Je suis fan de « Bob l'éponge » depuis que je
suis tout petit. Les aventures aquatiques de cette petite créature jaune
et de son ami Patrick l'étoile de mer m'ont toujours fait mourir de
rire et, maintenant que j'ai grandi et mûri, je continue d'aimer ce
dessin animé, percevant encore plus tout son côté burlesque que quand
j'étais enfant. L'autre jour, alors que je surfais sur internet, une
publicité clandestine s'ouvrit. Je n'eus même pas le temps de la fermer
que le sourire joyeux et un peu niais de Bob l'éponge était déjà apparu
sur mon écran. La pub disait:
« Cette nuit à 03h13 sur
Nickelodeon, découvrez un épisode inédit qui répondra à une question que
vous vous êtes déjà forcément posée et dont Stephen Hillenburg
lui-même ne connaît pas la réponse! Diffusion unique, ne ratez pas cette
chance ! »
Cette annonce attisa ma curiosité. D'habitude je
ne crois jamais les publicités sur internet comme celles qui vendent
les miracles d'une crème qui vous fait perdre 30 kilos en 3 jours, mais
là, je n'avais pas à cliquer sur un lien pour qu'on me soutire de
l'argent... On n'aurait pas dit une arnaque. Et puis, ça aurait vraiment
été un drôle d' attrape-nigaud... À quoi bon se servir de Bob l'éponge?
Ceci dit, au moins trois choses m'avaient interloqué dans cette
publicité: Une diffusion unique? Ce n'était vraiment pas le genre d'une
chaîne à multiples rediffusions telle que Nickelodeon... Ensuite, quel
pouvait bien être l'intérêt de diffuser un épisode d'une série pour
enfant au beau milieu de la nuit, et à un horaire si particulier? Et
enfin... Le créateur de la série ne connaîtrait pas la fameuse
« révélation » qui allait apparaître dans l'épisode ce ce soir? Dans un
épisode de sa propre confection? C'était absurde...
La tête pleine
de questions sans réponse, je décidai de prendre quelques cafés pour
tenir le coup et, à 3h du matin, je me postai devant mon téléviseur,
surveillant ma montre toutes les 20 secondes. Sans savoir pourquoi,
j'étais de plus en plus angoissé au fur et à mesure que nous approchions
de l'heure fatidique. Peut-être parce que je ne pouvais m'empêcher de
penser que cette publicité n'était qu'une vulgaire arnaque et que
j'allais finir par me coucher bredouille...
À 03h13
précises, l'épisode commença. Sans générique. Je suis habitué à
chantonner cet hymne à la gloire de Bob l'éponge à chaque commencement
d'épisode, et cette absence m'apparut comme un grand vide. Je me
demandai la raison de cette omission. Était-elle volontaire? Le titre
de l'épisode était affiché sur l'écran avec cette petite musique
hawaïenne caractéristique du cartoon:
« La fabrication des pâtés de crabe ».
Alors c'était ça la révélation? Comment sont fabriqués les pâtés de
crabe? Quelle arnaque, tout le monde sait qu'ils sont fabriqués comme
n'importe quel hamburger sur la terre ferme... Enfin, cette pub n'avait
pas totalement menti, c'était bel et bien un épisode inédit.
L'épisode commença avec Bob qui ronflait dans son lit. Son réveil sonna
dans un vacarme assourdissant. Bob commença à se préparer pour aller au
travail en chantonnant, tandis que Gary le suivait dans toutes les
pièces de sa maison, miaulant ; mais l'éponge n'y prêtait pas attention.
Au moment d'ouvrir la porte de sortie, Bob se retourna pour dire au
revoir à son escargot, qui miaula encore plus fort, comme s'il essayait
en vain de dire quelque chose à son maître depuis son réveil. Je
remarquai une expression assez étrange dans les yeux de Gary... On
aurait dit de la tristesse mêlée à une profonde inquiétude... ça n'avait
pas l'air de déranger Bob qui claqua la porte et commença son chemin
vers le Crabe Croustillant.
À peine avait-il ouvert la porte du restaurant que Mr. Krabs lui sauta littéralement dessus, flanquant Bob par terre.
