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L'équipe de Creepypasta from the Crypt n'affirme ni n'infirme la véracité des témoignages et histoires présents sur ce blog. Pensez à consulter nos pages d'aide pour en apprendre plus, et à toujours vérifier les sources pour vous faire votre propre avis sur la question, ici comme ailleurs.

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Petit rappel amical : les creepypastas ne sont pas nécessairement des fictions, elles peuvent aussi être partiellement ou entièrement tirées de faits réels, c'est ce flottement qui fait leur charme (même si c'est plus facile à deviner pour certaines, on sait). Merci donc de ne pas nous assimiler à un Wattpad de l'horreur.

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mardi 4 novembre 2014

On ne parle pas de Sarah

J'ai toujours voulu une petite sœur. Je suppliais mes parents, "S'il vous plaît ? S'il vous plaaaaaaaaît ?" et ils roulaient leurs yeux et me disaient que ce n'était pas aussi simple que je ne le pensais. Cela ne m'a pas empêché d'en parler à chaque fois que j'en avais l'occasion.

 
Quand ils ont ramené Sarah à la maison, ça a été le plus beau jour de ma vie. Elle était si mignonne ! Je ne pouvais pas attendre de partager mes jouets avec elle. J'ai commencé à me promener parmi eux, décidant lesquels étaient à elle et lesquels étaient à moi. J'ai emprunté les étiquettes de mon père et ai commencé à mettre nos noms sur chaque chose pour que nous ne les confondions pas.

 
Elle a beaucoup pleuré au début. J'ai demandé à mes parents pourquoi est-ce qu'elle criait autant et ils m'ont dit que c'était naturel. Ils ont dit que quand elle se serait habituée à nous et à notre maison, elle se calmerait et ne pleurerait plus tout le temps. Quelquefois pourtant, elle pleurait tellement fort que Papa devait l'emmener au sous-sol qui était insonorisé, pour que les voisins ne se plaignent pas.

 
Elle a dormi dans le lit de Papa et Maman les premiers mois. Quelquefois, j'essayais de les rejoindre mais ils fermaient toujours leur porte à clé. Maman disait que leur lit n'était pas assez grand pour que nous y dormions tous. J'étais patiente. Je savais que le nouveau lit avec des barreaux qu'ils avaient installé dans ma chambre deviendrait finalement le sien.

 
Quand ils ont senti que la laisser dormir seule était sûr, ils ont commencé à la mettre dedans. Elle ne pleurait plus autant alors, et je m'allongeais dans mon lit et l'observais dormir de l'autre côté de la pièce. Ils l'emmenaient d'abord dans leur chambre et y restaient jusqu'à ce qu'elle s'endorme, et la transportaient ensuite dans notre chambre. Quelques nuits, après qu'elle ait été transportée, je la voyais allongée là les yeux ouverts, fixant juste le plafond, alors je m'approchais et lui donnais ses jouets à travers les barreaux. La plupart du temps elle se contentait de jeter les jouets, et commençait alors à pleurer, et je devais me cacher sous mes couvertures avant que Papa ne vienne pour s'occuper d'elle.

 
Finalement, ils ont commencé à laisser Sarah s'asseoir avec moi dans la salle de jeu. On m'a dit que je n'avais pas le droit de lui donner quelque chose de trop petit ou pointu avec quoi elle pourrait se blesser. J'était teeeeellement heureuse ! Je m'asseyais derrière elle et coiffais ses cheveux, et lui disais qu'elle était la meilleure petite sœur du monde. Je lui montrais quels jouets étaient à elle et quels jouets étaient à moi, mais elle n'avait pas l'air de s'y intéresser. Quelquefois, on s'asseyait sur le rebord de la fenêtre, et elle tapait contre la fenêtre pendant que je dessinais dessus avec mes crayons spéciaux.

 
L'école a recommencé à Sugar Creek Elementary, et j'y suis allée mais Sarah devait rester à la maison. Maman a dit qu'elle n'était pas encore prête pour l'école. Je revenais à la maison et racontais à Sarah tout ce que j'avais appris. Je dessinais des dessins de nous jouant ensemble. Quand je les ai montrés à Papa, il me disait merci et les prenait pour les garder dans son bureau. 

 
Ensuite est arrivé le jour vraiment mauvais. Je ne l'oublierai jamais. Je suis revenue à la maison et Maman était assisse à la table, en train de fumer. Elle avait l'air très triste. J'ai voulu aller jouer avec Sarah, mais je n'ai pas pu la trouver. Quand je suis allée demandé à Maman où est-ce qu'elle était, elle a commencé à pleurer. Je lui ai demandé ce qui n'allait pas, et elle a dit que Sarah était partie. Je n'ai pas totalement compris, mais j'ai commencé à pleurer aussi et lui ai dit "On doit la retrouver !". Elle a juste secoué la tête et dit qu'elle était partie quelque part où nous ne pouvions aller.

 
Papa a démonté son lit. Il a jeté tous mes dessins sur lesquels elle était. Il a enlevé mes étiquettes de tous les jouets. Quelques fois j'en trouvais une qu'il avait manquée, et ça me faisait pleurer. J'ai commencé à les rassembler et à les cacher, mais il a un jour trouvé où je les cachais par accident et s'est mis très en colère. Nous n'avions pas le droit de parler d'elle. C'était comme si elle n'avait jamais existé. Je ne pensais pas que cela était juste. J'ai dit à Maman que Papa était méchant de nous forcer à ne pas parler de Sarah, mais elle a dit que c'était mieux ainsi et que je comprendrais quand je serais plus grande.


 

 
 
 
 
J'ai revu Sarah.

 
Juste une fois, mais je ne l'oublierai jamais. J'étais avec Maman pour faire les courses. On est allées acheter à l'épicerie puis à une boutique de tissus à Thorntown pour que Maman puisse chercherde quoi faire des nouveaux rideaux. Elle s'est rappelée qu'elle avait des lettres à poster, alors on s'est arrêtées à la poste pour acheter des timbres. Je chantonnais toute seule et lisais les affiches pendant que Maman parlait à la dame derrière le comptoir, et c'est là où j'ai vu Sarah. Elle était aussi mignonne que dans mon souvenir. Je me suis approchée et j'ai regardé l'affiche avec sa photo, mais ils avaient mal écrit son nom. Quelqu'un avait écrit son nom comme Shannon. 

