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Petit rappel amical : les creepypastas ne sont pas nécessairement des fictions, elles peuvent aussi être partiellement ou entièrement tirées de faits réels, c'est ce flottement qui fait leur charme (même si c'est plus facile à deviner pour certaines, on sait). Merci donc de ne pas nous assimiler à un Wattpad de l'horreur.

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dimanche 4 octobre 2015

Conversation trouvée sur le net

21:30:44<Irthys> Bonsoir !
21:31:16<Blue33> yo irth
21:31:35<Mushroom> Hey.
21:31:48<Irthys> Comment vous allez ?
21:32:02<Mushroom> Et toi ?
21:32:14<Blue33> sa va et toi ?
21:32:34<Irthys> Nickel !
21:32:48<Irthys> Je dois vous parler d'un truc
21:32:54<Irthys> C'est juste génial
21:33:45<Kurokane> ?
21:34:27<Mushroom> Qu'est-ce qu'il t'arrive encore ?
21:34:56<Irthys> Bah en fait
21:35:09<Irthys> Vous savez, je squatte chez ma grand-mère
21:35:15<Irthys> Et franchement c'est chiant...
21:35:39<Blue33> c'est ça qui te rend si content ? maso XD
21:35:46<Irthys> Nan !
21:35:58<Irthys> Tout à l'heure, je suis sorti prendre l'air
21:36:12<Irthys> Et je suis tombé sur un truc
21:36:29<Kurokane> La mère de Blue ?
21:36:36<Blue33> --"
21:37:33<Irthys> Y'a une putain d'usine abandonnée
21:37:41<Irthys> Le nom du truc est encore affiché dessus
21:37:54<Irthys> Mais franchement, ça me dit rien du tout
21:38:18<Irthys> Arfran, vous connaissez ?
21:38:55<Mushroom> Ça sonne comme un nom de médicament.
21:39:19<Irthys> C'est vrai
21:39:26<Irthys> J'y vais ce soir
21:39:34<Irthys> Je vous donnerai plus de détails
21:39:52<Irthys> D'ailleurs, je pars maintenant
21:40:17<Kurokane> Seul ? ._.
21:40:29<Kurokane> Tu veux pas attendre demain plutôt, et y aller accompagné ?
21:41:35<Irthys> Kuro, je connais personne ici, et ça m'intrigue trop pour attendre encore
21:41:40<Irthys> A plus
21:41:59<Kurokane> Euh ouais, ça me fait peur ton truc...
21:42:13<Kurokane> Ah ben, il est déjà parti
21:43:58<Mushroom> T'en fais pas, c'est un grand garçon.



22:17:09<Irthys> Hey, ça y est, j'y suis
22:17:25<Irthys> Putain, ça caille, mais au moins y'a du réseau
22:17:38<Irthys> Je vais pouvoir rester avec vous ^^
22:17:57<Blue33> cool
22:18:25<Irthys> Il fait vachement sombre, je cherche une entrée
22:19:17<Kurokane> Je continue à penser que t'es un sale imprudent
22:19:23<Kurokane> J'espère pour toi que c'est barricadé.
22:19:39<Irthys> Rohlàlà
22:23:58<Irthys> Je viens de trouver ^^
22:24:20<Irthys> Y'a un gros trou dans un grillage qui bloquait une entrée
22:25:25<Kurokane> Raison de plus pour pas y aller..
22:25:32<Kurokane> Si y'a des grillages, t'as pas le droit d'être là
22:25:54<Irthys> Qui respecte ça ?
22:26:36<Mushroom> C'est assez sécurisé comme endroit, tu crois ?
22:27:07<Irthys> J'en sais rien, on verra bien
22:27:16<Irthys> Je vais y rentrer
22:27:25<Irthys> Souhaitez-moi bonne chance, c'est flippant
22:27:44<Blue33> a+
22:28:34<Kurokane> Crève, t'as pas voulu m'écouter.
22:28:46<Mushroom> Bonne chance.



23:42:57<Irthys> Putain, c'est super grand ce truc
23:43:09<Irthys> Les salles sont immenses et y'a des couloirs partout ._.
23:43:33<Kurokane> Laisse moi deviner...
23:43:37<Kurokane> T'es perdu ?
23:43:51<Irthys> ... :(   
23:44:16<Irthys> C'est un vrai labyrinthe, je te jure
23:44:33<Irthys> Mais bon, je suis déçu
23:44:41<Irthys> C'est complètement vide
23:45:26<Mushroom> Tu t'attendais à quoi ?
23:45:38<Mushroom> C'est désaffecté, mec.
23:46:17<Irthys> Oui mais je me demande quand même à quoi ça servait, tout ça
23:46:57<Irthys> J'espérais trouver des documents, ou des pancartes, ou je sais pas, n'importe quoi d'autre... Mais là c'est vraiment le désert les gars
23:47:14<Irthys> Limite, les couloirs sont plus intéressants
23:47:22<Irthys> je sais pas comment dire, je m'y sens oppressé
23:47:37<Blue33> tapette
23:47:58<Irthys> Bon, faut que je retrouve mon chemin
23:48:13<Irthys> J'ai pas encore tout visité, alors je perds pas espoir ^^
23:48:59<Mushroom> Je pense surtout que tu perds ton temps, là-dedans.
23:49:22<Mushroom> Tu veux pas rentrer et qu'on se fasse une petite partie en ligne ? Je m'ennuie moi.
23:49:36<Irthys> Naaaan, je veux vraiment aller au bout
23:50:23<Mushroom> Bon, comme tu veux.
23:50:38<Irthys> Bon, à plus, je reviens si j'ai du nouveau :)   
23:50:53<Blue33> a+
23:52:16<Kurokane> Bye



09/09/2015:

00:43:25<Irthys> Putain les gars
00:43:39<Irthys> Y'a encore quelqu'un ?
00:44:58<Kurokane> Je suis là
00:45:37<Mushroom> Toujours. Y'a juste Blue qui est parti se coucher.
00:46:14<Irthys> Ah, ouf
00:46:49<Irthys> Je commence à flipper là
00:47:00<Irthys> Je crois que je suis pas le seul a avoir voulu faire de l'urbex cette nuit
00:47:13<Irthys> J'ai entendu du bruit en haut, quand je cherchais mon chemin
00:48:26<Mushroom> Sûrement un clodo.
00:48:54<Kurokane> Ou un autre imprudent. C:
00:49:11<Irthys> Tu vas encore m'en vouloir longtemps ?
00:49:20<Irthys> bref
00:49:35<Irthys> je sais pas quoi faire, si je tombe nez à nez avec ce type
00:50:08<Kurokane> C'est peut-être une femelle, tu vas pouvoir pécho
00:50:23<Irthys> ...
00:50:49<Irthys> Je plaisante pas, là, Kuro
00:51:07<Irthys> pour le moment, je me suis planqué dans une petite salle
00:51:35<Mushroom> Essaye de sortir, ça t'apportera rien de rester au même endroit.
00:52:05<Irthys> Hm.. t'as raison
00:52:19<Irthys> je bouge
00:52:54<Kurokane> Tiens nous au courant



01:24:34<Irthys> Hey... ?
01:28:32<Mushroom> Re
01:32:45<Irthys> Ah, t'es là ! ^^
01:33:19<Mushroom> Y'a plus que moi, Kuro est parti.
01:33:49<Irthys> ça grouille de rats ici
01:34:01<Irthys> j'en ai vu plein
01:34:12<Irthys> du coup ça me rassure
01:34:25<Irthys> ça devait être ça tout à l'heure
01:34:59<Mushroom> Ah ben tant mieux alors.
01:35:34<Mushroom> T'as retrouvé ton chemin ?
01:36:03<Irthys> C'est plutôt ça qui m'inquiète
01:36:15<Irthys> j'ai l'impression de tourner en rond
01:36:24<Irthys> Tout se ressemble tellement
01:36:33<Irthys> j'en ai franchement marre là
01:37:12<Mushroom> Panique pas et réfléchis.
01:37:23<Irthys> c'est comme si les couloirs changeaient a chaque fois quej'y passe
01:37:42<Irthys> J'ai voulu faire demi tour, et je reconnaissais rien du tout
01:38:35<Mushroom> Il fait nuit, ça joue sûrement.
01:38:52<Irthys> j'aimerais que ce soit ça



02:03:21<Irthys> ça me saoule...
02:03:34<Irthys> J'ai essayé d'appeler chez ma grand-mère, pour qu'elle vienne me chercher
02:03:43<Irthys> Ça sonne dans le vide
02:04:06<Irthys> Fallait franchement que ça tombe juste maintenant...



02:27:34<Irthys> oh putain de merde !
02:27:46<Irthys> je suis pas seul
02:27:57<Irthys> j'en suis sûr maintenant
02:27:59<Irthys> putain
02:28:14<Irthys> j'ai entendu un espèce de grognement derriere moi
02:28:33<Irthys> quand je me suis retourné j'ai vu l'ombre d'une personne, au croisement des couloirs
02:28:59<Irthys> j'ai détallé tellement vite, et je me suis encore plus enfoncé dans l'usine
02:29:15<Irthys> puatin
02:31:34<Mushroom> Chaud...
02:31:41<Mushroom> Sors de là.
02:31:59<Mushroom> Désolé, je me sens franchement impuissant.
02:32:14<Mushroom> Mais garde à l'esprit que c'est sûrement qu'un squatteur.



