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lundi 17 septembre 2018

Littéralement

Il y a quelques années de  ça, j'avais été contacté par un ancien pote du lycée, qui m'avait demandé mon aide. Il n'avait pas oublié mon gôut pour tout ce qui touche à l'espionnage, films, gadgets, livres, etc. Il savait que j'avais du matos de ce genre, et avait besoin d'un micro-espion ; micro qui se place sur quelqu'un pour enregistrer une conversation à son insu.
A vrai dire, cela faisait pas mal de temps que j'avais délaissé cet univers. J'étais adulte maintenant, j'étais marié, j'avais 2 enfants. Tout ce "matos", je l'avais bien évidemment gardé, mais il devait être dans mon grenier maintenant, prenant la poussière. Cependant, l'histoire qu'il m'avait racontée m'avait presque convaincu. Pas seulement de lui prêter le matos, mais surtout de l’accompagner dans son aventure. C'était follement excitant, cela ravivant en moi des souvenirs et passion,  me rappelant pourquoi j'adorais cet univers.


Il m'avait donc "presque" convaincu, comme je l'ai dit. Il faut dire que j'étais assez lâche. J'adorais voir les gens dans les films prendre des risques, mais moi, je ne voulais jamais en prendre. Ma vie était simple et tranquille, pourquoi gâcher tout ça ? Sa réponse a été simple, elle aussi : L'argent. Il m'avait promis une belle liasse de billets si je l'acompagnais. J'avais donc accepté.


Mon pote n'était pas marié, mais il avait énormément d'amis. Il était actif et aidait dans beaucoup d'associations, d'oeuvres de charité, tout ça. Il avait vraiment l'air d'être quelqu'un de bien. La semaine d'avant, une de ses amies, qui appartenait à une association venant en aide à des personnes âgées seules et isolées, et qui ne voulaient pas quitter leur domicile pour vivre leurs derniers jours dans une maison de retraite, avait disparu.
Son amie était partie vivre quelques jours avec un vieil homme habitant dans une maison isolée de la ville, au beau milieu d'une forêt, histoire de voir si le vieux se débrouillait bien tout seul, ou s'il fallait prévenir quelqu'un pour qu'il soit aidé dans son quotidien. Seulement, elle n'avait plus donné de signes de vie depuis qu'elle y était allée. Des membres de l'association y étaient bien allés pour demander des comptes au vieux, mais en plus d'avoir été très mal acceuilli, le vieux  leur avait certifié qu'il n'avait reçu aucune visite depuis des semaines. Même la police, qui avait enquêté, n'avait rien trouvé de suspect.
Mon pote du lycée avait alors décidé d'y aller lui même, sous couverture, histoire de faire avouer le vieux d'une façon ou d'une autre, par la ruse, ou par la force s'il le fallait. On avait mis au point un plan pour pouvoir arriver à nos fins : mon ami se ferait passer pour un inspecteur des impôts, qui viendrait vérifier si la déclaration du vieux était conforme. Il fallait que celui-ci soit mal à l'aise, qu'il ait peur d'avoir mal déclaré ses impôts, et que mon ami se montre encourageant et gentil, histoire de l'amadouer, et de faire croire au vieux qu'il suffirait de faire ami-ami avec l'inspecteur des impôts pour échapper à une sanction.
Un plan ambitieux, mais qui pourrait marcher. J'avait alors équipé mon ami d'un micro espion, caché sous sa chemise, et d'un émetteur. Quant à moi, j'étais planqué dans une camionette, à quelques mètres, cachée dans la forêt, ou j'enregistrais toute leur conversation.
Le plan s'était déroulé encore mieux que prévu. Le vieux avait vite entrepris de se mettre mon ami dans la poche, et l'avais même invité à diner.
Et c'est là que tout a dérapé. Mais au lieu de vous raconter, je vais directement vous passer la fin de l'enregistrement, vous comprendrez mieux. J'en ai gardé une copie. Je vous passe le début, qui n'est pas vraiment intéressant.




