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L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni n'infirme la véracité des témoignages et histoires présents sur ce blog. Pensez à consulter nos pages d'aide pour en apprendre plus, et à toujours vérifier les sources pour vous faire votre propre avis sur la question, ici comme ailleurs.

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Vous l'avez remarqué, le site est à l'arrêt. Nous sommes toujours derrière, mais nous devons discuter de la suite et ne pouvons plus publier en attendant.

Petit rappel amical : les creepypastas ne sont pas nécessairement des fictions, elles peuvent aussi être partiellement ou entièrement tirées de faits réels, c'est ce flottement qui fait leur charme (même si c'est plus facile à deviner pour certaines, on sait). Merci donc de ne pas nous assimiler à un Wattpad de l'horreur.

Vous voulez trouver toutes nos plateformes, ou vous êtes curieux de savoir quels médias parlent de CFTC ? Tout est sur notre Linktree !

vendredi 17 avril 2015

Les écouteurs

Un jour, j’ai cassé mes écouteurs. J’étais vraiment dégoûté, parce qu’ils m’avaient été offerts par ma sœur. Je lui avais promis que je ne m'en débarrasserais jamais. Je l’aimais beaucoup, mais bon, depuis l’accident, je ne lui parle plus. J'ai jeté les écouteurs à la poubelle et j'en ai acheté de nouveaux, bleu clair, assez petits. Ils étaient similaires à ceux que m’avait offerts ma sœur. J'espérais qu'elle ne remarquerait pas que j’en avais changé. Je les ai eus pour 15 euros, c’est donné pour des écouteurs comme ceux-ci : la qualité de son est exceptionnelle et les coussins épousent parfaitement la forme de l’oreille. 

Les choses bizarres ont commencé durant le chemin vers chez moi. J’avais l’impression d’être suivi et je sentais un courant chaud dans ma nuque. Pourtant, il faisait plutôt froid ce jour-là. J’étais sûrement paranoïaque. Quand je suis rentré chez moi, j’ai essayé mes nouveaux écouteurs. Un seul mot : PARFAIT. Mais au fur et à mesure que les jours passaient, le son devenait de plus en plus horrible. J'ai envisagé de les rapporter au magasin, mais avant de le faire, j'ai changé d'avis sans vraiment savoir pourquoi.


Un mois plus tard, alors que je sortais de la fac pour rentrer chez moi, j'ai commencé à marcher en mettant mes écouteurs. Je savais que quand je rentrerais chez moi, personne ne me parlerait. En fait, personne ne parlerait à personne. Mais je savais qu’ils me regarderaient bizarrement, comme si c’était ma faute. C'est la première fois que ça arrive, et ça arrivera de nouveau l'année prochaine, le même jour. Mais ce n'est pas grave, ils me reparleront demain. Ils m'aiment toujours. 

La qualité des écouteurs était vraiment horrible. Pire que les autres jours. Des fois le son sortait de l’oreille droite seulement, puis de la gauche, puis des deux, puis aucun son, et rebelote. Le son aussi était dégueulasse. Il y avait énormément de bruits parasites comme des crissements aigus ou des crachotements. Certaines mesures des musiques se répétaient sans raison. J’en avais marre. J’étais déçu, mes écouteurs étaient cassés après seulement 1 mois d'utilisation.


Arrivé chez moi, je suis monté directement dans ma chambre, évitant le regard de ma mère qui faisait le dîner. J'ai retenté d’écouter de la musique, mais le son ne sortait même plus. J’ai donc fait mon travail sans musique.  Il était 20 heures et ma mère m’avait appelé pour venir dîner. Je suis descendu et j’ai vu mes parents manger ensemble. J'ai donc lâché un soupir avant de les rejoindre en prenant soin de ne pas les regarder. J'ai mangé rapidement et je suis retourné dans ma chambre. Avant de fermer ma porte, j’ai entendu ma mère éclater en sanglots. Je la comprends, je suis triste aussi. Ça faisait un an pile. J'ai donc passé le reste de la soirée à regarder des émissions stupides pour me vider l’esprit. Je suis donc allé me coucher. 


Le soir, alors que je dormais, j'ai cru entendre quelqu'un me parler. J’ai lentement ouvert les yeux et je me suis assis. J'avais quelque chose sur les oreilles. J’ai enlevé cet objet et j'ai découvert avec surprise mes écouteurs. Je ne me rappelais pas les avoir mis.


Par curiosité, je les ai remis dans mes oreilles pour écouter. Je ne connaissais pas cette musique. Non, ce n’était pas une musique. C’était juste une voix qui parlait. Je crois qu'elle disait: "Tu ne devais pas t'en débarrasser." Elle me semblait familière. Qu’est-ce que ça foutait sur mon portable ? J'ai donc pris mon portable pour voir ce qui jouait. Mais il ne diffusait rien.


Je ne l’ai remarqué qu’une minute plus tard, quand la voix a commencé à devenir plus forte. Cette voix, c’était ma sœur. Décédée il y a un an pile dans l’accident de voiture que j’avais causé. Je venais d'avoir mon permis et j'étais allé la chercher au collège. On parlait beaucoup et je ne faisais pas attention à la route. Je n'avais pas vu le stop. Une voiture était arrivée à grande vitesse et avait foncé directement sur le côté où se trouvait ma sœur. Elle et l'autre conducteur sont morts. Je m'en veux terriblement. Mes parents ne m'ont pas parlé pendant un mois.


Ça fait deux jours qu'elle est "revenue" dans mes écouteurs et je l’entends toujours quand je les mets. Je les ai mis au fond de mon placard pour ne pas que mes parents l'entendent. Même quand je les débranche, elle continue. Elle ne parle plus, elle hurle. Elle hurle comme quand elle agonisait.


mercredi 15 avril 2015

La fabrication des pâtés de crabe

Je suis fan de « Bob l'éponge » depuis que je suis tout petit. Les aventures aquatiques de cette petite créature jaune et de son ami Patrick l'étoile de mer m'ont toujours fait mourir de rire et, maintenant que j'ai grandi et mûri, je continue d'aimer ce dessin animé, percevant encore plus tout son côté burlesque que quand j'étais enfant. L'autre jour, alors que je surfais sur internet, une publicité clandestine s'ouvrit. Je n'eus même pas le temps de la fermer que le sourire joyeux et un peu niais de Bob l'éponge était déjà apparu sur mon écran. La pub disait:

 « Cette nuit à 03h13 sur Nickelodeon, découvrez un épisode inédit qui répondra à une question que vous vous êtes déjà forcément posée et dont Stephen Hillenburg lui-même ne connaît pas la réponse! Diffusion unique, ne ratez pas cette chance ! »

Cette annonce attisa ma curiosité. D'habitude je ne crois jamais les publicités sur internet comme celles qui vendent les miracles d'une crème qui vous fait perdre 30 kilos en 3 jours, mais là, je n'avais pas à cliquer sur un lien pour qu'on me soutire de l'argent... On n'aurait pas dit une arnaque. Et puis, ça aurait vraiment été un drôle d' attrape-nigaud... À quoi bon se servir de Bob l'éponge? Ceci dit, au moins trois choses m'avaient interloqué dans cette publicité: Une diffusion unique? Ce n'était vraiment pas le genre d'une chaîne à multiples rediffusions telle que Nickelodeon... Ensuite, quel pouvait bien être l'intérêt de diffuser un épisode d'une série pour enfant au beau milieu de la nuit, et à un horaire si particulier? Et enfin... Le créateur de la série ne connaîtrait pas la fameuse « révélation » qui allait apparaître dans l'épisode ce ce soir? Dans un épisode de sa propre confection? C'était absurde...
La tête pleine de questions sans réponse, je décidai de prendre quelques cafés pour tenir le coup et, à 3h du matin, je me postai devant mon téléviseur, surveillant ma montre toutes les 20 secondes. Sans savoir pourquoi, j'étais de plus en plus angoissé au fur et à mesure que nous approchions de l'heure fatidique. Peut-être parce que je ne pouvais m'empêcher de penser que cette publicité n'était qu'une vulgaire arnaque et que j'allais finir par me coucher bredouille...