02:57:23<Irthys> merde merde merde...
02:57:42<Irthys> Je viens de voir la pire chose de ma vie
02:58:01<Irthys> Dans une pièce, y'avait des carcasses d'animaux
02:58:17<Irthys> ça m'a donné un haut le cœur
02:58:29<Irthys> je sais pas depuis combien de temps c'est là
02:59:19<Mushroom> Sûrement les rats ?
02:59:46<Irthys> non mec, ça se peut pas.. y'a un tas de cadavres, entassés les uns sur les autres
02:59:59<Irthys> Et c'était pas des petits trucs hein... Y'avait des biches, des cerfs, des sangliers, etc
02:01:45<Mushroom> Ah ouais, quand même.
02:01:54<Irthys> Je repars
02:04:47<Mushroom> Je peux pas te promettre d'être encore là à ton retour, ma co me fait des caprices...
02:05:12<Mushroom> Tiens le coup mec.
02:05:22<Mushroom> Je reviendrai dès que je pourrai.



03:12:03<Irthys> J'ai tenté d'appeler le 17...
03:12:14<Irthys> Quels enfoirés
03:12:37<Irthys> "Il n'y a pas d'usine à cet endroit. Vous auriez pu au moins vous renseigner, avant de faire ce genre de mauvaise blague. Au revoir, Monsieur."
03:12:53<Irthys> même eux trouvent le moyen de se foutre de ma gueule
03:13:11<Irthys> sérieusement quoi... j'y suis dans cette putain d'usine
03:13:35<Irthys> me laissez pas seul
03:14:21<Irthys> Les gars.. sérieux
03:14:37<Irthys> C'est quoi ce putain d'endroit




03:54:21<Irthys> J'ai encore entendu l'autre cinglé
03:57:02<Irthys> je trouve pas la sortie
04:00:31<Irthys> Je suis enfermé, c'est pas possible...


04:37:11<Irthys> cette usin va me rendre barge
04:37:17<Irthys> vraiment
04:37:26<Irthys> j'ai vu des fenêtres
04:37:37<Irthys> dehors tout est putain de blanc
04:37:45<Irthys> c'est quoi ce bordel..
04:37:57<Irthys> j'ai essayé d'en péter une en envoyant un agglo dedans
04:38:12<Irthys> elle est restée intacte




04:53:11<Irthys> j'ai plus de batterie
04:53:18<Irthys> 4%
04:53:23<Irthys> aidez moi






vendredi 2 octobre 2015

Au lit

L'heure du coucher est un moment assez heureux pour les enfants, en général. Pour moi, c’était terrifiant. Pendant que certains enfants se plaignent d’être mis au lit avant la fin de leur film, ou parce qu’ils jouaient à leurs jeux vidéo, la nuit était quelque chose qui me faisait vraiment peur. Et quelque part, c'est toujours le cas, même aujourd’hui.

En tant que scientifique, je ne peux pas prouver que ce que j’ai vécu était objectivement vrai, mais je peux vous assurer que ce que j’ai ressenti, c’était de la pure terreur. Une terreur qui, heureusement, n’a jamais été égalée.
Je vais essayer de retranscrire du mieux que je peux ce que j’ai vécu. Faites-en ce que vous voulez. J’ai juste besoin de sortir ça de mon esprit.

Je ne peux pas me rappeler exactement quand ça a commencé. Mais le début de mon appréhension à m’endormir correspond au moment où j’ai eu ma propre chambre. J’avais 8 ans. Avant ça, je partageais ma chambre avec mon grand frère. De façon assez compréhensible, surtout pour un garçon de 5 ans mon aîné, mon frère avait fini par demander une chambre pour lui tout seul. On m’avait donc transféré dans la chambre à l’arrière de la maison.

Elle était petite, étroite, et étrangement longue. Assez large pour un lit et quelques armoires, mais pas beaucoup plus. Je ne pouvais pas me plaindre parce que, même à mon âge, je savais qu’on n’avait pas une très grande maison et je n'avais pas vraiment de raison d’être déçu. Mes parents étaient attentionnés, je vivais une enfance heureuse. Du moins, pendant la journée.

Il n’y avait qu’une seule fenêtre, verrouillée, dirigée vers notre jardin à l’arrière de la maison. Rien de très extraordinaire. Mais même pendant la journée, la lumière qui se glissait dans ma chambre semblait presque hésitante.

Comme on avait donné un nouveau lit à mon frère, j’avais récupéré les lits superposés qu’on utilisait dans notre ancienne chambre. Même si j’étais triste de dormir seul, j’étais quand même très excité de pouvoir utiliser le lit du haut, ce qui était une super aventure pour moi.

Dès la première nuit, j’ai eu un sentiment de malaise. J’étais allongé dans le lit du haut, observant les figurines et les petites voitures qui trainaient sur le tapis bleu-vert. Pendant que des batailles imaginaires et d’incroyables aventures prenaient place dans mon esprit, j’ai eu subitement l’impression que mes yeux étaient attirés par le lit du dessous, comme si quelque chose bougeait, quelque chose qui ne souhaitait pas être vu.

Le lit était vide, impeccablement fait avec sa couverture bleu nuit bien coincée sous le matelas et recouvrant partiellement deux oreillers blancs. Je n’y pensais plus trop à ce moment, j’étais un enfant, et le son de la télé que mes parents regardaient dans la pièce à côté me berçait dans un chaleureux et doux sentiment de sécurité et de bien-être.

Quand on se réveille à cause d’un mouvement ou d’un bruit, on met quelque temps à se rendre compte de ce qui se passe. La brume du sommeil reste suspendue aux paupières et aux oreilles, même lorsqu’on redevient lucide.

Quelque chose bougeait dans la chambre, il n’y avait aucun doute.

Au début, je n’étais pas vraiment sûr de ce que c’était. Tout était sombre, mais il y avait assez de lumière qui se glissait par la fenêtre pour éclairer la chambre. Deux pensées sont alors apparues dans mon esprit : la première, c’était que la maison était plongée dans le noir et le silence, ce qui voulait dire que mes parents étaient allés se coucher. La deuxième, c’était le bruit, ce bruit qui m’avait réveillé.

Pendant que le brouillard du sommeil quittait mon cerveau engourdi, je commençais à reconnaître cette sonorité qui m’était familière. Parfois ce sont les sons les plus simples qui sont les plus troublants : le vent froid qui souffle dans les branches d’un arbre, les bruits de pas d’un voisin qui semblent un peu trop proches, ou, dans ce cas, le simple bruit d’un drap qui se froisse dans la nuit.

On y était, c’était ça. Le bruit de quelqu’un qui tentait de s’installer confortablement dans le lit du bas. Je restais allongé, immobile, en espérant que le son ne provenait que de mon imagination, ou peut-être du chat qui avait trouvé un nouvel endroit pour dormir. Puis j’ai remarqué la porte, fermée, comme lorsque je m'étais endormi. Je me suis dit que ma mère était venue me border, laissant rentrer l’animal à ce moment-là.

Oui, ça devait être ça. J'ai retourné mon visage contre le mur, fermant les yeux, en espérant que j’allais me rendormir. Au moment où j’ai bougé, le bruit en-dessous de moi a cessé. J’ai d’abord pensé que j’avais dérangé mon chat, mais je me suis vite rendu compte que mon « visiteur » était beaucoup moins banal que mon animal de compagnie, et beaucoup plus sinistre.

Comme s’il avait été alerté et dérangé par ma présence, le dormeur du lit du bas a commencé à se retourner violemment dans le lit, comme un enfant en colère. J’entendais les draps qui se froissaient et qui se retournaient avec une férocité croissante. C’est à ce moment que la peur s’est emparée de moi. Pas comme le malaise que j’avais ressenti plus tôt, non, c’était une terreur puissante. Je sentais mon sang battre dans mes tempes et mes yeux paniqués scrutaient l’obscurité impénétrable de ma chambre.

J’ai hurlé.

Comme l'auraient fait
- j'imagine - la plupart des enfants, j’ai appelé ma mère. J’ai entendu du bruit à l’autre bout de la maison et j’ai émis un soupir de soulagement en espérant qu’elle allait me sauver rapidement. C’est à ce moment-là que les lits superposés se sont mis à vibrer comme s’il y avait un tremblement de terre, tapant contre le mur. Je pouvais entendre les draps se tordre. Je ne voulais pas sauter de mon lit, j’avais trop peur que la chose du lit du dessous m’attrape pour m’attirer dans les ténèbres. Alors je suis resté là, à attendre ce qui m'a semblé être une éternité, me réfugiant sous mes draps, comme s’ils pouvaient me protéger du danger. La porte a enfin fini par s’ouvrir. Et la lumière du couloir a dévoilé le lit du dessous, vide et les draps en ordre.

J’ai pleuré et ma mère m’a consolé. Des larmes de terreur suivies d’un immense soulagement. Mais malgré cela, je ne lui ai pas dit ce qui m’avait fait crier. Je ne peux pas vraiment l’expliquer, mais j’avais l’impression que cette chose reviendrait si je me mettais à en parler. Je ne sais pas si c’était vrai, mais je sentais cette menace invisible m’épier et m’écouter dans l’ombre.

Ma mère s’est allongée dans le lit vide, en me promettant qu’elle dormirait là. Mon inquiétude avait diminué et j’ai réussi à m’endormir. Mais la nuit a été longue, et je n’ai pas arrêté de sursauter à chaque bruit de drap.

Je me souviens que le lendemain je voulais aller partout, être partout, sauf dans cette chambre étouffante. C’était un samedi et je jouais dehors, heureux, avec mes amis. Même si la maison n’était pas grande, on avait la chance d’avoir un jardin assez vaste avec une belle pelouse à l’arrière. On y jouait souvent, et lorsqu’ils n’étaient pas très bien coupés, on se cachait dans les buissons, ou on montait dans le grand sycomore qui surplombait le jardin. On pouvait facilement s’imaginer plein d’aventures dans des contrées exotiques.

