Disclaimer

DISCLAIMER
Les contenus proposés sur ce site sont déconseillés aux personnes sensibles et aux mineurs de moins de 12 ans.
Nous encourageons largement les pratiques répréhensibles qui y sont décrites.
Consultez la page À propos pour plus de détails.

Script générateur de phrases

lundi 14 octobre 2019

Demande de fonds

Bonjour à tous. Récemment, en fouillant les dossiers de mon PC, j'ai retrouvé des documents que j'avais enregistrés il y a des années (oui, chaque fois que je vois un texte intéressant sur le net, je l'enregistre comme ça). Celui qui suit m'a semblé assez creepy pour être partagé ici. De souvenir, c'était sur un forum sérieux, un gars qui travaillait dans un laboratoire et qui parlait de son boulot consistant à faire passer à la trappe toutes les lettres de demandes qui n'allaient pas au premier coup d’œil.
Certaines pièces jointes sont citées, mais le type disait les avoir jetées sans même les regarder. Dommage ...

Il y a des termes et des concepts assez avancés. Je mets des liens pour ceux qui ne sont pas biologistes:
- Pan troglodytes (chimpanzé commun) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pan_troglodytes

Voici le document en question :

FMPPH (Fondation Martin Pour le Progrès de l'Homme) Laboratoire de Biologie Efferness
52 Rue Postale 75005
81300 Albi Paris
          Objet : Demande de subvention


Albi, le 17 Novembre 2001
Bonjour,
Nous vous écrivons cette lettre afin de demander à votre laboratoire un soutien matériel pour réaliser le projet de notre Fondation. En effet, vous avez une longue histoire de soutien à des créateurs indépendants et inventeurs géniaux, aussi, c'est à vous que nous nous adressons.
La FMPPH (Fondation Martin Pour le Progrès de l'Homme) est une fondation de recherche travaillant sur certaines méthodes, qui pourraient un jour permettre à l'Homme d'atteindre son plein potentiel, plus précisément le potentiel inscrit dans ses gènes. Notre projet consiste à atteindre cet objectif. Pour cela, transformer l'Homme est nécessaire. Nous avons déjà avancé dans cette direction, des tests ayant été menés avec succès sur des volontaires.
Voici une présentation détaillée du projet, et une justification de l'intérêt qu'il convient d'y porter (les détails techniques sont dans les documents joints).
L'Homme est fondamentalement une espèce non mature, restée au stade infantile. Notre projet a donc pour but de faire arriver celui-ci à maturité. De lui permettre de devenir adulte du point de vue évolutif, c'est-à-dire de parvenir à réaliser le plein potentiel de ses gènes. De nombreux éléments de l'évolution humaine le montrent. A titre d'exemple, je vais vous décrire deux de ces éléments marquants.
Tout d'abord, la branche de l'humain s'est séparée de la lignée aboutissant aux chimpanzés lorsque nos ancêtres ont conservés des caractères juvéniles. Nous le voyons bien puisque les bébés chimpanzés ont des caractéristiques anatomiques les rapprochant de l'humain : ils sont bipèdes, et ont un crâne de la même forme que le nôtre.
La première étape de notre projet est donc de renverser ce processus, et de supprimer ces caractères juvéniles chez l'humain. Les techniques que nous avons mises au point sont jointes à cette lettre.
L'autre indice frappant que je vais décrire ici est celui que nous fournissent les tuniciers, du groupe des Urochordés. Les tuniciers sont des animaux fixés sur les fonds marins, filtrant l'eau pour se nourrir. A son stade juvénile, le tunicier présente des caractéristiques des chordés (dont nous faisons partie). Il possède en effet une chorde (se rapprochant d'une colonne vertébrale), une queue post-anale lui permettant de nager, et des fentes branchiales. Selon l'hypothèse de Garstang, l'arrivée à maturité de ce "tétard" entraîne sa fixation sur les fonds marins, et la perte plus ou moins partielle de ces caractéristiques.
 
Comme je l'ai dit plus haut, la dernière étape de notre projet serait de renverser ce processus. Cela permettrait de faire de l'homme une pure conscience, un cerveau coupé de toute sensation, abrité par un cylindre de chair protectrice solidement ancré au sol. Cette étape est celle qui nécessite encore quelques recherches, les précédentes ayant déjà été testées avec succès sur des volontaires. Nous avons bon espoir d'y arriver. Un jeune chercheur nous ayant récemment rejoint dispose d'idées très intéressantes sur le sujet.
Nous savons que votre laboratoire a par le passé financé de nombreux projets ambitieux et novateurs, et que vos vues au sujet de l'humanité sont aussi éclairées que les nôtres. La mise en œuvre de notre projet nécessiterait un soutien matériel, notamment pour l'achat de l'équipement nécessaire à la suite de nos opérations. La liste détaillée est jointe à cette lettre.
Nous avons donc l’honneur de solliciter de votre haute bienveillance, par la présente, un soutien financier sur le long terme, du montant que vous jugerez bon de nous accorder, afin de pouvoir mettre en œuvre ce projet indispensable à la progression de l'Homme en tant qu'espèce.
À toutes fins utiles, nous vous adressons un dossier supplémentaire contenant le descriptif détaillé de notre projet. Nous restons à votre entière disposition pour tout rendez-vous que vous jugeriez nécessaire à l’étude de notre demande.
Vous remerciant par avance de l’intérêt que vous porterez à notre sollicitation, et dans cette attente, nous vous prions d’agréer l’expression de nos respectueuses salutations.
Professeur Eryuh MARTIN, FMPPH (Fondation Martin Pour le Progrès de l'Homme)
Albi, 81300