 
Je me suis précipitée vers Maman et j'ai tiré sa manche, et je lui ai dit que Sarah était sur le mur avec d'autres images d'enfants, mais elle est devenue toute tremblante et s'est excusée auprès de la dame avant de me tirer hors de la poste. J'ai dû crier, parce qu'elle n'arrêtait pas de parler au-dessus de moi au lieu d'écouter.

 
"J'ai vu Sarah ! On a mis sa photo sur le mur là-bas !" 

 
Finalement, Maman m'a donné une claque et m'a dit que ce n'était pas Sarah, et que elle ressemblait peut-être à Sarah mais que je me trompais, et que si je n'arrêtais pas j'allais avoir de vrais problèmes avec Papa quand il rentrerait. J'ai pleuré et j'ai promis d'être gentille, mais même après que j'ai promis, je n'ai pas eu droit de dîner et j'ai dû m'asseoir dans ma chambre cette nuit. J'ai entendu Maman et Papa parler dans la cuisine et ils parlaient plutôt fort. Quelqu'un a commencé à ouvrir les tiroirs de la cuisine et ensuite le pas de Papa a résonné lourdement dans l'escalier, mais j'ai entendu Maman crier "Si tu oses !" et il s'est arrêté en dehors de ma chambre, puis a redescendu les escaliers.

 
Nous ne sommes plus jamais retournés dans cette poste, et je n'ai plus jamais vu Sarah. C'est la première fois que je parle de Sarah depuis ce jour. 

 
 
 
 
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Traduction: BloodyTree

Si vous pensez que quelque chose vous a échappé, relisez une deuxième fois. :)

Texte original

lundi 3 novembre 2014

Insatisfaction

Toi. Oui, toi.
Toi qui attends de trembler.
Toi qui recherches la peur en lisant des textes plus atroces les uns que les autres.
Toi qui finis toujours déçu, car tu n'as pas ressenti ce délicieux frisson.
Toi qui aimes tellement te plonger dans les choses les plus sombres, les plus choquantes.
Toi qui t'ennuies de ce monde trop plat.
Toi qui attends en ce moment, anticipant délicieusement la chute qui te prendra aux tripes.

Sais-tu ce qui éveillé en toi cette soif insatiable ?

Sais-tu ce qui se passe, quand tu te délectes de tant de noirceur ?
Quand ton malaise se mélange à une honteuse satisfaction ?
Quand ton coeur s'emballe, que ta respiration s'accélère alors que tu lis avidement chaque mot?
Quand tu ressens, avec une terreur mêlée de joie indécente, les douces aiguilles de la vraie peur, celle que tu recherches tant ?

Tu LUI donnes vie.

Vous les hommes, vous sous-estimez le pouvoir de l'Esprit.
Vous croyez, depuis des temps immémoriaux, que la naissance ne se fait que de manière physique.
Vous avez tort.
Chacune de nos pensées donne naissance à des choses.
Des choses que nous ne pouvons pas voir, ni entendre.
Mais qui sont partout.

Ce sont des égrégores.
Va donc chercher ce mot sur Internet. Tu comprendras alors.
Tu comprendras à quel point tu es condamné.
Condamné à avoir soif de sang.

Pourquoi crois-tu que les journaux d'enquêtes chocs, aux articles affreusement détaillés, ont tant de succès ?
Comment expliques-tu la débauche incessante de violence dans ce monde malsain ?
C'est parce que d'autres que toi ressentent des émotions impures.
Ils sont nombreux.
Et ils doivent se nourrir.


À chaque pensée humaine, se forme un égrégore.
Ce sont eux, les responsables de l'ambiance que tu peux ressentir, lorsque tu entres dans une nouvelle pièce ou lorsque tu rencontres une nouvelle personne.
Ils ne sont ni bons, ni mauvais : ils sont seulement le fruit de ta propre personne.
Commences-tu à comprendre l'horreur de ta situation ?

Les égrégores ont faim.
Ils ont besoin de pensées similaires à celle leur ayant donné vie pour se nourrir.

Maintenant tu as compris.

Oui, tu es condamné.
Tu continueras toute ta vie à rechercher des émotions de plus en plus intenses, de plus en plus abjectes.
Tu ne seras jamais assez satisfait, il te faudra toujours plus d'horreur, plus de morbide.
Et la vie te deviendra insupportable, fade. Tu te sentiras de plus en plus épuisé, sans énergie.
Ce monde te paraîtra de plus en plus absurde: tu t'isoleras, mais cette horrible soif ne s'étanchera jamais.
Peut être même que tu finiras par devenir fou.
Mais eux continueront de se nourrir de toi.
Tu es désormais relié éternellement à eux.

Jamais tu ne seras apaisé.







Alors ?
Toujours insatisfait ?

En rentrant pour publier cette pasta, je me suis tout d'un coup amusé à faire le rapprochement entre cette pasta, les personnes qui jouent au jeu Plague Inc. et la progression du virus Ebola ces derniers mois...

dimanche 2 novembre 2014

Un thread

Chers membres de /x/, je viens pour vous demander de l'aide.


Dernièrement j'ai commencé à voir des choses étranges autour de ma maison, surtout ce soir. Je viens très rarement sur /x/, et le paranormal me laisse souvent de marbre. Mais ce que j'ai vu ce soir m'a vraiment terrifié.


Mes parents et mon frère ont vécu dans cette maison pendant 5 ans, moi 3. Aucun de nous n'a vécu quoi que ce soit d'inhabituel, cette baraque au toit pentu a 30 ans et est reculée dans des bois du Sud de l'Ohio. Il n'y a pas eu de morts ni d'événements dans le coin non plus.


C'est là que ça devient étrange. Je vais pas rajouter de photos ou quoi que ce soit qui puisse la rendre plus intéressante, je veux juste savoir à quoi j'ai affaire.


La semaine dernière : Vers minuit quand tout le monde dormait, je me suis levé pour prendre une boisson dans la porte de mon frigo et j'ai remarqué que la porte de la chambre d'ami était grande ouverte avec les lumières allumées. J'ai pensé à un cambrioleur, alors j'ai attrapé mon pistolet et suis allé vérifier ; rien. J'ai fermé la porte, pris ma boisson, et poursuivi mes activités.


