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lundi 16 septembre 2019

Le mur rouge

"Aujourd'hui la caissière n'était pas très avenante. Je n'étais pas très rapide non plus c'est vrai, mais elle aurait pu être un peu plus patiente, plutôt que de me fixer de son regard bovin en me pressant de mettre mes articles dans mon sac. 

Je me suis brûlé à la main en essayant de sortir mon assiette du micro-ondes. Ça fait un mal de chien mais ça va, j'ai vécu pire.  

Le temps est exécrable dehors. Pourtant, il y a un homme qui m'observe de derrière ma fenêtre. Celle dans le mur rouge. Cet homme, je l'ai aperçu il y a un petit moment déjà, et à chaque fois que je passe devant la vitre, il est là, à me suivre. Je n'ose pas m'approcher. Même s'il reste la plupart du temps sans bouger et qu'il n'a jamais tenté d'entrer, il me fait peur. Je ne l'ai pas vu clairement mais je suis persuadé que c'est une sale race. Si c'est un nègre ou un bicot et qu'il essaie quoi que ce soit, il sera bien reçu. 

Depuis plusieurs jours il ne bouge pas. Quand je me plante devant la fenêtre du mur rouge, il me toise. Il reste là, ses yeux plantés dans les miens. Je distingue très mal son visage. En fait, je distingue très mal tout ce qui m'entoure depuis que j'ai cassé le verre droit de mes lunettes. Il faudra que je les répare.
Cette nuit je l'ai entendu. Je me suis levé pour aller aux toilettes et je suis passé devant la fenêtre. Je l'ai vu, et il m'a vu aussi. Je lui ai crié de dégager d'ici. Il m'a répondu la même chose, avec ma voix. Il a parlé avec ma voix. En fait, c'est comme si il prévoyait à l'avance tout ce que j'allais dire et qu'il le répétait presque aussitôt. 

J'arrive à l'éviter. Selon l'angle dans lequel je me positionne devant la fenêtre, il s'en va. Je crois que quand il ne me voit plus, il part. Et il revient dès que je repasse devant la fenêtre. Je suis peut-être un spectacle pour lui. Un bien triste spectacle.

Il parle avec ma voix mais il semble avoir d'autres facultés. Quand je me suis levé ce matin, il était déjà là. Je lui ai fait un signe de la main pour lui dire de partir, que c'en était assez pour moi. Il m'a renvoyé mon geste, presque en même temps. J'ai levé le bras, il l'a levé aussi. Je me suis penché en avant, il s'est penché en avant également. Il a pris ma voix et il commence à m'imiter à la perfection, au millième de seconde près. J'ai peur qu'il essaie de me remplacer. C'est ça. Il est venu m'observer, puis petit à petit il me remplace. J'ai fait mes bagages. Et il me regardait toujours, imitant mes gestes.

 Je sais qu'il neige dehors et que Mme Verdin ne veut pas que je sorte sans elle mais elle n'est pas levée et je ne veux pas rester ici. Pas avec cette chose qui m'observe derrière la fenêtre, dans le mur rouge."

Mon grand-père Charles, est mort il y a quelques mois à l'âge de 86 ans. Il souffrait de pertes de mémoire légères, mais il était assez loin de l'Alzheimer. Son médecin lui avait conseillé de consigner ses journées dans un carnet, c'était une bonne thérapie selon lui pour remédier aux oublis passagers. Son état s'était cependant dégradé ces derniers temps, et ses propos étaient parfois incohérents. 

Ce que vous avez lu plus haut, ce sont les dernières entrées de son petit carnet. J'ai tout retranscrit au mot près. À ce stade-là, je pense qu'il est important que je vous dise comment est mort mon grand père. Ce matin-là, c'est sa concierge, Mme Verdin, qui l'a retrouvé mort, le crâne ouvert près d'une plaque de verglas à l'entrée de son immeuble.

L'appartement dans lequel vivait mon grand-père Charles n'était pas très grand. Il avait surtout la spécificité d'être en sous-sol. Il n'y avait donc aucune fenêtre, et les murs étaient vierges. À l'exception du mur rouge, sur lequel était fixé un miroir.



lundi 9 septembre 2019

Mute

J'en ai déjà parlé sur ce site, mais adolescent, je me passionnais pour le cinéma underground. Avec d'autres amateurs, nous nous échangions des VHS de films pour la plupart trash, gores et parfois pornographiques. J'ai découvert comme ça un certain nombre de noms aujourd'hui mieux connus du grand public, comme Jörg Buttgereit, Keneth Anger, Bruno Mattei ou Hisayasu Satō. J'ai aussi découvert un film qui continue aujourd'hui encore à me hanter, un film asiatique dont je ne connais toujours pas le nom, et sur lequel apparaissaient différentes tortures animales. Je l'ai déjà évoqué sur ces pages. L'article doit encore être trouvable sous le nom « Vieille VHS. » D'ailleurs, pour ceux que ça intéresse, mon enquête là-dessus n'a pas beaucoup avancé, et je suis toujours à la recherche de la moindre information que quiconque pourrait me fournir à propos de ce « truc ».