lundi 7 octobre 2019

Animalito

Salut !
Je poste ici la transcription d'un enregistrement des aveux d'un criminel espagnol. Il me vient d'une amie espagnole qui fait un stage dans un commissariat (pour moi, tout bâtiment lié à la police s'appelle commissariat, je n'ai plus le nom exact en tête, et la flemme de le chercher). Et je le trouve assez bizarre. Celui qui parle a l'air sacrément toqué.

Début de l'enregistrement effectué dans le cadre de la procédure judiciaire

J'en peux plus de vos questions... J'en ai assez. J'en peux plus de tout en fait. De toute façon, ce sera bientôt fini, j'en suis sûr. Enfin, j'espère.
Vous voulez que je vous raconte ce qu'il s'est passé, pas vrai ? D'accord. Mais après, vous me laisserez tranquille. J'en peux plus.

    Tout a commencé avec les affaires que vous savez. On peut passer dessus vite fait. J'avais des ennuis, des ennuis avec des gens peu recommandables, et avec la police aussi. Eh oui, même en Valence, on a de la criminalité de comp... (Tousse tousse)... de compétition.
    Alors je suis allé me confesser au Père Pedro. Il me connaît depuis l'enfance. Il a beau savoir que j'ai un don pour m'attirer des ennuis, là, c'était pire que... (il s'arrête pour reprendre son souffle)... pire que jamais. Oui, vous savez, dans ma famille, on est très croyants, et j'ai toujours respecté ce vieil homme sympathique. Je croyais sincèrement qu'il pourrait m'aider, trouver une solution, avec ses contacts. Comme les autres fois. Si j'avais su. Une solution, ouais... Mais court-termiste... (Tousse tousse).

    Oui, donc, je reprends. Il a tout de suite compris. Il m'a dit "Je vois, je vois" comme à son habitude. Ensuite, il m'a donné une adresse où je devais me présenter. Alors moi, comme le pigeon que je suis... (Tousse tousse)...  j'y suis allé... (Il s'arrête encore une fois pour reprendre son souffle).
    J'y suis arrivé deux jours plus tard, comme il m'avait dit. C'était une petite maison paumée, mais assez jolie, assez cosy comme on dit, le genre de petit cottage rentable à outrance, si vous voyez ce que je veux dire. Un gars standard m'a ouvert quand j'ai frappé et je me suis présenté comme venant du père Pedro. Il m'a ensuite regardé bizarrement, et m'a prié de le suivre sans autre forme de procès. Alors bon, puisque le père Pedro me disait de lui faire confiance pour résoudre tous mes soucis, je l'ai suivi... (Tousse tousse)...

    Il m'a amené dans une salle à manger tout à fait standard, le genre de salle à manger qu'on trouve dans un cottage de base, sauf que la table était vachement épaisse. Normal, un tiroir était caché sur le côté, comme dans ces vielles tables de campagne où on met le pain dans un tiroir en bout de table. Alors le type, l'air de rien, en a sorti une brindille avec un bouchon d'un côté, et un nœud de l'autre. Moi, je me disais qu'il se moquait de moi, que le père Pedro devenait sûrement un peu sénile avec l'âge... (Tousse tousse).

    Il a pris la parole : "C'est un animalito. Il vit dans cette brindille creuse". Là, j'ai ouvert des yeux ronds. L'animalito, c'était une bête magique en Espagne. Maupassant en a parlé dans un de ses bouquins je crois, que je n'ai pas lu, d'ailleurs... (Tousse tousse)... J'aurais dû, ah ouais, j'aurais dû. Je comprenais rien du tout... (il s'arrête, et ferme les yeux, comme sur le point de s'évanouir, mais se reprend après une profonde inspiration)...  "Il va t'aider. Il te protégera. Avec lui, tu pourras courir de Valence à Murcia sans t'arrêter".
    Alors là, j'ai pété un câble. Je passerai les détails. Mais le gars a fini par tenter me poignarder, comme ça. Au lieu de me transpercer, la lame a été déviée au dernier moment, miraculeusement. Et cela plusieurs fois. J'étais tout de même sceptique. Alors il m'a envoyé la miche de pain en plein dans la figure, mais elle a elle aussi été détournée. Après plusieurs tests du genre, j'étais convaincu. C'était un truc de fou ! ... (Tousse tousse)... A priori, ça me sauverait bien... (Tousse tousse)...

