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samedi 18 juin 2016

Alice

Bonjour/ Bonsoir à vous,

J'hésitais jusqu'alors à raconter mon histoire ici sur CFTC, mais avec le récent post de l'affaire Elisa Lam qui est une histoire vraie certifiée, je saute le pas. J'ai choisi mis à part pour l'article de journal que vous verrez, d'accompagner mon récit de photos et d'illustrations.

Il y a maintenant un peu plus d'un an, en mars 2015, je suis allé rendre visite à ma grand-mère, Alice. C'était le dernier jour qu'elle passait dans sa maison car nous avions décidé à contrecœur de la placer dans un EHPAD, son état devenant préoccupant même pour nous ses proches. Vous savez, à 76 ans, l'autonomie commence à se limiter pour certains, ma grand-mère y compris.

Pendant que mon frère lui préparait une tasse de thé en bas, et que mon père bricolait sa voiture, ma mère et moi étions en train de trier les vieux cartons entassés dans le grenier.

Oui, dans le grenier. Si vous avez l'impression qu'une maison avec grenier est un luxe pour une vieille retraitée célibataire, vous êtes encore loin du compte.

Sa propriété était immense, parcourue de plantes, d'arbres et de fleurs multicolores.
Le gazon était haut mais un parcours de bois sur le sol vous menait à un petit lac artificiel près duquel nous pique-niquions parfois, là où l'herbe était très rase.

"Va avec ton frère et ta grand-mère en bas leur donner le paquet de langues de chat que j'ai oublié dans mon sac, je vais finir ça et je vous rejoins", m'a dit ma mère au dernier carton restant.

J'ai donc descendu l'échelle du grenier puis l'escalier en colimaçon de l'étage et je suis entré dans la cuisine. Le sac de ma mère était posé
sur la table près de sa tasse de café vide, et d'ici je pouvais entendre le duo parler à côté, ils discutaient justement de la façade.

"Mamie, la façade de ta maison a toujours été moche, c'est une façon de dire que c'est la beauté intérieure qui compte ?"

"Non mon garçon, c'est une façon de dire que la vérité est cachée."

Il ne s'attendait pas à une réponse sérieuse à sa blague.

"Cachée ? Donc il faut la chercher ?"

Ma grand-mère a marqué une pause.

"Non mon garçon, c'est toujours la vérité qui vient te trouver, t'attendais-tu à trouver cette richesse en entrant ici la première fois ? Ou ce jardin luxuriant derrière ?"

Finalement, j'ai mis fin à leur conversation en entrant dans la pièce, faisant sourire les deux à la vue des gâteaux.

Ma mère a fait irruption dans la pièce pendant la distribution des gâteaux, elle tenait à la main un vieil article de journal jauni et un petit carnet gris, ce qui a eu pour effet de gommer immédiatement le sourire de mamie quand elle a vu de quel article il s'agissait.

"Il fallait bien que je vous en parle avant de partir", a-t-elle dit en baissant les yeux.

Ma mère a froncé les sourcils et s'est agenouillée à sa hauteur sans rien dire.

Voici la photo de l'article en question :



Ma grand-mère a pris la parole en feuilletant son carnet - je suppose qu'elle y consignait ses souvenirs.





"J'avais 11 ans quand le dessin animé Alice au pays des merveilles est sorti. Je voulais absolument le voir, mes copines dont les parents avaient un revenu aisé étaient allées le voir à la première du film le 21 décembre.

Elles trouvaient drôle ma ressemblance physique avec l'héroïne, et le fait que je partage son prénom, ce qui me donnait encore plus envie de voir le film. Mais je devais attendre Noël pour ça.

Finalement est arrivé le 26 décembre, le lendemain de Noël. La salle n'était pas si bondée pour un Disney, ce qui a rendu le film encore meilleur.
Du moins, jusqu'à la scène où Alice rencontre la chenille qui fume le narguilé.

Sans qu'on s'en rende compte immédiatement, de la fumée a commencé à s'accumuler dans la salle, quand quelqu'un a finalement crié au feu. Le projecteur venait de prendre feu, brûlant rapidement avec ce qu'il y avait autour, dont une mère de famille qui n'avait pas pu s'échapper à temps.

Le cinéma a été détruit." 




Elle s'est arrêtée, refusant le gâteau que je lui proposais.
Elle a pris l'article et l'a posé sur la table basse du salon, c'est là qu'on a tous pu le voir.




"En 1957, la rumeur d'une attraction Alice au pays des merveilles aux États-Unis a traversé l'Atlantique mais sans passer par mes oreilles.

À Noël, j'ai été surprise de ne découvrir qu'une enveloppe sous le sapin, non pas que mes Noëls correspondaient à une profusion de cadeaux, mais là j'étais tout de même un peu déçue de n'avoir qu'une lettre.

En l'ouvrant, j'ai compris qu'en réalité, je venais d'avoir le plus beau cadeau de ma vie. L'enveloppe contenait un billet d'avion pour l'Amérique et une entrée pour le parc Disney où allait bientôt ouvrir l'attraction Alice in Wonderland. Toute la famille s'était cotisée pour me faire oublier l'accident tragique du cinéma.
Je pleurais de joie.