Mais ce n'est pas de ce film dont je vais vous parler aujourd'hui. Il y a quelques mois, j'ai eu la chance, sur facebook, de retrouver un vieux camarade de l'époque. Nous nous sommes vus, et nous avons, comme vous pouvez l'imaginer, longuement conversé du bon vieux temps. Aussi, notre discussion a vite dérivé sur les VHS. Nous avions tous les deux vus passer un certain nombre de films glauques qui semblent aujourd'hui totalement oubliés. Mais malgré nos recherches, impossible de retrouver la trace de certaines de nos très chères – et traumatisantes – pépites. Évidemment, mon ami a fini par me parler de ce moyen-métrage qui mettait en scène la mort d'un rat et d'un chaton. Mais étonnamment, ce n'était pas ce film qui l'avait le plus choqué. Pour lui, la voix du présentateur donnait aux scènes un aspect un peu « loufoque » qui cassait le malaise. D'ailleurs, il était presque sûr que les réalisateurs avaient utilisé des effets spéciaux, dans le plus pur style des Guinea Pigs. Du moins, il préférait s'en convaincre...

Il m'a ensuite parlé d'un autre film, un film dont il avait oublié le nom. Il a commencé à me le décrire, à me décrire la pochette qui montrait, dans ses souvenirs, un bébé difforme entouré d'une sorte d'aura verdâtre. Le reste de la pochette était parfaitement noir, avec quelques idéogrammes japonais. Au niveau du film en lui-même, mon ami n'avait que quelques flashs d'une bobine presque amateur, tournée dans une sorte de cave, où des dizaines d'étagères étaient recouvertes de cadavres mutilés et d'enfants morts-nés conservés dans des bocaux. Ce film, je l'avais vu aussi. Et contrairement à mon ami, je me souvenais de son nom. Celui-ci m'était revenu comme un flash, comme un souvenir très longtemps refoulé : Mute. Notre conversation a ensuite dérivé sur d'autres sujets.

Deux ou trois semaines plus tard, mon ami m'a appelé. Il venait de fouiller de vieux cartons, des cartons qu'il n'avait pas ouvert depuis la mort de son dernier magnétoscope, il y a plus de quinze ans. Il y avait retrouvé plein de vieux films. Il savait que moi, toujours aussi passionné, j'avais conservé un magnétoscope auquel je tenais comme à la prunelle de mes yeux. Il m'a donc proposé de se faire une petite séance ciné chez moi. Tout réjoui, j'ai accepté immédiatement.

Il est arrivé en début de soirée. Je vous passe l'apéro, les bières et les conversations sur nos familles et boulots respectifs. Est donc venu le moment où il a ouvert son gros sac à dos noir, dont il a sorti six ou sept cassettes. Il y avait là des nanars et des films érotiques – principalement italiens – des années 1970. C'est alors que je l'ai vue. Une pochette noire, avec un halo verdâtre au milieu : Mute. Mon ami m'a appris qu'il venait de le retrouver, qu'il l'avait cherché après nos retrouvailles et qu'il était presque sûr de l'avoir encore. Et bingo ! Le film était bien là, en « chair et en os » si je puis dire.


Évidemment, mon premier choix s'est porté sur celui-là. Je l'ai saisi, l'ai mis dans le magnéto, et on s'est tous les deux enfoncés dans le canapé, un paquet de chips à portée. Un petit frisson m'a traversé l'échine dès l'apparition des premières images.

Déjà, première surprise : le format était carré, parfaitement carré. Le logo Baroque, déjà présent sur la jaquette de la cassette, apparaissait en haut à gauche du cadre. Une première séquence en noir et blanc montrait un groupe d'hommes qui marchaient dans un couloir. Au bout de quelques secondes, ils se sont arrêtés devant une porte entrouverte. À l’intérieur, dans l'obscurité, on devinait des silhouettes étranges... Puis arrivait le titre du film, blanc, minuscule, au centre d'un immense fond noir : Mute.

Le film enchaînait sur un visage presque décomposé, gris, crevassé, boursouflé, ignoble. Zoom arrière, révélant que ce deenier appartenait à une tête coupée dans un bocal. D'autres plans sur des têtes coupées plus ou moins bien conservées ont suivi. À un moment, la caméra a filmé un visage de profil. Le cameraman lui a tourné autour, et a contourné le bocal, pour révéler que la tête était en fait parfaitement coupée en deux, dans le sens vertical. Le cerveau, la colonne vertébrale et les tissus mous transparaissent à travers le verre épais.

