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Petit rappel amical : les creepypastas ne sont pas nécessairement des fictions, elles peuvent aussi être partiellement ou entièrement tirées de faits réels, c'est ce flottement qui fait leur charme (même si c'est plus facile à deviner pour certaines, on sait). Merci donc de ne pas nous assimiler à un Wattpad de l'horreur.

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lundi 17 mars 2014

Dans les allées de la folie

Mon nom est Richard et j'ai récemment emménagé dans une maison dans un trou paumé. Cela a peu d'importance car je ne vais pas parler de ça, mais plutôt de ce que j'ai fait. Je suis un ancien meurtrier et je dois avouer que je n'ai jamais vraiment regretté tout le plaisir que j'ai pris dans le passé. Je torturais toutes mes victimes avec soin. Je pouvais prendre mon temps et incarner tous mes fantasmes sur leurs corps dociles: je les droguais de manière à ce qu'on ne m'entende pas.

Ça pouvait pas durer pour toujours, allez. Il a bien fallu un jour que j'utilise une seringue trop vieille, ou de la drogue périmée, ou juste une dose trop faible. Et que la fille se réveille trop tôt, lui laissant assez de temps pour se faire entendre. Ce jour-là, les gens ont découvert mon petit secret, et j'ai été arrêté. Con de juge trop clément: je n'ai pris que 10 ans. À ma libération, la police a bien pris soin de me mettre dans une maison éloignée de tout le monde. Je dois avouer que j'avais bien rigolé avant d'être en prison...

Sauf que maintenant j'en paye réellement les conséquences...


Ça va faire 85 jours que je suis ici, et chaque jour est un enfer. Je vois les murs pourrir, le sol aussi : tout. Même moi je crois que je me dégrade peu à peu.
Pourquoi ? C'est parce que j'ai été une des pires enflures que ce monde ait connu? Sûrement, et c'est sûrement pour ça que chaque jour je revois mes victimes...
Elles ont changé. Elles ne ressemblent pas à ce qu'elles étaient avant.
Elles n'ont rien de torturé. C'est juste que... Merde ça va me suivre longtemps je pense. Je crois que je le mérite... J'aime ça...


Aujourd'hui ça a l'air assez calme, je n'entends rien et je n'ai encore vu aucune de mes victimes. C'est peut-être un signe, je ne sais pas. Ça m'étonnerait, je ne pense pas que je le mérite... J'ai entendu des bruits venant
du couloir... Je ne sais pas si je dois aller voir, vous savez comme moi ce qu'il y aura là-bas: une de mes victimes. C'est sûr que je suis habitué...
Je suis allé voir et... merde... bon dieu ne me dites pas qu'elle se... moi, j'avais compris... mais vous, je sais pas...
Elle marche vers moi, elle est nue, elle avance bizarrement... À chaque pas on dirait qu'elle va tomber, elle est en face de moi, elle ne bouge plus...
Sa tête se relève. Elle me sourit... ce visage... c'est... c'est le visage de toutes mes victimes... Bon dieu, qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça... Je sais que je ne suis qu'un porc mais... c'est marrant...

Là, je ne peux plus tenir... j'ai envie de la... je vais craquer... JE VAIS BUTER CETTE MERDE, ET JE VAIS ME FAIRE PLAISIR!








Ça fait six jours que je l'ai tuée, et ma vie a changé. Je me sens mieux moralement et physiquement... surtout physiquement. Mais mon moral me joue encore des tours... quand je me regarde dans la glace, je vois un monstre... hin hin... Peut-être que c'est vrai après tout...





Shadows Requiem nous aura devancé de quelques jours dans l'utilisation de cette image en s'en servant pour illustrer The Russian sleep experiment. Ha ha, un point pour vous. Dommage, dommage...

mardi 11 mars 2014

Nicole

Quand j'étais petite, je passais mes mercredis chez ma grand-mère. J'aimais par-dessus tout monter dans le grenier pour retrouver Nicole, une poupée magnifique. Le jouet favori de ma mère étant petite.
J'aime cette poupée, son visage de porcelaine, ses cheveux bruns légèrement frisés et sa robe de dentelle fine.
Je l'aime tellement, je voudrais qu'elle soit à moi, mais Grand-mère refuse qu'elle quitte le grenier sous prétexte qu'elle est trop fragile et que je suis trop jeune. Mais aujourd'hui j'ai 17 ans, je suis grande et j'ai décidé d'emporter Nicole à la maison. Grand-mère ne s'en apercevra pas de toute façon, elle ne peut plus monter au grenier à cause de ses genoux.