Arrivée à Anaheim en Californie dans le comté d'Orange, accueillie par la lune, j'ai passé la nuit à l'hôtel.

Cela me changeait incroyablement de ma petite vie de la France rurale à la fin des années 50.
Je ne pouvais pas dormir, à cause du décalage horaire, alors j'ai marché jusqu’à la toute fraîche attraction d'Alice. Un grand 7 lumineux trônait au sommet : sept jours avant la grande ouverture présidée par Walt Disney.

Mon cœur palpitait. En balayant l'attraction du regard, j'ai vu du coin de l’œil un mouvement, peut-être un employé, peu importe. J'ai continué de scruter l'attraction : l'esthétique reprenait merveilleusement bien celle du dessin animé. Des couleurs vives, des courbes, pas de lignes droites, sauf celles d'un château derrière, que l'on imaginait être celui de la reine de cœur.

Tournant autour de l'attraction, j'ai rapidement trouvé derrière une échelle de service, cachée dans la fausse entrée du château qui n'avait qu'un rôle esthétique. Par curiosité, je l'ai escaladaée. Si on me voyait, je n'aurais qu'à dire que j'avais été poussée par la curiosité. Heureusement qu'à cette époque il faisait particulièrement chaud car monter une échelle est plus facile en short qu'en jupe longue.

Arrivée sur le toit, j'ai contemplé le parc. Le garde préférant patrouiller autour du parc qu'en son centre, j'avais peu de risques d'être gênée, du moins c'est ce que je me disais quand en me retournant je suis tombée nez à nez avec un homme de la maintenance.

Il avait un t-shirt plus proche du jaune que du blanc, des chaussures noires très usées, un bleu de travail bizarrement immaculé et une casquette Disney vissée sur la tête.
Ça vous est déjà arrivé de croiser une personne étrange dans la rue, une personne qui n'avait rien de bizarre mais dont le visage disait à votre instinct de changer de trottoir ?

M'y voilà. Je le revois encore, les cheveux poivre et surtout sel, une peau charnue et ridée, le tout formant la bonne bouille d'un gentil grand-père malsain qui aurait forcé sur la bouteille pendant des années. J'ai reculé, et comme dans un cliché de film, mon pied a rencontré le vide.
Je me suis réveillée.
L'électricité fonctionnait. La pièce était très lumineuse, la sortie juste à côté de moi également.
Cette pièce représentait le réveil d'Alice à la fin du dessin animé. Il y avait l'arbre, le lac, la femme avec qui elle parle au début, et son chat.

J'étais tombée dans l'attraction !

Pour en revenir à la pièce, elle était très large, on se croyait vraiment au bord d'un petit lac artificiel. Un point lumineux indiquait la sortie et un point sombre la pièce qui la précédait.

J'étais émerveillée, en oubliant presque l'agent de maintenance. Je n'avais qu'une hâte, c'était de découvrir la deuxième pièce, ou l'avant-dernière dans le sens normal, car c'est dans celle-là que le personnage d'Alice doit apparaître furtivement selon les rumeurs que j'avais pu entendre.

J'ai donc franchi la première pièce, mais c'est là que la première chose anormale est arrivée. Tweedle Dee et Tweedle Dumm venaient d'apparaître de chaque côté de la porte.
Leurs visages n'avaient pas
encore été placés visiblement, on voyait les mécanismes qui devaient animer leurs têtes.

Ils me suivaient en silence, c'est ce que j'ai rapidement compris. Je ne sais pas comment c'était possible, à l'époque je veux dire. J'ai pris ça pour un système de sécurité destiné à effrayer les intrus, ça marchait bien en tout cas.

J'arrivais donc dans la deuxième pièce (l'avant-dernière comme vous l'aurez compris si vous suivez).

C'était la scène où Alice est jugée par la reine de cœur. La reine, elle, avait déjà son visage. Elle tendait son marteau vengeur vers... Le pauvre lapin, qui était sur l'estrade des accusés à la place d'Alice.

Bien qu'un peu plus petite que celle que je venais de visiter, cette pièce restait grande, les murs d'une couleur entre le marron et le noir de cette pièce avaient un point commun avec les murs bleu ciel du lac, ils étaient si bien faits qu'ils semblaient être un ciel artificiel.
Une haie aux feuilles très foncées, presque brunes, ponctuées de roses blanches, faisait le tour de la pièce carrée.

Alors que j'allais quitter cette pièce accompagnée par les jumeaux monstrueux, un cri de rage mécanique m'a fait sursauter. La reine de cœur s'était animée.

Elle convulsait d'avant en arrière, secouant son marteau.

"Qu'on lui coupe la tête ! Qu'on lui coupe la tête !"

C'est ce qu'elle a dit avant qu'une lame de faux ne sorte du mur, coupant la tête du pauvre lapin, me faisant frôler l’arrêt cardiaque par la même occasion.

À ma surprise (et c'est le moins qu'on puisse dire), une fontaine de sang est sortie du corps du rongeur, faisant rougir les roses blanches tout autour et mon visage. Le sang était chaud et avait vraiment le goût du sang. Je l'ai su quand il a coulé sur mes lèvres.

