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mardi 1 septembre 2015

Un temps de chien

Voilà, les flics viennent de partir de ma chambre d’hôpital, j’ai fini ma déposition. Même si j’ai toujours des nausées et que j’ai arrêté de dégueuler, j’ai assez de force pour écrire mon histoire. Ça s’est passé avant-hier, pas très loin de chez moi.

Après de bons et loyaux services, mon vieux scooter avait rendu l’âme, et mon pote, qui me ramenait souvent chez moi quand j’étais en panne, était absent depuis quelques jours (c’était le roi de la sèche et du rendez-vous galant pendant les heures de cours).

Le jour où ça s’est passé, je finissais tôt (15 heures) et le car scolaire avait du retard. Aucune info sur son heure d’arrivée, aucune envie de poireauter, j’avais des fourmis dans les jambes, j’avais envie de bouger après une heure de philo chiante à en mourir. De nature sportive, j’ai donc décidé de faire les cinq kilomètres jusqu’à chez moi à pied (ça m’arrivait souvent de le faire).

Le temps était lourd, orageux. J’ai bien vu des nuages noirs assombrir l’horizon, mais je me suis dit qu’en marchant vite je pouvais être à la maison avant eux. Je me trompais. Cinq minutes plus tard, les éclairs illuminaient le ciel obscur. Ensuite les coups de tonnerre, rapprochés, si puissants que je devais me boucher les oreilles. Avant les premières gouttes de pluie, j’ai commencé à courir, pensant encore être épargné. Puis un vrai déluge s'est abattu sur moi, un déluge comme je n’en avais jamais vu. Et ce vent... Un vent du diable. Tous les blés autour de moi étaient couchés. La pluie était glaciale, j’étais trempé jusqu’aux os, je maudissais mon initiative.

Mais ce n'était que le début. Des grêlons de la taille d’une balle de golf ont commencé à s’éclater sur le bitume. Le ciel, la terre, mon corps, tout craquait, un bruit d’enfer, comme des impacts de balle sur un mur ou une carrosserie. Franchement, j’ai vraiment cru que j’allais y passer, et au moment de retourner au bahut, une vieille estafette s’est arrêtée à ma hauteur. Je n’aurais jamais dû y grimper, j’aurais dû crever sous l’orage, ou me taper la permanence, plutôt que de faire ce que j’ai fait.

Le conducteur était un fermier, un gros gaillard bedonnant à l’air sympa, malgré ce sale rictus qui pointait constamment vers son oreille gauche. Les énormes grêlons continuaient à abîmer la carrosserie de son estafette et lui il souriait bêtement, sans rien dire, sans même m’inviter à monter dans sa caisse. C’est pourtant ce que j’ai fait, je suis monté et il a redémarré.

Je lui ai dit que j’habitais à l’entrée du village, et qu’il était vraiment sympa de me ramener chez moi. Il m’a répondu que lui habitait moins loin et qu’avec ces grêlons, sa caisse allait finir par ressembler à une passoire. Je n’avais pas d’autre choix que de le suivre.

Sa ferme n’était qu’à une centaine de mètres. À l’intérieur un salon, immense, tout en lambris et en poutres, avec une grande table en chêne foncé, des têtes d’animaux empaillées sur les murs ainsi que divers objets africains ou d’ailleurs. Une seule fenêtre, assez petite, était visible à côté de la porte d’entrée. Cela rendait l’endroit plutôt austère, un peu sombre, juste éclairé par un lustre et ses ampoules faiblardes qui grésillaient sur un cerceau en fer forgé. Je ne peux pas dire que je m’y sentais très bien mais bon, les fermiers n’ont pas la réputation d’être les rois de la déco.

Glacé jusqu’aux os, j’ai accepté la douche chaude qu’il me proposait (il a vraiment insisté). J’ai aussi accepté les vêtements de son fils. La douche était sur le palier, à l’étage, la première porte d’un long couloir assez sombre.

Pendant ma douche, j’ai entendu un cri. J’ai arrêté les robinets pour écouter plus attentivement. Mais dehors, l’orage grondait. J’ai pensé qu’il en était à l’origine, ou peut-être que je me faisais des idées à cause de cette salle de bain, aussi mal éclairée que le salon, que le couloir. Une lucarne laissait passer le flash des éclairs, et quand je suis sorti de la douche, sur le mur face à moi, j’ai vu comme l’ombre d’un tronc ou d’un corps démembré. La tête bougeait, allait de droite à gauche, comme si, peut-être, quelque chose était en train de la torturer. Puis elle a disparu dans le projecteur des éclairs suivants. À ce moment-là je me suis dit que j’étais victime d’hallucinations.

Je me suis rhabillé, je suis sorti de la salle de bain, et au moment de descendre les escaliers, un son étouffé a attiré mon attention sur la droite, vers le fond du couloir. À l’aller toutes les portes m’avaient parues fermées mais là, elles bougeaient doucement, sans faire le moindre bruit. Il y en avait trois de chaque côté, plus celle du fond. Le son étouffé venait de là, je l’entendais d’autant mieux que j’avais bloqué ma respiration.

