sommet, je me suis détaché de l’ascendeur. Je pouvais voir B agenouillé à côté de l’arbre, alors j’ai boité vers lui et me suis effondré. Pour la première fois depuis que j’étais sorti de la Tombe de Floyd, nous pouvions nous voir. Nous nous sommes juste observés. Je savais que je n’avais pas bonne mine, mais je ne pensais pas que B était en aussi mauvaise forme. Il avait des coupures et des écorchures sur chaque surface exposée de son corps. Son visage était pâle, presque blanc. Sa bouche et ses yeux étaient grands ouverts. Il respirait lourdement. Il suffoquait presque. Le choc que nous avons partagé en voyant l’état de l’autre s’est évanoui quand nous avons entendu la corde autour de l’arbre se tendre et le nœud de B s’étirer. J’étais paralysé sur place. Subjugué par la peur. B avait l’air d’être obsédé par le nœud. Ensuite, en un seul mouvement, il a sorti un couteau de sa poche et a commencé à entamer la corde.



C’est incroyable comme l’état d’esprit d’une personne peut altérer la perception du temps. Je suis sûr que ça a pris seulement 4 ou 5 secondes de séparer la corde de l’arbre, mais ça a paru durer une heure. Lorsqu’elle a été coupée, le nœud est tombé au sol, tandis que le bout de la corde a filé entre les rochers et par-dessus le rebord de la falaise, sa vitesse la faisant bourdonner. Aussitôt que la corde fût coupée, B a laissé échapper un cri et s’est laissé tomber sur le dos. Voir la corde voler au-dessus de la falaise m’a rappelé les sentiments de la grotte. Je me suis relevé et ai marché vers le camion. J’ai remarqué que B était resté allongé, les yeux grands ouverts, fixant l’endroit où la corde avait disparu. Je l’ai appelé, ce qui a semblé briser sa transe. Il s’est relevé et a quitté
l’arbre en toute hâte, la grotte, le cauchemar. Aucun de nous n’a dit un mot pendant tout le trajet jusqu’à la maison.



Cela fait maintenant 4 jours depuis notre excursion. J’ai pris ces 4 jours et une douzaine de tentatives pour essayer de coucher cette expérience sur le papier. À chaque fois que je commençais à écrire, je me rappelais ces terribles sentiments et je ne pouvais plus écrire. Je me suis senti forcé de continuer, afin de documenter les évènements incroyables avec tous les détails encore frais dans mon esprit. Je peux toujours sentir la douleur. Toujours sentir la puanteur. Toujours vivre la terreur. Rien que le fait de taper mon journal a pris des heures. Je voudrais écrire davantage, mais ça devra attendre. Même maintenant, avec plusieurs jours entre moi et ces évènements, je ne peux me détendre. Je peux à peine me concentrer. C’est tout pour l’instant.

 


5/19/01



Cela fait trois semaines depuis notre dernière visite à la grotte. Je voudrais donner des nouvelles de ma condition, de mes plans pour la grotte, et des évènements des semaines passées. Je m’excuse de ne pas avoir répondu à vos appels téléphoniques. J’ai eu tous vos messages, je ne me suis juste pas senti de vous répondre. Steve et Marc, merci pour vos mots d’encouragements sur mon répondeur. Je sais que vous être très inquiets à propos de moi. Vous êtes des amis incroyables. Marc, je sais que tu t’es arrêté devant chez moi quelques fois, et je suis désolé de ne jamais avoir répondu à la porte. Mais ça m’a aidé de simplement savoir que tu es passé. Sœurette, je peux entendre l’inquiétude dans ta voix. Je vais bien. Ne te fais pas de soucis à propos de moi. Occupe-toi simplement de mes neveux et de mes nièces.



Je suppose qu’en mettant à jour ce site, tout le monde pourra savoir comment je vais d’un coup. Beaucoup de choses se sont produites pendant les trois dernières semaines, donc je vais essayer de faire de mon mieux pour le résumer. Je devrais commencer là où ma dernière entrée s’est arrêtée. Ça a pris plusieurs jours pour l’écrire. J’étais tellement choqué par l’expérience que je ne pouvais pas faire grand-chose d’autre que de rester assis et de penser à ce qui s’était passé. Actuellement, je suis en arrêt médical de longue durée. J’ai essayé d’aller travailler plusieurs jours après ces évènements, mais mon patron m’a renvoyé à la maison. Je ne pouvais pas me concentrer et j’avais une mine affreuse. J’ai même été voir le docteur, mais je ne pouvais pas lui parler de ces évènements, donc je lui ai juste dit que je subissais une forte pression. Il m’a recommandé le repos et m’a donné une ordonnance pour m’aider à me détendre. Mmmmmm ! Les bons médicaments !



Lorsque nous avons quitté la grotte, j’étais presque en état de choc. Je ne pouvais pas penser clairement et j’avais des difficultés à comprendre ce qui était arrivé. Je n’ai pas mangé beaucoup, pas plus que je n’ai beaucoup dormi. J’étais heureux d’avoir eu la présence d’esprit d’écrire mon expérience alors qu’elle était encore fraîche dans mon esprit. Pendant la relecture, j’ai trouvé que j’avais décrit précisément ce qui s’était produit dans la grotte ce jour-là. Je n’ai pas changé un mot. Même si ça a pris trois jours pour tout écrire, quand j’en ai eu fini, je me suis senti mieux. Je suppose que c’était comme une sorte de thérapie. Malheureusement ça n’a pas duré. En fait, les choses ont commencé à aller vraiment mal après.



B et moi nous sommes séparés après l’excursion et je ne l’ai pas revu avant-hier. Je n’ai pas essayé de le joindre, et il n’a pas essayé d’entendre parler de moi. Et ni moi ni lui n’avons essayé de contacter Joe. B m’a juste laissé tomber après le voyage et j’ai passé les jours suivants cloitré chez moi. J’ai essayé de manger, mais je n’avais pas d’appétit. Je ne pouvais pas dormir, mais je ne trouvais rien à faire qui puisse me faire penser à autre chose. C’est alors que j’ai déterminé qu’il fallait que j’écrive tout. Comme je l’ai dit, ça m’a aidé à penser un peu plus clairement, et je me suis senti un peu plus calme, mais ça n’a pas duré. Je suis allé au travail le lendemain mais ai été renvoyé à la maison. Le jour suivant, j’avais un sentiment écrasant d’anxiété au plus profond de mon âme. J’étais déprimé et confus, et je n’avais personne vers qui je voulais me tourner pour me réconforter. J’ai reçu tous les types possibles et imaginables d’appels, mais j’ai laissé le répondeur faire son travail. J’ai même changé le message d’accueil pour faire savoir à tout le monde que j’allais bien. J’ai continué dans cet état misérable, mangeant et dormant quand je pouvais, pendant une semaine entière. Ensuite les choses ont commencé à devenir bizarres.