« Éponge ! Lui dit-il. J'ai décidé de te récompenser!
-Euh, merci capitaine mais vous me faites mal... » répondit Bob qui étouffait sous le poids de son patron.
Je reconnaissais bien là l'humour premier degré de la série. Mr. Krabs
se releva, et Bob fit de même en faisant partir la poussière de son
pantalon.
« Pourquoi voulez-vous me récompenser, capitaine? Je n'ai rien fait !
- Oh que si Éponge, détrompe-toi ! Après tant d'années de bons et loyaux services, tu mérites bien un cadeau !
- Un cadeau ! Oh chouette chouette chouette !!! » Bob sautillait sur
place à une vitesse folle. « Qu'est-ce que c'est?? Qu'est-ce que
c'est??
- Ah ah, une surprise mon petit BOB ! Suis-moi... »
À
ce moment, je remarquai une lueur étrange dans le regard du Capitaine
Krabs. Bien sûr il cachait quelque chose, mais j'avais l'impression
qu'il se moquait de la pauvre éponge... Son sourire avait quelque chose
de... oui, de malsain. Il prit Bob par la main et l'entraîna vers la
cuisine.
« Carlo n'est pas là, capitaine?
- Hein? Oh non, il a appelé ce matin, il est cloué au lit le pauvre ! Une mauvaise grippe à tous les coups !
- Oh, pauvre Carlo... J'irai lui apporter des sandwiches à la
confiture de méduse, ça le remettra vite sur ses tentacules ! »
Bob était décidément toujours aussi compatissant envers les autres, même envers ceux qui ne lui rendent jamais...
Je remarquai que la pendule du restaurant indiquait midi. Déjà l'heure
du déjeuner? Bob venait pourtant juste d'arriver à son travail, c'était
absurde... Au moment où le capitaine Krabs ouvrit la porte de la
cuisine, un plan sur la salle à manger du restaurant me mit mal à
l'aise. Elle était vide. Absolument aucun client, alors que le Crabe
Croustillant est d'habitude toujours plein à craquer de poissons
consommateurs à l'heure des repas. C'était probablement un oubli, le
plan ne durait même pas une seconde et les clients ne sont qu'une partie
du décor après tout... Bob et son patron entrèrent dans la cuisine, et
le capitaine prit soin de refermer la porte derrière lui, avec une
précaution qui contrastait avec son empressement habituel. Ensuite, il
se dirigea vers le grill et s'arrêta. Pendant quelques secondes il resta
là, sans rien dire. C'est à ce moment-ci que quelque chose me sauta aux
yeux, ou plutôt, aux oreilles. Depuis que Bob était entré au Crabe
Croustillant, il n'y avait aucune musique. Maintenant que personne ne
parlait, cela me sautait aux tympans et l'absence d'ambiance sonore
rendait l'atmosphère assez pesante...
« Euh, ça va capitaine? » demande l'éponge carrée avec un air inquiet.
Krabs se retourna brusquement et lui ordonna de se taire en levant la
pince bien haut pour le menacer de le frapper s'il ouvrait encore la
bouche. J'étais choqué. Ce n'était pas le genre de violence que l'on
trouve dans « Bob l'éponge », surtout pas une violence aussi
injustifiée... Bob, visiblement très effrayé, se protégeait avec la
main. Je pouvais vraiment voir de la haine dans les yeux du capitaine
Krabs... En une seconde, il redevint pourtant jovial et tapa amicalement
l'épaule de l'éponge.
« Ah ah, mon p'tit Bob ! Ça va, ça va, laisse moi juste me concentrer... »
Il se plaça à nouveau devant le grill, et baissa la tête. Bob le
regardait avec des yeux apeurés, sûrement encore sous le choc de la
menace de son patron. Krabs tapa sous le grill avec son pied, ce qui
rompit le silence malsain qui régnait dans la pièce. Je comptai les
coups: ils étaient au nombre de treize. Au dernier coup, des planches du
sol s'abaissèrent et une trappe s'ouvrit sans bruit, découvrant un
escalier qui descendait dans les ténèbres. Krabs descendit les
escaliers. Bob, lui, restait sur place à déglutir difficilement sa
salive. Alors son patron lui hurla:
« Bon, tu viens ?! On n'a pas toute la nuit ! »
Tant d'agressivité dans cette voix... Le comportement de Krabs était
vraiment louche et ne correspondait pas au personnage que je connaissais
tellement bien... Bob, visiblement angoissé, suivit le crabe et
descendit les escalier en courant, ne souhaitant apparemment pas rester
seul dans la cuisine.