 
 
À 03h13 précises, l'épisode commença. Sans générique. Je suis habitué à chantonner cet hymne à la gloire de Bob l'éponge à chaque commencement d'épisode, et cette absence m'apparut comme un grand vide. Je me demandai la raison de cette omission.  Était-elle volontaire? Le titre de l'épisode était affiché sur l'écran avec cette petite musique hawaïenne caractéristique du cartoon:

« La fabrication des pâtés de crabe ».

Alors c'était ça la révélation? Comment sont fabriqués les pâtés de crabe? Quelle arnaque, tout le monde sait qu'ils sont fabriqués comme n'importe quel hamburger sur la terre ferme... Enfin, cette pub n'avait pas totalement menti, c'était bel et bien un épisode inédit.


L'épisode commença avec Bob qui ronflait dans son lit. Son réveil sonna dans un vacarme assourdissant. Bob commença à se préparer pour aller au travail en chantonnant, tandis que Gary le suivait dans toutes les pièces de sa maison, miaulant ; mais l'éponge n'y prêtait pas attention. Au moment d'ouvrir la porte de sortie, Bob se retourna pour dire au revoir à son escargot, qui miaula encore plus fort, comme s'il essayait en vain de dire quelque chose à son maître depuis son réveil. Je remarquai une expression assez étrange dans les yeux de Gary... On aurait dit de la tristesse mêlée à une profonde inquiétude... ça n'avait pas l'air de déranger Bob qui claqua la porte et commença son chemin vers le Crabe Croustillant.
À peine avait-il ouvert la porte du restaurant que Mr. Krabs lui sauta littéralement dessus, flanquant Bob par terre.

« Éponge ! Lui dit-il. J'ai décidé de te récompenser!
-Euh, merci capitaine mais vous me faites mal... » répondit Bob qui étouffait sous le poids de son patron.
Je reconnaissais bien là l'humour premier degré de la série. Mr. Krabs se releva, et Bob fit de même en faisant partir la poussière de son pantalon.
 « Pourquoi voulez-vous me récompenser, capitaine? Je n'ai rien fait !
- Oh que si Éponge, détrompe-toi ! Après tant d'années de bons et loyaux services, tu mérites bien un cadeau !
- Un cadeau ! Oh chouette chouette chouette !!! » Bob sautillait sur place à une vitesse folle. « Qu'est-ce que c'est?? Qu'est-ce que c'est??
- Ah ah, une surprise mon petit BOB ! Suis-moi... »

À ce moment, je remarquai une lueur étrange dans le regard du Capitaine Krabs. Bien sûr il cachait quelque chose, mais j'avais l'impression qu'il se moquait de la pauvre éponge... Son sourire avait quelque chose de... oui, de malsain. Il prit Bob par la main et l'entraîna vers la cuisine.

« Carlo n'est pas là, capitaine?
- Hein? Oh non, il a appelé ce matin, il est cloué au lit le pauvre ! Une mauvaise grippe à tous les coups !
- Oh, pauvre Carlo... J'irai lui apporter des sandwiches à la confiture de méduse, ça le remettra vite sur ses tentacules ! »
Bob était décidément toujours aussi compatissant envers les autres, même envers ceux qui ne lui rendent jamais...

Je remarquai que la pendule du restaurant indiquait midi. Déjà l'heure du déjeuner? Bob venait pourtant juste d'arriver à son travail, c'était absurde... Au moment où le capitaine Krabs ouvrit la porte de la cuisine, un plan sur la salle à manger du restaurant me mit mal à l'aise. Elle était vide. Absolument aucun client, alors que le Crabe Croustillant est d'habitude toujours plein à craquer de poissons consommateurs à l'heure des repas. C'était probablement un oubli, le plan ne durait même pas une seconde et les clients ne sont qu'une partie du décor après tout... Bob et son patron entrèrent dans la cuisine, et le capitaine prit soin de refermer la porte derrière lui, avec une précaution qui contrastait avec son empressement habituel. Ensuite, il se dirigea vers le grill et s'arrêta. Pendant quelques secondes il resta là, sans rien dire. C'est à ce moment-ci que quelque chose me sauta aux yeux, ou plutôt, aux oreilles. Depuis que Bob était entré au Crabe Croustillant, il n'y avait aucune musique. Maintenant que personne ne parlait, cela me sautait aux tympans et l'absence d'ambiance sonore rendait l'atmosphère assez pesante...

« Euh, ça va capitaine? » demande l'éponge carrée avec un air inquiet.

Krabs se retourna brusquement et lui ordonna de se taire en levant la pince bien haut pour le menacer de le frapper s'il ouvrait encore la bouche. J'étais choqué. Ce n'était pas le genre de violence que l'on trouve dans « Bob l'éponge », surtout pas une violence aussi injustifiée... Bob, visiblement très effrayé, se protégeait avec la main. Je pouvais vraiment voir de la haine dans les yeux du capitaine Krabs... En une seconde, il redevint pourtant jovial et tapa amicalement l'épaule de l'éponge.

« Ah ah, mon p'tit Bob ! Ça va, ça va, laisse moi juste me concentrer... »

Il se plaça à nouveau devant le grill, et baissa la tête. Bob le regardait avec des yeux apeurés, sûrement encore sous le choc de la menace de son patron. Krabs tapa sous le grill avec son pied, ce qui rompit le silence malsain qui régnait dans la pièce. Je comptai les coups: ils étaient au nombre de treize. Au dernier coup, des planches du sol s'abaissèrent et une trappe s'ouvrit sans bruit, découvrant un escalier qui descendait dans les ténèbres. Krabs descendit les escaliers. Bob, lui, restait sur place à déglutir difficilement sa salive. Alors son patron lui hurla:

« Bon, tu viens ?! On n'a pas toute la nuit ! »

Tant d'agressivité dans cette voix... Le comportement de Krabs était vraiment louche et ne correspondait pas au personnage que je connaissais tellement bien... Bob, visiblement angoissé, suivit le crabe et descendit les escalier en courant, ne souhaitant apparemment pas rester seul dans la cuisine.