Pour commencer, j’entendais des sons dans la maison qui n’avaient pas d’explication. Des pas. Des bruits de glissement. Des portes qui craquaient. Vous savez, typiquement comme dans les films d’horreur. Mais les sons étaient indistincts. C’était comme si je n’étais pas sûr de les avoir entendus. J’étais en train de manger ou de prendre ma douche, et je m’arrêtais, pensant avoir entendu quelque chose. Mais le son ne se répétait pas. En fait, si ça n’arrivait pas fréquemment, je ne serais pas sûr que c’étaient des sons. Dans tous les cas, j’avais peur. C’était comme si j’avais été pris dans une toile d’araignée la semaine dernière. De l’anxiété, des appréhensions, de la tension étaient mon pain quotidien. Ensuite, les hallucinations ont commencé.



J’ai commencé par voir les choses de la même manière que j’entendais les sons. Juste des ombres dans le coin de mon œil. Quand je me retournais, il n’y avait rien. J’ai dormi avec la lumière allumée au début, mais j’ai fini par ne plus éteindre aucune lampe du coucher du soleil jusqu’à l’aube. Quand j’ai commencé à voir ces choses régulièrement, j’ai acheté un revolver. Je l’ai eu grâce à une publicité dans un journal, donc je n’ai pas eu besoin d’attendre d’avoir un permis. Je suis allé voir le docteur mais je n’ai pas mentionné ces détails de ma vie. Je lui ai juste dit que je ne pouvais pas me détendre, et je suis ressorti avec une ordonnance. Heureusement, mes blessures étaient quasiment guéries à ce moment. Mon dos me faisait toujours mal, mais une ordonnance a pris ça en charge aussi. Lorsque je prenais mes médicaments, je me sentais bien, mais je ne voulais pas rester drogué le reste de ma vie, alors j’ai fini par ne plus en prendre que pendant les journées difficiles. Malheureusement, la gravité des hallucinations a augmenté, ce qui m’a fait avoir besoin de plus en plus de médicaments.



Les flashes dans les coins de l’œil ont continué, mais j’ai ensuite commencé à voir des formes et des ombres. C’était souvent dehors, par la fenêtre, la nuit. Je ne voyais toujours rien de concret, donc c’était dur de saisir précisément ce que je voyais. J’ai bientôt décidé de fermer tous mes rideaux et mes volets pour pouvoir éliminer les possibilités de voir quelque chose. Faire cela a aidé sur cet aspect, mais ma vie était toujours en désordre. Ma routine quotidienne était mécanique et vide. Je dormais aussi longtemps que je pouvais, souvent jusqu’à ne plus être fatigué. Ensuite je nettoyais et j’essayais de manger quelque chose. J’ai perdu beaucoup de poids, alors j’ai essayé de me mettre au boulot. Ensuite je faisais un peu d’exercice et je faisais surtout la sieste. Je suis sorti assez rarement pendant les deux dernières semaines. Le magasin, le docteur, l’armurerie. Je n’ai pas beaucoup regardé la télé parce que je ne pouvais pas me concentrer. J’ai passé beaucoup de temps sur internet. Je cherchais des informations sur les grottes et sur les mythes prenant place dans des grottes. La seule histoire que j’ai pu trouver était le folklore de spéléologue à propos du Hodag. Le Hodag est supposément une créature qui erre dans les grottes.



Deux semaines après notre excursion, et une semaine après que j’aie commencé à entendre des bruits, j’ai commencé à faire des cauchemars. Des cauchemars extrêmement lucides. Sans thème spécifique ou évènement récurrent. Juste terrifiants. Parfois j’étais chez moi et quelqu’un essayait de m’attraper. Mais je ne pouvais pas courir car je n’avais pas de jambes. D’autres fois j’étais dans une cuve et quelqu’un répandait un liquide semblable à du sirop sur moi, remplissant la cuve. Je me réveillais en panique. Je restais éveillé jusqu’à ce que la fatigue me force à retourner au pays des rêves. Une routine brutale. Cela a continué pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que ça atteigne un point culminant au bout de six jours (hier). Mes rêves avaient l’air si réels que j’avais du mal à dire si je dormais ou non. J’étais exténué, vidé de mon énergie. J’allais de mon salon à ma chambre tôt en soirée lorsque j’ai regardé dans le hall et j’ai vu une silhouette sombre au bout. J’ai pensé que c’était un voleur alors j’ai commencé à reculer doucement. Ça ne bougeait pas. Pendant que je reculais, les lumières s’éteignaient et se rallumaient. Tous mes muscles étaient tendus. Je me suis arrêté pour observer la silhouette. Et à ce moment le téléphone a sonné ! Ça m’a tellement fait sursauter que je suis tombé sur une chaise. Quand je me suis relevé, je me suis tourné vers le hall et il n’y avait rien ! J’ai attrapé mes clés et ai quitté la maison. Je me sentais forcé d’aller dans ma voiture et de conduire. Mon pouls battait dans mes veines quand je suis entré et que j’ai mis le contact. Je voulais conduire jusqu’à une hauteur pour voir les lumières de la ville. Je ne savais pas pourquoi je voulais aller là-bas, mais je savais que je DEVAIS y aller. Plus je m’approchais, plus le sentiment que c’était urgent grandissait. Quand j’y suis arrivé, j’ai vu quelque chose qui au début m’a fait sursauter, mais ensuite qui m’a permis de me détendre plus que je ne l’avais été depuis bien longtemps. Joe était là ! Il était en dehors de sa voiture, et admirait les lumières. Nous nous sommes regardés. Je pouvais voir à son visage fatigué qu’il avait vécu la même expérience misérable que moi. Il pouvait voir à mon visage que j’avais partagé son calvaire. Notre conversation a été incroyablement brève. « Vous y êtes retournés ? » a-t-il demandé, connaissant déjà la réponse. « Oui. » « On doit y retourner. » « Demain, ça te va ? » j’ai demandé. « Ouais, à midi. » Il est entré dans sa voiture et moi dans la mienne. Je n’avais même pas voulu lui parler de son expérience. Bien sûr il n’avait rien voulu savoir de la mienne. J’ai conduit jusqu’à la maison de B.



Quand il a répondu à la porte, je pensais que B aurait l’air d’aller bien, qu’il serait joyeux ou quelque chose du genre. Un regard sur moi et son attitude a changé. Notre conversation a aussi été succincte. « Je suis tombé sur Joe, et nous y retournons demain à midi. » B avait l’air terriblement sérieux. Il a juste acquiescé. Je lui ai demandé si je pouvais passer la nuit chez lui. Il m’a fait entrer chez lui d’un air enthousiaste. Je ne l’ai remarqué que plus tard, mais toutes les lumières étaient allumées chez lui. Il m’a mené à sa chambre d’ami. « Fais comme chez toi. » « Merci. » Je me suis lavé dans la salle de bain, ai pris quelques médicaments, et ai eu la première vraie nuit de sommeil depuis longtemps. Je me suis réveillé tôt le matin et suis rentré chez moi pour me préparer au voyage. J’ai pensé faire cette mise à jour afin que personne ne se demande ce qui m’arrive. Je pense que quand la plupart d’entre vous liront ceci, je serai à la maison et aurai une histoire géniale à raconter. Je vous promets que si vous n’avez pas eu de nouvelles de moi récemment, vous en aurez de nouveau dans peu de temps. Il est maintenant 10 heures du matin, le samedi 19. Nous allons partir pour la grotte dans deux heures.