Il y eut un fondu au noir, et
l'écran de ma télévision resta obscur pendant longtemps, à tel point que
je pensais que le courant avait été coupé. Mais non, le voyant de ma
télé était bien allumé et, au bout de 3 minutes, une sorte de grognement
avait commencé à se faire entendre. Très bas, mais cela avait suffi à
me faire me retourner en sursaut : j'avais la réelle impression que ce
bruit venait de derrière moi. On aurait dit un gros chien, ou un loup...
Je baissai le volume de ma télévision mais rien n'y fit. Au contraire,
le bruit s'intensifia: venait-il bien de l'épisode? Qu'est-ce que
j'étais en train de regarder à la fin? À un moment, la voix de Bob se
fit entendre, tellement bas que je devais tendre l'oreille pour
comprendre ce qu'il disait:
« On est bientôt arrivés capitaine? Il fait noir ici, j'ai peur... »
Ce hurlement. C'était un hurlement humain. Tellement puissant que
j'avais l'impression qu'un jeune homme torturé venait de rugir de
douleur à mon oreille, tellement réel que je me suis encore une fois
retourné. Mais non, il fallait me rendre à l'évidence: j'étais seul chez
moi, et cet épisode était vraiment étrange. J'ai pensé à éteindre mon
poste, mais j'avais vraiment envie de savoir ce qui allait se passer...
Curiosité malsaine, probablement. Je ne sais pas combien de temps
l'écran est resté noir après ce hurlement mais, seul dans mon salon,
cela m'a semblé long, très long...
La lumière
revenue, Bob et Krabs étaient en bas des marches d'un escalier, dans une
pièce aux murs blancs et métalliques. On aurait dit un hôpital ou... un
abattoir. Étrangement, ils souriaient. Oui, même Bob. Alors Krabs prit
son employé par les épaules et lui dit d'un air soudainement grave:
« Éponge ! Est-ce que tu es prêt à connaître le plus grand secret concernant la fabrication des pâtés de crabe ? »
Une lueur d'angoisse apparut dans les yeux de Bob. Pourquoi donc
semblait-il tout à coup si anxieux alors qu'il souriait la seconde
d'avant ?
« Capitaine, je sais déjà tout sur les pâtés de crabe ! D'abord il faut du pain, puis un steak de crabe, puis...
- Mais t'es-tu déjà demandé comment je m'approvisionnais en steaks, BOB? »
Comme toute réponse, Bob déglutit avec un grand bruit. Le capitaine se
remit à sourire... un sourire qui remontait très haut sur son visage et
laissait apercevoir... Des crocs ? Krabs laissa échapper un petit rictus
et je sursautai encore une fois, le cœur battant à tout rompre: j'avais
encore entendu un grognement, plus court mais aussi beaucoup plus
puissant. Transpirant à grosses gouttes, je continuai de regarder
l'épisode qui, même s'il m'effrayait de plus en plus, commençait aussi
réellement à me fasciner.
Bob suivit Krabs dans un long couloir
avant d'arriver dans une grande salle. Dans celle-ci se trouvait une
énorme machine, avec une sorte de gigantesque entonnoir au-dessus et un
tapis roulant en bas. Et c'est là que je les vis. Trois enfants crabes
étaient attachés au mur juste au-dessus de l'entonnoir, par des sortes
de ceintures métalliques. Un hurlement horrible et humain ne venant
visiblement d'aucun personnage animé me donna la chair de poule. Il ne
me fit pas sursauter cette fois-ci, mais l'impression que ce cri venait
de quelque part dans mon salon était extrêmement dérangeante. Les petits
crabes semblaient endormis. Krabs s'approcha de la machine et appuya
sur un gros bouton qui se situait près du tapis roulant. La machine se
mit à vrombir dans un vacarme infernal et le tapis se mit en route. Ce
qui me fit tressaillir, c'est que l'on entendait le bruit de lames
coupantes se refermant sur du vide. Elles devaient se situer à
l'intérieur de la machine. Bob regardait le spectacle sans rien dire. Le
bruit de la machine réveilla les petits crabes en sursaut. Ils
regardèrent autour d'eux, apeurés. L'un deux tourna alors la tête vers
le capitaine Krabs:
« Tonton... Où est-ce qu'on est ? Pourquoi on est attachés ? »
Les neveux de Krabs ? Oh mon dieu, je ne voulais pas croire que j'allais assister à ça.