La bouche béante, j'ai entendu les jumeaux dire ces mots :

"Dans ce monde on a ce que l'on mérite."

"C'est une justice aiguisée qui régit notre monde."

La voix ne semblait pas provenir d'un quelconque émetteur. Oui, LA voix, elle était partagée pour les deux personnages.

"Dinah, continue ton chemin, vois ce qui arrive à ceux qui bafouent les lois."

Dinah... Ce nom m'était familier et me rappelait l'univers d'Alice.

Même si je me persuadais que le sang était faux et que ce n'était qu'un petit être en peluche qui avait été assassiné, la violence de la scène me laissait terriblement mal à l'aise, mais une fascination morbide et l'amour que je portais à ce dessin animé me poussaient à aller plus loin.

J'entrais dans la nouvelle salle.

C'était une longue forêt très sombre pleine de petits virages.
Au fur et à mesure que je m'y enfonçais, ce qui semblait être de petits pleurs étouffés s'est changé en longs râles de tristesse.

C'est alors que j'ai remarqué les animaux étranges dans les arbres, ce sont eux qui pleuraient.



Les larmes des animaux mécaniques formaient un petit ruisseau que j'ai remonté.
Au fur et à mesure que j’avançais, un liquide rouge se mélangeait avec les larmes. Au début ce n'était pas très visible mais ça s'est rapidement changé d'un rouge très clair, comme du sirop mal dosé, presque imperceptible, à un épais liquide rouge qui ne pouvait être autre chose que du sang.
Des larmes coulaient également de mes joues, tout ce que je pouvais me dire était "pourquoi ?"

J'ai fini par atteindre le bout du chemin, la source faite de larmes/sang.
C'était le morse. Il était étendu là, sur le ventre, face contre terre, sa canne plantée dans le dos.
Le plus effrayant était clairement le fait qu'il s'agissait non pas d'un automate mais d'un costume qui était à mes pieds. Visiblement il y avait quelque chose dedans.



"Voler la nourriture d'un ami ou

s'introduire sans permission,

il faut en payer le prix."

On y était, c'était bien la sécurité de l'attraction.
Mais quel genre de malade pouvait en être le responsable, l'homme qui avait provoqué ma chute ?

J'avais déjà pensé à m'enfuir, à rebrousser chemin, mais j'avais bien trop peur dorénavant.

Je voulais sortir d'ici le plus vite possible.

"Trois

salles."

C'est comme si les jumeaux m'avaient entendue.
Avais-je parlé toute seule ?
Restait-il donc trois salles avant la sortie ?

Ne voulant pas rester une seconde de plus ici, j'ai contourné très largement le cadavre du morse et j'ai continué ma route.
La forêt sanglante débouchait sur le lieu où Alice prenait le thé avec le lièvre de Mars et le chapelier fou.
D'ailleurs, ces deux derniers étaient présents - du moins, leurs automates.

"Asseyez-vous, belle enfant" a dit le chapelier, d'une voix grésillante, à peine compréhensible.

Je me suis exécutée à défaut d'autre choix, et ai pris la place qu'Alice occupe dans le dessin animé. Des pieux ont alors traversé les autres sièges. J'avais visiblement fait le bon choix.

La peur s’enfonçait en moi, je perdais pied.

Le comportement du lièvre et du chapelier était très différent du dessin animé, ils étaient très calmes et leur "voix" très posée, autant vous dire qu'ils n'inspiraient pas la joie de vivre.

Les jumeaux se sont penchés à mes oreilles.

"Trois péchés,
trois tasses."

Le chapelier nous a servis à tous les trois du thé marron-rougeâtre très épais dont émanait une odeur de viande crue.
Sur la théière était marqué "suicide tea".

"À la vôtre", a grésillé le lièvre.

Après un bref moment d'hésitation, je me suis contentée de porter la tasse à mes lèvres, sans la boire. En la reposant, j'ai senti une plaque de pression s'enfoncer. Que se serait-il passé si je n'y avais pas touché ?
De la fumée blanche s'échappait à présent du lièvre et du chapelier suite à l'ingestion de leur thé.

Deuxième tasse.

"Nous avons bu-bu pour notre gourmandise, buvons main-maintenant pour no-notre colère ! " a grincé le chapelier fumant.
La fumée était maintenant noire et des étincelles s'échappaient de mes compagnons.

"Bu-bu-buvons... Pour la, pour la vie que nous n'auri-n'aurions jamais jamais JAMAIS dû acquérir-quérir", a terminé le lièvre qui me faisait mal au cœur à se détruire ainsi.
Troisième tasse, mon thé avait débordé un peu partout.

Dans un feu d'artifice d'étincelles mortelles, les deux compères se sont enflammés en poussant de véritables hurlements mécaniques, qu'ils n'ont cessé qu'une fois éteints, c'était le cas de le dire ; j'avais déjà quitté la pièce en courant, en pleurant et en me bouchant les oreilles.

Les deux jumeaux m’ont accompagnée à l'opposé de par où j’étais venue, vers l'avant-dernière salle.