Se préparer pour ce voyage va être comme cela n’a jamais été pour les autres excursions que j’ai fait. Pour la première fois dans ma vie, je vais avoir un revolver dans une grotte. Je vais aussi avoir un couteau, un kit de premier secours, beaucoup de nourriture et d’eau, et une caméra. Je vais prendre beaucoup de sources de lumière, et un bloc de papier avec un stylo. Je vais devoir prendre toutes mes cordes d’escalade, vu que B a perdu la sienne dans la grotte. Je vais porter une bonne longueur de corde avec moi de l’autre côté de la Tombe de Floyd. (C’est la première fois que j’entends parler de la Tombe de Floyd depuis trois semaines. Rien que de l’écrire, des frissons parcourent mon échine.)



Il y a tellement de choses que je veux accomplir aujourd’hui. Tellement de réponses que j’espère trouver dans un petit passage dissimulé à la vue. En repensant aux évènements qui ont mené à aujourd’hui, je me sens un peu étourdi. Est-ce que tout cela n’était qu’un mauvais rêve ? Malheureusement je suis bien réveillé, et en tout cas, dans quelques heures je vais faire face à mon cauchemar. La pensée d’avoir quelqu’un avec moi dans le passage ne soulage absolument pas la peur que je ressens. Je glousse presque en réfléchissant à une notion enfantine que nous allons devoir considérer : qui va décider à quel moment il faudra partir ? La principale des questions qui restent dans mon esprit est : qu’en est-il de la caméra que j’ai laissée derrière moi ? Elle est supposée pouvoir filmer dans l’obscurité la plus totale. Je l’ai laissé tourner, donc qu’est-ce qu’on va bien pouvoir trouver sur la bande?... Des questions plus sombres la suivent – et si la caméra avait disparu ? Si elle était détruite ?



Même s’il est difficile de mettre un nom sur ma motivation, je pense que « conclusion » correspond plutôt bien. J’ai besoin de découvrir certaines choses à propos de cette caverne. La principale, croyez-le ou non, c’est de trouver sa fin. Avec toutes les choses étranges que j’ai observées pendant les semaines passées, ce genre de but premier peut sembler banal, mais c’est vraiment ce que je veux. Pour être sûr, je vais chercher d’autres bribes de connaissance sur le chemin. Si je trouve une fin au passage principal, et au passage caché par la pierre, je me contenterai de ne jamais retourner dans cette grotte. Jamais !



Ramper dans un passage menant droit dans les ténèbres me paraît être quelque chose de peu naturel. Tout comme ramper sur le bord d’une falaise pour s’amuser. Ou sauter d’un avion en bon état et atterrir sur le sol. Nous faisons ces choses pour satisfaire notre soif d’aventure. Ce désir subconscient de conquérir notre petit mont Everest. Comme B a l’habitude de le dire, « la spéléologie est la dernière opportunité d’exploration pour les personnes avec des moyens modestes. » C’est vrai. Il suffit de conduire pendant quelques minutes n’importe où dans le pays pour trouver une grotte qui n’attend que d’être explorée. Même une très connue du public peut être approchée par quelqu’un pour la première fois comme une aventure, quelque chose de nouveau, quelque chose à surmonter. Parce que c’est là.



Beaucoup d’entre vous ne sont pas d’accord avec ma décision de continuer l’exploration de cette grotte. Je le sais des messages que j’ai reçus. J’ai peur de ne pas avoir le choix. Si je veux retrouver un sommeil réparateur, je dois y retourner. Si je veux pouvoir de nouveau me balader dans ma propre maison en paix, je dois y retourner. Si je veux de nouveau quitter le monde du dessous pour entrer dans le monde souterrain d’une grotte, je dois y retourner maintenant. Je n’ai plus l’impression d’avoir le choix. Je DOIS y retourner.



Pour ma famille et mes amis qui lisent ce que je dis, soyez en paix. Je vais conquérir cette grotte. Ensuite je reviendrai et je mettrai ce site à jour immédiatement. Je vais inclure toutes les photos que nous prendrons dans la cave aujourd’hui, et si vous passez par la maison, je vous montrerai les vidéos que j’aurai. Je pense être à la maison tard ce soir, ou au plus tard demain.



Je vous revois bientôt, avec beaucoup de réponses ! Bien à vous, Ted.











Le journal de Ted s'arrête là.

De mes yeux d'anglophobe, cette traduction, même menée en binôme, me semble être un travail de titan. Je le dis donc à la suite des autres: bravo et merci, Magnosa et Jiszero, de nous l'avoir offert.

Ah, et il faut aussi mentionner Nigiel qui a eu la pertinence de suggérer ce texte à la traduction.

mercredi 19 février 2014

Ted the caver - Partie 8: 14/04/2001

Ted the caver dispute à BEN le titre de plus longue creepypasta de l'histoire, et possède comme elle son propre site internet. Magnosa et Jiszero planchent ensemble sur la traduction de cette œuvre majeure qui vous sera publiée en feuilleton au rythme où les articles originaux seront traduits. 

Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4  
Partie 5
Partie 7
Partie 9

L'article qui suit a été traduit par Jiszero. Bonne lecture!


 
C'est la dernière photo avant d'entrer dans la grande salle. A la fin du passage, on peut voir la pierre ronde dont j’avais parlé, partiellement cachée dans l'ombre.

 
 Voici la même image avec la roche ronde indiquée. Vous ne pouvez pas vraiment dire ce que vous voyez avec ces photos mais ce sont les seules que j'ai eu de la roche ronde.

Seulement quelques jours se sont écoulés avant que B ne trouve quelqu'un qui veuille explorer le passage avec nous. B m'a dit qu'il avait parlé à quelques autres personnes qui ne pouvaient pas le faire en raison de problèmes d’horaire. Il a dit qu'ils l’avaient vraiment harcelé pour obtenir des informations sur la grotte et sur ​​le passage. Il ne voulait pas leur dire comment était la grotte avant que nous l’ayons suffisamment explorée et que nous la montrions au public. Même le gars qui a finit par venir avec nous ne savait pas comment était la grotte avant que nous y soyons. Et il a promis de garder le secret de l’existence de la grotte et qu’il ne révélerait son emplacement à personne. Je ne donnerai pas son vrai nom alors je vais juste l’appeler « Joe ». Joe, B et moi vinrent tôt le matin pour nous assurer que nous pourrions passer tout le temps que nous voudrions dans le passage. Quand nous sommes arrivés dans la grotte, nous avons pu monter et descendre assez rapidement. Ca aide quand vous n'avez pas à transporter des kilos de matériel dans la grotte. Joe a été impressionné par notre travail. Même B et j'ai pris une minute pour nous féliciter pour tout le travail acharné que nous avions fait. Et pour le fait que nous avions réussi à passer au travers !


