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mercredi 5 novembre 2014

La bête de Colombie

Archives du Grand Musée de Zoologie de Londres


| - Règne : Animalia
    | - Embranchement : Chordata
        | - Sous-embranchement : Vertebrata
            | - Classe : Mammalia
                | - Ordre : inconnu
                    | - Sous-ordre : inconnu






| - Ouverture du dossier : 30 Novembre 1896 par Daniel Lynch


Premier rapport sur animal inconnu à ce jour
Nombres de rapport faisant référence à animal inconnu : 53


| - Premier rapport : Daniel Lynch

    | - Lettre à l'adresse du Grand Musée de Zoologie de Londres :



Thomas Cavendish
Felixstowe
25 Novembre 1896




Grand Musée de Zoologie
Université de Londre
21 University Street
Londres




À l'adresse de W. F. R. Weldon, directeur du Grand Musée de Zoologie de Londres,






Mon nom est Thomas Cavendish, et c'est en ce soir de novembre que je mets en page l'échec que j'ai subi en ce début d'année 1896 en Colombie.
Mon métier est assez peu commun. En effet je suis chasseur, et je vis des ventes de peaux et de trophées quelconques que j'ai, en quelque sorte, ''collectionnés'' au cours de mes périples autour du monde. Je me suis très vite fait un nom à travers le globe, peut-être me connaissez-vous. Mes chasses ont toutes été couronnées de succès, et les bêtes que j'ai abattues possédaient des ressources très prisées. C'est ainsi qu'ivoire, animaux empaillés et fourrures firent l'élégance des riches du monde entier, et, bien plus important, la richesse de ma personne.


Je me sentais invincible, dans la force de l'âge, 35 ans, et habitais une maison cosy de Felixstowe. Le port de cette ville en faisait le lieu idéal pour mes nombreux voyages, car ouvert au monde, je pouvais me rendre où je le souhaitais grâce aux nombreux bateaux larguant les amarres et n'hésitant pas à embarquer un homme qui paierait un solde entier afin de traverser les océans.


*****


C'est donc le 3 Avril 1896 que je reçus une lettre assez étrange. J'étais rentré d'Afrique du Sud il y avait de cela 5 semaines. J'avais profité de la pagaille qu'avait entraînée une crise des mines d'or quelques mois auparavant pour y faire une excursion qui ne fut pas aussi fructueuse que je l'espérais, mais qui me permit toutefois d'obtenir une magnifique peau de lion. Si le musée souhaite l'acquérir, je suis ouvert à toutes propositions.


Mais revenons-en à la lettre. Écrite par un mystérieux commanditaire, dont je ne sais toujours rien aujourd'hui, elle me demandait de me joindre à une chasse. Quelle ne fut pas mon excitation en me rendant compte qu'elle devait avoir lieu en Colombie, un pays dans lequel je n'avais jamais mis les pieds. Il semblerait qu'un ''prédateur'' s'attaquait au bétail des élevages Colombien, et les battues organisées par la population locale restaient sans résultat. Mon orgueil prit un coup lorsque j'appris que je serais accompagné de deux autres personnes, comme si je n'étais pas assez compétent.


En réalité ces personnes n'étaient pas des chasseurs. Le premier s'appelait Daniel Lynch : il avait servi plusieurs années dans l'armée britannique et avait passé les trois dernières années en Inde à essayer de mettre en déroute un trafic de contrebande de tabac.


Le second compagnon s'appelait Sani Ameen, un mercenaire kényan qui avait fait ses preuves lors d'une bataille en Tanzanie opposant les colons allemands et des guerriers Tanzanien.


La lettre était de plus agrémentée de quelques photos prises des cadavres d'animaux que l'on avait retrouvés – je les ai jointes à la lettre. Tous avaient la même blessure au niveau du cou, une trace de morsure où l'on voyait clairement la dentition du prédateur, et surtout deux trous béants au niveaux des incisives comme si la bête avait cherché à vider l'animal de son sang en perforant avec précision l'endroit où se trouvait la carotide. À en juger la morsure il ne devait pas être très imposant. Les dernières lignes du courrier me mettaient en garde contre les légendes locales. Les paysans pensaient que c'était le diable lui même qui était venu hanter la région.