J'ai élaboré un plan pour m'emparer de mon trésor au nez et à la barbe de Grand-mère et aujourd'hui je le mets à exécution.
Ma mère emmène Grand-mère faire des courses. Je me retrouve seule chez elle avec le champ libre. Vite, direction le vieux grenier. J'avale les marches deux à deux, mue par un sentiment de peur et d’excitation. J'ai une boule au ventre, mes mains tremblent et ma respiration se fait plus rapide. C'est un vol que je commets... Non. De toute façon, Grand-mère aurait fini par céder et me l'aurait offerte. Je ne fait qu'anticiper ses actes.

J'arrive enfin, ces marches m'ont semblé interminables. Je suis un peu essoufflée. Sûrement à cause du stress. Le grenier est sombre, il n'y a jamais eu d'électricité dans cette pièce. L'unique source de lumière provient d'une lucarne partiellement couverte d'un drap. Seuls quelques rayons aveuglants filtrent à travers ce linceul, ils sont tout juste suffisants pour effacer les ténèbres et transformer les ombres immobiles en objets réels. Ce grenier est bien rempli.
Je me mets en quête de la poupée parmi les formes se découpant dans l'obscurité et les ombres rebelles. Enfin, elle apparaît. La voici, assise sur une grande malle rouge. Elle m'attend, immobile, me fixant de ses yeux de verre.
La poussière s'est accumulée au fil des années. Je commence à épousseter les vêtements de la poupée, puis ses cheveux. C'est alors qu'un détail m'interpelle. En examinant la tête de plus près, je remarque une sorte de pli sur les cheveux et une marque sur la tempe, semblable à de la colle sèche et sombre. Ces marques semblent avoir été laissées par un couvre-chef. La poupée doit avoir un chapeau. Quelle nouvelle ! Si je retrouve ce chapeau, la poupée n'en sera que plus belle.
Ravie de cette découverte, je pars à la recherche du trésor. Je remue l'opacité du grenier, retourne les fripes, ouvre les boîtes... Rien. Seule la poussière qui s'élève au fur et à mesure de mes recherches. J'abandonne. Dommage. Je me dirige vers la poupée, la soulève. Elle est si légère.

Pourquoi n'y ai-je pas pensé ?
La malle rouge...
Mais oui, toutes les affaires de Nicole doivent s'y trouver. Seulement, il faut une clé pour l'ouvrir.
Je ne veux pas abandonner aussi près du but. Il doit y avoir un moyen d'ouvrir cette malle. J'examine le coffre et remarque que les gonds sont simples à démonter. Je me mets au travail et en quelques minutes la malle cède et livre enfin ses secrets.
Un fabuleux trésor apparaît devant mes yeux ébahis.
Des robes de dentelles, une dînette en porcelaine, quelques peluches vieillissantes... Mais pas la moindre trace d'un chapeau. Je poursuis mes recherches. Au fond de la malle, je tombe sur un tas de tissus teintés de marron et de rouge. Les tissus sont rêches, comme si de la peinture avait séché dessus. Je tire un morceau et l'étends devant moi. Ce bout de tissu se révèle être un t-shirt sale, moucheté de taches sombres avec une petite fleur brodée. Le même genre de vêtements que portait ma mère quand elle était enfant.
J'attrape à bras le corps ce tas de tissus pour le sortir de la malle. Au moment où je le soulève, j'entends tomber quelque chose sur le sol. Je me penche. Je ne distingue qu'une forme dans le noir. J'étends le bras dans les ténèbres pour me saisir de l'objet.
Il s'agit d'un carnet d'écolier portant le nom de ma mère. Cédant à la curiosité, je l'ouvre et commence à le lire.
Les premières pages contiennent des exercices d'écriture, des dictées et des problèmes de calculs.
Puis l'écriture change. Les pages sont remplies de mots très serrés rendant la lecture difficile et la pénombre du grenier n'arrange rien. Néanmoins, je parviens à déchiffrer ces pages :


