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lundi 18 mars 2019

Le coup de fil

J’aimerais vous raconter une histoire que mon grand-père m’a racontée, pour voir si quelque chose d’approchant a pu être vécu par l’un d’entre vous. Si c’est le cas, vous comprendrez facilement combien j’ai besoin d’aide ; l'angoisse et la terreur m'empêche de dormir depuis déjà plusieurs jours, et je suis pris de tremblements incontrôlable rien qu'à y penser, comme une énorme épée de Damoclès au-dessus de ma tête.

La semaine dernière, mon grand-père a appelé ma mère. Il voulait me voir, et avait besoin de mon aide pour la corvée de bois. Selon elle, sa voix semblait angoissée, et qui plus est, la ligne sonnait occupée quand on essayait de le rappeler. Elle m’a donc obligé à y aller. J’avais aussi pour mission de résoudre ces soucis de téléphone : une personne âgée vivant seule sans moyen de prévenir les secours en cas de besoin, il fallait corriger le problème assez vite. Qui plus est, mon grand-père avait eu quelques antécédents médicaux à la suite de la mort de ma grand-mère, il fallait veiller sur lui. 

Je me suis donc mis en route vers la campagne. Je ne dirais pas qu’il vit seul à l’écart de tous, mais le village dans lequel il réside n’a pas beaucoup d’habitants, et sa population est plutôt étalée. Du coup, pas de voisin direct à moins d’un petit kilomètre. Qui plus est, depuis la mort de ma grand-mère, mon papi vivait complètement seul.

À mon arrivée, j’ai tout de suite senti une sorte de malaise. Mon grand-père, solide et rustre, courbé par une vie d’effort, n’arrivait pas à me regarder, comme dérangé par ma présence. Cette impression a fini par s’estomper au fil de la journée : la corvée de bois, découper, transporter et ranger ces bûches ne laissait pas trop le temps de réfléchir.

Mais le soir, après un repas dans cette même atmosphère tendue, j’ai fini par craquer sous l'angoisse. Avec tout le tact dont je suis capable, j’ai commencé par le téléphone, en lui demandant pourquoi il était débranché, le fil pendant de l’autre côté du meuble. J’ai ajouté que maman était inquiète pour lui. À ce moment-là, il y a eu un grand silence. Puis comme un déclic, et avec un soupir, il a fini par céder, et me raconter une histoire. 

Il y a six ans, avant le décès de ma grand-mère, il aurait reçu un appel, sur ce même téléphone. Une voix désincarnée lui apprenait la mort de sa femme d’une crise cardiaque foudroyante sur son lieu de travail. Cette même voix lui donnait ensuite une date et une heure. L’appel s’était reproduit ainsi plusieurs fois dans la soirée, jusqu’à ce que mon grand-père, terrifié, préfère débrancher le téléphone. Saisi au cœur, il avait alors pris la route comme une furie jusqu’à la clinique du coin, pour qu’on lui réponde à l’accueil qu’aucun décès n’avait été enregistré aujourd’hui, ni aucune entrée de patient correspondant.

Passablement énervé de ce qu’il prit finalement pour un canular, il est alors rentré chez lui pour que quelques heures après, sa femme le rejoigne en pleine forme. Il lui avait expliqué son aventure, et sa frayeur viscérale qui alourdissait ces pensées, et elle l’avait rassuré assez simplement, aussi interloquée que lui par cette mauvaise blague. Mais sans plus d’explications, ils avaient rapidement laissé tomber, leur opérateur téléphonique leur proposant simplement de changer leur ligne. Le monde continuait à tourner, et qui plus est, le canular ne s’était plus reproduit depuis. 

Trois ans plus tard, alors que cette histoire lui était sortie de la tête, il a reçu le même coup de fil. Selon lui, et il l’a bien appuyé en le racontant, il s’agissait d’un coup de fil exactement similaire, au mot près. En arrivant à l’hôpital ce soir-là, ce n’était plus une blague : son épouse, ma grand-mère, était morte. Depuis, il n’avait plus pu entendre ce téléphone sonner sans ressentir un profond malaise avant de décrocher. Il avait relancé ses recherches, s’était renseigné auprès de plusieurs de ces amis plus connaisseurs que lui en matière de téléphonie, mais impossible de remonter l’appel, de découvrir qui avait appelé. Pire, dans le journal des communications qu’il avait demandé à son fournisseur téléphonique, pas le moindre appel de relevé sur la journée du décès. Comme si ce coup de fil n’avait jamais existé. Alors évidemment, on l’avait cru fou, il s’était lui-même remis en question sur sa santé mentale, allant même jusqu’à se faire hospitaliser quelques jours. 

On en arrive au point central de mon témoignage. J’ai regardé mon grand-père alors qu’il poursuivait, mes yeux ne pouvant quitter le fil du téléphone, débranché. Et alors qu’il se mettait à pleurer, racontant l’appel qu’il avait reçu la veille, l’appareil a sonné. 

Alors maintenant que ma panique est passée, maintenant que j'ai rédigé toutes ces lettres, que j'ai ordonné les choses, et que j'arrive enfin à accepter les choses telles qu'elles doivent être, dites moi, si tout ça est vrai, avec trois ans à vivre, que feriez-vous ?


5 commentaires:

  1. Waouh franchement jsp quoi d'autres dire,il y a un bon côté creepy qui monte au fur et à mesure du récit et nous tiens en haleine mais surtout un profond questionnement je trouve. Bref j'ai adoré.

    Brahimus

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  2. Attendez... le téléphone continue de sonner, même débranché ?! En tout cas, la creepypasta est sympathique.

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  3. Tt sa ses bien creepy en effet 😵 !

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