Cette expédition me semblait tout à fait honnête, surtout au vu de la paie qui nous serait versée lors de la capture ou de la mort de la bête. C'est ainsi que je commençai les préparatifs et que je me mis en route. Il ne fut pas difficile de trouver un navire, car le commerce avec la Colombie allait bon train. Trois semaines plus tard, je mettais pieds à terre au port de Barranquilla, et le 28 Avril 1896 je m'installais dans le restaurant du centre ville de Bogota, capitale de la Colombie, où j'avais rendez-vous avec le reste de l'équipe.


*****


30 Avril 1896. Nous nous mîmes en route tôt le matin. Notre destination était une grotte, un terrier, peu importe. Elle se situait à une journée et demi de marche du village duquel nous commencions notre expédition. Pourquoi ce terrier ? Parce que le bétail mort avait été retrouvé aux environs d'une zone que j'avais réussi à délimiter, et surtout parce qu'à en croire les villageois, c'est là-bas que la créature se cachait. Notre commanditaire ne nous avait pas menti, les villageois étaient réellement apeurés. Leur teint pâle et les cernes sous leurs yeux indiquaient un cruel manque de sommeil. Des barricades de fortune avaient été disposées tout autour du village, et des paysans armés de fusils montaient la garde en permanence (en supposant qu'ils savaient tirer et que leurs armes fonctionnaient). Le bétail était regroupé au centre du village dans un enclos bancal.


D'après les villageois, on entendait des hurlements bestiaux venant de par-delà la montagne (que nous allions traverser), et selon certains témoignages la bête n'avait rien de ce que la nature puisse créer. Les dieux les avaient punis selon l'ancêtre du village. Quelle bande de sots.
Un guide (un enfant d'une quinzaine d'années) allait nous guider. Il ne voulait pas nous accompagner, je le voyais dans ses yeux, mais ses parents avaient sans doute été richement récompensés pour sacrifier ainsi leur fils. Il parlait un anglais maladroit qu'il avait certainement appris à l'école, et les seuls mots que nous entendîmes sortir de sa bouche furent ''Par là''.


La journée de marche se déroulait sans encombre. L'humidité de l'air ambiant rendait le trajet particulièrement difficile. La végétation luxuriante était magnifique. Des oiseaux que je n'avais  jamais vus même dans des livres déployaient leurs ailes multicolores pour s'envoler à notre passage. D'autres avec un long et large bec jaune nous regardaient d'un air placide depuis les hautes branches des arbres. Il était quasiment impossible d'imaginer qu'en ces lieux résidait un mal terrible. Il était tout aussi impossible d'imaginer qu'une route puisse être créée en cette jungle broussailleuse, et pourtant, nous suivions un minuscule chemin qui nous forçait à marcher en file indienne. Notre petit guide marchait devant moi, j'étais suivi par Daniel et Sani fermait la marche. Personne ne parlait, ce que je pouvais parfaitement comprendre, car tout mon souffle était destiné à remplir mes poumons de cet air chaud et lourd. Je ne voulais surtout pas ralentir la marche parce que je respirais mal.


Nous arrivâmes finalement dans une hutte assez grande pouvant contenir une dizaine de personnes. Notre guide nous indiqua que nous passerions la nuit ici. Il faisait pourtant encore suffisamment jour pour avancer. Notre guide sortit chercher du bois pour le feu et aujourd'hui encore je me demande comment il réussit à allumer un feu avec un bois si humide. Moins de trente minutes plus tard la température chuta drastiquement, et l'obscurité s'abattit sur la jungle.