Il y a environ 4 jours : J'ai travaillé sur un pistolet artisanal dans mon garage pour m'amuser, et aux environs de 22h j'ai décidé de tout ranger et de rentrer puisqu'il faisait nuit. Le garage est séparé de la maison par une quinzaine de mètres. En marchant dans l'obscurité, j'ai entendu ce qui ressemblait à des enfants qui jouent aux indiens, quand ils tapent leur main sur leur bouche.
J'ai stoppé ma marche, et ça s'est arrêté. Puis j'ai entendu ce qui semblait être un battement de tambour. Ensuite, rien. Alors je suis revenu dans la maison. Je me suis dit que c'était un hibou, ou quelque chose comme ça.


Aujourd'hui : Voilà ce qui m'a poussé à chercher de l'aide. Debout sur le porche de derrière, j'ai commencé à entendre, vers le même endroit que les bruits que je vous ai décrits , comme si quelqu'un claquait un objet contondant sur un baril selon un rythme bien précis. 5 coups, stop. 5 coups de plus, stop. Jusqu'à ce que j'arrête d'écouter et que je rentre à l'intérieur. 

Mais cette nuit... Mon dieu. Il y a à peine une heure. J'étais assis dans ma chambre en parlant à un ami sur Facebook quand j'ai aperçu un flash par ma fenêtre, et quand j'ai regardé, j'ai vu deux cercles lumineux sur ma fenêtre. Je pensais que c'était des phares, mais j'ai quand même décidé d'aller vérifier de plus près... J'aurais pas dû. Ils semblaient suivre mes mouvements alors que je bougeais dans la pièce. C'étaient des yeux. Jaunes et brillants, à peu près comme ceux d'un chat. Alors que je les fixais avec horreur, ils ont continué à me suivre jusqu'à ce que j'aille attraper mon pistolet. Aussitôt que je suis arrivé pour viser, ils étaient partis. Ma chienne à l'extérieur s'excite habituellement dès que quelque chose s'approche trop, mais là elle est restée silencieuse jusqu'à ce que j'arrive dehors et fasse le tour de ma maison, prêt à tirer sur quoi que ça puisse être. La chienne allait bien, mais je n'ai rien trouvé.


Lecteurs de /x/, j'ai extrêmement peur. Quelque chose ne va pas ici, et je suis venu pour demander à ceux qui en savent plus sur l'étrange et le morbide que moi de m'aider, s'il vous plaît. Posez des questions, faites parvenir vos retours, ce que vous voulez. S'il vous plaît.



Traduction: Terulan

Ça ne se vendait pas comme une fiction, pesez le pour et le contre avant de juger ceci en tant que fake.
Le thread semble avoir été supprimé. Lien mort:
http://boards.4chan.org/x/thread/15371103

samedi 1 novembre 2014

Le projet "Nuits Pâles"

Ce que vous vous apprêtez à lire est un regroupement de recherches et d’analyses faites par moi-même.
  

Toutes les notes ci-dessous sont inspirées des originales, cependant je n’ai pas pu me les fournir. Je les ai donc reconstituées sans pour autant exagérer les faits. Les screens à l’intérieur de celles-ci sont par ailleurs de l’auteur lui-même selon des sources me paraissant être fiables. Le nom du véritable auteur de tout ce que vous allez lire ne sera, quant à lui, pas cité.   
     
   

Les évènements se sont passés durant les mois de septembre et octobre 2014.
    
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[Note #01] – 07/09/14     
Ça y est, j’ai trouvé. C’est dingue mais j’ai trouvé. Je ne peux pas laisser cette possibilité filer sous mes yeux et de toute manière je suis convaincu que cela va fonctionner comme je le pense depuis des nuits. Le truc auquel j’avais pensé c’est de tout simplement effrayer la population. Cela rajouterait forcément une part de crédibilité à mon histoire que je compte publier dans les plus brefs délais. La veille, j’ai discrètement placardé plusieurs messages sur quelques portes d’entrée de mon village, en voici le contenu :     

« Je poserai mes mains sur votre visage, comme pour l’embrasser. Puis je plongerai mon pouce dans votre orbite, comme pour l’écraser. Nourri de vos plaintes, je concrétiserai mes rêves : je mordrai votre langue, la déchiquetterai, arrachant votre lèvre comme pour goûter à votre rouge. Je me languirai aussi de vos petites joues, goûteuses au point de séduire mes papilles. Et votre oreille tendre ? Qui effleurera ma joue. Que je voudrai voir remonter vers mes lèvres, vers mes dents avides de chair. »     

    

Qu’ils soient effrayés ou non, les gens vont forcément parler de moi. J’en attends désormais des nouvelles.


Commentaire personnel:
Ce qui est important à savoir, ce sont les intentions de l’auteur qui a pour objectif d'apporter une part de réalité à son histoire dans le but précis de créer le doute auprès du lecteur.
L’auteur aurait en tout fixé pas moins d’une vingtaine de ces messages sur les portes d’entrée de plusieurs maisons de son village dans la seule intention d’effrayer la population. Il existe notamment une photo du morceau de papier comportant cette sorte de poème morbide. Elle peut-être trouvé sur quelques sites internet tel que Facebook.

 




    

[Note #02] – 08/09/14
J’ai enfin écrit les premières lignes de mon histoire. Je suis tout avivé. J’ai hâte de la publier une fois qu’elle sera terminée. Tant pis si cela doit prendre du temps. Bien sûr je ne la publierai pas sous mon véritable pseudo, ça serait absurde et complètement idiot. Les gens sauraient au final qui est le responsable de ce qui va suivre.

À mon réveil, j’ai reçu un message d’une amie qui semblait paniquée.


On dirait bien que la machine est en marche. Je commence sérieusement à y prendre plaisir. Maintenant pour faire avancer les choses, je vais devoir demander l’aide d’un ami qui, je l’espère, sera d’accord. Il va donc falloir que je lui parle des messages. Mais j’ai peur qu’il ne réagisse pas comme je le voudrais. Il faut que je sois convaincant. Et si cela s’avère être un succès, mon cher ami Damien va devoir répandre la rumeur d’un fou qu’il aurait croisé en se promenant dans les rues du village.