Il y eut un fondu au noir, et l'écran de ma télévision resta obscur pendant longtemps, à tel point que je pensais que le courant avait été coupé. Mais non, le voyant de ma télé était bien allumé et, au bout de 3 minutes, une sorte de grognement avait commencé à se faire entendre. Très bas, mais cela avait suffi à me faire me retourner en sursaut : j'avais la réelle impression que ce bruit venait de derrière moi. On aurait dit un gros chien, ou un loup... Je baissai le volume de ma télévision mais rien n'y fit. Au contraire, le bruit s'intensifia: venait-il bien de l'épisode? Qu'est-ce que j'étais en train de regarder à la fin? À un moment, la voix de Bob se fit entendre, tellement bas que je devais tendre l'oreille pour comprendre ce qu'il disait:

« On est bientôt arrivés capitaine? Il fait noir ici, j'ai peur... »

Ce hurlement. C'était un hurlement humain. Tellement puissant que j'avais l'impression qu'un jeune homme torturé venait de rugir de douleur à mon oreille, tellement réel que je me suis encore une fois retourné. Mais non, il fallait me rendre à l'évidence: j'étais seul chez moi, et cet épisode était vraiment étrange. J'ai pensé à éteindre mon poste, mais j'avais vraiment envie de savoir ce qui allait se passer... Curiosité malsaine, probablement. Je ne sais pas combien de temps l'écran est resté noir après ce hurlement mais, seul dans mon salon, cela m'a semblé long, très long...



La lumière revenue, Bob et Krabs étaient en bas des marches d'un escalier, dans une pièce aux murs blancs et métalliques. On aurait dit un hôpital ou... un abattoir. Étrangement, ils souriaient. Oui, même Bob. Alors Krabs prit son employé par les épaules et lui dit d'un air soudainement grave:

« Éponge ! Est-ce que tu es prêt à connaître le plus grand secret concernant la fabrication des pâtés de crabe ? »

Une lueur d'angoisse apparut dans les yeux de Bob. Pourquoi donc semblait-il tout à coup si anxieux alors qu'il souriait la seconde d'avant ?

« Capitaine, je sais déjà tout sur les pâtés de crabe ! D'abord il faut du pain, puis un steak de crabe, puis...
- Mais t'es-tu déjà demandé comment je m'approvisionnais en steaks, BOB? »

Comme toute réponse, Bob déglutit avec un grand bruit. Le capitaine se remit à sourire... un sourire qui remontait très haut sur son visage et laissait apercevoir... Des crocs ? Krabs laissa échapper un petit rictus et je sursautai encore une fois, le cœur battant à tout rompre: j'avais encore entendu un grognement, plus court mais aussi beaucoup plus puissant. Transpirant à grosses gouttes, je continuai de regarder l'épisode qui, même s'il m'effrayait de plus en plus, commençait aussi réellement à me fasciner.
Bob suivit Krabs dans un long couloir avant d'arriver dans une grande salle. Dans celle-ci se trouvait une énorme machine, avec une sorte de gigantesque entonnoir au-dessus et un tapis roulant en bas. Et c'est là que je les vis. Trois enfants crabes étaient attachés au mur juste au-dessus de l'entonnoir, par des sortes de ceintures métalliques. Un hurlement horrible et humain ne venant visiblement d'aucun personnage animé me donna la chair de poule. Il ne me fit pas sursauter cette fois-ci, mais l'impression que ce cri venait de quelque part dans mon salon était extrêmement dérangeante. Les petits crabes semblaient endormis. Krabs s'approcha de la machine et appuya sur un gros bouton qui se situait près du tapis roulant. La machine se mit à vrombir dans un vacarme infernal et le tapis se mit en route. Ce qui me fit tressaillir, c'est que l'on entendait le bruit de lames coupantes se refermant sur du vide. Elles devaient se situer à l'intérieur de la machine. Bob regardait le spectacle sans rien dire. Le bruit de la machine réveilla les petits crabes en sursaut. Ils regardèrent autour d'eux, apeurés. L'un deux tourna alors la tête vers le capitaine Krabs:

« Tonton... Où est-ce qu'on est ? Pourquoi on est attachés ? »

Les neveux de Krabs ? Oh mon dieu, je ne voulais pas croire que j'allais assister à ça.

« Ne t'inquiète pas mon chéri, dit le capitaine sur un ton rassurant et paternel. Vous allez juste aider tonton dans son entreprise d'accord ?
- Mais, tonton... J'ai peur, fais-nous redescendre ! Répondit un des autres enfants, au bord des larmes.
- Vous descendrez bien assez vite, toi et tes frères, ne t'inquiète pas ! Allez, restez sages. »

Alors Krabs appuya sur un autre bouton et la ceinture d'un des petits crabes s'ouvrit, le laissant tomber dans l'entonnoir. Les cris que j'entendis alors resteront gravés dans ma mémoire. Des cris d'enfants torturés qui se mélangeaient pour donner un vacarme proprement infernal, fait de pleurs et de hurlements qui se mêlaient au bruit des lames découpant la chair. Je me bouchai les oreilles, en vain car ce boucan résonnait à l'intérieur de moi. Au bout de ces quelques secondes qui me parurent interminables, la carapace du malheureux sortit d'une trappe en dessous du tapis roulant. Elle était totalement déchiquetée et tachée de sang. Cette vision me provoqua un haut-le-cœur.
Ce qui sortit de la machine par la suite finit de me dégoûter: les yeux de l'enfant qui roulaient sur le sol en laissant derrière eux deux rails d'hémoglobine parfaitement parallèles... J'étais sous le choc. Un frisson glacé me parcourut l'échine... L'air de rien, le capitaine Krabs attrapa le steak qui était sorti de la machine et avançait sur le tapis roulant. Les deux enfants avaient observé la scène et pleuraient.

«Tonton ? Je croyais que tu nous aimais ? Dit l'un des petits crabes.
- Fermez-la ! » répondit Krabs en ouvrant les deux ceintures d'un coup, laissant tomber ses deux neveux dans l'entonnoir qui les emmenait vers une mort certaine et atroce.

Krabs fixa la caméra et j'avais vraiment l'impression qu'il me regardait moi. Il avait le regard d'un fou, et son rire fut le plus perturbant que je n'avais jamais entendu. Ce n'était même plus le rire de Krabs. C'était le rire d'un pur psychopathe qui venait de tuer trois membres de sa propre famille, et ce rire se mélangeait aux hurlements et aux bruits de chair qu'on découpe, formant une symphonie monstrueuse qui me transperçait le cœur et la peau. C'en était trop, j'appuyai sur le bouton OFF de ma télévision, mais rien n'y fit. Krabs continuait de me fixer, mais cette fois-ci il était accompagné de deux nouvelles paires d'yeux qui venaient de rouler sur le sol. Baisser le volume de mon poste n'amenait à rien non plus. Quand enfin Krabs eut fini de rire, il alla chercher les deux nouveaux steaks de crabe et alla voir Bob, qui était visiblement trop effrayé pour faire quoi que ce soit. Il lui en tendit un bout:

« Tu en veux ? »

Bob ne répondit pas. Alors Krabs découpa un bout de steak avec ses pinces et l'avala.

« Pas mauvais. Mais la viande est quand même meilleure quand elle est moins jeune.
- Capitaine... Pourquoi avoir tué vos propres neveux ? » 

Bob avait un air sérieux que je ne lui avais jamais vu dans le dessin animé. Krabs, lui, éclata d'un rire malade.