Joe est un spéléologue plutôt mince qui a beaucoup d'expérience dans des grottes. Il a dit que le passage était très serré mais ça n’avait pas l’air de le déranger. Je savais que physiquement il serait en mesure de le faire puisque que je suis plus grand que lui et que je l'ai fait. Il était tout aussi excité que nous de passer à travers et de commencer à faire de la spéléologie. Peut-être même plus. Il fit une rapide investigation et fut pressé d’entendre le plan d’attaque. J'ai pensé qu’il devrait passer le premier car il était prêt, puis je le suivrais. B nous passerait notre équipement à travers et nous attendrait à l'extérieur du passage. B nous donnait deux heures pour revenir. C'était gentil de la part de B de descendre dans la grotte et de faire la baby-sitter. Ca devient vite ennuyeux de rester assis dans une grotte. Avec ce plan établi, nous étions prêts à commencer.


Il était peut-être irresponsable de notre part de ne pas avoir raconté à Joe les événements inexpliqués survenus dans la grotte après l’avoir traversée. Mais qu'est-ce qu’on aurait pu lui dire ? Combien de choses bizarres avions-nous besoin de lui révéler ? Nous n'avions pas l'impression d’être  en danger, sinon nous ne serions pas allés dans la grotte. Nous ne lui avons donc rien dit avant d’entrer dans la tombe de Floyd. Bien sûr, lorsque nous lui avons dit par la suite, il était trop tard.


Je ne pouvais pas croire à quel point Joe avait glissé facilement à travers le passage. Il a dit qu'il était serré, mais il ne l’avait pas l’air du tout. Une fois que nous lui avons passé son équipement, j’ai commencé à passer. Même si je savais que je pouvais passer à travers, le voyage à travers la tombe fut plutôt lent. Vous ne pouvez pas aller vite en glissant avec vos orteils. Quand je suis arrivé dans la partie difficile du passage, Joe a pris une photo de moi. Je pensais que ce serait une bonne photo. Une fois que je suis passé, B a commencé à relayer mes outils à moi. Puis ce fut la catastrophe. J'étais allé au fond et me suis retourné pour récupérer mon matériel. J'ai dû m’agenouiller et m'accroupir encore plus vers le bas. Je venais de retirer mon casque (ironiquement) et la lumière me servait à voir la corde de B, quand je me suis  frappé la tête sur le haut du passage. Un crâne humain contre de la roche solide. La roche a gagné. J'ai dit à B ce qui s'était passé et il m’a donc envoyé ma trousse de premiers soins à travers le trou. Je saignais, mais pire encore, je ne me sentais pas trop bien. Je me suis soigné puis ai dit à Joe que je pensais que je ferais mieux de ne pas continuer. Il ressemblait à un petit enfant à qui on aurait dit que Noël était annulé. Bien que je n'aimais pas l'idée qu'il explore la grotte sans moi (pour des raisons égoïstes, bien sûr), je voulais qu’il voie une autre partie de la grotte pour faire le voyage là-bas plus tard.


Je lui ai dit jusqu'où aller et combien de temps cela prendrait, puis je l’ai laissé y aller. A l’endroit ou j’étais, je pouvais l’entendre ramper dans l'obscurité. Sa lumière a disparu après le premier virage. Je me suis reposé une minute ou deux, puis j’ai commencé mon voyage de retour à travers le passage. Il était décevant d’avoir fait tout le chemin jusqu’à la grotte et puis de ne pas être en mesure d'explorer sa fin. En fait, ça me tuait ! Après avoir traversé la tombe de Floyd (c’était plutôt douloureux) je me suis assis et croquai une barre de Clif tandis que je parlais avec B. Je lui ai dit que je paierais une chambre de motel pour y passer la nuit. Ensuite, nous verrions comment je serais le lendemain et je pourrais réessayer de passer. Je me sentais idiot de m’être frappé la tête contre le mur de la grotte. B m’a dit qu'il était prêt à me donner une autre chance demain. Il était tout aussi soucieux de découvrir le reste de la grotte. Par rapport au temps que voulait mettre Joe pour se reposer, nous avons décidé quelles choses nous allions laisser à la grotte pour le lendemain. Une fois cela réglé, nous nous sommes assis en arrière et avons profités de l’obscurité. Nous ne pouvions entendre aucun son en provenance du passage. Le silence m'a rappelé le bruit de grattage que j'avais entendu la dernière fois que nous étions là. J'en ai parlé avec B. Comme je n'avais pas complètement exploré la grotte, je ne pouvais pas offrir d’explication sur l’origine de ce bruit. Ou le changement de la force du vent. Ou le grondement. Ou ce terrible cri que nous avions entendu. Soudain, nous nous sommes tout les deux dit que nous n’aurions pas dû laisser « Joe » seul dans la grotte.


B est allé devant le trou et a crié dedans. « Joe ». Pas de réponse. Pas étonnant. Vous ne pouvez pas entendre d’aussi loin quand vous êtes dans une grotte. Nous attendions nerveusement une réponse ou des sons (des sons typiques de Joe). Le délai de vingt minutes nous nous étions fixés était passé. Vingt-cinq minutes sont passées. Je n'avais vraiment pas envie de remonter par le passage. Ma tête me faisait encore mal et le trou semblait plus serré que jamais. Pourtant, je savais que j'allais devoir vérifier si Joe était en sécurité. Quand je m’apprêtais à retourner dedans, j'ai vu une lumière dans le passage. « Joe ? », J’ai appelé. Rien. « Joe ! ». Toujours pas de réponse. La lumière était forte et je pouvais entendre le bruit de quelqu'un ramper à travers la roche brisée qui bordait le passage. « Ca va Joe ? ». «Non», fut sa faible réponse. Quand il est arrivé de l'autre côté de la tombe, il a dit qu'il ne se sentait pas bien. Il a rapidement pris son équipement et l'a mis dans le sac afin que nous puissions le tirer à travers. Quand j’ai tiré le sac à travers le passage, il a commencé à grimper à travers la tombe. Nous n'avons même pas eu l'occasion de l'interroger sur ce qu'il avait vu pendant qu'il revenait. Il se glissa rapidement dans la compression et le trou et nous avons enfin pu le voir. Il avait l'air horrible. Son visage était pâle et il était à bout de souffle. La poussière qui recouvre le plancher de la compression avait laissé sa marque sur son visage et ses vêtements. Il avait de nombreuses petites coupures et égratignures sur le visage et les bras. Elles venaient probablement de son rapide passage au travers du trou. Ses yeux étaient grands ouverts.


Nous avons seulement eu un bref moment pour analyser ce changement radical d’humeur de Joe avant de commencer à sortir de la caverne, sans dire un mot. Alors que Joe et B ont commencé à rejoindre la surface, j'ai pris une minute pour rassembler notre équipement. Puis je me suis arrêté pour écouter dans le passage. Je n'ai rien entendu. ET JE N’AI RIEN SENTI ! Le vent avait cessé ! Une partie de moi voulait sortir de la grotte aussi vite que possible. Mais une autre partie de moi voulait passer immédiatement à travers le passage pour savoir ce qu’il se passait dans cette grotte. Cependant nous n’avions pas le temps. Je me sentais toujours un peu étourdi par ma blessure. A ce moment, j'ai remarqué que B et Joe étaient déjà partis et m’avaient laissé seul. Des frissons parcouraient mon corps et je me suis mis à les rattraper.


