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samedi 19 avril 2014

L'accident

Aujourd'hui fut une bonne journée, bien qu'un peu fatigante.
Il était 19h, j'étais au volant, j'envoyais un message à ma femme pour lui dire que j'arrivais dans une petite heure. On fêtait nos 11 ans de mariage ce soir, je lui avais acheté un cadeau. J'espérais que ça lui plairait, j'avais mis longtemps à choisir. Je relevai les yeux de mon portable.  Quelqu'un se trouvait en plein milieu de la route.


   « MERDE ! »


Je donnai un violent coup de volant vers la droite pour l'éviter, quittant la route. La voiture finit sa course dans le fossé.


Après 5 bonnes minutes, je repris finalement conscience. Quelqu'un me traînait sur le sol. Sans réfléchir, je me mis à hurler et à me débattre, essayant désespérément de me dégager de l'emprise de cet inconnu. Il s'arrêta, se retourna brusquement et je neus pas le temps de voir son visage qu'il me rua de coups. Je perdis de nouveau connaissance.


 Quand j’ouvris  les yeux, tout était noir autour de moi. Ma tête me faisait horriblement mal. Je voulus me relever, mais mon front se cogna contre une paroi de bois, et je fus donc obligé de rester allongé. À tâtons, je cherchai une issue... en vain. Commençant à sérieusement paniquer, je passai mes mains sur tout ce qui m'entourait. Au bout de quelques instants, elles s'arrêtèrent sur quelque chose d'étrange.
 Long, mince, froid, qu’est-ce que cela pouvait bien être..? Il y en avait plusieurs, j'en pris un entre mes deux mains. D'un coup, je compris. Des os. Un squelette tout entier même. Pris de nausées, je lâchai ma trouvaille dans le néant. J'avais été enterré vivant, dans la tombe d'un autre. Mon premier réflexe fut d'hurler à l'aide, frappant aussi fort que je pouvais contre le couvercle de ma prison de bois, priant le bon Dieu que quelqu'un m'entende. Après plusieurs minutes, je me rendis pourtant à l'évidence.
 Personne ne m'entendrait.


 Je ne savais pas depuis combien de temps j'étais là, mais une chose était sûre, il ne devait pas me rester d’oxygène pour plus de quelques heures. M'efforçant de me calmer et d'essayer de respirer le plus lentement possible afin économiser l'air, je ne pus m'empêcher de pleurer. Allais-je donc mourir ici ? Je pensais à Hélène qui devait m'attendre avec les enfants, sans savoir où j'étais, probablement morte d’inquiétude...
Sans espoir, je tapais contre le bois du cercueil, quand j'eus enfin une idée. Frappant sur les différentes parois, je me rendis compte que l'une d'elles sonnait creux. J'avais vu juste. Je me trouvais sûrement dans un cimetière. Une lueur d'espoir m'envahit. Le son creux était peut-être dû au fait qu'une tombe avait récemment été creusée à côté de la mienne, encore vide donc, juste un grand trou dans la terre, probablement à moins d'un mètre d’intervalle, deux tout au plus. Si j'arrivais à m'extirper de cette boîte, il me suffirait de creuser un peu et de me laisser glisser dans l'emplacement voisin.
 Par chance, le cercueil paraissait plutôt ancien, les planches devaient donc simplement être clouées entre elles. La paroi se trouvait derrière ma tête. À l'aide d'un os présent dans le cercueil, j'entrepris de gratter chaque coté de la planche de bois afin de la faire céder. Malgré le travail pénible que cela représentait, je devais faire vite car déjà l'air commençait à me manquer.


Je ne sais pas combien de temps il me fallut pour parvenir à arracher le bois, et plusieurs fois l'envie me prit d'abandonner. Enfin la planche céda. Je lâchai l'os et commençai à creuser la terre à mains nues. Repoussant celle que j'enlevais vers le fond du cercueil, je parvins finalement à passer la main dans la fosse d'à coté. Fou de joie, j’élargis le trou jusqu'à pouvoir me traîner jusqu'à la sortie.
 Jamais je n'avais été aussi heureux de respirer de l'air frais. Remontant de la sépulture vide, je sortis du cimetière aussi vite que mes jambes me le permirent. Une fois dehors, il y avait une route. Je me jetai sur la première voiture qui passait par là, et, sans même prendre le temps de raconter mon histoire, je suppliai son conducteur de me ramener chez moi, ce qu'il accepta sans poser de question.


Montant les marches du perron à toute vitesse, je rentrai chez moi. La pendule indiquait 2h47. Hélène dormait paisiblement dans le canapé, sûrement avait-elle dû m'attendre longtemps. Je la réveillai. Elle parut tout d'abord surprise, et m'écouta raconter toute mon aventure sans rien dire. « Il faut aller prévenir la police ! » m'écriai-je, mais Hélène ne semblait pas de cet avis. Elle me fit remarquer l'heure tardive, sans parler du fait qu'il n'y aurait probablement personne au poste. «C'était notre anniversaire de mariage hier, tu ne veux pas dormir au moins un peu avant d'aller parler à la police..?» Elle n'avait peut-être pas tort après tout... Quelques heures de repos ne me feraient pas de mal, histoire de reprendre mes esprits.
Accompagné de ma femme, j'allai me coucher, semant mes vêtements tachés de boue sur le chemin. Une fois au lit, Hélène partit dans la salle de bain, et revint cinq minutes plus tard en lingerie fine. «Qu'est ce que tu fais ? » Demandai-je, agréablement surpris. M'attachant les poignets au lit, elle répondit qu'il n'était jamais trop tard pour fêter 11 ans d'un délicieux mariage. Détachant ses cheveux, elle se mit à califourchon sur moi : « Cette journée a dû être épuisante pour toi, mais quelle idée a eu cette femme de se jeter sur la route ? » Je devins subitement pâle. « Mais, je ne t'ai pas dit qu'une femme s'était pratiquement jetée sous mes roues, simplement que j'avais eu un accident... » Elle ne répondit pas, et saisissant un coussin, elle se mit à rire, mais d'une façon que je ne lui connaissais pas ; presque démoniaque.


     « Tu n'aurais jamais dû sortir de ce cercueil Mark... » 





vendredi 18 avril 2014

Un beau brun

Je m'appelle Ophélie, et il y a 2 mois j'ai eu une relation, si on peut appeler ça une relation, bref une très courte relation assez cauchemardesque avec un homme. Je dis cauchemardesque car cet homme était hyper possessif (enfin, je trouve pas d'autre mot pour le décrire). C'était angoissant, et pourtant on ne s'était vu qu'une fois. Bref c'était un mec flippant et c'est pour cela que je suis restée un mois à l'hôpital...  




Notre relation a commencé sur un site de rencontres comme les autres. C'était un type assez mignon, brun, ténébreux, vous voyez le genre. Sur son profil je pouvais voir qu'il avait les mêmes goûts que moi, alors sans hésitation je lui ai demandé s'il acceptait d'entamer une conversation. Sa réponse, affirmative, arriva dans la seconde. Je décidai alors de lui écrire un message.  




Moi- Salut   
Lui- Salut    
M- Pierre, c'est bien ça ?   
L- Je pense ^^  
...  

Il avait de l'humour,  ben voyons ! On a continué à parler pendant bien 1h, 1h30. Tout s'est déroulé tranquillement jusqu'au moment où j'ai voulu partir :  




M- Contente d'avoir pu te parler, mais va falloir que j'y aille ;)   
L- Non...   
M- Non ?   
L- Je veux que tu restes, je t'interdis de partir...  

D'abord j'ai cru qu'il disait ça pour rigoler, et j'aurais dû directement le prendre pour un dingue et on n'en serait pas arrivé à ce qui est arrivé...

M- Roh il est mignon, je lui manque déjà ^^ mais mon petit il va falloir que j'aille manger sinon je vais devenir anorexique et toute moche :3  
L-...  

Sa réaction me parut étrange mais je me suis déconnectée tout de suite après et pendant la soirée je n'y ai plus pensé. 




Cette nuit, je me suis couchée avec l'étrange sensation d'être observée...  




Le lendemain, je me suis jetée sur mon ordinateur pour parler à mon nouveau "Roméo", il était déjà connecté.  

M- Hey ! ;)   
L- Ah, te revoilà enfin, je t'ai attendue toute la nuit...   
M- Ah oui mais mon petit bonhomme moi la nuit je dors hein ^^  
L- T'es belle quand tu dors... ^^  
M- Quoi ?   
L- Ta webcam était allumée hier soir, tu avais dû la laisser en marche sans le faire exprès. Quand j'ai regardé ton profil j'ai vu que la webcam était activée alors j'y ai jeté un coup d'œil et je te voyais dormir .   