En me retournant vers la table, je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir une profonde tristesse.



"Allez Dinah, en route", a dit un des jumeaux.
 

La salle suivante était le jardin des fleurs qui chantent. Elles étaient toutes fanées, marron et tombantes.


Des râles. Les râles que poussent les grands malades aux portes de la mort émanaient de certaines fleurs. C'était le spectacle le plus triste que j'avais pu voir de toute l'attraction, il n'y avait pas la volonté d'effrayer ici, plutôt celle de démoraliser.

La pièce était vraiment très longue, je n'en voyais pas la fin. Elle était interminable, les secondes paraissaient être des minutes.

Je suis finalement arrivée au seuil de la dernière salle après une interminable traversée. C'était un long couloir, la scène où Alice chutait au début du dessin animé.

Je m'y suis engagée rapidement, quand en me retournant, j'ai vu les jumeaux faire demi-tour, se dirigeant rapidement vers une petite fille vêtue comme Alice. Elle se cachait péniblement derrière une fleur fanée de la pièce précédente, les habits en lambeaux, décoiffée, des larmes coulant de ses yeux.

Ne me jugez pas, je n'ai pas pu... Je suis partie.
Partout autour de moi résonnait "au revoir Dinah", encore et encore. Et là je me suis souvenue, Dinah était le chat d'Alice. J'avais été considérée comme leur bête tout ce temps.

J'ai couru à travers le couloir qui donnait l'impression incroyablement réaliste d'être à la verticale, ce qui m'a causé quelques chutes. J'entendais les cris de cette petite fille anonyme me poursuivre, bien que de plus en plus faibles. Un craquement sourd a stoppé les battements de mon cœur et a fait s'interrompre les cris.

Le couloir qui n'avait cessé de rétrécir m'a obligé à sortir à quatre pattes de ce qui, vu de l’extérieur, semblait être une bouche d'aération.
À mon retour à l'hôtel, mes valises étaient posées devant. J'ai compris le message, et après avoir fini ma nuit à l'aéroport, je suis rentrée directement en France sans m'expliquer sur les raisons de mon retour précoce, prétextant la maladie. Je suis restée enfermée dans ma chambre plusieurs jours, ne sortant que pour manger. Vous êtes les premiers à qui j'ose en parler.

Mais ce qui me hante aujourd'hui en plus de tout cela, c'est le regard de l'homme en bleu de travail qui m'a regardée partir du parc. Je l’ai aperçu au dernier moment, à la fenêtre de ce qui avait été ma chambre, me regardant. C'était lui le chef de cette monstruosité.

J'ai vu ses lèvres desséchées bouger, je pouvais lire dessus. Il me lançait, sans se démunir de son sourire satisfait : "au revoir, Dinah."






C'est là que ma grand-mère a fini son histoire, essuyant ses lunettes embuées par les larmes.
Je vous passe l'atmosphère étouffante de malaise qui a suivi jusqu'au moment où on l'a accompagnée à la maison de retraite.

Était-ce inventé ? Une invention qu'elle pensait vraie ? Ou bien la dérangeante réalité ?
En tout cas, pour une personne diagnostiquée d'Alzheimer, c'était incroyable venant d'elle, tous ces détails, alors qu'elle avait à peine jeté quelques coups d’œil dans son carnet...

Cette histoire restera un mystère à jamais, je le crains.

Ce lien Wikipédia est la seule source réelle d'information que j'ai pu trouver en rapport avec son histoire :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_in_Wonderland_(attraction)




mercredi 15 juin 2016

Trafic

Enregistrement n°1

Affaire Biraud, premier enregistrement.

J'ai été contacté par une femme qui pense qu'il y a quelque chose de louche qui se passe avec une entreprise de pompes funèbres. Selon elle, ayant été à plusieurs enterrements de divers amis, à la suite, suite à un accident de voiture, beaucoup se plaignaient que les cadavres étaient devenus "plus légers", pendant qu'ils transportaient ceux-ci jusqu’à l'inhumation.
Je pense à des prélèvements d'organes illégaux, et, si j'ai du bol, je vais tomber sur un gros trafic.

Ça va être du gâteau.



 


Enregistrement n°2

Affaire Biraud, second enregistrement.

Je suis allé discuter avec la gérante de l’établissement de pompes funèbres. Je ne suis pas trop rentré dans les détails, histoire de ne pas trop éveiller les soupçons quant à ma qualité de détective privé. J'ai essayé de sortir le grand jeu : phrases d’accroche, regard langoureux, invitation au restaurant d'à côté... Mais j'ai eu droit à un refus catégorique. Je ne dois plus être aussi désirable que dans ma jeunesse, va savoir. 


 


Enregistrement n°3

Affaire Biraud, troisième enregistrement.

Cette fois, j'ai envoyé mon assistant à l'assaut. Il a réussi en quelques minutes à amadouer la gérante et à l’emmener boire un verre dans un bistro pas loin d'ici, ce qui m'a laissé le temps de fouiller un peu le bureau. Malheureusement, aucune trace écrite d'un éventuel trafic d'organes. J'ai déposé une caméra dans leur salle où les morts sont traités, je devrai aller la récupérer une fois qu'un défunt sera passé entre leurs mains.