« Je veux vivre.
J'ai peur, peur de mourir.
Je ne veux pas mourir.
J'ai réussi à lui voler son carnet et son crayon.
Je veux qu'on vienne me sauver.
Je ne sais pas depuis combien de temps je suis enfermée ici. Il fait noir et j'ai peur.
J'ai pourtant cru que ce n'était qu'un rêve au début, je me souviens que je suis allée au lit, mais je me suis réveillée ici, dans le noir.
Une femme vient me voir, Elle me parle, Elle a dit que maintenant j'étais ici, qu'ici, c'était ma maison. J'ai pleuré au début, je lui ai dit que je voulais rentrer chez moi, Elle m'a frappée, Elle m'a fait mal, très mal. J'ai pleuré en silence.
J'ai obéi pour ne plus avoir mal.
Quand Elle n'était pas contente de moi, elle me faisait mal, Elle plantait ses aiguilles dans mes bras et parfois dans mon cou.
Une fois Elle m'a frappé à la tête, Elle a frappé fort, je me suis réveillée plus tard dans le noir, seule.
J'ai froid.
Je veux ma maman.
Elle a à manger des fois. Elle me parle et si Elle est contente de moi et si je suis sage, je peux manger.
J'ai obéi parce que j'avais faim.
Je n'arrive plus à pleurer pourtant mon cœur me fait mal, mes bras aussi.
Elle est venue. Elle avait des vêtements bizarres pour moi. Elle a dit d'être sage et de mettre la robe.
J'ai obéi parce que je ne voulais pas avoir mal.
Puis Elle est venue avec une petite fille triste. Elle l'a laissée avec moi.
J'avais moins peur avec elle. Elle a parlé, elle a dit qu'elle voulait jouer.
J'ai dit oui pour ne plus être seule.
Elle voulait jouer à la poupée, mais il n'y en avait pas. Alors elle a dit que je serais la poupée et qu'elle, elle serait la maman.
Je veux ma maman.
Je veux ma maison.
J'ai accepté pour ne plus être seule dans le noir.
On a joué longtemps, puis je me suis endormie. À mon réveil, la petite fille n'était plus là.
J'ai pleuré.
J'avais peur seule dans le noir.
Elle est venue et Elle m'a fait mal. Elle a dit que j'avais été méchante et désobéissante. Elle m'a fait mal en parlant. Elle a dit que je ne devais pas parler, pas bouger et surtout, obéir.
La petite fille est revenue. Elle avait l'air triste encore. Elle m'a prise dans ses bras.
Je n'ai pas bougé parce que j'avais peur.
Je n'ai pas bougé parce que je ne voulais pas avoir mal.
On a joué à la poupée. Puis elle est partie.
La petite fille est revenue plusieurs fois. Parfois elle amenait à manger. Mais ça n'était jamais assez pour moi.
J'ai faim.
J'ai froid.
Maman.
Une autre fille est venue. Elle pleurait doucement. Ses lèvres étaient bizarres, grosses et un peu bleues.
Elle est arrivée en même temps que cette autre fille. Elle l'a installée à coté de moi, puis Elle est partie.
La fille n'a pas bougé, elle ne m'a pas regardé.
La petite fille triste est revenue. Nous avons joué ensemble, la fille à coté de moi tremblait.
Le lendemain, la fille à coté de moi dormait encore. Elle ne sanglotait plus.
Elle est venue, Elle a pris la fille à côté de moi dans ses bras et Elle est partie.
J'ai froid et j'ai très faim, et soif aussi.
Je veux qu'on vienne me chercher.
Je veux ma maison.
La petite fille, elle avait l'air heureuse. On a joué, mais elle n'avait pas apporté à manger aujourd'hui.
J'ai sommeil.
Je n'arrive plus à pleurer.
Je veux rentrer.
Venez me chercher.
Personne ne viendra me chercher.
Le crayon est de plus en plus petit, j'ai mal aux doigts.
Ma robe ne me tient pas chaud.
Quand la petite fille vient, on joue. Mais je n'entends plus quand elle parle. Je la vois à peine. Elle n'apporte plus à manger.
Je suis triste.
Mes yeux me brûlent, ils sont secs, je ne pleure pas, je ne peux plus.
Mes oreilles bourdonnent.
On joue.
J'entends sa voix, elle m'appelle :


Nicole,

Nicole.

Ce n'est pas mon nom.

Nicole,

Nicole.

C'est moi ?

Nicole,

Nicole.

Tais toi !


Nicole,

Nicole.

Oui ?

Nicole,

Nicole.

Je  suis       Nicole.

Nicole,

Nicole.

Je        suis         ta          poupée.

Nicole,

Nicole.