« Ah ah ah ! Bob l'éponge, toujours le mot pour s'marrer ! Alors comme ça ça ne t'a jamais choqué que pendant toutes ces années, moi, le capitaine KRABS, je vende de la viande de CRABE, mais ça, ça te perturbe ! C'est la meilleure ! »

Et il lui donna une tape dans le dos, violente mais amicale.

« Que veux-tu ? Maintenant que presque tous les crabes de Bikini Bottom ont été servis en pâté, il faut bien que je m'approvisionne quelque part ! Le profit, mon petit Bob, c'est le plus important. Conseil de business mon ami: si tu as une affaire qui marche, fais-la fonctionner coûte que coûte, même si tu dois pour cela commettre des actes qui... Comment dire... Ne sont pas vraiment acceptés par notre société. »

Bob semblait perdu dans ses pensées.

« Mais... Maintenant qu'il n'y a plus de crabes à Bikini Bottom, qu'allez-vous faire ? Capturer des crabes hors de la ville ? Tuer vos neveux n'aura servi à rien, vous devrez quand même vous reconvertir !
- Me reconvertir, certes, mais ça n'empêche pas de rester dans la restauration ! À vrai dire je pensais... Tester de nouvelles recettes de pâtés. »

Le sourire malsain de Krabs réapparut sur son visage. Il se dirigea vers un frigo au coin de la pièce en chantonnant et en sortit quelque chose. Revenant vers Bob, il le lui montra.

« Steak de calamar ! Il paraît que c'est une viande très tendre ! » dit Krabs en caressant doucement le steak verdâtre du bout de sa pince.

Bob attrapa aussitôt le morceau de viande.

« C... Carlo ? »

Les larmes lui montaient aux yeux.

« Ne sois pas si sentimental, tu sais bien que Carlo n'a jamais aimé personne. Et surtout pas toi ! Tu sais, Bob, la viande de calamar est certes tendre mais elle est quelque peu... Amère. Je fais des tests, vois-tu, pour savoir quelle viande pourra rivaliser avec mes délicieux pâtés de crabe. »

Alors Krabs sortit un couteau de sa poche de pantalon et le planta dans la poitrine de la pauvre éponge. Bob hurla.

« Et, selon certaines rumeurs, la viande d'éponge est particulièrement douce en bouche »

Le capitaine Krabs enfonça encore plus profondément le couteau dans la chair de Bob, qui s'effondra sur le sol.
J'étais trop choqué pour avoir une quelconque réaction. D'un air satisfait, Krabs mit le cadavre de l'éponge sur son épaule et grimpa sur une échelle sur le côté de la machine, tout en sifflotant. Il grimpa dessus et se positionna juste derrière l'entonnoir.
« Le chef vous souhaite un bon appétit. »
Il jeta le corps de Bob l'éponge dans la machine. Le vacarme qui s'ensuivit fut semblable à celui qui accompagnait la mort des trois petits crabes, si ce n'est que des cris d'hommes et de femmes accompagnaient ceux des enfants, et que les sons étaient tellement forts que j'avais la réelle impression de devenir sourd ! Le capitaine Krabs, lui, riait tel le dément qu'il était, debout sur sa machine, levant les pinces vers le ciel.
Ma télé s'éteignit.

Suis-je le seul à avoir vu cet épisode ? Suis-je le seul à avoir lu cette publicité qui m'a amené à vivre l'expérience la plus traumatisante de ma vie ? Lorsque je fais des recherches internet, je ne trouve absolument aucun résultat qui m'apporterait une quelconque explication sur le pourquoi de cet épisode diabolique. Tout juste quelques témoignages sur des forums obscurs, mais ceux-ci restent sans réponse... C'est impossible que Stephen Hillemburg ait donné son accord pour la diffusion de cette horreur !
Aurais-je donc rêvé?...







Cela fait maintenant plus d'une semaine que j'ai vu cet épisode maudit, plus d'une semaine que ces images me reviennent, que ces cris résonnent en boucle dans ma tête... J'aimerais dire que cette mésaventure appartient au passé, mais je suis persuadé que tout n'est pas terminé.


En témoignent les traînées sanglantes parfaitement parallèles que j'ai découvertes ce matin dans mon salon...



dimanche 12 avril 2015

Les vines de Collin Henson

Note de l'administration : malheureusement, il semblerait que les vidéos aient été supprimées. Nous avons pu trouver une compilation qui les reprend, nous la mettons donc au bout de notre première entrée. Mais à l'origine, il y avait une vidéo sous chaque titre en gras, nous vous invitons donc à la regarder en prenant bien connaissance du texte au fur et à mesure.

Le compte Vine de Collin Henson a été très actif pendant une courte période, au moment où il a commencé à explorer un complexe hospitalier abandonné à proximité de son domicile. Les vidéos deviennent progressivement de plus en plus dérangeantes à mesure qu'il s'enfonce dans le bâtiment.

Collin Henson sur Vine : http://vine.co/u/1167332398262898688


Un petit aperçu de mon quartier.. #cool #hanté #dingue #Flippant #Vine #JEVAISMOURIR #àl'aide


Allons faire un petit tour pas loin de chez moi.
...
C'est un hôpital psychiatrique abandonné, à environ un mile de la maison.



Dites dans les commentaires si je devrais entrer ou pas. Ahhh #Flippant #Débile #putainquestcequejefais #abandonné


Un asile à l'abandon.
...
Oh, cette porte est ouverte.
...
Alors, je dois entrer ? Ou pas ?



Exploration de l'asile psychiatrique partie 1 #omg #tellementflippant #fou #Courage #PourL'AmourDeL'Horreur #exploration


Exploration partie 2. Allez vous faire mettre Haley Williams et J Hara Powell J'AI TELLEMENT PEUR #wow #omg #àl'aide


J'allume le flash, sinon on verra rien.


Ok faut que je rentre chez moi là #flippant #asile #whoa #ThugLife #regrets


C'est le truc le plus flippant que j'ai trouvé ici. Je suis sorti #retour #vache #homme-vache


Vine sans titre #1 - Vine sans titre #2 - Vine sans titre #3 - Vine sans titre #4


Il faut qu'il prenne ses médicaments.


Vine sans titre #5 - Vine sans titre #6 - Vine sans titre #7 - Vine sans titre #8 - Vine sans titre #9 - Vine sans titre #10 - Vine sans titre #11


Il arrive. Il arrive.




Traduction : Tripoda


Mise à jour du 18/4/2015

Il semble qu'on ait raté quelque chose la première fois. Ces vines semblent liées à une chaîne Youtube nommée bensplayhouse. Les cinq premières vidéos remontent à deux ans et semblent sans rapport direct avec Collin Henson, même si on suppose que le lieu est le même que celui exploré plus haut.







En janvier 2015, le même jour où Collin Henson publie ses explorations, bensplayhouse reprend ses activités. (Les descriptions des vidéos sont mises en regard.)