 

Enregistrement n°4

Affaire Biraud, quatrième enregistrement.

C'est fait, il y a eu un cadavre de préparé aujourd'hui, il me suffit de récupérer la caméra et le tour est joué. J'ai envoyé de nouveau mon assistant en diversion pour faire sortir la gérante. En attendant, je vais aller attendre tout en me faisant un bon repas dans le restaurant d'à côté. C'est pratique, ces assistants à tout faire. *rires*


 

Enregistrement n°5

Affaire Biraud, cinquième enregistrement.

J'ai récupéré la caméra, et visionné son contenu. La commanditaire avait raison ! On peut y voir les employés retirer certains organes du défunt et les déposer dans des espèces de caisses. Ils font bien en sorte que cela ne soit pas visible une fois leur travail fait. C'est du grand art. Ça a tout l'air d’être un trafic, mais il me reste à savoir où vont ces caisses.


 

Enregistrement n°6

Affaire Bi-biraud, sixième... Sixième enregistrement.
 

J'ai... J'ai suivi les employés des pompes funèbres, qui acheminaient les caisses... Et je...

Je n'ai pas eu à les suivre très longtemps.

Les... Caisses... Sont livrées directement au restaurant d'à côté.



J'y ai mangé il y a deux jours.

Putain.

lundi 13 juin 2016

Le bébé est bleu (The baby is blue)

Opérateur du 999 : “999, quel service d'urgence ?"



Opérateur : “Allô ? Quel service avez-vous besoin de contacter ?"

Appelant : “Le bébé..."

“Le bébé ?”

“Le bébé est bleu.”

“Quel service souhaitez-vous contacter, monsieur ?”

“Tous ont été desservis.”

“Pouvez-vous répéter ça ?”

“Il n'est pas responsable.”

“Pouvez-vous me dire où vous vous trouvez ?”

“Il est dedans. Là où il m'attendait.”

“Monsieur, j'ai besoin que vous me donniez votre position actuelle.”

“À l'intérieur !”

“Où êtes-vous à l'intérieur ? Vous avez dit que le bébé était bleu, est-ce qu'il respire ?"

“Le pauvre petit... Si bleu, tellement de bleu.” -commence à fredonner doucement-

“J'ai besoin que vous vous concentriez, monsieur, êtes-vous avec le bébé en ce moment ?”

“Il me sourit, son regard est si profond. Il n'arrêtera pas de m'observer.” -recommence à fredonner-

“Monsieur, vous devez vérifier si ses voies respiratoires ne sont pas obstruées. Sur quelle partie du corps voyez-vous la coloration bleue ?"

“Le bleu l'a consumé…”

“Je peux vous envoyer une ambulance, mais j'ai besoin de connaître votre position et l'état du bébé."

"Je voulais seulement le dire à quelqu'un. Avant que je n'oublie ce que je m'apprête à faire. Ça ne m'aurait pas arrêté, je devais le faire. Je suis irrité et la plaie suinte, je peux rectifier ça, le bébé est mon sauveur. Ils savent ce que je fais, ils n'en parleront pas."

“J'ai besoin que vous vous décontractiez. Est-ce qu'il y a quelqu'un avec vous pour me dire ce qu'il se passe ?"

“Juste le bébé, le petit bébé tout bleu. Bébé bleu est en bas, et profondément. Ce sourire... Il me donne le vertige."

"Dites-moi où vous êtes, monsieur. J'ai besoin que vous vous concentriez."

“Je suis finalement à la maison, la maison au milieu les arbres, au pied de la colline de Ness Point. Je veux que vous voyiez le bébé. Il a un si large sourire. Il doit avoir faim, mais il est entièrement bleu maintenant. Avec quoi je peux le nourrir ? Ness point. Ness point."

"Ness Point ? Monsieur, il n'y a pas de réseau dans cette zone. Vous appelez d'un téléphone mobile. Où vous situez-vous exactement à Ness Point ?

“Tout s'est réchauffé à présent, le ciel nocturne projette une si jolie réflexion bleutée sur la surface de l'étang. Je peux voir mon reflet, aussi clair que du cristal... Du cristal étincelant et brillant."

“Le bébé est dans l'étang ? Est-ce que c'est pour ça qu'il est bleu ? Est-ce que le bébé bouge ? Pourquoi le bébé est dans l'eau ? Monsieur, j'ai besoin que vous m'expliquiez très précisément ce qu'il se passe. Les interférences ont l'air d'empirer.”

“Il n'y a rien de plus énervant que la famille..."

“Monsieur ? Monsieur... Quel était ce bruit ? Est-ce que le bébé pleure ? Les interférences rendent la communication difficile."

"Rien de plus énervant que la famille..."

-Appel interrompu-




 Traduction : Chói Tai et Nevermore 

Texte original ici.

vendredi 10 juin 2016

Oiseau moqueur

Dans mon village, il y a un parc nommé Parc de l'Oiseau Moqueur, mais plus personne n'y va. La raison est qu'il est réputé pour être maléfique...
L’origine de cette croyance est ce poème, qui est chanté de génération en génération, à tous les enfants téméraires qui auraient envie d'y aller faire un tour... :




"Voici pourquoi je n'irai pas à l'Oiseau Moqueur :
Pas pour son air sinistre, non plus pour sa noirceur.