Le film a alors montré des torses ouverts, leurs entrailles collées comme des ventouses aux parois transparentes. Nous avons vu des bras et des jambes écorchés, dont l'os et les tendons étaient apparent, mais dont la main, elle, était parfaitement conservée, avec une peau jaune et des ongles sales. Nous avons regardé ainsi des plans sur des morceaux de corps qui s’enchaînaient et s’enchaînaient encore et encore, sans discontinuer. Puis sont venus les bébés...

Des êtres difformes flottant dans des bocaux. L'un avait une tête énorme, l'autre était anencéphale, les images de siamois dans des positions étranges se succédaient... Sur un plan, on pouvait voir deux  petits corps qui étaient soudés sous la même tête gonflée. La caméra les a alors contournés, montrant qu'il y avait en réalité un autre visage greffé à l'arrière de celle-ci. Sont alors venus des images de nouveaux-nés sans visage, sans mains, sans pieds, et possédant des malformations dont j'ignorais même l'existence et que je ne peux décrire. Tous les visages étaient ronds, grisâtres, et ressemblaient à des masques. Leurs orbites étaient vides, et les parties de leurs corps qui touchaient les vitres de leur bocal avaient déjà commencé à se décomposer. Leurs petits corps étaient également recouverts de trous sanglants, et leur peau était tellement fripée qu'elle semblait sur le point de se détacher.

Le cameramana a passé un temps infini à filmer ces petits êtres. Il n'y avait pas de bruit, pas de musique... juste le ronronnement de la caméra. J'étais de plus en plus mal à l'aise. Les traumatismes de l’adolescence remontaient. Dans la pénombre, j'ai regardé mon ami. Sa bouche faisait une horrible grimace, et ses yeux étaient comme exorbités. Il ne pouvait plus détourner le regard de l'écran. Je suis revenu à la télévision. Le cameraman filmait maintenant un enfant de deux ou trois ans, éventré, conservé dans un grand bloc de verre au bas d'une étagère. Derrière lui, à même la paroi humide, était clouée la peau du ventre du gamin, parfaitement ovale.

C'est à ce moment-là que j'ai quitté la pièce. Je ne peux pas dire que j'avais la nausée, mais j'avais besoin d'une pause, de respirer un peu d'air frais. Quand je suis revenu, quelques minutes plus tard, mon ami était toujours là. J'ai retourné mon regard vers l'écran. Des petits bébés aveugles, de toutes les tailles, s'alignaient dans une vitrine. Deux grands corps adultes baignaient dans de grands sarcophages en verre. Ce n'est qu'à ce moment-là que j'ai fait attention aux symboles présents sur les écriteaux. Ce n'était pas du japonais. Je n'ai pas réussi à identifier la langue, probablement un alphabet du sud-est asiatique, ou alors assez proche de l'indien... Je ne suis sûr de rien.

Le film s'est enfin terminé. Il n'a duré que quarante-cinq minutes. Il s'achevait brusquement, sans conclusion, sur l'image d'un squelette accroché au mur. Mon ami et moi sommes peu à peu revenus du choc. Nous n'osions même pas parler de ce que nous venions de voir.

Un peu plus tard dans la soirée, nous avons néanmoins décidé de faire quelques recherches sur internet. Impossible de trouver la moindre information. Le film semblait absolument inconnu du reste du monde. Finalement, nous avons trouvé un petit site américain, probablement illégal, qui prétendait commercialiser, à prix d'or, des bootlegs du film. Selon le site, Baroque serait une filière du producteur Aroma Planning, spécialisé dans le porno trash. La maison de distribution Baroque était spécialisée dans les films gores, très gores, et dépravés. C'est à eux notamment que l'on doit les œuvres les plus trash de Tamakishi Anaru, notamment les « célèbres » Tumbing doll of flesh et Women's flesh my red guts. Pour ce qui était de Mute, le film aurait fait partie des « annulés ». Des films tournés, mis en boîtes, mais jamais sortis. Baroque a fini par s'éteindre, gardant précieusement, au fond de ses tiroirs, une poignée de films « maudits. » Mute n'aurait jamais dû refaire surface. 

J'y ai longuement pensé depuis. Il y a tellement de mystères autour de cette vidéo. Qui l'a tournée ? Quand ? Où ? Est-ce que l'auteur a voulu dire quelque chose avec son film ? Tous ces visages muets, tous ces enfants morts jetés dans des bocaux, que nous criaient-ils ?

Mais surtout, surtout, comment ce foutu film s'est-il retrouvé dans le carton de mon pote ?









lundi 2 septembre 2019

Le cas Émilie Sagée

Le Doppelgänger est notamment présent dans la mythologie Germanique et la mythologie Nordique, et est représenté comme une sorte de "copie" d’un individu. Il est souvent considéré comme une version alternative maléfique d’une personne. Selon d’autres légendes, lorsqu’un Doppelgänger apparaît, c’est un mauvais présage. Il est aussi raconté par certaines légendes, que si l’on voit le Doppelgänger d’une personne que l’on connaît, cela prédit en réalité notre mort.

