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dimanche 5 avril 2015

Tomber dans le trou

Connaissez-vous l’origine de toutes les expressions que vous utilisez ? Des fois, on apprend des choses assez surprenantes en cherchant un peu… Ou alors par hasard, après avoir discuté avec une personne d’un autre âge, trop heureuse de nous en apprendre plus sur n’importe quel sujet.

Le récit que je vais vous faire vient d’ailleurs d’une de ces fameuses discussions, c’est un homme qui s'était présenté en tant qu'ami de mes grands-parents qui m’a parlé de cette histoire un jour où il venait leur rendre visite. Comme beaucoup de jeunes, alors que mon grand-père s’était excusé un moment et tardait à revenir, je n’ai pas pu m’empêcher de lui lancer « Bah alors ! T’es tombé dans le trou ou quoi ?! » à travers le couloir. À peine je terminais ma phrase que le visiteur me regardait d’un air scandalisé. Je ne sais plus trop si je me suis excusé ou pas, par contre je me souviens bien de ce qu’il a dit pour entamer le sujet :

« Malheureux ! As-tu au moins une idée de ce que tu es en train de dire ? »

Je n’ai pas trop su quoi répondre, et il a enchaîné sur une histoire assez ancienne, qui lui avait été racontée par sa propre grand-mère, a-t-il dit. À l’époque, elle et son mari vivaient à Londres, et c’était l’époque des Grandes Puanteurs. La Tamise avait beaucoup baissé et les excréments mélangés aux déchets des boucheries bloquaient le canal. La ville était envahie par les mouches et l’air était tellement irrespirable que des gens se couvraient la bouche de mouchoirs pour pouvoir respirer, un peu comme en Chine aujourd’hui. Du coup, les gens étaient furieux et essayaient de s’en aller, même les politiques ont déplacé leurs bureaux pour essayer d’échapper à l’odeur. Quand le niveau de la Tamise a remonté et que la situation s’est calmée, les gens ont compris qu’il était peut-être temps de réfléchir à un moyen d’évacuer les déchets autrement qu’en laissant tout passer dans les rues.

Au début, on a essayé d’améliorer les égouts qui existaient déjà. Ça se passait bien, en général, et puis de temps en temps un ouvrier disparaissait. Comme ça, sans crier gare. Ce n’était pas très surprenant non plus pour l’époque, alors on lançait des recherches sans trop se poser de questions. De toute manière, ça n’arrivait pas fréquemment, et on n’était même pas sûr que l’ouvrier ait disparu dans les égouts ou à l’air libre. Alors le réseau a été terminé, et globalement on peut dire que ça s’est déroulé sans anicroche. Les maisons et les commerces y ont été reliés, et ça a tout de suite facilité la vie de beaucoup de monde.

Comme le système était tout nouveau, par contre, on voulait s’assurer que tout fonctionnait bien, alors de temps en temps on envoyait des gens vérifier que ça ne bouchait nulle part. Ça a permis une ou deux fois de réfléchir à quelques petites modifications, parce que tout n’était pas encore parfait. Mais le vieil homme m’a raconté que c’est à ce moment-là que certaines personnes ont commencé à se poser des questions, parce qu’on demandait les observations des gens qui descendaient, et tous faisaient la même remarque : les déchets humains s’écoulaient le plus souvent normalement, mais les déchets des commerces étaient anormalement peu nombreux. On a envoyé des gens vérifier que tout était correctement relié, et même si une boucherie avait eu des problèmes d’évacuation, globalement ça allait. On a supposé que le système marchait mieux que prévu, mais certains des agents qui descendaient n’étaient pas de cet avis. Eux, ils étaient sûrs d’avoir vu des restes de viande rongés jusqu’à la moelle.