J    e      s    u    i  ... »


Horrifiée par cette lecture, je regarde la poupée.
Je veux en être sûre.
J'arrache le drap miteux de la lucarne et approche la poupée de la lumière.
Je lui retire sa robe et relève ses cheveux.
À ce moment, un frisson d'horreur et de dégoût me parcourt l'échine.
La belle peau blanche n'est pas de porcelaine mais d'os. Les magnifiques yeux de verre ont perdu leur éclat. Ils sont maintenant vides et me fixent dans une ultime supplication.
Ce n'est plus un joli visage que je contemple, mais un crâne humain serti de peau.
Sous la robe, au niveau de l'abdomen, apparaissent des restes d'organes momifiés par le temps.
Les marques sur sa tête et sa tempe ne proviennent pas d'un chapeau, mais du coup qu'elle a reçu et qui lui a fait perdre connaissance.
Je me relève brutalement et lâche la poupée.
Je veux sortir d'ici.
Je recule mais mon pied heurte quelque chose.
Je tombe à la reverse. Ma main s'agrippe à ce qu'elle peut, la grande tenture qui recouvre le mur. Elle cède sous mon poids, découvrant des étagères.
Des dizaines d'yeux se braquent sur moi, des sourires crispés, de la dentelle.
Des poupées.
Semblables à Nicole.
Des larmes d'effroi se mettent à couler et je vomis.
Dans ma terreur, je n'ai pas entendu les pas feutrés de ma Grand-mère qui monte les escaliers.




vendredi 7 mars 2014

Northboath

J'entends encore des râles, chaque nuit ils reviennent me hanter, chaque nuit ils se rapprochent, chaque nuit ils m'ôtent de mon existence. Ils arrivent ...

Voici mon histoire. À la vue du style que j'utilise, vous vous direz certainement que j'écris un roman fictif, et que je ne raconte pas ma propre histoire, mais ce sont mes docteurs et autres psychologues qui m'ont conseillé de raconter mon histoire sous forme de roman, pour "m'aider" à oublier soit-disant. Foutaises...

Tout a commencé lors de ce voyage maudit pour Glasgow, nous devions faire escale dans la petite ville de Northboath pour nous ravitailler et repartir après le déjeuner. Seulement, le destin et le malheur en ont décidé tout autrement...

Northboath est une petite ville qu'on peut qualifier de tout sauf "tranquille". Il s'y est donné des rites occultes et étranges. Au XVe siècle, tous les dix ans étaient organisées les "purges hérétiques", durant lesquelles un certain nombre d'individus massacraient les habitants de la ville jugés "dangereux". Les mêmes lignées et familles qui perpétraient ces massacres sont restées au pouvoir de la ville jusqu'à nos jours.

La centaine d'habitants de cette ville se répartissait les différents commerces, et s'étant voués au tourisme de transition, il y avait trois hôtels dans cette ville.

Notre groupe de voyage était composé d'une quinzaine de personnes, réparties dans ces trois hôtels. Je me retrouvais donc avec quatre autres comparses dans l'hôtel "Éternité".
J'aurais aimé justement ne pas à y repenser pour l'éternité ...

Pour en revenir à ce qui me fait haïr cette ville et détester ma propre existence, c'est ce qui m'est arrivé en visitant ce lieu morbide. La populace était morne, peu de personnes voulaient parler avec des étrangers. Ces gens étaient effrayants aussi bien que pathétiques. Faire du tourisme? Avec leur sympathie? Quelle blague. Et je ne me suis pas gêné pour le leur faire remarquer.
Quel idiot ai-je fait...

J'ai donc visité cette "paisible" ville à notre arrivée, nous ne pouvions aller à l'hôtel que vers 18h. Il me semble que nous sommes arrivés dans le milieu d'après-midi, je pense qu'il devait être 15h. J'ai déambulé dans les ruelles de cette bourgade aussi sombre que lugubre, ayant tenté de parler à quelques habitants des fameuses purges hérétiques. Les seules réponses que j'ai obtenues ont été des grognements mous, fatigués. À vrai dire, la mine patibulaire de ces gens était désolante.

J'ai fini, bien malgré moi, par me retrouver perdu dans une des sinueuses ruelles qui paraissaient oubliées. Au bout semblait siéger une simple maisonnette, mais l'étrangeté de son architecture m'est indescriptible. Un je-ne-sais-quoi d'étrangement inhabituel.