Commentaire personnel:
Visiblement, l’auteur commence à prendre un malin plaisir à créer un semblant d’angoisse afin de procurer davantage de vraisemblance à son histoire en cours d’écriture. Il est d’ailleurs prêt à confier ses intentions à un de ses amis pour que celui-ci puisse l’aider dans la progression de son projet.    
  




  
[Note #03] – 09/09/14
Il a accepté sans grande difficulté. Il semblait d’ailleurs très enthousiaste à l’idée d’être de la partie. Je savais que je pouvais lui faire confiance. Le pire c’est qu’il a eu l’intelligence de capturer une photo sur internet représentant une rue, de nuit, dans laquelle on peut apercevoir une personne au loin. La photographie est d’autant plus crédible qu'elle n’a pas du tout été faite par un professionnel. J’ai aussi remarqué dans les commentaires quelques amis à lui mentionnant les messages que j’avais placés sur les portes d’entrée. Les gens ont fait directement le lien entre les deux et la rumeur semble désormais occuper l’esprit des habitants. Je ne pensais pas que cela aurait été aussi facile.

Mon histoire avance petit à petit et j’en suis ravi. Depuis le temps que je voulais rédiger quelque chose frôlant la réalité. J’en avais marre de reprendre de vieilles histoires pour en faire quelque chose d’effrayant. De plus, je me voyais toujours davantage m’enfoncer dans le déjà-vu.
 
Je peux maintenant passer à la troisième et dernière partie. Je ne sais pas vraiment si je suis tout à fait prêt, mais les choses avancent tellement vite, je me dois de suivre le mouvement. J’ai méticuleusement confectionné et préparé ma tenue pour la prochaine nuit. Mon père avait rapporté il y a quelques années un très fin miroir « sans tain » timidement souple qu'on peut généralement retrouver dans les salles d’interrogatoire de la police. J’en ai donc découpé une partie afin d’en faire un masque. Je n’avais pas vraiment réfléchi sur le choix de ce costume, mais au final je le trouve plutôt original. Les personnes verront ainsi leur reflet dégageant un fort sentiment d’angoisse au lieu de voir les yeux de la personne les menaçant. Tandis que moi, je verrai leur face sombrer dans la détresse. Je serai également vêtu d’un simple pull noir à fines rayures grises. Mon pantalon sera de couleur noire et pareil pour mes chaussures, exceptés les lacets qui, eux, seront gris. Concernant la troisième partie, j’ai prévu de me rendre chez les voisins de mon amie afin de les effrayer. Ce sont des personnes âgées et je suis pratiquement sûr qu’ils sont vulnérables et inoffensifs pour le peu de fois que je les ai aperçus, ce qui veut dire que j’ai toutes mes chances.


   
Commentaire personnel:
Damien, l’ami de l’auteur, a accepté la proposition et a donc dispersé la rumeur qui explique qu’une étrange personne se baladerait dans les rues du village. Leur entourage a donc directement fait référence aux messages du responsable. L’auteur quant à lui ne perd pas de temps et prévoit déjà de réaliser sa troisième étape qui consistera à s’introduire chez les voisins de son amie pour les effrayer.






[Note #04] – 10/09/14    
J’ai merdé. Putain, j’aurais dû m’assurer de tous les risques éventuels avant de m’aventurer bêtement dans leur maison. Je pense que c’est à partir du fait qu’ils ont pris connaissance de mon message qu’ils se sont mis d’accord pour se procurer un chien. Faut croire qu’ils ont véritablement pris au sérieux mes menaces. Mais cela n’empêche que j’ai fait une connerie. Comment vais-je expliquer cela maintenant ? Que j’ai froidement exécuté leur chien par accident ? Ils ne vont jamais me croire. Mais rien n’est encore perdu. Personne n’a vu mon visage.


Sur le moment, j’avais soudainement été pris d’une colère que jamais je n’avais pu ressentir avant. J’éprouvais une haine considérable sur l’échec de cette troisième partie et j’avais rejeté toute la faute sur l’animal. Je ne pouvais plus m’arrêter. En fait, c’est comme si je n’avais pas vraiment conscience de ce que j’étais en train de faire. Une fois que j’ai compris que le chien n’était plus de ce monde, j’ai regardé les occupants de la maison droit dans les yeux. Je voyais clairement qu’ils étaient sous le choc. Puis, ils ont détourné le regard. Ils ne supportaient sans doute plus de distinguer leur visage comblé de terreur. Je m’étais approché d’eux afin de leur hurler : « Regardez-vous ! ». Le vieil homme tremblait de frayeur tandis que sa femme pleurait derrière lui. Mon dieu, je le jure, oh oui je le jure que j’essayais de ne pas rigoler.    
    
Dans l’article, le journaliste mentionne les messages postés sur plusieurs portes d’entrée et parle aussi de la photo que Damien avait récupérée sur internet. Il est écrit qu’une menace plane dorénavant sur le village et ne serait en aucun cas un canular. Cependant, j’apprends qu’une enquête a été ouverte par la même occasion. Je comprends tout à fait que mon acte est impardonnable, mais je ne voulais pas que cela se passe ainsi. Personne ne voudra le comprendre c’est certain. Mais… J’ai peur de n’éprouver aucun regret sur ce qui s’est passé… J’ai peur de n’avoir aucun remords… Je ne sais pas si cela peut paraître normal ou bien si je suis censé m’inquiéter… Le problème c’est que je ne peux en parler à personne.
Damien ne me voit même plus comme son ami. Il sait très bien que c’est moi l’auteur. Je n’aurais jamais dû lui en parler. Je crains le pire. Et s’il allait tout raconter aux autorités ? J’ai tout de même tenté de lui faire comprendre de ne plus se mêler de cette histoire mais il craint que je l’accuse d’avoir en quelque sorte été complice de ce coup monté. Je viens de penser que la police irait sans doute l’interroger d’ici peu puisque c’est lui qui a posté la soi-disant photo de moi. Ils vont lui demander de décrire la personne et avec la pression d’être au poste de police, il va sans doute tout balancer. Merde… Il va falloir que je fasse quelque chose avant que tout cela ne remonte jusqu'à moi.



Commentaire personnel:
La troisième étape a échoué. L’auteur, sous l’emprise de la colère, a clairement rejeté la faute de cet échec sur l’animal au point de mettre fin à ses jours. J’ai rapidement constaté que l’individu est très impulsif. L’auteur s’inquiète tout de même sur ce qui pourrait se passer par la suite. Il ne veut en aucun cas se faire appréhender par les autorités locales pour cet acte. Il pense également que la police va sans doute interroger son ami Damien qui est celui qui a posté la photo du soi-disant coupable.