« Ne t'inquiète pas mon chéri, dit le capitaine sur un ton rassurant et
paternel. Vous allez juste aider tonton dans son entreprise d'accord ?
- Mais, tonton... J'ai peur, fais-nous redescendre ! Répondit un des autres enfants, au bord des larmes.
- Vous descendrez bien assez vite, toi et tes frères, ne t'inquiète pas ! Allez, restez sages. »
Alors Krabs appuya sur un autre bouton et la ceinture d'un des petits
crabes s'ouvrit, le laissant tomber dans l'entonnoir. Les cris que
j'entendis alors resteront gravés dans ma mémoire. Des cris d'enfants
torturés qui se mélangeaient pour donner un vacarme proprement infernal,
fait de pleurs et de hurlements qui se mêlaient au bruit des lames
découpant la chair. Je me bouchai les oreilles, en vain car ce boucan
résonnait à l'intérieur de moi. Au bout de ces quelques secondes qui me
parurent interminables, la carapace du malheureux sortit d'une trappe en
dessous du tapis roulant. Elle était totalement déchiquetée et tachée
de sang. Cette vision me provoqua un haut-le-cœur.
Ce qui sortit de
la machine par la suite finit de me dégoûter: les yeux de l'enfant qui
roulaient sur le sol en laissant derrière eux deux rails
d'hémoglobine parfaitement parallèles... J'étais sous le choc. Un
frisson glacé me parcourut l'échine... L'air de rien, le capitaine Krabs
attrapa le steak qui était sorti de la machine et avançait sur le tapis
roulant. Les deux enfants avaient observé la scène et pleuraient.
«Tonton ? Je croyais que tu nous aimais ? Dit l'un des petits crabes.
- Fermez-la ! » répondit Krabs en ouvrant les deux ceintures d'un
coup, laissant tomber ses deux neveux dans l'entonnoir qui les
emmenait vers une mort certaine et atroce.
Krabs fixa la
caméra et j'avais vraiment l'impression qu'il me regardait moi. Il
avait le regard d'un fou, et son rire fut le plus perturbant que je
n'avais jamais entendu. Ce n'était même plus le rire de Krabs. C'était
le rire d'un pur psychopathe qui venait de tuer trois membres de sa
propre famille, et ce rire se mélangeait aux hurlements et aux bruits
de chair qu'on découpe, formant une symphonie monstrueuse qui me
transperçait le cœur et la peau. C'en était trop, j'appuyai sur le
bouton OFF de ma télévision, mais rien n'y fit. Krabs continuait de me
fixer, mais cette fois-ci il était accompagné de deux nouvelles
paires d'yeux qui venaient de rouler sur le sol. Baisser le volume de
mon poste n'amenait à rien non plus. Quand enfin Krabs eut fini de
rire, il alla chercher les deux nouveaux steaks de crabe et alla voir
Bob, qui était visiblement trop effrayé pour faire quoi que ce soit.
Il lui en tendit un bout:
« Tu en veux ? »
Bob ne répondit pas. Alors Krabs découpa un bout de steak avec ses pinces et l'avala.
« Pas mauvais. Mais la viande est quand même meilleure quand elle est moins jeune.
- Capitaine... Pourquoi avoir tué vos propres neveux ? »
Bob avait un air sérieux que je ne lui avais jamais vu dans le dessin animé. Krabs, lui, éclata d'un rire malade.