Cette horrible bourgade et cette maison loin d'être normale continuèrent un peu plus à m'effrayer. Je vis en m'en approchant que sa porte était ouverte et semblait être plus adaptée pour un être trapu et court sur pattes que pour un homme. Par une curiosité stupide, je me suis donc permis d'entrer.
Je n'y ai trouvé que vieillesse et bibelots ça et là, mais rien qui puisse réellement attirer mon attention. À vrai dire, je ne peux affirmer cela que pour le rez-de-chaussée, tant l'étage était différent. Quand j'eus gravi les marches tremblantes de l'escalier délabré, en faisant bien attention de ne pas marcher dans l'un des nombreux trous, je suis arrivé dans une unique pièce, une sorte de... grenier, si on peut l'appeler ainsi. En fait, elle était constituée de deux étagères dont débordaient divers ouvrages aux symboles étranges et anciens, si bien qu'ils feraient passer Lovecraft et R'lyeh pour des comptines enfantines. Et, à l'extrémité de ces deux étagères, sur un fauteuil se balançant de manière indescriptible, siégeait une forme humanoïde. Puis-je la caractériser d'humaine? Je crains que non. Son
image et ses mots m'ont d'ailleurs suivi depuis ma visite de cette ville. Je me suis doucement approché, prêt à réagir  au moindre mouvement, tel un chasseur à l'affût de sa frêle proie.

Et, dans un mouvement inhumain, elle me sauta dessus. L'attaque fut brève, violente, et je n'eus pas le temps de songer à avoir peur tant je me battais pour ma survie. Cette bête s'agrippa à mon buste et tenta à plusieurs reprises de me mordre, sans succès. Je finis par la repousser au fond de la salle en la projetant contre le mur. Après tant de brefs mais néanmoins exténuants efforts, je me suis approché d'elle pour voir ce qu'Elle était. Agonisant, elle expira quelques mots : "Pars ... Fuis ... Ne deviens pas comme ... ". Je n'ai su que penser de ça.

Après ces événements singuliers, j'ai préféré me cloisonner dans la chambre à l'hôtel, coupant court à ma visite de cette ville effrayante. D'ailleurs, la sortie de la maison fut rapide : j'ai dévalé les escaliers à grandes enjambées, si vite que je n'ai même pas pu sur le coup me rendre compte des événements précédents.
En fait, je dis ne m'être rendu compte de rien mais c'est plus par envie de ne me souvenir de rien. Pendant ma ruée vers la sortie, j'ai très clairement entendu le frottement d'un corps sur le sol et quelques mots d'un dialecte saugrenu qui m'était alors inconnu. Je suis pourtant sûr d'avoir compris qu'ils m'étaient destinés.

Toute la soirée, je me suis senti observé.

Mais malheureusement, le pire n'était pas encore passé. Alors même que je finissais, avec peine et angoisse, mon plateau-repas qu'un des rustres employés m'avait amené dans ma chambre, je sentis une odeur. Comme l'odeur que la bête de la maison avait pu répandre sur moi quand elle s'était jetée sur mon corps. Autre chose que j'ai oublié de mentionner, elle m'avait griffé au torse et il émanait une étrange odeur de moisissure de ma plaie.
J'ai eu un de ces réflexes qui viennent de nos plus lointains ancêtres, ceux-là même qui luttaient pour leur vie chaque jour, pour se nourrir, pour dormir. Une angoisse terrible m'avait envahi, c'était même au-delà de l'angoisse : j'avais peur.

C'était une des premières fois dans cette ville que la peur réelle, la peur que l'on ne peut avouer tant elle est opprimante, m'avait saisie.
J'ai verrouillé les deux portes de la chambre : celle menant au couloir et celle à la chambre voisine, construite en parallèle.
Ce fut étrange et bref, mais j'ai bel et bien ressenti cette peur ancienne.

La soirée s'est écoulée sans autres événements surnaturels. Si je me permets de les caractériser ainsi, c'est car ce qui s'est passé après en relève.

Alors qu'une heure sonnait à l'horloge et que ma chambre était baignée par la lumière de la Lune, généralement apaisante mais ô combien effrayante ce soir-là, les événements commencèrent. On grattait aux portes, en même temps. Et j'entendais ces terribles râles qui me suivaient depuis... Des grattements similaires, semblables à des griffes d'animaux, ou d'autres choses ...
Cela me permit d'ailleurs de comprendre que l'on ne me jouait pas un tour. Les illustres inconnus qui m'accompagnaient pour le voyage était bien trop sérieux pour faire cela.