" https://vine.co/u/1167332398262898688 "



"Il ira mieux bientôt"



"Qu'est-ce qu'on s'amuse"

jeudi 9 avril 2015

Un coup pour moi

18 novembre 2013
14h30

Je me nomme Sébastien. Depuis ma plus tendre enfance, j'ai une passion pour l'exploration urbaine. Je crois que ça m'a pris quand j'avais six ans.
Ce jour-là, je me promenais avec mes parents en forêt, quand une imposante maison est apparue derrière les arbres. Elle était belle, avec de grands escaliers de chaque côté des murs couleurs abricot. Elle semblait si paisible et accueillante.
Pourtant, à l'intérieur, tout était ravagé. Il y avait des maquettes d'immeubles, du verre brisé, des documents éparpillés sur le sol. On aurait dit qu'une signature de contrat avait mal tourné...
Nous n'y sommes pas restés très longtemps, mais ce jour-là, j'ai su que je voulais recommencer, fouiller les lieux abandonnés par l'être humain, pénétrer le reste de vie des gens sans qu'ils ne le sachent.

J'ai visité quelques endroits, certains m'ont marqué...
Mais cet abattoir abandonné plus que les autres. J'y suis allé une nuit, seul.
L'accès y était très simple et les portes n'étaient pas verrouillées. Je me rappelle qu'il y régnait une odeur de mort, il y avait de vieilles traces de sang au sol. L'atmosphère était lourde et je n'étais vraiment pas à l'aise.
Des papiers abandonnés dans un bureau un peu plus loin indiquaient la date. Ça faisait cinq ans que ce lieu était abandonné, pourtant l'odeur y était omniprésente.
J'ai remarqué des escaliers un peu plus loin. Il y faisait vraiment sombre.Par moments, j'avais même l'impression que la lumière de ma torche avait du mal à percer cette noirceur...
Ma curiosité l'a emporté, je me suis aventuré sur les premières marches. Et l'odeur ! Mon dieu ! Elle était encore plus infâme qu'à l'étage !
En bas, tous les sols étaient munis d'évacuations. Il y avait de gros tuyaux au plafond, je suppose que c'est ici que les abats et autres morceaux arrivaient. D'où l'odeur plus intense...

J'ai regardé les murs. Les placards étaient encore pleins de fournitures d'hygiène, du savon, du papier... C'est alors que je l'ai entendue. Cette voix d'homme qui semblait venir de derrière moi. J'en ai eu le sang glacé. Je suis resté sans bouger pendant quelques minutes, essayant de contenir ma respiration. Puis, avec ma lampe, j'ai balayé l'endroit autour de moi.
Je n'avais aucune envie de revenir en arrière, je ne voulais pas croiser cet homme. Devant moi, il y avait un grand couloir, je n'en voyais pas le bout. J'avançais avec précaution, en essayant de faire le moins de bruit possible. Les murs étaient décrépis, il y avait quelques traces de moisissure à certains endroits.

Au moment où j'atteignais le milieu du couloir, l'homme s'est mis à parler de nouveau, mais cette fois une jeune femme lui a répondu. Ce coup-ci j'en étais bien sûr, je n'étais pas seul et ce n'était pas mon imagination ! J'essayais de comprendre, mais je n'entendais qu'un mot sur deux, ils semblaient parler d'une troisième personne. L'homme s'est mis à hurler des choses incompréhensibles puis le silence total est revenu.
J'ai continué à longer ce couloir en espérant trouver une autre sortie, mais il n'y avait qu'une vieille salle d'attente sur la droite. Trois chaises étaient collées aux murs. J'ai alors remarqué ce tableau noir au fond de la salle. Alors que je m'avançais, mon pied a heurté quelque chose, c'était un verre avec une vielle bougie dedans. En éclairant mes pieds, je me suis aperçu que j'étais au milieu d'un cercle avec d'étranges symboles autour. J'ai relevé la tête pour lire ce qui était écrit sur le tableau.


"Règle 1 : Ne jamais revenir sur ses pas.
Règle 2 : Ne jamais se retourner.
Règle 3 : Ne jamais aider les autres. Sinon tu perdras la partie.

1 coup pour moi, 2 coups pour toi, 3 coups pour elle."


Je me suis figé sur place en me demandant si ça m'était destiné. C'est alors que 3 coups ont résonné dans la pièce.

Mon cœur s'est mis à battre à toute vitesse, et si ce message était vraiment pour moi? Et si les personnes que j'avais entendues derrière moi étaient des sadiques sans cœur ? Peut-être qu'ils avaient manigancé tout ça pour me faire subir je ne sais quoi ? Dans le doute, j'ai préféré prendre les instructions à la lettre.

Je ne pouvais qu'aller vers la porte devant moi. Je l'ai ouverte. Derrière, des couloirs et des portes à n'en plus finir. Mais dans quoi j'étais tombé ? Des squatteurs avaient peut-être, avec le temps, creusé des galeries et aménagé les lieux pour y faire des fêtes ou je ne sais quoi... une chose est sûre, cette partie ne devait pas être là à l'origine. Je marchais droit devant moi en espérant ne croiser personne. Je n'osais pas me retourner ni même revenir en arrière. Je regardais tout autour de moi pour voir s'il n'y avait aucun piège sur mon passage. Il faisait très chaud là-dessous.

La voix de la jeune femme s'est fait entendre. Elle rigolait à gorge déployée. On aurait dit qu'une petite fille était en train de lui parler, des espèces de chants enfantins résonnaient le long des couloirs, j'avais l'impression qu'ils venaient de partout à la fois.
Puis la jeune fille a hurlé. Un cri horrible. Il ne faisait qu'encourager mon esprit à se faire les pires scénarios possibles. Et le silence est revenu...
J'ai trouvé un renfoncement dans le sol et je m'y suis caché. Je ne pouvais m'empêcher de réfléchir, et si cet endroit était en fait le lieu d'une expérience bizarre ? Peut-être que les cris et les rires venaient de haut-parleurs ? Cette histoire commençait à me rendre dingue !

Deux coups se sont fait entendre, c'était logiquement mon tour. Sans savoir vraiment quoi faire, j'ai décidé d'attendre, en éteignant ma lampe pour ne pas me faire remarquer. J'étais dos à la paroi. J'écoutais attentivement le moindre bruit, voir si quelqu'un s'approchait de moi.

C'est alors que j'ai senti une dizaine de mains sur mon corps ! Elles étaient bien là, des mains d'enfants bien réelles me plaquaient contre la paroi, les rires venaient étouffer mes cris. Je n'arrivais presque plus à respirer, j'avais l'impression que mes côtes étaient sur le point de se casser. J'ai réussi à attraper ma lampe, je l'ai allumée, et tout s'est arrêté. Je ne suis pas fou ! Je sais ce que j'ai vécu, j'en suis certain !

Je me suis levé aussi vite que j'ai pu, j'ai couru avec ma lampe allumée. À quelques pas en arrière, la voix d'une fillette me répétait, inlassablement : "rien ne sert de courir, tu vas perdre, je suis derrière toi !"

C'est alors que j'ai trébuché sur quelque chose, m'affalant de tout mon long sur le sol en béton. En me relevant, j'ai découvert le corps d'une jeune femme. Elle était ensanglantée, deux grandes plaies sur le visage donnaient l'impression d'un large sourire, jusqu'aux oreilles. Ses bras étaient lacérés. Je n'ai pas pu en voir plus. J'ai repris ma course de plus belle en étouffant un cri.
Je tremblais, je voulais hurler, j'avais envie de pleurer. C'était quoi ce bordel ?! Je voulais sortir de ce cauchemar au plus vite....