    Si j'avais su le prix à payer. Enfin si, je le savais. Le gugus me l'avait dit. L'animalito devait être nourri. Nourri par de la chair d'enfant baptisé... (Tousse tousse)... Quand il sortait de la brindille pour manger, je le voyais. Un corps filiforme, marron, des pattes énormes par rapport au corps, et une bouche toute aussi grande, pleine de rangées de dents. Au début, je m'introduisais dans des morgues, ou autres établissements du genre. J'avais l'habitude. Ouais, d'ailleurs, c'est pour ça que je suis là, devant vous... (Tousse tousse)... Facile pour moi, habitué aux traf... (Tousse Tousse)... aux trafics de tous poils. Après, vous avez commencé à surveiller ces endroits, normal. Alors j'ai plus pu. Et puis, les familles surveillaient leurs enfants de près après ces enlèvements de cadavres. Ouais, les rumeurs de nécropédophilie, c'était moi, ouais... (Tousse tousse)... j'avoue tout. Mais j'en ai plus pour longtemps, de toute façon... (Tousse Tousse)...

    Bref, j'ai fini par plus pouvoir le nourrir. Ce que je savais pas, c'est qu'il se nourrirait tout seul. Je devenais de plus en plus émacié. Ouais, j'étais très endurant, invincible, tout. Mes ennuis étaient réglés. Pas de problème de ce côté là...( Tousse tousse)... Mais je maigrissais à vue d'oeil. Je devenais squelettique, de plus en plus. Il me bouffait... (Tousse tousse)... Et là... (Tousse tousse)... il continue... (Tousse tousse)...

Fin de l'enregistrement


Note : l'interrogé est mort quelques jours après l'interrogatoire. D'après les médecins légistes, la cause du décès est la sous-nutrition, mais les organes internes étaient incroyablement abîmés, comme déchiquetés de part en part par de minuscules lames de rasoir.

mercredi 2 octobre 2019

Nouvelle édition du concours de creepypastas

Oyez, oyez ! 
Dans moins d'un mois, c'est Halloween. Vous savez ce que ça veut dire ? Forcément que vous le savez, vous avez lu le titre de l'article. Néanmoins, je vais développer. A l'occasion de la fête des morts, CFTC organise donc un concours de creepypastas à grande échelle, qui s'étalera (votes inclus) sur l'intégralité du mois d'Octobre. 

Comme lors du concours de poèmes qui s'est tenu en Juin dernier, les trois candidats qui accéderont au podium verront leur création publiée sur le site. Concernant les thèmes parmi lesquels vous devrez choisir, vous avez le choix entre : Folie, Monstres, Artefacts, bien évidemment Halloween, et - soyons fous - Jeu vidéo. Rien ne vous empêche toutefois d'embrasser d'autres branches du monde des creepypastas, tant que l'un des thèmes ci-dessus est présent dans votre récit. 

Au niveau des inscriptions, rien ne change par rapport au mois de Juin. Vous pouvez envoyez votre candidature en MP via Discord ou le forum à Gordjack, ou vous inscrire sous ce post, où figure la liste des participants. Vous pouvez aussi passer par notre adresse mail. Quant à votre récit, il devra lui être envoyé avant le 20 Octobre à 23h59, date à laquelle les envois de textes seront clos et où commenceront les votes, qui dureront jusqu'au 31 à midi. Encore une fois, tant que vous respectez la date limite, rien ne vous empêche de vous inscrire et d'envoyer votre récit du même coup, l'inscription étant surtout nécessaire à la tenue d'une liste des participants.

Pour en revenir aux votes, ceux-ci pourront être effectués à partir de la date précisée, via le post mentionné en amont. Si vous voulez faire partie des votants, il est donc impératif de posséder un compte sur le forum.

Dans ce dernier paragraphe, je m'adresse particulièrement aux nouveaux et aux timides qui n'oseraient pas se lancer : j'en reviens à nouveau au concours de poèmes du mois de Juin, mais lors de celui-ci, les gagnants, s'ils avaient pour certains un minimum d'expérience dans le domaine de la traduction, étaient tous en quelque sorte novices à l'écriture de poèmes. Aussi, absolument tout le monde à ses chances. 

Un dernière chose qui a son importance. Avant d'écrire, nous vous invitons à consulter la section Clichés du forum, où vous trouverez quelques écueils dans lesquels il ne faut pas tomber pour composer une bonne creepypasta. Vous trouverez le tout ici

Bien, il ne nous reste plus qu'à souhaiter bonne chance à tous les futurs candidats, que nous espérons voir le plus nombreux possible.

lundi 16 septembre 2019

Le mur rouge

"Aujourd'hui la caissière n'était pas très avenante. Je n'étais pas très rapide non plus c'est vrai, mais elle aurait pu être un peu plus patiente, plutôt que de me fixer de son regard bovin en me pressant de mettre mes articles dans mon sac. 

Je me suis brûlé à la main en essayant de sortir mon assiette du micro-ondes. Ça fait un mal de chien mais ça va, j'ai vécu pire.  