D’ailleurs, on a commencé à leur donner un peu de crédit quand on a retrouvé le corps d’un des ouvriers qui avait disparu pendant l’aménagement des égouts. Il ne restait que quelques ossements, mais on a quand même pu l’identifier à son équipement qui lui avait été arraché. Après l’avoir découvert, on a tout de suite pensé à une colonie de gros rats. Ça correspondrait bien à ce qu’avaient observés les autres employés, et il suffisait que l’ouvrier ait glissé et se soit fracassé le crâne contre une paroi en pierre pour que les nuisibles soient venus profiter de sa carcasse. Du coup, quelqu’un a eu une brillante idée, celle de mettre de la mort-aux-rats dans les déchets des boucheries pour régler le problème. Ça a plutôt bien fonctionné vu que peu de temps après, on a pu constater que le nombre de déchets venant des commerces augmentait dans les égouts. Seulement après il y a eu la première mort réellement inexpliquée.

C’était une vieille dame qui habitait en face de chez les grands-parents de notre hôte. Elle allait souvent au marché pour faire ses courses, mais elle a cessé d’y venir du jour au lendemain. Et quand ses voisins du dessous ont commencé à se plaindre d’une odeur épouvantable, on a fait venir la police pour ouvrir la porte et vérifier que tout allait bien. Ils ont d’abord fouillé tout l’appartement sans la trouver, ils ont ouvert la porte de la salle d’eau seulement après. C’est là qu’ils ont compris pourquoi on ne la voyait plus. La pauvre avait été réduite en charpie, le haut de son corps trempait encore dans la cuvette tandis que le bas était tombé par terre. Les insectes avaient envahi la pièce depuis un moment et se chargeaient d’éliminer progressivement les restes, mais on a quand même facilement pu constater que toute la région du bassin était manquante. Vu les marques, il semblait qu’elle avait été arrachée.

Les autorités auraient été désemparées ne sachant pas trop quoi faire. Et il n’a pas fallu longtemps pour qu’on signale un deuxième, puis un troisième cas. Comme pour les fois suivantes, on n’a retrouvé les corps que quelques temps après la mort. Bien que le nécessaire ait été fait pour que ce ne soit pas ébruité, probablement pour éviter la panique, les rumeurs couraient vite à l’époque, et il n’a pas fallu longtemps pour qu’on en parle aux coins de rue ou dans les bars, sans trop savoir ce qu’il en était réellement. C’est à ce moment que l’expression « tomber dans le trou » est apparue, pour éviter de parler distinctement de la chose tout en restant suffisamment compréhensible.

Je me souviens de ne pas avoir réussi à m’empêcher de rire lorsqu’il m’a dit ça. Mais à ce stade de l’histoire, j’étais partagé entre le comique de l’expression et le malaise par rapport aux évènements, de sorte que même si je riais, j’étais un peu crispé. Le vieil homme m’a regardé d’un air condescendant, et ça a achevé de me rendre mon calme. Il avait l’air de prendre cela très au sérieux, et c’est vrai que même si la fin des dernières victimes ressemble à un épisode de South Park, l’idée de quelque chose rôdant dans les égouts prêtait déjà beaucoup moins à rire. Sans compter son air mystérieux qu'il avait pris à mesure qu'il avançait dans son récit et qui commençait presque à me filer la chair de poule. On aurait dit qu'il délectait de son histoire. Mais ça ne devait qu'être moi.

Il a continué l’histoire en me disant qu’à ce stade, sa grand-mère était devenue très inquiète, parce que son grand-père faisait partie de ceux qu’on envoyait de temps à autres vérifier que tout allait bien. Il lui disait qu’elle n’avait pas à s’en faire et qu’il n’y avait jamais eu l’ombre d’un danger quand il était descendu, mais lui-même avait de moins en moins envie de faire son travail. Quand la huitième victime a été retrouvée, ils ont envisagé de se retirer à la campagne le temps que ça se tasse. Mais ils ne l’ont jamais fait, parce que tout s’est terminé avant qu’ils n’en prennent vraiment la décision.