En 1845, Émilie Sagée, une Française née à Dijon, a été engagée comme préceptrice par le directeur d’un pensionnat pour jeunes filles nobles à Riga, en Lettonie. Elle a très vite été appréciée du directeur et des élèves, mais seulement quelques semaines après son arrivée, les élèves du pensionnat ont commencé à raconter des histoires à son sujet.

Au tout début, lorsque les collègues d’Émilie ont pris connaissance des rumeurs, ils n’y ont pas prêté attention, pensant que c'étaient des histoires inventées par les élèves. Mais un soir, le chef des jardiniers du domaine a vu la jeune femme se promener dans le parc alors que tous les professeurs et élèves étaient au réfectoire. Intrigué, il a décidé d’aller voir dans le bâtiment, mais a trouvé Émilie en train de manger à la table des professeurs. Il est immédiatement retourné dans le parc pour croiser de nouveau le "double" de la jeune femme qui marchait, un livre à la main.
Plusieurs jours plus tard, alors qu’elle était en train d’écrire une fable au tableau devant ses élèves, plusieurs des pensionnaires se sont retournées et ont vu le "double’’ de Mlle Sagée, assis à la dernière rangée de pupitres, alors même qu’elle était en train d’écrire au tableau.
Les domestiques de l’institut ont également laissé des témoignages dans lesquels ils ont affirmé que le "double’’ s’était manifesté de nombreuses fois durant les mois suivants cet événement. Certains ont même précisé que son comportement devenait de plus en plus inquiétant.

Un jour, pendant que les pensionnaires étaient dans une salle du rez-de-chaussée pour travailler sur des broderies sous la garde d’un professeur, elles pouvaient voir à travers la fenêtre leur préceptrice de Français faire des allées et venues à travers le parc. Mais lorsque le professeur qui était avec elles a dû s'absenter, il a immédiatement été remplacé dans sa surveillance par Mlle Sagée, qui s’est alors assise parfaitement immobile et silencieuse dans la salle. Dans le même temps, les élèves pouvaient continuer de voir la vraie Mlle Sagée continuant ses allées et venues dans le parc.
Par curiosité, quelques pensionnaires ont quitté leurs places pour se mettre autour du "double’" et le toucher. Il n’a opposé aucune résistance. Les élèves ont par la suite affirmé que son corps était comme "vide", car en le touchant, elles ont eu l’impression que leurs doigts pouvaient en quelque sorte s’enfoncer dans sa peau. L’étrange "double" a alors disparu sous leurs yeux de manière inexplicable. 

Au départ, les élèves n'ont pas osé le raconter, mais elles ont fini par en parler à leurs gouvernantes et à leurs parents. Suite à ça, la direction de l’établissement a préféré nier les faits. À l’arrivée des vacances d’été, le pensionnat ne comptait plus qu’une dizaine d'adolescentes (contre une quarantaine en début d’année) car la plupart des familles n’avaient pas souhaité laisser leurs filles dans l'établissement.
Le directeur, qui n’avait jamais vu les phénomènes de ses yeux et qui ne croyait pourtant pas à ces choses, a tout de même décidé de renvoyer Émilie Sagée. Avant de faire cela, il a toutefois décidé d’avoir une discussion avec elle dans son bureau, discussion au cours de laquelle elle aurait avoué avoir déjà dû changer d’employeur à cause de faits similaires, mais a juré n’y être strictement pour rien.

En 1890, l'une de ses anciennes élèves a contacté le parapsychologue Russe Alexandre Aksakof et lui a raconté l’affaire. À compter de ce jour, Aksakof a souvent rendu visite à Émilie, et est allé jusqu’à la recommander comme préceptrice à une riche famille Russe. Il est resté en contact avec elle pendant quelques années, jusqu'à ce que sa trace soit perdue définitivement, suite à un événement tragique.

Émilie est devenue la dame de compagnie d’une riche douairière Russe, mais la femme a été retrouvée morte dans son palais en l’absence d’Émilie. Des témoins ont pourtant assuré l’avoir vue sortir du palais de sa maîtresse la nuit même du décès alors qu’elle avait affirmé être à la résidence d’été de la comtesse à Saint-Pétersbourg toute la nuit durant. De plus, l'intendant et le régisseur de la résidence d’été ont confirmé qu’elle ne les avaient pas quittés de la nuit.

Certains ont rapporté qu’Émilie est par la suite partie vivre chez des membres de sa famille. Ses neveux, qui voyaient régulièrement son double, ont raconté qu’ils avaient deux Tantes Émilie.