J'ai eu un frisson rien qu'en pensant que quelqu'un m'avait observé dans mon sommeil, mais aussi en voyant que ma webcam était éteinte, alors sur le coup j'ai pensé qu'elle avait eu un bug. Ou qu'il me faisait tout simplement une blague. 

M- Et bien... Merci ^^  
L- De rien... Et j'adore ton T-Shirt rouge.   
M-... Comment tu sais que... Oo  
L- Ahah alors là coup de bol franchement... ^^  




Finalement on a continué de parler. Au fil de la conversation je ne pouvais m'empêcher de me sentir mal à l'aise. Quelque chose ne tournait pas rond...  




Le lendemain, devant ma porte, j'ai trouvé un énorme bouquet de fleurs. Il y avait une carte sur laquelle était écrit : "Pour toi Ophélie, ton Roméo". J'ai d'abord pensé que le bouquet venait de quelqu'un que je connaissais, mais je ne voyais pas qui aurait pu faire ça. Je suis ensuite retournée sur le site pour parler à Pierre.  




L- Tu as reçu mon petit cadeau ?    
M- Comment... C'est toi les fleurs ?!  
L- Beh oui qui d'autre ?!  Un petit con a aussi des vues sur toi ?!   
M- Non... Enfin c'est pas la question... Comment tu sais où j'habite, d'où tu connais mon adresse ?   
L- Peut-être parce qu'on se croise souvent...   
M- c'est bizarre je t'ai jamais vu...   
L- Tu es vraiment sûre ?   

Pendant un moment, j'ai eu des vertiges. Tout cela me paraissait incroyablement déstabilisant, je ne comprenais plus ce qui m'arrivait.  

L- Pourquoi tu ne me réponds plus ?...   
M- Désolée je nourrissais mon chat ^^  
L- Tu me mens !  
M- Mais non pourquoi tu dis ça ? Je n'ai aucune raison de te mentir...   
L- Je te fais peur c'est ça hein.   
M- Mais pas du tout, qu'est ce qu'il t'arrive, ne t'énerves pas...   
L- Jure moi que je ne te fais pas peur.  
M- Mais je n'ai pas à jurer je te dis la vérité !!   
L- J'ai horreur qu'on me manque de respect ! Jure le !   
M- Écoute si tu continues à me parler sur ce ton, je crois qu'on va arrêter de se parler   
L- Il en est hors de question !!!! Et je ne t'autorise pas à te déconnecter  




Mais je me suis déconnectée. J'étais franchement mal, je tremblais comme une feuille. Sur quel malade étais-je tombée?  




Durant une semaine je ne lui ai pas parlé. Je me sentais épiée partout où j'allais, même dans mon appartement. J'ai même dû débrancher ma webcam. Cette sensation d'être observée se calma alors un peu... j'avais peur de le croiser dans la rue, ou de le trouver assis  dans un fauteuil de mon appartement. Apparemment il connaissait mon adresse. Je me sentais réellement oppressée, j'étais encore sous le choc de ce qu'il s'était passé.  




Puis finalement je suis retournée sur le site. Et j'ai pu voir qu'il m'avait laissé plusieurs messages.  
Ceux-ci viennent juste après qu'il m'ait dit "hors de question !!!".

L- Reviens immédiatement ici !!!   
L- je ne rigole pas, fait ce que je te dis !  !!   
L- C'est le destin qui a voulu que l'on se rencontre alors on ira jusqu'au bout de cette relation !!   

Là les derniers, les plus récents.

L- Bon très bien je m'excuse... Je n'aurais pas du m'emporter comme ça...   
L-tu t'excuses ? Je sais bien que tu veux revenir me parler, on est fait pour vivre ensemble...   

Courageuse, j'ai décidé de lui parler à nouveau.
 
M- Je crois franchement qu'on devrait arrêter de se parler tous les deux...   
L-...   
M- Tu n'aurais pas dû t'attaquer à moi de cette manière...   
L- Je sais que j'ai déconné grave, mais juste... Accepterais-tu qu'on se voie juste une fois histoire de mettre les choses au clair et de voir si on continue ou pas ?   
M- T'es dingue ou quoi ?! J'ai pas envie de me faire frapper !   
L- On se voit dans un restaurant, il y aura des gens, et puis il ne se passera rien...

Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais j'ai dis...
 
M- Ok.   
L- Demain, 20h, au (Je ne divulguerai pas le nom.) 




Je me suis à nouveau déconnectée, sous le choc de ce que je venais de faire...   
Et pourtant le lendemain soir j'y suis allée, n'étant pas le genre de fille à se défiler comme ça.  




Il n'y avait pas grand monde dans le restaurant mais c'était déjà ça. Lui n'était pas encore arrivé.   
J'ai pris une table à deux dans un coin, loin des regards indiscrets.  




J'ai dit au serveur que j'attendais quelqu'un et qu'on commanderait plus tard.  




Et finalement Pierre est arrivé. On s'est à peine salué. On a commencé à discuter. Un serveur a alors pris notre commande.  



Étrangement, la soirée s'est assez bien passée. Vers la fin du repas, il sortit de sa poche un morceau de papier chiffonné et légèrement humide. Il y était inscrit une adresse griffonnée au stylo, l'encre avait légèrement coulé. Il m'a dit que c'était la sienne puis s'est levé et est allé aux toilettes. Quel culot !   

Plus les minutes défilaient, moins j'espérais le revoir. Je suis allée voir dans les toilettes, mais il n'y avait personne. J'allais devoir régler l'addition. J'ai donc payé un serveur hilare, et suis sortie. Alors que j'allais rentrer chez moi, j'ai senti le morceau de papier dans ma poche, quelque chose me disait que je devais m'y rendre...   


J'ai appelé un taxi et me suis rendue à l'adresse indiquée. J'ai dit au chauffeur de m'attendre 5 minutes, et que si je ne revenais pas il devait me signaler comme disparue aux autorités.   




Je suis montée à l'appartement indiqué. J'ai sonné plusieurs fois mais personne ne me répondait. J'ai remarqué ensuite que la porte était entrouverte. Prenant mon courage à deux mains, je suis rentrée dans l'appartement obscur. J'ai avancé à tâtons, appuyée sur l'interrupteur... Rien, pas de lumière.  




J'ai demandé s'il y avait quelqu'un... Pas de réponse.  




Soudainement une ombre est apparue dans la lumière du couloir de l'immeuble. J'ai sursauté.  




"Qui êtes vous ?!"

"Je suis Ophélie *****, je cherche Pierre *******"  



Et là, l'homme m'annonça que Pierre était mort depuis 3 mois. Ce qui me valut un séjour à l'hôpital pour choc post-traumatique, et je compris pourquoi les serveurs étaient hilares pendant la soirée.



Désolé de la redondance, on s'est retrouvé étrangement avec plusieurs textes au format "messagerie instantanée" à peu d'intervalle. Celle-ci a été proposée avant Funnymouth, je suppose qu'à sa lecture le grand oeuvre est revenu en mémoire à quelques fans. Si cette théorie s'avérait vérifiée, on peut remercier le texte ci-dessus.

mercredi 16 avril 2014

Funnymouth

* funnymouth a rejoint #ReferSales.
funnymouth: bonsoir tout le monde
funnymouth: j aime léché le seeeng
funnymouth: des gens
funnymouth: je voi vos superbes visages soyez pas si triste
funnymouth: venez
funnymouth: :)
* funnymouth a quitté #ReferSales.
GhostJeorge: ... Bordel de merde
lemonlimeskull: Vous avez vu ça ?
GhostJeorge: Oui, Skull. En effet.



Tout d’abord, je dois vous dire que je suis "lemonlimeskull". En d'autres termes, c'est mon pseudo.

C'était la première fois que j'entendais parler de "Funnymouth". Et j’aurais bien voulu que ce soit la dernière. Toutes les personnes qui ont passé du temps à bavarder sur le chat doivent connaître ce mec bizarre, qui va et vient. Les gens se précipitent ensuite dans le chat pour lui poser des questions complètement folles ou tout simplement pour troller.
Le premier truc qui m'a paru étrange au sujet de ce type, Funnymouth, est le fait qu'il allait et venait sans objectif particulier. Il ne venait pas pour embêter quelqu'un, et il ne demandait pas si quelqu'un sur le chat savait comment réparer son ordinateur ou supprimer un virus.