J'ai dû pousser des dizaines de ces portes battantes. Je commençais à m'essouffler, mon cœur battait tellement fort que ma poitrine me faisait mal. J'étais sur le point d'abandonner, de me laisser tomber à genoux sur le sol et d'attendre de finir comme cette femme... Et j'ai poussé la dernière porte.

Je n'arrivais pas à y croire, je ne rêvais pas, l'air frais emplissait mes poumons, le soleil commençait à se lever. J'ai repris mon souffle quelques instants, laissant échapper quelques larmes de joie. Je venais de gagner ce jeu malsain.
J'ai regroupé le peu de forces qu'il me restait pour rentrer chez moi.


Si j'écris ces mots, c'est que je ne sais toujours pas qui ou quoi était présent ce soir-là, je ne sais pas si j'en suis débarrassé ni même ce qui m'attend...



Voilà, celle-là est VRAIMENT la 800ème creepypasta publiée sur ce site. N'aniv.

dimanche 5 avril 2015

Tomber dans le trou

Connaissez-vous l’origine de toutes les expressions que vous utilisez ? Des fois, on apprend des choses assez surprenantes en cherchant un peu… Ou alors par hasard, après avoir discuté avec une personne d’un autre âge, trop heureuse de nous en apprendre plus sur n’importe quel sujet.

Le récit que je vais vous faire vient d’ailleurs d’une de ces fameuses discussions, c’est un homme qui s'était présenté en tant qu'ami de mes grands-parents qui m’a parlé de cette histoire un jour où il venait leur rendre visite. Comme beaucoup de jeunes, alors que mon grand-père s’était excusé un moment et tardait à revenir, je n’ai pas pu m’empêcher de lui lancer « Bah alors ! T’es tombé dans le trou ou quoi ?! » à travers le couloir. À peine je terminais ma phrase que le visiteur me regardait d’un air scandalisé. Je ne sais plus trop si je me suis excusé ou pas, par contre je me souviens bien de ce qu’il a dit pour entamer le sujet :

« Malheureux ! As-tu au moins une idée de ce que tu es en train de dire ? »

Je n’ai pas trop su quoi répondre, et il a enchaîné sur une histoire assez ancienne, qui lui avait été racontée par sa propre grand-mère, a-t-il dit. À l’époque, elle et son mari vivaient à Londres, et c’était l’époque des Grandes Puanteurs. La Tamise avait beaucoup baissé et les excréments mélangés aux déchets des boucheries bloquaient le canal. La ville était envahie par les mouches et l’air était tellement irrespirable que des gens se couvraient la bouche de mouchoirs pour pouvoir respirer, un peu comme en Chine aujourd’hui. Du coup, les gens étaient furieux et essayaient de s’en aller, même les politiques ont déplacé leurs bureaux pour essayer d’échapper à l’odeur. Quand le niveau de la Tamise a remonté et que la situation s’est calmée, les gens ont compris qu’il était peut-être temps de réfléchir à un moyen d’évacuer les déchets autrement qu’en laissant tout passer dans les rues.

Au début, on a essayé d’améliorer les égouts qui existaient déjà. Ça se passait bien, en général, et puis de temps en temps un ouvrier disparaissait. Comme ça, sans crier gare. Ce n’était pas très surprenant non plus pour l’époque, alors on lançait des recherches sans trop se poser de questions. De toute manière, ça n’arrivait pas fréquemment, et on n’était même pas sûr que l’ouvrier ait disparu dans les égouts ou à l’air libre. Alors le réseau a été terminé, et globalement on peut dire que ça s’est déroulé sans anicroche. Les maisons et les commerces y ont été reliés, et ça a tout de suite facilité la vie de beaucoup de monde.

Comme le système était tout nouveau, par contre, on voulait s’assurer que tout fonctionnait bien, alors de temps en temps on envoyait des gens vérifier que ça ne bouchait nulle part. Ça a permis une ou deux fois de réfléchir à quelques petites modifications, parce que tout n’était pas encore parfait. Mais le vieil homme m’a raconté que c’est à ce moment-là que certaines personnes ont commencé à se poser des questions, parce qu’on demandait les observations des gens qui descendaient, et tous faisaient la même remarque : les déchets humains s’écoulaient le plus souvent normalement, mais les déchets des commerces étaient anormalement peu nombreux. On a envoyé des gens vérifier que tout était correctement relié, et même si une boucherie avait eu des problèmes d’évacuation, globalement ça allait. On a supposé que le système marchait mieux que prévu, mais certains des agents qui descendaient n’étaient pas de cet avis. Eux, ils étaient sûrs d’avoir vu des restes de viande rongés jusqu’à la moelle.

D’ailleurs, on a commencé à leur donner un peu de crédit quand on a retrouvé le corps d’un des ouvriers qui avait disparu pendant l’aménagement des égouts. Il ne restait que quelques ossements, mais on a quand même pu l’identifier à son équipement qui lui avait été arraché. Après l’avoir découvert, on a tout de suite pensé à une colonie de gros rats. Ça correspondrait bien à ce qu’avaient observés les autres employés, et il suffisait que l’ouvrier ait glissé et se soit fracassé le crâne contre une paroi en pierre pour que les nuisibles soient venus profiter de sa carcasse. Du coup, quelqu’un a eu une brillante idée, celle de mettre de la mort-aux-rats dans les déchets des boucheries pour régler le problème. Ça a plutôt bien fonctionné vu que peu de temps après, on a pu constater que le nombre de déchets venant des commerces augmentait dans les égouts. Seulement après il y a eu la première mort réellement inexpliquée.

C’était une vieille dame qui habitait en face de chez les grands-parents de notre hôte. Elle allait souvent au marché pour faire ses courses, mais elle a cessé d’y venir du jour au lendemain. Et quand ses voisins du dessous ont commencé à se plaindre d’une odeur épouvantable, on a fait venir la police pour ouvrir la porte et vérifier que tout allait bien. Ils ont d’abord fouillé tout l’appartement sans la trouver, ils ont ouvert la porte de la salle d’eau seulement après. C’est là qu’ils ont compris pourquoi on ne la voyait plus. La pauvre avait été réduite en charpie, le haut de son corps trempait encore dans la cuvette tandis que le bas était tombé par terre. Les insectes avaient envahi la pièce depuis un moment et se chargeaient d’éliminer progressivement les restes, mais on a quand même facilement pu constater que toute la région du bassin était manquante. Vu les marques, il semblait qu’elle avait été arrachée.

Les autorités auraient été désemparées ne sachant pas trop quoi faire. Et il n’a pas fallu longtemps pour qu’on signale un deuxième, puis un troisième cas. Comme pour les fois suivantes, on n’a retrouvé les corps que quelques temps après la mort. Bien que le nécessaire ait été fait pour que ce ne soit pas ébruité, probablement pour éviter la panique, les rumeurs couraient vite à l’époque, et il n’a pas fallu longtemps pour qu’on en parle aux coins de rue ou dans les bars, sans trop savoir ce qu’il en était réellement. C’est à ce moment que l’expression « tomber dans le trou » est apparue, pour éviter de parler distinctement de la chose tout en restant suffisamment compréhensible.