Une fois que nous sommes sortis de la grotte j'ai pensé que nous pourrions demander à Joe ce qu’il s’était passé. Mais quand il s'est levé après la montée finale, il s’est contenté de détacher  la corde et est allé directement au camion. Dans la lumière du jour, il avait l'air encore pire que dans la grotte. B et moi avons réunis la corde et notre équipement et nous sommes dirigés vers le camion. Joe a dit qu'il ne voulait pas passer la nuit au motel parce qu'il se sentait très mal (et nous le croyons), donc nous sommes rentrés à la maison. Nous n’avons pas pu obtenir plus d'informations de la part de Joe. Il regardait droit devant lui. Il tremblait comme une feuille et nous disait qu'il ne faisait pas froid. Lorsque nous avons essayé de lui poser des questions, ses réponses étaient courtes. Je lui ai demandé s'il avait vu les hiéroglyphes. « Non ». A-t-il entendu des hurlements ? « Non ». A-t-il vu le rocher rond ? « Non ». A-t-il vu les cristaux ? « Non ». Il a dit qu'il avait fait un peu de chemin et qu’il a commencé à se sentir malade. Quelque chose était louche dans ses réponses. Il aurait dû avoir vu les cristaux si il était allé assez loin dans la grotte, puisqu'il ne pouvait même pas nous entendre crier. Mais pourquoi n’en disait-il pas davantage?


Le reste du voyage s’est passé dans un silence mystérieux. Joe n'a pas dit grand-chose. Nous lui avons fait un briefing des évènements dont nous avions pu être témoins dans la grotte. Il ne répondait pas. Au moment de le laisser, nous lui avons demandé s’il voulait retourner dans la grotte. Il secoua la tête et courut dans sa maison. J'ai essayé de l'appeler plus tard dans la journée et le lendemain mais je suis toujours tombé sur son répondeur.






Le dénouement est proche, m'est avis.

mardi 18 février 2014

La clé du concierge (The janitor's key)




Un jour, un garçon eut ce qu’il pensa être une idée de génie. Il avait trouvé le moyen de passer la nuit dans son école. Rien que l’idée de comment cela pouvait se passer le faisait frémir. Il n’avait aucune idée de combien il avait raison.


Le problème principal était d’avoir la clé. Il ne pouvait pas juste se cacher dans les coins toute la nuit, il voulait explorer. Il voulait également localiser les meilleurs endroits dans l’école pour des activités comprenant n’importe quelle fille intéressée. Il se voyait déjà comme le roi du château de briques où il passait la majeure partie de son temps. Mais il lui fallait cette clé.
Les seules personnes qu’il soupçonnait de posséder une clé dans l’école toute entière étaient les concierges. Ils gardaient les clés sur eux, et avaient un jeu de secours dans la salle de repos. Il y alla durant  l’heure du midi, quand les concierges étaient à la cafétéria. Il entra dans la petite pièce et prit les clés, il aviserait de leur utilité plus tard. Pendant qu’il marchait vers la sortie de la pièce, étonné que son plan ait marché, il se cogna droit dans un des concierges.


« Que fais-tu ici ? » interrogea le balayeur. Le garçon cogita pendant quelques secondes et décida en dernier recours de dire la vérité. Le concierge inspirait la confiance, et après son récit, il rigola et dit : « Tu sais, je voulais faire la même chose quand j’étais jeune. Le fait d’avoir toute la place pour moi, c'était une envie enivrante. J'ai fait l'erreur d'aller chercher en haut comme toi, pensant que je pourrais obtenir les clés ici. Je me suis fait prendre, et le vieil homme m'a expulsé, à défaut d’un meilleur mot. » Ensuite, il retira une clé de l’anneau et la tendit au garçon. C’était une clé étrange: on ne pouvait pas exactement dire sa couleur, elle semblait changer sans cesse, même quand on la tenait fermement. « Elle ouvrira n’importe quelle porte de l’école pour toi. Profite bien, mon garçon. »


L’enfant ne pouvait pas croire ce qui lui arrivait. Il courut dès que le concierge eut fini de parler. Il se dit que quelque chose de bizarre émanait du concierge, mais rien de bien étonnant. Ce type avait passé sa vie à nettoyer après des ados, après tout.


Cette nuit, notre garçon sortit du coin où il était caché. Il avait dit à ses parents qu’il dormait chez un ami, et avait pris soin de promettre à l’un d’entre eux un tour dans l’école s’il le couvrait. Il courut dans l’école, regarda ce que les profs gardaient dans leurs casiers, joua avec les produits chimiques du labo de physique, s’amusa en gros. Il n’eut aucun problème à ouvrir toutes les portes, casiers, et même pupitres. Il devait utiliser une lampe de poche à la place d’allumer les lumières, mais cela rendait la chose plus amusante.
Lorsqu’il était autour de trois heures du matin, il décida de dormir dans la salle du concierge. Il régla son réveil afin d’échapper parfaitement à toute personne et se promit de ne plus jamais recommencer si quelqu’un l’attrapait. Il choisit cet endroit car si le concierge l’attrapait, il aurait moins de problèmes qu’avec une autre personne.


Il se réveilla tôt. Il entendit soudain des pas, sans pouvoir dire d’où ils venaient. Une odeur émanait du couloir, mais le garçon n’arrivait pas à l’identifier malgré le fait qu’elle lui semblait familière. Il alluma sa lampe de poche, la pointa autour de lui et vit une silhouette sombre. Il cria et fit tomber sa lampe de poche, qui se cassa. Il la ramassa et se prépara pour aller affronter l’inconnu, mais se rendit compte que c’était simplement son manteau qu’il avait accroché dans un coin.


« Imbécile », se dit-il à lui-même. Maintenant que la lampe était cassée, il se rendit compte qu’il faisait plus clair. Déjà le matin ? Un coup d’œil à la pendule lui fit voir qu’il restait une heure avant le lever du soleil. Qu’est-ce qui brillait alors ? Il sortit du bureau jusqu'à ce qu'il soit en terrain connu. Il mit ses mains contre les murs, marchant maintenant avec assez de confiance. Il faisait de plus en plus clair.


Soudain ça lui revint. Si la silhouette dans le coin était son manteau, d’où venaient les pas ? Il se stoppa et se retourna. Il vit une ombre derrière lui. Elle portait son manteau. Même s’il ne voyait pas son visage, il vit qu’elle souriait. Il courut comme jamais, tourna et descendit les escaliers. Curieux d’ailleurs, il croyait être au premier étage et ne se souvenait pas qu’il y avait des escaliers ici. C’était trop tard pour reculer. Lors de sa descente, il faisait plus clair et la faible odeur devenait plus forte. Quand il  remarqua la lumière vacillante comme un feu, il reconnut l'odeur. Du soufre. Il regarda autour de lui et vit les murs. Ils ressemblaient aux parois d'une grotte, des runes bizarres les recouvrant. Il vit la fin des escaliers, et une silhouette en bas qui l’attendait.
Le concierge le regarda, souria et rigola.