Il est juste rentré dans le chat, a tapé des mots au hasard et il est reparti.


lemonlimeskull: Non mais vraiment, c'est quoi ce bordel ?
GhostJorge: Aucun idée.
GhostJorge: *Aucune.
lemonlimeskull: Il est dans un autre chat si vous voulez savoir.
lemonlimeskull: #seeeng
GhostJorge: Non merci, monsieur
lemonlimeskull: XD
lemonlimeskull: Abruti.

Je ne sais pas à quoi je m'attendais, j'ai suivi ce gars sur un autre chat. Je ne suis pas du genre à importuner les gens, ou à me disputer avec eux. Généralement j'évite à tout prix ce genre de choses, même si, parfois quand les gens commencent à me chercher, je m'énerve, mais à un point.
Je crois que ce que je suis en train de dire, c'est que je ne savais même pas pourquoi j'avais suivi ce mec ici.

* lemonlimeskull a rejoint #SEEENG
lemonlimeskull: Hey.

Il était là, dans le chat.

funnymouth: O)_(O
lemonlimeskull: J
lemonlimeskull: Alors...
funnymouth: O)_(O
lemonlimeskull: Alors... Tu me fixe.
lemonlimeskull: C'est pas sympa.
funnymouth: desole
funnymouth: je viens de le faire
funnymouth: tout va bien
lemonlimeskull: Je vois.
funnymouth: O)_(O

J'ai ri à haute voix. Il était étrange, mais inoffensif.

lemonlimeskull: Tu peux revenir sur #ReferSales si tu veux.
lemonlimeskull: On ne va pas t’embêter, alors ne t'inquiète pas à cause de ça.
funnymouth: O)_(O
lemonlimeskull: Ou pas.
lemonlimeskull: Peu importe mec. Tu me semble intéressant, et puis je m'ennuie ce soir.
funnymouth: je m ennuie aussi ce soir
funnymouth: je ne fais toujours pas
lemonlimeskull: ... Tu ne fais toujours pas quoi?
funnymouth: je ne fais toujours pas c'est ca
funnymouth: je ne fais toujours pas parce quil font toujours pas et voilaaaa
funnymouth: je deviens idiot
lemonlimeskull: Oké. Ben, a plus.
funnymouth: O)_(O

Et après ça, je suis parti. Je suis très vite passé à autre chose, c'était sûrement quelqu'un qui déconnait un peu trop, ou un crétin qui ne savait pas comment utiliser correctement un programme de chat. Aller de chat en chat, ce qui semblait être une tentative désespérée pour attirer l'attention. J'aurais aussi pu faire ça et être pété de rire, mais ouais ... c'était stupide.

GhostJorge: Hmm?
lemonlimeskull: Rien, je ne comprenais même pas ce qu'il disait.
GhostJorge: Ha. Bienvenue sur internet.
lemonlimeskull: Ce qui est triste c'est que, en dehors de toi et moi, ce mec, c'est le seul membre actif ici toute la nuit.
* lemonlimeskull a kické Killjay et a dit "DEBOUT!!!"
lemonlimeskull: Blah.

Le silence a régné sur le chat pendant des heures, j'ai donc réduit la fenêtre, et je suis retourné à mon travail.

lemonlimeskull: Il y a quelqu'un ? 8 membres sur le chat, pas un seul actif.
lemonlimeskull: ENNUYEUX.
lemonlimeskull: Pourquoi vous êtes si ENNUYEUX?
funnymouth: O)_(O
lemonlimeskull: DEBOUT.
* lemonlimeskull Met la main de tout le monde dans un bol d'eau froide.

Il m'a fallu quelques secondes pour le voir. Funnymouth, là à nouveau, me fixant. Je me suis effondré en soupirant: "Pas cette merde encore !"
Puis j'ai remarqué qu'il n'était plus dans le chat.


lemonlimeskull: ?
lemonlimeskull: ...
lemonlimeskull: Vous avez vu ?
lemonlimeskull: Et bien sûr que non vu que vous êtes inactifs.

De toute évidence, c'était un petit problème avec mon navigateur ou le serveur. Le message avait été envoyé un peu plus tôt dans la nuit. C’est des choses qui arrivent.
Pourtant, ça m'a effrayé.
Après quelques minutes un étrange sentiment m'a traversé le corps... Le sentiment qu'"il y a un truc que je n'aurais pas dû faire" ... J'ai décidé d'arrêter de m'embêter avec ça et j'ai fermé l'ensemble du programme de chat. Bien sûr, j'aurais pu rester dessus comme tout allait bien, mais pourquoi s'embêter à essayer de prouver que je n'étais pas effrayé ? Et merde, personne n'était encore là pour me voir quitter le chat.
Quelques heures plus tard, après avoir traîné sur Internet, je suis allé au lit.

Une chose sur laquelle je me suis toujours vanté, c'est que je ne fais JAMAIS de cauchemars. Du moins pas régulièrement. Habituellement, s'il y a des monstres ou des fantômes ou des guerres nucléaires dans mon rêve, je peux le contrôler et je m'amuse bien. Je peux tirer dans la tête des zombies, me dire que les fantômes ne sont pas réels tandis que je ris d'eux, et s'il y a une catastrophe, je sais toujours comment me mettre en sûreté tandis que tous les autres se font cramer.
Je n'ai fait peut-être que quatre vrais cauchemars pendant les dix dernières années. Eh oui, je suis tout à fait sérieux.

Le premier cauchemar de ma vie d'adulte était en 2005. Je venais de rompre avec quelqu'un qui avait été avec quelqu'un d'autre depuis plus d'un an derrière mon dos. Cette nuit-là, alors que je réussissais enfin à retrouver le sommeil, j'ai rêvé qu'elle était attachée à une table médicale, et une créature a aspiré son cerveau à travers une espèce de machine organique. Le cerveau criait. Sans cesse.

Le deuxième cauchemar m'a fait visiter un centre médical où il y avait des expériences sur de nouvelles méthodes pour sauver des vies. Il y avait une fantastique visite de cette installation de haute technologie, beaucoup de merveilles de la science moderne, les gens en blouses blanches, etc, puis, j'ai été conduit à une salle où trois victimes d'un accident de voiture avaient été «sauvées» par leurs techniques. Cela comprenait une jeune fille dont le visage avait été complètement distendu et accroché autour de sa poitrine, et une femme qui n'était qu'un amas de membres coupés, tous maintenus ensemble par un long fil comme un cerf-volant de chair.

Le troisième est venu peu de temps après le précédent. J'étais accosté par deux personnes, une qui voulait m'insulter sans fin, et l'autre qui essayait de me pincer et de me tordre, sans succès. En pensant que je pouvais contrôler ce rêve comme d'autres, j'ai mis les deux hommes les uns contre les autres, pensant que ce serait une sorte de justice poétique. Au lieu de cela, ils me pincèrent de plus en plus fort jusqu'à ce qu'ils se mettent à tirer sur mes joues. L'autre a saisi sa langue et a tiré dessus furieusement jusqu'à ce qu'elle soit sortie... Puis il a tiré les paupières de l'autre mec en une espèce de déformation grotesque...

Je suppose que ce que je veux dire, c'est que même si j'ai eu des cauchemars, je n'ai jamais été la cible de toutes sorte d'horreur. Ça a toujours été une sorte d'empathie liée à quelqu'un d'autre se faisant brutaliser.

Cette nuit, cependant, c'était différent. Dès que je me suis endormi, j'ai commencé à rêver. Le plus souvent, c'était un rêve récurrent où j'étais dans les bois, en train d'observer les animaux et les oiseaux, et où je me comportais plutôt froidement. Je m'allongeais dans l'herbe et je regardais le ciel. C'est un rêve dont je me réjouissais toujours, parce que même si j'avais eu une journée de merde, j'allais me réveiller heureux et prêt à commencer une nouvelle journée. 


Cette fois, le script avait changé. J'étais posé dans l'herbe... mais pendant que je regardais le ciel, j'ai senti quelque chose d'étrange.

C'était froid, ça se tortillait sur mon cou.

Dans mon rêve, j'ai regardé mon cou, et j'ai retiré un gros ver qui se tortillait. Les vers de terre me dégoûtent. Si j'en vois un dans la cour, je vais de suite prendre une pelle et le mettre sous un tas de terre, pour ne plus le voir à nouveau. Dégoûté, j'ai poussé le ver de côté et j'ai continué mon rêve. Et puis... encore cette sensation. Moite, humide, se tortillant sur le côté de mon cou.

J'ai tiré un autre ver. Et encore un autre.