Je me souviens de ne pas avoir réussi à m’empêcher de rire lorsqu’il m’a dit ça. Mais à ce stade de l’histoire, j’étais partagé entre le comique de l’expression et le malaise par rapport aux évènements, de sorte que même si je riais, j’étais un peu crispé. Le vieil homme m’a regardé d’un air condescendant, et ça a achevé de me rendre mon calme. Il avait l’air de prendre cela très au sérieux, et c’est vrai que même si la fin des dernières victimes ressemble à un épisode de South Park, l’idée de quelque chose rôdant dans les égouts prêtait déjà beaucoup moins à rire. Sans compter son air mystérieux qu'il avait pris à mesure qu'il avançait dans son récit et qui commençait presque à me filer la chair de poule. On aurait dit qu'il délectait de son histoire. Mais ça ne devait qu'être moi.

Il a continué l’histoire en me disant qu’à ce stade, sa grand-mère était devenue très inquiète, parce que son grand-père faisait partie de ceux qu’on envoyait de temps à autres vérifier que tout allait bien. Il lui disait qu’elle n’avait pas à s’en faire et qu’il n’y avait jamais eu l’ombre d’un danger quand il était descendu, mais lui-même avait de moins en moins envie de faire son travail. Quand la huitième victime a été retrouvée, ils ont envisagé de se retirer à la campagne le temps que ça se tasse. Mais ils ne l’ont jamais fait, parce que tout s’est terminé avant qu’ils n’en prennent vraiment la décision.

À peine une semaine après, des policiers passaient par hasard dans une rue quand on a crié au secours depuis une fenêtre. C’était une femme qui les a fait rentrer et les a menés jusqu’à la salle d’eau où tressautait le corps de son mari qui semblait vouloir se faufiler tête la première dans la cuvette des toilettes. Le bras droit et la tête avaient déjà disparu, et quelque chose continuait de tirer dessus en provoquant des craquements immondes. Un des policiers a dégainé son arme et tiré sur la cuvette qui s’est fendue, relâchant ce qui restait de l’homme dans un flot de sang. Ils ont entendu un crissement dans les canalisations, et puis plus rien. La femme leur a raconté que son mari avait entendu des bruits provenant des tuyaux et que, croyant que quelque chose s’y était coincé, il avait voulu l’en déloger, mais qu’il s’est mis à hurler et n’a plus réussi à se libérer.

Le soir même, la décision était prise de murer les canalisations et de chercher un autre système d’évacuation des déchets. Les travaux ont été accomplis en vitesse, et on a préféré employer les toilettes sèches pendant un certain temps. Certains employés racontent qu’avant de finir l’emmurement des égouts, ils ont cru apercevoir du mouvement dans le dernier des accès, mais rien ne leur a permis de le confirmer. Ce n’est que bien plus tard, quand ils ont finalement été rouverts pour devenir ce qu’ils sont aujourd’hui, qu’on a pu voir que quelque chose avait gratté contre la paroi. Mais c’est resté si longtemps fermé qu’il y avait assez peu de chances pour qu’un être vivant ait survécu jusque là. L’histoire menaçant la crédibilité de la ville, elle a vite été effacée des archives et n’a survécu que dans l’esprit de ceux qui l’ont vécue. La cause de la mort des 9 victimes a été remplacée par quelque chose de moins « incongru », et les ouvriers présumés morts ont été déclarés disparus sans plus de précisions.

Au moment où le vieux a terminé son récit, je me rappelle avoir sursauté à cause de la porte d’entrée que ma grand-mère a fait claquer en rentrant. Quand elle a vu avec qui je discutais, elle a eu l’air surprise, mais elle a secoué la tête et est allée voir ce que faisait mon grand-père. C’est le moment qu’a choisi notre hôte pour s’en aller, en s’excusant du fait qu’il n’avait pas vu l’heure. Il m’a demandé de le dire à mes grands-parents avant de sortir, me laissant en plan. J’ai failli essayer de le retenir, mais mon grand-père m’a appelé à ce moment et je n’ai pu qu’accepter. Quand il m’a dit que c’était parce qu’il avait entendu de drôles de bruits dans les tuyaux et qu’il voulait que je l’aide à déboucher les toilettes, j’ai failli faire une attaque. J’ai fait en sorte qu’on ne s’en occupe que plus tard dans la journée, et ça m’a rassuré. Je me suis senti idiot très longtemps après ça, je me disais que je m'étais laissé impressionner pour rien. Le jour qui m'a définitivement collé le doute et a achevé d'imprimer cette histoire profondément dans ma tête a été celui où on a dû changer les sanitaires à cause d'une fuite du tuyau et que j'y ai trouvé à l'intérieur des traces d'éraflures qui n'avaient définitivement pas été causées par le tartre.


vendredi 3 avril 2015

Je l'entends respirer

Je ne suis pas du genre à psychoter, ni à être paranoïaque. Mais là, je ne sais plus quoi faire. Il faut que je raconte cette histoire.

Tout a commencé lorsque j'ai emménagé avec ma famille dans une banlieue plutôt aisée. Une banlieue de bourgeois, quoi… Mon père venait d'être promu. La maison était belle et le quartier chic. Ce n'est pas vraiment mon truc, le chic. Ça ne l'a jamais été d'ailleurs. Mes parents avaient eu la chambre moyenne, car ma petite sœur avait réclamé la plus grande. J'ai donc hérité de la chambre la plus petite, vu que c'était moi qui avait le moins de choses, et qu'il ne restait que celle-ci. J'avais simplement une commode, une petite TV avec une console de jeu, et mon lit simple. On avait mis le lit contre le mur de ma nouvelle chambre. Tout se passait bien au départ. J'avais recouvert les murs de mes posters de groupes métalleux, étalé quelques boîtes de jeux-vidéo près de ma TV ; j'avais marqué mon territoire en quelque sorte… La première semaine j'avais du mal à dormir. Je me suis dit que c'était dû aux changements récents, que j'allais vite m'habituer à la maison. Je rattrapais donc mes heures de sommeil en cours. Mais un soir en rentrant du lycée j'ai entendu quelque chose d'étrange.

En allant dans ma chambre j'ai entendu comme quelqu'un – ou quelque chose – qui grattait à la porte de celle-ci. J'ai donc ouvert la porte pour voir ce qui causait ce bruit, mais il n'y avait rien que mes affaires éparpillées au sol comme d'habitude. J'ai donc laissé tomber, me disant que c'était le fruit de mon imagination, ou bien la maison qui craquait, tout simplement. Mais c'est durant la nuit qui a suivi que les choses sont devenues bizarres. 


Ce soir-là, je suis tombé de fatigue sur mon lit à cause de ma semaine de nuits blanches et je me suis endormi aussitôt. 
J'ai été réveillé par une sensation étrange, comme si quelqu'un était assis sur mon lit et gigotait… J'étais dos au mur, près du bord de mon lit, j'étais tellement fatigué que j'arrivais à peine à ouvrir les yeux. J'entendais respirer. Lorsque j'ai enfin réalisé ce qui se passait, plus rien. La sensation avait disparu. J'ai allumé la lumière quelques minutes le temps de reprendre mes esprits, j'avais sans doute fait un cauchemar. Je me suis donc recouché.