Début de la retranscription de l'enregistrement :
- Vous reprendrez bien un peu de vin blanc, monsieur Dupuis ?
- Oui, volontiers, il est délicieux. Monsieur Paul, vous vivez seul depuis longtemps ?
- Oui, je n'ai plus de famille. Ils sont tous morts. Tous ! Ils m'ont laissé seul depuis bien longtemps.
- Et personne ne vient vous rendre visite ?
- Pas vraiment, à part ces crétins des associations qui viennent en aide aux personnes âgées. Ils pensent que je ne peux pas me débrouiller seul. Mais ils ont tort !
- Ah vraiment ? Ils viennent souvent ?
- Il y en a une qui est venue la semaine dernière. Une petite grosse. Cette truie etait insuportable... Vous reprendrez bien un peu de viande ?
- Volontier ! Insuportable, c'est à dire ? Elle voulait vous forcer à quitter votre domicile ?
- Non, ce n'est pas ça. Vous voyez, s'il y a bien quelque chose qui m'insupporte, c'est la manière qu'ont les jeunes de parler, ces temps-ci. Quand je les vois parler à la télévision, ça me mets en rage. Ils ne savent plus parler français ! Je pourrais facilement en tuer un, si il parlait comme ça devant moi.
- Et cette femme parlait mal le français ?
- Elle était insuportable. Elle utilisait le mot "Littéralement" à tous bouts de champs ! Et voilà qu'elle était "littéralement" en larmes quand elle regardait les infos, alors qu'elle ne pleurait pas du tout. Elle était "littéralement" morte de rire, alors qu'elle n'avait même pas un sourire sur son visage. Je vous jure, j'étais vraiment exaspéré. Je déteste qu'on utilise ce mot pour rien ! Ça a duré pendant les deux jours ou elle est resté ici.
- Et elle est partie sans essayer de vous convaincre de partir avec elle ?
- Partir ? Haha, non. Vous ne comprenez pas. Je vous ai dit que je détestais ces jeunes qui parlent n'importe comment. Hors de question que je la laisse partir.
- Comment ça ? Elle est encore ici ?
- Non. Au bout de deux jours, j'étais tellement en colère à cause de ses "littéralement", que je me suis dit que la prochaine fois que je l'entendais utiliser ce mot, je la corrigerais. Je ferais en sorte que ce mot soit correctement utilisé.
- Ah... et que s'est il passé ?
- Et bien, elle avait chaud, et elle s'est écriée : "Je suis LITTÉRALEMENT en train de cuire".
- Ne me dites pas que...
- Si, ce furent ses dernière paroles. Vous aimez votre viande ? C'est de la truie. Bien juteuse. Est-elle assez cuite ?
- Mais c'est pas vrai ! Je... Je...
- Vous avez du mal à respirer ? Reprenez donc un peu de vin... C'est une cuvée mortelle... Littéralement.




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Voilà, ça a été la dernière fois que j'ai vu mon pote du lycée. On m'a souvent demandé "pourquoi tu n'es pas allé l'aider ?". Et bien parce que, comme je l'ai dit, je suis un lâche. Je sais que j'aurais peut être pu l'aider ce jour là, même s'il était déjà probablement condamné à cause du poison. Mais, que voulez-vous, sur le coup, j'ai préféré m'enfuir.
Grâce a cet enregistrement, que j'avais tout de suite apporté à la police, le vieux avait pu être coffré. Ils avaient pu analyser la viande contenue dans son frigo, et il s'agissait bien du corps de la femme de l'association, qui était portée disparue. Ils avaient également retrouvé ses ossements enterrés profondémement sous terre, dans la forêt. Mon ami était encore en train d'être dépecé quand la police est arrivée sur place.


Témoignage donné par Alexandre A, pour une revue spécialisée.



Petit trou dans les parutions pour cause d'indisponibilité de l'équipe au complet cette fin de semaine. Désolé !

15 commentaires:

  1. Une bonne histoire bien angoissante...
    Comme j'aime.

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  2. C'est bien racontée je trouve :)

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  3. Sombre et terrifiant. Bonne pasta , j'approuve ^^

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  4. J'ai déjà lu 😉 mais franchement sa ne m'a rien fait mais elle est bien quand même, n'empêche c'est chelou à force de lire des pasta plus aucune pasta ne me fait peur😂😂😂

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  5. Ouah~ J'adore~ ** Ce site m'avait manqué !

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  6. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  7. C'etais littéralement effrayant xD

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  8. C’etait previsible que la grosse soit le repas

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  9. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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