À ce moment-là, je ne répondis plus à mon esprit rationnel mais bel et bien à mon instinct, celui qui occupe la bête la plus primaire. J'essayais tant bien que mal de réfléchir mais l'adrénaline occupant mon cœur me figeait et m'horrifiait. Je ne savais que faire, mais je savais que je devais fuir. Je savais que ma vie en dépendait.
Je n'ai jamais compris comment je le sus à ce moment, mais je pense que ma nature d'humain bien confortablement installée dans sa paisible vie a bien fait de s'en aller à ce moment-là pour laisser place au monstre présent en chacun de nous.
L'odeur de putréfaction qui émanait alors des deux portes m'alerta encore plus de ma condition de sursis et je savais que je devais agir.
J'ai alors fais la seule chose que je pensais pouvoir me sauver : j'ai enfoncé la porte du couloir. Ce fut dur mais je ne suis pas tombé. J'en ai d'ailleurs toujours eu mal par la suite.
En courant pour sortir, j'ai marché sur quelque chose de mou. Ça a tenté de m'agripper mais j'ai tiré un grand coup, sans regarder ce qui me tirait car je savais que si je la voyais, je ne pourrais plus courir. Et j'ai fui.

J'ai senti ces choses, je ne peux les dénombrer, courir derrière moi. Je pense plutôt qu'elles rampaient. Leur mouvement était saccadé et pourtant, elles semblaient me rattraper pas après pas.
J'ai su qu'à ce moment-là, il n'y avait qu'un endroit qui pourrait me préserver de ces choses : la maison.
J'ai parcouru exactement le même chemin que j'avais effectué pour me perdre, et j'ai réussi. Je me suis réfugié à l'étage, franchissant les marches de l'escalier branlant quatre à quatre, et je m'y suis caché.
Leurs souffles envahissaient totalement la maison, cette odeur fétide qui emplissait mes naseaux et m'empêchait de respirer. Après quelques minutes qui m'ont paru une éternité, c'est le mot, l'odeur et le bruit de leurs pas dans la maison se sont dissipés.

Mais caché dans l'obscurité, j'ai pu observer ces humanoïdes. Trapus, environ un mètre de haut, courts sur pattes. Je ne sais comment les qualifier autrement, à part qu'ils dégageaient une peur profonde. Visiblement, c'était le même type de choses que ce qui m'avait attaqué dans cette maison un peu plus tôt.

J'ai passé la nuit caché puis, au matin, sans rien prendre, j'ai appelé un taxi et je suis parti. Depuis lors, je me souviens de chaque secondes de cette journée, en particulier de la nuit.

Aujourd'hui, je suis toujours hanté par ces choses, cette chose. Jours et nuits. Je ne dors plus, j'ai des hallucinations, je suis devenu paranoïaque depuis et... je me suis renseigné.
Ce roman peut vous paraître une simple comptine. Mais c'est un message, un avertissement. Depuis les anciennes générations, ils se sont répandus partout dans le monde : Londres, Dublin, Paris, Berlin. Et en particulier dans les petites bourgades côtières.
Alors si jamais vous visitez des petits villages plutôt renfermés, et dont les habitants sont rustres, ne soyez pas curieux, cela peut sauver votre vie.

Ces mots scelleront ma vie, je suis bien trop fatigué pour lutter contre leur omniprésence psychique, leurs râles m'accompagnent à n'importe quel moment de ma faible vie qui va s'achever à cause de cette même fatigue... S'il vous plaît, ne faites pas la même erreur que moi, répandez ce message. Pour moi, il est trop tard, je suis bien trop faible pour lutter contre elles.


Mais pas vous.




Le musée des télécommunications

Je souhaiterais vous faire part d'évènements particuliers remontant à 2010.

Je découvrais l'urbex à l'époque, et je passais beaucoup de mon temps libre dehors avec des amis pour visiter des lieux abandonnés. Notre sport favori, c'était de pénétrer dans des bâtiments en chantier ou voués à la démolition.

Classiquement, ce qu'on recherche quand on entre quelque part, c'est à la fois l'excitation d'être hors des sentiers battus, et l'agréable impression de nostalgie qu'on ressent face à des ruines d'une autre époque. De ces deux sensations, l'adrénaline était de loin ma préférée. En ce sens, ma préférence pour les bâtiments en sursis s'explique aisément. Les chantiers s'entourent de palissades de plus en plus opaques et les vieilles portes se voient renforcées, voire condamnées. Franchir ces barrières, outrepasser les lois, j'ai toujours trouvé ça jouissif.


Le musée des télécommunications, situé rue Burdeau à Lyon, n'était pas inaccessible la première fois que j'y suis allé avec Carl. Aujourd'hui, l'avis de démolition s'étale en toutes lettres sur sa vieille façade et la porte est solidement verrouillée. Ça aurait pu me motiver pour y revenir, ne serait-ce que pour la petite séance d'exercice qu'aurait constitué l'entrée dans le bâtiment. Ça aurait pu, si je n'y avais pas vécu ce que je vais vous décrire.


Vue externe.


