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L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni n'infirme la véracité des témoignages et histoires présents sur ce blog. Pensez à consulter nos pages d'aide pour en apprendre plus, et à toujours vérifier les sources pour vous faire votre propre avis sur la question, ici comme ailleurs.

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Petit rappel amical : les creepypastas ne sont pas nécessairement des fictions, elles peuvent aussi être partiellement ou entièrement tirées de faits réels, c'est ce flottement qui fait leur charme (même si c'est plus facile à deviner pour certaines, on sait). Merci donc de ne pas nous assimiler à un Wattpad de l'horreur.

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dimanche 4 mai 2014

Le carnet

J'ai trouvé un vieux carnet près d'un vieux château abandonné lors d'une randonnée en montagne.
Il était très sale et poussiéreux. Je pouvais quand même lire les pages, il appartenait à un œnologue et critique culinaire. Voici les derniers extraits :


 
Tournée des restaurants de haute montagne, 05 mars 1982 :
Visite du restaurant de la famille Jacques Martin, un petit chalet modeste en hauteur. Très apprécié pour son vin et sa tendre viande d'animaux sauvages chassés dans la forêt. Viande très fine et d'une texture très différente des viandes d'élevage. Un menu original, on trouve du renard ou de la marmotte. Le vin a une robe rouge écarlate. Au contact de la langue, sa structure semble trop corsée. Le sommelier a décanté délicatement, suite à cette décantation on pouvait ressentir un goût de fruits rouges sucrés en le buvant ainsi que des traces de saveur boisée, un parfum de rose et de cassis se dégageait du verre.

Tournée des restaurants de haute montagne, 07 mars 1982 :
Visite du château des Jacques Martin pour voir l'élaboration des vins. Malgré la petite taille de la propriété (1 hectare), cette famille vend une bonne quantité de bouteilles grâce à la popularité qu'a pris leur vin en raison de son goût exceptionnellement sucré et puissant. Ils ne vendent pas de blanc. Prix des bouteilles classiques d'une valeur moyenne de 135 francs.

Dégustation d'un de leurs grands crus. Rouge sombre, goût sauvage, pointe de cassis. J'associerais volontiers ce vin au tableau de Goya représentant Saturne dévorant l'un de ses fils.


Tournée des restaurants de haute montagne, 08 mars 1982 :
Invitation du père des Jacques Martin à une partie de chasse.
Explication du fonctionnement des pièges dissimulés dans la forêt.



9 mars 1982 :
Il faut que le monde soit au courant, j'écris ces lignes en sachant que c'en est fait de moi, ils m'ont capturé.
Je sais qu'il est peu probable que ça arrive, mais si une personne trouve mon carnet, je veux qu'il l'envoie à la maison mère du magazine "Gala Gourmand".
Le passage suivant s'adresse à ma cousine, directrice du magazine :

Anne-Sophie, tu sais que je ne suis pas un menteur. Ce qui va suivre est mon dernier article, il s'agit d'un témoignage. Je t'en prie, publie-le dans le magazine. Le monde doit être au courant de ce genre d'abominations.

Les Jacques Martin m'avaient invité à dîner chez eux. Nous discutions des millésimes les mieux classés l'an passé. Puis leur plus petite fille a demandé :

"Je n'aime pas ma copine."

La mère lui a répondu d'une voix douce:

"Eh bien mets-la sur le côté de l'assiette, elle servira de reste."

J'étais vraiment perplexe face à ce que je venais d'entendre. Quand j'ai demandé de quel animal sauvage venait la viande dans mon assiette, le père m'a juste répondu :

"Le plus féroce et le plus vicieux des animaux sauvages, celui qui domine toutes les espèces sur tous les continents. Le superprédateur! Vous devez bien avoir une idée, non?"

Il m'a fracassé le crâne avec une bouteille de vin alors que je tentais de fuir. 


Je me suis réveillé dans une des geôles de leur château. Ils me servent à manger des restes de leurs repas composés de bas morceaux, ainsi que de grosses quantités de sucre. Évidemment, je ne mange que le sucre.
 

Je comprends maintenant pourquoi leur vin est si sucré. Ils m'ont fait une prise de sang pour savoir si mon taux de sucre était assez élevé. Ils mélangent le sang et le vin!
 

Une femme dont le pied est en sang vient d'être enfermée avec moi. Elle m'a raconté qu'elle cherchait sa petite fille qui était partie jouer avec la fille des Jacques Martin. Elle avait ensuite été prise dans un piège à ours. L'idée que j'avais peut-être digéré sa fille me dégoûte.

Ils l'ont écorchée vive sous mes yeux, le père s'est amusé à me donner un cours sur les parties les plus tendres du corps humain avec le corps sans peau de la femme pendu à un crochet. Il m'a ensuite fait le "compliment" que la langue d'un critique culinaire comme moi devait avoir un goût délicieux et qu'il me réserverait pour le repas de Noël. Maintenant, je m'apprête à jeter mon carnet de notes par les petits barreaux de la prison qui donnent sur l'extérieur, je prie Dieu pour que ce carnet soit retrouvé et que la mort de ces innocents soit vengée. Le monde doit être au courant de ces abominations."



