Disclaimer

DISCLAIMER

Les contenus proposés sur ce site sont déconseillés aux personnes sensibles et aux mineurs de moins de 12 ans.
L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni n'infirme la véracité des témoignages et histoires présents sur ce blog. Pensez à consulter nos pages d'aide pour en apprendre plus, et à toujours vérifier les sources pour vous faire votre propre avis sur la question, ici comme ailleurs.

Script générateur de phrases

Dernières nouvelles

Petit rappel amical : les creepypastas ne sont pas nécessairement des fictions, elles peuvent aussi être partiellement ou entièrement tirées de faits réels, c'est ce flottement qui fait leur charme (même si c'est plus facile à deviner pour certaines, on sait). Merci donc de ne pas nous assimiler à un Wattpad de l'horreur.

Cliquez ici pour avoir le contexte de notre refonte.

Vous voulez trouver toutes nos plateformes, ou vous êtes curieux de savoir quels médias parlent de CFTC ? Tout est sur notre Linktree !

vendredi 13 juin 2014

Room Zero

Suite de la pasta Abandoned by Disney.

Enjoie



Ça fait un moment que je n'ai rien écrit en rapport avec Disney Corporation, et je suis sûr que vous comprenez pourquoi.


Beaucoup de choses se sont passées depuis mon dernier post. J'ai reçu d'innombrables questions et messages inquiets de la part des gens qui ont lu mon premier manuscrit sur Mowgli's Palace... un chef-d'œuvre construit puis abandonné par Disney.

Je voudrais remercier tous ceux qui ont copié mon post. Il a été supprimé quelques fois, principalement sur des sites partenaires aisément appuyés par des personnes plus influentes. Cependant, pour chaque topic effacé, il a semblé en apparaître plus d'une centaine. C'est une chose à laquelle ils vont devoir faire face... Il n'y a pas de marche arrière possible pour eux... Tout comme pour moi...

Je suis certain d'être suivi. Pendant les un ou deux premiers mois, j'ai mis ça sur le compte de la paranoïa. Un simple coup d'oeil ou un sourire en coin dans ma direction suffisaient à me donner des frissons.

Le premier de mes poursuivants, ou plutôt le premier que j'ai réussi à repérer, était un télé-enquêteur en train de rôder autour de mon immeuble.

Il était d'un âge moyen, habillé de manière banale, mais quelque chose me semblait faire tache. Je ne pouvais dire quoi, mais je savais que mon imagination ne me jouait pas des tours. Il était maladroit, il n'avait pas l'air à sa place. Pas quelqu'un qui faisait son travail habituel.

Je l'ai suivi dans un coin, avant de le perdre de vue. Quand je suis retourné chez moi, il était là. Il me fixait, à une dizaine de pas derrière moi. Froid et sans expression.

"On explore?", a-t-il demandé. C'est tout ce qu'il a dit, et il y avait un ton accusateur dans sa voix.

Dites-moi quel genre de subalterne ferait ça.

Eh bien... Je devine qu'il s'agit du pire moment de l'histoire. Ne jamais se sentir en sûreté. Ne jamais se sentir seul. Ça, et les produits que Disney laissait çà et là pour que je les voie. De petits Mickey en caoutchouc dans la boîte aux lettres, un magazine Disney Adventures sur mon étagère.

Ils cachent partout des petits Mickeys. Trois cercles: un grand et deux petits, formant la silhouette de la tête de la célèbre souris.

J'ai commencé à dresser une liste de tous les Mickeys que j'ai trouvés.

Des ronds de café sur ma table. Un grand, deux petits. Des culs de bouteille en verre rouge devant chez moi, vus de haut. Des graffiti sur un mur sur le chemin de mon travail; une énorme Terre, un petit Soleil et la Lune, chacun à la bonne place.

Ils sont partout.

Des gens m'ont contacté à ce sujet aussi. Si vous repostez quoi que ce soit de ce que je vais dire, vous allez commencer à trouver de ces putain de silhouettes autour de vous. Je vous le garantis.

Le meilleur dans tout ça, et de loin -ce qui, en fin de compte, m'a plutôt fait rire à cause de l'horreur de la chose- était un dessin à la craie à côté de ma voiture. Surpris, j'ai commencé à parcourir le garage, ouvrant l'oeil pour voir si j'apercevais mes suiveurs.

Le contour me rappelait franchement... eh bien, la victime d'un meurtre. Vous devez probablement y être habitués si vous avez lu mes précédents posts.

Écrits en jaune... peints, je crois... ces deux seuls mots:

"RÉTRACTE-TOI"

La seule bonne chose que j'aurai pu tirer de tout ça, c'est que je sais maintenant que je ne suis pas le seul à avoir vu quelque chose que je n'aurais pas dû voir.

Je ne vais pas donner leurs noms, parce que... eh bien, si je devais vous dire pourquoi, il faudrait faire comme si vous n'aviez rien entendu.

*****

Le "chercheur" se rend dans les parcs Disney à chaque fois qu'il le peut, tout au long de l'année. Il n'y va pas pour s'amuser ou profiter des attractions.

Il cherche les Gascots.

C'est apparemment une vieille tradition chez certaines personnes de rapporter avoir croisé d'étranges visiteurs dans le parc. Des personnes silencieuses, immobiles, au regard fixe, de tous âges et de toutes tailles. Des hommes et des femmes, des adultes, des enfants, et des ados.

Tous portant des masques à gaz dans le style de Disney.

À l'époque, Disney aurait reçu de nombreuses plaintes au sujet de "gens étranges" qui suivaient les autres dans le parc. Des gens qui se rassemblaient en foules, puis disparaissaient rapidement.

Par la suite, les masques à gaz ont amené les gens à d'autres conclusions, et les signalements de "possibles terroristes" ont commencé à fuser.

L'ensemble de ces rapports a certainement directement atterri dans la poubelle. Je sais très bien que je ne trouverai aucun de ces témoignages dans les médias (vous savez sans doute que Disney contrôle la presse mieux que quiconque).

Le chercheur va dans les parcs, parle à certaines personnes, et essaie de ne pas attirer l'attention. Il demande juste à trois ou quatre familles si elles ont croisé "son ami", qui porte "un drôle de masque".

Il n'a encore jamais vu un Gascot de ses propres yeux... Même si, un jour, un enfant lui en a indiqué un du côté de Frontier Town. Alors qu'il courait dans la foule, il avait entendu une voix crier: "Maman! Je veux un masque à air de Pluto, moi aussi!"

*****

Un individu que j'appellerai "maître-nageur" a travaillé dans un parc aquatique Disney de 2001 à 2003. Il était posté au sommet d'un immense toboggan et s'assurait qu'aucun enfant ne chahute trop. Il faisait passer les gamins un à un, et répétait encore et encore à chacun d'entre eux d'être prudent, de garder leurs bras le long de leur corps, etc.

Un jour, selon lui, un enfant plutôt gros a descendu le tube et n'est pas ressorti à l'autre bout.

Il a fait passer deux ou trois enfants à sa suite, le tout à un rythme soutenu. On aurait donc pu s'attendre à ce que si le gros s'était retrouvé coincé, ceux qui le suivaient l'auraient été aussi.

Eh bien non. Seul le gros garçon avait disparu. Tous les autres étaient arrivés au bout sans encombre, riant et s'éclaboussant comme s'il ne s'était rien passé.