« Ah ah ah ! Bob l'éponge, toujours le mot pour s'marrer ! Alors comme
ça ça ne t'a jamais choqué que pendant toutes ces années, moi, le
capitaine KRABS, je vende de la viande de CRABE, mais ça, ça te perturbe
! C'est la meilleure ! »
Et il lui donna une tape dans le dos, violente mais amicale.
« Que veux-tu ? Maintenant que presque tous les crabes de Bikini Bottom
ont été servis en pâté, il faut bien que je m'approvisionne quelque
part ! Le profit, mon petit Bob, c'est le plus important. Conseil de
business mon ami: si tu as une affaire qui marche, fais-la
fonctionner coûte que coûte, même si tu dois pour cela commettre des
actes qui... Comment dire... Ne sont pas vraiment acceptés par notre
société. »
Bob semblait perdu dans ses pensées.
« Mais... Maintenant qu'il n'y a plus de crabes à Bikini Bottom,
qu'allez-vous faire ? Capturer des crabes hors de la ville ? Tuer vos
neveux n'aura servi à rien, vous devrez quand même vous reconvertir !
- Me reconvertir, certes, mais ça n'empêche pas de rester dans la
restauration ! À vrai dire je pensais... Tester de nouvelles recettes
de pâtés. »
Le sourire malsain de Krabs réapparut sur son
visage. Il se dirigea vers un frigo au coin de la pièce en chantonnant
et en sortit quelque chose. Revenant vers Bob, il le lui montra.
« Steak de calamar ! Il paraît que c'est une viande très tendre ! » dit
Krabs en caressant doucement le steak verdâtre du bout de sa pince.
Bob attrapa aussitôt le morceau de viande.
« C... Carlo ? »
Les larmes lui montaient aux yeux.
« Ne sois pas si sentimental, tu sais bien que Carlo n'a jamais aimé
personne. Et surtout pas toi ! Tu sais, Bob, la viande de calamar est
certes tendre mais elle est quelque peu... Amère. Je fais des tests,
vois-tu, pour savoir quelle viande pourra rivaliser avec mes délicieux
pâtés de crabe. »
Alors Krabs sortit un couteau de sa poche de pantalon et le planta dans la poitrine de la pauvre éponge. Bob hurla.
« Et, selon certaines rumeurs, la viande d'éponge est particulièrement douce en bouche »
Le capitaine Krabs enfonça encore plus profondément le couteau dans la chair de Bob, qui s'effondra sur le sol.
J'étais trop choqué pour avoir une quelconque réaction. D'un air
satisfait, Krabs mit le cadavre de l'éponge sur son épaule et grimpa sur
une échelle sur le côté de la machine, tout en sifflotant. Il grimpa
dessus et se positionna juste derrière l'entonnoir.
« Le chef vous souhaite un bon appétit. »
Il jeta le corps de Bob l'éponge dans la machine. Le vacarme qui
s'ensuivit fut semblable à celui qui accompagnait la mort des trois
petits crabes, si ce n'est que des cris d'hommes et de femmes
accompagnaient ceux des enfants, et que les sons étaient tellement forts
que j'avais la réelle impression de devenir sourd ! Le capitaine Krabs,
lui, riait tel le dément qu'il était, debout sur sa machine, levant les
pinces vers le ciel.
Ma télé s'éteignit.
Suis-je le seul à avoir vu cet épisode ? Suis-je le seul à avoir lu
cette publicité qui m'a amené à vivre l'expérience la plus traumatisante
de ma vie ? Lorsque je fais des recherches internet, je ne trouve
absolument aucun résultat qui m'apporterait une quelconque explication
sur le pourquoi de cet épisode diabolique. Tout juste quelques
témoignages sur des forums obscurs, mais ceux-ci restent sans réponse...
C'est impossible que Stephen Hillemburg ait donné son accord pour la
diffusion de cette horreur !
Aurais-je donc rêvé?...
Cela fait maintenant plus d'une semaine que j'ai vu cet épisode maudit,
plus d'une semaine que ces images me reviennent, que ces cris résonnent
en boucle dans ma tête... J'aimerais dire que cette mésaventure
appartient au passé, mais je suis persuadé que tout n'est pas terminé.
En témoignent les traînées sanglantes parfaitement parallèles que j'ai découvertes ce matin dans mon salon...