[Note #05] – 12/09/14
Mon histoire touche presque à sa fin. Je suis pressé de lire le résultat final.

Mon personnage me rend quelque peu mal à l’aise. D’un autre côté, il me procure la sensation d'être à l’abri de tout danger. Comme si derrière ce déguisement ma vie n’était plus menacée. Or, à chaque fois que je souhaite me regarder dans le miroir, je ne vois que le reflet de ce masque se refléter encore et encore. Lorsque je constate cela, j’ai l’impression d’avoir disparu et ça me donne la pensée que ma véritable identité s’est volatilisée avec moi. Ce que je veux dire par là, c’est que j’ai le pressentiment que mon personnage a pris une grande ampleur sur ma conscience. Damien lui-même me l’a dit la veille. Il trouve que mon obsession pour l’écriture me monte considérablement à la tête et cela ne fera qu’empirer si je ne m’abstiens pas. Mais je ne veux pas non plus bâcler mon histoire. Je suis si proche de la fin.

« C'était peut-être ça, devenir adulte : oublier son identité, et s'en inventer une autre. Comme un serpent quitte sa vieille peau et renaît à la vie. » - M. Aznar

    
Suis-je donc en train de changer ? Peut-être que je découvre simplement ma véritable personnalité. Je ne sais plus quoi penser. Je vais simplement terminer mon histoire et oublier tout ce qui s’est passé.     
     
 
Commentaire personnel:
L’auteur se rend compte du changement brutal de sa personnalité. Il pense se découvrir lui-même par le biais de son histoire et de ses actions. Cependant, il est prêt à tout oublier et à passer à autre chose une fois son histoire horrifique terminée.
   


    
[Note #06] – 13/09/14
J’ai ressenti quelque chose d’exceptionnel tout à l’heure. Je n’avais jamais vécu une telle chose auparavant. Je n’arriverais même pas à décrire ce que je ressens encore maintenant. Mais j’ai peur de n’avoir éprouvé une nouvelle fois aucun regret. C’est comme si dans ma tête, tout ce que j’ai pu faire depuis le début de mon histoire ne me paraissait pas être des actes monstrueux. Comme si au final je voyais les choses comme nul autre. En fait, j’ai l’impression que mon personnage n’en est plus vraiment un. J’ai commencé à penser à tout cela au moment où je me trouvais devant chez Damien. Et lorsque je l’ai aperçu, mes pensées n’étaient plus les mêmes. D'un seul coup, tout ce que je pouvais ressentir en moi n’était plus que de la haine. Je me répétais sans arrêt que Damien aurait été prêt à tout raconter à la police afin d’éviter d’être reconnu coupable pour complicité. Sans cesse cette phrase défilait dans ma tête. Je me souviens aussi que mes mains tremblaient encore plus que la nuit dernière. Lorsque Damien m’a aperçu à son tour depuis sa fenêtre, il semblait à la fois surpris et angoissé. C’est alors que son regard m’a fait comprendre qu’il me trahirait quoi qu’il puisse arriver. Il ne voulait plus me voir. Il pensait que j’avais été trop loin dans mes projets d’écriture.
    
Il est tout de même sorti me rejoindre peu de temps après. Je sentais mes doigts se serrer violemment à l’intérieur de mes mains. Damien, lui, osait à peine s’approcher de moi. Il est clair que je le rendais mal à l’aise. Il a subitement brisé le silence en m’insultant de taré et de malade mental. Il a ajouté  qu’il valait mieux pour moi d’aller me faire soigner. Comment aurais-je pu laisser de telles paroles me traverser tranquillement l’esprit ? C’était pratiquement impossible. Comment une personne qui pour moi était, jadis, mon meilleur ami avait-elle pu me voir comme un psychopathe ? Il ne me comprenait jamais de toute manière. Avant de m’en aller, je lui avais chuchoté que cela resterait notre secret comme quand nous nous partagions nos arcanes étant petits. Damien s’était regardé une dernière fois sur mon masque avant de trouver lentement le sommeil. Et c’est à ce moment précis que j’ai ressenti ce sentiment à la fois étrange et agréable. Je me suis senti libre, car j’étais désormais certain qu’il ne raconterait rien à la police.    
 
Je suis donc satisfait de me dire que cela me laisse une marge de temps pour terminer mon histoire.     

    
Commentaire personnel:      
L’auteur étant assez clair sur ses actes, je ne divulguerai pas d’analyse pour cette fois mais, je profite de cette sixième note pour partager la page officielle Facebook rendant hommage à la victime.
     

[Note #07] – 15/09/14
Mon histoire est terminée. Je l’ai enfin bouclée. Il ne me reste plus qu’à la publier. Elle portera le titre de « Nuits Pâles ». J’ai choisi cet intitulé par rapport aux victimes contemplant une dernière fois leur visage devenu livide à cause de la peur et de la douleur que je leur avais infligées, du moins, que mon personnage leur avait fait subir. Je suis persuadé que beaucoup l’apprécieront, et surtout que certains lecteurs auront peut-être déjà lu les nouvelles de la presse auxquelles j’ai également fait référence dans mon histoire.
En attendant, je vais sans doute me balader quelque temps. L’enquête doit avancer et ce n’est qu’une question de temps avant que la police ne débarque chez moi. D’ici un mois, je publierai comme il se doit mon histoire aux lecteurs. Peut-être que j’apporterai quelques modifications entre temps, je verrai bien ce qu’il se passera durant mon absence.


J’aimerais tellement ressentir de nouveau cette sensation, ce frisson. Je souhaiterais réellement que cette émotion m’accompagne tout le temps sans qu’à aucun moment elle ne disparaisse. C’est devenu pire qu’un manque, c’est carrément un désir. Très peu de personnes ne pourraient le comprendre malheureusement. Mais je suis certain de ne pas être le seul à avoir déjà ressenti un tel plaisir. Je constate finalement que mon personnage m’aide à faire ressortir ce que je suis vraiment.