Ce texte est un "résumé" du cas Émilie Sagée, les événements relatés se sont supposément vraiment passés. Aujourd’hui, certains disent qu’il s’agit simplement d’un cas d’hallucinations collectives, voire de folie, alors que d’autres pensent qu’il pourrait s’agir d’une preuve de la véritable existence des Doppelgänger. Quoi qu’il en soit, l’affaire Émilie Sagée reste assez mystérieuse. 



lundi 19 août 2019

Kabukicho

Si vous vous baladez au hasard, la nuit, dans les rues peu fréquentées de Shinjuku, à Tokyo, il vous sera peut-être encore possible, à l'écart des love hôtels et des salons de massage, de tomber sur une étrange boutique. Une simple bâche plastifiée, semblable à un rideau de douche, en masquera l'entrée. À l'intérieur, vous trouverez des milliers de DVD entassés partout, sans ordre, le long des murs ou en tas au milieu de la pièce. La plupart sont des films X, ou de vieilles séries B d'occasion. Par une porte entrouverte, vous aurez peut-être la chance d’apercevoir, dans les toilettes, accrochée près du miroir, la mignonne photo d'un bébé singe tout noir et tout fripé, les yeux fermés, tétant un sein de femme. Sous la photo, quelqu'un aura gribouillé à la craie un simple mot : « ブラインド ».

Une très vieille femme tiendra le comptoir. Si vous ne lui parlez pas japonais, elle ne vous répondra pas. Si vous parlez japonais, vous pourrez lui demander à voir les VHS. Elle niera d'abord avoir la moindre cassette dans son magasin. Vous devrez insister et probablement lui faire don de quelques yens. Elle vous conduira alors dans l'arrière-boutique. Ici, à même le sol, seront alignées une petite vingtaine de VHS noires, sans coffrets. Aucune inscription, si ce n'est, écrits au feutre blanc, en lettres latines, quelques codes mystérieux tels que MASD-002, KT-606, MKDD-04 ou LPS-008.
Si vous payez quelques yens de plus, elle vous laissera seul dans l'arrière-boutique, avec une vieille télévision et un magnétoscope. Vous pourrez alors regarder les films. Vous découvrirez ce que peu de spectateurs ont vu : des femmes et des hommes torturés avec des clous ou des aiguilles, des bouches cousues, des seins mutilés, de jeunes personnes forcées d'ingurgiter des insectes, de se rouler dans du sang d'animaux, d'avoir des relations sexuelles avec toutes sortes de créatures, ou d'étaler sur leur peau leurs propres excréments...

Quand vous serez lassé, si vous en voulez plus, demandez à voir la seconde collection de VHS. À nouveau la boutiquière niera, à nouveau vous en aurez pour votre poche. Elle vous conduira alors, par un petit escalier, à la première cave. Ici, le bâtiment semblera abandonné. Les couloirs seront sombres, obstrués de plâtre et de morceaux de faïence brisée. Si vous abandonnez quelques instants votre guide pour faire un petit tour du lieu, vous découvrirez une porte close, sur laquelle on a tagué un grand singe noir aux yeux semblables à deux trous blancs. Des moisissures auront couvert le sol aux pieds de l'animal. Quelqu'un aura tracé cinq lettres, avec son doigt, au milieu des champignons humides : « ブラインド ».

Rejoignez la vieille boutiquière. Elle vous attendra près d'une autre porte, celle-là complètement rouge. L'odeur sera insupportable. Vous n'aurez d'autre choix que de vous asseoir à même le sol, devant une télévision encore plus antique que la première. Des coulures et des tâches couvriront en partie l'écran. Un vestiaire vous attendra dans le coin le plus sombre de la pièce. La femme vous donnera une petite clé et une serviette, puis vous laissera seul.
Ouvrez le vestiaire. À l'intérieur, vous trouverez un grand sac et six cassettes, vierges de toute inscription. Le sac bougera, comme s'il grouillait de choses vivantes. N'ayez pas la malheureuse curiosité de l'ouvrir. Vous pourrez mettre une cassette dans le magnétoscope. Elles ne montreront rien d'autre que la mort et la putréfaction. Vous n'aurez jamais connu la mort avant d'avoir vu ces films. Ne vous avisez pas de voler l'une des VHS.

Quand vous aurez terminé, sortez. La femme vous attendra derrière la porte. Rendez-lui la clé. Elle vous pressera de partir. N'en faites rien. Demandez à voir le film. Elle vous demandera lequel. Répondez simplement « le film ». Elle n'aura pas l'air surprise, et ne demandera pas d'argent. En fait, elle ne vous dira rien. Elle vous tournera le dos, et s'enfoncera dans des couloirs abandonnés. Suivez-la. Elle vous mènera à une trappe, dissimulée sous un tas de cartons, à proximité du graffiti de singe. Vous descendrez par une longue échelle. Vous descendrez jusqu’à la seconde cave.