Le temps est exécrable dehors. Pourtant, il y a un homme qui m'observe de derrière ma fenêtre. Celle dans le mur rouge. Cet homme, je l'ai aperçu il y a un petit moment déjà, et à chaque fois que je passe devant la vitre, il est là, à me suivre. Je n'ose pas m'approcher. Même s'il reste la plupart du temps sans bouger et qu'il n'a jamais tenté d'entrer, il me fait peur. Je ne l'ai pas vu clairement mais je suis persuadé que c'est une sale race. Si c'est un nègre ou un bicot et qu'il essaie quoi que ce soit, il sera bien reçu. 

Depuis plusieurs jours il ne bouge pas. Quand je me plante devant la fenêtre du mur rouge, il me toise. Il reste là, ses yeux plantés dans les miens. Je distingue très mal son visage. En fait, je distingue très mal tout ce qui m'entoure depuis que j'ai cassé le verre droit de mes lunettes. Il faudra que je les répare.
Cette nuit je l'ai entendu. Je me suis levé pour aller aux toilettes et je suis passé devant la fenêtre. Je l'ai vu, et il m'a vu aussi. Je lui ai crié de dégager d'ici. Il m'a répondu la même chose, avec ma voix. Il a parlé avec ma voix. En fait, c'est comme si il prévoyait à l'avance tout ce que j'allais dire et qu'il le répétait presque aussitôt. 

J'arrive à l'éviter. Selon l'angle dans lequel je me positionne devant la fenêtre, il s'en va. Je crois que quand il ne me voit plus, il part. Et il revient dès que je repasse devant la fenêtre. Je suis peut-être un spectacle pour lui. Un bien triste spectacle.

Il parle avec ma voix mais il semble avoir d'autres facultés. Quand je me suis levé ce matin, il était déjà là. Je lui ai fait un signe de la main pour lui dire de partir, que c'en était assez pour moi. Il m'a renvoyé mon geste, presque en même temps. J'ai levé le bras, il l'a levé aussi. Je me suis penché en avant, il s'est penché en avant également. Il a pris ma voix et il commence à m'imiter à la perfection, au millième de seconde près. J'ai peur qu'il essaie de me remplacer. C'est ça. Il est venu m'observer, puis petit à petit il me remplace. J'ai fait mes bagages. Et il me regardait toujours, imitant mes gestes.

 Je sais qu'il neige dehors et que Mme Verdin ne veut pas que je sorte sans elle mais elle n'est pas levée et je ne veux pas rester ici. Pas avec cette chose qui m'observe derrière la fenêtre, dans le mur rouge."

Mon grand-père Charles, est mort il y a quelques mois à l'âge de 86 ans. Il souffrait de pertes de mémoire légères, mais il était assez loin de l'Alzheimer. Son médecin lui avait conseillé de consigner ses journées dans un carnet, c'était une bonne thérapie selon lui pour remédier aux oublis passagers. Son état s'était cependant dégradé ces derniers temps, et ses propos étaient parfois incohérents. 

Ce que vous avez lu plus haut, ce sont les dernières entrées de son petit carnet. J'ai tout retranscrit au mot près. À ce stade-là, je pense qu'il est important que je vous dise comment est mort mon grand père. Ce matin-là, c'est sa concierge, Mme Verdin, qui l'a retrouvé mort, le crâne ouvert près d'une plaque de verglas à l'entrée de son immeuble.

L'appartement dans lequel vivait mon grand-père Charles n'était pas très grand. Il avait surtout la spécificité d'être en sous-sol. Il n'y avait donc aucune fenêtre, et les murs étaient vierges. À l'exception du mur rouge, sur lequel était fixé un miroir.



lundi 9 septembre 2019

Mute

J'en ai déjà parlé sur ce site, mais adolescent, je me passionnais pour le cinéma underground. Avec d'autres amateurs, nous nous échangions des VHS de films pour la plupart trash, gores et parfois pornographiques. J'ai découvert comme ça un certain nombre de noms aujourd'hui mieux connus du grand public, comme Jörg Buttgereit, Keneth Anger, Bruno Mattei ou Hisayasu Satō. J'ai aussi découvert un film qui continue aujourd'hui encore à me hanter, un film asiatique dont je ne connais toujours pas le nom, et sur lequel apparaissaient différentes tortures animales. Je l'ai déjà évoqué sur ces pages. L'article doit encore être trouvable sous le nom « Vieille VHS. » D'ailleurs, pour ceux que ça intéresse, mon enquête là-dessus n'a pas beaucoup avancé, et je suis toujours à la recherche de la moindre information que quiconque pourrait me fournir à propos de ce « truc ».

Mais ce n'est pas de ce film dont je vais vous parler aujourd'hui. Il y a quelques mois, j'ai eu la chance, sur facebook, de retrouver un vieux camarade de l'époque. Nous nous sommes vus, et nous avons, comme vous pouvez l'imaginer, longuement conversé du bon vieux temps. Aussi, notre discussion a vite dérivé sur les VHS. Nous avions tous les deux vus passer un certain nombre de films glauques qui semblent aujourd'hui totalement oubliés. Mais malgré nos recherches, impossible de retrouver la trace de certaines de nos très chères – et traumatisantes – pépites. Évidemment, mon ami a fini par me parler de ce moyen-métrage qui mettait en scène la mort d'un rat et d'un chaton. Mais étonnamment, ce n'était pas ce film qui l'avait le plus choqué. Pour lui, la voix du présentateur donnait aux scènes un aspect un peu « loufoque » qui cassait le malaise. D'ailleurs, il était presque sûr que les réalisateurs avaient utilisé des effets spéciaux, dans le plus pur style des Guinea Pigs. Du moins, il préférait s'en convaincre...