On s’amusait beaucoup, mais je ne pouvais pas m’empêcher de regarder cette petite fenêtre qui donnait sur ma chambre. Elle était ordinaire, simple et totalement inoffensive. Mais pour moi, c’était une frontière vers un monde effrayant, étrange et froid. Dehors le gazon vert du jardin et les visages souriants de mes amis ne pouvaient m’ôter le sentiment de malaise que je ressentais au fond de mon ventre, le sentiment que quelque chose, dans cette pièce, me regardait jouer, attendait la nuit, que je me retrouve enfin seul avec elle. Une créature emplie de haine.

Ça peut vous paraître étrange, mais quand mes parents m’ont ordonné d’aller dormir dans ma chambre, je n’ai rien dit. Je n’ai pas protesté, je n’ai même pas essayé d’inventer une excuse pour ne pas dormir là-bas. Je suis juste allé dans ma chambre, solennellement. J’ai grimpé les quelques marches jusqu’au lit du haut, et j’ai attendu.

Si ça m’était arrivé aujourd’hui, j’aurais parlé à tout le monde de mon expérience, mais à cet âge je trouvais juste ça bête de raconter quelque chose pour laquelle je n’avais aucune preuve. On ne m’aurait pas cru, ça c’était la raison principale, mais j’avais aussi et surtout l’impression que la chose serait en colère si je parlais d’elle.

C’est marrant de voir à quel point certains mots peuvent disparaitre de votre esprit, aussi évidents et flagrants qu’ils sont. Un mot m’est revenu cette nuit-là, alors que j’étais allongé, seul. J’ai senti un changement d’atmosphère, comme si l’air avait été remplacé par quelque chose de pourri.

Au moment où j’ai entendu les premiers bruits de torsion des draps, mon cœur s’est mis à tambouriner dans ma poitrine : il y avait de nouveau quelqu’un dans le lit du dessous. Et puis un mot qui avait disparu de mon cerveau, que ma conscience avait banni, s’est libéré, a passé les filtres mis en place dans ma tête, s’est battu pour réapparaitre dans mon esprit et est enfin revenu à la surface.

« Fantôme. »

Au moment où j’ai formulé ce mot dans mes pensées, mon visiteur importun a cessé de bouger. Les draps ne faisaient plus de bruit et ne bougeaient plus, mais quelque chose d’encore plus horrible a commencé. Une lente et grinçante respiration s’échappait du lit du dessous. Je pouvais imaginer sa poitrine monter et descendre, accompagnant les sifflements aigus de son souffle. Je tremblais, priant par-dessus tout qu’il me laisserait tranquille après ça.

La maison était totalement figée, comme la veille, comme plongée dans les ténèbres et un seul son brisait le silence de ma chambre : la respiration vicieuse de mon invisible compagnon de chambrée. J’étais au fond de mon lit, terrifié, je voulais juste qu’il me laisse tranquille.

Qu’est-ce qu’il me voulait ?

Je me suis alors rendu compte de quelque chose : quand il se jetait dans le lit en grognant et se tapant partout - c’était violent, pulsionnel, presque animal. Ce moment, en revanche, était calculé, intentionnel : il avait une idée derrière la tête. Puis cette chose qui était là, allongée dans le noir, cette chose qui effrayait volontairement le jeune garçon que j’étais, s’est assise calmement. Sa respiration sifflante était devenue de plus en plus forte. Il n’y avait plus que quelques planches de bois et un matelas qui me séparaient de son souffle juste en-dessous de moi.

J’étais allongé, les yeux remplis de larmes. Une peur que peu de mots peuvent réellement décrire. Je ne pensais pas qu’il était possible d’être encore plus effrayé que ça, mais j’avais tellement tort. J’imaginais cette chose, assise juste en-dessous de moi, dans le noir, espérant que je bouge. Puis l’imagination a tourné à la terreur, lorsqu’il a commencé à toucher les lattes de mon lit. Il semblait les caresser soigneusement, laissant courir ce que j’imaginais être ses doigts sur la surface du bois.

Puis, avec une force inouïe, il les a enfoncés rageusement dans le matelas. J’ai laissé s'échapper un cri. Il a alors recommencé à bouger le lit violemment, comme la veille, le faisant trembler contre le mur. Des flocons de peinture tombaient sur ma couverture à cause des chocs répétés du cadre du lit contre le mur.

Puis de nouveau, la lumière s’est allumée, et ma mère a pris soin de moi, comme elle le faisait toujours, avec un câlin et des mots doux pour calmer ma crise. Elle m’a évidemment demandé ce qu’il s’était passé. Je ne pouvais pas expliquer, je n’osais pas raconter ce que je venais de vivre. Alors j’ai répété ce mot, encore et encore.

Cauchemar.

Et ça a continué pendant des semaines, si ce n’est des mois. Nuit après nuit, je me réveillais au son des draps. À chaque fois que je criais, la chose faisait vibrer le lit, le balançait violemment, jusqu’à l’arrivée de ma mère qui passait le reste de la nuit avec moi, dans le lit du dessous, ignorant quelle force sinistre torturait son fils. Pendant un moment, j’ai fait semblant d’être malade (ou d’autres excuses bidons dans le même style) pour pouvoir dormir avec mes parents, mais j’étais bloqué dans la chambre maudite beaucoup plus souvent que je l’aurais voulu. Cette pièce où la lumière ne semblait pas « normale », coincé avec cette chose.

Au bout d’un moment, j’ai compris qu’il ne pouvait pas me faire de mal lorsque ma mère était là. C’était probablement pareil pour mon père, mais lui, c’était impossible de le réveiller. Et puis, avec le temps, j’ai commencé à m’habituer à cette présence.

Ne prenez pas ça pour de l’amitié ! Je haïssais cette chose. Encore aujourd’hui, en y repensant et en commençant à comprendre ces sentiments (si on peut appeler ça comme ça) contradictoires pour moi : d’une part une indicible haine et de l’autre une certaine envie, un désir ; elle me fait toujours terriblement peur.

Mes pires craintes se sont réalisées pendant l’hiver. Les journées devenaient de plus en plus courtes et les nuits de plus en plus longues. Et puis, on a eu des problèmes familiaux. Ma grand-mère était malade et ça allait encore plus mal depuis la mort de mon grand-père. C’était une femme incroyable et vraiment gentille. Ma mère tenait à ce qu’elle reste le plus longtemps possible chez elle, mais l'Alzheimer est une maladie cruelle, supprimant
petit à petit de sa mémoire les personnes qu’elle avait connues et aimées. Rapidement, elle n’a plus été capable de nous reconnaitre et il était évident qu’il fallait qu’elle aille rapidement vivre dans une maison de retraite médicalisée.

Avant qu’elle ne puisse emménager là-bas, elle a eu quelques nuits difficiles, seule dans sa maison. Alors ma mère a décidé de rester avec elle. J’aimais beaucoup ma grand-mère, et j’ai été très affecté par sa maladie, mais je me sens encore coupable d’avoir d’abord pensé qu’à cause d’elle je devrais affronter mon visiteur seul. La présence de ma mère étant mon seul bouclier contre cette chose et la terreur dans laquelle elle pouvait me faire sombrer.

À la fin des cours, j’ai couru jusqu’à chez moi et j’ai retiré les draps, le matelas, et les oreillers du lit du bas. J’ai enlevé les lattes et je les ai remplacées par un vieux bureau, une commode et quelques chaises qu’on avait gardées dans un vieux placard. J’ai dit à mon père que je voulais faire un vrai bureau comme les grands, ce qu’il a trouvé adorable. Mais je ne pouvais pas laisser cette chose dormir avec moi une nuit de plus.

À la tombée de la nuit, je me suis allongé dans mon lit en haut, sachant que ma mère ne serait pas là pour venir me sauver. Je ne savais pas quoi faire, alors avant d’aller me coucher je suis allé fouiller dans sa boîte à bijoux et j’ai récupéré un vieux crucifix. Ma famille n’est pas très religieuse, mais moi, à cet âge, je croyais encore en Dieu et j’espérais, en quelque sorte, que cet objet me protégerait.

Angoissé et anxieux, je serrais le crucifix de toutes mes forces sous mon oreiller. J’ai fini par m’endormir. Je souhaitais tellement m’endormir tranquillement pour me réveiller le lendemain matin, après une bonne nuit de sommeil, mais ce qui s’est passé cette nuit-là restera gravé dans ma mémoire comme la nuit la plus horrible de ma vie.

Je me suis réveillé lentement. La chambre était dans le noir. Alors que ma vision s’habituait, j’examinais l’état de ma chambre. La fenêtre, les murs, quelques jouets sur mon étagère et... Encore aujourd’hui, je frissonne en y repensant. Il n’y avait aucun bruit. Aucun son de drap que l’on tord. Aucun mouvement. La chambre était totalement figée dans la nuit. Figée mais pas vide. La chose, cette créature sifflante et remplie de haine qui m’avait terrorisé nuit après nuit, n’était pas dans le lit du dessous. Elle était dans mon lit !

J’ai ouvert la bouche pour crier, mais rien n’est sorti. La terreur m’avait rendu complètement aphone. J’étais allongé, sans vie. Si je ne pouvais pas crier, je ne devais pas lui laisser comprendre que j’étais réveillé. Je ne l’avais pas encore vu, je pouvais le sentir. Il était sous ma couverture. Je voyais la délimitation de son... Corps, sous les draps. Il écrasait ma poitrine à moitié, mais je n’arrivais pas à le regarder. Je n’oublierai jamais cette image. Quand je dis que des heures sont passées, je n’exagère pas. J’étais allongé, là, sans bouger. Un petit garçon terrorisé.