En bas, tout sera rouge. Une pièce ronde et vide. Au centre, le sol sera percé d'une plaque d'égout. Un verrou en interdira l'accès. Une télévision vous attendra, une télévision des premiers modèles, une télévision préhistorique, délabrée, à l'écran fissuré et couvert d'une épaisse couche de poussière et de graisse. Il n'y aura plus ni cassette, ni magnétoscope. Juste la télévision. L'écran s'illuminera soudainement. De la neige apparaîtra. Vous entendrez des gloussements, des cris rauques, des grognements de bêtes. Puis vous verrez les premières images du film. Un souterrain noir. Une femme. Un monstre. Un monstre noir, énorme. Un monstre aux yeux blancs. Fermez les yeux. Mettez vos mains devant vos paupières. Ne regardez pas. Malgré tout ce que vous aurez déjà vu, ne regardez pas. Vous entendrez des choses horribles. N'ouvrez pas les yeux. Ne baissez pas vos mains. Le film se terminera sur un sifflement strident.
Alors, vous pourrez enfin ouvrir les yeux. Sur l'écran, il y aura cinq caractères. Et leur reflet dans la plaque d'égout, au centre de la pièce, formera le mot « ブラインド ».
Et les gloussements ne cesseront pas. Ils ne viendront plus de la télévision. Ils viendront d'en-dessous.

La télévision s’éteindra. Tapez contre les barreaux de l'échelle. La femme ouvrira la trappe au dessus de vous. Ne lui demandez plus de voir le film. Demandez lui de vous montrer la réalité. Vous n'aurez pas besoin d'insister. Elle vous jettera une clé et refermera la trappe. Prenez la clé et dirigez-vous vers la plaque d'égout. Mettez la clé dans la serrure et ouvrez le verrou. Devant vous, il n'y aura plus qu'un puits noir. Il n'y aura rien que l'obscurité. L'obscurité et les gloussements de ブラインド.





Une bonne creepypasta "à l'ancienne" comme je les aime, pas vous ?





lundi 12 août 2019

Et c'est comme ça que j'ai rencontré ta mère.

"C'était il y a un peu plus de 20 ans. J'étais un jeune garçon à l'époque. Je n'avais encore jamais vécu de vraies relations avec une fille. Mais quand je l'ai vue, mon coeur a tout de suite su que ce serait elle, la future mère de mes enfants.
Elle avait tout pour plaire. De longs cheveux bruns, flottants au vent. Un visage angélique. Une poitrine ni trop petite, ni trop grosse. Elle était parfaite.
Elle s'appelait Cindy.

Avant de l'aborder, je l'avais quelquefois observée. Elle avait l'habitude d'aller déjeuner dans ce fast-food, au bord de la route. Je l'attendais souvent là-bas, la regardant manger son burger.
D’ordinaire, je n'aimais vraiment pas les lieux publics, mais il n'y avait pas trop de monde dans celui-ci, donc cela me convenait.
Puis, au bout de quelques semaines, j'ai sauté le pas. Au début, c'était vraiment laborieux. Mon manque d'expérience se faisait ressentir, et j'ai très souvent cru qu'elle ne voudrait plus me voir.

Mais petit à petit, j'ai appris à la connaître. Elle était venue des États-Unis en France pour étudier. Elle était ici depuis 2 ans, et comptait bien rester. Elle aimait tellement ce pays !
Au bout de quelques temps, on a fini par faire des sorties ensemble, dîner en tête à tête, aller à des parcs d'attractions... Et au bout d’un an, nous nous sommes mis en couple.
Notre relation était parfaite de bout en bout. Je lui montrais mon amour tous les jours. C'est avec des petites attentions, chaque jour, que l'on construit la base d'un couple sain.
Mais moi, ce que voulais, c'était un enfant. Toute ma vie, j'avais attendu ce moment. Elle n'était pas prête, me disait qu'elle était trop jeune pour penser à ça. Mais avec beaucoup de persuasion et d'insistance, elle a fini par céder.

Elle est donc tombée enceinte. Elle espérait un garçon, tandis que je voulais désespérément une fille. Ma propre mère m'avait un jour raconté que pour avoir une fille, une future mère devait manger beaucoup de laitage. Je lui en ai donc donné à volonté.
Et enfin, au bout du terme, Cindy a enfin donné la vie... Une petite fille ! Mon vœu avait été exaucé. Nous étions tous les deux ravis. Pendant sa grossesse, j'avais acheté une petite maison en campagne, qui deviendrait notre demeure familiale.

N'aimant pas les lieux publics, je n'étais pas allé voir Cindy et ma petite fille à l'hôpital. J'ai donc patiemment attendu qu'elles viennent à moi, déposées par un taxi, sur le seuil de cette maison.
Cindy était là, sur le pas de la porte, tenant dans ses bras notre enfant. Elle me l'avait tendue, en me disant :
"Voilà ta fille. Je te présente Éloïse."
Et c'est comme ça que j'ai rencontré ta mère.