Ses chemins sont en friche, ses arbres déformés,
Mais il y a pire, entendre le vent te singer.

Dès ton entrée au parc il y a ce faible écho
Des bruits de pas - les tiens ?- sinistre concerto.

Et le son se rapproche, et il colle à tes pas...
Dans ton dos le brouillard, personne n'est derrière toi  !

Et tu siffles - et il siffle - et tu tousses - et il tousse -
Alors une ombre grise se détache de la brousse.

Elle a ta taille, ta forme, semble vouloir te nuire,
Et elle fonce sur toi, il n'y a plus lieu de fuir !

Tu inspires l'air glacé, l'ombre t'a traversé.
Tu te sens affaibli, tu es rempli d'effroi.

Et puis tu te retournes et la vois s'en aller.
Cette personne - ton double ! La terreur te laisse coi.

Et il poursuit ta route, son dessein accompli.
Pendant que tu te fonds dans la brume, tel un brouillard, un voile gris.

C'est pourquoi je n'irai plus à l'Oiseau Moqueur.
J'aime être toi.
J'espère que tu aimes la noirceur."






Traduction et arrangements : Kamus & Tripoda

Texte original ici

mardi 7 juin 2016

Ubloo (pt.1)

Afin de consacrer le site exclusivement aux creepypastas tout en vous proposant toujours plus de contenu, les nouvelles horrifiques ont déménagé vers leur propre site ! Vous pouvez retrouver celle-ci sur le Nécronomorial à cette adresse.

Texte original ici.

samedi 4 juin 2016

Confessions

- Bien. Si vous le voulez bien, commençons. Veuillez décliner votre identité ainsi que votre emploi.

- Je me nomme Sacha Alvarez, je suis le prêtre assigné à cette ville, depuis 10 ans.

- Très bien. Racontez-nous donc ce que vous avez à dire. Je vous rappelle que cette conversation est enregistrée.

- Fort bien. Sachez, mon enfant, que je suis tiraillé entre deux volontés : celle de garder secret ce que je sais, comme il est d'usage pour les confessions, et celle de tout vous raconter, car cela est très grave. Comme des vies sont en jeu, j'ai pris la décision de tout vous révéler. Le Seigneur saura me pardonner.

- C'est tout à votre honneur, mon Père.

- Bien. Commençons par le début. Il y a de ça une semaine, j'ai reçu en confession un certain Juan. Je n'avais alors pas idée de ce que j'allais entendre. Voyez-vous, ce Juan était un meurtrier. Il m'a fait part de tous ses méfaits, avec tous les détails. C'était atroce.

- Pouvez-vous nous donner ces détails ? C'est important pour l'enquête.

- Oui... J'imagine que oui. Comment pourrais-je oublier ces atrocités ? Cet homme... Ce Juan... Disait entendre des voix. Que son esprit était contrôlé par une entité maléfique. Cette entité lui donnait l'ordre de tuer certaines personnes, et d'une certaine manière. J'ai même cru voir pendant un instant ses yeux virer à un noir de jais... Mais je-

- Passons au vif du sujet, si vous le voulez bien.

- Oui, pardon. Le premier meurtre a été commis sur la personne de Franck D., le directeur de l'usine en centre-ville.

- Franck D... Le directeur qu'on a retrouvé étouffé chez lui il y a 6 semaines ?

- Oui, celui-là même. Juan m'a avoué l'avoir forcé à avaler des pièces de monnaie, jusqu’à ce qu'il n'en puisse plus. Une fin bien ironique pour un homme qui avait passé sa vie à entasser toujours plus d'argent, au détriment de ses employés.

- Nous savons maintenant pourquoi nous avons trouvé toutes ces pièces de monnaie dans son estomac... Max, peux-tu aller me chercher un crayon et du papier ? Mon Père, cela ne vous dérange pas que je prenne quelques notes ?

- Non, non, allez-y... Jack, si je me souviens bien ? Je peux vous appeler Jack ?

- Pas de problèmes, mon Père. Veuillez continuer.

- Bien. Son autre meurtre remonte à 5 semaines. Avez-vous eu vent de la mort du jeune Peter V. ?

- Le joueur de foot ? Oui, une bien triste nouvelle... Quelqu'un de si jeune. Nous avions dû intervenir chez son entraîneur deux jours avant sa mort, suite à une dispute entre les deux. Le jeune Peter n'avait pas apprécié d'être sur le banc cette saison et désirait la place de gardien. Il avait une belle carrière devant lui. Les détails de sa mort ne me reviennent pas, néanmoins...

- Je peux vous les rappeler. Une autre victime de Juan. Il lui a écrasé la tête avec ses propres chaussures de foot. Vous vouliez des détails, les voilà : il est venu à l’appartement de Peter, a attendu qu'il rentre, puis l'a assommé par derrière. Il l'a attaché, l'a rué de coups, avant de le finir à coups de crampons.