Le maître-nageur a fermé le toboggan, au grand désespoir des enfants qui attendaient derrière. Mais avant qu'il ait pu appliquer aucune des strictes procédures qu'on lui imposait... SPLASH. Le gros a fini par sortir.

Les membres du personnel ont tiré l'enfant hors de l'eau. Il avait coulé comme une pierre au moment de tomber dans le bassin, sa peau était bleue et il ouvrait des yeux ronds. Tout ce qu'il voulait dire, c'était "Enfants sans visage" et "Arrêtez de m'écraser".

L'enfant allait bien, au cas où vous vous le demanderiez. Il a immédiatement été transporté au centre médical. Quand on a demandé au maître-nageur de rouvrir le toboggan, il a objecté avec force que l'attraction n'était clairement pas sûre. Malgré ses plaintes, il a été menacé de licenciement et a rouvert le manège à contre-coeur.

À partir de là, il a gardé un oeil plus attentif sur les enfants. Assez souvent, ils ne sortaient pas dans l'ordre où ils entraient... jamais aussi éberlués que le gros, mais toujours l'air vaguement inquiet... Un genre de stupeur hébétée, comme s'ils essayaient de se figurer ce qu'était la réalité.

Ils crachaient de l'eau, suffoquaient un peu... et ne revenaient jamais descendre le toboggan.

Je lis ses mails avec le même sentiment d'inconfort que vous devez ressentir maintenant. J'aurais voulu qu'il publie lui-même son histoire, mais en fin de compte il n'a pas voulu s'exposer de la sorte. Je ne peux pas l'en blâmer.

*****

"Blanche-Neige", ce qui n'est pas le rôle qu'elle jouait réellement, était un "personnage" dans le parc. Elle avait une révélation croustillante à me faire. Vous savez ce qui se passe quand un animateur meurt dans son costume?

Par exemple, quand il se prend en photo avec le petit Jimmy et que, la seconde d'après, il fait une attaque?

Une autre mascotte en costume doit s'asseoir avec le corps sur le bord du trottoir ou sur un banc et attendre un "teinturier" commis d'office, qui doit transporter la dépouille en toute discrétion. Dans l'intervalle, les visiteurs ne savent absolument pas qu'ils sont assis aux côtés d'un cadavre lors des séances de photo.

Maintenant, libre à vous de consulter votre album.

*****

C'était pas mal, mais un autre individu, le "gardien", a connu des choses réellement malsaines.

Disney World (et d'autres parcs, probablement) comporte une série de tunnels qui s'étendent juste sous vos pieds. Trois niveaux de tunnels. Tout ce que vous pouvez imaginer se trouve là, à l'usage du personnel.

On les appelle des Utilidors. Corridors utilitaires.

Basiquement, c'est la raison pour laquelle on ne voit pas de personnages en dehors de leurs zones réservées, ou de gardiens errant dans le parc. Ils entrent et sortent par des portes cachées, et parcourent une ville souterraine sur laquelle vous marchez.

Le gardien m'a appris quelque chose qui pourrait être banal, mais n'en était pas moins nouveau pour moi.

Walt Disney possédait plusieurs appartements à l'intérieur de ses parcs. Il y en a un à proximité du château de Cendrillon... un dans l'attraction "Pirates des Caraïbes". Ils sont disposés dans tout le parc.

Plus intéressant, on trouve des night clubs, une salle de cinéma, un bowling, et bien plus. Tout ça, dissimulé derrière des portes aménagées dans les façades baroques que vous avez croisées sans y faire attention.

Le Club 22 est une de ces zones cachées. Si vous avez assez de fric pour rejoindre le club privé (ce n'est pas votre cas), alors vous aurez accès à cette zone et plus encore.

Le Club 22 est un lieu où tout est permis. Disney Co. appelle ces lieux les "Dark Zones". Des endroits où le visage immaculé de Mickey cède la place à l'alcool, à la drogue et, oui, au sexe.

Inversement, le reste du parc est la "Bright Zone", avec quelques "Grey Zones" (les utilidors) entre les deux.

De ce que m'a dit le gardien, ça n'a pas toujours été ainsi. Ça s'apparente plus à un long déclin et un relâchement graduel des normes sociales au sein de cette élite.

Comment il a su ça? Vous l'avez deviné - il a nettoyé ces lieux.

Après une longue vérification de ses antécédents et une promesse de silence, le gardien a été réaffecté dans l'équipe de nettoyage d'une de ces "Dark Zones".

Avant que la vision de "sacrifices sataniques" vous vienne à l'esprit, le gardien n'a rien vu de la sorte. Beaucoup de bouteilles d'alcool vides? Oui. Des préservatifs usagés distendus comme des ballons dégonflés? Oh, oui. Il a nettoyé sa part de sang, de pisse et de vomi, mais ce n'était dû qu'au comportement débridé de certains clients. Rien qui relève du culte là-dedans.

Du moins, c'est comme ça qu'il se le figure, rétrospectivement.

Tous les déchets, toute cette merde, finissaient dans un four dont la fumée émergeait par la cheminée d'un chalet coquet.

Si vous avez été à Disney World, vous avez respiré du concentré de péchés.

*****

Cette information me vient de "Hammer". Hammer m'a joint par la voie traditionnelle, bien que je ne sache pas comment il a obtenu mon adresse. Il m'a envoyé des photocopies de papiers prouvant qu'il avait travaillé pour Disney, en me demandant de les brûler une fois que je serais convaincu.
Ce que j'ai fait avec plaisir.

Hammer travaillait aux alentours du parc Disney World, sur des travaux de construction et de démolition. À un moment, il a pu approcher un de ses supérieurs qui regardait d'étranges plans de construction.

Il y avait une vaste zone rectangulaire dessinée sur les feuillets bleus, à peu près de la taille d'un supermarché. La zone était sans légende, et portait ces seuls mots: "NE PAS CREUSER".

Son supérieur n'était pas seulement dans le vague, mais carrément volontairement dans le vague. Il ne voulait pas en parler, il ne voulait rien savoir à ce propos, et a terminé la conversation avec un "cet espace est intentionnellement laissé vide".

Hammer n'a rien pu savoir de plus. La zone ressemblait juste à une énorme perte d'espace, et ça entrait directement en conflit avec le travail qu'il conduisait avec son équipe. Il a commencé à fouiner autour de la zone pendant son temps libre, ne trouvant qu'une porte d'acier abandonnée et une grande étendue de béton juste derrière.

C'était une dalle de béton gris immaculée, de la taille d'une grande surface.

Peu après, Hammer a commencé à apercevoir des Gascots parmi la foule.

À l'inverse de tous les autres témoignages, ces gens... ces choses, se tenaient sur l'ensemble de son champ de vision. Ils se regroupaient à l'écart, ou se tenaient simplement le long d'un mur quand il tournait à un angle.

Il m'a dit qu'ils se "déplaçaient bizarrement", comme s'ils étaient faibles ou blessés... comme un cerf épuisé après une longue poursuite, qui ne pourrait plus fuir.

Les masques à gaz... les visages de personnages de Disney avec un filtre greffé en-dessous... Il a remarqué qu'ils semblaient humides à l'intérieur, comme de la buée sur une vitre de voiture. De petites gouttes d'eau dégoulinaient derrière les verres, et rendaient impossible à chacun d'entre eux de réellement voir.

Poussant plus loin ses recherches, Hammer a commencé à questionner tous ceux qui travaillaient dans le parc depuis dix ans ou plus.