 

Après la lecture de ce vieux carnet, j'étais sous le choc. Seulement, il datait de 1982. Aujourd'hui les Jacques Martin ont des restaurants de luxe dans toute la France. Toujours avec leur fameuse viande d'animaux sauvages et leurs vins exceptionnellement sucrés.


samedi 3 mai 2014

Parasomnia

Blog d'Alyssia Fareni, affaire n°11458


Par où commencer?
Certainement par me présenter, je m'appelle Alyssia, j'ai 25 ans depuis peu, et je commence ce blog pour refouler mes peurs...

La littérature a toujours été un exutoire pour moi, j'ai eu recours à cette méthode plus d'une fois depuis que je suis gamine, juste pour pouvoir poser mes frayeurs sur une page blanche, les exorciser en quelque sorte, besoin que je ressens actuellement...

Pourquoi tenir un blog? Pour que tout le monde puisse savoir ce qui m'arrive actuellement, ce qui me pousse à me confier à de parfaits inconnus, avec l'espoir de trouver quelqu'un qui pourra m'aider.

Nous sommes donc le 8 Janvier, et cette nuit j'ai subi ce qu'on appelle une Paralysie du Sommeil, pour faire court, je me suis retrouvée dans mon lit, réveillée, sans aucun moyen de bouger, de parler, ou quoi que ce soit, l'angoisse totale. Mon estomac a commencé à se retourner dans tous les sens tellement j'étais stressée, et je suffoquais à tel point que j'ai senti la crise d'asthme arriver. Heureusement quelques minutes après (minutes qui m'ont paru être des heures), j'ai pu me ressaisir et en ai parlé à ma sœur, avec qui je vis depuis trois ans, qui m'a conseillé d'aller voir un psy. Je n'aime pas les psys, donc j'ai décidé de tout mettre ici, sur ce blog, raconter tout ce qui peut m'arriver par rapport à cet événement.
Je n'y publierai rien d'autre, en espérant que vous ne me prendrez pas pour une autre de ces tarées qui raconte n'importe quoi juste pour devenir populaire, je vous souhaite une très bonne visite.


22 Janvier
Deux semaines de nuits magnifiques sans cette sensation horrible, j'espère que ça continuera, désolée pour les lecteurs qui attendaient un article entre temps, mais comme dit plus haut, je ne ferai mention que de ces phénomènes ici, s'ils ne se reproduisent plus, je fermerai définitivement ce blog.


26 Janvier
Ça a recommencé, je suis allée me coucher à 2h45 ce matin, je me suis roulée dans ma couette comme à mon habitude et mes jambes ont commencé à se raidir, me faisant me sentir impuissante. Cette sensation s'est avancée jusqu'au bas de mes reins, puis jusqu'à mes omoplates, pour finir sa course dans mes bras. Cette fois-ci, j'ai senti mes muscles se contracter, mon ventre s'est noué de plus belle. J'ai eu envie de crier, mais rien à faire, j'étais bloquée, je ne pouvais pas bouger. J'ai pris rendez-vous avec un professionnel du sommeil, il a déjà vu des cas similaires et est d'accord pour me conseiller et me guider. J'angoisse, j'en viens à ne plus vouloir m'allonger, certes ça ne m'est arrivé que deux fois en un mois, mais quand même...


2 Février
Plus rien depuis la dernière fois. Je suis allée ce matin voir le docteur Keridan, le spécialiste, il m'a expliqué que ces crises pouvaient arriver à cause d'un manque de tonus musculaire, ce qui est possible connaissant ma flemme légendaire, et également à cause d'une intrusion du sommeil paradoxal. Je n'ai pas vraiment compris le sens de l'intrusion mais le principal c'est qu'il m'ait prévenu que ces phénomènes risquaient de se répéter, et qu'ils seraient à chaque fois plus violents, pouvant entraîner des hallucinations. Il m'a conseillé aussi d'aller voir un psychanalyste au cas où ça arriverait, je ne sais pas, je ne suis pas convaincue, je préfère venir ici.


7 Février
Toujours... À la même heure.
Je me suis réveillée en sursaut la nuit dernière, cauchemars horribles, j'ai regardé mon portable, 2h45, je me suis retournée dans mon lit, afin d'avoir le dos à plat contre le matelas, et ça a recommencé, toujours la même sensation de panique et de stress. Je n'ai rien senti comparé à la dernière fois, tout s'est fait trop vite, je me suis juste paralysée totalement. J'ai cru voir une ombre du coin de l’œil, heureusement que le médecin m'avait prévenue pour les hallucinations, mais j'ai eu terriblement peur, j'avais très mal aux bras. Pas de courbature ou de douleur comme si je m'étais cognée, non, c'était bien plus profond, comme si mes os se cassaient, c'était horrible, encore une fois j'ai voulu hurler, appeler ma sœur qui dormait tranquillement à coté, mais rien n'a voulu sortir. Je me suis sentie observée, et oppressée, j'avais mal et je voulais que ça s'arrête, j'ai pensé que j'allais mourir, je priais juste pour que ça se fasse vite. J'ai peur de souffrir, j'ai même essayé de fermer les yeux, en vain, au bout de quelques minutes j'ai enfin pu bouger un orteil, puis mes jambes et le reste de mon corps. Je ne me suis pas rendormie, j'ai trop peur que ça recommence, je suis allée prendre un café et suis venue ici pour raconter tout ça tant que c'est encore clair dans mon esprit. J'ai regardé mes bras, aucune trace, rien du tout, je les ai palpés chacun leur tour, une petite douleur au niveau du coude, mais rien de plus.