La troisième fois, mon sentiment de confusion et de peur est devenu si fort que je me suis immédiatement réveillé. C'est ce qui arrive généralement quand il y a vraiment de la merde dans mes rêves. Game Over.
J'ai trouvé le problème, du moins, je pensais l'avoir trouvé. J'ai palpé mon cou et j'ai découvert un fil visqueux sur ma peau. Logique, j'avais dû baver dans mon sommeil. Pas de quoi en être fier, mais pas exactement terrifiant, non plus. Mon rêve avait dû transformer ce fil de bave en créature de la forêt.
Mais le plus inquiétant, cependant, était le fait que le lit autour de moi semblait porter des marques. Quatre, pour être exact. C'était presque comme si quelqu'un s'était tenu au-dessus de moi sur ses mains et ses genoux pendant que je dormais
Il y avait beaucoup de raisons pour que ça arrive... mais c'est à partir de cette nuit, que j'ai commencé à avoir un sommeil très léger. La moindre petite chose, comme le bruit d'un ventilateur de plafond, me réveillait tout de suite. Je n'avais aucun intérêt à aller dans les bois la nuit.

Le matin venu, je me suis préparé pour sortir de la maison et enlever les toiles d'araignée. Je  comptais aussi vérifier rapidement mes e-mails pour m'assurer que je n'avais pas eu de transactions ou de questions en suspens auxquelles je devais répondre.

Surprise!

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From: funnymouth@bluud.com Sat, Nov 17, 2012 at 2:42 AM
To: Charles Watts <chwatts>

je me suis bien amuse a te parler ca peu etre drole eencore tu vas voir quoi

je naime pas arreter
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Comme vous vous en doutez, je n'avais pas donné mon adresse e-mail à ce con. Cependant, réponse logique, quelqu'un d'autre du chat avait dû lui donner. Il est évident qu'il était revenu à #ReferSales, avait demandé à quelqu'un si j'étais là, et ce connard m'avait trahi, sachant que je ne donnais pas mes coordonnées personnelles. Quoique...
L'e-mail était daté de 02h40. C'était à peu près le moment où je suis allé au lit ... quand tout le monde sur le chat était absent. Même si je savais que j'étais une sorte d'appât, je lui ai répondu.

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From: Charles Watts <chwatts> Sat, Nov 17, 2012 at 9:29 AM
To: funnymouth@bluud.com

Uhhhm, ouais mec. Je ne suis pas vraiment sûr que je veuille que tu m'envois des messages.
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C'était clair. Il n'y avait aucune équivoque dans le message que j'avais envoyé, je croyais qu'il était clair, et qu'il n'allait plus me répondre en commençant une guerre.
Mais, bien sûr....

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From: funnymouth@bluud.com Sat, Nov 17, 2012 at 9:30 AM
To: Charles Watts <chwatts>

vas y

ne sois pas si triste a propos de ca

je sais que tu aime quand on samuse

cest bon meme
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Et, j'ai bloqué son adresse.
Après quelques minutes, je me suis dit que tout était fini et je me suis assuré que ma journée se passerait bien. Jusqu'à mon retour, le soir, j'ai eu une sensation froide qui se tortillait dans mon estomac, encore et encore, ça ne s’arrêtait plus. Et je ne savais même pas POURQUOI.
 

Eh bien, ce n'est pas entièrement vrai. J'avais une idée là-dessus.
J'ai vérifié mes E-mails.
Rien de "funnymouth", mais il y avait un e-mail de Jorge.

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From: Jorge G <ghostjorge> Sat, Nov 17, 2012 at 2:03 PM
To: Charles Watts <chwatts>

Hé,

Refersales.com est foutue, la page ne charge plus. Quand tu seras en ligne tu pourras jeter un coup d'œil ?

Paix & Carottes,
Jorge

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J'ai laissé échapper une multitude de mots grossiers. Si le serveur s'était arrêté, ça voulait dire que les chatrooms aussi, et j'avais été dehors toute la journée sans aucun moyen pour que Jorge me contacte. Si j'avais fait un peu plus attention à mes informations personnelles, il aurait pu simplement m'appeler.
J'ai chargé le site, et j'ai attendu la page d'erreur. Mais au lieu de ça, ça m'a redirigé vers une autre page.

Seeeng.com [Bluud.com, NdT.]

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From: Charles Watts <chwatts> Sat, Nov 17, 2012 at 6:15 PM
To: Jorge G <ghostjorge>


Ouais, je vois ça. Ca redirige vers un site avec une grande tête pixélisée qui a une drôle de langue.

Je pense que ça doit être un coup de funnymouth. Tu lui as donné mon E-mail ? Et mon nom avec ?

C.W.
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From: Jorge G <ghostjorge> Sat, Nov 17, 2012 at 6:23 PM
To: Charles Watts <chwatts>

C'est une page d'erreur 404, pas une redirection. Je sais pas ce que t'as pris mais j'en veux! Tout ce que je vois sur Seeeng.com c'est un avis : "Bientôt"

J'ai donné cette merde à personne.


Jorge

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From: Charles Watts <chwatts> Sat, Nov 17, 2012 at 6:25 PM
To: Jorge G <ghostjorge>


Ha.ha.ha. Très drôle.
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Ensuite Jorge m'a envoyé un screen du site qui donnait une erreur 404... avec l'avis "Bientôt" pour Seeeng.com. Ça aurait pu facilement être un fake de sa part... mais pourquoi ? Je veux dire, si c'était une sorte de blague assez bizarre, je ne comprenais pas. Quand j'ai regardé mes fichiers, tout était normal. Tout était à sa place, et personne ne s'était connecté pour changer quoi que ce soit. J'ai vérifié les serveurs DNS, et ils fonctionnaient parfaitement bien, rien n'était anormal.
Mais il y avait toujours ce visage gonflé avec la langue tombante me regardant avec ses orbites vides.
 

Et puis j'ai remarqué un truc dont je me demande comment j'avais fait pour ne pas le voir avant...

En regardant de plus près, l'image de ce visage n'était pas vraiment pixelisée, elle était faite de lettres minuscules de code HTML qui coloriaient chaque partie de l'image. Le même mot, encore et encore.
 

"funnymouthfunnymouthfunnymouthfunnymouth" 

Dans un grand amas d'absurdités.

Je me sentais comme renversé sur l'écran.

J'ai débloqué son adresse E-mail et je me suis mis à lui écrire un message très profond et menaçant. À ce moment-là, je m'en foutais un peu du site. Je voulais juste tout faire sortir de ma poitrine, j'avais l'impression de contrôler la situation. Avant que je puisse finir le message... j'ai eu cet étrange sentiment, à nouveau. "Non, ça ne se peut pas"... le sentiment où vous savez que vos actes deviennent absurdes, mais en même temps, vous savez que vous avez raison. J'ai arrêté les menaces de mort, et j'ai regardé ma boîte de réception.

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From: funnymouth@bluud.com Sat, Nov 17, 2012 at 7:00
To: Charles Watts <chwatts>

je vois ton superbe visage
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From: funnymouth@bluud.com Sat, Nov 17, 2012 at 7:00 PM
To: Charles Watts <chwatts>

salu copain
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From: funnymouth@bluud.com Sat, Nov 17, 2012 at 7:01 PM
To: Charles Watts <chwatts>

viens
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From: funnymouth@bluud.com Sat, Nov 17, 2012 at 7:01 PM
To: Charles Watts <chwatts>

salu
_____________________________________________
From: funnymouth@bluud.com Sat, Nov 17, 2012 at 7:01 PM
To: Charles Watts <chwatts>

salu salu slalu
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From: funnymouth@bluud.com Sat, Nov 17, 2012 at 7:01 PM
To: Charles Watts <chwatts>

je veux pas ne pas
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From: funnymouth@bluud.com Sat, Nov 17, 2012 at 7:01 PM
To: Charles Watts <chwatts>


je ne pense pas a ca sil te plait pense
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From: funnymouth@bluud.com Sat, Nov 17, 2012 at 7:01 PM
To: Charles Watts <chwatts>

je voi ton superbe visage
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Non seulement le sentiment que j'avais eu quand il m'a envoyé un E-mail à la minute où je l'ai bloqué était correct, mais on aurait dit qu'il m'avait envoyé des E-mails continuellement DEPUIS QUE JE L'AVAIS BLOQUÉ.

Dix autres messages sont arrivés dans le laps de temps qu'il m'a fallu pour répondre.