    
Commentaire personnel:
L’histoire horrifique de l’auteur est terminée. Il a donc définitivement fini son projet et s’apprête d’ici peu à le publier. « Nuits Pâle » sera sans doute similaire à tout ce que l’auteur a pu décrire durant ses notes.
Dans cette avant-dernière note personnelle, l’assassin révèle vouloir revivre la même expérience et ressentir à nouveau cet étrange plaisir qu’il avait perçu lors de la dernière rencontre avec Damien.







    
[Note #08] – 18/10/14
Aujourd’hui, je m’aperçois que mon personnage n’a jamais été créé. Je suis moi et moi seul. L’autre n’est que l’autre visage de moi-même. Sans lui, que vaut mon existence ? C’est cela qui me fait dire que ma personnalité n’est rien que celle de l’autre, puisque c’est moi-même que je continue de découvrir lorsque je vais, au travers des rêves et des cauchemars, à la découverte de l’autre. Je suis donc celui qui a donné l'inspiration. Et cette inspiration m'a permis de donner naissance au personnage de mon histoire qui n'est en réalité qu'une retranscription écrite de moi-même. Alors dois-je opter pour la sueur ou bien la facilité ? Dois-je haïr ou aimer ? Suis-je de ceux qui hurlent ou bien qu’on entend pleurer ? Je ne peux pas passer mon temps à blâmer la fatalité. Il n’y a plus qu’à faire un choix, jeter les dés et assumer.




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Lorsque j’écris ces derniers mots, nous sommes le 26/10/14 et il n’y a toujours aucune nouvelle d’une éventuelle arrestation de l’individu. « Nuits Pâles » n’a à ce jour toujours pas été publié, mais ça ne saurait tarder.
    

Quelques témoignages de personnes habitant aux alentours du village affirment avoir aperçu l’auteur du meurtre de Damien. Cependant, il n’est pas confirmé que ce que ces gens ont raconté soit totalement vrai. Les événements ayant marqué la population du village, il se peut que certaines personnes accentuent l’inquiétude en déclarant que l’assassin est de nouveau en train de rôder dans les parages, mais cela reste à prouver.
       

Dernière chose, je suis tombé sur un dessin réalisé par un certain Nicolas. Le dessin qui est une représentation de l’assassin vêtu de son déguisement a été posté sur la page rendant hommage à Damien. J’ai eu la chance de screener sa publication avant qu’elle ne soit supprimée.


    
   


vendredi 31 octobre 2014

HLWN!

Aujourd'hui est un jour spécial, qu'on m'a dit quand je me suis levé.

Il y avait quelque chose à se rappeler? Quatre lettres : HLWN ; une date : 31/10/2014. Vous pensez que c'était évident? "Sous l'influence", non. Nous avons tous séché. Il a fallu une seconde intervention de l'ami Smileweasel pour nous éviter le désastre.


Ce à quoi je veux en venir par ce confus et pitoyable moment de comédie (excusez, je suis encore sous l'influence), c'est... ne le dites pas avant moi, pitié.




JOYEUX HALLOWEEN
Joyeux Halloween
Messages personnels

Halloween est, pour un site dédié aux creepypastas, le moment le plus important de l'année. Un peu comme un petit Noël. Et comme pour une fin de soirée en famille, avec quelques molécules coupables dissoutes dans le sang, c'est le moment de déballer nos cœurs de leur papier gras et de faire le point.

Tout d'abord, un grand merci à tous ceux qui continuent de nous suivre après tant d'années. Ça n'a pas toujours été rose entre nous, et je dirais, à titre strictement personnel, que vous êtes des amours pour avoir supporté mes simagrées pendant tout le temps que j'ai été en poste. Non, sérieusement.

*****

Maintenant que c'est dit... les plus terre à terre d'entre vous auront bien évidemment remarqué que le design du site a été légèrement modifié afin d'apporter à vos lectures horrifiques un peu de la fraîcheur de novembre non dénuée d'une certaine puanteur antique. Il ne s'agit là que de simples ajustements, on reste attachés à certaines valeurs sûres!

Et pour copier encore un peu plus creepypasta.com, j'en viens à vous demander votre avis. Sur ça, et le reste. Est-ce que ce petit blog suffira à satisfaire votre âme d'enfant ce soir, ou irez-vous courir les rues toute la nuit en vous prenant pour le dernier des dieux sanglants? Ferez-vous du porte à porte? Pitié, pas de porte à porte. Vous regarderez la télé? Pitié, non! Vous ferez plus original, je le sais. Il y aura des choses à voir dehors, si vous vous écartez des lampadaires. Racontez-moi. Si si, ça m'intéresse.
Personnellement j'ai rien prévu, mais c'est que les nuits ne sont pas encore assez fraîches. Et, hm, il n'y a pas encore assez de feuilles mortes...


Quoiqu'il en soit des choses arrivent.
Des choses.


La fillette au masque

Cathy, une adolescente étudiante au lycée en Californie, est embauchée un soir par un couple pour s'occuper de leur petite fille, Kim, âgée de 6 ans. Les deux parents souhaitaient passer cette soirée d'Halloween en tête à tête, loin des cris et des costumes des enfants qui passeraient éventuellement réclamer des friandises. Qu'à cela ne tienne, même si cela signifiait ne pas être avec ses amis en cette nuit très spéciale, s'occuper d'une enfant ne la dérangeait pas.

Par ailleurs, la petite s'avérait être adorable. Après que les parents soient partis et qu'elles aient regarder un de ses dessins animés préférés, les deux filles passèrent à table.
Vint le moment du dessert. Cathy débarrassa les assiettes, puis se tourna vers la petite fille :

- Alors, qu'est-ce que tu voudrais comme dessert, maintenant ?

Kim ne mit pas longtemps à se décider :

- De la glace ! À la vanille, s'il te plait Cathy !

La baby-sitter lui esquissa un sourire et lui demanda :

- Très bien ! Tu sais où tes parents la rangent?

- Au sous-sol.