Il m'a ensuite parlé d'un autre film, un film dont il avait oublié le nom. Il a commencé à me le décrire, à me décrire la pochette qui montrait, dans ses souvenirs, un bébé difforme entouré d'une sorte d'aura verdâtre. Le reste de la pochette était parfaitement noir, avec quelques idéogrammes japonais. Au niveau du film en lui-même, mon ami n'avait que quelques flashs d'une bobine presque amateur, tournée dans une sorte de cave, où des dizaines d'étagères étaient recouvertes de cadavres mutilés et d'enfants morts-nés conservés dans des bocaux. Ce film, je l'avais vu aussi. Et contrairement à mon ami, je me souvenais de son nom. Celui-ci m'était revenu comme un flash, comme un souvenir très longtemps refoulé : Mute. Notre conversation a ensuite dérivé sur d'autres sujets.

Deux ou trois semaines plus tard, mon ami m'a appelé. Il venait de fouiller de vieux cartons, des cartons qu'il n'avait pas ouvert depuis la mort de son dernier magnétoscope, il y a plus de quinze ans. Il y avait retrouvé plein de vieux films. Il savait que moi, toujours aussi passionné, j'avais conservé un magnétoscope auquel je tenais comme à la prunelle de mes yeux. Il m'a donc proposé de se faire une petite séance ciné chez moi. Tout réjoui, j'ai accepté immédiatement.

Il est arrivé en début de soirée. Je vous passe l'apéro, les bières et les conversations sur nos familles et boulots respectifs. Est donc venu le moment où il a ouvert son gros sac à dos noir, dont il a sorti six ou sept cassettes. Il y avait là des nanars et des films érotiques – principalement italiens – des années 1970. C'est alors que je l'ai vue. Une pochette noire, avec un halo verdâtre au milieu : Mute. Mon ami m'a appris qu'il venait de le retrouver, qu'il l'avait cherché après nos retrouvailles et qu'il était presque sûr de l'avoir encore. Et bingo ! Le film était bien là, en « chair et en os » si je puis dire.


Évidemment, mon premier choix s'est porté sur celui-là. Je l'ai saisi, l'ai mis dans le magnéto, et on s'est tous les deux enfoncés dans le canapé, un paquet de chips à portée. Un petit frisson m'a traversé l'échine dès l'apparition des premières images.

Déjà, première surprise : le format était carré, parfaitement carré. Le logo Baroque, déjà présent sur la jaquette de la cassette, apparaissait en haut à gauche du cadre. Une première séquence en noir et blanc montrait un groupe d'hommes qui marchaient dans un couloir. Au bout de quelques secondes, ils se sont arrêtés devant une porte entrouverte. À l’intérieur, dans l'obscurité, on devinait des silhouettes étranges... Puis arrivait le titre du film, blanc, minuscule, au centre d'un immense fond noir : Mute.

Le film enchaînait sur un visage presque décomposé, gris, crevassé, boursouflé, ignoble. Zoom arrière, révélant que ce deenier appartenait à une tête coupée dans un bocal. D'autres plans sur des têtes coupées plus ou moins bien conservées ont suivi. À un moment, la caméra a filmé un visage de profil. Le cameraman lui a tourné autour, et a contourné le bocal, pour révéler que la tête était en fait parfaitement coupée en deux, dans le sens vertical. Le cerveau, la colonne vertébrale et les tissus mous transparaissent à travers le verre épais.

Le film a alors montré des torses ouverts, leurs entrailles collées comme des ventouses aux parois transparentes. Nous avons vu des bras et des jambes écorchés, dont l'os et les tendons étaient apparent, mais dont la main, elle, était parfaitement conservée, avec une peau jaune et des ongles sales. Nous avons regardé ainsi des plans sur des morceaux de corps qui s’enchaînaient et s’enchaînaient encore et encore, sans discontinuer. Puis sont venus les bébés...

Des êtres difformes flottant dans des bocaux. L'un avait une tête énorme, l'autre était anencéphale, les images de siamois dans des positions étranges se succédaient... Sur un plan, on pouvait voir deux  petits corps qui étaient soudés sous la même tête gonflée. La caméra les a alors contournés, montrant qu'il y avait en réalité un autre visage greffé à l'arrière de celle-ci. Sont alors venus des images de nouveaux-nés sans visage, sans mains, sans pieds, et possédant des malformations dont j'ignorais même l'existence et que je ne peux décrire. Tous les visages étaient ronds, grisâtres, et ressemblaient à des masques. Leurs orbites étaient vides, et les parties de leurs corps qui touchaient les vitres de leur bocal avaient déjà commencé à se décomposer. Leurs petits corps étaient également recouverts de trous sanglants, et leur peau était tellement fripée qu'elle semblait sur le point de se détacher.