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From: Charles Watts <chwatts> Sat, Nov 17, 2012 at 7:00 PM
To: funnymouth@bluud.com

ARRÊTE PUTAIN !!
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J'avais un mal de tête à cause du stress. Mon cœur battait la chamade, pas de peur, mais de rage. C'était probablement la personne la plus exaspérante du net, et c'est beaucoup dire.
Heureusement, les messages se sont arrêtés.
J'ai essayé de me calmer, de respirer profondément, mais ça ne semblait pas marcher. J'étais encore très énervé. Lentement et méthodiquement, je lui ai envoyé un autre message.

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From: Charles Watts <chwatts> Sat, Nov 17, 2012 at 7:21 PM
To: funnymouth@bluud.com

Salut.

Je ne comprends pas ce que tu dis et je ne comprends pas ce que tu veux. Je pense qu'il y a une barrière entre nous, est-ce-que ta première langue est le français ?

Je pense que tu as fait quelque chose à mon site, et j'aimerais bien que tu répares ça.

Si tu es en colère contre moi, je n'ai pas l'intention que ça arrive. Tu as peut-être mal compris ce que j'ai dit, ou ce que je voulais dire.

S'il te plaît, restaure mon site, et séparons nos chemins.

Merci,

C.W
______________________________________

J'ai pensé à comment j'avais surmonté ma colère, et que cette réponse était vraiment la meilleure façon de s'y prendre. Cette personne comprendrait ce que je voulais dire. Il se rendrait compte de l'erreur qu'il avait faite.

Je me suis calmé. Tout allait bien se passer.

Alors...

J'ai attendu...

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From: funnymouth@bluud.com Sat, Nov 17, 2012 at 7:23 PM
To: Charles Watts <chwatts>

O)_(O
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J'ai pété les plombs.

J'ai pété les putain de plombs. J'avais pourtant été clair.

J'ai frappé le moniteur avec ma paume, j'ai frappé mon bureau. Ça m'a énervé encore plus, j'ai cogné mon poing sur mon clavier jusqu'à ce que les touches s'envolent. J'ai hurlé dans un mélange de frustration et de colère avec moi-même, j'ai ragé sur la situation et j'ai claqué la porte de ma chambre, j'écrabouillais tout ce que j'avais sous les mains. Pendant aussi longtemps que mon énergie l'a permis, j'ai perdu mon temps à ça. J'aurais pu mettre le feu à ce putain d'endroit si j'avais eu un briquet sous la main.

Cette nuit-là, j'ai regardaé le plafond pendant  ce qui m'a semblé être une éternité avant de trouver le sommeil.
Alors que j'attendais, je savais que j'allais faire un cauchemar. Je le SAVAIS. C'est ainsi que ma chance allait. Imaginez ma surprise. Même dans mon sommeil, au lieu de choses horribles, j'étais dans un endroit sûr...

Les bois.

Je me suis posé dans l'herbe, encore une fois. Je me sentais détendu. Je savais, même mon subconscient le savait, que tout irait bien. Peu importe ce que la vie me jetterait à la gueule, le monde irait. Rien n'était permanent. Tout était en transition. Personne ne pouvait arriver jusqu'à moi.
Je le sentais se tortiller contre mon cou.
Nan. Rien ne pouvait gâcher ce moment. J'ai ignoré le ver. Il s'en irait.

Je sentais son mouvement sur ma bouche. Je ne pouvais pas me réveiller. Toutes les autres fois, j'avais été en mesure de me réveiller... mais il semblerait que cette opportunité fût passée.
Mais ce n'était pas un ver. C'était un doigt. Puis un autre, puis quatre, gluants, se tortillant autour de mes dents en serrant ma mâchoire inférieure.

Ça ne me faisait pas mal.
C'était juste comme une sorte de "pop". Plus de pression que de douleur.
C'était rapide? Avant que je comprenne ce qui se passait, c'était fini.
















Puis j'ai pu me forcer à me réveiller. Je me suis assis, et j'ai vu que mes pieds étaient complètement dans l'obscurité. À tâtons, je suis allé jusqu'à la salle de bain. Là, j'ai finalement allumé la lumière. Je me tenais devant le miroir, me frottant les yeux comme si j'étais aveuglé par la lumière. J'ai regardé dans le miroir pendant de longues minutes, sans réactions. Sans sentiment. Sans pensées. Et puis, j'ai souri... J'ai souri du mieux que j'ai pu en voyant ma mâchoire cassée, qui pendait autour de mon cou. Ma langue se prélassait, paralysée, comme une limace gluante. Mes dents n'étaient pas enracinées, je pouvais les retirer une par une à mains nues avec la même douleur qu'une piqûre de moustique. J'ai ri, d'un ton similaire à celui du gargouillement de l'eau dans un égout. J'ai ri.

Quel superbe visage !

Quelle drôle de bouche !

Une drôle de bouche !

Une drôledebouche drôledebouche drôledebouche !


* Lemonlimeskull a rejoint #Refer sales.
Lemonlimeskull: Je vois ton superbe visage.
Lemonlimeskull: ne soit pas triste à propos de ça.
Lemonlimeskull: :)
Ghost Jeorge: Hey, bordel, tu étais où ?
Ghost Jeorge: salut? Charles?
Ghost Jeorge: ...
Lemonlimeskull: O)_(O
*Lemonlimeskull s'est renommé: *funnymouth.
* Funnymouth a quitté #Refer Sales.


http://refersales.com/


Traduction: Ocene

Creepypasta originale ici.

Petit bonus: si vous naviguez sur Firefox ou Chrome, rendez-vous sur le site Refersales puis faites clic droit → Examiner l'élément...

mardi 15 avril 2014

Condamnés à mort


Je n’ai pas de nom. Pas de visage. Pas d’existence. Pas de droit à la vie. J’ai été condamné à mort le jour de ma naissance. Et ceci, c’est de votre faute.

Je fais partie de ceux qui sont nés dans cet endroit que nous appelons maison, par défaut. Il y fait froid en hiver, chaud en été. C’est souvent humide, et il n’est pas rare que l’on tombe malade, même si l’on est rapidement traité. Nous sommes tous entassés comme des marchandises sans importance. Ces conditions sont parfois fatales à certains, et alors leur corps est évacué rapidement. Ceux qui nous ont enfermés là ne se sont jamais posés la question de savoir si c’était agréable pour nous. L’important était juste que l’on reste « en vie et en bonne santé ». Si l’on peut appeler ça une vie.

Parfois, je tombais sur quelqu’un qui avait été pris par eux et qui avait connu le monde extérieur. Les récits de ceux qui venaient du grand air me faisaient rêver. Lorsque j’étais enfant, j’essayais d’imaginer ce qu’était un pré. Cela peut vous paraître étrange, mais je n’ai su associer l’image qui correspond à ce mot qu’assez tard, au début de mon adolescence. C’est lors d’une de mes rares sorties que j’ai pu en apercevoir un au loin. Ils nous déplaçaient parfois, et ça nous permettait d’essayer de voir ce qui se passait autour de nous. C’était pendant ces rares moments que l’on se faisait nombre de faux espoirs. Notre seule raison de vivre, c’était d’espérer être libérés un jour.

Nous trouvions cela incroyable que personne ne vienne jamais. À croire que c’était rentré dans la normale de persécuter des individus. Nous n’avons jamais entendu parler de gens s’intéressant à nous. Peut être qu’il y en a, mais ce n’est pas eux qui m’ont sauvé. Les seuls que nous voyions étaient nos tortionnaires. Je ne savais pas qu’il était possible d’inspirer autant de peur. Tout le monde s’écarte sur leur passage. Leur simple mention suffit à nous faire trembler. On pourrait presque les sentir venir avant même de les voir.

Imaginez-vous la scène. Vous êtes dans une pièce sombre. Vous ne pouvez pas beaucoup bouger, car il a été fait en sorte d’utiliser tout la place disponible. Vous pouvez déjà vous estimer heureux de ne pas être attaché. Vous ne faites pas attention à grand-chose, parce que votre quotidien, depuis des lustres, c’est devenu ça : attendre. Attendre que le temps passe, sans but précis.

Et soudainement, vous commencez à vous sentir mal à l’aise. Vous entendez bientôt des bruits de pas dans votre direction, puis, après une attente qui vous a semblé durer des heures, vous entendez le verrou glisser. Pendant un bref instant, votre peur est supplantée par le désir de voir quelqu’un faire le pas et sortir avant qu’ils ne s’en rendent compte. Mais ce vain espoir est rapidement balayé tandis qu’une lumière aveuglante s’abat sur vous et découpe la silhouette d’un homme dans le couloir qui nous sépare du reste de l’installation.