Je vais passer ma journée à me renseigner sur ce qui m'arrive, plus je serai préparée, mieux ça ira, enfin je l'espère. J'espère aussi ne pas tomber de sommeil, il est 4h du matin, je suis fatiguée mais je dois tenir bon, je n'ai pas revu l'ombre, preuve que j'ai juste halluciné.


9 Février
J'ai passé deux jours complets à chercher des solutions ou des informations concernant ce qui m'arrive, rien de bien concluant, que du mythe ou des histoires à dormir debout. Dormir debout tiens, ça pourrait marcher non? J'ai retrouvé mon humour pourri, c'est que je vais déjà mieux.
Je vais me mettre au sport, pour réguler mon problème de tonus musculaire, ma sœur m'a filé deux somnifères pour que je dorme tranquillement ce soir, je n'ai pas dormi depuis mon dernier article, je tombe de sommeil mais j'ai tenu bon. Je suis faible et j'ai plus de force, il est 15h et depuis 6h ce matin je suis sur mon ordi, j'ai passé la nuit à jouer à la console et à boire du café, je n'ai pas mangé grand-chose à part des chips et quelques gâteaux. Je n'ai pas faim d'ailleurs, je vais continuer mes recherches jusqu'à 20h puis je prendrai mon somnifère et j'irai me coucher, je croise les doigts pour que tout se passe bien...


7 Mars
Tout va pour le mieux, j'ai commencé le sport peu après mon dernier article, je fais de la natation et c'est pas désagréable, je laisse encore ouvert ce blog au cas où.


12 Mars
J'ai finalement bien fait de laisser le blog ouvert. Ça a recommencé, et c'était encore plus horrible que les fois précédentes. Je venais de m'endormir et j'ai été réveillée par une sensation très bizarre, comme si quelqu'un me soufflait sur le visage. J'ai ouvert les yeux, et à ce moment mon corps s'est recroquevillé automatiquement et je me suis encore retrouvée paralysée. Jusque-là, ce n'était arrivé que quand j'étais sur le dos. Cette fois, j'étais en position fœtale, la tête enfoncée dans mes genoux, une douleur lancinante dans le flanc, j'avais envie de pleurer, de pleurer toutes les larmes de mon corps, je voulais que tout s'arrête une bonne fois pour toutes. J'ai pensé à la mort encore une fois, en me disant que ce serait mieux que ce supplice nocturne. Mon âme se tordait tandis que mon corps restait parfaitement immobile, pétrifié.
J'ai revu cette ombre, mais plus distinctement, une grande ombre vaporeuse, qui disparaissait lentement au fur et à mesure que je reprenais le contrôle de mon corps. J'ai repris rendez-vous avec le docteur Keridan, pour lui parler de tout ça, je dois aller le voir en urgence demain, je posterai un article dès mon retour...


13 Mars
Il est 18h et je suis effondrée, j'ai passé deux heures à raconter ce que j'avais vu, le docteur m'a écouté attentivement avant de me dire que mes hallucinations n'en étaient pas vraiment en réalité.
Beaucoup de témoignages donnent la même description de ce phénomène. Au début, les sujets ne voient rien, mais parfois ils voient une ombre vaporeuse et entendent aussi des bruits étranges, des soufflements, des cris, parfois des pleurs, mais c'est à chaque fois la même chose. Il m'a expliqué que la probabilité pour que toutes ces personnes hallucinent la même chose est très très faible. J'ai peur maintenant, je ne veux plus dormir, je ne veux même plus être seule. Ma sœur était là au rendez-vous, elle a promis de veiller sur moi, je la crois.


15 Avril
Plus d'un mois que je dors tranquillement, mais j'ai compris que ça ne dure jamais vraiment, je vais me coucher stressée tous les soirs, je dors avec la lumière allumée maintenant, à la place de mon ancienne veilleuse, j'ai peur et ma sœur laisse les portes ouvertes, au cas où. Je lui ai expliqué que je ne pouvais pas crier mais elle me rassure quand même un peu...