Le cameramana a passé un temps infini à filmer ces petits êtres. Il n'y avait pas de bruit, pas de musique... juste le ronronnement de la caméra. J'étais de plus en plus mal à l'aise. Les traumatismes de l’adolescence remontaient. Dans la pénombre, j'ai regardé mon ami. Sa bouche faisait une horrible grimace, et ses yeux étaient comme exorbités. Il ne pouvait plus détourner le regard de l'écran. Je suis revenu à la télévision. Le cameraman filmait maintenant un enfant de deux ou trois ans, éventré, conservé dans un grand bloc de verre au bas d'une étagère. Derrière lui, à même la paroi humide, était clouée la peau du ventre du gamin, parfaitement ovale.

C'est à ce moment-là que j'ai quitté la pièce. Je ne peux pas dire que j'avais la nausée, mais j'avais besoin d'une pause, de respirer un peu d'air frais. Quand je suis revenu, quelques minutes plus tard, mon ami était toujours là. J'ai retourné mon regard vers l'écran. Des petits bébés aveugles, de toutes les tailles, s'alignaient dans une vitrine. Deux grands corps adultes baignaient dans de grands sarcophages en verre. Ce n'est qu'à ce moment-là que j'ai fait attention aux symboles présents sur les écriteaux. Ce n'était pas du japonais. Je n'ai pas réussi à identifier la langue, probablement un alphabet du sud-est asiatique, ou alors assez proche de l'indien... Je ne suis sûr de rien.

Le film s'est enfin terminé. Il n'a duré que quarante-cinq minutes. Il s'achevait brusquement, sans conclusion, sur l'image d'un squelette accroché au mur. Mon ami et moi sommes peu à peu revenus du choc. Nous n'osions même pas parler de ce que nous venions de voir.

Un peu plus tard dans la soirée, nous avons néanmoins décidé de faire quelques recherches sur internet. Impossible de trouver la moindre information. Le film semblait absolument inconnu du reste du monde. Finalement, nous avons trouvé un petit site américain, probablement illégal, qui prétendait commercialiser, à prix d'or, des bootlegs du film. Selon le site, Baroque serait une filière du producteur Aroma Planning, spécialisé dans le porno trash. La maison de distribution Baroque était spécialisée dans les films gores, très gores, et dépravés. C'est à eux notamment que l'on doit les œuvres les plus trash de Tamakishi Anaru, notamment les « célèbres » Tumbing doll of flesh et Women's flesh my red guts. Pour ce qui était de Mute, le film aurait fait partie des « annulés ». Des films tournés, mis en boîtes, mais jamais sortis. Baroque a fini par s'éteindre, gardant précieusement, au fond de ses tiroirs, une poignée de films « maudits. » Mute n'aurait jamais dû refaire surface. 

J'y ai longuement pensé depuis. Il y a tellement de mystères autour de cette vidéo. Qui l'a tournée ? Quand ? Où ? Est-ce que l'auteur a voulu dire quelque chose avec son film ? Tous ces visages muets, tous ces enfants morts jetés dans des bocaux, que nous criaient-ils ?

Mais surtout, surtout, comment ce foutu film s'est-il retrouvé dans le carton de mon pote ?









lundi 2 septembre 2019

Le cas Émilie Sagée

Le Doppelgänger est notamment présent dans la mythologie Germanique et la mythologie Nordique, et est représenté comme une sorte de "copie" d’un individu. Il est souvent considéré comme une version alternative maléfique d’une personne. Selon d’autres légendes, lorsqu’un Doppelgänger apparaît, c’est un mauvais présage. Il est aussi raconté par certaines légendes, que si l’on voit le Doppelgänger d’une personne que l’on connaît, cela prédit en réalité notre mort.

En 1845, Émilie Sagée, une Française née à Dijon, a été engagée comme préceptrice par le directeur d’un pensionnat pour jeunes filles nobles à Riga, en Lettonie. Elle a très vite été appréciée du directeur et des élèves, mais seulement quelques semaines après son arrivée, les élèves du pensionnat ont commencé à raconter des histoires à son sujet.

Au tout début, lorsque les collègues d’Émilie ont pris connaissance des rumeurs, ils n’y ont pas prêté attention, pensant que c'étaient des histoires inventées par les élèves. Mais un soir, le chef des jardiniers du domaine a vu la jeune femme se promener dans le parc alors que tous les professeurs et élèves étaient au réfectoire. Intrigué, il a décidé d’aller voir dans le bâtiment, mais a trouvé Émilie en train de manger à la table des professeurs. Il est immédiatement retourné dans le parc pour croiser de nouveau le "double" de la jeune femme qui marchait, un livre à la main.
Plusieurs jours plus tard, alors qu’elle était en train d’écrire une fable au tableau devant ses élèves, plusieurs des pensionnaires se sont retournées et ont vu le "double’’ de Mlle Sagée, assis à la dernière rangée de pupitres, alors même qu’elle était en train d’écrire au tableau.
Les domestiques de l’institut ont également laissé des témoignages dans lesquels ils ont affirmé que le "double’’ s’était manifesté de nombreuses fois durant les mois suivants cet événement. Certains ont même précisé que son comportement devenait de plus en plus inquiétant.

