Disclaimer

DISCLAIMER
Les contenus proposés sur ce site sont déconseillés aux personnes sensibles et aux mineurs de moins de 12 ans.
Nous encourageons largement les pratiques répréhensibles qui y sont décrites.
Consultez la page À propos pour plus de détails.

Script générateur de phrases

vendredi 29 juillet 2016

La tour du silence

19 Janvier 2003
 
Les autorités indiennes ont conduit une enquête sur plusieurs disparitions dans une ville à proximité d'une jungle épaisse. Les indices semblaient converger vers une "Tour du Silence", ou dakhma. Les Zoroastriens utilisent ces lieux pour disposer les corps des personnes décédées.
Même si les lieux de ce genre ne sont pas rares en Inde, plusieurs éléments étranges ont indiqué qu'il y avait là quelque chose qui sortait de l'ordinaire.

1. Aucun des corps représentés sur la photographie n'a pu être identifié. Des villageois résidant dans les environs, initialement surpris par le nombre élevé de corps dans le dakhma, ont été incapables de les reconnaitre. Par ailleurs, aucun d'entre eux ne correspondait aux descriptions des disparus.

2. Aucun animal n'a pu être observé à proximité, excepté des mouches et des asticots. Les Zoroastriens comptent sur les oiseaux (notamment les buses) pour se nourrir des corps, dans leurs croyances ils contribuent au retour des corps à la Terre. Les autorités, cependant, ont trouvés les corps relativement intacts.

3. Il n'y a pas de compte officiel des corps. En fait, l'investigation est restée assez superficielle sur les lieux même, sans doute la raison pour laquelle
une seule photo en est ressortie. Les autorités ont rapidement vidé les lieux - pas en raison de la vue des corps, mais plutôt pour ce qui suit.

4. Le profond puits visible sur l'image était rempli par plusieurs mètres de sang - beaucoup plus que tous les corps disposés autour auraient pu émettre. La puanteur était si insoutenable que la plupart des membres de l'autorité ont commencé à être pris de nausées en approchant des lieux.

5. L'investigation a dû s'arrêter lorsqu'un villageois a accidentellement fait tomber un petit os dans le puits, brisant la surface coagulée de la piscine de sang. Une grosse éruption de gaz venant du sang en décomposition a alors jailli du puits, éclaboussant ceux qui regardaient dedans, ainsi que le photographe.

Ceux qui ont été pris dans l'explosion ont immédiatement été transférés à l'hôpital le plus proche, où ils ont été mis en quarantaine suite à une possible infection. Ils n'ont pas tardé à être pris de fièvres et de délires, hurlant qu'ils étaient "souillés par le sang d'Ahriman", la personnification du mal dans le Zoroastrisme, bien  qu'aucun n'ait admis avoir une quelconque familiarité avec cette religion. Le fait est que nombre d'entre eux n'avaient même aucune idée de ce qu'était un dakhma au moment de la découverte.
Le délire s'est transformé en folie et certains patients se sont mis à agresser le personnel de l'hôpital jusqu'à ce qu'ils soient mis sous calmant. Au bout de quelques heures, la fièvre les avait tous emportés.
Quand les membres des autorités y sont retournés le jour suivant, protégés par des combinaisons Hazmat, le site était vide. Tous les corps avaient disparu, et le puits avait été vidé. Tout ce qui est resté de cet incident est cette photographie.





Traduction : Meowski

Texte original ici.

lundi 25 juillet 2016

Hitori Kakurenbo

Ok, voilà le truc. Je suis une Américaine qui a vécu au Japon dans une famille d’accueil dans le cadre de mes études à l’étranger.
Dimanche dernier, ma sœur d’accueil Akane m’a parlé d’un jeu auquel elle voulait jouer, appelé « Hitori Kakurenbo » ou Cache-Cache Seul, je pense.

Bref, Akane disait que c’était amusant et que quelques filles de son école avaient essayé : c'était en fait une façon de jouer à cache-cache avec des fantômes, mais elle ne voulait pas le faire seule. Pour quelqu’un de sceptique, ça semblait plutôt sans danger et j’étais curieuse. Bien sûr, je le regrette maintenant. Peu importe à quel point vous pourriez être sceptique ou curieux, NE jouez PAS à ce jeu. Bref, Akane s’était procuré une poupée dans un magasin "tout à 100 yens" et l’avait appelée Erina. J’ai pu ensuite la voir retirer son rembourrage et le remplacer par du riz.