Il a couru d'une fausse piste à l'autre, jusqu'à ce qu'il reçoive les indications d'Ida, une femme âgée qui travaillait dans un restaurant sur Main Street. Elle était là depuis des temps immémoriaux, et personne n'avait encore eu le courage de lui demander directement: tout le monde SAVAIT qu'elle avait plein d'horribles histoires à raconter.

Hammer l'a questionnée au sujet de l'espace vide, puis au sujet des clients masqués, et au départ il s'attendait à recevoir les mêmes non-réponses qu'il avait reçues jusqu'à maintenant. Elle était calme. Étrangement calme.

"La salle zéro." Coassa-t-elle, mettant une main sur sa poitrine, comme une petite fille craignant une punition de son père.

Pendant toute la conversation, elle ne l'a pas regardé une seule fois dans les yeux.

Il s'est avéré que la salle zéro était encore une autre pièce cachée comme les appartements et le Club 22. Cependant, sa taille et sa localisation, profondément sous le parc, la distingue de toutes les dark zones "amusantes".

C'était un abri pour les bombardements.

La salle zéro avait été construite pour faire face à une attaque massive, qu'elle soit conduite par des ennemis étrangers ou intérieurs.

Elle était conçue pour stocker assez de rations pour nourrir un nombre de clients moyen à tout moment, et hébergeait une plus petite mais luxueuse "Panic Room" pour les hauts placés de chez Disney.

Durant la seconde guerre mondiale, les masques à gaz officiels Disney étaient en fait produits à destination des enfants, et devaient être portés en cas d'attaque. L'idée était que ce serait moins effrayant pour eux si le visage de Mickey apparaissait sur l'accessoire guerrier.

Oui, je sais très bien que tout ça est évident.

Durant les grandes peurs de la guerre froide dans les années 60, quand ils ont construit Disney World, la salle zéro était évidemment dotée de tels masques. Soit ils se préoccupaient des craintes des enfants, soit de leur impitoyable image de marque, toujours est-il que ces choses se sont retrouvées là.

Par la suite, un génie a décidé que les gamins seraient AUSSI effrayés par les masques que portent leurs parents... ainsi tous les masques, des petits comme des grands, se sont conformés à cette norme délirante.

Ida décrivait ça comme "panser une plaie avec du jus de citron".

Rien de tout ça n'explique ce qu'a vu Hammer, cependant. Pas seulement leur aspect apparemment surnaturel, mais aussi cette salle complètement vide.

"J'y ai été", lui a-t-il expliqué, "il n'y a rien d'autre qu'un sol en béton entre quatre murs."

"Non." Ida a secoué la tête et s'est couvert la bouche en étouffant un sanglot. "Vous étiez au-dessus."

Un jour, quelque chose ou quelqu'un a fait sonner l'alarme, quand le parc était saturé de visiteurs. L'avertissement était clair. C'était une attaque aérienne.

Les employés de la sécurité ont fait descendre tout le monde au fond, tout au fond de l'immense abri. Là, on leur a ordonné de mettre leurs masques et de courber l'échine pour la durée de l'assaut.

Tout a été plutôt calme pendant une trentaine de minutes, si on excepte les pleurs des enfants et les murmures effrayés. Aucun d'eux ne voulait mourir, et ils étaient plutôt reconnaissants pour ces étranges mesures de sécurité.

Et alors, le premier cri s'est fait entendre.

"Hé", cria un homme, "cessez de me pincer!"

Des vagues de couinements et de glapissements traversaient la foule, d'un mur à l'autre, allant et venant.

"Qui c'est qui court, là? Arrêtez-vous!", brailla un autre.

"Qui est en train de rire? Ce n'est pas drôle!"

"Awh! Qui m'a marché sur le pied?"

Malgré les responsables de sécurité qui intimaient à la foule de garder son calme, elle devenait de plus en plus agitée. Jusqu'à ce qu'après près d'une heure de folie...

La lumière a vacillé...

Et ils sont morts.

Ce qui a suivi ne pourrait être décrit que comme un chaos total. Dans le noir, seuls les gémissements des petits et les cris angoissés des grands se faisaient entendre en un vacarme de plus en plus massif qui assourdissait les occupants de cette salle obscure.

Un groupe de membres du personnel et un petit nombre de visiteurs chanceux s'est frayé un chemin jusqu'à la sortie, prêts à affronter la guerre au-dehors plutôt que la folie derrière eux. Ce qu'ils ont trouvé, bien sûr, c'est un parc désert -et, de fait, parfaitement intact. La musique se jouait toujours, résonant dans les bâtiments de contes de fées.

En retournant à la salle zéro, les quelques personnes qui se sont arrêtées au sommet de l'escalier d'acier qui descendait dans les profondeurs de l'abri n'ont rien entendu de l'agitation à laquelle ils venaient d'échapper. Il n'y avait que le silence.

Ida elle-même a descendu cet escalier malgré les supplications de ceux qui restaient derrière.

Elle a franchi les portes renforcées, bientôt entourée par l'obscurité, n'entendant que le bourdonnement dans ses oreilles.

Une unique voix s'est fait entendre dans le noir. À cause de l'écho, il était impossible de dire si cette voix rauque et moqueuse émanait du fond de la pièce, ou si elle était juste devant elle.

"Fermez la porte, ma chère. Vous laissez entrer le froid."

Saisie par la terreur, elle a fait ce à quoi vous vous attendez. Depuis ce jour... l'abri, l'escalier, tous ces trucs... étaient couverts d'une épaisse couche de ciment. Les systèmes d'aération et les générateurs sur le dessus avaient été retirés, créant ainsi ce grand espace vide.

"Ils sont toujours là-dessous", dit Ida à Hammer, "là-dessous, avec... ça."

*****

Vous remarquerez que j'ai cité le nom d'Ida.

Malheureusement, elle nous a quittés peu après avoir raconté son histoire. Une chute accidentelle, soi-disant, en sortant du lit pour allumer sa lampe.




 


"Une employée si dévouée", d'après les journaux, "que sa chambre entière était couverte de silhouettes de Mickey."







Traduction: Clint et Tripoda

Creepypasta originale ici.

À noter: ceci est le 666ème texte publié sur ce site. Bon anniversaire.

samedi 7 juin 2014

La partie de cache-cache (Under the blanket)

Quand j'y repense, je me dis que j'ai vraiment eu une enfance joyeuse et paisible. Je ne suis quasiment jamais tombé malade, je ne me suis jamais rien cassé, et je me suis toujours très bien entendu avec mes cousins, lors de leurs visites. En gros, j'étais plus ou moins un enfant modèle, sans vantardise. Seulement, je n'ai souvenir que d'une exception, une seule ombre au tableau de ma vie. Un jour, alors que j'allais rendre visite à  mes plus vieux cousins dans la maison de leurs parents, j'ai vécu une expérience particulièrement étrange. Aujourd'hui encore, je n'arrive pas à me convaincre que ce n'était que le fruit de mon imagination.


Je devais avoir six ou sept ans à l'époque, mais je m'en souviens clair comme de l'eau de roche. On s'amusait avec mes cousins à grimper dans les arbres de leur immense jardin la plupart de la journée, puis, quand la nuit commençait à tomber sur le domaine, on rentrait. Ce soir là, ma tante et mon oncle avaient été invités à un dîner, nous laissant donc seuls tous les trois dans la vieille demeure. Pas de problème pour nous, c'était plutôt l'occasion de jouer tard dans la nuit, ce qui, à l'époque, ne me dérangeait pas le moins du monde. C'est donc naturellement que nous nous sommes lancés dans une partie de cache cache, sur ma suggestion. Parfois, je me demande ce qui se serait passé si je n'avais pas eu cette idée.