Si on avait été en été, ça aurait fait un moment que la lumière du jour aurait pointé le bout de son nez. Mais là, au milieu de l’hiver, je savais que je devais attendre des heures avant le lever du soleil.
J’étais un garçon timide par nature, mais j’étais arrivé à un point où je ne pouvais plus attendre. Je ne pouvais pas survivre plus longtemps dans ce lit, collé à cette chose !

La peur peut parfois vous porter, vous transformer en héros. Je devais sortir de ce lit. Puis, je me suis rappelé : le crucifix ! Ma main était encore sous l’oreiller, mais elle était vide ! J’ai essayé de tourner le poignet, le plus lentement et silencieusement possible, mais impossible de le trouver. Soit je l’avais fait tomber du lit, soit... Je ne pouvais même pas imaginer qu’il me l’ait pris.

Sans le crucifix, j’avais perdu tout espoir. Même à cet âge on comprend le concept de la mort, et je savais que j’allais mourir dans ce lit si je restais passif, allongé sans rien faire. Je devais partir de la pièce. Mais comment ? Est-ce que je devais brusquement sauter hors du lit en priant pour arriver jusqu’à la porte ? Et s’il était plus rapide que moi ? Ou devais-je lentement me glisser de sous le drap en espérant ne pas déranger mon ignoble copain de lit ?

Réalisant qu’il n’avait pas remué, même quand j’avais bougé pour trouver le crucifix, j’ai commencé à avoir des pensées étranges. Et s’il dormait ? Il n’avait pas « respiré » depuis mon réveil. Peut-être qu’il se reposait en pensant m’avoir. Que j’étais enfin sous son emprise. Ou peut-être qu’il jouait avec moi. Après tout ce qu’il m’avait fait endurer pendant ces nuits, il m’avait avec lui dans le lit, sans ma mère pour me protéger. Peut-être qu’il savourait ce moment, qu’il savourait sa victoire, comme un animal sauvage qui joue avec sa proie.

J’essayais de respirer le plus doucement que je pouvais, et de rassembler le peu de courage que j’avais. Puis, lentement, avec ma main libre j'ai soulevé le drap au-dessus de moi, mais j'ai frôlé quelque chose. Quelque chose de froid et de mou, quelque chose qui ressemblait à une main décharnée. Je retenais ma respiration, terrorisé. Maintenant, il devait savoir que j’étais réveillé.

Rien.

Il ne bougeait pas, il semblait... Mort. Après un petit moment, j’ai déplacé ma main soigneusement le long des draps et j’ai senti un tout petit avant-bras, très mince, qui se tenait à la couverture. Par curiosité, j’ai remonté ma main le long de ce membre pour toucher un biceps immense. Le bras était tendu en travers de mon torse, et sa main était sur mon épaule gauche, comme s’il m’avait pris dans ses bras en dormant. J’ai compris que je devais bouger ces membres cadavériques pour m’en sortir.

Pour je ne sais quelle raison, la sensation de ce bras déchiré  sur mon épaule m’a fait perdre le fil de mes pensées. La peur avait de nouveau pris le dessus, alors que je décrochais ce membre de mon torse, dégoûté en touchant cette peau poisseuse. Je ne voulais pas toucher son visage, même si, encore aujourd’hui, je me demande de quoi il avait l’air.

Mon dieu, ça avait bougé. C’était presque imperceptible, mais la force de son étreinte contre mon épaule avait changé. Je n’ai versé aucune larme, mais mon Dieu qu’est-ce que j’avais envie de pleurer.

Tandis que je décrochais son bras et sa main de moi, ma jambe droite a frôlé le mur frais contre lequel le lit était collé. Tout ceci se passait dans ma chambre, c'était inconcevable. Et c'est là que j'ai compris que cette chose répugnante qui prenait un malin plaisir à violer la chambre d'un petit garçon n'était pas totalement sur moi. Elle était à moitié collée au mur, comme une araignée à son fil.

Soudain, sa prise est passée d'une faible contraction à une très forte compression. Il s'accrochait à mes vêtements comme s'il avait senti que j'essayais de partir, et que l'opportunité de m'attraper ne reviendrait plus. Ses membres étaient minces, mais la chose était forte. J'ai compris que le parasite essayait de m'attirer vers le mur ! Je me battais pour ma vie. J'ai crié, la voix m'était revenue, mais personne n'est arrivé pour me sauver.

J'ai alors compris pourquoi la chose s'était réveillée maintenant : le soleil allait se lever. Depuis ma fenêtre, cette fenêtre que je détestais, qui représentait toute la peur que me procurait cette chambre, j'ai vu les premiers rayons de lumière. Il hurlait, sifflait, crachait. Je ne me souviens de rien visuellement, juste de son souffle glacé contre mon cou. Le soleil se levait dans la petite chambre suffocante qui se retrouvait peu à peu baignée dans la lumière. Je me suis évanoui alors que les doigts décharnés et froids de cette chose se pressaient contre mon cou.

Lorsque j'ai rouvert les yeux, mon père me proposait d'aller prendre le petit déjeuner. J'avais survécu à la pire nuit de ma vie, l'expérience la plus horrible que j'ai jamais vécue.

Le lendemain, j'ai déplacé le lit loin du mur pour empêcher ce monstre de continuer à venir la nuit. Les semaines sont passées sans aucun incident, à part une nuit glacée où je me suis réveillé : là où mon lit se trouvait précédemment, j'entendais un bruit de respiration rauque qui venait de derrière le mur, puis des vibrations violentes. Tout ça a disparu au bout d'un moment.

Je n'ai parlé de cette histoire à personne jusqu'à aujourd'hui. Je continue de me réveiller en sursaut au son des draps qui se froissent dans la nuit, ou au bruit d'une respiration un peu forte à cause d'un rhume, et je ne dormirai plus jamais avec mon lit contre le mur. Vous pouvez appeler ça de la superstition si vous voulez, et puis comme je l'ai dit je ne peux pas réfuter des théories comme la paralysie du sommeil ou des hallucinations, ou même une très grande imagination.

La seule chose que je peux dire, c'est que l'année d'après, j'ai déménagé ma chambre dans une pièce plus grande à l'autre bout de la maison, et mes parents ont pris ma chambre bizarrement étroite et longue. Ils ont dit qu'ils n'avaient pas besoin d'une grande chambre, juste de quoi mettre leur lit et quelques affaires. 


 Ils ont tenu 10 jours. Nous avons déménagé le 11ème.




Traduction : Treize

Creepypasta originale ici.

lundi 28 septembre 2015

Mrfriend123

Début 2015, un blogueur publiant sous le pseudonyme "mrfriend123" a suscité l'attention des internautes anglophones à travers un Tumblr baptisé "Do you want to see ?". Jusqu'à sa fermeture brutale par son auteur début septembre, il recensait un grand nombre de vidéos dérangeantes assorties de textes et d'images énigmatiques. Si la plupart des vidéos ont pu être sauvées de la disparition (réuploadées peu avant sur Youtube, par prudence), les images et textes les plus anciens ne l'ont été que de manière partielle, et leur ordre de parution est incertain.

On en sait peu au sujet de la personne qui tient, ou tenait, le blog ; et on ignore même si elle est encore vivante. Mais de janvier à septembre, le blogueur a posté ces vidéos bizarres et dérangeantes, qu'on ne pourrait bien décrire que comme une manifestation des plus sombres recoins d'un esprit dépravé. Sur le blog se trouve un message d'introduction pour le moins obscur:
Ce que vous regardez n'existe pas. C'est une chose qui ne peut être trouvée, ni perdue. Elle a été créée pour vous montrer ce qui se passe en ce moment même. Elle a été créée afin que vous compreniez. Elle a été créée simplement afin qu'elle soit, mais les raisons pour qu'elle soit sont ici. Toutes cachées dans ces vidéos. Messages cachés. Indices cachés.
Ces quelques phrases se répètent encore et encore, jusqu'à la conclusion du message :
Vous cherchez la forêt, mais vous êtes assis sur l'arbre.



Les photos ci-dessous sont supposées représenter Mrfriend123, bien que son identité soit cachée par cette tenue BDSM.


Pendant un temps, certains utilisateurs qui suivaient le blog ont rapporté que Mrfriend123 leur envoyait des messages étranges. En voici quelques exemples :
"Où suis-je ?"
"Ce blog encourage à des expériences sensuelles."
"Laissez-vous gagner par la tentation."
"Je vous vénère."


On ignore tout autant où les vidéos ont pu être tournées. Certaines semblent prendre place dans un entrepôt, d'autres dans une ferme isolée.

Un élément récurrent à noter dans les vidéos est une paire de jambes de mannequin. On les voit étendues sur un matelas, ou, comme ici, appuyées contre un mur en béton.




D'autres vidéos consistent uniquement en des plans sur des routes de campagne au milieu de nulle part, vues depuis la fenêtre d'une voiture, et bien que le conducteur paraisse se diriger vers une ville morose et isolée, personne jusqu'ici n'a pu identifier de quelle région il s'agissait.

Sur ces vidéos, dont chacune dure une à deux minutes, apparaissent des individus qui, du fait de leurs masques, ne peuvent être identifiés. Après recherche sur le blog, le seul article qui donne une idée de qui ils sont est un croquis qui ressemble assez à ces deux personnes, où elles sont désignées sous les noms "Bird" et "Bag".