22 Avril
Je l'ai vu. Je n'aurai jamais dû laisser la lumière allumée, je n'aurais jamais du me rendormir après 2h du matin.
Je rentrais d'une soirée avec des amis, il était plus de 2h et je n'étais pas fatiguée, j'ai quand même décidé d'aller me coucher, en me disant qu'il ne se passerait rien ce soir. Après tout, ça faisait plus d'un mois que rien ne s'était passé. Je me suis déshabillée et mise au lit, 2h15, je me suis endormie sur le dos, complètement affalée et un peu alcoolisée.

J'ai ouvert les yeux et je ne pouvais plus bouger, ma tête tournait et j'avais mal dans tout le corps, les bras, le flanc. Maintenant c'est tout mon corps qui me faisait mal. Je pleurais et hurlais intérieurement, mais rien ne sortait. Elle était là, au-dessus de moi, cette ombre vaporeuse, elle me fixait, ses yeux étaient blancs, aussi translucides que le reste de son corps. Elle avait la forme d'une personne assez grande, ses bras se tenaient au-dessus des miens. Elle me regardait dans les yeux, j'étais terrifiée, je voulais mourir, je n'en pouvais plus. Elle a chuchoté qu'elle viendrait jusqu'à la fin, qu'elle se nourrissait de mes peurs. Je me sentais tellement mal, mon cœur battait à m'en faire exploser la poitrine, mes organes étaient comprimés par mes poumons qui tentaient tant bien que mal de m'aider à respirer, ma respiration était saccadée. J'en ai marre, je veux que tout cela cesse, et ça cessera.

J'ai pris ma décision, dès ce soir je prendrai plus de somnifères que d'habitude. Je passerai la journée avec ma sœur et mes amies. Je vous dis au revoir, et merci de m'avoir lue, de m'avoir pour certains envoyé vos messages de soutien.

Je serai plus heureuse ailleurs.




jeudi 1 mai 2014

Crying Sally


En Angleterre, on raconte souvent cette légende, pourtant peu connue, de Crying Sally.


Sally Sanford de son vrai nom, était une jeune femme de 18 ans qui s'était mariée en 1935 à un soldat français. C'était une jeune femme heureuse, belle et intelligente. Malgré son handicap, elle croquait la vie à pleine dents. En effet, elle était aveugle depuis sa naissance.


En 1942, son mari partit au front combattre l'Allemagne nazie. Ils se parlaient par lettres que la mère de la jeune femme lui lisait avec toute la tendresse avec laquelle les messages avaient été écrits. Sally était heureuse et amoureuse.


Mais un matin de mai 1944, alors qu'elle attendait le facteur assise sur un banc devant chez elle, celui-ci lui annonça qu'il n'avait pas reçu de lettre pour elle. La jeune femme tomba dans une tristesse énorme au fur et à mesure que les jours passaient. En effet, chaque jour puis chaque semaine qui s'écoulaient, le facteur lui disait toujours la même chose, qu'il n'avait aucune lettre pour elle.


Les journées devinrent monotones et la jeune femme restait enfermée dans sa chambre, pleurant son mari qu'elle pensait mort au combat. Personne n'arrivait à la consoler. Alors, un soir, dans un geste désespéré, elle prit le pistolet de service de son père, le porta à sa tempe et tira dans l'espoir, dit-on, de retrouver son mari au Paradis.


Quelques jours plus tard, le soldat français, finalement vivant, revint au domicile de Sally et apprit la triste nouvelle.


On raconte aussi que, ne trouvant pas son mari dans l'au-delà, elle décida de redescendre sur terre dans l'espoir de le retrouver.


On dit que chaque nuit aux alentours de 3 heures du matin, il serait possible de la voir assise sur un banc en train de pleurer, et qu'elle disparaîtrait si on approche son fantôme de trop près. Selon la légende, il serait cependant possible d'entrer en contact avec elle. Pour l'invoquer, il faudrait se rendre sur un banc à 3 heures du matin avec un bouquet de rose fanées, et dire: "C'est moi, Sally!"


Crying Sally apparaîtrait donc à vos côtés, habillée dans le style des années 40, portant un petit sac sur ses genoux. Elle tournerait la tête vers vous, du sang coulerait de sa tempe et des larmes sanglantes couleraient sur ses joues. Elle vous poserait une question, en vous fixant de ses yeux vitreux. 
"Are you my love ? Are you my sweet love ?" (Es-tu mon amour ? Es-tu mon doux amour ?)


Vous devrez impérativement donner une réponse, mais dans les deux cas l'issue pourrait être fatale.


Si vous répondez "Oui", elle vous demandera de la suivre et sortira de son sac (les versions diffèrent) soit un pistolet, soit un couteau; et elle vous tuera, car pour qu'un amour soit éternel il faut qu'il meure, qu'il meure d'amour. D'autres disent aussi que Sally disparaîtrait en souriant.


Mais ne pensez pas que vous en serez débarrassé pour autant, elle reviendra à un moment ou à un autre pour vous emporter avec elle. On dit que le moment venu, vous sentirez une main prendre la vôtre et que vous serez brusquement victime d'un arrêt cardiaque.


Si vous répondez "Non", l'issue sera tout assi fatale.