« Maintenant, j’ai besoin de deux gouttes de sang, une de moi et une de toi. » m’a-t-elle murmuré, en essayant de se rappeler des règles que son amie lui avait dictées. Elle a piqué son doigt et j’ai fait de même avec le mien, puis on a frotté notre sang contre le riz. Elle a ensuite cousu la poupée avec un fil rouge, puis a enroulé le restant du fil autour de la poupée.
« Pourquoi tu fais ça ? » ai-je demandé, confuse.
« Le rouge est supposé représenter des vaisseaux sanguins. On va les couper ce soir à trois heures. »
« Trois heures de l’après-midi ou du matin ? »
« Du matin, idiote. » m'a-t-elle répondu, avec un sourire narquois.
Elle a aussi rempli des verres d’eau salée et tracé des lignes de sel autour de la chambre de ses parents.
« C’est pour quoi ? » ai-je demandé, curieuse.
« Apparemment, ça empêche l’esprit d’aller dans la pièce pour te trouver. »
« Donc, on se cachera là ? »
« Non, ce ne serait pas amusant… Si ? Je ne veux juste pas que leur chambre soit détruite. »

Détruite. Avec le recul, j’aurais aimé que l’on soit restées là-bas, même si ça n’aurait pas été « amusant ». Si j'avais su ce qui allait se passer, je n'aurais tout simplement pas fait le rituel.

Quoi qu’il en soit, on est allées dans la salle de bain à trois heures. Le reste de la famille n’était pas là, ils étaient allés rendre visite à la tante et l’oncle d’Akane qui avaient récemment eu un nouvel enfant. On a placé la poupée dans la baignoire remplie d’eau et on a crié ensemble : « C'est au tour d'Akane et Sarah !
C'est au tour d'Akane et Sarah ! C'est au tour d'Akane et Sarah ! »

Ensuite, on est sorties en courant de la salle de bain, on a éteint toutes les lumières et on a allumé la télévision qui se trouvait dans notre cachette sur de la neige. Akane a saisi un couteau et a laissé l'eau salée sur la table. On est retournées dans la salle de bain et évidemment, la poupée se trouvait là dans la baignoire, nous souriant sereinement au fond de celle-ci.


« Erina, Akane et Sarah t'ont trouvée ! » a-t-on crié. On l’a tirée d’un coup sec et Akane l’a poignardée au niveau du cœur en s’assurant de couper un maximum de fil rouge avant de la jeter de nouveau dans la baignoire.

On chantait « C'est au tour d'Erina !
C'est au tour d'Erina ! C'est au tour d'Erina ! », puis on est retournées en courant dans la chambre avec la télévision toujours allumée. On a toutes les deux pris une gorgée d’eau salée en s’assurant de ne pas l’avaler et on s’est assises à l’intérieur d’un placard tout en tenant fermement nos verres. Akane a laissé la porte légèrement entrouverte parce qu'elle voulait voir ce qui allait se passer à la télévision. C’était une horrible, horrible idée. Aujourd’hui, j’aurais aimé qu’on ait laissé cette porte fermée.

Pendant les cinq premières minutes, on a juste attendu. Rien ne se produisait et je me sentais soulagée. Puis, j’ai entendu que le bruit de la télévision commençait à changer. Sans qu'aucune de nous ne touche à la télécommande, la télévision a commencé à changer de chaînes, assez rapidement pour que des phrases commencent à se former avec les mots des différentes chaînes.

Je
Vais
Vous
Trouver

J’ai reculé dans le placard, terrifiée. L’air semblait devenir plus froid. L’œil d’Akane, silencieuse, restait appuyé contre l’ouverture du placard.

Je pouvais entendre des bruits de pas et d’autres bruits sourds.


Êtes
Vous

Les bruits de pas se sont arrêtés en face du placard.


Êtes
Vous

Dedans

Et puis j'ai entendu les mots les plus effrayants d'entre tous.

Je
Vous
Ai
Trouvées

Akane a crié et est tombée au sol. Le couteau de cuisine qu’on avait utilisé pour poignarder la poupée saillait de son œil, celui avec lequel elle regardait depuis l’ouverture de la porte du placard. Elle m’a dit qu’elle avait bu l’eau par accident. Heureusement, aussi terrifiée que je pouvais l'être, j’avais réussi à garder l’eau salée dans ma bouche, tout en empoignant ce stupide verre. J’ai attendu jusqu’à ce que le bruit de la télévision revienne à la normale. Akane pleurait silencieusement, le couteau toujours dans son œil, mais elle m’a gémi : « Tu dois mettre fin au rituel. »

J’ai fait ce qu’elle m’a dit. J’ai erré dans la maison à la recherche de cette stupide poupée. Elle n’était plus dans la salle de bain. Je l’ai retrouvée debout sur le lit d’Akane, souriante. J’ai craché l’eau salée sur elle, puis j’ai crié fortement « J’ai gagné ! J’ai gagné ! J’ai gagné ! ». Ensuite, j’ai saisi la poupée fermement, j’ai été jusqu'à la poubelle du voisin, je l’ai plongée dans un bain d’essence avant de cramer cette enculée. Il était cinq heures du matin.