J’avoue que, malgré la douche, je ne me sentais pas très bien. Je commençais à me dire que cette bâtisse était assez glauque pour se faire un tas d’idées dérangeantes, comme par exemple être la victime d’un film d’horreur et que derrière l’une de ces portes, un gars costaud, au rictus malsain, est prêt à vous éventrer et à étendre vos tripes sur une corde à linge. Mais je ne voulais pas me laisser impressionner, je suis costaud moi aussi et je me persuadais que dans ce bled paumé, jamais rien d’horrible n’était arrivé.

Je me revois encore m’avancer vers la porte du fond qui s’ouvrait un peu plus à chacun de mes pas, je revois encore cette moitié de lit coincée dans l'angle gauche de la pièce, et ce quelque chose bouger dessus. J’entends encore ses cris étouffés, comme si on lui avait enfoncé un bâillon dans la bouche. Purée, si j’avais su que c’était lui.

Je me suis arrêté là, tétanisé, frigorifié. J’avais l’impression que je portais toujours les mêmes vêtements mouillés. La porte aussi avait arrêté de s’ouvrir, elle semblait bloquée à moitié, ne m’en dévoilant pas plus sur le reste de cette pièce et sur la chose qui bougeait dans la pénombre, sur le lit.

Je devais faire l’effort d’avancer. Ce que je m’apprêtais à faire, lorsque j’ai senti une pression sur mon avant-bras. Je me suis retourné vivement, le poing en l’air, prêt à frapper.

Le visage surpris du fermier a retenu mon geste. Au même moment, j’ai senti quelque chose passer entre mes jambes avant de filer dans l’escalier. C’était un chat. J’ai ri comme un con, soulagé. Je me suis excusé auprès du propriétaire, il m’a alors invité à souper. J’ai accepté car j’avais sauté le repas du midi et toutes ces émotions m’avaient fait un creux dans l’estomac. Avant de le suivre et de redescendre les escaliers, j’ai jeté un coup d’œil derrière moi : toutes les portes étaient fermées. J’ai alors haussé les épaules et j’ai mis ça sur le compte d’une stupide paranoïa. Putain, j’aurais dû aller l’aider, je suis sûr que c’était lui sur le lit.

Une fois en bas, j’ai été surpris de constater que le fermier avait déjà mis la table ; une assiette, des couverts, un verre, étaient disposés à chaque extrémité. Je me suis installé près de la porte d’entrée, lui à l’autre bout.

En guise d’entrée, un plat de charcuterie. En enfilant les bouchées il s’est mis à jacter un peu plus. Il a commencé par la météo et m’a dit qu’ils prévoyaient un temps de chien jusqu’en début de soirée. Je l’ai cru.

Puis il a apporté un plat de viande, du bœuf maison, m’a-t-il dit. C’était bon. Je mangeais correctement, avec mes couverts ; lui, il arrachait la viande de sa côte de bœuf à grands coups de mâchoire. Dans le silence de la maison ça faisait le même bruit qu’un mec à qui on arracherait la peau avec les dents. Je n’entendais que ça. Et il me regardait en mastiquant, l’air satisfait. Je n’avais jamais vu un mec manger aussi salement. Par des petits signes de tête, il m’invitait à en faire autant. Son attitude commençait à me couper l’appétit, mais pas suffisamment pour continuer de bouffer à cette viande juteuse, accompagnée de légumes pimentés. Ma gorge a commencé à me piquer, mais le fermier avait tout prévu, en l’occurrence du pain et du Coca-Cola. Je l’ai remercié, mais intérieurement. En regardant ce souillon, je me disais qu’il avait toute la panoplie de l’ogre qui veut engraisser son invité. Mais mon esprit, rationnel et matheux, refusait cette connerie de conte pour enfants.

Avant de m’apporter le fameux dessert (comme il disait), il a commencé à me parler de sa vie. Ma vie à moi était plutôt plate, je n’avais rien d’intéressant à dire, alors je l’ai simplement écouté. Sa plus grande passion : faire des safaris avec ses fils. Il m’a dit avoir chassé dans les quatre coins du monde, avant d’élever un peu de bétail. Il me disait avoir un grand respect pour les coutumes locales de chacun des pays où il avait chassé, et revenait souvent avec des objets pittoresques. Inde, Pakistan, Guinée équatoriale, Iran, Groenland, Mexique, Nicaragua, Amazonie, Papouasie, Nouvelle Guinée, ce type était un vrai globe-trotter de la gâchette. En arrivant je n’avais pas remarqué les petits cadres-photos entre les têtes d’animaux et les objets africains. Le fermier, Charly de son prénom, posait avec toutes sortes d’indigènes et de bêtes crevées. De ce que je voyais, il n’y avait pas une seule trace de ses fils. Quand je lui ai posé la question, son visage s’est fermé. Il m’a répondu qu’il n’avait jamais eu d’enfants, que je disais n’importe quoi, que j’avais mal compris. Il s’est soudainement énervé, et m’a sorti qu’en Guinée Équatoriale, on m'aurait bouffé pour avoir manqué de respect à mes hôtes ! Là, il s’est arrêté de parler, m’a regardé fixement, a serré son couteau si fort que je pouvais voir la blancheur de ses doigts. Putain, je ne savais plus quoi faire, me barrer en courant comme une poule mouillée, ou rire de sa connerie.