Un jour, pendant que les pensionnaires étaient dans une salle du rez-de-chaussée pour travailler sur des broderies sous la garde d’un professeur, elles pouvaient voir à travers la fenêtre leur préceptrice de Français faire des allées et venues à travers le parc. Mais lorsque le professeur qui était avec elles a dû s'absenter, il a immédiatement été remplacé dans sa surveillance par Mlle Sagée, qui s’est alors assise parfaitement immobile et silencieuse dans la salle. Dans le même temps, les élèves pouvaient continuer de voir la vraie Mlle Sagée continuant ses allées et venues dans le parc.
Par curiosité, quelques pensionnaires ont quitté leurs places pour se mettre autour du "double’" et le toucher. Il n’a opposé aucune résistance. Les élèves ont par la suite affirmé que son corps était comme "vide", car en le touchant, elles ont eu l’impression que leurs doigts pouvaient en quelque sorte s’enfoncer dans sa peau. L’étrange "double" a alors disparu sous leurs yeux de manière inexplicable. 

Au départ, les élèves n'ont pas osé le raconter, mais elles ont fini par en parler à leurs gouvernantes et à leurs parents. Suite à ça, la direction de l’établissement a préféré nier les faits. À l’arrivée des vacances d’été, le pensionnat ne comptait plus qu’une dizaine d'adolescentes (contre une quarantaine en début d’année) car la plupart des familles n’avaient pas souhaité laisser leurs filles dans l'établissement.
Le directeur, qui n’avait jamais vu les phénomènes de ses yeux et qui ne croyait pourtant pas à ces choses, a tout de même décidé de renvoyer Émilie Sagée. Avant de faire cela, il a toutefois décidé d’avoir une discussion avec elle dans son bureau, discussion au cours de laquelle elle aurait avoué avoir déjà dû changer d’employeur à cause de faits similaires, mais a juré n’y être strictement pour rien.

En 1890, l'une de ses anciennes élèves a contacté le parapsychologue Russe Alexandre Aksakof et lui a raconté l’affaire. À compter de ce jour, Aksakof a souvent rendu visite à Émilie, et est allé jusqu’à la recommander comme préceptrice à une riche famille Russe. Il est resté en contact avec elle pendant quelques années, jusqu'à ce que sa trace soit perdue définitivement, suite à un événement tragique.

Émilie est devenue la dame de compagnie d’une riche douairière Russe, mais la femme a été retrouvée morte dans son palais en l’absence d’Émilie. Des témoins ont pourtant assuré l’avoir vue sortir du palais de sa maîtresse la nuit même du décès alors qu’elle avait affirmé être à la résidence d’été de la comtesse à Saint-Pétersbourg toute la nuit durant. De plus, l'intendant et le régisseur de la résidence d’été ont confirmé qu’elle ne les avaient pas quittés de la nuit.

Certains ont rapporté qu’Émilie est par la suite partie vivre chez des membres de sa famille. Ses neveux, qui voyaient régulièrement son double, ont raconté qu’ils avaient deux Tantes Émilie.

Ce texte est un "résumé" du cas Émilie Sagée, les événements relatés se sont supposément vraiment passés. Aujourd’hui, certains disent qu’il s’agit simplement d’un cas d’hallucinations collectives, voire de folie, alors que d’autres pensent qu’il pourrait s’agir d’une preuve de la véritable existence des Doppelgänger. Quoi qu’il en soit, l’affaire Émilie Sagée reste assez mystérieuse. 



lundi 19 août 2019

Kabukicho

Si vous vous baladez au hasard, la nuit, dans les rues peu fréquentées de Shinjuku, à Tokyo, il vous sera peut-être encore possible, à l'écart des love hôtels et des salons de massage, de tomber sur une étrange boutique. Une simple bâche plastifiée, semblable à un rideau de douche, en masquera l'entrée. À l'intérieur, vous trouverez des milliers de DVD entassés partout, sans ordre, le long des murs ou en tas au milieu de la pièce. La plupart sont des films X, ou de vieilles séries B d'occasion. Par une porte entrouverte, vous aurez peut-être la chance d’apercevoir, dans les toilettes, accrochée près du miroir, la mignonne photo d'un bébé singe tout noir et tout fripé, les yeux fermés, tétant un sein de femme. Sous la photo, quelqu'un aura gribouillé à la craie un simple mot : « ブラインド ».