Je suis retournée dans le placard et j’ai dit à Akane que c'était fini. Elle est sortie du placard, le couteau toujours enfoncé dans son œil. On a appelé une ambulance. Après une opération, il s’est avéré qu’elle resterait malheureusement aveugle de cet œil. Akane a menti et a dit qu’elle avait trébuché sur le couteau après s’être levée plus tôt pour préparer le petit-déjeuner.

Ce qui est effrayant est que, bien que j’aie terminé le rituel et que j’aie brûlé la poupée comme Akane me l’a dit, je ne pense pas que ce soit fini. Akane dit qu’elle peut toujours voir « Erina » se promener dans la maison quand seulement son œil aveugle est ouvert. Je vois également des choses du coin de l’œil. Je ne sais pas quoi faire, on pensait qu’on avait bien fait le rituel mais peut-être qu’il est toujours en cours.

Quelques trucs bizarres se sont produits par la suite, tels que des bruits de pas dehors à trois heures du matin, la télévision qui change de chaînes et le son qui se déforme. Je continue à faire brûler de l’encens et je garde du sel dans ma chambre pour rester en sécurité, tout comme Akane. Mais si quelqu’un vous aborde et demande si vous voulez jouer à Hitori Kakurenbo, épargnez-vous des problèmes et ne le faites pas. J’ai entendu d’après des rumeurs qu’on a mal fait plein de trucs par rapport aux vraies règles du jeu. Mettre du sang dans la poupée est une erreur, ça peut vous maudire. On était supposées mettre des coupures d’ongles à la place. Akane et moi avons l’intention de nous rendre dans un sanctuaire pour demander de l’aide ce dimanche. Et si quelqu’un a un conseil à donner pour savoir quoi faire dans le cas d’une hantise au Japon, faites-le-moi savoir.

EDIT : Certains d’entre vous souhaitent toujours essayer le jeu après avoir lu ceci. JE LE DÉCOURAGE FORTEMENT. Si ce n’est pas assez, voici les indications LES PLUS SÛRES. http://sayainunderworld.blogspot.com/2008/09/one-man-hide-and-seek.html Utilisez un porte-mine, pas un couteau. L’esprit va vous blesser avec la même arme que vous avez choisi d’utiliser s’il vous trouve.



Traduction : Kowai

Texte original ici.

samedi 23 juillet 2016

Immeuble 15

30 avril 2016

Fin des travaux dans l'école Félix Tisserand. Je prends un autre journal pour la rénovation de la cave de l'immeuble 15, qui servira de compte-rendu.



1 Mai 2016

Pour le 2 mai :  cave à rénover dans l'immeuble 15
Ramener de la chaux et des outils.



2 Mai 2016

Inondation de la cave, moi et mes collègues avons dû partir. On y retourne la semaine prochaine.



9 Mai 2016

Je retourne seul au travail cette fois. Mes collègues sont sur d'autres chantiers, et le proprio insiste pour que j'y aille seul : il ne supporte pas le monde et le bruit. Il me laisse carte blanche pour faire de cette cave un endroit propre pour y stocker ses bouteilles. Il m'a néanmoins demandé de ne pas aller dans les autres espaces du sous-sol (réservés aux autre habitants de l'immeuble).

J'ai commencé par dégager toutes les grosses pierres afin d'avoir un sol plat. La terre est encore imprégnée d'eau. Pourquoi n'ont-ils pas mis du béton ?



10 Mai 2016

J'ai réussi à retrouver ma vieille lampe-torche pour mieux m’éclairer : la seule lampe au plafond disponible ne marche pas très bien. Alors que je m’apprêtais à la changer, le proprio est rentré, furax. Il m'a ordonné de ne plus toucher au lustre, et si la luminosité ne me convenait pas, je devais prendre une lampe-torche.

Cet interlude m'a permis de voir que le sol n’était plus très droit. J'aurai dû m'en apercevoir plus tôt.

N'ayant pas amené ce qu'il fallait pour remédier à ce problème, j'ai commencé à piqueter la pierre afin de faire tomber ce qui s'effrite, et dépoussiérer les pierres.




11 Mai 2016

Les murs sont restés intacts, donc prêts à recevoir de la chaux pour les rendre présentable, et ne pas laisser de pierres sales. Mais le sol était encore plus... battu je dirais. Je m'y suis si mal pris ?

J'ai donc dû tout recommencer, et cette fois j'ai mis des planches de bois sur le sol. Au moins mes chaussures ne sont pas couvertes de boue. J'ai presque fini les murs.