*****


La végétation pourtant si luxuriante et accueillante avait laissé place à de sinistres silhouettes. Chacune de ces ombres donnait la sensation de fondre sur nous. Notre feu au centre de la cabane était la seule source de lumière. Un trou avait été creusé dans le plafond afin de laisser la fumée s'échapper, et quelques feuilles entraient par cet orifice. Après un repas frugal (de l'eau, des fruits et du poisson séché), nous nous installâmes autour du feu où j'engageai une discussion avec M. Lynch. Son séjour en Inde était fort intéressant, et sa capacité à raconter les histoires en faisait quelqu'un de très appréciable. Sani quant à lui avait posé son arme en travers de ses genoux et avait fermé les yeux tout en restant assis en tailleur, mais je savais qu'il ne dormait pas. Il restait silencieux et ce sûrement car il ne comprenait pas un traître mot de nos conversations. Le petit guide lui s'était couché dans le coin le plus éloigné de la porte.


L'heure était venue de nous coucher. La route demain allait être difficile. Daniel s'était levé et quitta la cabane afin d'assouvir un besoin naturel. Je m'étais allongé et je repensais à cette expédition des plus étranges. Mon périple dans la jungle colombienne me laissait sans voix. Tout ici était tellement différent des autres lieux que j'avais visités. La flore était magnifique et abondante, la faune était tout aussi reluisante, j'avais vu des couleurs que je n'aurais jamais cru voir sur des animaux, même le bruit de cet endroit était…


Le bruit… Je me redressai et repérai mon fusil dans un coin de la pièce. Le silence était tombé sur la jungle, plus un seul bruit, beaucoup trop silencieuse maintenant. Sani se leva et moi je m'emparai de mon arme. Daniel n'était toujours pas là, ça faisait maintenant bien 15 minutes qu'il était sorti. Je fis signe à Sani de veiller sur notre guide, car sans lui nous étions condamnés à errer dans cette jungle à tout jamais.


L'arme à l'épaule je me dirigeai vers la porte. Je vis Daniel debout à cinq mètres devant moi. Il me faisait dos et scrutait l'obscurité. En réalité il fixait la nuit. Plus précisément encore, il fixait quelque chose de bien précis dans les ténèbres. Je n'avais pas bougé du cadre de la porte et lui lançai un léger ''psst'' pour lui indiquer ma présence. Il leva légèrement et d'un geste sec sa main. La lueur des flammes se battait contre la noirceur de la forêt. La sensation oppressante d'être coincé dans un endroit clos dont on ne peut s'échapper me tiraillait l'estomac et la sueur commençait à perler sur mon front malgré la fraîcheur de la nuit.


Un craquement sourd se fit entendre devant moi dans la jungle. Daniel courut de toutes ses forces vers la porte. Un bruissement indiquait qu'une bête lui courait après, et se rapprochait très rapidement. Je m'écartai légèrement du cadre pour le laisser entrer et je visais toujours l'obscurité. Le bruit de course à travers le feuillage de la jungle se rapprochait encore et encore. J'étais pourtant incapable de voir quoi que ce soit, mes yeux était habitués à la lumière du feu. Je crus voir bouger quelque chose à quelques mètres de moi et je tirai un coup de feu dans cette direction.


Le silence s'abattit à nouveau dans la jungle. Daniel me rejoignit à la porte avec son fusil. Sani était resté près de l'enfant qui lui semblait prier en plaquant ses mains sur ses oreilles. Je sentais mon cœur cogner dans ma poitrine, je n'avais jamais éprouvé une telle sensation de stress. Nous étions au milieu de nulle part, impossible de voir à plus de 3 mètres devant nous et nous devions affronter une créature que nous n'avions jamais vue et dont nous ne savions rien si ce n'est qu'elle est dangereuse.