Cathy se dirigea vers la porte que la fillette lui avait indiquée.
La pièce était plongée dans un noir absolu. Comme si la nuit dehors ne l'était pas assez...
Elle entreprit de descendre les escaliers à tâtons, s'appuyant sur le mur à la recherche de l'interrupteur. Ce n'est qu'une fois arrivé en bas qu'elle sentit le contact du bouton sous ses doigts. Un flash l'aveugla un bref instant avant que la clarté ne s'atténue. L'ancienneté de l'ampoule se faisait sentir, mais elle éclairait suffisamment pour se diriger dans la pièce. Cela dit, c'était un vrai débarras.
Cathy tomba sur le congélateur, plongea sa main au milieu des différents produits et en sortit le pot de crème glacée.
Au moment de quitter les lieux, elle remarqua quelque chose sur sa droite. Une fenêtre donnait une vue sur le jardin, faiblement éclairé par la lueur d'un réverbère. Une silhouette se tenait au centre, immobile. Elle fixait la direction du réverbère, faisant dos à la fenêtre, mais Cathy devina la silhouette d'une fille aux longs cheveux blonds, portant quelque chose sur son visage.
Bien que surprise, elle ne prêta pas plus de temps à ce détail. Les enfants déguisés remplissaient les rues ce soir, après tout...

L'adolescente remonta les marches, prit un bol et servit deux généreuses boules de glace à la jeune fille, ravie.

- Mais tu as oublié la crème fouettée !

Amusée par la réaction de l'enfant, Cathy fit mine de prendre un air abasourdi :

- Oh oui suis-je bête ! Et où est-elle ?

Ce à quoi elle répondit timidement :

- Au sous-sol.

Elle se rendit à nouveau dans la pièce, alluma l'ampoule, se dirigea vers le frigidaire et se saisit de la bombe de crème. Alors qu'elle se tenait au pied des escaliers, la forme de la fenêtre happa son attention.
La silhouette qu'elle avait aperçue était toujours là. Mais cette fois, elle fixait la fenêtre. Et elle s'était rapprochée, suffisamment pour que l'ampoule du sous-sol l'éclaire faiblement. C'était bien une fille, le visage caché derrière un masque des plus déconcertants. Rouge et noir, les yeux fins et sombres, fendu d'un sourire exhibant des crocs abominables. Cathy pressa le pas.

Elle garnit le bol de crème et posa la bombe sur la table. Kim se tourna de nouveau vers sa baby-sitter.

« Et est-ce que je peux avoir de la sauce au chocolat, s'il te plait Cathy ?
- Laisse-moi deviner...Elle est au sous-sol ? »

Elle la fixa d'un air candide. Il n'en fallait pas plus pour comprendre la réponse.

Une fois encore, elle descendit les marches, trouva l'armoire dans laquelle la mère rangeait les ingrédients divers, s'empara du flacon de chocolat, et fit demi-tour. Mais au moment où elle s'apprêtait à sortir, un objet au sol la fit trébucher. Elle se rattrapa de peu à la rambarde des escaliers, retenant un juron dans sa bouche.
En se redressant, son regard se posa sur la fenêtre. L'enfant s'était à nouveau rapprochée. Elle était près, si près qu'elle semblait collée à la vitre, exposant les détails de son masque hideux. Mais ce qui retint l'attention de la jeune femme, c'était le couteau de boucher que l'enfant serrait dans sa main.
Un frisson parcourut l'échine de Cathy. Elle se sentait vraiment mal à l'aise.
Arrivé en haut des escaliers, elle souffla pour se calmer puis tendit le flacon à la fillette.

« J'espère que Mademoiselle est contente ?
- Oh oui, merci Cathy ! Mais... »

Kim releva les yeux, emplis d'une lueur innocente.

- ...Il manque encore les vermicelles. Maman me met toujours des vermicelles.

Face au regard déconcerté que lui lançait l'adolescente, elle répliqua un sourire angélique qui vint illuminer son petit visage, jusqu'à ce que l'expression de sa baby-sitter s’atténue.

- Bon d'accord, mais c'est la dernière fois ma grande.

Tremblante, Cathy descendit rapidement les escaliers et alluma l'ampoule. Elle ne put s'empêcher de jeter un coup d’œil à la fenêtre. L'enfant avait disparu. Elle parvint à reprendre peu à peu son calme et chercha les vermicelles dans l'armoire, puis gravit les marches qui menaient à la cuisine. Une simple farce...

Le sachet de vermicelles heurta le sol, déversant son contenu sur le parquet, et un cri d'effroi échappa de sa bouche quand elle découvrit Kim, la tête enfoncée dans son bol, un épais flot de sang s'écoulant le long de sa chaise pour se répandre sur le sol en une flaque écarlate, s'échappant de sa gorge tranchée vive.


Les parents de la fillette ne tardèrent pas à rentrer, suivis de peu par la police. Ils trouvèrent l'adolescente terrorisée dans un coin du salon, arrivant à peine à balbutier quelques mots. Alors que les agents de police étaient parvenu à la calmer un peu et s'apprêtaient à l'interroger, la mère, toujours en proie à son désespoir, s'approcha de l'adolescente :

- Mais enfin Cathy qu'est-ce qu'il s'est passé ? Je t'en prie, dis-le-moi !

L'adolescente parvint tant bien que mal à décrire le déroulement de la soirée : le repas, la glace, le sous-sol, la fenêtre et la fille qui l'avait observée tout ce temps.

Les yeux remplis de larmes de la mère se troublèrent d'une expression d'incompréhension et de doute, avant qu'elle ne parvienne à murmurer :

- Cathy... Il n'y a jamais eu de fenêtre au sous-sol...Seulement un miroir sur le mur...


Simple petit conte d'Halloween... restons dans le ton!

mercredi 29 octobre 2014

Souvenirs d'enfance (Childhood stories)

Quand j’étais encore une enfant, ayant vécu dans la petite ville endormie de Mozhaysk, en Russie, je vivais une vie solitaire. Je grandissais dans la solitude, malgré mes très nombreux frères et sœurs. Ils étaient tous beaucoup plus vieux que moi, fillette de 7 ans. Je ne trouvais donc aucun plaisir à leur parler.


Mon seul plaisir à l’époque était d’écrire, et je veux dire écrire au sens général. J’écrivais n’importe quoi, des histoires, des messages à moi-même, des poèmes, n’importe quoi.  Ayant juste appris à écrire, j’étais fascinée par les mots. Je passais la plupart de mes après-midis seule dans ma chambre, écrivant sans cesse des mots nouveaux. J’étais habituée à m’endormir sur mes histoires, et à y retourner le lendemain.