On raconte que pour punir ceux qui se sont "moqués" d'elle, elle les hantera jusqu'à la fin de leur vie. Le terme arrivant, vous vous en doutez, plus tôt que prévu. 
On dit que ces personnes se seraient donné la mort souvent un mois après.


Un homme aurait raconté, une semaine avant son suicide, que pendant plus d'un mois il avait vu le cadavre de Sally à longueur de journée, celle-ci lui demandant sans cesse: "Are you my love ? Are you my sweet love ? " d'une voix d'outre-tombe. Il se rappelait qu'une nuit, alors qu'il allait s'endormir, il entendit la poignée de la porte de sa chambre tourner et vit apparaître, enveloppée d'une étrange lumière, Crying Sally lui posant sa question. Il aurait dit aussi qu'il la voyait même dans son sommeil, qu'il assistait chaque nuit, en rêve, au suicide de la jeune Sally.


L'homme se serait donc suicidé quelques temps après en s'administrant une dose mortelle de calmants, et serait mort d'une crise cardiaque.


Certaines personnes qui auraient tenté le rituel lui auraient répondu "Je ne sais pas", ou "peut-être". Crying Sally serait alors disparue dans un cri strident. Mais certains racontent qu'il arriverait quelque chose de totalement différent  si vous entamiez cette démarche... C'est là que mon récit s'arrête, je ne vous dirai rien de plus, à vous d'essayer si vous en avez le cran... 
 
 


samedi 26 avril 2014

Mon cher petit


Tu aimes l'école , tes  camarades et toi vous y amusez comme des petits fous.
 Oh, il y a bien sûr les grands qui rient de toi, et la maîtresse qui est parfois méchante, mais comme dirait l'autre, tout est au mieux dans le meilleur des mondes. Ta maman, tu l'adores, plus tard tu voudrais l'avoir pour toi et toi seul, c'est ta maman et tu l'aimes plus que tout. Il y a la petite Sophie a l'école , elle est mignonne, elle a de beaux cheveux blonds.

Mais la nuit, oh, la nuit tu as peur. Il y a des bruits, et, même si ta maman regarde partout, tu ne te sens pas en sécurité, seul dans ta chambre. 
Des ombres, des souffles. À la fenêtre, quelqu'un t'observe. Mais ta maman est là quand tu pleures, elle te raconte une histoire et tu t'endors tranquillement dans ses bras.

Elle  t'avait déjà dit que "le monsieur à la fenêtre " n'était qu'une branche. Elle avait fini par demander à Charles, le voisin, de la couper, là où se trouvait la balançoire où tu avais joué avec  Sophie et où tu avais gravé un cœur un  jour d'été.
 
Mais la nuit, oh, la nuit tu as peur, le monsieur à la fenêtre n'est pas au rendez-vous. Il est dans ton placard, il te fixe, il te parle tout bas mais tu ne comprends rien. Mais ton nounours et ta couette te protègent. Tout va bien .  Mais il te regarde toujours et tout le temps. Ta maman te promet qu'il n'existe pas.
Mais elle ne semble pas sûre d'elle .

Un jour vous avez déménagé, oh, pas loin, quelques rues à peine , tu n'as donc bien sûr pas changé d'école et donc pas perdu tes camarades. Tu as une grande chambre sans aucune armoire, tes affaires se trouvent sur des meubles. La nuit, tu vois tes lego et tes autres jouets scintiller tels de petites étoiles dans la pénombre.

Et le monsieur a disparu. Totalement. Fini, le monsieur qui fait peur.  Ta maman en est toute réjouie.




Les années ont passé, tu as quinze ans. Tu traînes avec tes amis et vous voyez les filles d'un autre œil. Sophie? elle a déménagé, loin, trop loin. Maintenant c'est Anne, avec ses cheveux roux bouclés, et ses mini jupes. Tu sors avec elle depuis 3 mois déjà . 

Mais la nuit, oh, la nuit tu as peur. Tu ne veux pas dormir, surtout pas rêver! Le monsieur à ta fenêtre est désormais sous ton lit. Il n'est pas mort, il t'a traqué et aujourd'hui le voilà. Tu as peur de faire tomber quelque chose sous ton lit, tu ne pourrais jamais remettre la main dessus! Mais ce n'est pas grave, tu es grand, tu n'as pas peur d'un truc de gosse. Tu as 15 ans, bon sang! Tu es robuste et bien bâti ! 

Avec Anne tu dors, avec Anne tu grelottes, non pas de froid mais de frayeur.




Mais mon petit, j'ai une question .