Bref, c'était le tour d'Alex, mon cousin, de nous chercher puisqu'il avait perdu au pierre-papier-ciseaux. Ray, ma cousine, et moi, on s'est échinés à chercher une cachette. J'ai d'abord essayé de me glisser derrière le canapé, c'était d'habitude ma cachette préférée, mais je me suis dit qu'Alex saurait anticiper ma cachette légendaire. Alex était déjà arrivé à la moitié du décompte, et en dernier recours, j'ai décidé d'aller faire un tour dans leur chambre pour chercher une autre cachette. Heureusement pour moi, ils n'étaient pas du genre maniaque, donc je me disais qu'en plongeant sous le bureau, je serais facilement caché par les vêtements et les jouets qui traînaient partout. Au moment où j'allais glisser sous le bureau, je me suis soudain aperçue que ma cousine Ray m'avait devancée. Je voyais ses cheveux noirs dépasser du plaid sous lequel elle s'était dissimulée. Comme Alex avait presque fini de compter, je me suis dit que je n'avais pas d'autre choix que de me cacher avec Ray.


"- Ray, c'est moi. Laisse-moi une place, Alex arrive. "
Elle ne m'a pas répondu. Après m'être assis à ses cotés, je pris l'initiative de tirer la couverture sur moi, pensant qu'on pourrait la partager. Seulement, quand j'ai tiré la couverture, Ray s'est encore plus enfoncée sous le bureau, comme pour m'empêcher d'en profiter.
" - S'il te plaiiiiiit !"

À ce moment là, elle s'est blottie dans le fond, m'empêchant de la toucher. "Bizarre", je me suis dit. Sur le moment, j'ai trouvé plutôt normal qu'elle ne veuille pas partager sa couverture avec moi, après tout, c'était le but du jeu, et Ray était connue pour être mauvaise perdante. Je l'ai prévenue qu'on voyait ses cheveux, j'ai soupiré, persuadé de ma défaite au cache-cache; à mon âge, c'était bien ma seule tourmente. Ray a grogné et tenté de se recouvrir au mieux avec sa couverture, sans succès : ses cheveux apparaissaient toujours. "Tant pis pour elle", je me souviens avoir pensé. En regardant dans la chambre, je me suis dit que c'était vraiment une bonne cachette : les boîtes qui traînaient sur le sol empêchaient de nous voir au premier coup d'oeil. Ne cachant pas ma déception, j'ai soupiré que c'était une vraiment bonne cachette, avec une part de reproche contre Ray. En réponse, elle grogna encore une fois sous sa couette. Soudain, j'ai entendu Alex arriver dans le couloir. Je me suis coincé du mieux que je pouvais sous le bureau, je pouvais à peine voir Alex arriver dans l'encadrement de la porte. J'ai retenu ma respiration, j'ai eu l'impression que ça avait duré une heure. Heureusement, Alex, après nous avoir appelé, a fini par partir de la chambre.
" - On a eu chaud ! " 

Je n'ai eu droit qu'à un énième "grrmff" en réponse. De plus en plus bizarre.


Tout d'un coup, alors que je m'apprêtais à sortir de ma cachette, j'ai entendu, dans une autre pièce, Alex et Ray crier ensemble " TU PEUX SORTIIIIR !". Je me suis levé et m'apprêtais à les rejoindre, invitant Ray à me rejoindre. Et j'ai réalisé tout d'un coup. Qu'ils m'avaient appelé tout les deux. 


Traduction: Neexash

Creepypasta originale ici

vendredi 6 juin 2014

L'as-tu vu?

C’était un après-midi d’automne, aux environs de 16 heures. Il faisait froid et sombre, malgré les quelques rayons de soleil qui arrivaient à toucher le sol en se faufilant à travers d’épais nuages. Les pancakes qu’avait préparés sa mère sortaient du four, tous réchauffés et délicieux. Agate prit du sirop d’érable et en fit couler sur une petite pile de ceux-ci. Elle prit son assiette dans sa chambre et fit un dernier au revoir à sa mère, avant qu’elle ne parte.

Agate se dirigea vers sa chambre et alluma, dans un geste presque automatique, inconscient même, son ordinateur ainsi que son enceinte stéréo. Les gouttes de sirop coulèrent et s’étalèrent dans son assiette, comme du sang venant de sortir d’une blessure. Tranche après tranche, et mâchée après mâchée, Agate se régala de ce somptueux quatre-heures.
Son ordinateur allumé, elle ouvrit une fenêtre web avec ses sites préférés. Elle en profita également pour lancer son logiciel audio et laissa sa petite chambre se faire envahir par les musiques de ses artistes préférés.  Les pancakes terminés, elle posa son assiette dans un coin, se disant qu’elle l’amènerait plus tard au lave-vaisselle.  Un léger courant d’air froid, glacial, se fit ressentir. Surprise de voir que la fenêtre de sa chambre était ouverte, Agate la referma. Elle préféra se concentrer sur son ordinateur plutôt que sur une petite bêtise de ce genre.

19 heures tapantes. Le village commençait à s’endormir, les lampadaires se réveillaient. Ses parents ne revenant pas avant quelques heures encore, Agate se surprit à penser qu’elle était présente dans une mauvaise histoire d’horreur. Elle est seule, il fait sombre, ses parents ne sont pas là et elle n’a pas fermé la maison vu que seuls ses parents ont les clés. Moment parfait pour se faire une frayeur en lisant un bouquin. Agate se dirigea vers la bibliothèque se situant dans le couloir du salon et prit le premier Stephen King qui lui passa sous la main. « Désolation », pouvait-elle voir écrit sur le devant du livre. Elle ne réfléchit pas un instant sur la qualité de celui-ci et s’installa confortablement dans son lit.

Au fil des pages, l’ambiance devenait pesante, lourde. Le bruit que faisaient les pages devenait non plus monotone, mais alertant. Chaque page tournée, chaque mot lu devenait inquiétant et palpitant à la fois. À la vue du prochain chapitre, Agate se sentit fatiguée, mais inquiète. Elle referma gentiment le livre et le plaça dans sa table de nuit. Au même
moment, un bruit dérangeant se fit entendre de l’armoire. De légers grattements, comme provenant d’une main dont les ongles arrachaient le bois du meuble, se mirent à venir. Agate sursauta et se couvrit le visage avec sa couverture tout en gardant un œil ouvert afin de voir ce qui se passait.

Ces grattements devinrent un poil plus forts, mais s’arrêtèrent aussitôt qu’Agate eut fermé l’œil. L’atmosphère se faisait lourde, et les questions d’Agate envers ces bruits affluèrent à vitesse grand V. Il y aurait-il quelqu’un dans mon armoire ? Qui ? Pourquoi ? Comment ?
Agate, en stress intense, releva sa tête de son lit. Elle regarda aux alentours dans sa chambre. Et le regard en particulier porté vers son armoire. Elle se devait d’appeler un ami, un proche, ses parents. Mais son téléphone se trouvait en bas, dans le salon. Impossible pour elle de faire un pas. De faire un pas devant cette armoire sans savoir ce qu’il s’y cachait. En voulant se lever, Agate sentit une présence se poser gentiment sur son épaule. Elle était trop effrayée pour jeter un œil dessus. Trop effrayée de jeter un coup d’œil là où il ne le faut pas. Trop effrayée de se demander ce qui était posé sur son épaule.