Vers la fin de la journée, avant de ranger le matériel, je me suis dit que ce serait plus simple d'utiliser les box des autres habitants de l'immeuble pour y stocker toutes mes affaires. Le proprio m'a dit que les autres habitants n'utilisaient pas ces espaces.

J'ai donc pris mes clefs, qui me garantissaient l'accès aux autres compartiments, et j'ai ouvert la porte qui y menait.

Je me suis rendu compte que la cave du proprio était unique : les autres étaient toutes reliées entre elles, formant une sorte de réseau. Je comprends pourquoi le proprio m'a dit de ne pas y aller : je pourrais me perdre...

J'ai quand même laissé mon équipement dans le box le plus proche. Il était encore très humide, et le sol était plus boueux, mais comme ça je gagnerai du temps.

Note : J'ai cru entendre un grattement sur un mur, ou sur les planches de bois. Je demanderai au proprio si il n'y a pas de rats.



12 Mai 2016

Le proprio semblait être inquiet pour les grattements, mais m'a affirmé qu'il n'y avait pas de rats. Il m'a également demandé si je pouvais retirer les planches de bois, mais je lui ai laissé entendre qu'il m'avait laissé carte blanche, et que s'il voulait sa cave, il fallait me faire confiance. Il est reparti sans rien dire.

Le premier mur est fini. J'ai mis plus de temps que d'habitude : j'ai eu du mal à retrouver mes outils, je ne savais plus dans quelle salle ils étaient, et je n'emmène pas mon carnet avec moi. Je devrais dormir plus, je ne peux pas me permettre de perdre du temps comme ça.

J'ai remarqué que la terre est encore battue dans les dédales souterrains. Même une armée de rats ne peut pas faire bouger la terre, si ?



13 Mai 2016

J'ai commencé le deuxième mur. Une des planches a craqué sous mon poids. Je croyais qu'elles étaient plus résistantes que ça. Finalement, l'humidité aura eu raison de ces planches.

Note : J'ai rencontré une résidente de l'immeuble. Elle m'a dit que plus personne n'utilisait ces caves : l'air est trop humide, et les lampes ainsi que les lustres ne diffusent pas assez de lumière. Je n'avais même pas remarqué que toutes les salles avaient le même éclairage.



14 Mai 2016

J'ai passé mon samedi à mieux connaître les environs de la cave. Je suis exténué, et demain est mon jour de repos.

Comme l'a dit l'ancienne résidente, l'éclairage est le même partout. La terre a encore été retournée. Je demanderai aux autres habitants s'ils ne viennent pas ici. Je n'aimerais pas les voir être blessés par la chaux, qui est corrosive.

Plus on s'éloigne de la cave en rénovation, moins il fait clair, et plus
il y a d'humidité. Je dois aller voir si il n'y a pas un soupirail ou quoi que ce soit qui puisse faire des courants d'air, j'ai entendu une porte claquer.



16 Mai 2016

Les murs ont été griffés ! Il y a des rayures partout ! Je ne sais pas si je dois recommencer tout ça mais l'envie n'y est pas. Le proprio avait l'air étonné et inquiet. Il m'a dit de faire attention, et de bien fermer la porte en sortant de la cave. Sérieusement, je ne peux plus continuer, j'ai fait tout ça pour rien...

J'ai passé cette journée à rectifier les dégâts. Et plusieurs planches ont été volées, je me suis tordu la cheville en tombant à cause de ça.
Je n'ai malheureusement pas pu faire le tour de l'immeuble pour demander aux résidents de ne pas venir dans le sous-sol, au risque d'avoir une plainte sur le dos.



17 Mai 2016

C'est pas possible. Ou je deviens fou, ou on me fait une mauvaise blague. J'ai retrouvé les planches de bois à l'autre bout du complexe.

Elles étaient en morceaux.

Le proprio est même venu se plaindre : la porte d'un des box avait été fracassée et s'était retrouvée devant sa porte. Oui monsieur, bien sûr, j'en casse pour passer le temps !
Je lui ai quand même demandé si un résident aurait pu faire ça, si quelqu'un venait finalement au sous-sol, au cas où l'autre résidente se serait trompée. Il m'a répondu que non, ceux-là n'ont jamais été des voisins à problèmes.

J'ai finalement couvert les autres murs de chaux. Tant pis pour les griffures. Le dernier mur est celui où se trouve la porte, je vais devoir utiliser un grand escabeau pour y mettre la chaux.



18 Mai 2016

Je pense que je vais demander un arrêt, j'enchaîne les malchances.

J'ai commencé par mettre la chaux sur la portion de mur au dessus de la porte, j'ai donc pris mon escabeau. Je fais attention à ce que la planche soit solide et je monte dessus.