Pourquoi as-tu peur de ton papa ?



jeudi 24 avril 2014

Le passager avant


Lorsque l’on est seul en voiture, durant la nuit, et que le trajet dure un petit peu, il est possible d’observer un phénomène étrange et inquiétant. Peut-être que cela a un lien de parenté avec les apparitions de dames blanches, mais c’en est tout de même suffisamment différent pour en parler séparément. Cela est connu comme le « mystère du passager avant ». 
Le phénomène se produit souvent à la sortie des tunnels ou lorsqu’il y a un changement de luminosité suffisant pour que l’œil ait besoin d’un temps d’accommodation. Lorsque sa vision est convenablement rétablie, le conducteur peut alors parfois s’apercevoir que quelqu’un est apparu sur le siège passager avant. D’après les témoignages, il s’agit d’un homme d’une cinquantaine d’années aux cheveux longs et gris et au visage sévère, habillé d’un blazer et d’un pantalon de toile noirs et d’une chemise bleue. Il n’a pas l’air dérangé par la situation et se contente de rester assis tant que l’on ne lui adresse pas la parole.

Au moment où on lui parle, cependant, il tourne la tête vers nous et nous fixe d’un regard triste pendant quelques secondes sans rien dire, puis son corps semble se mettre à vieillir de manière accélérée, sa chair se décompose rapidement pour ne plus laisser qu’un squelette habillé en costume qui disparaît ensuite dans un hurlement d’outre-tombe. Cela mène souvent à un accident à cause de la peur du conducteur.

Personne ne sait vraiment d’où vient cette apparition, ni qui est cet homme. Certains supposent que c’est une des nombreuses victimes des accidents de la route, rien de plus. D’autres pensent qu’il s’agit du spectre d’un millionnaire qui attend qu’on le conduise quelque part, et qu’il devient furieux si son « chauffeur » se met à poser des questions. Il y a même une théorie qui prétend que c’est un avertissement de la mort elle-même qu’il faut prendre très au sérieux.

Quoi qu’il en soit, il est conseillé de ne pas voyager seul de nuit. On peut aussi essayer d’occuper le siège pour se rassurer, peut être que c’est suffisant. Mais que cela ne vous empêche pas d’être vigilant, car après tout, même si votre siège avant est vide, vous ne pouvez jamais être sûr de ce que vous verrez dans votre rétroviseur. 



mercredi 23 avril 2014

Forestia

Pour une ancienne génération de joueurs, Forestia, sorti en 1998, reste dans les mémoires comme un sommet dans le genre ludo-éducatif. L'action du jeu est centrée sur une forêt et vise à développer les connaissances du jeune public sur la nature, point sur lequel il semble particulièrement bien réussir au vu des critiques qu'il a reçues. Le joueur remplit des missions et complète une collection de plantes ainsi qu'un album de photos d'animaux au fil de ses aventures. Beaucoup en ont un souvenir ému.

Toutefois, une mission parmi la petite dizaine que proposait le jeu présentait un aspect décalé, et un rapport plutôt lointain avec l'éducation: la Montagne de Feu. Bien que beaucoup saluent la qualité générale du jeu, de bons graphismes pour l'époque, une visée plus que louable et un esprit bon enfant, ce passage semble occulter tous les bons points et en fait une expérience traumatisante. Le paysage habituellement bucolique est plongé dans une ambiance rouge étouffante, les oiseaux piaillent continuellement. Des animaux sont retrouvés morts. 78340charles a réalisé un gameplay de ce niveau, la vidéo parle d'elle-même.



Les internautes ont dit pas mal de choses sur ce niveau que le gameplay ne montre pas toutes. Là-dessus, difficile de distinguer le vrai de la rumeur. Par exemple, en revenant parler après un moment à l'animal qui se trouve dans la cage au début du niveau, on devrait le retrouver décapité. Ce serait un peu fort dans un jeu pour les enfants, mais au vu du reste, ça paraît presque plausible...
Un point maintenant qui n'est pas contestable: l'échec à cette mission (à 4:00, ci-dessous) a une issue plutôt violente et sans équivoque. On peut rire de la voix du Sorcier grossièrement déformée, mais la défaite est présentée sans concession aucune: le volcan entre en éruption; vous n'avez pas réussi à sauver la forêt et vous assistez à sa destruction.



Tout cela ne doit bien sûr pas occulter la qualité du jeu. Mais on est tout de même en droit de se demander ce qui est passé par la tête des développeurs à ce moment-là...



Un objet creepy déjà relativement connu, il me semble. Pour information...

mardi 22 avril 2014

Lettre d'une disparue

Lors d’une sortie entre amis, nous découvrîmes quelque chose d’incroyable. Le hasard fit que nous tombâmes sur une lettre d’une personne apparemment disparue. J’ai moi-même pris soin de la retranscrire sur ordinateur car nous eûmes beaucoup de mal à comprendre. Je tenais à la partager avant d’en faire part aux autorités.      

    D'après l'entête, la lettre date de 6 ans. 

 




« Elle est partie… J’en profite vite pour vous expliquer ce qui nous est tous arrivé.      

    Je m’appelle Sephora Daniel. J’habite dans la région d’Alsace. Je travaille en tant qu’assistante aux personnes âgées. Je ne sais toujours pas depuis combien de temps je suis bloquée dans cet endroit. Je ne sais pas non plus comment je suis arrivée ici. En tout cas, je tenais à vous dire que je pense qu'au moment où vous lirez cette lettre, je ne serai plus des vôtres.  
  