Elle ferma les yeux et sentit cette présence la pousser de nouveau dans son lit, l’empêchant de se lever. Elle tourna sa tête en direction du mur, à l’opposé de l’armoire. Et essaya désespérément de se rassurer, malgré l'envie de vomir et de crier qui la suivait.

À un moment donné, la douce petite lumière de sa lampe, posée sur la table de chevet, s’éteignit. Gentiment. Un souffle inconnu s’approcha, s’approcha, et se posa vers son oreille. Il murmura, avec une voix froide, glaçante et tranquille :

« L’as-tu vu ? »



Je ne veux pas voir en réponse ce commentaire.

Un Slenderman ?

Si j’écris ce témoignage, c’est pour vous faire part de ce qui est arrivé à un ami à qui je tenais beaucoup. Les circonstances de sa disparition ne sont toujours pas claires, mais il est évident que tout ce qui va suivre est l’œuvre d’une personne malveillante.

Mon ami Kélian vivait dans un petit village tranquille, dont je ne donnerai pas le nom par soucis d’anonymat. Ça ne faisait pas bien longtemps qu’il vivait là-bas car il avait quitté le lycée depuis à peine deux ans, tout comme moi d’ailleurs. Nos chemins se sont séparés à cause de ça (je vis en effet à présent dans un pays étranger) et c’est pour cette raison que je n’ai entendu parler de cette histoire que tardivement, c'est-à-dire à mon retour chez moi pendant la fin des vacances d’été. À ce moment, j’ai voulu reprendre contact avec mes anciens amis, et tous ont répondu, sauf lui. J’ai alors appelé chez sa mère pour lui demander si tout allait bien, et elle m’a répondu agressivement qu’elle ne voulait plus jamais entendre parler de lui avant de me raccrocher au nez.

C’est suite à cet échange que j’ai décidé d’aller voir par moi-même ce qui se passait. Ayant son adresse, j’ai pris la voiture et me suis rendu là où il vivait désormais. Le souci, c’est que sa maison était à l’écart des autres, et je n’ai pas trouvé tout de suite, j’ai dû demander mon chemin, et c’est là que j’ai vraiment commencé à m’inquiéter. Au début, on n’a pas voulu me répondre, et lorsque j’ai trouvé quelqu’un disposé à me répondre, il m’a chaudement conseillé de passer mon chemin car ce n’était pas le genre de personne à qui l’on voulait rendre visite. De toute manière, avait-il ajouté, il y avait peu de chances que je le trouve chez lui, il n’y avait pas de signe de vie par là-bas depuis au moins deux semaines.

Quand je suis arrivé chez Kélian, j’ai pu constater que c’était vrai. La boîte aux lettres au bout du chemin menant à la maison était pleine à craquer. La porte d’entrée n’était même pas fermée. Curieusement, il n’y avait pas de trace de vandalisme. Par contre, je suis tombé sur un écureuil qui fouillait dans la cuisine. Il a très vite détalé quand il m’a vu. La poussière commençait à s’installer. Ça faisait bien deux semaines que plus personne n’avait bougé quoi que ce soit dans cette maison. En regardant dans le salon, j’ai trouvé quelques dessins, probablement faits par son petit frère ou sa petite sœur, et aussi une page visiblement arrachée d’un carnet. La page qui m’a fait tout découvrir. Voilà la photocopie d’un des côtés :



Je la replacerai dans le contexte plus tard. Toujours est-il que j’ai compris qu’il avait eu de graves problèmes. Je dois cependant avouer que la mention de Slenderman m’a fait tiquer, car je connais cette légende par mes pérégrinations sur internet, et je n’y ai jamais accordé beaucoup de crédits. Ce qui semblait en revanche absolument sûr, c’est que ses problèmes avaient eu quelque chose à voir avec la forêt qu’on pouvait apercevoir depuis la fenêtre de son salon, j’ai donc décidé de m’y rendre, sans grand espoir toutefois. Je me demande encore aujourd’hui si j’ai bien fait d’y aller, mais quelque chose me dit que ça ne devait pas finir autrement.







Voilà l’entrée de la forêt. Comme dans n’importe quelle forêt, les arbres apportent beaucoup d’ombre, mais je ne peux expliquer pourquoi, ça m’a mis un peu mal à l’aise cette fois. J’ai suivi le genre de chemin marqué par les arbres qu’on peut discerner sur la deuxième photo. Voir ce genre de choses dans une forêt donne toujours un sentiment étrange, comme s’il fallait absolument le suivre. J’ai espéré que Kélian avait eu la même idée. J’ai continué mon chemin pendant un petit moment, peut être une demi-heure, en regardant partout autour de moi, à la recherche de… N’importe quoi, à vrai dire. Et je suis finalement tombé sur ceci :




J’avais déjà vu des tas de bois à d’autres endroits de la forêt, mais celui-ci m’a semblé différent. Je ne sais pas vraiment pourquoi il a attiré mon regard, peut être est-ce mon imagination qui l’a transformé en quelque chose de plus glauque que ça ne l’était réellement, mais le fait est que j’ai bien fait de m’y arrêter.







Comme on ne voyait pas bien le reflet argenté qui a attiré mon regard quand j’ai contourné le tas sur la première photo, j’en ai pris une de plus près. C’était le porte-clés de Kélian, bien dissimulé parmi les brindilles. Mais ce que j’ai trouvé ensuite est de loin le plus important :







Ce n’était ni plus ni moins que le carnet d’où provenait la page arrachée que j’avais trouvée chez lui. Le fait qu’il y avait un peu de sang sur la dernière page m’a arrêté un moment. Je ne savais pas trop quoi faire, car j’avais à présent peur de trouver autre chose. J’ai fait une pause pour lire le contenu du carnet, et c’est là que j’ai compris tout ce qui s’était passé. Kélian avait eu son petit frère et sa petite sœur pour quelques jours et avait voulu les divertir de diverses manières, et après quelques jours, il s’est aperçu que Renan dessinait beaucoup Slenderman, bien qu’il ne savait pas ce que c’était et l’avait pris pour un ami imaginaire. Ils avaient eu quelques discussions à ce propos mais Renan avait fait la sourde oreille et avait fini par fuguer. Kélian l’a déclaré à la police, des recherches avaient été lancées mais, d’une manière ou d’une autre, ils ont cru que c’était lui le coupable, et qu’il l’avait probablement enlevé, voire pire. Sur le coup, j’ai eu une haine profonde pour la police, car ils ont dû répandre de sales rumeurs sur lui vu que les habitants du village ont rapidement commencé à se méfier ouvertement de lui. C’est inadmissible, Kélian n’est absolument pas le genre de personne capable de faire du mal à des enfants, encore moins à son propre frère !