Il entre sans rien dire, regarde autour de lui comme s’il ne nous voyait pas. Il fait une ronde dans la pièce, en paraissant prendre conscience de l’existence de certains d’entre nous tout d’un coup. Il les regarde avec mépris, parfois les tâte sans rien dire. Et puis il repart. Il a pu constater que le traitement que nous subissions n’avait fait aucune victime. Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre sa prochaine visite. Même si nous savons intimement qu’un jour, il viendra pour nous faire sortir.

C’est une vieille rumeur tenace qui n’a pas été démentie. Après un certain âge, ils viennent nous chercher, et ceux qui sont pris ne reviennent jamais. Certains idéalistes espèrent toujours que c’est une libération, mais peu d’entre nous sommes dupes. On sait très bien qu’un jour, c’est vers notre dernière demeure qu’ils nous envoient. Ils sont tous des représentations plus terribles de la grande faucheuse les uns que les autres.

Vous pensez que ce dont je vous parle n’existe pas. La Seconde Guerre Mondiale est finie, les camps de concentration ont disparu. La barbarie existe encore en Orient, mais certainement pas dans vos pays civilisés. Pourtant, vous nous passez devant tous les jours sans nous voir. Nos cris d’effroi lorsque nous voyons leurs silhouettes menaçantes approcher à grands pas vous laisse indifférent. Notre lente agonie une fois que nous nous sommes fait trancher la gorge ne vous émeut pas le moins du monde. Le spectacle de nos corps se vidant de leur sang puis déchiquetés en petits morceaux ne dérange pas vos habitudes. Vous vous voilez la face.

 La mort est votre pain quotidien, dans lequel vous mordez avidement. Vous êtes nos assassins, car vous nous regardez bêtement mourir dans la souffrance sans voir ce qu’il y a de mal à cela. Pourtant, si ce massacre ciblait des personnes que vous connaissez, vous seriez les premiers à hurler de terreur. Imaginez vos mères, vos frères, vos fils jetés dans des cellules, regardés comme de simples animaux et traités lorsqu’ils ne se sentent pas bien. Imaginez-vous, tout en dessous de ce tas humain, en train d’étouffer, car vous n’arrivez plus à obtenir d’oxygène. Et quand vous croyez qu’une main généreuse vous est tendue pour vous sortir de là, ce n’est qu’une serre griffue qui se propose d’abréger vos souffrances. Vous mourrez à genou, en train de ramper devant votre meurtrier en le suppliant du regard pour qu’il vous sauve.

Vous finissez cette lecture qui ne ressemble pas du tout à votre réalité en vous demandant qui est l’idiot qui a écrit ça. À cela je vous répondrais simplement ceci : qu’avez-vous eu dans votre assiette aujourd’hui ?
 
   

Ça commençait à sévèrement ralentir, mais rassurez-vous, d'autres contenus arrivent très bientôt...

jeudi 10 avril 2014

Délivrance

Oui, mon histoire est intitulée " délivrance " car le poids qu'elle m'impose est insupportable. Elle s'est produite la semaine dernière et est en fait constituée d'une série de rapports faits par une équipe de trois secouristes français, Benjamin, Merlin et Karl.
Par respect pour eux, j'ai changé leurs noms. Par ailleurs, afin d'éviter d'y amener les curieux, le nom du lieu sera "la forêt".
Si je possède ces rapports audio c'est par le fait que je m'occupe de la radio du poste de secours proche de la forêt; il s'agit d'un poste ridiculement petit pour une immense surface, mais nos réclamations au sujet de notre manque de moyens n’ont eu d'autre résultat que de prendre notre mal en patience.
Nous et les touristes en avons finalement payé le prix.
Le premier rapport n'en est pas vraiment un, donc je le numéroterai: 00.
Je vous laisse lire à présent, je noterai de temps en temps de petits commentaires pour vous éclaircir la situation.



Rapport n°00
Lieu : poste de secours
De : Merlin
Heure : 10h00

M- : 1, 2, 1, 2, hé le vieux tu nous entends? Bon ok, je t'entends gueuler d'ici, on prend la jeep et on fonce chercher la gosse, je te tiens au courant, on fera des rapports réguliers!

La gosse comme disait Merlin était une enfant qui avait disparu à l'orée de la foret. Ses parents, qui y campaient, étaient venu nous prévenir, inquiets.
Pour communiquer je devais utiliser l'unique radio du centre dont je retranscrirai également certains passages.



Conversations : 01

M - : Hey, on a oubliés les médocs de Karl au poste!
[...]
K - : Beurk, je me sens pas bien... hé, il reste pas de pilules contre le mal de transports dans cette foutue caisse ?
Moi - : Négatif. Désole Karl, terminé.


Rapport n°01
Lieu : orée de la forêt
De : Benjamin et Merlin
Heure : 10h47

B- : Sommes arrivés en vue de la forêt, commençons à chercher le campement des parents, terminé.
M- : C'est pas la partie la plus rassurante de cette forêt...
B- : Hé ! J'étais en plein rap-...

La remarque de Merlin faisait référence à quelques disparitions déjà signalées à cet endroit, mais qui finissaient souvent bien, ainsi que par la végétation beaucoup plus dense que dans les autres parties de la forêt.


Rapport n°02
Lieu : campement des parents
De : Benjamin
Heure : 11h02

B- : sommes arrivés au camp des parents, aucune trace de la disparue. Il y a les restes d'un feu de camp et quelques emballages, commençons à explorer, terminé.

Bien sûr, à trois, ils ne pouvaient pas explorer entièrement la forêt. Mais c'était mieux que se tourner les pouces en attendant les hélicos et les patrouilles... Ou pas.


Rapport n°03
Lieu : forêt
De : Benjamin
Heure 12h02

B- : Cela fait une heure très exactement que nous cherchons et pas la moindre trace  de l'enfant disparue, est-elle vraiment dans les bois? On prend notre déjeuner. Revenons pour 18h si pas de nouvelles, silence radio donc. (rires) Terminé.

À ce stade, pas spécialement de choses intéressantes et les conversations ne sont que des bavardages inutiles.
Je pense à présent cesser mes commentaires et vous laisser lire seul.



Conversation : 12

B- : Ici Benjamin! Karl s'est pris le pied dans un piège à loup camouflé par des feuilles mortes et tout un tas de trucs! Merde, il saigne pas mal!
Moi- : Un piège à loup? Mais cette forêt est un espace protégé!
B- : Et aucune présence humaine autre que touristique n'y a été décelée...
M- : Je... Je vais chercher la trousse de secours dans la voiture... Ou... Ou bien on transporte Karl jusqu’à la jeep... Euh...
B- : T'as pas pris la trousse ? Mais t'as quoi dans la tête ! Bon calme-toi, déjà dégageons le pied de Karl !
[...]
B- : Et merde, c'est complètement rouillé... Bon Merlin, cherche quelque chose pour dégager son pied, je fonce à la jeep prendre la trousse de soin !
M- : Ok... Ok ! Ça marche, fais vite !
B- : Hé le vieux, tu me reçois ? je me détache du groupe pou-...
Moi- : Je sais j'ai entendu, sois prudent... Merde quoi ! Un piège à loup !
[...]
M- : Qu'est-ce qu'il fout Benjamin ? Il devrait déjà être revenu!
K- : Je me sens pas très bien...
M- : Reste calme Karl, t'as perdu beaucoup de sang.
M- : Bon ça fait trop longtemps qu'on attend ! Je vais voir ce qu'est devenu Benjamin, je m’inquiète.
K- : Vas-y, je t'attends ici. De toute façon je risque pas d'aller très loin...
M- : À tout de suite!
[Bruit de pas]
Moi- : Hé! Merlin, laisse pas Karl tout seul! S'il y a un piège à loup, il y a un chasseur! Je veux que tu restes avec lui!
[Les bruits de pas continuent.]
M- : Mais je veux savoir comment va Benjamin !
Moi- : Fais pas le con ! Pense à Karl !
[Les bruits de pas s’estompent.]
M- : Merde... Merde ! Putain... Je retourne voir Karl.
[Bruit de course.]
Moi- : C'est la bonne décision Merlin... C'est la bonne décision...