Arrivé en haut je commence à faire mon travail quand j’entends une espèce de frottement... Non, un grognement. Je n'y ai pas prêté attention. J'aurais dû. La planche a craqué, et quelque chose a fait bouger l’escabeau. Ce n'était pas une chute due à la fissure de la planche, non : quelque chose avait fait bouger l’escabeau.

Après ma chute, j'ai enlevé la planche et regardé la terre : elle avait été remuée. J'ai d'abord pensé à une taupe, mais sérieusement, ça peux faire ça une taupe ?

Je m'étais fait mal au dos, alors j'ai décidé de partir. Je suis parti ranger mes outils quand j'ai entendu quelque chose courir dans les couloirs. Quelque chose courait, j'en suis sûr. Et ce n'était pas deux pas par deux pas, mais plutôt trois par trois, comme les chevaux. Je me suis enfui en courant.



19 Mai 2016

Je n'y suis pas retourné. Je suis placé en arrêt maladie : la médecin a bien vu que j'étais inquiet à l'idée d'y retourner, et mon dos me fait mal.

Demain je vais néanmoins devoir reprendre mes outils : ceux dans la cave principale et les autres dans la cave d'à côté.



20 Mai 2016

Je vais avec un ami à la cave, après ce qui s'est passé je n'avais pas envie d'être seul encore une fois. Je vais mettre sur papier tout ce que j'ai fait pour que mes collègues prennent la relève.

Je prends une pause. Si je n'écris pas maintenant je ne pense pas que je le ferai plus tard.

Mon ami m'attend dehors dans sa voiture. Il me laisse finir le travail, il a trop mal au dos pour porter le reste de mes outils.

NOTE : Dire à mes collègues qui prendront le relais d'emmener leurs lampes-torches, avec la fatigue et l'éclairage on peut voir des ombres bouger sur les murs.









___________________________







Je suis le fameux ami.

Je me suis inquiété, après 30 minutes d'absence, alors j'ai décidé de le rejoindre en bas. Je n'ai trouvé que son carnet. Il s'était envolé, le proprio avec lui.
    
J'ai appelé la police, je leur ai montré le journal, mais ils n'ont rien trouvé d'autre. Aucun indice ne semble confirmer ce que dit le carnet, l'enquête est au point mort.
    
Vient alors la raison de ma présence ici. Je ne peux pas laisser cette affaire en suspens, et si la police ne peut pas réunir assez de preuves pour boucler cette affaire, je le ferai.

Relayez le plus possible.
   

Note : La terre a été retournée.




jeudi 21 juillet 2016

Prolifération

Je partage avec vous ce que vous pouvez considérer comme mon témoignage sur des choses troublantes que j’ai remarquées au cours des derniers mois. Je ne cherche à alarmer personne, je partage simplement mon vécu. D’ailleurs, vos avis sur ce que je m’apprête à partager avec vous sont les bienvenus.
Il y a six mois de ça, ma sœur a eu une petite angine. Elle s’est rendue à la pharmacie et a acheté plusieurs médicaments, notamment un sirop contre la toux, du Toplexil. C’est un sirop qu’elle prend souvent quand elle commence à tousser, elle le trouve très efficace.

Quelques jours plus tard elle n’avait plus de symptôme. Tout allait pour le mieux, donc. Sauf qu’une semaine après avoir terminé son traitement, ma sœur a fait une attaque cardiaque. Elle est jeune (26 ans), n’a jamais eu de problèmes de santé, elle n’est pas du genre stressée. Alors quand elle a fait son attaque, dans ma famille, nous sommes tous tombés des nues. Les médecins n’ont pas compris non plus. Ma sœur s’en est sortie mais son cœur est aujourd’hui fragilisé par cet événement.

Trois mois plus tard, ma sœur avait préféré oublier cette histoire, mais moi je n’y suis jamais arrivée. Ce n’était pas normal. Comment quelqu’un en aussi bonne santé pouvait avoir une attaque comme ça du jour au lendemain ?

Un jour j’ai eu mal à la tête. En prenant de l’aspirine dans mon armoire à pharmacie j’ai repensé tout à coup au sirop que ma sœur avait pris quelques jours avant son attaque.

J’ai eu une idée un peu folle. Je suis chercheuse dans un laboratoire, et un soir alors que tout le monde était parti j’ai testé le sirop. Je voulais tellement trouver une réponse à ce qui était arrivé à ma sœur que j’étais prête à faire n’importe quoi.

Je vais essayer de vous passer les détails trop scientifiques. J’ai effectué ce qu’on appelle une chromatographie sur couche mince. Cette expérience permet de séparer les différents composants d’un produit.