J’ai continué ma lecture et ai vu les étapes de sa descente aux enfers, jusqu’à ce qu’il soit comme frappé d’un coup de folie et parte de nouveau dans la forêt, seul. Ça doit être le moment où il a abandonné sa maison. Dans son état, je peux comprendre qu’il n’ait même pas pensé à fermer sa porte. Il a continué à écrire dans son journal en marchant, c’est dire s’il se sentait mal. Je pense que ce petit carnet lui servait d’exutoire et qu’il lui permettait de déverser sa colère, son désespoir et sa peur. La dernière page m’a glacé le sang. À la fin de ma lecture, j’ai tout de suite appelé sa mère pour lui demander si Anna était en sécurité. Comme elle n’a pas répondu, je lui ai laissé un message pour la mettre en garde, même si j’avais peur qu’elle ne veuille pas l’écouter. J’ai emporté le carnet dans le but de le scanner et de tout amener à la police, mais quelque chose m’a fait continuer mon chemin droit devant. C’est droit devant que j’ai trouvé ce qui allait pouvoir rétablir l’image de Kélian comme elle devait être, mais le prix à payer pour ça était pire que ce que j’aurais pu imaginer.
















Comme vous qui lisez ceci pouvez vous en douter, j’ai reconnu une des chaussures de mon ami quelques dizaine de mètres plus loin, et on voit bien qu’elle est sur là depuis un moment. Mais c’est ce tas de terre qui m’a intrigué, un tas de terre alors que le sol était plat absolument partout. Même s’il avait l’air d’avoir toujours été là, sa taille et sa forme m’ont fait me poser des questions… Au point que j’ai appelé la police immédiatement et leur ai indiqué comment se rendre là où je me trouvais.







Après cet appel, j’ai voulu continuer un peu plus loin, j’ai donc continué la ligne droite que je suivais depuis le début (comme on le voit sur la première photo), mais je me suis arrêté net quand j’ai atteint l’endroit que l’on voit sur la deuxième photo. Le contraste n’est pas aussi marqué que ce que j’ai vu quand j’y étais, mais on voit bien qu’il y a une ombre très marquée, comme une frontière entre deux parties de la forêt. Ça m’a beaucoup intrigué, mais je commençais à me sentir vraiment mal, alors j’ai préféré rebrousser chemin. Je suis rentré chez Kélian et ai profité de son scanner pour copier la totalité du carnet sur une clé. Les policiers sont arrivés peu de temps après près de la maison, et j’ai décidé d’aller à leur rencontre. Comme je le pensais, ils ont voulu prendre le carnet avec eux. Ce qui m’a en revanche troublé, c’est que lorsque je leur ai parlé des accusations erronées qu’ils avaient portées contre Kélian, ils n’ont pas eu l’air de s’en souvenir et étaient persuadés qu’il s’agissait d’un malentendu. À partir de ce moment, j’ai préféré ne plus trop en dire. Je ne sais pas s’ils essayent de cacher une bavure ou s’ils se sont vraiment comportés comme cela sans le voir, mais ils n’étaient visiblement pas les personnes les plus dignes de confiance à qui m’adresser.

Pour vous montrer maintenant ce qui s’est passé, je vous mets ici les copies du carnet, elles parlent bien mieux que moi. Je ne pense pas que ce sera bien vu, car des efforts semblent être mis en œuvre pour étouffer l’affaire, mais au vu de la gravité de ce qui s’est passé, je pense que c’est nécessaire de montrer tout ça au plus de monde possible. La page arrachée a été remise à sa place dans la liste qui suit :






















Vous savez maintenant tout. Ou presque. Comme vous devez vous en douter maintenant, le monticule de terre a été creusé, et on y a retrouvé le corps de mon ami. Il avait une blessure béante dans le ventre, on l’a déclaré mort par empalement. La famille et les amis de Kélian ont appris la nouvelle et sont à présent en deuil. Ils s’en veulent terriblement de l’avoir abandonné au moment où il aurait le plus eu besoin d’aide, et sa mort est un traumatisme profond. Pour moi-même qui n’ai pas été impliqué, c’est vraiment une sensation affreuse de savoir que je ne le reverrai jamais. Sa famille ne veut plus parler à presque personne et s’est repliée sur elle-même, autant par honte que pour protéger leur dernier enfant, aussi, si vous les connaissez, n’allez pas leur parler, car vous n’en tirerez rien, vous ne leur ferez que du mal.

Une dernière chose. Je ne sais pas si c’est le véritable Slenderman qui a enlevé Renan et assassiné mon ami, ou si c’est quelqu’un qui s’est fait passer pour lui. J’aurais du mal à croire que ce personnage existe, mais vu ce qui est arrivé aux policiers et à tout ce qu’a vécu mon ami, je ne peux plus être sûr de rien. Mais quoi qu’il en soit, voici mon message : faites plus attention à vos enfants que jamais, car vous ne pouvez être sûrs de ce qui rôde dehors. Cela pourrait leur sauver la vie… Tout comme vous sauver la vôtre.

Nous sommes conscients qu'une pasta sur ce personnage en particulier arrive à un moment assez paradoxal, mais afin de redorer le blason d'un personnage depuis longtemps ridiculisé, la vague médiatique suscitée est particulièrement bienvenue. Nous précisons bien, encore une fois, que cette histoire est pure fiction et que nous ne cautionnons absolument pas les actes répréhensibles que des personnes interprétant mal cette histoire pourraient commettre. Cette creepypasta sera par ailleurs mise en scène par Ombriste sur sa chaîne https://www.youtube.com/user/Ombriste Venez découvrir sa vidéo !

jeudi 5 juin 2014

Tentative de meurtre au nom de Slenderman

Occasion exceptionnelle oblige, je prends l'initiative de cet article qui reflètera, je l'espère, l'avis des membres de notre forum, ainsi que celui de tout auteur, traducteur ou lecteur de creepypastas. 

C'est tombé il y a quelques heures. Une adolescente a été retrouvée poignardée à pas moins de 19 reprises par deux de ses camarades de 12 ans qui ont affirmé avoir commis ce crime dans le but de faire une offrande à Slenderman, dont elles étaient persuadées de l'existence. La victime a heureusement pu survivre à cette agression et a réussi à ramper pour être retrouvée par un cycliste puis emmenée par les urgences. Son état est toujours jugé stationnaire. Si vous voulez plus de détails sur l'affaire, une simple recherche Google vous suffira.

Si je vous écris ceci, ce n'est pas simplement pour faire passer l'article (ce ne serait d'ailleurs rien d'autre que de la mauvaise publicité), mais en réaction à la vague d'indignation qui se prépare à frapper et dont certain d'entre nous ont déjà reçu l'écume. Je cite par exemple un commentaire sous l'article du Figaro traitant de ce cas qui traite le site Creepypasta Wiki (et donc par extension toute source de creepypastas) de "site malfaisant, à l'origine de ce drame", et s'indignant du fait qu'ils ne soient pas inquiétés judiciairement. 

Je cite également un de nos membres, youtubeur chevronné et ami personnel, j'ai nommé Ombriste, qui a reçu depuis la parution de cet article de nombreux messages sur Facebook et sur Youtube de parents indignés et horrifiés l'accusant d'être "un manipulateur qui réalise des vidéos d'histoires horrifiques pour faire de vos gamins un futur assasin" (ndlr : copié-collé directement depuis la messagerie, pardonnez les fautes). Si vous voulez mieux dans le genre message indigné, voici un de mes préférés : "Que vous continuez vos vidéos sur ces Creepyasta c'est un fait, mais prévenez des risques potentiel au lieu de vous comporter comme un vulgaire anarchiste horrifique c'est un fait mais dans ces cas la, ne diffusez pas ces vidéos sur youtube, pour le bien des enfants et regardent" (cette personne aurait probablement besoin de cours de rattrapage sur la syntaxe des phrases et sur la définition d'anarchiste, mais bon, là n'est pas le sujet, j'espère que tout le monde aura compris le message qui passe tant bien que mal à travers ces mots).