Traduction: Teru-Sama

Creepypasta (?) originale ici.

lundi 17 février 2014

Ted the caver - Partie 7: 7/04/2001

Ted the caver dispute à BEN le titre de plus longue creepypasta de l'histoire, et possède comme elle son propre site internet. Magnosa et Jiszero planchent ensemble sur la traduction de cette œuvre majeure qui vous sera publiée en feuilleton au rythme où les articles originaux seront traduits. 

Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4  
Partie 5
Partie 6
Partie 8
Partie 9

L'article ci-dessous a été traduit par Magnosa. Bonne lecture...


7 Avril 2001


Avant de retourner à la Grotte Mystérieuse, nous avons passé beaucoup de temps à nous préparer. Nous avons fabriqué une étroiture en boîte, c’est une grande boîte en bois dont on peut régler la hauteur de l’ouverture. Nous avons ainsi pu ramper à travers et mesurer l’étroitesse maximale dans laquelle nous pouvions nous faufiler. Grâce à cela, nous avons pu déterminer que j’avais besoin d’à peu près 8 pouces de haut pour passer par la partie la plus petite de la Tombe de Floyd. Cela voulait dire qu’il nous faudrait creuser environ un pouce dans le sol du passage. Nous avons aussi appris que la meilleure position que je pouvais prendre pour passer à travers était sur le ventre, avec les deux bras sur les côtés. Et bien sûr, la tête tournée dans un sens ou dans l’autre. Cette position permettait à mes épaules d’atteindre leur point le plus bas. Afin de bouger, il me faudrait appuyer en avant ou en arrière avec mes orteils. Ça avait l’air difficile, mais suffisant. Nous avons pu constater plus tard que ça marchait.

La deuxième chose que nous avions à préparer était la construction des outils que nous avions inventés pour travailler dans la grotte. J’ai réussi à trouver un moyen futé de creuser dans le passage sans avoir à grimper dedans. J’ai demandé à mon voisin de souder ensemble plusieurs longueurs de tubes d’acier  de manière à pouvoir les démonter lorsqu’on descendrait dans la grotte, mais à rester suffisamment robustes pour résister à un coup de marteau une fois assemblés. Nous avons fait nos propres extrémités que nous pouvions visser dans nos tuyaux pour atteindre la zone sur laquelle nous devions travailler. B a eu l’idée géniale de concevoir un grattoir en utilisant une cornière. Il l’a fait souder par son voisin. Ça a très vite fait ses preuves en tant qu’outil irremplaçable pour gratter et retirer la pierre. Nous étions tous les deux fiers de nos inventions ! J’ai aussi fait un appareil pour tenir ma perceuse attachée à notre tuyau. Mais finalement, nous ne nous en sommes pas servi, vu l’efficacité du grattoir de B.


  Voici une photo de B, éditée pour protéger son identité, avec le tuyau qu’il a construit. J’ai pris l’image dos à la Tombe. Il est assis sur le sac de cordes qu’on utilise comme lit. Derrière lui à gauche se trouve le passage qui mène à l’eau dormante. À l’opposé se trouve la dernière descente avant le passage. On peut distinguer une des sangles orange que nous utilisons pour monter ou descendre.

Je me suis juré quelque chose. J’en ai fait le serment. Je ne quitterai pas la grotte tant que je n’aurai pas réussi à traverser le passage, à conquérir la Tombe de Floyd. Aujourd’hui, ça DEVAIT être la bonne. Cela faisait un moment que nous n’étions pas revenus à la Grotte Mystérieuse. On avait été occupé, cela dit. On a fabriqué les outils dont on a parlé. C’était amusant d’essayer de les imaginer. On a par exemple fait une étroiture en boîte pour déterminer la meilleure technique pour passer les endroits les plus serrés. En plus de cela, on a su combien de pierre il fallait enlever avant de pouvoir passer.

Nous étions surexcités d’enfin revenir à la grotte pour terminer notre projet. Notre descente jusqu’au passage a pris un peu plus de temps que d’habitude vu qu’on était un peu plus chargé que d’habitude. Une fois arrivés, on a tout de suite commencé à travailler avec le grattoir de B et le tuyau que j’avais confectionné. Ça marchait à merveille ! On donnait un coup de marteau sur un bout et le grattoir de l’autre côté creusait dans la pierre. Ensuite on pouvait pousser les débris du passage et hors de notre chemin. Quand on voulait mesurer les progrès, on tournait le grattoir sur le côté pour observer le déblaiement.

On a travaillé environ deux heures avant que je ne veuille essayer la Tombe. Je voulais juste être sûr de réussir à traverser du premier coup. B a fait glisser son outil sur le sol du passage pour enlever tous les cailloux restants, et pousser le mur que nous avions fait jusqu’à l’arrière de l’étroiture. Je me suis préparé en fabriquant des « bretelles » avec du ruban adhésif pour éviter à ma chemise de bouger de droite et de gauche pendant que je me glisserais à travers la roche. J’y suis allé avec une lampe dans ma main, même si elle se trouverait sur le côté. Je savais que j’en aurais besoin une fois que je serais passé. Comme pour prouver ma foi dans ma réussite, je n’ai pas accroché de corde à mes pieds. J’étais certain que ça allait marcher. Finalement, j’ai commencé mon essai.

Bien que je ne l’aie pas mentionné dans mon journal, nous avons remarqué que le souffle était de nouveau là, et le grondement présent.

Comme nous n’avions pas davantage travaillé sur l’entrée, j’ai du reproduire la même danse que la dernière fois pour pouvoir entrer. Une fois le haut de mon corps à l’intérieur, j’ai allumé la lampe devant moi pour préparer mon plan d’attaque. Le passage n’avait pas l’air plus grand que lors de mon dernier passage, mais la plupart de nos efforts avaient été concentrés plus loin. J’ai fait une pause de quelques minutes, puis j’ai tordu mes hanches pour entrer complètement. J’ai lentement avancé tandis que mon corps remplissait le passage. Avant d’être complètement dedans, je me suis mis en position pour pousser. J’ai fait passer mes bras sur le côté et j’ai tourné la tête à droite. Ensuite j’ai commencé à grignoter du terrain. Quand mes orteils ont été à l’intérieur, je les ai utilisés pour pousser. Pour éviter de m’écorcher, j’ai « marché » en me servant de mes épaules, de mes genoux et de mes orteils. La progression était lente mais sûre. Ça ne me posait pas de problème. Un pied ou deux avant le resserrement, je pouvais déjà voir qu’il y avait un peu plus de place. Même comme ça j’ai commencé à toucher le plafond de l’étroiture avec mon dos. Cette fois, par contre, j’ai réussi à continuer mon avancée. J’ai atteint le point le plus bas du passage et j’ai vu que ça allait quand même être délicat. Même avec les efforts que nous avions fournis pour déblayer le passage, je pouvais sentir de petits cailloux tranchants rouler sous mon buste tandis que je me glissais toujours plus loin.