 Sous le dessin, on peut lire cette note :
"Ils me suivent. Ils ne s'arrêteront pas. Je m'y suis habitué. Je ne peux pas dormir. J'ai essayé. Eux non. Eux non. Mais ils lambinent. Ils me suivent. Ils ne s'arrêteront pas. Je veux mourir. Transmettez. J'ai besoin d'aide."

Bird apparait dans une vidéo dans laquelle figure une maison délabrée, perdue dans les bois. La personne qui tient la caméra se dirige vers le porche, et la porte d'entrée s'ouvre lentement d'elle-même (à moins que quelqu'un l'ouvre de l'intérieur). Après une courte exploration des lieux, l'homme ressort. Mais avant d'éteindre la caméra, il s'attarde sur une fenêtre derrière laquelle Bird se tient immobile, fixant l'objectif du regard. Le seul signe distinctif qu'on puisse retenir à son sujet est un tatouage sur sa poitrine.




Bag figure dans deux vidéos. Dans la première, on peut le voir assis dans ce qui semble être une chambre d'enfant, caressant une souris en peluche d'une manière aguicheuse. Dans la seconde, qui inclut une courte apparition de Bird, Bag exécute une sorte de rituel dans un champ à proximité d'une grange. Ici encore, on peut voir la porte de la grange s'ouvrir et se fermer apparemment toute seule.




Une des théories à ce sujet prétend que Mrfriend123 serait un tueur en série, souffrant d'une obsession pour les mannequins, et que l'entrepôt qui apparait dans les vidéos serait comme un "pays des merveilles", lieu de tous ses fantasmes, où il emmènerait ses victimes. En revanche, cela n'explique pas qui sont Bird et Bag, point sur lequel la théorie suivante est plus intéressante.

Selon certains, les personnages masqués sont un élément d'un culte, et Mrfriend123 est là pour filmer leurs rituels. Ce qu'ils vénèrent, ou cherchent à contacter, nous est inconnu. La théorie du fake, de son côté, pose un problème : il faut prendre en considération le temps et l'investissement qu'ont dû nécessiter la mise en place du blog, de ses énigmes, et plus particulièrement ses vidéos. Quand bien même ce n'était qu'un canular, le fait qu'un homme ait pris le temps de créer ça, de donner cette impression d'obsession malsaine, reste plutôt effrayant.



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Update 1

Nouveau message posté sur le blog, en même temps que deux nouvelles vidéos :
ils apparaissent, et avec eux, des indices. des indices dans ces vidéos, qui servent de preuve. une preuve que d'autres peuvent être contactés. les réponses sont là. vous devez regarder plus fort. [...] la fréquence est dans l’œil de celui qui contemple. merci à vous.


  
 La première vidéo prend place dans ce qui semble être une vieille maison. La personne qui tient la caméra franchit la porte d'entrée, et on peut juger d'après l'état de l'intérieur que cette bâtisse est toujours habitée. La décoration est riche, de style ancien. Un élément à noter est une tête de mannequin visible vers la fin, car elle apparaît plusieurs fois par la suite.



Ainsi, on la retrouve également dans la vidéo suivante, justement nommée "Head". Elle prend place apparemment pendant la nuit, et fait apparaitre un autre protagoniste, que certains utilisateurs sur Tumblr ont surnommé "No-Head". Se tenant immobile dans l'ombre, sa forme apparait et disparait dans l'arrière-plan. La vidéo se termine dans la salle à manger, tandis que la personne qui tient l'appareil filme la tête de mannequin, frappée d'un symbole étrange, sous le regard de No-Head.



D'après certains, le symbole serait une combinaison des symboles de la Terre et de Mercure (voir ci-contre). Je note tout de même qu'en fait d'un arc de cercle, c'est plutôt une paire de cornes qui surmonte le cercle central. La signification reste à trouver, mais la référence aux démons est à envisager.




 Par ailleurs, Mrfriend123 continuerait d'envoyer des messages étranges à ceux qui le suivent, parmi lesquels :
"Vous êtes dans la forêt."
"Où allez-vous ?"
"Touchez-vous pour moi."
"Pouvez-vous les voir ?"


La théorie de la secte semble être renforcée par la présence du symbole. Les discussions des partisans de cette théorie tournent maintenant autour de leur but : que cherchent-ils à montrer au monde ? Tandis que l'idée d'un projet artistique volontairement obscur se maintient chez diverses personnes, certains suggèrent que les vidéos sont une manifestation dans notre monde d'une sorte de "monde des esprits", parallèle au nôtre ; malgré l'aspect résolument 'matériel', si je puis dire, des figures qui y apparaissent.



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Update 2

Le blog de Mrfriend123 a gagné en visibilité et les internautes sont de plus en plus nombreux à tenter d'en découvrir le sens, jusqu'ici sans succès. Le dernier message posté est en apparence semblable à tous les autres, constitué d'une courte séquence de phrases répétées en boucle :
pouvez-vous le voir ? pouvez-vous voir ce qui se passe ? pouvez-vous les voir ? pouvez-vous voir ce qu'ils tentent de contacter ? posez-vous cette question : y a-t-il plus d'un côté [sens?] à chaque plancher [histoire?] ? et si c'est le cas, de quel côté êtes-vous? [...] ça se rapproche. tout ce que vous avez à faire est continuer à chercher.
En revanche, un examen attentif permet de découvrir le premier indice concret laissé dans le blog : entre les lignes, à peine visibles, on peut lire les mots : "La réponse est dans les téléviseurs".



 Il est vrai que des téléviseurs apparaissent dans plusieurs des vidéos du blog, mais l'explication proposée par un internaute européen - des portails vers des univers parallèles au nôtre, plus sombres, plus sinistres, les lieux de tournage étant situés dans une sorte d'entre-deux - me semble peu satisfaisante, au vu du cadre dans l'ensemble familier des vidéos.

Le texte était suivi de près par une nouvelle vidéo, plus sombre et dérangeante que les précédentes. Elle prenait place dans ce qui semble être une vieille demeure. Entre autres éléments déjà aperçus plusieurs fois (une fois de plus, on voit une porte se claquer toute seule), une nouvelle figure mystérieuse, que certains désignent sous le nom de "White Face", y apparaissait. On le voit rôder dans l'ombre pendant la majeure partie de la vidéo, dans le coin des pièces ou derrière les fenêtres. Après une apparition dans une salle de bains, on le retrouve allongé sur le lit d'une chambre à coucher, meublée à l'ancienne, avec une coiffeuse adossée contre l'un des murs - coiffeuse dont le miroir, étrangement, ne reflète pas la personne qui tient la caméra. Pendant ce plan, on peut entendre une vieille femme fredonner sur l'air de Jesus loves me.




Peu après la parution de cette vidéo, ce nouveau message a été envoyé à plusieurs blogueurs :
Love to virgin, virgin to touch, touch to taste, taste to sex, sex to slut, slut to hate. [De l'amour à la vierge, de la vierge à toucher, du toucher au goût, du goût au sexe, du sexe aux catins, des catins à la haine.] Lorsque Mercure s'alignera avec la Terre le sens sera dévoilé. Cinq d'entre eux, avec cinq points. L'un pris sans les autres ne peut achever l'événement. Cela vous aidera à comprendre.
Il est possible que les "cinq" se réfèrent aux personnages qui parsèment les vidéos ; puisque 4 d'entre eux sont déjà apparus, il en reste un à découvrir.



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Update 3

Depuis la dernière mise à jour de cet article, deux nouvelles vidéos ainsi qu'un autre texte ont été postés sur le blog. Ainsi, on peut y lire :
ils sont un ami dans l'ombre et c'est pourquoi ils sont l'ombre. eux pas. eux pas. mais ils sont là et ils sont là. pouvez-vous voir ce qu'ils font ? pouvez-vous voir de quel côté ils sont ? [...] nous y sommes. la séquence est presque complète.



 La première de ces deux vidéos prend place dans une chambre, le mur du fond orné de vieilles photos d'enfants datant probablement des années 60 ainsi que du symbole aperçu plus tôt. Dans un second plan, filmé depuis l'étage d'une maison, on peut apercevoir Bird fixant l'objectif du regard, avant de se volatiliser. Après un second cut, la vidéo reprend dans une chambre en désordre, apparemment la même où Bag caressait la peluche, mais cette fois-ci dans un état désastreux. Un autre téléviseur s'y trouve, celui-ci accompagné d'une note, scotchée à l'écran : "Pouvez-vous voir ?". Dans un nouveau plan, cette fois-ci sur une descente d'escalier, Bird apparait à nouveau un bref instant. Apparemment pris de panique, l'homme qui tient la caméra ferme brutalement la porte - inutile car elle se rouvre aussitôt après. Bird apparait une dernière fois, juste devant l'objectif.



La dernière vidéo publiée, d'après certains la plus dérangeante de toutes, a fait son apparition deux jours plus tard. On y retrouve l'imprécation envoyée plus tôt aux followers - Love to virgin, virgin to touch, touch to taste, taste to sex, sex to slut, slut to hate, murmuré à toute vitesse par une voix faible. L'essentiel de la vidéo prend place dans une chambre, dont le lit est entouré de bougies allumées ; sur son matelas crasseux est étendue une femme à moitié dénudée, le symbole récurrent marqué sur la jambe. Dans la lumière clignotante, Bird apparait, armé d'un couteau, dans diverses poses aussi bien rituelles que sexuellement connotées. Dans les dernières secondes, la femme est relevée, une cagoule noire masquant son visage, ne tentant apparemment pas de se défendre. À la fin de la vidéo, elle et Bird ont disparu.