Je me suis rapidement débarrassé de Cindy, je n'avais plus besoin d'elle. J'ai élevé Éloïse seul, jusqu'à ce qu'elle soit en âge de comprendre les choses, puis je l'ai enfermée ici, dans cette pièce spécialement faite pour elle.
Comme sa mère, elle m'a donné une fille. Toi. Ma merveille. Mon amour.

Mais après, elle ne m'a donné que des garçons. Je n'ai que faire des garçons. Au bout d'un moment, j'ai donc dû me débarrasser de ta mère. Elle est maintenant dans la fosse commune, avec tous les autres.
Mais toi, je sais que tu ne me décevras pas. Tu me donneras une belle petite fille, qui, elle aussi, me donnera une autre fille. Le cycle ne sera jamais rompu.

Je sais que tu ne comprends pas, et, de toute façon, sans langue, tu ne pourras pas me répondre. Mais j'aime raconter cette histoire.
Je t'ai amené ton pot de yaourt. Aux fraises, comme tu les aimes. Si tu le finis rapidement, je t'enlèverai peut-être une de tes chaînes, pourquoi pas ?
Allez, sois sage. Je reviendrai demain."


lundi 5 août 2019

Madame Singletear

Extrait d'un compte rendu de l'interrogatoire d'un agent de police


Madame Singletear n’était pas de ces vieilles femmes qui  attendaient sagement la mort, elle ne regardait donc pas la télévision et ne tricotait aucun pull désuet pour d’éventuels petits-enfants. En effet, Anna Singletear, elle, considérait la vie comme une bénédiction  et, était bien décidée à profiter au maximum de chaque seconde restante jusqu’à sa mort. En fait, malgré ses huit décennies, elle demeurait bien plus active que tous les adolescents du village qui restaient cloitrés chez eux. Généreuse, altruiste ou courageuse, ce sont ce genre de qualificatifs qu’on citait pour décrire Madame Singletear.

Dans les petits villages où tout le monde se connaît, il est très courant que l’officier de police donne son numéro personnel aux habitants. En cas de besoin, ils peuvent me contacter sans problème. Alors, lorsqu’elle m’a appelé en larmes pour que je vienne chez elle rapidement, je n’ai pas hésité un instant.

Lorsque j’ai enfin rejoint sa vieille bâtisse, c’est une Madame Singletear méconnaissable qui m’a accueilli. Elle était, en effet, complètement paniquée, pleurait abondamment et était devenue anormalement pâle, elle qui avait le teint si mat.

On s’est assis autour d’une bonne tisane et elle m’a tout expliqué. Que depuis plusieurs jours, une étrange silhouette noire l’épiait à travers les fenêtres, et cela pendant des heures. Cette silhouette, elle pouvait parfaitement me la décrire : une ombre distordue qui pouvait mesurer jusqu’à plusieurs mètres, de ce qu’elle me disait, la chose adapterait sa taille pour pouvoir l’espionner où qu’elle soit, que ce soit dans sa chambre à l’étage ou dans le salon au rez-de-chaussée. La pauvre femme, terrorisée, n’osait même plus toucher à ses volets.

Naturellement, j’ai sorti ma lampe torche et j’ai fait mine de vérifier les alentours de la maison. J’ai, de ce fait, ignoré l’immense silhouette noire qui longeait le mur. Encore une autre.

J’ai évidemment feinté n’avoir rien trouvé, laissant Madame Singletear perplexe, mais un peu rassurée.

Vous savez, au début je pensais que les vieux avaient besoin d’un peu de compagnie, qu’ils inventaient des histoires pour que je boive du thé avec eux l’espace de quelques minutes. Puis je les ai vues moi aussi, ces ombres, ça ne sert à rien de les combattre, vous le savez mieux que moi. Au début ça vous ronge, vous faites croire à une vieille dame qu’elle hallucine, qu’elle disjoncte, que c’est la solitude qui la rend folle et vous culpabilisez. Mais, au fond de moi, je sais que j’ai fait les bons choix. C’est toujours pire quand ils apprennent la vérité, toujours plus brutal, plus violent. Et puis, les ombres me connaissent maintenant, c’est l’avantage.

J’ai continué de rendre visite à Madame Singletear tous les soirs, et tous les soirs c’était le même rituel que la veille, je faisais semblant de ne pas la voir, je rassurais la femme apeurée puis je repartais la gorge nouée.