Une très vieille femme tiendra le comptoir. Si vous ne lui parlez pas japonais, elle ne vous répondra pas. Si vous parlez japonais, vous pourrez lui demander à voir les VHS. Elle niera d'abord avoir la moindre cassette dans son magasin. Vous devrez insister et probablement lui faire don de quelques yens. Elle vous conduira alors dans l'arrière-boutique. Ici, à même le sol, seront alignées une petite vingtaine de VHS noires, sans coffrets. Aucune inscription, si ce n'est, écrits au feutre blanc, en lettres latines, quelques codes mystérieux tels que MASD-002, KT-606, MKDD-04 ou LPS-008.
Si vous payez quelques yens de plus, elle vous laissera seul dans l'arrière-boutique, avec une vieille télévision et un magnétoscope. Vous pourrez alors regarder les films. Vous découvrirez ce que peu de spectateurs ont vu : des femmes et des hommes torturés avec des clous ou des aiguilles, des bouches cousues, des seins mutilés, de jeunes personnes forcées d'ingurgiter des insectes, de se rouler dans du sang d'animaux, d'avoir des relations sexuelles avec toutes sortes de créatures, ou d'étaler sur leur peau leurs propres excréments...

Quand vous serez lassé, si vous en voulez plus, demandez à voir la seconde collection de VHS. À nouveau la boutiquière niera, à nouveau vous en aurez pour votre poche. Elle vous conduira alors, par un petit escalier, à la première cave. Ici, le bâtiment semblera abandonné. Les couloirs seront sombres, obstrués de plâtre et de morceaux de faïence brisée. Si vous abandonnez quelques instants votre guide pour faire un petit tour du lieu, vous découvrirez une porte close, sur laquelle on a tagué un grand singe noir aux yeux semblables à deux trous blancs. Des moisissures auront couvert le sol aux pieds de l'animal. Quelqu'un aura tracé cinq lettres, avec son doigt, au milieu des champignons humides : « ブラインド ».

Rejoignez la vieille boutiquière. Elle vous attendra près d'une autre porte, celle-là complètement rouge. L'odeur sera insupportable. Vous n'aurez d'autre choix que de vous asseoir à même le sol, devant une télévision encore plus antique que la première. Des coulures et des tâches couvriront en partie l'écran. Un vestiaire vous attendra dans le coin le plus sombre de la pièce. La femme vous donnera une petite clé et une serviette, puis vous laissera seul.
Ouvrez le vestiaire. À l'intérieur, vous trouverez un grand sac et six cassettes, vierges de toute inscription. Le sac bougera, comme s'il grouillait de choses vivantes. N'ayez pas la malheureuse curiosité de l'ouvrir. Vous pourrez mettre une cassette dans le magnétoscope. Elles ne montreront rien d'autre que la mort et la putréfaction. Vous n'aurez jamais connu la mort avant d'avoir vu ces films. Ne vous avisez pas de voler l'une des VHS.

Quand vous aurez terminé, sortez. La femme vous attendra derrière la porte. Rendez-lui la clé. Elle vous pressera de partir. N'en faites rien. Demandez à voir le film. Elle vous demandera lequel. Répondez simplement « le film ». Elle n'aura pas l'air surprise, et ne demandera pas d'argent. En fait, elle ne vous dira rien. Elle vous tournera le dos, et s'enfoncera dans des couloirs abandonnés. Suivez-la. Elle vous mènera à une trappe, dissimulée sous un tas de cartons, à proximité du graffiti de singe. Vous descendrez par une longue échelle. Vous descendrez jusqu’à la seconde cave.

En bas, tout sera rouge. Une pièce ronde et vide. Au centre, le sol sera percé d'une plaque d'égout. Un verrou en interdira l'accès. Une télévision vous attendra, une télévision des premiers modèles, une télévision préhistorique, délabrée, à l'écran fissuré et couvert d'une épaisse couche de poussière et de graisse. Il n'y aura plus ni cassette, ni magnétoscope. Juste la télévision. L'écran s'illuminera soudainement. De la neige apparaîtra. Vous entendrez des gloussements, des cris rauques, des grognements de bêtes. Puis vous verrez les premières images du film. Un souterrain noir. Une femme. Un monstre. Un monstre noir, énorme. Un monstre aux yeux blancs. Fermez les yeux. Mettez vos mains devant vos paupières. Ne regardez pas. Malgré tout ce que vous aurez déjà vu, ne regardez pas. Vous entendrez des choses horribles. N'ouvrez pas les yeux. Ne baissez pas vos mains. Le film se terminera sur un sifflement strident.
Alors, vous pourrez enfin ouvrir les yeux. Sur l'écran, il y aura cinq caractères. Et leur reflet dans la plaque d'égout, au centre de la pièce, formera le mot « ブラインド ».
Et les gloussements ne cesseront pas. Ils ne viendront plus de la télévision. Ils viendront d'en-dessous.

La télévision s’éteindra. Tapez contre les barreaux de l'échelle. La femme ouvrira la trappe au dessus de vous. Ne lui demandez plus de voir le film. Demandez lui de vous montrer la réalité. Vous n'aurez pas besoin d'insister. Elle vous jettera une clé et refermera la trappe. Prenez la clé et dirigez-vous vers la plaque d'égout. Mettez la clé dans la serrure et ouvrez le verrou. Devant vous, il n'y aura plus qu'un puits noir. Il n'y aura rien que l'obscurité. L'obscurité et les gloussements de ブラインド.





Une bonne creepypasta "à l'ancienne" comme je les aime, pas vous ?