- Savez-vous comment il est entré chez la victime ?

- Malheureusement, non, mon Fils.

- Donc, nous avons Franck et Peter. Cela fait deux victimes... Laissez-moi noter cela et nous pouvons continuer.

- Faites donc.

- Voilà, je vous écoute.

- Sa troisième victime était une femme. Je ne sais pas son nom, c'était une prostituée qui avait l'habitude de "travailler" dans les bois de la ville. Il l'a droguée, puis amenée dans une usine désaffectée de la ville. Là, il l'a attachée, puis poignardée avec des crochets, avant de la suspendre par les seins. De là, il a assisté au spectacle, laissant la jeune femme agoniser et appeler au secours. Quand il en a eu assez, il l'a égorgée et l'a laissée là.

- Attendez, nous n'avons pas eu vent de ce meurtre. Savez-vous de quelle usine il s'agit ?

- Oui, de l'ancienne usine de conserves dans la partie nord de la ville.

- Max ! Envoie une patrouille fouiller toutes les usines du nord de la ville. Il y a sans doute un cadavre qui vous attend là-bas. Merci, mon Père... Votre aide est précieuse.

- Eh bien, je fais ce qui est juste. Mais ce n'est pas tout, écoutez-moi. Ce meurtre date d'il y a environ 3 semaines. Le victime est un ancien boxeur, "Mickaël au sang chaud", comme on le surnommait.

- Oui, je le connais, on avait l'habitude d'intervenir chez lui. Il battait sa femme, son fils, et ceux qui avaient le malheur d'intervenir. Une vraie brute qui démarrait au quart de tour, son surnom n’était pas usurpé. Je ne savais pas qu'il était mort.

- Oui, car il n'y pas eu d’enquête. La cause serait une crise cardiaque, alors qu'il revenait de sa salle de musculation. Mais ce que je peux vous dire, c'est qu'une nouvelle fois, Juan est passé par là. Savez-vous quel est l'effet de l'adrénaline ?

- Je ne m'y connais pas forcément, mais dans les séries que j'ai pu voir elle était utilisée pour réanimer quelqu'un dont le cœur s’était arrêté.

- Exactement, cela donne un "coup de boost" au cœur. Mais, en trop grande quantité, savez-vous ce qu'il se passe ?

- J'imagine que cela peut faire l'effet inverse... Ah, vous voulez dire que...

- Oui, ce n’était pas une simple crise cardiaque.

- Très bien, nous allons rouvrir l’enquête, je note ça dans un coin. Poursuivez, je vous prie.

- Je vais cette fois vous parler d'un total inconnu. Juan ne connaissait même pas son nom. Il s'agit d'un homme de 40 ans, sans emploi, célibataire, obèse, qui vivait encore chez ses parents. Une vraie loque, selon Juan. Il passait ses journées devant la télé ou son ordinateur. Juan l'a enlevé, le forçant à appeler ses parents pour les avertir qu'il allait passer une semaine chez des amis. Quand vous avez une arme sur la tempe, vous savez vous montrer convainquant. Comme il aimait si bien ne rien faire et se reposer, Juan l'a enfermé dans un container, sur les docks. Là où, je cite, "il ne pourra plus rien faire jusqu’à la fin de ses jours...".

- Attendez, sur les docks vous dites ? Cela fait combien de temps ?

- Environ 2 semaines, à ce qu'il m'a dit.

- Si personne ne l'a trouvé, il y a peu de chances qu'on le retrouve en vie. Max, envoyez une autre patrouille. Et, allez avec eux. Faites attention à ce que personne ne sache cela, éloignez les journalistes. Nous devons voir si aucune preuve n'a été laissée par ce tueur en série. Identifiez la victime, mais attendez un peu avant de prévenir les parents. Mon Père, avez-vous encore des choses à nous dire ?

- Oui, il reste un meurtre à raconter. Le dernier, la semaine dernière. Il s'agit cette fois d'un enfant. Le petit Kevin...

- N'en dites pas plus... J'ai moi même annoncé le décès à sa mère. Quel genre de monstre peut s'attaquer à un enfant de la sorte... Je le connaissais depuis sa naissance. Un grand amateur de sucreries ! Mais quel enfant ne l'est pas... Bon, dites le quand même pour l'enregistrement. C'est l'acte de Juan, n'est-ce pas ? .

- Oui. C'est peut-être dû au fait que ce soit un enfant, mais il a fait en sorte que ce soit rapide. Il l'a noyé, comme vous devez le savoir, dans un baril rempli de soda...

- Oui... Oui... Le pauvre...

- C'est tout ce que j'avais à dire.

- Mon Père, je ne sais comment vous remercier. Grâce à votre témoignage, nous avons assez de preuves pour que ce Juan passe sa vie derrière les barreaux.

- Comment l'avez-vous attrapé ?

- Il est venu se rendre... Il persiste à dire qu'il n'était pas lui même ces derniers mois. Mais cela ne change rien au fait que ces meurtres s’arrêtent enfin. Je vais pouvoir l'annoncer aux médias.

- Cela va sûrement vous faire valoir une promotion, toute la ville va vous encenser...