Rapport n°04
Lieu : forêt
De : Merlin
Heure : 16h43

M- : Ici Merlin, je pense nécessaire de... Faire un rapport... De la situation actuelle. Après être arrivés dans la forêt, nous avons atteint le campement des parents où la petite fille semble avoir disparu sans laisser de traces.
À partir de ce point, nous avons entamé des recherches hasardeuses à travers la forêt jusqu’à ce qu'un événement inattendu vienne perturber les recherches, en effet Karl s'est pris le pied dans un piège. Nos tentatives pour le libérer se sont soldées par des échecs...
Finalement, à cause des saignements importants provenant de la jambe de Karl, Benjamin s'est décidé à aller chercher la trousse de soins médicaux dans la jeep garée à environ... Trois quarts d'heure à vol d'oiseau.
Passé le délai de 2h30 d'attente j'ai décidé de rejoindre Benjamin, avant de revenir en direction de Karl qui ne pourrait se défendre seul face au chasseur (kidnappeur?) s'il présentait une attitude négative.
Finalement il semblerait que mes craintes aient été fondées.
À mon retour auprès de Karl, plus de piège, plus de Karl, plus rien, excepté le sang qui avait coulé de ses plaies.


Conversation : 13

Moi- : Karl... Karl est plus là?!
M- : Non! Je...
Moi- : Merde! Mais comment c'est possible!
M- : Bon écoute! Je sais que c'est de la folie mais... Tu comprendras que c'est tout ce qui me reste à faire, je vais suivre les traces de sang et prier pour que les autres soient en vie.
Moi- : Je te connais, quand t'as une idée en tête... Je prierai aussi, mais si un éclair de lucidité te frappait sache que les secours seront bientôt là.
M- : Dans combien de temps?
Moi- : 6 heures.
M- : C'est trop. À plus tard, terminé.


Rapport n°5
Lieu : abords de la cabane
De : Merlin
Heure : 18h30

[Il parle à voix basse.]
M- : J'ai suivi les traces de sang... Qui d'ailleurs devenaient presque invisibles... Elles m'ont conduit jusqu'à une cabane. Je vais attendre un peu, voir s'il se passe quelque chose. Rappelle-moi dans 30 minutes si je n'ai rien vu, passé ce délai j'irai à l'intérieur.


Conversation : 14

[Voix très basse.]
M- : Oh merde! Merde! Je viens de voir... Un type... Très costaud, sortir de la cabane mais... Il se déplaçait comme un... Une espèce de gorille, tantôt debout tantôt à quatre pattes... Je fonce à la cabane!
[Bruissements de feuilles]
Moi- : Oh mon dieu...
[Grincements]
M- : Oh merd-
[Halètements]
M- : Je viens d'ouvrir la porte !
[...]
Et je... Je me retiens de vomir, il y a du sang partout. Des restes d'animaux plus ou moins décomposés, un peu partout...Un  mobilier très précaire en vrac, des instruments coupants éparpillés... des traces d'excréments.
Cette odeur! Mon dieu, cette odeur!
Moi- : J'ose pas imaginer ce que tu dois endurer... Tu peux encore fuir!
M- : Non, pas si près du but. Je vais fouiller.
[...]
M- : C'est de pire en pire...
[Fracas.]
M- : Marie, Jésus, Joseph... Il y a une trappe au plafond... Il y a du sang qui coule...
Moi- : Je.. Euh...
[Un grincement, presque inaudible.]
M- : Il est revenu... Il est là!
Moi- : Cache-toi, Merlin !
M- : J'ouvre la trappe...
[Des cris. On pourrait difficilement les identifier comme des cris humains.]
M- : Il est tout près... Je suis dans cette espèce de grenier, mais j'y vois rien, j'active ma torche.
[...]
[Un cri. Probablement celui de la fille.]
M- : Oh mon dieu, non...
[Vomissements?]
M- : Karl et Benjamin... Je ne peut même pas te décrire leur état... Et il y a la petite... Elle est en vie mais... Elle est nue et porte des traces de cou-
[De nouveau, cris inhumains.]
M- : Vas-y! Allez, bute-moi saloperie !
[Derniers cris. Le silence suit rapidement.]



Voilà. Je ne peux vous décrire la difficulté que j'ai eu pour vous retranscrire tout cela. Ce jour-là j'ai perdu mes amis, et mon emploi car j'ai été renvoyé par prétexte de non-assistance à personnes en danger... Foutaises! Ils veulent étouffer l'affaire... C'est aussi pour cela que j'ai écrit tout ça.

Voici à présent 3 photos déclassifiées du rapport de police.


Zone des recherches.

 Lieu exact des recherches.

Attention, la dernière photo peut choquer.
Une poupée faite à partir de restes organiques animaux et humains. On y retrouve notamment le cerveau de deux secouristes locaux.
Si cette photo a été déclassifiée, qu'en est-il des autres?




mercredi 9 avril 2014

La maladie

Je ne pense pas que ce soit une bonne chose de vous en parler. D'après ce que j'ai compris, c'est une des conditions. Mais je n'en suis pas sûr, alors peut-être que ça ne changera rien, au final. En même temps, ne pas en parler, ça empêche de pouvoir s'y préparer. Et il vaut mieux y être préparé, le jour où ça nous arrive. C'est comme quand on déclare un cancer. Ceux qui ne savent pas de quoi ils souffrent ont peur, ils ne savent pas d'où viennent leurs douleurs et ils paniquent. Savoir à quoi s'attendre, quelque part, ça donne un petit espoir. L'espoir que les symptômes s'arrêtent et qu'on guérisse miraculeusement.

Ça semble frapper au hasard dans la population. Parfois c'est une personne seule, parfois c'est une famille entière. Que l'on soit gros, grand, petit, mince, sportif, que l'on soit en général en bonne santé ou non, ça ne change rien. Comment ça se propage ? C'est un mystère pour tous ceux qui y assistent comme pour ceux qui subissent. Des spéculations sont faites là-dessus. Les gens qui l'ont en ont souvent parlé avant de tomber malades. Peut-être qu'il faut être un peu hypocondriaque pour que ça finisse par nous tomber dessus. Mais je crois que certaines victimes n'en avaient jamais entendu parler, alors je ne suis pas tout à fait sûr.

Le tout premier symptôme à se déclarer, c'est l'iris qui devient complètement noir. On dit que la couleur des yeux est causée par la production de mélanine dans l'œil, et qu'elle ne varie que pendant la première année de vie. Cette chose doit la réactiver et la pousser à son maximum, d'une manière ou d'une autre. Ou alors ce n'est pas naturel, et autre chose vient se loger dans vos yeux. Je ne sais pas. C'est possible, après tout les yeux sont très touchés par l'infection. On se met à pleurer du sang. Notre vision s'altère, les couleurs deviennent toutes fades. La lumière nous éblouit très facilement et nous fait même mal. Quand on voit tous ces symptômes, ça donnerait presque l'impression que vos yeux sont consommés par ce qui s'y est logé. Et vous n'allez même pas le sentir.

La peau aussi se met à changer. Au début, elle devient pâle, rêche, un peu comme du papier. Chez certains, la pâleur peut aussi être accompagnée d'une teinte jaunâtre. Ça ressemble un peu aux fleurs qui fanent ou aux légumes qui pourrissent. La suite est d'ailleurs conforme à cette image. Quand on se blesse, la peau ne se répare plus. La chair reste à vif. Le sang peut coaguler, mais les croûtes ne partent jamais. Ou alors, si on les arrache, on saigne de nouveau. Nos ongles tombent, aussi. Comme les poils. Comme les cheveux. Quand vous vous levez et que vous vous regardez dans la glace, vous avez l'air dégoûtant. Vous pourrissez.

Après, c'est le cerveau qui est attaqué. Peut-être que les autres organes le sont aussi, en fait, mais on n'a pas envie de vérifier. Personne n'a envie de finir infecté parce qu'il aura essayé de voir tous les effets qu'il y a eu sur le corps. On ne sait toujours pas comment ça s'attrape, vous vous rappelez ? En tout cas, on ne sent rien du tout dans son corps. Peut-être qu'on est dévoré de l'intérieur sans même le sentir ? Imaginez, vous vous réveillez un jour et vous voyez des vers et des insectes sortir d'un trou de votre poitrine. Vous les voyez qui vous grignotent, et pourtant, vous ne sentez rien. Ou pire, vous ne les voyez pas, mais vous savez qu'ils vous grignotent. Peut-être que c'est parce qu'ils grignotent votre cerveau aussi que vous ne sentez rien ?