Pour beaucoup de blogueurs qui suivaient les publications de Mrfriend123, cette vidéo s'est vue accompagner d'un autre message obscur, envoyé directement à eux :
"Avez-vous compris ? Le plaisir est la clé. Rien ne peut l'arrêter."

De nouvelles théories ont fait leur apparition. Parmi elles, une personne suggérait que les différents personnages croisés au cours des vidéos étaient les victimes d'un tueur en série (l'homme dans le costume BDSM ?) qui, en revisitant les lieux de ses anciens crimes, était hanté par elles. La dernière vidéo l'invalide : Bird, supposée victime, n'aurait alors aucune raison d'emporter la femme (une autre victime, ou une future victime ?) hors de notre monde.

Dans l'ensemble, ces spéculations tournent en rond. Toutefois, le dernier texte qui se terminait par "la séquence est presque complète", semble suggérer qu'un élément de réponse sera bientôt publié.



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Update 4

Encore une fois, deux nouvelles vidéos et un nouveau texte ont été présentés au public. Le message est le suivant :
ils existent avec ça et ils ont vu ce que ça fait. ils vont ne faire plus qu'un avec ça et avec ça ils pourront voir. Pouvez-vous voir ? Comprenez-vous ? [...] ça se rapproche, la signification sera bientôt évidente.


  
La première vidéo met en scène deux nouvelles figures masquées, désignées plus tard par les anglophones comme "Master" et "Servant". Fait intéressant, l'une d'entre elles est une femme. En particulier, on l'aperçoit, vers la fin, agenouillée dans une posture de prosternation avant de disparaitre. Le second personnage est un grand homme dissimulé dans une robe noire, portant une cagoule de cuir. Il apparait plus longuement dans la deuxième vidéo, et on dit qu'en écoutant attentivement, on peut l'entendre murmurer des mots dans un langage inconnu.





D'après certains, Master serait le chef de la secte évoquée par certaines théories, tandis que parmi les cinq autres figures Servant serait son bras droit. L'idée a aussi fait son apparition que ces gens enlèveraient des enfants - qu'importe pourquoi - la théorie étant soutenue par la présence récurrente de peluches, et les photos dans la vidéo "Children". Quoiqu'il en soit, le dernier message l'a annoncé : s'il y a quelque chose à comprendre dans tout ça, la clé sera bientôt donnée.


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Update 5

Le 8 septembre 2015, Mrfriend123 a supprimé son blog.

La raison de la suppression est inconnue, et de nombreux internautes ont été pris de court. Cependant, deux dernières vidéos ont été postées, en même temps que le scan d'un papier administratif dont chacun des mots est raturé, sauf deux : "Contactez-nous", "Pitié". Le document comporte également quelques mots écrits en miroir : le dieu Dionysos, dont le nom est encadré ; "Séquence complète", au bas de la page. Le nom de Bunnlevel, une petite ville de Caroline du Nord, apparait également ; il n'a pas été confirmé que cette ville était bien le lieu de tournage des différentes vidéos.



Les deux dernières vidéos méritent une description détaillée.

Dans la première, intitulée "Gregory", la caméra est posée à l'avant d'une voiture qui progresse de nuit sur une route obscure. On peut entendre le son d'une autoradio en fond. En dehors de ça, pendant presque trois minutes, rien de spécial ne se passe. La vidéo se termine sur 20 secondes d'écran noir, le son de la radio toujours présent.



La dernière vidéo était intitulée "2012". Dans les premiers plans, le caméraman marche simplement dans ce qui semble être un jardin, à la tombée de la nuit d'après la lumière. On y aperçoit une statue d'ange, et le symbole Terre-Mercure réapparait trois fois. L'homme gravit alors les marches du perron d'une maison qui semble être la même que dans "The house of the deer". Il laisse la porte claquer et s'ouvrir d'elle-même avant de franchir le seuil.
La suite consiste en l'exploration de la maison à la lumière d'une lampe-torche. Un dernier personnage apparait, les yeux vides derrière son masque orné de dents pointues, portant un énorme lapin en peluche, surnommé "Teeth" par les internautes.


 Teeth rôde dans les ténèbres pendant la plus grosse partie de la vidéo. À la fin, il se met à émettre un grondement sourd, avant de se jeter sur la caméra. Il est impossible de dire ce qui se passe ensuite, car la caméra tombe au sol, continuant d'enregistrer pendant trois minutes d'un silence pesant.



Juste après avoir posté ces dernières vidéos et fermé son blog, Mrfriend123 a envoyé cet ultime message à ses followers.
"Vous savez maintenant ce qui s'est produit. Continuez de vous toucher."




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Les usagers de Tumblr continuent de se questionner sur la signification des énigmes de Mrfriend123, tandis que plusieurs personnes - sérieusement ou pour la blague - proclament avoir compris ce que cet homme tentait de dire, et suivre ses préceptes. Parmi tous ceux qui s'expriment ouvertement, toutefois, personne ne semble capable de donner une explication claire à ce phénomène étrange. Le blog a disparu, certains éléments ont été perdus, il semble que le mystère de Mrfriend123 doive rester entier.





Traduction : Tripoda

Texte original (un peu réarrangé à ma sauce)
Playlist complète
Divers contenus inutilisés ici.

samedi 26 septembre 2015

La poupée

Je lui ai donné la poupée le jour de son anniversaire.
Elle l'a tout de suite adorée, elle m'a dit qu'elle était magnifique, ses cheveux étaient tellement doux et sa robe super mignonne. Elle ne la quittait plus des yeux. Durant la journée, elle l’asseyait sur la table pour qu'elle puisse la regarder en faisant le ménage. La nuit, elle la posait près du lit, pour qu'elle nous regarde, pendant notre sommeil, ses grands yeux bleus immobiles dirigés vers le lit.



Mais l'amour de ma femme pour la poupée a brusquement changé. J'ai rapidement compris que quelque chose clochait. Je lui ai demandé, évidemment, mais elle ne voulait rien me dire, et répétait que c'était moi qui disait n'importe quoi. 


Mais jour après jour, elle se fermait de plus en plus. Jusqu'à ce que je n'en puisse plus. L'ultimatum : soit elle me disait ce qu'il se passait maintenant, soit je l'emmenais de force voir un docteur. 
Alors elle a cédé et lâché ce qu'elle avait sur le cœur. Elle m'a dit que c'était la poupée, qu'elle avait changé. Qu'elle avait l'impression de se faire constamment observer. Il semblait même que celle-ci bougeait. 


Ça m'a bien entendu inquiété et j'ai décidé de jeter un coup d’œil à cette poupée. 
Elle était assise, immobile, sur la table de chevet dans la chambre. Ses grands yeux bleus fixes toujours aussi beaux. Je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir un soupir de soulagement. Bien sûr qu'elle ne bougeait pas, c'était impossible ! J'allais faire demi-tour lorsque j'ai vu un tout petit mouvement du coin de l’œil. Je suis retourné vers la poupée pour coller mon visage au sien et fixer ses yeux. 
Quelque chose bougeait.
J'ai essayé de me concentrer, tenté de regarder plus près. Oui, incontestablement, il y avait un mouvement. Mais pas de l’œil lui-même ; c'était juste derrière. Avant que je puisse enregistrer quoi que ce soit, l’œil est sorti de son orbite pour laisser sortir dix petits asticots qui gigotaient.
Choqué, j'ai brusquement reculé, faisant tomber la poupée. 


Ma femme m'a appelé pour savoir ce qu'il se passait, mais je lui ai dit de pas s'en faire. 
J'ai donc pris la poupée, utilisé un mouchoir pour nettoyer les vers, et en pressant la peau et le plastique j'ai vu qu'il y en avait plein d'autres à l'intérieur.




Trop tôt, beaucoup trop tôt. J'avais espéré qu'elle tiendrait mieux. Je vais devoir lui en trouver une nouvelle, peut-être la garder en vie au début pour qu'elle dure plus longtemps. 
En jetant la vieille poupée, je me suis rappelé de ce que ma femme m'avait dit à propos des belles boucles blondes de la petite Kathy qui habitait quelques immeubles plus loin. N'avait-elle pas aussi de grands et beaux yeux bleus ?


mercredi 23 septembre 2015

Câblage défectueux

Il n’y a pas si longtemps, j’ai remarqué un bruit étrange provenant du climatiseur dans le mur du salon. Au début, c’était presque imperceptible comparé aux bruits typiques d’un appareil. Ça a commencé par un léger cliquetis qu’on ne pouvait entendre que quand la machine était allumée. Je l’ai d’abord attribué à l’âge de l’appartement et à celui de son électroménager. Dans l’ensemble, les appareils n’étaient pas si vieux, mais sans un entretien régulier, les choses s’usent et se cassent très rapidement. Tout dans cette habitation faisait du bruit. La machine à laver tremblait, le lave-vaisselle faisait penser à un jet en train de décoller, et le frigidaire claquait toutes les minutes et produisait un bourdonnement si puissant que je devais augmenter le volume de la télévision pour pouvoir écouter mes émissions. Vous vous doutez donc que ça ne me paraissait pas bien grave si l’air conditionné cliquetait un peu de temps en temps. J'avais fini par me convaincre que ce n'était dû qu'à l'âge de l'appareil.

C’était avant qu’il se mette à faire ce bruit de plus en plus souvent. Je l'ai remarqué pour la première fois le jour où je l'ai allumé et que le bruit ne s'est pas arrêté après quelques secondes comme il en avait l’habitude.

Je me suis dit qu’il valait mieux prévenir le propriétaire pour que la maintenance vienne résoudre le problème. Après environ une minute, le bruit ne s’est plus fait entendre et cette pensée a sombré dans mon esprit.