À peine une semaine après, des policiers passaient par hasard dans une rue quand on a crié au secours depuis une fenêtre. C’était une femme qui les a fait rentrer et les a menés jusqu’à la salle d’eau où tressautait le corps de son mari qui semblait vouloir se faufiler tête la première dans la cuvette des toilettes. Le bras droit et la tête avaient déjà disparu, et quelque chose continuait de tirer dessus en provoquant des craquements immondes. Un des policiers a dégainé son arme et tiré sur la cuvette qui s’est fendue, relâchant ce qui restait de l’homme dans un flot de sang. Ils ont entendu un crissement dans les canalisations, et puis plus rien. La femme leur a raconté que son mari avait entendu des bruits provenant des tuyaux et que, croyant que quelque chose s’y était coincé, il avait voulu l’en déloger, mais qu’il s’est mis à hurler et n’a plus réussi à se libérer.

Le soir même, la décision était prise de murer les canalisations et de chercher un autre système d’évacuation des déchets. Les travaux ont été accomplis en vitesse, et on a préféré employer les toilettes sèches pendant un certain temps. Certains employés racontent qu’avant de finir l’emmurement des égouts, ils ont cru apercevoir du mouvement dans le dernier des accès, mais rien ne leur a permis de le confirmer. Ce n’est que bien plus tard, quand ils ont finalement été rouverts pour devenir ce qu’ils sont aujourd’hui, qu’on a pu voir que quelque chose avait gratté contre la paroi. Mais c’est resté si longtemps fermé qu’il y avait assez peu de chances pour qu’un être vivant ait survécu jusque là. L’histoire menaçant la crédibilité de la ville, elle a vite été effacée des archives et n’a survécu que dans l’esprit de ceux qui l’ont vécue. La cause de la mort des 9 victimes a été remplacée par quelque chose de moins « incongru », et les ouvriers présumés morts ont été déclarés disparus sans plus de précisions.

Au moment où le vieux a terminé son récit, je me rappelle avoir sursauté à cause de la porte d’entrée que ma grand-mère a fait claquer en rentrant. Quand elle a vu avec qui je discutais, elle a eu l’air surprise, mais elle a secoué la tête et est allée voir ce que faisait mon grand-père. C’est le moment qu’a choisi notre hôte pour s’en aller, en s’excusant du fait qu’il n’avait pas vu l’heure. Il m’a demandé de le dire à mes grands-parents avant de sortir, me laissant en plan. J’ai failli essayer de le retenir, mais mon grand-père m’a appelé à ce moment et je n’ai pu qu’accepter. Quand il m’a dit que c’était parce qu’il avait entendu de drôles de bruits dans les tuyaux et qu’il voulait que je l’aide à déboucher les toilettes, j’ai failli faire une attaque. J’ai fait en sorte qu’on ne s’en occupe que plus tard dans la journée, et ça m’a rassuré. Je me suis senti idiot très longtemps après ça, je me disais que je m'étais laissé impressionner pour rien. Le jour qui m'a définitivement collé le doute et a achevé d'imprimer cette histoire profondément dans ma tête a été celui où on a dû changer les sanitaires à cause d'une fuite du tuyau et que j'y ai trouvé à l'intérieur des traces d'éraflures qui n'avaient définitivement pas été causées par le tartre.


29 commentaires:

  1. J'ai pas bien compris la fin.. mais c'est une bonne pasta ! et joyeux anniversaire du 800e !! :D

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  2. Génial ! Génial ! Le niveau remonte enfin, car ça fait bien un petit mois qu'il n'y avait plus ce petit "truc" dans les CP publiées! J'ai pris du plaisir à lire.

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  3. Génial comme toutes les creepypasta de ce site.
    #Anonyme

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  4. Un trou c'est un trou !
    Voila un genre d'expression souvent utilisé

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  5. Aaargh! Moi qui stresse déjà d'aller aux toilettes la nuit, de peur qu'un monstre m'attrape par la peau des fesses et me dévore.. (c'est pas une allusion érotique, voyons! ><) Oui, je sais, je ne suis plus une gamine, mais cette pasta m'a fait flippé!!!