Et j’ai trouvé quelque chose. Pour faire simple, la chromatographie nous donne sous forme de graphique des taches colorées qui correspondent chacune à un élément. Chaque tache migre à une certaine hauteur. C’est ce qu’on appelle le rapport frontal ou la rétention frontale. Pour identifier la substance qui correspond à la tache, il suffit de comparer avec un témoin (la tache pour un composant se trouve toujours à la même hauteur sur les graphiques faits dans les mêmes conditions d’expérience, en l’occurrence ici lors d’une chromatographie sur couche mince). J’ai donc comparé les différents rapports frontaux obtenus. Et il y a une substance que je n’ai pas réussi à identifier. J’ai passé des heures à confronter ce rapport frontal avec d’autres témoins mais je n’ai rien trouvé. Impossible pour moi de trouver à quoi cela correspondait.
Pendant plusieurs semaines j’ai cherché à quoi cette substance pouvait correspondre mais mes recherches sont restées vaines.

J’ai essayé de joindre les laboratoires qui fabriquent le sirop Toplexil, mais personne n’a su répondre à mes questions. On m’a simplement répondu que la fabrication des médicaments était quelque chose de complexe.
J’ai aussi essayé d’en parler autour de moi, mais les personnes à qui j’en parlais étaient sceptiques, ils me demandaient si je n’avais pas fait d’erreur. Et puis, je me suis décidée à acheter 3 autres flacons de sirop Toplexil. J’ai refait une chromatographie, et la mystérieuse substance ne s’y trouvait pas. Peut-être qu’effectivement je m’étais trompée la première fois, peut-être que quelque chose s’était mal déroulé pendant l’expérience. J’avais toutefois du mal à me convaincre, une chromatographie ce n’est pas ce qu’il y a de plus compliqué à réaliser.

Bref j’ai préféré laisser tomber. Je ne travaille pas dans le milieu pharmaceutique après tout, quelque chose m’avait peut-être échappé.

Mais il y a deux semaines environ, aussi étrange que ça puisse paraître, un reportage sur la prolifération des écrevisses dans un marais m’a fait repenser à tout ça.

Si vous ne vivez pas dans une grotte et que vous prêtez attention à ce qui vous entoure, vous aurez sûrement déjà entendu parler de certaines espèces qui prolifèrent, qui se reproduisent à un tel rythme qu’elles deviennent un danger pour leur environnement. Dans ce genre de situation, nous, les êtres humains, intervenons pour réguler tout ça. Vous avez peut-être déjà entendu parler de lois qui imposent un certain comportement pour ne pas favoriser le développement trop important d’une espèce.
Et là, je me suis demandé, tout à fait ironiquement, et nous ? Pour nous, les humains, qui régule notre prolifération ?

Ce qui était totalement ironique au départ est devenu une vraie question au bout de quelques jours, je n’arrêtais pas d’y penser. C’est là que j’ai repensé à cette étrange substance présente dans le sirop.

Je me suis alors mise à tester d’autres produits. Je n’ai rien trouvé au début. Puis, repensant au sirop et à la bouteille de ma sœur qui semblait unique, j’ai commencé une expérience un peu particulière. Je me suis mise à acheter des produits au hasard mais toujours par vingtaine (ce n’était pas très économique mais à l’époque j’avais besoin de savoir). Et bien souvent sur un lot de 20 exemplaires d’un même produit j’en trouvais un ou deux qui avaient cette fameuse substance mystérieuse. Je la reconnaissais grâce à son rapport frontal.

J’ai trouvé cette substance dans un certain nombre de produits de grande consommation, du genre Danette, Coca-Cola, bonbons Haribo, légumes en conserve… J’en ai trouvé aussi dans d’autres médicaments pour des choses bénines, comme les Efferalgan ou les Doliprane.

Aujourd’hui je me pose donc la question : pourquoi cette substance que je n’arrive pas à identifier se retrouve dans autant de produits différents mais pas de manière systématique ? Environ un exemplaire sur 20 semble être touché.

Mon raisonnement va peut-être vous paraître un peu fou, mais si cette substance était là pour altérer notre santé ? Vous savez comme moi que les hommes vivent de plus en plus longtemps, mais paradoxalement le nombre de maladies qui s’avèrent mortelles augmentent.
Et si quelqu’un, ou un groupe de personnes, avait mis au point cette substance pour nous réguler ? Pour contrebalancer notre trop grande espérance de vie ?

Mes recherches aujourd’hui sont au point mort, mais je peux vous dire que depuis, je fais attention à ce que je mange et à ce que je bois. J’évite les produits de trop grande consommation, et si vous tenez à votre santé, vous devriez peut-être faire de même.



mardi 19 juillet 2016

Pourquoi ce rêve ?

Quelle heure est-il ?
Quel jour est-on ?

Pour être honnête, je ne saurais pas dire grande chose sur mon environnement depuis plusieurs jours, plusieurs semaines ?
Je suis fatiguée, physiquement, et moralement.