En 2010, le musée, abandonné depuis quelques années déjà, était ouvert à tous les vents et avait d'ailleurs longtemps servi de squat. C'était un bâtiment plutôt discret et sans prétention. Aussi, j'ai été très surpris de le découvrir ainsi en plein centre-ville. Carl et moi nous sommes aussitôt concertés et nous avons programmé son exploration pour le lendemain.

Il faut croire que nous étions aveuglés par l'excitation, ou simplement très distraits, car nous sommes arrivés sur place pratiquement les mains vides. J'attendais devant depuis quelques minutes l'heure du rendez-vous, et j'ai vu arriver Carl, ravi et souriant, mais sans aucun équipement. Comme un vulgaire touriste. Et nous sommes partis dans un fou rire quand je lui ai fait remarquer, et qu'il m'a rétorqué que je n'avais moi-même pas pris mon appareil photo. Ça s'annonçait passionnant... mais stérile.


Comme on pouvait s'y attendre, les lieux avaient été entièrement vidés depuis un moment. Les murs comportaient une belle collection de graphs, mais rien de bien remarquable en somme. En fin de compte, on aurait très bien pu y passer moins d'une heure. Du moins, on aurait pu si je n'avais pas eu la bêtise de remarquer ces portes.

À chaque étage en effet, toujours dans le même coin, il y avait une haute et étroite porte métallique. Fermement verrouillée au rez-de-chaussée et au premier. Ce détail m'intriguant, nous nous sommes immédiatement dirigés vers le coin où devait se trouver la porte du deuxième étage.

Je n'ai pas caché mon excitation lorsque je suis parvenu, sans qu'elle offre de résistance, à ouvrir la dernière porte. Elle dissimulait un petit espace d'un mètre de côté environ, pas plus grand qu'un placard à balais, avec une trappe ronde au milieu. J'ai alors regardé Carl, et il a acquiescé d'un regard. Puis je l'ai ouverte.

Immédiatement, une intense odeur d'urine a envahi les lieux. L'ouverture ronde se prolongeait par une sorte d'étroit tube de tissu maculé de taches brunes. On n'en apercevait pas le fond, pas plus que la pièce située en-dessous. Quand j'ai voulu demander à Carl ce qu'il en pensait, il m'a simplement montré des inscriptions qui étaient cachées derrière la porte.
L'écriteau expliquait par quelques schémas simples qu'il s'agissait d'un système d'évacuation. Les personnes devaient se laisser glisser dans des "chaussettes" d'étage en étage, jusqu'à atteindre le bas du bâtiment. Un système plutôt bon marché et très efficace, si l'on exclut la crainte de devoir se glisser dans ces espaces étroits.


Voici un plan sommaire que j'ai réalisé d'après mes souvenirs, histoire de vous donner une meilleure idée de la chose. Vous noterez la présence d'un tunnel routier tout en bas, mais l'accès donne directement sur la rue en raison de la déclivité du terrain à cet endroit.




Carl devait avoir un sacré courage, ou être totalement inconscient, pour aller essayer le truc. Je n'avais pas plus de mérite de mon côté, à le regarder descendre sans protester. Alors qu'il commençait à pénétrer dans l'orifice, il m'a annoncé en rigolant qu'il éprouvait la divine sensation de se glisser dans le cul du diable. J'ai ri bêtement alors qu'il disparaissait.

Vous voyez ci-dessous un modèle récent de cette "chaussette". Déjà que j'aurais du mal avec celle-ci, déployée en pleine lumière hors du bâtiment, je crois que je n'aurais jamais osé rejoindre Carl dans son trou à travers cette cavité souillée et obscure.



 Je l'ai appelé quelques secondes après pour m'assurer que tout allait bien. Il m'a répondu qu'il était parvenu sans encombre au palier du premier étage, et qu'il cherchait maintenant la seconde trappe. Il l'a très vite trouvée, et j'ai entendu le son de son corps glissant contre le nylon.

Je l'ai donc appelé une seconde fois. Comme sa réponse se faisait attendre, j'ai pensé qu'il avait dû emprunter la dernière longueur de tube et qu'il était arrivé en bas. Aussi, je suis sorti du musée et j'ai rejoint l'entrée du tunnel, là où l'évacuation aboutissait.



J'ai eu une cruelle déception en arrivant sur place.

L'issue était condamnée.



 Je suis immédiatement retourné à l'intérieur pour examiner la porte du rez-de-chaussée, peut-être avait-il pu la déverrouiller de l'intérieur? J'ai atteint, hors d'haleine, le coin de la pièce où se tenait le conduit.