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  6. Une creepypasta sur les monstres des toilettes. Dit comme cela, ça peut paraitre rigolo, mais franchement cette pasta est génial !
    :D

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  7. Oui superbe creepypasta. Efficaces et qui rend un poil paranoïaque. Mr le Romantique j'aime beaucoup votre style, et je suis très curieuse de connaître la suite. (J'espère que vous trouverez la sortie) et j'ai une petite question... est-ce un parallèle avec les méandres de l'esprit?
    bien à vous. Leila

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  8. "c’est un homme qui s'était présenté en tant qu'ami de mes grands-parents"

    "Quand elle a vu avec qui je discutais, elle a eu l’air surprise, mais elle a secoué la tête et est allée voir ce que faisait mon grand-père."

    Est ce que l'on peut faire un rapprochement avec le fameux Conteur ?

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    1. Fun fact : Les pastas sur le comteur ainsi que celui-là sont du même auteur. Y a donc pas de doutes.

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    2. Bravo, je ne pensais pas que quelqu'un le remarquerait vu que les indices étaient moins apparents que d'habitude. Toutefois, tous les pastas que je poste sur le blog ne sont pas de moi, et toutes les pastas que j'écris ne sont pas forcément postées par moi. Ne voyez donc pas ma relation avec une creepypasta comme le signe obligatoire de la présence du Conteur dans celle-ci.

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    3. Nooooooon sans rigoler!!!
      J'étais sur c’était pas le Conteur!!!
      Si ça avait été lui ils serait grave mort le grand-père!!!
      Il ne ratait jamais sa cible jusqu’à présent!!!
      >_<
      Même si elle est en effet plus subtile que les autres je les ai quand même préféré!

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  9. Qui dit qu'il a raté ses cibles ? Si la bête a été lâchée dans les égouts, on ne peut pas savoir ce qui s'est passé par la suite.

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    1. Ba je parlais du conteur!
      Dans ses pastaz il ne rate jamais ses cibles et là personne n'a succombé!
      Et qui est la Bête???

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    2. La bête c'est mon chat

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    3. Le Chat d'Anonyme9 avr. 2015 à 20:04:00

      Et merde...
      o_o

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  10. Ah mais alors dans South Park... c'est comme ça que la mère de Clyde meurt réellement ? Tout s'explique.

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  11. J'ai perdu foi en l'humanité
    C'est d’égout-an
    Je vous emmerde et je rentre à ma maison.

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  12. Bon...de ce que j'ai compris, je tire une explication claire et précise.

    Le premier ouvrier qui a disparu a lâché la bête-aspirateur dans les égouts, celle ci ne trouvant rien pour se nourrir à ses débuts a fini par bouffer l'ouvrier, ce qui explique pourquoi la première mort "non-expliqué" est survenue longtemps après la mort de l'ouvrier --> la bête a mit du temps à le manger.
    Lorsqu'elle en a fini avec l'ouvrier, elle s'attaque aux gens qui vont aux toilettes en les aspirant, causant un multi-kill.

    Comme précisé dans la pasta, il est impossible pour un être vivant de survivre aussi longtemps.
    La bête peut donc soit se multiplier, soit renaître à l'infini.
    Quand à sa manière de chasser, tirer les gens dans les toilettes, je songe à un mutant.
    Un mutant en forme de boule avec des bras, oui c'est cela ! J'ai toujours raison !

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    1. Un mutant campeur boule avec des bras qui se nourrit dans les canalisations des chiottes. Ça a l'air complètement stupide mais c'est vraiment la seule explication que j'ai trouvé à cette pasta.

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  13. Ca me fait trop penser à une légende japonaise sur la hanako des toilettes .0.

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  14. Moi qui avait enfin tuer ma peur d'aller aux toilettes à causes des pastas... Ca va pas s'arranger, en tout cas celle là était excellente très originale agréable à lire et le plus important, flippant et laissant un doute !! tel est le rôle d'une VRAI bonne pasta pas comme ce "manga pour emo ados déprimés" de Jeff the killer
    P.-S : g 14 ans donnez moi une médaille svp lol mdrr

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  15. A tout les coup c'est l'ami du grand père qui est dans le coup....

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