Je m'apprêtais à dire un mot lorsqu'un bruit sur le toit de la hutte nous fit lever nos fusils. La chose était à présent au dessus de nous. Elle avait l'avantage de la hauteur, et seul le bruit de ses pas, faisant crisser les poutres du toit de bois et de paille, nous donnait approximativement sa position. Comment était-ce possible ? Je n'avais jamais vu un animal s'approcher après un coup de feu. Un grincement d'abord sourd et grave se fit entendre suivi d'un autre beaucoup plus aigu. Était-ce le cri de cette chose ? Appelait-elle à l'aide ? La chose s'était arrêtée au niveau du trou dédié à l'échappement de la fumée. Mais que voulait-elle ? Est-ce qu'elle était en train de nous jauger ? Je vis l'éclat des flammes se refléter dans les yeux de la créature entre le feuillage. Je ne discernais rien d'autre de celle-ci et avant même que l'idée me vint de tirer elle bondit du toit pour atterrir dans la jungle et partit aussi rapidement qu'elle était arrivée.
Le reste de la nuit se déroula sans encombre, mais aucun de nous ne pu fermer l'œil après ça. Le lendemain matin, après un petit déjeuner composé de fruit séché, nous sortîmes dans la jungle fusil à la main. Elle avait changé, elle nous montrait à présent son vrai visage, celui d'une mort tapie derrière ces horrible feuillages.


*****


La taille d'un guépard, la peau couverte d'un pelage couleur noir profond, des griffes acérées, une mâchoire aux dents si aiguisées qu'elles tranchaient la chair et brisaient les os aussi facilement que l'on coupe du beurre, et une horrible tête faisant la grimace avec des yeux rouges. Ou peut-être que ces yeux étaient noirs ?


Depuis cette rencontre je ne pouvais m'empêcher de me représenter les créatures les plus abjectes possible. Le moindre bruit dans la jungle me faisait lever le fusil, et mes yeux lourds m'empêchaient de voir certains détails qui ne m'auraient pas échappé si j'avais dormi une nuit complète. De plus, une légère brume s'était levée dans cet enfer de verdure, rien d'alarmant puisque nous pouvions tout de même voir assez loin, néanmoins j'avais l'horrible sensation d'être observé de loin. Peut-être cette créature nous observait-t-elle d'en haut, perchée sur une branche, ou embusquée derrière un de ces énormes rochers qui prenaient petit à petit la place des arbres. Je devenais paranoïaque.


La pause de midi, à supposer qu'il était midi, me permit de faire un petit somme et de regagner un peu d'énergie pour le reste de la marche, et c'est en milieu d'après-midi que nous arrivâmes dans une sorte de petite plaine de quelques hectares. Entourée d'arbres et de rochers pointus, elle était couverte de plantes, d'herbes et de feuilles. Au centre nous aperçûmes alors ce qui nous avait été décrit par le seul villageois ayant vu ce lieu : ''Une grotte de laquelle émanait le souffle de l'enfer et où la bête habitait''. Plutôt haute (une dizaine de mètres), l'antre était en réalité une fissure dans ce qui semblait être un bloc de granit de plusieurs mètres de long et de large. La caverne ne semblait pas très sûre, les blocs de pierre étaient effrités, et le tout semblait tenir en équilibre grâce à je ne sais quel miracle.


En nous approchant je commençais à sentir cette fameuse odeur. Il s'agissait en réalité de soufre, et c'était vraiment étrange d'en trouver ici car c'est une ressource qui s'échappe généralement des volcans.


Nous nous arrêtâmes à quelques mètres de la grotte afin de discuter. Comment allions nous faire sortir cette chose de là ? La première idée de Lynch fut d'allumer un feu afin d'enfumer la grotte et ainsi forcer la bête à sortir. Mais je lui indiquai que le soufre était inflammable et qu'allumer un feu représentait un gros danger. Ameen quant à lui, toujours sans un mot, sortit un bout de viande séché de son sac et le montra du doigt. Malheureusement d'après les dires des villageois, lors des battues, les pièges avec de la viande non fraîche ne marchaient pas. La seule chose qui l'intéressait était le sang frais de ses proies.