Il ne me reste que très peu de temps pour vous raconter ce qu’il se passe ici. J’ai l’impression que ça fait une éternité que je suis prisonnière de cet enfer. Je ne sais pas si je suis condamnée pour toujours dans un cauchemar, un monde parallèle ou  une espèce de coma. Je rêverais qu’à ce moment même je me réveille dans mon lit et que mon mari vienne me rapporter le petit déjeuner. Je redoute le moment où je commencerai d'oublier le visage de mes proches à chaque minute qui défile. Cela fait tellement longtemps que je n’ai pas vu la lumière du jour.       
La première fois que je me suis réveillée dans cet endroit, j’étais dans une sorte de chambre envahie par l’obscurité. J’ai tout de suite compris que quelque chose n’allait pas ici. J’étais seulement habillée d’un long t-shirt blanc ainsi que d’un pantalon type pyjama. Je pouvais entendre des gouttes d’eau venant du plafond s’écraser au sol. Dans la pièce se trouvait seulement un matelas sur lequel je pouvais distinguer des taches étranges que je ne pourrais malheureusement pas vous décrire. La seule source de lumière était une petite fenêtre carrée placée sur la porte en métal de la chambre. Elle donnait vers un long couloir comportant d’autres chambres, ou devrais-je plutôt dire des cellules.

 J’avais dû rester au moins plusieurs jours sans manger jusqu’à temps de voir du mouvement. Il y avait deux hommes vêtus d’habits d’infirmier. Ils transportaient une femme endormie sur un lit d’hôpital. Je me souviens qu’elle était attachée par des barbelés qui lui tenaient les pieds et les mains. C’est alors que je remarquai que j’avais également été attachée de la même manière. Cela devait faire plusieurs jours que je ne m’étais pas réveillée puisque mes blessures étaient déjà cicatrisées. Les deux hommes mirent la jeune femme dans la chambre juste en face de la mienne. Ils étaient étrangement silencieux. Lorsqu’ils eurent refermé la porte, ils se tournèrent vers moi et s' approchèrent. Leurs yeux avaient complétement disparu, comme si quelque chose les avait enlevés minutieusement. Tous deux avaient leur bouche soigneusement cousue. Jamais je n’avais été témoin de telles horreurs. J’imagine que vous non plus. Ils sont ensuite repartis d’où ils venaient. Paniquée par les évènements, j’ai hurlé en leur suppliant de me sortir d’ici. Au lieu de répondre ils éteignirent les lumières du couloir.





J'ai réussi à m’endormir. C'était sûrement dû à la fatigue, Morphée avait gagné. À mon réveil, il y avait une assiette posée sur le côté du matelas. L’odeur qui se dégageait du plat ne laissait présager rien de convaincant. Il était impossible pour moi d'ingurgiter une chose pareille. Désespérée, je m’étais recroquevillée près de la porte en essayant de percevoir un quelconque bruit. C’est alors que j’entendis une personne sangloter. C’était un homme, il ne se trouvait pas bien loin de ma cellule. Je me souviens encore qu’il avait répété sans cesse la même phrase pendant au moins une demi-heure avant qu’on vienne lui rendre visite. "Regardez ce qu’ils m’ont fait… Regardez…" Voilà ce que je pus discerner. 
J’entendis tout à coup une porte s’ouvrir. Je me suis levée afin de voir ce qui se passait. C’était les deux mêmes infirmiers. Ils transportaient un chien qui semblait  haleter. L’un des deux "médecins", si je puis les appeler ainsi, ouvrit la porte du pauvre homme, puis l’autre jeta le chien dans la cellule et la referma aussitôt. De nombreux cris de douleur et de désespoir suivirent, puis plus rien. L’animal se nourrissait de son cadavre. Vous pensez qu’il s’agit forcément d’un acte inhumain, mais je ne vous ai pas tout raconté… Des choses bien pires se sont déroulées ici mais je n’ai plus beaucoup de temps et je suis épuisée. Bientôt viendra mon tour, je le sais. Tous ceux qui sont enfermés ici, avec moi, finiront par être assassinés, quelle qu'en soit la manière.
   