Une nuit, j’écrivais une histoire très simple et enfantine, mais pleine de rebondissements comme on pouvait s’y attendre d’une petite fille de 7 ans.  Je m’en souviens très bien, c’était l’histoire d’un petit ours qui avait perdu sa mère et qui passait son temps à essayer de la retrouver. Malgré le fait que j’étais fascinée par ce récit, je me suis endormie. C’était devenu habituel et peu déconcertant pour moi. Cependant ce que je vis le lendemain ne l’était pas. En regardant ce que j’avais écrit la nuit dernière, quelque chose m’interloqua.


La dernière phrase que j’avais écrite était « le petit ours pouvait voir sa mère à l’horizon », suivie directement par un mot dans une écriture qui n’était pas la mienne, le mot « AMI ». Je ne savais pas comment me sentir face à cela, je savais pertinemment que je n’avais pas écrit ce mot, de plus il était comme calligraphié, ce qui contrastait avec mon écriture d’enfant basique. J’ai poussé le papier loin de moi, avant d’y jeter un autre coup d’œil. Je me suis interdit de le regarder à nouveau. J’ai décidé de ne pas me laisser troubler par cela et de déchirer l'histoire avant de la jeter. Quelques heures plus tard, j’avais déjà oublié l’incident, et les choses reprirent comme avant durant des semaines où je continuais mes récits.


Une nuit, je me suis réveillée en sursaut à cause d’un rêve dérangeant. Je m’en souviens encore aujourd’hui.  Il n’y avait rien de vraiment flagrant dans ce rêve, mais quelque chose n’allait pas. Je pouvais voir des flashes rapides d’images de mains jointes, une grande et une petite. Ceci n’avait rien d’effrayant au premier abord, mais la façon dont les doigts s’entremêlaient était très déconcertante.


Les doigts de la petite main étaient distordus, presque comme s’ils étaient cassés. La plus grande était encore plus effrayante, elle avait des veines étonnamment grosses sur toute sa largeur et agrippait la petite main avec une force écrasante. En sueur dans ma petite chambre, tout ce que je pouvais faire était pleurer. Après avoir rassemblé mes forces, je me suis assise sur le lit. C’est à cet instant qu’une douleur aiguë frappa ma main droite. Ça me brûlait et faisait affreusement mal. Peu après je perdis conscience.


Le lendemain au réveil, j’étais soulagée que ma main ne me fasse plus souffrir, et malgré l’expérience traumatisante que je venais de vivre, j’étais heureuse. Plus tard dans la journée, j’allais comme d’habitude à mon bureau pour écrire une nouvelle histoire avant d’être confrontée à quelque chose que je ne peux toujours pas expliquer. Mon histoire sur le petit ours que j’avais déchirée était maintenant en parfait état devant moi. Sur la totalité du papier, le mot « AMI » était écrit.


Je commençais à trembler. Rien de tout ça n’était normal. Furieusement, j’ai déchiré à nouveau le bout de papier, frustrée, puis j’ai fermé les yeux. J’essayais de me calmer en comptant jusqu’à dix dans ma tête. J’ai ouvert les yeux, avant d’apercevoir quelque chose d’encore plus effrayant que le papier. Le bureau derrière moi était défoncé. Le mot « AMI » était gravé profondément dans le bois. La chose qui avait saccagé mon bureau avait tellement de force qu’elle avait détruit la surface du bureau. Je suis sortie en trombe, et j’ai refusé de rentrer dans ma chambre pendant le mois qui suivit.


Une fois de retour dans ma chambre, j’avais beaucoup d’appréhension.  Je n’avais plus écrit une seule histoire durant tout le mois, et avait tout tenté pour essayé d’oublier cet incident. La nuit de mon retour, je me sentis inhabituellement fatiguée. C’était sorti de nulle part, et tout ce que je voulais était dormir. Je me suis glissée sous les draps, et en moins de quelques secondes je dormais. Pour la première fois depuis le mois dernier, j’étais poursuivie par ce même rêve affreux : les mains distordues.


Je me suis réveillée à nouveau, à peu près la même heure que la première nuit, mais cette fois les choses sont devenues beaucoup plus surréalistes. Mes yeux se sont ouverts, j’étais bel et bien éveillée, mais je ne pouvais pas bouger. Je me sentais comme si quelqu’un appuyait sur mes épaules avec une force incroyable. Je ne pouvais pas bouger mon torse, je commençais à gémir et à donner des coups dans le vide. J’ai ouvert la bouche pour crier et alerter mes parents, mais je sentais comme des doigts à l’intérieur de ma bouche qui agrippaient ma mâchoire inférieure, paralysant mes capacités à parler. Je bougeais violemment, essayant désespérément de heurter un mur ou quoi que ce soit à portée de main pour tenter de réveiller mes parents.


Je ne me suis jamais sentie si paniquée, j’étais même trop effrayée pour pleurer. La chose qui m’avait attrapée ne voulait pas me laisser partir. J’ai agrippé les draps, priant pour que cela cesse. Je ne pouvais que penser à combien j’aurais voulu que mon père me vienne en aide à cet instant. Je n’arrêtais pas de penser « papa ». C’est là que j’ai entendu sa voix pour la première fois. Un grognement sourd, à quelques millimètres de mon oreille gauche « Papa n’est plus là. Tu es mon amie ». A cet instant il me lâcha. Mes épaules perdirent leur charge et les doigts quittèrent ma bouche.


J’ai sauté hors de mon lit, courant plus vite que jamais je ne l’ai fait dans ma vie jusque dans la chambre de mes parents. J’ai ouvert la porte et me suis stoppée devant ce que je voyais. Mes parents dormaient tous les deux, mon père du côté le plus proche de la porte. Une grande ombre noire planait au-dessus d’eux, bras ouverts, prête à les blesser. J’ai hurlé, ne pensant qu’à la sécurité de mes parents, avant de foncer dedans. Je suis passée au-travers avant de retomber sur mon père abasourdi.

J’ai expliqué maintes fois ce qui m’était arrivé cette nuit-là à mes parents, qui ne me croyaient évidemment pas. Quelques semaines plus tard, nous déménagions au Royaume-Uni et cette entité qui me hantait n’est plus jamais revenue. Je ne pourrai jamais expliquer les événements qui se sont produits là-bas, et je ne pense jamais pouvoir les comprendre non plus.


Traduction: Teru-Sama

Creepypasta originale ici.