Une semaine était passée quand j’ai remarqué d’autre événements étranges. Des grattements dans les murs, l’électricité qui s’éteignait et se rallumait, parfois un claquement sourd pendant la nuit. Encore une fois, des choses qui pouvaient arriver à cause de l’âge des installations, peut-être une souris qui était rentrée dans le mur, ou bien un voisin bruyant qui venait d’emménager.
Je me disais qu’on pouvait trouver une explication à tout. À côté de ça, je travaillais beaucoup et n’avais pas énormément de temps libre à dépenser, donc ça ne me perturbait pas. Mais quand des objets se sont mis à disparaitre dans mon petit appartement d’une chambre, j’ai commencé à m’inquiéter sérieusement.

Je n’avais pas passé de temps chez moi pendant ce qui m'a semblé être quelques semaines. Entre le travail et les amis, je ne rentrais que pour me laver et dormir. Il m’est venu l’idée que je devrais essayer de faire une inspection approfondie des lieux et trouver où mes affaires avaient atterri. J’ai remarqué que plusieurs objets avaient été déplacés : la télécommande de la télévision, une calculatrice, plusieurs paires de chaussettes et une chaussure. Je me suis alors mis au travail, pièce par pièce (il n’y en avait que 4 à dire vrai). J’ai fouillé de fond en comble pour retrouver mes affaires et j’ai remarqué de plus en plus d’objets manquants.

Tout en me demandant où tous ces objets avaient pu atterrir, j’ai allumé la TV, je me suis assis dans ce qui avait autrefois été mon canapé, à présent un étranger dans ma propre demeure, et j’ai remarqué quelque chose. La télévision n’était pas allumée. J’ai essayé d'allumer ma lampe, mais rien ne s’est passé. En proie à l’irritation, j’ai lâché un juron.
Je me suis levé et ai tourné la molette de ma stéréo : rien. J’ai testé tous les appareils pour voir si l’un d’entre eux fonctionnait. En vain car aucun n’était en état de marche, à part, étrangement, l’air conditionné qui faisait de plus en plus de bruit. Un puissant cliquetis s’est fait entendre pendant quelques minutes avant de s’atténuer. J’ai entendu un claquement sec et l’appareil s’est arrêté de fonctionner à son tour.
J’ai pensé, sans être totalement convaincu, qu’il y avait eu une coupure de courant et que l’électricité reviendrait le lendemain. J’ai eu du mal à m’endormir cette nuit-là. Les voisins faisaient un boucan exceptionnel et la coupure de courant m’avait rendu nerveux. Je me suis réveillé pour me rendre compte que le courant n’était toujours pas revenu.

J’ai pris une douche, me suis habillé et me suis rendu à la porte de mes voisins pour leur demander si ils avaient eu des problèmes similaires. J’ai frappé plusieurs fois, sans obtenir de réponse. J’ai décidé que c’en été assez, j’ai été au bureau de maintenance pour me plaindre de tous ces problèmes et, avec un peu de chance, les résoudre. Quand j’ai ouvert la porte, l’odeur viciée de renfermé m’a sauté aux narines. L’endroit était en  désordre, le bureau était couvert de paperasse et de cendres de cigarette, la peinture des murs était écaillée, il y avait des taches dégoulinantes sur les vitres et la télévision fixée au mur ne diffusait que de la neige. Derrière le bureau était assis un homme, mince et grisonnant, qui avait l’air de ne pas s’être lavé depuis une semaine. Je lui ai expliqué que tous mes appareils avaient soudainement arrêté de fonctionner. Il m’a jeté un regard sarcastique avant d’attraper brusquement sa boite à outils et de me suivre jusqu’à mon appartement.

Je lui ai dit que je l’aurais appelé si le téléphone avait fonctionné. Je l’ai aussi prévenu que je ne pensais pas que ce soit dû à une panne de courant car la climatisation avait fonctionné un peu avant de s’éteindre.
Il m’a proposé d’aller y jeter un coup d’œil, avant de se rendre devant l’unité. Il a dévissé la coque et a regardé dedans. Il a allumé sa lampe torche et s’est mis à fouiller les entrailles et à dévisser différents composants avant de s’interrompre soudainement et de sortir de l’appareil un petit objet accroché à un fil qui ne semblait pas provenir de la machine. Il m’a regardé avec un sourcil froncé.


Il m’a demandé si ça m’appartenait, mais je ne pouvais pas identifier la chose. Il m’a expliqué que c’était une de ces caméras espionnes. Avec un regard sournois, il m’a demandé si j’avais amené des femmes chez moi pour les filmer en secret.
Je lui ai demandé ce que cette chose faisait chez moi, je commençais à être effrayé et un peu irrité.
Il a haussé les épaules et a dit qu’il allait voir où le fil mènerait. Il l’a suivi de ses mains puis a arrêté pour regarder à l’intérieur de la cavité.
Il avait trouvé un petit trou dans le mur. Il a sorti son marteau et s’est mis au travail en enlevant des morceaux du mur et en suivant le câble. J’étais terrifié.


’Qui a mis ça là ?’, ‘Ce vieux type crade me regardait ?’, ‘Est-ce qu'il y a d'autres machins comme ça chez moi ?’. Toutes ces questions me torturaient l’esprit tandis que je le regardais travailler.
Il a marmonné quelque chose entre ses dents. Impatient, je lui ai demandé ce qu’il avait trouvé.


Quelqu’un avait apparemment raccordé tous mes branchements. Il s’est reculé pour me laisser voir ce dont il parlait.
Je lui ai demandé pourquoi quelqu’un aurait voulu faire ça et il m’a répondu qu’il supposait que c’était pour voler mon électricité. Il m’a demandé si j’avais remarqué quelque chose. Son ton calme me poussait à bout. 


J’ai repensé aux bruits étranges que j’entendais dans mes murs, les grattements, les lumières qui s’éteignaient sans prévenir. Ce qui me semblait autrefois anodin me faisait maintenant battre le cœur à toute allure.
Je lui ai dit que j’avais remarqué quelques petites choses çà et là mais que je n’avais pas été très présent ces deniers temps.


Il m’a regardé comme si je débarquais de la planète Mars, puis s’est remis à suivre les fils dont le réseau ne cessait de s’étendre. Certains fils nous menaient à d’autres caméras miniatures, cachées derrière des conduits d’aération et dans les coins d’ombre. L'une d'entre elles avait même son objectif dissimulé dans l’œil d'un portrait.
Je me demandais comment il se faisait que je ne les avais pas remarquées avant. Mon cœur battait de plus en plus vite à mesure qu’il trouvait de nouvelles caméras. Il a continué à les débusquer, une par une. Il est apparu que tous mes appareils électroménagers avaient été reliés à un câble commun qui menait à ma chambre. Mon cœur s’est arrêté de battre.

Je lui ai demandé depuis quand c’était là, et il m’a répondu que ça ne devait pas faire très longtemps, car ils vérifiaient toute l’installation d’un appartement avant de le louer.
Il a continué à creuser le mur avec son marteau en suivant les câbles qui m’emplissaient d’appréhension, jusqu’à s’arrêter devant le dernier trou qu’il avait ouvert pour regarder dedans avec  sa lampe. D'après lui, les deux murs étaient séparés par un espace assez large, et il y avait quelque chose qui brillait à l’intérieur.Il a creusé une ouverture assez grosse pour pouvoir rentrer, et a disparu dans le mur de ma chambre. 


Il en est ressorti quelques secondes plus tard avec une expression sinistre sur le visage. Son teint était devenue pâle : il ne ressemblait plus à l’homme calme et sans peur qu’il était avant de pénétrer dans le mur.

Il m’a prévenu que ce qu’il allait m’annoncer n’allait pas me plaire. C'était une pièce cachée, pleine d’écrans et d’autres appareils. Il semblait que quelqu’un vivait dedans mais il n’avait vu aucune trace de lui. Il a dégluti et m’a conseillé de déménager.





Le jour même, j’ai fait mes bagages et je suis parti m’installer chez ma mère. Je n’avais pas envie de passer une seconde de plus dans cet appartement. Pendant les jours qui ont suivi, la police a inspecté les lieux. Ils ont trouvé vingt écrans, tous reliés à des magnétoscopes installés dans ce petit habitacle creusé entre les murs. Étrangement, aucune cassette n'avait été trouvée. Aucune trace non plus de cette chose qui m’avait regardé pendant toutes ces nuits.


Quelques semaines s’étaient écoulées quand une petite boite est arrivée sur le perron de la maison de ma mère. Rien n’était indiqué dessus, mais il contenait toutes les affaires qui avaient disparu de mon appartement. J'y ai aussi trouvé un morceau de papier déchiré et sale avec un message à peine lisible griffonné dessus :







CETTE NOUVELLE MAISON ME PLAIT BEAUCOUP PLUS




Traduction : Ruthveun

Creepypasta originale ici

lundi 21 septembre 2015

La créature du sentier

Il était une fois un village rural, très petit et silencieux. Il était tellement petit qu'il n'y avait qu'une seule route qui y menait, que les visiteurs empruntaient souvent pour s'y rendre et en sortir. Cependant, il y avait une règle importante que les citadins imposaient à propos de cette route : ne jamais y aller seul.

Elle était strictement appliquée par les villageois, mais un jeune garçon curieux du village décida de briser cette règle. Il partit un jour, quand personne n'était dans les alentours, pour explorer
seul la route.

Tandis qu'il s'approchait du chemin pour la première fois, il réalisa qu'il y avait quelque chose de vraiment étrange à son propos. Même s'il savait qu'il y avait toujours des gens qui venaient dans la ville, la route elle-même semblait être à peine empruntée.