Je m'endors sans arrêt, partout, lorsque mes yeux s'ouvrent ils me sont douloureux, puis vient un mal de tête lancinant, c'est tellement difficile.

Puis ce que je vis lors de mes rêves semble si réel, cela participe à ma douleur.
J'ai 29 ans, je suis maman de deux petites filles. Mon mari s'occupe d'elles, heureusement qu'il est là.
J'ouvre mes yeux, m'y voilà. Je suis dans une pièce sombre, une sorte de box dans un parking souterrain.

Des murs recouverts de crasse, une forte odeur d'urine, et derrière moi, un lit rouillé et un matelas fatigué.
Et devant, une porte de garage qui laisse passer un filet de lumière par en dessous.
Je passe d'un "monde" à l'autre sans arrêt. C'est épuisant. Cela dure depuis trop longtemps. Comment cela m'est-il arrivé ?

Me voilà debout dans ma cuisine, je prépare le petit déjeuner de mes enfants, je suis en train de faire chauffer du pain dans le four. L'odeur du café embaume la cuisine. Mon mari est à table. J'ai peur de ses absences.
J'apporte le chocolat à mes filles, enfouies dans le canapé, recouvertes de leur couverture préférée. Il fait encore un peu frais le matin. La journée file, j’amène mes filles à l'école et je pars faire des courses.

Quelques heures plus tard, me revoilà dans "mon" box, j'entends des cris, comme à chaque fois.
Cette fois je reconnais la voix, c'est ma "voisine", ils l'ont ramenée, à chaque fois cela se passe comme ça.
Elle part quelques heures, et après c'est mon tour.

Je prépare le dîner, et j'allume la cheminée, mon mari va revenir avec les enfants.
Je finis ma journée par un bain très chaud, je m'endors dans mon peignoir. Je suis épuisée mais j'ai peur, je sais où mon esprit va m'emmener. Je suis fatiguée.

Il arrive. Il est gros, gras, sale... Il porte toujours un jean crasseux et un tee-shirt collant de transpiration.
Un monstre. il m'attrape par les cheveux, je me lève tant bien que mal, il aime quand je tombe et que je pleure.
Nous ne sommes pas seuls, il y a d'autres filles dans d'autres box. Ils nous échangent, cela dure des heures...
Nous sommes parfois seules, parfois en groupe, parfois ils nous regardent juste.
Je n'ai quasiment plus de cheveux, cela me rassure, peut-être que je ne leur ferai plus envie. Quand je vois les autres filles, je crois comprendre à quoi je ressemble moi-même.

Mais pourquoi je me retrouve là ? Pourquoi toujours ce même rêve, cette même journée qui recommence, c'est tellement réel.
Cela fait tellement mal de se réveiller.
Je les aime tellement.
J'aimerais tant les revoir.
Vous me manquez. Tellement, terriblement. 



samedi 16 juillet 2016

La note

Il était 22h30, j'étais seul chez moi. Je m'endormais à moitié devant l'énième rediffusion d'une série quelconque. Mais un bruit est venu troubler mon sommeil, à peine entamé : Il venait de la porte. Agacé, je me suis levé, tant bien que mal, pour aller jeter un coup d’œil.
Mais arrivé là-bas, rien. Personne devant la porte. J’étais pourtant sûr d'avoir entendu du bruit venant de là... Je m’apprêtais à revenir m'étendre sur le canapé quand j'ai remarqué quelque chose sur le sol : une note.
Quelqu'un avait glissé un mot sous ma porte. Je me demandais bien qui pouvait avoir glissé cette note sous ma porte, surtout à cette heure-ci. Et, curieux comme je suis, je l'ai évidemment lue. Il y était indiqué :


« Ce soir, c'est ton tour ! »


J'ai cru à un canular. J'étais plus amusé qu’effrayé. Sûrement une blague des gamins du quartier.
Je suis retourné sur mon canapé, tout aussi décontracté que je l'étais auparavant.
Mais, à nouveau, un bruit sourd venant de la porte m'a sorti de ma torpeur.
Je me suis levé rapidement, pour essayer de chopper le plaisantin en flagrant délit. Mais une nouvelle fois, personne. Et, encore une fois, une note glissée sous la porte :


« Ce soir, je dévore ton cœur ! »


J'ai pris la note et l'ai déchirée, avant de la jeter à la poubelle, tout en maudissant ces blagueurs nocturnes. Je suis même resté devant la porte pour l'ouvrir dès que je verrais un mot se glisser par dessous, mais sans succès.
Dépité, je m’apprêtais à retourner sur mon canapé quand j'ai eu la peur de ma vie. Cette peur qui m'a poussé à prendre les jambes a mon cou, à fuir aussi loin que je le pouvais.
Une nouvelle note était sur le sol de mon salon. Mais celle-ci, je ne l'ai pas lue.