Lorsque j’ai pu sentir mon arrière-train brosser le haut du passage en plusieurs endroits, j’ai repris ma technique de l’expiration. Avant de commencer, j’ai toutefois pris quelques minutes pour me reposer dans le passage. Je pouvais deviner la lueur de la lampe de B, comme les rayons arrivaient à se glisser sur le côté de mon corps. Je pouvais sentir une centaines de pierres pointues qui creusaient la surface de ma peau. J’ai senti une pointe d’excitation en réalisant que le but que nous nous étions fixé quelques semaines plus tôt était sur le point d’être atteint. Cette seule pensée m’a donné envie de continuer à avancer, peu importe à quel point l’étroiture pouvait se resserrer. J’ai respiré rapidement pendant quelques instants, et ai enfin commencé.

Expirer.

Glisser.

Arrêter pour reprendre mon souffle.

Recommencer.

Après à peine quelques pouces, j’ai pu décoller la tête du sol et voir que l’étroiture commençait à s’élargir ! J’ai fait passer ces informations à B et nous avons tous les deux pris quelques secondes pour fêter ça ! Pendant le reste de mon rampement, B n’a pas arrêté de m’acclamer. « Passage vierge ! » et « Territoire Neil Armstrong ! » étaient les phrases qu’il ne cessait de répéter. Mon sourire s’étendait jusqu’à mes oreilles.

Même si le passage commençait à s’élargir, j’allais toujours lentement. Je devais continuer à ramper pendant un pied et demi avant de pouvoir glisser mes bras sous moi pour pouvoir m’en servir. À ce moment, j’ai senti que mon voyage touchait à sa fin. J’arrivais à peu près à m’asseoir et à bouger le « mur » que nous avions érigé il y a un certain temps. Ces pierres servaient de piqûre de rappel quant au fait qu’un peu de vigilance n’était pas de trop.

J’ai crié à B que j’étais de l’autre côté ! Nous avons tous les deux pris un moment pour nous féliciter de notre succès. B n’arriverait probablement jamais à se glisser dans l’étroiture et voir ce que je voyais, je lui ai donc donné une description de ce à quoi la grotte ressemblait. À ce moment, je n’avais que ma lampe mini-mag, donc je ne pouvais pas voir très loin. J’étais incapable de faire autre chose que de rester assis, à cause de la taille du passage. Toutes les pierres que nous avions poussées de la Tombe de Floyd étaient autour de moi. Il n’y avait aucun signe de passage humain. Je devais attendre que B me passe ma lampe frontale pour obtenir un meilleur aperçu de la caverne.

B a utilisé le tuyau que nous avions fabriqué pour me passer le bout d’une corde. J’ai alors pu tirer tout mon équipement à travers l’étroiture. La première chose qu’il m’a envoyée était mon casque avec sa lumière. Après l’avoir allumée, j’ai enfin pu admirer la nouvelle section de la grotte. LA NÔTRE ! C’était une expérience excitante que de voir le résultat d’heures de travail acharné au cours de nombreuses semaines. À ce moment nous ne savions toujours pas ce que la grotte avait à offrir. La seule chose que je pouvais voir était le passage suivant immédiatement l’étroiture. Il était assez étroit, avec un plafond bas. Je pourrais facilement passer à travers, mais je devrais ramper. J’ai commencé à prendre des photos pour montrer à B.


 La première section du nouveau passage. J’étais presque étendu par terre, à cause de la taille de l’étroiture. Mes pieds sont étendus devant moi, comme vous pouvez le voir. Remarquez la pierre brisée sur le sol de la grotte. Le passage a l’air d’être un cul-de-sac, mais il tourne doucement vers la droite au bout.

J’ai demandé à B jusqu’où il pensait que je devais m’aventurer dans la nouvelle caverne, suite aux étranges évènements dont nous avions été témoins. Pour la première fois, son enthousiasme aussi a chuté, comme il s’est remémoré les étranges bruits. Il a glissé le tuyau à travers la Tombe avec une pointe desserrée au bout. Il a dit que je pourrais m’en servir comme d’une arme si je tombais sur un animal ou… ? Il m’a aussi dit de m’assurer que l’on pouvait s’entendre pendant ma progression.

Même si nous pensions aux possibilités d’avoir des problèmes, nous n’avons jamais pris en compte le fait que s’il m’arrivait quelque chose, B serait incapable de me secourir, et en fait personne ne pourrait me rejoindre avant de nombreuses heures. Si j’avais de graves problèmes, si j’étais blessé par exemple, il était impossible que quelqu’un puisse me sortir de là à temps. Mais, comme toujours depuis le début de notre expérience, nous étions focalisés sur notre but, et pas sur les dangers potentiels auxquels nous faisions face. Nous avions si longtemps contourné la question. Si longtemps…

J’ai sanglé mes gants et mes genouillères, attrapé mon appareil et commencé mon aventure. J’ai rampé dans le passage de l’image précédente qui faisait environ 20 pieds de long. Tout au bout, la grotte tourne doucement vers la droite. J’ai du escalader une légère pente, mais ensuite j’ai enfin pu me redresser vers l’extrémité de cette section de la grotte. La suivante faisait environ 40 pieds de long. En plus d’avoir un plafond plus haut, les murs étaient un peu plus espacés qu’auparavant. Les deux sections étaient relativement droites. Le sol était couvert de pierres qui craquaient quand je rampais, et ensuite marchais dessus. Les murs étaient globalement les mêmes que dans la quasi-totalité de la Grotte Mystérieuse, sauf qu’ils étaient intacts. Il était évident que personne n’avait jamais mis les pieds ici avant moi. Avec des examens plus minutieux sur les murs, j’ai découvert deux types délicats de formations. Le premier ressemblait à deux nombreux morceaux de formage râpé attachés ensemble à un bout, avec le reste du « fromage » qui tombait mollement. La seconde formation était composée de fils très fins de pierre, plus fins encore que des cheveux humains. C’était assez sympa à regarder. J’ai trouvé beaucoup d’occurrences des deux types de formation.

Je n’étais pas au bout de la deuxième section que je peinais déjà à entendre B. Les passages des grottes ne sont pas ce qu’il y a de mieux pour l’acoustique. Je lui ai crié que j’allais continuer pendant une demi-heure et qu’ensuite je reviendrais. Il a donné son accord, en me disant juste d’être prudent. Ensuite j’ai continué mon exploration. Je pouvais quasiment marcher debout à cet endroit. J’étais dans la troisième section droite de la caverne lorsque j’ai découvert une formation de cristal sur le mur de droite. Il y en avait plusieurs couches sur le mur, semblables à des bougies de cire claire qui pouvaient fondre et couler sur le mur. Il y avait plusieurs petites formations des ces cristaux ressemblant à des stalactites. Le plus long mesurait environ quatre pouces. Il y en avait eu un plus gros, à en juger par la taille de la base, mais il s’était brisé. J’ai cherché l’endroit où il avait pu atterrir, mais je n’ai rien trouvé.


Les formations de cristaux sont à droite derrière la pierre, dans le coin supérieur droit de la photo. Je pouvais marcher debout, mais parfois je devais me baisser, comme par exemple sous ce rocher.