Il fallait trouver une solution et vite, car le soleil était déjà en train de se coucher, et il était hors de question que je reste à côté de cet endroit en sachant ce qui s'y cache. Malheureusement, plus le temps passait plus l'option de faire un feu de camp éloigné de la grotte s'imposait. Nous nous étions assis dans l'herbe et je pris le temps de regarder autour de moi. Le sentiment de peur qui naissait en moi m'avait redonné ma vigueur, malgré la fatigue. La clairière était propre dans le sens où aucun ossement ne s'y trouvait. C'était assez peu commun. Les entrées des grottes étaient généralement couvertes de restes d'animaux. De plus je ne discernais pas beaucoup de traces dans l'herbe. Cette chose se déplaçait-elle sur les arbres ? Faisait-elle des bonds de plusieurs mètres ?


Ces questions me tournaient dans la tête lorsque nous entendîmes un horrible grincement venir de la grotte. Un frisson me parcourut. Nous nous mîmes en cercle devant l'entrée de la grotte. Nos fusils chargés étaient pointés vers l'obscurité et nous attendîmes pendant une minute. La plus longue et la plus pénible de ma vie.


Une sueur froide me parcourut l'échine lorsque j'entendis un second grondement venant d'au-dessus de nous. Les trois fusils se levèrent pas réflexe et nous la vîmes.


****


Une peau noire et rugueuse, pas de poils à part une crinière formée de longs poils sales et gras, des pattes tordues et crochues se terminant par des serres tranchantes. Mais le plus effrayant était le visage incroyablement squelettique. Les yeux de cette chose étaient ceux d'un reptile et sa mâchoire laissait saillir des dents impressionnantes.


Elle nous dévisageait d'un air sinistre du haut d'un rocher de la grotte. Elle lança un de ses horribles crissements et reçut une réponse en provenance de la grotte. Il y en avait deux !


Une force invisible m'empêchait de tirer, et mes compagnons étaient eux aussi pétrifiés. La créature se mit alors en mouvement. Lentement, habilement elle descendit rocher après rocher. Le silence était mortel. Elle s'arrêta sur un bloc à un mètre au-dessus de moi. Pendant qu'elle me dévisageait je ressentis une sensation nouvelle. Au dessus de la peur, c'était de la terreur. Je faillis perdre la conscience lorsque la créature fit un bond pour atterrir devant l'entrée de la grotte et s'enfoncer à l'intérieur de celle-ci. Nous fûmes immédiatement libérés de l'entrave qui nous pétrifiait.


Pris de panique, Daniel jura à plusieurs reprises tandis que moi je m'effondrai sur le sol. Ameen était lui aussi sous le choc, son visage, pour la première fois depuis que je l'avais rencontré, avait pris un air sombre et grave. Mes yeux étaient étrangement lourds, j'avais l'impression de sortir d'un rêve, comme si j'avais été envoûté. Mais bien que ce monstre n'ait rien de naturel, je ne le crois pas capable d'hypnose.


Me vint alors une idée, la seule qui me semblait cohérente depuis le début de cette aventure. Un ami à moi qui travaillait en France m'avait procuré deux bâtonnets d'explosifs. Je devais les tester pour un chimiste français, un certain Eugène Turpin, qui était en phase d'expérimentation pour un explosif, la mélinite. Dieu merci je ne les avais pas utilisés en Afrique, au hasard, sur un arbre sans intérêt.


Je demandais alors à Daniel et Ameen de vider la poudre de leurs cartouches et de récolter celle-ci dans un petit sac de toile. Moi je devais placer les explosifs à l'entrée de la grotte et prier pour que ce foutu chimiste ait créé un explosif digne de ce nom.


Une fois le sac suffisamment rempli, je pris les bâtons d'explosifs et la petite besace. En m'approchant de la grotte la peur me prit au ventre une fois de plus. L'air était sec et saturé en soufre. Debout devant l'entrée je sentais comme mille regards venant des profondeurs se poser sur moi. J'entendais des grattements sur la roche, des bruits de déplacements provenant des ténèbres. Je fis un premier pas dans l'obscurité et au prix du plus grand effort d'abstraction possible un second.