Car elle avait été glissée sous la porte de mon placard.



jeudi 14 juillet 2016

Quelque chose s'est passé cette nuit-là

Il y a exactement six mois, il s'est passé quelque chose d'inexplicable. Je voulais savoir si quelque chose de similaire est déjà arrivé à vous ou à votre entourage. S'il vous plaît, j'aimerais avoir une explication ou n'importe quoi d'autre... J'ai beau avoir cherché partout je n'ai rien pu trouver alors j'ai pensé que peut-être vous pourriez m'aider... Tout a commencé par une conversation des plus banales avec mon amie, Léa. (Je m'excuse d'avance pour l'orthographe)


Elle était remontée dans sa chambre lorsqu'elle m’a appelée. Il est clair qu’elle était perturbée par cet animal. Elle ne savait clairement pas comment gérer ça. J’essayais tant bien que mal de la rassurer, mais rien à faire, elle n’arrêtait plus de me couper la parole pour me faire part de ce qui se passait de son côté. C’est alors qu’elle m'a chuchoté qu’il ne se trouvait plus derrière la porte. Ensuite, je comprenais à peine ce qu’elle essayait de me dire. Je lui criais dessus afin qu’elle parle de nouveau dans le téléphone, quand elle a soudainement hurlé que quelque chose venait de briser la baie vitrée menant à son jardin. Je l’entendais courir quand le claquement d’une porte a provoqué un court instant de calme.

Enfin, j'ai pu de nouveau entendre sa respiration. Je lui ai rapidement demandé ce qui se passait. Tout ce qu’elle a pu me dire c’est que ce « monstre » était dans la maison. C’est alors que des cris ont retenti à travers le téléphone. Je pouvais entendre les siens mais aussi ceux de cette chose qui n’avait rien d’un animal ni d’un être humain. Peut-être que tous les sons se mélangeaient, ce qui donnait quelque chose d’épouvantable mais je suis certaine que ce n’était pas un vulgaire chien. C’était impossible. C’était terrifiant. Plusieurs secondes plus tard, Léa a raccroché.

J’ai tenté à plusieurs reprises de la rappeler mais elle ne répondait pas. Au lieu de ça, je tombais directement sur sa messagerie. Environ une dizaine de minutes plus tard, j’ai reçu un dernier message sur Facebook.



Sans plus attendre, j'ai bombardé la conversation de questions en espérant avoir une explication. Mais rien. Elle ne m’a plus jamais répondu. Pourtant, je savais qu’elle voyait mes messages. Le lendemain après-midi, je suis allée chez elle. Ses parents étaient furieux à cause de la baie vitrée. Ils m'ont brièvement expliqué ce qui s'était passé. Léa leur avait fait comprendre qu'elle avait malencontreusement fait tomber l'étagère sur la baie vitrée, ce qui avait provoqué l'accident. Il n'y avait aucun doute sur le fait qu'ils croyaient à son histoire. Je me suis ensuite rendu dans la chambre de Léa qui n'était même pas venue m’accueillir comme elle en avait l'habitude. 
Elle était très étrange. Pour tout vous dire, j’étais même angoissée de la voir ainsi. Son attitude était carrément différente. Elle était restée assise au pied de son lit tout le temps que j'étais avec elle. Elle faisait comme si rien ne s’était passé, mais d'une manière... dérangeante, je dirais. Lorsque je la regardais, elle gardait toujours ce sourire timide qui n'avait rien de naturel. Et elle écoutait à peine ce que j'avais à lui raconter. Comme si je parlais à personne, finalement. Elle insistait fortement sur le fait que la chute de l'étagère était la source de ce que j'avais entendu. Mais elle me mentait, elle me mentait si mal que je ne pouvais plus le supporter une minute de plus.

Au fur et à mesure des mois, nous nous sommes perdues de vue. Je n’ai jamais su ce qui s’est réellement passé ce soir-là. J'ai tout de même pris des nouvelles d'elle en téléphonant à ses parents il y a quelques jours. J'ai appris qu'ils avaient vendu leur maison afin de subvenir aux soins médicaux de Léa.

Elle avait développé une sorte de cancer de l'estomac à une vitesse alarmante. Il n'est pas opérable, ce qui pose énormément de problèmes concernant une éventuelle guérison. Putain, ils ne savent même pas ce qu'ils essaient de guérir ! J'ai peur de me dire que je ne la reverrai plus jamais. Alors je vous en supplie, n'importe qui, dites-moi si cette chose que j'ai entendue au téléphone aurait pu être la cause de tout cela ? Dites-moi que Léa n'est pas la seule à avoir été victime de... Je ne sais plus quoi dire. Mais, j'ai besoin de vous.

Merci d'avance.