Les mauvaises herbes avaient grandi sur tout le chemin, et il était si mal entretenu qu'elles arrivaient jusqu'à la taille du garçon. C'était difficile de marcher vite, mais ça ne le dissuada pas.

Déterminé à rendre son voyage utile, il s'enfonça dans le fourré, en regardant par dessus son épaule de temps à autre pour être sûr que personne ne regardait. Il se dépêcha, en espérant sortir du champ de vision de n'importe quel passant.

Cependant, l'allure du garçon fut soudainement coupée par le bruit de quelque chose qui bougeait dans l'herbe, près de lui. Son cœur fit un bond tandis qu'il stoppa, regardant et écoutant la source de la perturbation.

La prolifération était tellement épaisse qu'il ne pouvait rien voir, mais il pouvait entendre le bruit de quelque chose qui rampait, dans l'herbe près de son pied. Il pouvait deviner que ce n'était pas très grand, mais quelque chose lui donna une sensation horrible... La sensation d'être traqué.

Le garçon fut submergé par un sentiment de désespoir croissant tandis qu'il réalisait qu'il était allé trop loin sur la route pour pouvoir rebrousser chemin avant que la créature ne l'atteigne, et l'herbe l'empêchait de se déplacer à sa pleine vitesse.

Soudainement, le garçon sentit qu'il était observé. La créature l'avait repéré. Du coin de l’œil, il pouvait discerner une large paire d'yeux et des canines, longues et aiguisées, fixées sur lui. Le cœur du garçon battait à tout rompre alors qu'il se retournait pour faire face à la créature.

Soudainement, une main agrippa son bras. Le garçon sursauta et regarda, juste pour voir le visage d'un des plus anciens du village. "Idiot ! Tu n'as rien trouvé de mieux que de venir ici seul ?" L'homme saisit le garçon et courut avec lui jusqu'au village.

Le cœur du garçon s’emballa alors qu'il sentait que la créature les suivait, mais elle ne les rattrapa pas. Ils coururent, en suffocant, jusqu'à s'être échappés et rentrés dans la ville.

Après avoir repris leur souffle, le vieil homme gronda le garçon, pour avoir ignoré les avertissements des villageois. Quand il eut fini, il leva les yeux et soupira. "Je pense que tu es assez grand. Tu as le droit de savoir."

L'homme conduisit le garçon jusqu'à sa maison. Elle était vraiment très grande et, tandis qu'ils entraient, le garçon vit des étagères remplies de livres à propos de créatures dont il n'avait entendu parler que dans des histoires.

Des hommes mystérieux en blouse de laboratoire étaient assis, en train de les étudier. Le vieil homme emmena le garçon dans une salle, au fond. Il s'éloigna, et dit : "Je vais te dire la vérité à propos de ce que tu as vu aujourd'hui..."

Tout à coup, l'homme se tourna face au garçon, le regardant fixement. Son regard perçant le figea sur place.
"Mais d'abord, je dois te poser une question..."






 Traduction : RedRaven

Texte original

vendredi 18 septembre 2015

Sujet A24

Trouvé sur le blog  http://www.ma-vie-en-internat.blogspot.fr (supprimé depuis).

Bonsoir à tous, désolé de pas avoir écrit depuis un moment mais l’internat c’est vraiment terrible, j’ai plus aucun temps pour moi. Pour donner des nouvelles, je suis toujours au CHU de ***** en 5ème année de médecine.

Alors en rangeant les archives un soir (oui les internes sont de vrais esclaves), j’ai retrouvé un document audio bizarre et qui avait l’air de dater. C’était dans un vieux carton pourri, bien caché en haut d’une étagère. Il avait failli me tomber dessus !
Bref. C’est une expérience faite par un certain Docteur Malibot. Enfin, c’est le nom écrit sur une des cassettes.
Quand elle m’a vu avec le carton, la vieille bique de bibliothécaire a appelé mon chef de service et me l’a pris. Mais bon, vous me connaissez, j’ai réussi à garder une cassette dans la poche de ma blouse.
Au fond je pense que je ne devrais pas retranscrire ce qu’il y a. Encore moins le mettre en ligne sur mon blog. Mais, je ne sais pas... Si c’est ce que je crois, j’ai l’impression que je dois le publier.

Je dois cependant préciser deux choses qui sont assez perturbantes dans cet enregistrement.
La plus dérangeante (et je vous jure que c’est vraiment horrible à entendre) : la voix n’a - malgré le registre et les mots utilisés - aucune émotion. Mais vraiment aucune. Avoir eu à réécouter plusieurs fois cette voix morne... Ça m'a vraiment mis mal à l'aise. Pourtant, j'en ai vu de ces trucs à l'hôpital !
Ensuite, et ça je m’en suis rendu compte au bout de quelques écoutes : le seul son que l’on entend est la voix de la « patiente ». Aucun bruit de respiration, ni d’objet.


"17/12/1999
Début de l’enregistrement, compartiment A24 :

C’est quoi cet endroit ? Il fait noir. Je... Je ne peux pas bouger, aidez-moi... C'est quoi ces électrodes sur mon front ? Pourquoi y'a des fils partout ?
Il fait froid ici. J’ai froid, j’ai horriblement froid. Pourquoi je ne peux pas bouger ?!
Ok, tu peux t’en sortir. Concentre-toi sur une petite partie de ton corps. Le petit doigt. Allez, on le bouge ! Tu peux y arriver ! Rapidement, allez... Ça... Ça... Ça sert à rien !

Où je suis, putain ? Réfléchis, réfléchis... J’étais chez moi, puis... Puis je suis sortie, j’ai traversé la rue et... Et quoi, putain ? Je me souviens de cette lumière. Je... Me souviens du camion... Je... Où je suis... ?! Oh mon dieu, mon dieu, pourquoi moi ?


De la lumière... C’est horrible ; c’est beaucoup trop blanc ! J’ai cette putain d’ampoule dans la gueule.
Qui... Qui êtes-vous ?! Pourquoi vous portez ce masque ?
Répondez... Je sais que tu m’entends, connard, arrête de me regarder comme ça...
...
Je vous en supplie.
Enlevez ce masque ! Dites-moi où je suis. Pitié. Pourquoi je ne peux pas bouger... ? Je suis sûre que vous m’avez droguée !?
Qui êtes-vous ? Je ferai tout ce que vous voulez... Je vous promets que je ne dirai rien.


Aïe. Arrêtez de me piquer. Putain, arrête avec ton aiguille. Me touchez pas. Me touche pas. Où sont mes parents ? Ma sœur ? Je sens que je glisse... Où il m’emmène encore... ? J’ai peur. Il fait de nouveau noir. Je suis fatiguée. Je ne dois pas dormir. Je ne dois pas dormir. Je ne... dormirai... pas.

18/12/1999

J'ai l'impression de devenir folle. Je ne sais plus trop si je dors ou pas...
Il fait totalement noir. J’ai toujours froid. Il a dû éteindre la lumière, ce connard. Pourquoi il ne me fait rien ? Qu’est-ce que c'est que ce détraqué... Je l’entends respirer. Je t’entends, tu sais ! Je t’entends respirer à travers ton masque.


Tu n’es pas seul... Y'a qui avec... ? Ma...


Maman ? Maman, c’est toi ?


Pourquoi tu réponds pas ? Maman, je t’en supplie, écoute-moi. Arrête de parler à l’autre ! Maman ! Maman, je suis là ! Maman !! Dans le noir ! Pourquoi la lumière est éteinte ?
Maman... Maman, pourquoi tu pleures en répétant mon nom ? Je suis juste à côté ! Je suis là ! Non, ne pars pas !! Maman...


Je dois absolument sortir d’ici !
Oh mince, j’avais pas remarqué, mon dieu ça sent fort. Le formol, le propre. L’alcool. Je dois être dans un hôpital. À l’aide... À l’aide !!! Pitié, quelqu’un...

Putain. Je dois saigner... Je ne vois rien. J'ai l'impression de me vider de mon sang.
Je t’entends, du con.
Je t’entends...
Je... t’entends.

19/12/1999

Je ne sais pas ce qu’il m’a fait, ni ce qu’il me veut. Je suis dans le noir et le silence total, mais je sens encore ces mains me toucher. Est-ce que je vais mourir... ? Sauvez-moi. J’ai peur. C’est horrible.


Je ne dois pas me laisser aller. Je sens que je perds pied. Je dois chanter.
Promenons-nous dans les bois...


Je sens que je devrais avoir plus mal que ça. J’ai l’impression d'avoir le ventre ouvert, mais ça fait pas mal. Je n’ai pas mal. Pas. Mal... Est-ce que je rêve ?


Je ne veux pas partir. Je... Je m’endors. Je sens une pression sur ma main. Il me tient la main... Il sait...  J’ai peur... J’ai...

Fin de l’enregistrement."

Il y avait aussi une note que j'ai réussi à récupérer :

"Conclusion du médecin légiste, Dr. M.
Expérience CAP,
Consiste en pose d’électrodes sur la partie frontale du cerveau.
Traduction des ondes émises par le cerveau en ondes radios enregistrées sur cassette audio.

La patiente du tiroir A24.
Son état de conscience post-mortem a duré trois jours.
Par ordre de disparition des sens :
- La vue,
- L’ouïe,
- L’odorat,
- Le toucher et la nociception (sensation de douleur ndla).
Conclusion : théorie de conscience post-mortem validée.

Note : éviter les autopsies avant minimum quatre jours post-mortem."

Le reste est illisible.