Le passage continue pendant à peu près 100 pieds avant que la caverne ne s’élargisse un petit peu. À la fin, ça ressemblait à un petit segment de grotte parfaitement droit. Tout au bout, le passage faisait un angle vers la gauche et s’ouvrait dans une pièce. À l’endroit précis où cette salle commence, il y avait une pierre ronde qui semblait appuyée contre le mur. Ça avait l’air bizarre, mais des formations un peu atypiques sont monnaies courantes dans les grottes, donc ça ne pouvait pas être quelque chose d’unique. J’avais rampé et escaladé de nombreux morceaux de roche qui étaient tombées du plafond, mais celle-là était bien plus ronde que les autres. Passé la pierre, la pièce s’ouvre à une hauteur d’environ 15 pieds. Elle faisait environ 15 pieds de large et 30 de long. Tout au bout de la salle, il y avait un nouveau passage menant tout droit.

Lorsque je suis entré dans la pièce, j’ai eu une sensation étrange. Un peu comme cette vieille phrase typique qui dit qu’on a la sensation d’être observé. Une fois de plus l’excitation de la découverte est retombée, et les souvenirs des côtés mystérieux de la grotte me sont revenus à l’esprit. Je me suis soudain senti TRÈS seul. Heureusement pour mon ego, je n’avais presque plus de temps, et je devais retourner jusqu’à B avant que ma demi-heure ne soit écoulée. J’ai pris plusieurs photos de la pièce. J’étais sur le point d’aller jeter un œil à la longueur du passage suivant quand quelque chose a attiré mon attention. Sur le côté gauche de la salle, à peu près au niveau des yeux sur le mur, j’ai découvert ce qui s’est avéré être des hiéroglyphes ! C’était un seul dessin qui avait presque l’air de faire partie de la coloration de la roche. Ça ressemblait à des représentations très rudimentaires de personnes se tenant en-dessous d’un symbole. J’avais le souffle coupé ! Ça voulait dire qu’il y avait une autre entrée à cette grotte. Même si elle était fermée ou bloquée, cela voulait dire qu’il y avait une possibilité de l’ouvrir et de faire entrer B dans la grotte. J’ai de nouveau regardé le symbole pour être sûr de pouvoir le décrire à B. J’ai ensuite pris quelques photos de plus et je suis revenu sur mes pas.

Lorsque j’ai été de retour à l’étroiture, je pouvais à peine parler assez vite pour raconter à B tout ce que j’avais découvert. Il était tout autant excité d’entendre les trésors que nous venions de découvrir. Tandis que nous débattions de ce que serait notre prochaine action, j’ai commencé à renvoyer mon équipement à travers la Tombe à B. Je lui ai dit que ce serait mieux si quelqu’un d’autre venait avec nous, au cas où quelque chose arriverait. Il était d’accord. Une fois que j’ai fais passer tout mon équipement, il me restait encore cette merveilleuse tâche qui était de repasser moi-même par la Tombe de Floyd.

Théoriquement, une personne devrait être capable de sortir d’un passage à travers lequel il vient juste de ramper en inversant le processus. S’il contorsionne son corps d’une certaine manière pour entrer, il devrait être capable d’arriver à la même position pour sortir. En pratique rien ne prouve que ce soit possible ou faisable. C’était le cas de la Tombe.

J’ai déterminé par avance que je devrais retraverser l’étroiture tête la première. Je savais que je pouvais le faire en mettant les pieds en premier, mais ça aurait voulu dire aller en marche arrière pendant toute la Tombe. Ça prendrait très longtemps et ce serait très fatiguant. Ma seule préoccupation était qu’y aller tête la première rendrait la sortie un peu difficile. Je devrais passer à travers le trou que nous avions fait sans pouvoir tordre mon corps comme je le souhaite. Oh, et puis tant pis. J’ai choisi d’y aller tête la première et de me débrouiller avec la sortie quand j’y serais arrivé.

Je suis entré dans l’étroiture en étant très près du resserrement, donc au moins je l’aurais bientôt passé. Il s’est avéré que ça a été assez ardu de le traverser. Je devais décaler mes hanches vers la droite pour pouvoir passer. Mais j’ai continué à faire des efforts. Mes mains étaient de nouveau sur mes côtés. Ma tête était tournée vers la droite et je glissais avec mes orteils. Et une fois encore j’utilisais ma tête comme une jauge pour déterminer quand j’étais au resserrement, et quand est-ce que je l’avais passé. Je me suis vraisemblablement fatigué plus vite sur le chemin de la sortie. Probablement à cause de tout le travail que nous avions accompli pour passer à travers.

J’étais à un peu plus de la moitié du chemin lorsque quelque chose de bizarre est arrivé. J’étais étendu, en train de faire une petite pause, lorsque j’ai entendu un son plus profondément dans la grotte. C’était le son faible mais distinct de la pierre qui glissait contre la pierre. Mon sang s’est glacé dans mes veines. Je ne pouvais pas bouger. J’étais juste là, étendu, en train de m’efforcer d’entendre de nouveau le son. Rien. J’ai vite recommencé à ramper vers la sortie. Je n’ai pas mentionné le son à B, mais je me suis rappelé un de nos voyages précédents où B avait dit avoir entendu la même chose.

Sortir du trou s’est avéré être aussi douloureux que je le pensais. J’ai du mettre mes bras devant ma tête et forcer sur mes épaules. Je sais que j’y ai laissé de la peau lorsque j’ai réussi à passer. B m’a aidé lorsque j’ai commencé à tortiller le haut de mon corps pour me sortir du passage. J’ai ensuite pu me rattraper et sortir facilement le reste de mon corps de la Tombe. J’étais dehors !! B et moi nous sommes serrés la main et avons commencé à charger notre matériel. J’essayais d’entendre n’importe quel autre son provenant du trou, mais nous faisions trop de bruit en rassemblant nos affaires. Autant que je souhaitais entrer dans le passage, c’était une délivrance d’en sortir. C’est ce que je ressens pour la grande majorité des grottes. J’adore y entrer, mais je me sens bien lorsque j’en sors.

Quelque chose d’étrange est arrivé avec les images que j’ai prises dans la nouvelle partie de la grotte. Les photos que j’ai prises dans le passage menant à la grande pièce ont pu être développées normalement. Mais curieusement, aucune des photos que j’ai prises à l’intérieur de la pièce n’a pu être développée ! Les images de la pierre ronde, et le plus important, les images des hiéroglyphes que j’ai vus. Les photos prises avant et après n’avaient aucun problème, mais les négatifs des photos prises dans la pièce ne montraient rien ! Rien du tout. Je me rappelle de quoi avaient l’air les hiéroglyphes, donc j’ai dessiné pour vous donner une idée de ce que j’ai vu.


C’est un dessin rudimentaire de ce que j’ai vu, mais c’est assez précis. La première chose à laquelle j’ai pensé lorsque je l’ai vu, c’était « Blair Witch Project ». Ça le rappelle un peu, en quelque sorte. Ce symbole était au centre et de nombreuses figures qui ressemblaient à des gens levaient leurs mains en-dessous .



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