- Cela est normal, après tout je suis celui qui a arrêté ce tueur en série. Je vais sûrement avoir une promotion, pour mon état de service formidable. Quelle réussite !

- Eh bien, mon Fils, quelle fierté ! Le sentez-vous ? Ce sentiment... d'orgueil ? Exactement comme je l'avais prévu.

- Comme vous aviez prévu ? Je ne comp- Attendez, vous parlez d’orgueil... Mais oui... Tous ces meurtres... Ils sont liés ! Mais il en manque... Non... Ce n'est pas possible... Mon père... Vos yeux !


La suite de l'enregistrement n'est faite que de cris. L'agent Jack M. a été retrouvé seul dans la pièce, un stylo planté dans l’œil. Avec son sang, le tueur a dessiné au-dessus de sa tête une couronne.
 

Le prêtre, lui, n'a jamais été retrouvé.



jeudi 2 juin 2016

Piste audio n°001

Ci-dessous la retranscription par écrit de la piste audio n°001 en date du 23 mars 2016, heure : 22:21.
 

Voix de femme :

« Heu… oui, ok, allô, allô ? On se sent encore plus stupide quand on parle tout seul… Mais bon, ok. C’est moi… Pour un test de mon nouvel enregistreur, je veux vérifier que ce petit bijou fonctionne bien, vu qu’il est tout neuf, et vu comment celui d’avant a terminé sa vie, il a intérêt à tenir le coup celui-là. »
 

Bruit d’eau qui coule fortement et en continu.

Voix de femme :

« Donc, mon enregistreur va être le charmant témoin de mon heure du bain. Eh oui… Pas passionnant, mais au moins c’est un bon endroit pour parler toute seule ! Oui, oui… Je vous vois venir vous autres ! Les ultras pointilleux sur le sujet : pas d’appareil électrique à côté de l’eau. Ça va… J’ai laissé l’enregistreur sur le meuble à serviettes et je n’y touche pas, ça vous va ? Pas de remake de Cloclo pour ce soir. »

Bruits de mouvements dans la baignoire.

Voix de femme :

« Ah… Ça c’est le pied ! Ah oui ! N’allez pas croire que c’est la porte d’entrée que j’ai laissée ouverte, bande de pervers ! Je laisse toujours la porte de la salle de bain ouverte quand je prends une douche ou un bain, problème de claustrophobie… C’est un comble avec mon métier, mais je m'en sors… Contrairement à mes enregistreurs… Le vendeur m’a dit que celui-là peut capter des sons qui viennent de loin, qu’il est même utilisé pour les films… Vous y croyez, vous ? En tout cas, il peut pas capter à quel point le couloir est glauque jusqu’à la porte d’entrée. Ça fait une semaine que Tim laisse traîner, il faut pourtant juste remplacer l’ampoule grillée... »

Bruit de clef dans une serrure.

Voix de femme :

« Tiens, tiens, quand on parle du loup ! »

Bruit de porte qui s’ouvre et se referme.

Voix de femme :

« Salut chéri ! J’ai complètement oublié que tu rentrais un peu plus tôt ce soir. J’ai pas encore fait à manger. »

Voix d’homme difficilement audible à cause du bruit d'eau qui coule en continu :

« Mmmmh intéressant ! Je vais faire la cuisine. »

Voix de femme :

« Ooooh… Ok ! Et qu’est-ce que tu vas cuisiner ? »

Voix d’homme difficilement audible à cause du bruit d’eau qui coule en continu :

« Toi ! »

Bruit de porte qui claque.

Voix de femme :

« Eh ben… Je sais pas ce qu’il va faire dans la cuisine, mais je vous annonce que ce qui va suivre s’adresse uniquement à une audience mature. J’aurais payé pour voir sa tête quand il a dit qu’il allait me cuisiner… Bon en même temps, même si l’ampoule du couloir avait été réparée, vous vous doutez bien… Eh… J’ai pas pris mes lunettes dans le bain… »

Coupure du bruit d’eau qui coule. Mouvements d’eau peu réguliers et peu nombreux.

Voix de femme :

« Je n’ai aucune idée de ce que nous concocte Tim pour ce soir. »

Sonnerie de téléphone.

Voix de femme :

« Ah ! C’est pas moi qui vais répondre ! »

Enclenchement du répondeur :

« Laissez-nous un message et nous vous rappellerons… BIP… Lola, c’est moi… »

Voix de femme :

« TIM ??? »

Répondeur :

« … C’était pour te prévenir, je rentre pas tout de suite, je suis au commissariat, là. Un type m’a volé ma besace dans le train, j’avais tout à l’intérieur... Pfff... Purée... Bref, je fais la déclaration et j’arrive, mais ça risque de durer un certain temps… Ne m’attends pas pour manger, chérie ! À tout à l’heure et ne t'inquiète pas pour moi. Bip, bip. »

Son de téléphone raccroché.
Ricanement d’homme.
Son de métal se faisant aiguiser.
Hoquet de surprise venant de la femme.

Fin de la piste audio n°001. Heure : 22:34, durée de la piste: 13 minutes et 26 secondes.