Je m'efforçai alors de poser l'explosif contre la paroi de la grotte. En y passant les doigts je repérai une fissure suffisamment large pour y accueillir les deux tubes. Je les y déposai et mon cœur s'arrêta de battre. Je venais d'entendre bouger à 2 mètres devant moi. Aucune ouverture dans la grotte ne laissait filtrer la lumière et même si cela avait été le cas, le peu de lumière qu'il restait dehors ne m'aurait pas permis de voir la menace.
Je l'entendais, pas après pas elle s'approchait de moi. Je ne pouvais plus bouger. Encore quelques centimètres. Je pouvais sentir son souffle léger sur mon visage.


Un coup de feu retentissant éclata dans la grotte. Ameen venait de tirer. Le flash m'offrit la vision de la créature en position d'attaque juste devant moi. Alors qu'un second coup de feu me fit perdre l'ouïe pendant quelques secondes, mon corps retrouva toute sa rapidité. Jamais je ne m'étais senti aussi léger et vide d'esprit. J'attrapai le sac de poudre et commençai à tracer une ligne menant à l'extérieur. Un nouveau coup de feu, des grincements, perdu dans cette enfer je m'efforçais autant que se put de garder toute mon attention sur le tracé, juste le tracé.


Une fois dehors et suffisamment loin, je cherchais fébrilement des allumettes dans ma poche. La mèche prit feu.


*****


Jamais un café ne m'avait autant fait de bien. Après un repas sublime (une simple soupe au poulet, maïs et pommes de terre) je regardais autour de moi. Le même restaurant où l'aventure avait commencé quatre jours plus tôt.


Je n'étais tout de même pas tranquille, bien que l'explosion fut puissante et que la grotte s'était effondrée sur elle-même, j'espérais de toute mon âme que ces monstres étaient pris au piège sous les décombres et qu'ils y resteront jusqu'à leurs morts.


Notre équipe se sépara le lendemain et je n'entendis plus parler des personnes m'ayant accompagné. De retour à Felixstowe il me fallut 9 jours avant de toucher un tiers de la prime. Le reste était surement allé à mes coéquipiers. La somme était bien moins impressionnante, et au vu de ce que nous avions traversé c'était même ridicule.


Si vous avez lu cette lettre jusqu'au bout, sachez que cette créature n'a rien de naturel. Jamais répertoriée, jamais capturée, jamais étudiée. Elle est sortie de nulle part, et je soupçonne (sans fondement) qu'il doit y en avoir d'autres. Je joins un croquis que j'ai dessiné pendant le trajet de bateau retour.
Je pense mettre de côté ma carrière pour enquêter sur cette chose. Je compte sur la collaboration du musée pour me fournir les fonds nécessaires.




Thomas. C




    | - Photos jointes avec lettre :







    | - Croquis joint avec lettre :







9 commentaires:

  1. Mon 1er Premier commentaire!!!!
    Je savoure....
    I-)
    Sinon bonne pasta très agréable à lire et originale du fait de son ambiance d'aventure en bateau et dans une autre époque,autre pays..
    Et mention speciale pour cette super équipe à laquelle j'ai bien accroché!!
    une suite!!!
    une suite!!!
    une suite!!!

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    1. Pasta bien construite et différente des autres. J'adore tout simplement

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  2. Genre la bestiole on dirait une panthère avec la tronche de chewbacca sur le croquis :O

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    1. La déscription me fesait pensere a une panthére mais on dirait une hyene

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  3. dommage pour la précision des repas (ça enlève de la crédibilité...) sinon très bonne pasta j'ai adoré, l’intonation du narrateur et les photos jointes rajoutent du réalisme a l'histoire!

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  4. La cucaracha africaine ?

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  5. LE FUNCKING CHUPACABRA

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    1. Ne dite pas chupacabra a tort et a travers....l'histoire ressemble mais je ne pense pas que l'auteur c'est inspiré de sa

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