Et puis, un soir, Madame Singletear m’a ouvert avec un grand sourire. Il était si malsain que j’en frissonne encore, pour tout vous dire. À partir de ce moment-là, j’ai su que la vieille dame que j’avais connue n’était plus de ce monde. Mais j’ai apprécié savoir qu’elle avait eu une mort assez douce, sans effusion de sang , un simple arrêt cardiaque. Je vous avais bien dit que c’était mieux pour tout le monde quand je n’agissais pas, pas vrai ?

J’ai enterré le corps dans le jardin, la nouvelle Madame Singletear m’épiant depuis la fenêtre du salon. Tout ça ne me fait plus rien honnêtement, j’ai tellement l’habitude maintenant.

Croyez-moi, personne ne peut faire la différence entre la véritable Anna Singletear et sa remplaçante, personne. Ses mouvements, sa démarche, ses tics de langage, tout a été copié à l’identique. Pour l’instant, les silhouettes s’attaquent aux personnes âgées, mais il viendra un moment où elles s’attaqueront à plus jeune. Je vous ai dit, on ne peut rien faire, tout est perdu.

mardi 2 juillet 2019

Communiqué de l'équipe : harcèlement

Membres de la crypte,

Ceci est un petit communiqué visant à résoudre une bonne fois pour toute un problème récurrent au sein de la communauté. Depuis les évènements ayant mené au renouveau du staff, le calme est globalement revenu. Pourtant, il nous arrive encore d'avoir des échos de plaintes, la plupart du temps concernant quelque chose s'apparentant de près ou de loin à du harcèlement (je ne rentrerai pas dans les détails car ces affaires ne regardent que les personnes impliquées, et aussi parce que les conclusions à en tirer restent les mêmes).

Tout le problème est décrit dans cette phrase : nous n'avons que des échos. Il peut nous être reproché de ne pas agir lorsque des membres ont des problèmes, mais il arrive souvent que nous découvrions lesdits problèmes au moment même où nous sommes accusés d'inaction. Néanmoins, nous tenons à réaffirmer notre position sur ce genre de choses, et vous assurer que nous considérons toute forme de harcèlement comme inacceptable et appelant inévitablement à une réaction de la part de l'équipe de modération.

Afin de nous permettre d'agir dans ce sens, nous avons toutefois besoin que vous vous tourniez vers le staff, et non vers d'autres membres ou anciens membres qui n'ont pas intégré le staff précisément parce qu'ils ne souhaitent pas s'occuper de ce genre de choses. L'équipe a été élargie dans le but de faciliter tant le travail sur le site que la meilleure gestion des différentes difficultés qui peuvent apparaître dans la communauté, et si nous pouvons comprendre que les anciennes têtes puissent ne pas inspirer confiance aux membres ayant potentiellement eu des différends avec eux, nous trouvons en revanche regrettable qu'aucune chance ne soit accordée aux autres comme Gordjack, Piaandy, Litanie ou Wasite.

Par ailleurs, nous tenons à souligner le fait que, pour les personnes pouvant se sentir mal à l'aise quant à la perspective de partager leurs inquiétudes avec une personne de quelque genre, orientation ou origine que ce soit, le staff est composé de membres suffisamment différents pour que vous puissiez trouver une oreille à laquelle vous pourrez accordez votre confiance. Personne dans l'équipe ne se vexera si vous demandez à être entendu par quelqu'un en particulier, aussi, nous vous invitons à vous tourner vers nous si vous rencontrez le moindre problème. Votre confiance en nous est le seul élément permettant de garantir une action de notre part afin de mettre fin à une quelconque situation impactant négativement votre expérience utilisateur, voire votre vie privée.

N'oubliez pas également que, pour nous permettre de réagir avec une sanction officielle, nous avons toujours besoin de preuves indiscutables. Ceci n'est pas dans le but de vous compliquer la tâche, mais tout simplement parce qu'il y a malheureusement, comme partout, des trolls qui montent de faux témoignages dans le but de nuire à une personne en particulier ou de semer la discorde de manière générale. Cela ne nous empêche toutefois pas de renforcer notre vigilance si vous venez nous solliciter. Enfin, en ce qui pourrait concerner d'éventuels problèmes avec d'anciens membres ayant été exclus de manière permanente par l'administration, sachez que nous ferons toujours en sorte de vous aider dans la mesure du possible, mais que notre champ d'action se limite à un soutien dans d'éventuelles démarches à votre initiative auprès d'une instance officielle à partir du moment où ce genre d'individus se trouve exclusivement à l'extérieur de nos plateformes, sachant que l'exclusion définitive représente déjà la plus haute sanction au sein de CFTC.

Nous espérons que ces quelques lignes sauront vous convaincre de vous tourner vers nous dans le cas où vous rencontrez des difficultés sur nos plateformes. Soyez en tous les cas assurés que notre priorité est de vous permettre une expérience utilisateur dans les meilleures conditions, avec du contenu de qualité et sans devoir craindre quoi que ce soit.

Sincèrement vôtre,

Le staff de CFTC