Mais la porte de fer était restée immuable. Comme celle du premier.


Je commençais réellement à paniquer. Carl était peut-être coincé au fond du conduit d'évacuation, mais pourquoi ne répondait-il pas? Je me suis précipité au deuxième et j'ai à nouveau gueulé dans l'ouverture, espérant, en vain, une réponse...

Rétrospectivement, je me dis que je n'aurais pas dû rester là à me lamenter dans le vide. J'aurais dû déchirer cette saloperie de chaussette, ramener une lampe et une échelle pour sauver Carl. Mais ce n'était pas seulement de se glisser dans ce tube de nylon qui me faisait peur. Le lieu en lui-même dégageait une atmosphère étouffante, ne serait-ce que par son odeur insupportable.

Et puis j'ai entendu ce bruit. Un son difficile à décrire, mais profond et pesant, qui semblait venir des murs même...




J'ai fui. Comme un lâche. Laissant Carl au fond du puits, à je ne sais quel horrible sort.






Ils tardent à démolir ce foutu musée. Il paraît qu'une opération de ce genre est très délicate dans un quartier aussi dense, historique qui plus est. Mais ils finiront bien par le faire, et s'ils ne le font pas, je le ferai moi-même.

J'appréhende juste de voir ce qu'ils découvriront au fond du conduit.





mercredi 5 mars 2014

Les canalisations (The drain)

Je sens la douce caresse de l'eau sur mon crâne. De là où je suis, je regarde par le seul trou qui filtre la lumière. L'eau vient par là, pleuvant sur moi. Ah, ça semble délicieux. L'eau n'est pourtant pas "propre". Elle contient toute la crasse et la sueur de ta journée éprouvante. Je sors ma langue, te goûtant. Alors vient ma partie préférée. Tu laves tes cheveux, et quelques fragments en partent. Le voyage à travers le trou, tombant à côté de moi. Je les attrape, les posant avec le reste. J'en ai une grande collection. Je les collecte depuis que tu es jeune. J'en ai assez pour faire une perruque avec eux. L'eau s'arrête, et tu quittes l'espace que je pouvais voir à travers le trou. Je place tes cheveux sur ma tête, qui tombent sur mon visage. Je respire profondément, je te hume. Je n'ai plus qu'à attendre que tu te douches, comme ça je pourrai te montrer mes nouveaux cheveux.

Traduction: Meowski

Creepypasta originale ici.

lundi 3 mars 2014

Sonnerie


Vous connaissez ce son strident que vous percevez quand vous êtes dans une pièce vraiment très silencieuse ? Certaines personnes disent que c'est une hallucination auditive due au fait que les oreilles humaines ne peuvent pas entendre les sons en dessous du seuil de perception humaine.
    
 
    
C'est totalement faux.
    
 
    
Cette sonnerie est en fait quelque chose de totalement différent. Si vous êtes rapide, patient, et peut-être un peu chanceux, vous allez être capable d'entendre ce qui se passe après la sonnerie. Vous allez entendre des gens chuchoter entre eux. Ils vont se taire rapidement, mais avec un peu d'exercice, vous allez être capable d'entendre et comprendre ce qu'ils se disent. Vous allez entendre des choses du passé, du présent et du futur. Cependant, faites attention. Car il n'y a pas de voix sans corps.

Et lorsque vous commencerez à les remarquer, ils vont commencer à vous remarquer. 


 Traduction: Meowski

Creepypasta originale ici.

dimanche 2 mars 2014

L'expérience russe sur le sommeil



Temps approximatif de lecture : 11 minutes. 


 Durant la fin des années 1940, des chercheurs russes ont gardé cinq personnes éveillées pendant quinze jours en utilisant un gaz expérimental basé sur des stimulants. Ils étaient enfermés dans un environnement scellé afin de pouvoir contrôler leur consommation d’oxygène de manière à ce que le gaz ne les tue pas, étant donné qu’il était toxique à partir d’une concentration élevée. Cela a eu lieu avant l’invention des caméras en circuit fermé, ils n’avaient donc que des microphones et des fenêtres de verre épais d’une douzaine de centimètres en forme de hublot qui permettaient de les surveiller. La chambre était équipée de lits d’appoint sans literie, de l’eau courante et de toilettes, et contenait des livres et suffisamment de nourriture sèche pour qu’ils puissent tenir à cinq pendant plus d’un mois.

Les sujets de test étaient des prisonniers politiques jugés ennemis de l’État durant la Seconde Guerre Mondiale.