Un jour, les deux infirmiers m’ont emmenée de force dans les douches et l’un deux m’a fait signe de me laver. L’eau était terriblement froide et tellement sale que je ne me suis pas attardée à prendre ma douche, mais je l’ai laissée couler. Ils m’avaient laissée seule dans la pièce et je m’étais dit qu’il fallait absolument que j’essaie de sortir de cet enfer. Sur le mur se trouvaient de nombreuses inscriptions écrites en plusieurs langues, dont deux en français. L’une d’entre elles disait: "Si l'Homme est à l'image de Dieu, pourquoi existe-t-il de tels individus ?" et l’autre révélait: "Tu n’es plus qu’un souvenir maintenant". Je fus soudain surprise par un cri strident venant de la porte où se trouvaient les deux infirmiers. Terrifiée, je me suis dirigée vers la douche afin de l’éteindre pour ensuite tenter de me dissimuler. Je ne voulais en aucun cas voir ce qui avait provoqué la mort des deux psychopathes. Quelques instants plus tard le courant fut coupé et des cris de frayeur venant des cellules se firent entendre. Quelqu’un avait-il réussi à s’échapper ?
    Les hurlements de terreur se terminèrent par des cris de souffrance. C’est alors que le calme retomba. Je n’osais plus sortir de la douche. Et si cette chose m’attendait dans le couloir ? J’étais restée un très long moment à attendre près de la porte en écoutant le moindre bruit. Par la suite, je pus distinguer un gémissement qui me fit comprendre qu’une personne se trouvait dans le couloir et était encore en vie. Je devais faire quelque chose. J’ouvris la porte le plus délicatement possible en essayant de garder mon calme. Je ne voyais rien, le noir avait complètement pris le dessus dans cette structure. J’ai alors entendu une femme qui demandait de l’aide en chuchotant. Je me suis approchée d’elle en douceur et lui ai demandé ce qui s’était passé. Elle me répondit, non sans mal, qu’il fallait absolument sortir d’ici, que quelque chose d’inhumain se trouvait dans les parages. Elle me fit comprendre également qu’il ne s’agissait pas d’un infirmier mais d’une chose bien plus inquiétante. Je la pris par les bras afin de la transporter comme je le pouvais. On tenta de trouver n’importe quelle porte nous amenant à une sortie. Au bout du couloir se trouvait effectivement une double porte. Lorsque je l’ouvris, nous hurlâmes en chœur, surprises par un infirmier s’écroulant au sol. La femme gravement souffrante me dit qu’il valait mieux que je la laisse en paix, que je n’avais que peu de chances de m’en sortir vivante si je m'encombrais d'une infirme. Je ne voulais en aucun cas la laisser mais elle insista quand même. Je ne me pardonnerai jamais de l’avoir laissée mourir dans un tel endroit.     
Le courant venait d’être rétabli dans certaines pièces, dont celle vers laquelle je me dirigeais. C’était une salle bien plus grande que les autres, qui menait à plusieurs chambres d’opérations. Je pris de quoi me défendre dans l’une des chambres ainsi qu’une sacoche contenant un crayon et quelques feuilles. Lorsque je me suis retournée pour reprendre mon chemin, je vis une ombre bien plus grande qu’une personne normale. Sa respiration était étrangement saccadée, comme si elle en éprouvait énormément de mal. La chose marcha vers l’autre pièce qui menait aux cellules. Je me précipitai discrètement avant que la porte ne se referme derrière elle afin de la voir. J'ai alors vu l’auteur de ce carnage. Comment une chose aussi monstrueuse pouvait-elle exister ? Ses mains étaient plus grande que les nôtres. Elle était seulement recouverte  d’une peau grisâtre. Ma première pensée fut celle que j’avais été témoin d’une rencontre du troisième type. J’étais tétanisée à l’idée que cette chose était l'auteur de ces atrocités. Je devais absolument trouver un moyen de partir avant qu’elle se rende compte de ma présence.    
J’étais arrivée à ce qui devait sans doute être la sortie. La porte était incroyablement grande et épaisse. J’entendais à travers celle-ci comme le son de vagues s’écrasant sur une côte. Cette porte étant fermée, je devais trouver un autre moyen de sortir d’ici. Je m’étais cachée dans une espèce de débarras car j’avais remarqué la présence de deux infirmiers armés de plusieurs outils tranchants. Soit ils me cherchaient, soit ils cherchaient la bête, ou les deux. Le plus horrifiant, c’est que l’un d’entre eux tenait en laisse un prisonnier dont les yeux avaient été retirés de la même manière que les infirmiers. Je l’entendais renifler de partout comme un vulgaire animal. Je réussis à m'échapper  lorsque leurs bruits de pas se firent lointains. Je courus le plus vite possible de salle en salle en priant pour trouver quelque chose mais je tombais sans arrêt sur des cadavres de ces psychopathes. Au loin, je distinguais les cris effrayants de la bête qui résonnaient partout dans le bâtiment. J’ai même cru l’entendre rigoler après s’être calmée.     
Je l’entends de nouveau tenter de forcer la porte de la pièce dans laquelle je suis bloquée. Tout le monde est mort ici, tout le monde sauf moi. Je n’ai rien trouvé au sujet de la créature. En tout cas, je suis persuadée qu’une personne est à la tête de cet endroit, mais je n’ai pas trouvé qui. Le bâtiment se situe apparemment sur une île non répertoriée. J’ai pris soin de prendre une bouteille en verre dans un laboratoire situé juste à côté d’où je suis pour mettre les deux pages de ma lettre à l’intérieur. J’ai la chance d’avoir une fenêtre donnant une vue magnifique sur l’océan. J’aurais bien voulu sortir par-là, mais il m’est impossible de passer. Je termine ce message pour vous dire adieu. Adieu à ma fille, adieu à mon mari, adieu à mes proches.  

   
Sephora, 2008. »