Le lendemain soir en faisant mes devoirs au milieu de ma chambre – j'aime bien travailler au calme sur le sol de mon domaine – j'ai entendu comme un grattement, encore. Ça venait du mur à côté de mon lit, comme si on grattait un de mes posters. Je me suis levé pour aller voir, mais le bruit s'est arrêté aussitôt. Je me suis donc remis au travail. Mais dès qu'ai été à nouveau assis au sol, le bruit est revenu. Ce petit jeu a duré jusqu'à ce que ma mère frappe à ma porte pour que je vienne dîner.

Durant la nuit j'ai été réveillé de plus belle par cette sensation que quelqu'un – ou quelque chose – s'agitait sur mon lit. Cette fois, j'ai feint de dormir, attendant de voir si ce n'était pas un rêve. Je me suis pincé en silence pour me réveiller, mais je ne dormais pas. J'avais toujours les yeux fermés, je l'entendais respirer. D'un coup les agitations ont cessé, mais j'ai senti comme une masse se blottir contre mon dos. Pas comme un chien, non. Comme une personne… Mon cœur accélérait, je me sentais très mal à l'aise. Soudain j'ai senti un souffle chaud dans ma nuque. J'ai crié et allumé ma lampe, plus rien. 


Ces expériences nocturnes se sont répétées pendant deux semaines, sans compter les grattements réguliers. Mes parents pensaient que j'étais stressé, que je faisais des cauchemars à cause des récents événements, que j'étais un ado perturbé. Mais je savais que je ne rêvais pas. Du moins, je le sais depuis la dernière expérience que j'ai eue.

Ma dernière expérience avec la chose de la nuit s'est produite il y a une semaine. Cette fois, j'avais décidé de voir ce qui me causait tant de terreurs nocturnes. Je m'étais muni d'une lampe torche que j'avais cachée avec moi sous la couette. Je l'ai attendue.  


J'ai à peine eu le temps de m'endormir que cette masse s'est à nouveau manifestée. Cette fois, j'étais face au mur pour tenter de l’apercevoir, bien que terrorisé à cette idée. Je discernais dans l'obscurité une masse encore plus noire sortir du mur. J'ai ensuite fermé les yeux, j'avais peur. J'ai senti cette masse sautiller sur mon matelas, faisant un peu grincer les lattes fragiles de mon lit. Elle s'agitait un peu à la manière d'un animal. J'entendais sa respiration rauque et saccadée. J'étais déjà terrifié. 

Au bout d'une dizaine de minutes – qui pour moi avaient paru une éternité – la chose avait décidé de s'allonger à côté de moi. Je la sentais collée à mon corps recroquevillé. Elle dégageait une chaleur dérangeante, et semblait s'accrocher à moi. J'étais sur le point de craquer, de pleurer, de hurler, mais j'ai réussi à garder mon calme. Comble de l'horreur, je sentais son souffle sur mon visage crispé. Je serrais ma lampe torche dans mes mains tremblantes. 

C'était le moment. D'un geste, j'ai braqué la lampe aveuglante sur le visage de la créature, et ce que j'ai vu m'a terrifié. Un visage décrépi de jeune fille, sans lèvres ni nez. Je ne pouvais même plus crier. Ses yeux injectés de sang se sont révulsés au contact de la lumière. Elle a disparu dans le mur, comme si elle se fondait avec lui, en criant. Ce cri n'était pas humain, on aurait dit un animal qu'on égorgeait. C'est alors que j'ai allumé ma lampe de chevet. Je n'ai pas dormi de toute la nuit.



Le lendemain, j'ai imploré ma sœur d'échanger de chambre, aidé par mes parents qui n'en pouvaient plus de m'entendre la nuit. Par je ne sais quel miracle, elle a fini par accepter. 

Depuis ce jour, je n'ai plus aucune terreur nocturne, plus aucun bruit ne vient de ma nouvelle chambre. Comment savoir si tout cela était vrai ? Si je n'ai rien imaginé ? Eh bien, depuis une semaine, j'entends ma sœur hurler la nuit.


mercredi 1 avril 2015

La carne

Il existe une légende chez les personnes âgées de mon village.

Il y a longtemps, aux alentours de la Seconde Guerre Mondiale, il y avait une maison avec un médecin. Ce médecin s'est installé là, quelques mois avant le début de la Guerre, et s'est fait très vite remarquer par son fort caractère nationaliste, sa haine de l'Allemagne et son attachement à la France. Il était quelqu'un de très gentil, très serviable, prêt à tout.

Et puis un jour, mon village est bombardé. Des nazis entrent quelques heures plus tard dans les rues et s'emparent de la plupart des maisons. Une famille de quatre juifs, enfuis de chez eux, trouvent refuge chez le médecin, qui les héberge dans sa cave, un peu sombre, un peu humide. Tout s'y passe bien : les nazis ne viennent pas les trouver, et le médecin les nourrit constamment. Évidemment, la nourriture n'est pas de bonne qualité, les légumes sont trop mûrs et le peu de viande qu'ils ont, à peine une ou deux bouchées par personne de temps en temps, c'est de la carne, elle est aussi immangeable que les légumes.

Hors de question de sortir de là ; pour ce qui est des besoins naturels d'excrétion, il fallait se débrouiller, et parfois vivre avec ses étrons dans un coin de la cave. Il faisait assez noir pour ne pas le remarquer mais très vite l'odorat faisait le travail à la place de la vue.

Cet enfer a duré assez longtemps.

La nuit juste avant la libération, la famille de juifs reçoit une quantité phénoménale de viande, cette fois, de bonne qualité. En une nuit, tout est mangé. Le médecin est même descendu dans la cave pour apprécier ce met en compagnie de la famille.

Enfin vient la libération, quelques heures plus tard : la famille de juifs était restée 3 ans dans la cave au total. En voulant remercier le médecin, il se sont rendus compte que ce dernier avait fuit.

Soit.

Quand les médecins anglais ont fait des tests sur les juifs de la cave pour vérifier si ils étaient en pleine forme, ils ont retrouvé la fameuse carne dans l'estomac. Les deux médecins qui auscultèrent la famille n'en revinrent pas leurs yeux.

Pendant trois ans, les juifs avaient été nourris de viande humaine, issus des cadavres des cinq fils du médecin, que ce dernier avait vraisemblablement assassinés et conservés avec lui. Leurs restes non-comestibles ont été retrouvés enfouis dans le jardin, tandis que le congélateur contenait encore des pièces de viandes. Cela leur avait toujours été caché.

Mais le comble de l'horreur, c'est l'analyse plus poussée de cette viande.

Il s'avère qu'une partie des restes congelés appartenaient au médecin lui-même, et que le dernier repas des juifs dans cette cave fut constitué de son foie et de son cœur.

Alors, une question se posa, et est toujours sans réponse aujourd'hui. Comment a-t-il pu nourrir les juifs alors que sa propre viande faisait partie de ce qui était distribué, comment a-t-il pu partager son dernier repas avec la famille alors que ce repas était fait de ses propres organes vitaux ?

...


Depuis, on dit dans mon village de ne jamais manger la viande qui nous est offerte par un voisin.
On ne sait pas de quel animal elle provient.