Les hallucinations et les maux de tête, ça doit venir de là. Tout ce que vous voyez, et qui n'est pas là. C'est comme si vous étiez drogué en permanence. Vous allez sûrement voir des monstres. Les membres de votre famille, vos amis, vous allez croire qu'ils se sont transformés en abominations. Vous allez essayer de leur échapper, ou pire. Sans même en avoir conscience. La douleur qui transperce votre crâne vous empêche d'y songer clairement. Tout ce que vous savez, c'est que vous êtes transcendé par la peur, et que vous devez tout faire pour survivre, peu importe quoi. Vous vous réveillez avec les mains couvertes de sang. Vous venez de tuer votre mère. Mais elle était si terrifiante, alors elle devait vous vouloir du mal, n'est-ce pas ? Vous, vous n'êtes pas si terrifiant. Votre reflet dans le miroir semble aller mieux. Vous pensez probablement que la maladie va se retirer. Vous vous dites que c'est beau d'avoir retrouvé des couleurs. Vous allez certainement avoir enfin la paix avec les horreurs qui vous couraient après.

Mais vous êtes poursuivi dans votre sommeil aussi. Chaque nuit, vous rêvez que vous êtes dévoré vivant. Ou peut-être que vous ne rêvez pas ? Quand vous vous réveillez, vous ne le sentez pas, mais vous êtes amoindri. Le sommeil n'a pas été réparateur. Vous avez simplement fermé les yeux et les avez rouverts quelques heures plus tard. Les maux de tête s'accentuent. Vous donneriez n'importe quoi pour dormir. Ne vous inquiétez pas, vous allez bientôt dormir. Un jour, vous ne vous réveillez plus. Il va falloir un certain temps à vos proches pour vous en rendre compte. Vous avez toujours l'air terriblement vivant. Vous les regardez de vos yeux sans couleur. Votre visage reflète l'horreur que vous venez de traverser. Vous avez peut-être vu ce qui vous a infecté, qui sait.

Qui sait si vous n'êtes pas déjà infecté. Vous savez que cette maladie existe. Si la théorie qui dit qu'il faut, d'une manière ou d'une autre, le savoir pour tomber malade est fondée, alors je tiens sincèrement à m'excuser de vous avoir mis dans cette situation. Mais si ce n'est pas le cas, l'infection vous aurait frappé d'une manière ou d'une autre. Cependant, ne perdez pas espoir. Peut-être que quelqu'un trouvera un remède. Après tout, il n'est peut-être pas impossible de guérir quand la maladie n'est pas trop installée. Regardez-moi, je me sens mieux de jour en jour.




mardi 8 avril 2014

Maman est là

Anna n’avait jamais douté de sa sécurité, ni de celle de son enfant. Anna vivait avec son mari, Arthur, et leur petit garçon âgé d'à peine deux ans.  Ils vivaient tous les trois dans une charmante maison en ville, le genre de maison sympathique qu’on remarque en passant dans la rue. Anna adorait son petit garçon, elle le chouchoutait et le gâtait bien plus que nécessaire. On pouvait même déjà se dire que cet enfant allait être un véritable pourri gâté.



La jeune femme avait à peine 20 ans. Elle était des gens populaires, qui depuis sa petite enfance était la Reine de son école, collège et lycée, le genre de fille qu’on invite à toutes les fêtes, le genre de fille qui vit dans l’alcool et la drogue juste pour paraître cool auprès des copains, le genre de fille à se recouvrir de maquillage et de parfums qu’on sent à des kilomètre à la ronde. Une fille hautaine qu’il ne fallait pas prier pour se moquer des exclus… Une fille qui ne s’était pas fait prier non plus pour coucher avec Arthur après une fête trop arrosée, comme à chaque fête et avec à chaque fois un partenaire différent - quand ce n’était pas plusieurs. Par chance pour elle, Arthur n’était pas un salaud, en tout cas pas entièrement, et il avait assumé le rôle de père.



Ce soir là, Anna avait décidé d’inviter quelques vieux amis du lycée qu’elle avait perdu de vue après la grossesse. Elle avait tout préparé, elle avait même pris un peu de Vodka, elle savait que ce petit groupe de fêtards en était friand. Elle était alors partie coucher le petit garçon, Jérôme, dans son lit de bébé. Puis elle avait accueilli ses amis qui venaient de frapper à la porte.
Jessica, Clarisse et Frank. Les trois grands amis. Clarisse et Frank étaient en couple et avaient une petite fille, avec un an de plus que Jérôme, Alice. Cette petite fête, qui était plutôt un petit apéro - il fallait croire que la grossesse avait assagi Anna - commençait alors calmement.  Une heure et demi passa, ils avaient passé la plupart du temps à parler du bon vieux temps, à se demander ce qu’ils étaient devenus. Jusqu’au moment où un grand bruit leur parvint. Aucun doute, cela venait d’au-dessus, de la chambre de Jérôme.


Anna se leva alors en vitesse, laissant ses trois amis discuter avec Arthur. Elle monta les escaliers quatre à quatre et ouvrit la porte de la chambre déjà entr'ouverte. Pas besoin d’allumer la lumière, la veilleuse en faisait déjà assez, pas trop histoire de permettre au petit de dormir, plongeant les coins de la pièce dans les ténèbres les plus obscures qui soient. Elle se pencha au dessus du lit. Le petit dormait tranquillement, le visage souriant, dans un rêve
certainement merveilleux.



Elle se tourna vers la porte et sortit de la salle. Elle s’arrêta avant de fermer entièrement la porte, l’ouvrit un peu plus, puis la referma… Il lui semblait avoir vu quelques petites sources de lumière dans un des coins sombres de la pièce, comme des lucioles. Mais non, après vérification il n’y avait rien.
Elle redescendit, passa par sa propre chambre pour récupérer le babyphone et alla dans le salon pour rejoindre les invités. Elle n’était pas sereine, légèrement inquiète, elle ne savait elle-même pas pourquoi. Elle passa le reste de la soirée avec eux, à rire et raconter sa vie insignifiante… détestable, pourtant elle faisait tout de même attention à ce qu’elle entendait à travers le babyphone.



Au bout d’un moment elle fit signes aux autres de se taire, elle essaya de monter le son, pour mieux entendre ce qui se passait. Elle avait d’abord entendu un léger grésillement, puis une faible voix….
En écoutant avec plus d’attention, elle finit par comprendre quelques phrases. 


« Pourquoi, pourquoi maman ne peut pas te toucher? Pourquoi maman ne peux pas sentir ta peau pourrir? Pourquoi ne pas tout ouvrir? Pourquoi ne pas… » 

Un autre grésillement…
Et le cri du petit, cette fois pas dans le babyphone, comme si on l’avait éteint. Anna, Arthur et les autres montèrent les escaliers. Ouvrant la porte d’un coup, allumant la lumière.


Rien, le petit venait de se réveiller et pleurait à présent. Anna le prit dans ses bras, soulagée… Le babyphone avait peut-être capté le signal d’une radio, pensa-t-elle, du moins jusqu’à qu’elle se rende compte que le petit pyjama bleu du petit était recouvert d’un liquide impossible à identifier, une trace de griffure visible sur sa joue.
Le babyphone, qu'Arthur avait pris avec lui, plutôt par réflexe qu’autre chose, se mit à émettre un bruit fort désagréable, comme si quelque chose léchait l’appareil de l’autre côté. Un rapide coup d’œil permit de remarquer que l’autre appareil n’était pas dans la chambre.
La machine leur permit alors d’entendre d’autres bruits, comme des couinements, des gémissements, puis une voix désincarnée. « Oh… Oh, maman peut te toucher. Maman te touche… Maman plaisante avec toi, Maman aime le goût que tu as, sentir ce liquide… si chaud... »  Ils étaient tous figés, le regard fixé sur le babyphone.


Anna se mit à bouger la première, décidant de redescendre en gardant le petit avec lui, pour aller appeler la police. Les autres la suivirent, blancs, choqués. Ils s’arrêtèrent tous en plein milieu des escaliers… 


Le mur en bas projetait une ombre venant du salon. Une silhouette était là, s’agitant comme secouée de spasmes. Cela ressemblait à première vue à un mélange d’homme et de bête, l’ombre en tout cas suggérait une sorte de corps humain, dont les jambes étaient à double articulation, et des bras horriblement maigres, la peau sur les os... Impossible de bien définir sa tête… Comme une sorte d’amas informe de tentacules, peut-être y avait-il au milieu une mâchoire humaine.
 

Un chuchotement se fit entendre dans le salon. Le babyphone lui fit écho, mais de façon bien plus compréhensible. La chose en bas parlait à travers le babyphone, comme un sadique qui prenait plaisir à faire peur à ses victimes…  
« Maman est là, pour toujours...» 
La voix s’arrêta un moment, l’ombre fut secouée d’un grand spasme. 
« Oh… oooooh  Oh… Ooooh, petite Alice.»