Ombriste est une des sources les plus connues de la creepypasta française, nous en sommes une autre et risquons donc de recevoir le même genre de commentaire sous peu. C'est pourquoi je souhaite faire passer le message suivant à tous ceux qui liront ceci, et plus particulièrement à ceux étant venus dans le but de manifester leur indignation :

Le terme creepypasta est un terme issu d'un jeu de mot entre "creepy" (glauque) et "copy-paste" (copier-coller). C'est un dérivé de la légende urbaine qui est née grâce à internet : une légende qui ne se répand plus par le bouche à oreille mais par la toile, par le copier-coller. Les creepypastas ne sont PAS des tentatives d'embrigadement de qui que ce soit, elle n'ont pas pour but de manipuler ou de rendre fou qui que ce soit. Comme c'est précisé dans leur définition, elles relèvent de la FICTION pure. Malgré leur domaine d'application plus variés que le simple texte (vous pouvez en trouver en audio, en vidéo ou encore en images), elles sont tout aussi inoffensives qu'un bon livre de Stephen King ou que la Bible (oui, j'ose !). Les creepypastas ne sont rien d'autre qu'une nouvelle forme du conte populaire, un nouveau genre de littérature, un nouveau type d'art, nées grâce à l'informatique à partir d'éléments existant depuis déjà très longtemps.
La seule chose qui peut causer des dommages est leur interprétation, et je n'ai nul besoin de prouver que celle de la Bible (tout comme n'importe quelle autre écriture sainte) a causé beaucoup plus de morts que celle du mythe de Slenderman. Même si ce personnage a bénéficié d'un développement extraordinaire pouvant faire office de mythologie complète, il y a une différence notoire entre son mythe et celui de Dieu : il est facilement démontrable qu'il n'est que pure invention, une simple recherche Google armé des mots "Slenderman origine" vous suffira pour cela. 
Ainsi, vous ne pouvez pas blâmer de simples écrivains, traducteurs, graphistes ou autres artistes pour continuer à en produire et à en diffuser sur la toile. Il est toujours spécifié que les rituels donnés ne le sont pas dans le but d'être réalisés et sont de toute manière inefficaces. Il est communément admis que tout ce qui porte le nom de creepypasta ne mérite aucun crédit et n'existe que pour donner un sentiment de malaise ou d'angoisse le temps de la découverte de l'oeuvre, au même titre que les romans, films d'horreur ou histoires contées au coin du feu. 
Si quelqu'un doit mal interpréter nos oeuvres malgré tout ce qui est fait pour justement éviter ce cas de figure, cela ne peut être de notre faute, il convient plutôt dans ce cas de se tourner vers un psychologue compétent AVANT de commettre des actes insensés comme ce que nous voyons là. Quant à la protection des enfants, le terme creepypasta existe depuis suffisamment longtemps sur internet pour que tout le monde sache à quoi s'en tenir, au même titre que lorsqu'on parle de littérature frisson ou de film d'épouvante. Sans compter la mise en page des sites contenant ce genre de récits suffisamment évocatrices pour pouvoir rebrousser chemin à temps, et l'occurrence presque systématique de la définition du mot quelque part sur le site.
Aussi, je tiens à dire ceci avant même que les menaces pleuvent : NON, nous n'arrêterons pas de produire des creepypastas. Tous les membres de notre communauté s'y plaisent, et nous partageons nos créations parce que nous avons un large public qui en demande et en redemande. Nous censurer serait un acte d'ignorance et d'intolérance. En revanche, ce que vous pouvez faire, c'est intégrer ce terme dans votre vocabulaire et cette idée à l'éducation de vos enfants afin qu'ils aient les mêmes réflexes que devant la couverture d'un livre Chaire de Poule ou la jaquette du dernier volet de Resident Evil. 

Quant à vous, nos chers lecteurs, sachez que nous sommes plus déterminés que jamais à vous offrir du contenu varié, du contenu de qualité, du contenu que vous apprécierez. Le drame qui s'est produit va probablement propulser les creepypastas sur une scène beaucoup plus ouverte que celle sur laquelle elle était jusqu'à maintenant. Je ne me fais pas d'illusion, je sais qu'il y aura de plus en plus de gens pour contester, critiquer ou insulter, le bateau va beaucoup tanguer à son arrivée en haute mer, mais nous ne le laisserons couler pour rien au monde. Alors restez avec nous, et continuez de profiter pleinement de Creepypasta from the Crypt !

PS : La communauté de CFTC souhaite un bon rétablissement à la victime de l'agression et espère qu'elle n'aura pas de séquelle.

mercredi 4 juin 2014

Marble Hornets FR

-Ou comment nous couper l'herbe sous le pied.

C'est un projet que j'envisageais moi-même de mettre en œuvre depuis un petit moment, et au moment de publier les premiers résultats de mon travail et de lancer l'appel à contribution (j'aurais eu du mal à tout traduire seul, même si la création des sous-titres n'est pas aussi fastidieuse qu'on pourrait le croire), j'ai constaté qu'un petit malin m'avait précédé de plus de six mois. C'est rageant, d'autant plus que j'avais vérifié plusieurs fois auparavant que je ne risquais pas ce genre de mauvaises surprises.

Chaîne Youtube ici

Pour ceux qui ne connaissent pas Marble Hornets, il s'agit d'une web série tournant autour de la légende du Slenderman. Elle emprunte les codes du found footage tout en étant bourrée d'idées et d'inventions brillantes.



Je m'attendais à ce qu'un tel article soit inutile, vu qu'un projet pareil ne pouvait qu'être porté aux nues immédiatement par les fans francophones du grand dadais au bras long. Mais apparemment non: les vidéos les plus populaires plafonnent à 300 vues. Je me permets donc ce coup de pub pour notre courageux traducteur afin de vous faire patienter en attendant les choses sérieuses.



 ABONNEZ-VOUS.

ET QUE CE MEC SOIT COUVERT D'OR ET DE VICTUAILLES.



dimanche 1 juin 2014

Possédée par le mal

Je m'en souviens comme si c'était hier. Tout a commencé par une nuit sans lune, la veille de mon 13e anniversaire. J'étais seule dans ma chambre à ce moment là, je regardais des vidéos sur Youtube. La soirée était particulièrement chaude, aussi, j'avais ouvert ma fenêtre de chambre pour faire un peu d'air. Les criquets chantaient sans discontinuer au dehors, et ma lumière était éteinte afin d'éviter d'attirer les moustiques. L'ambiance était pour le moins lugubre. Soudain, j'ai entendu un grand claquement derrière moi. La porte de ma chambre, qui avait été ouverte jusque là, s'était brutalement refermée, ce qui m'avait fait sursauter. Dans le même temps, un courant d'air froid avait commencé à parcourir la pièce. Je me suis dit que c'était simplement le vent, et j'ai refermé la fenêtre. Comme il était tard, j'ai décidé d'aller me coucher. Même si on était en vacances, mes parents ne voulaient pas que je me couche trop tard.

J'ai eu énormément de mal à m'endormir cette nuit là. C'était probablement parce que j'étais excitée à cause de mon anniversaire le lendemain, mais en même temps, je ne me sentais pas à mon aise. C'était peut être le courant d'air froid qui m'avait donné une drôle d'impression, en tout cas, j'ai eu du mal à trouver le sommeil. Et lorsque j'ai réussi, il a été peuplé de cauchemars atroces dans lesquels je me sentais poursuivie. Je me suis réveillée plusieurs fois en sueur avec la certitude que quelqu'un m'épiait, mais quand j'allumais la lumière, je ne voyais personne dans ma chambre. Seul mon reflet dans le miroir sur la porte de mon placard était visible.

Le lendemain, je me suis réveillée en sentant que quelque chose avait changé en moi. C'était inexplicable, mais j'avais la certitude que quelque chose s'était produit durant la nuit. Lorsque ma mère m'a vue descendre, elle a eu l'air inquiète et m'a dit que j'avais des cernes immenses. À ce moment, je ne sais pas pourquoi, mais je lui ai répondu agressivement que c'était le cadet de mes soucis et que je n'avais pas envie d'être embêtée le jour de mon anniversaire. Cette intervention l'a surprise autant que moi, et nous n'avons plus reparlé de la matinée. Elle me jetait des regards furtifs de temps en temps, mais sans rien dire. Au début, ça m'a été complètement égal, mais après une heure, j'ai de nouveau été prise d'un coup de colère et lui ai demandé si elle avait fini de me regarder comme si j'étais une folle, avant de remonter dans ma chambre et de m'enfermer. Ça n'était pas grave, pensais-je, mes amis n'allaient pas tarder à arriver, et je pourrais aller m'amuser sans plus penser à cette matinée étrange.

Cependant, lorsque les premiers invités sont arrivés, j'ai encore une fois réagi d'une manière dont je me serais bien passé. Voyant que les premiers n'étaient pas mes meilleurs amis, je les ai froidement accueillis et me suis empressée d'envoyer un message à ceux que j'attendais pour leur faire part de ma déception. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait ce jour, je me suis excusée quelque minutes plus tard, mais en même temps, je commençais aussi à m'inquiéter. Cela ne me ressemblait tellement pas, qu'est-ce qui avait bien pu m'arriver ? Heureusement, cela ne s'est pas reproduit pendant les heures suivantes, et la fête a pu bien se passer, jusqu'au moment où il a été temps de faire venir le gâteau d'anniversaire ainsi que les cadeaux. C'est à ce moment que tout a dégénéré.

Le gâteau était au chocolat, mon parfum préféré, et j'ai été très heureuse de le voir. Cependant, avant de pouvoir le déguster, je devais ouvrir mes cadeaux. J'ai déchiré les emballages et ai été plutôt satisfaite de ce que j'ai obtenu, jusqu'à ce que j'arrive à celui de ma mère. Elle m'avait offert une peluche de chaton, animal que j'adorais étant petite. Mais à ce moment, je me sentais plutôt honteuse qu'autre chose d'avoir cet objet entre les mains, et je me suis mise à hurler sur ma mère, lui demandant si elle savait quel âge j'avais, que je n'étais plus un bébé et qu'elle était vraiment une mère indigne de m'offrir des choses comme ça alors que j'avais invité des amis. Tout le monde a été choqué par mes propos, moi y compris, et j'ai préféré m'enfuir dans ma chambre en pleurant avant que qui que ce soit ne réponde.

Un bon nombre d'invités est parti à ce moment là, seules ma meilleure amie et ma mère sont restées et ont essayé de me faire sortir de ma chambre, mais sans succès. Pour ma part, je m'étais mise à faire des recherches sur internet pour essayer d'expliquer ce changement soudain de comportement et le fait que j'avais l'impression de ne plus totalement contrôler mes actes. J'ai fini par tomber sur des articles parlant de possession et, bien que je ne croyais pas à ces choses-là en général, j'ai été forcée de constater que les symptômes coïncidaient. À ce moment, j'ai fait le rapprochement avec la scène qui s'était déroulée la veille. Est-ce que le courant d'air froid que j'avais senti était une entité maléfique qui était entrée dans ma chambre ? Est-ce que mes cauchemars avaient été causés par ses tentatives de pénétrer dans mon corps pour prendre mon contrôle ? Qu'est-ce qu'elle voulait de moi ?

J'ai commencé à sérieusement angoisser, et ai demandé à ma mère et ma meilleure amie de me laisser en prétextant que je n'étais pas bien, et que ça irait sans doute mieux le lendemain. Elles se sont acharnées encore quelques minutes, mais ont fini par laisser tomber et ma meilleure amie est partie en me promettant de revenir demain pour s'assurer que j'allais bien. Quelque part, j'étais soulagée. Si j'avais affaire à un esprit maléfique, je préférais l'affronter seule, car je ne voulais pas faire de mal aux gens que j'aimais. J'ai continué mes recherches sur internet et ai finalement trouvé une page qui proposait un genre de rituel pour exorciser les démons. Je me suis dit que ça ferait sans doute l'affaire et me suis promise de tenter le coup ce soir. J'ai dû attendre que mes parents aillent se coucher pour descendre en bas prendre les ingrédients nécessaires (quatre bougies, des allumettes et du sel).

Lorsque le moment fut venu, j'ai tracé un cercle avec le sel autour de moi, ai allumé les quatre bougies et me suis placée au centre en récitant une prière qui avait été jointe sur la page. Je l'ai répétée pendant plusieurs minutes, ne sentant rien et me demandant si cela marchait réellement, puis j'ai été prise de violentes douleurs à l'estomac. J'avais l'impression que quelque chose essayait de sortir de moi. Finalement, ça marchait, l'esprit maléfique n'aimait pas la prière et essayait de sortir, j'en étais sûre! J'ai continué à réciter la prière de plus belle, les crampes dans le ventre se sont accentuées, si bien que j'ai fini par me tordre par terre, et puis elles ont fini par se calmer d'un coup. Je me sentais mieux, enfin ! J'espérais que ça avait suffit. J'ai attendu quelques minutes, mais je n'ai plus rien senti, je me sentais normale. J'ai ri de ma situation, puis j'ai éteint les bougies et suis partie me coucher. Cependant, je ne m'attendais pas à la nuit que j'allais passer.

Les cauchemars furent encore pires que la nuit précédente. Je rêvais toujours des mêmes choses qui essayaient de m'attraper, mais cette fois, elles y parvenaient, elles posaient leurs longs doigts sur moi et me dévoraient, c'était affreux. Je me suis réveillée en sursaut encore une fois, et j'ai senti que mes draps étaient plus humides que d'habitude. Lorsque j'ai allumé la lumière, j'ai eu une vision qui m'a plongée dans l'horreur : j'étais couverte de sang ! J'ai hurlé en appelant ma mère, qui s'est réveillée et a accouru. En me voyant dans cet état, elle a pâli puis s'est rapprochée de moi. Le sel et les bougies par terre n'avaient pas l'air de l'avoir étonnée, aussi j'ai pensé qu'elle savait ce qui m'arrivait et que c'était pour ça qu'elle n'avait pas essayé de discuter avec moi pendant la matinée. C'était sûr, les esprits existaient et l'un d'eux était en moi ! Du moins, j'en étais persuadée à ce moment là. Je m'en souviens comme si c'était hier. La première fois où j'ai eu mes règles.

Franchement... Bien joué. En voyant le libellé, on s'attend à la fin, mais ça reste assez drôle. Je ne sais pas comment ça s'est passé la première fois pour vous les filles, mais j'espère que ce n'était pas comme ça.