C’est ce que j’ai fait, j’ai fait semblant de rire bêtement, grossièrement. Il a remis son sale rictus sur sa tronche porcine, en passant sa langue sur ses grosses lèvres recouvertes de barbe. Et c'est là que mon sourire a décliné. J’ai entendu à nouveau les cris étouffés, au-dessus, au premier étage. J’ai alors jeté un coup d’œil à la fenêtre : une pluie battante avait remplacé la grêle. La porte n’était qu’à quelques mètres. D’un bond, j'aurais été dehors, m’enfuyant et laissant ce gros lard finir seul le souper.

Au moment de me lever, le chat a sauté sur la table, j’ai hurlé comme une petite fillette. Lui aussi a poussé un cri, avant de dire « maman ! » et de faire semblant d’avoir peur. Puis il s’est mis à rire grassement, se tapant le bide en pointant tour à tour moi et le chat. La honte de ma vie. Je me suis trouvé complètement con, je me suis excusé. En continuant à rigoler (comme un goret), Charly s’est levé pour m’apporter « son excellent dessert ». J’ai protesté énergiquement, je lui ai dit que je n’avais plus faim, mais il ne m’a pas écouté et il a disparu sur sa droite, dans un renfoncement que je ne pouvais pas voir d’où j’étais placé. À ce moment-là, je me suis dit que ce mec était complètement barge, je ne voulais rien avaler de plus, je voulais rentrez chez moi ! C’est ce que j’ai été lui dire car je ne voulais pas me sauver en douce, je voulais être poli, le remercier pour le repas et les vêtements. Putain d'éducation.

Il se trouvait derrière une porte qu’il n’avait pas suffisamment refermée. Au moment d’y entrer, je me suis arrêté net. C’était la cuisine. Par l’entrebâillement, je le voyais de profil, devant un frigo ouvert, dégueulasse, plein de giclures de sang et de taches brunes. Au sol, sur le carrelage, y en avait tout autant. Ce mec était le plus gros porc du monde, il mangeait salement et sa cuisine était une vraie porcherie. Ça m’aurait presque fait rire si je n’avais pas mangé sa putain de bouffe. C’est là que j’ai commencé à avoir des nausées et à me sentir faible. Mes jambes ont vacillé ; j’ai posé une main sur le mur à ma gauche, l’autre sur mon ventre.
               
Statufié devant le frigo, Charly se grattait l’arrière de la tête avec la pointe d’un couteau dont le manche était garni de plumes. Avec l’autre main, il caressait sa barbe et marmonnait des choses incompréhensibles. C’en était trop, la politesse avait ses limites. J’ai voulu me barrer mais la tête me tournait de plus en plus. D’un coup il s’est exclamé un truc du genre « c’est pour ça ! » ou « j’comprends mieux ça ! ». Il a pris une boîte de gélules sur le dessus du frigo et, après avoir retiré le bouchon, il en a vidé le contenu dans sa bouche. Puis il s’est approché de l’évier, a ouvert le robinet, et a bu comme un gosse l’aurait fait à une fontaine, en s’en foutant partout.

C’est là que nos regards se sont croisés, c’est là qu’il s’est redressé d’un coup, avec les yeux exorbités, comme s’il voyait un revenant. J’aurais aimé courir à toutes jambes, mais la tête me tournait trop et je sentais que j’allais dégueuler. Je me suis retourné, j’ai pris appui sur le dossier d’une chaise, puis je me suis concentré sur la porte de sortie.

Je n’entendais pas ses pas derrière moi, je ne savais pas s’il me suivait ou non, je voulais atteindre cette maudite porte et rentrer chez moi.

J’ai quand même réussi à l’atteindre en me cognant partout. Elle était fermée. Je me suis retourné. Charly était là, face à moi, le visage trempé de grosses gouttes de sueur, ses paupières battant comme les ailes d’un papillon. J’avais l’impression que c’était une autre personne que celle qui m'avait accueilli, et j’avais aussi l’impression que j’étais incapable de me défendre et que j’allais crever ici, à quelques kilomètres seulement de chez moi.

Il tenait son couteau au niveau du ventre dans son poing fermé, la pointe de la lame tendue vers moi. Je n’avais même pas la force de réagir, cette enflure m’avait drogué. Il m’a alors sorti des phrases que je n’oublierai jamais : " Que faites-vous ici ? ». Avant de se reprendre : « Je suis désolé, je me suis trompé, il y a trop de dessert, mon congélateur est en panne, je ne peux plus rien stocker, je ne veux pas gâcher la marchandise. Une prochaine fois, peut-être ? "

Dos à la porte, je l’ai alors traité de tous les noms, c’est la seule chose que je pouvais faire sans tomber. Il a alors planté son couteau dans le panneau et m’a écarté violemment de la porte. Je suis tombé, il m’a relevé avant de me pousser dehors. L’air frais m’a fait du bien, une pluie drue s'y ajoutait. J’ai encore tenté de m’enfuir mais ce malade m’a poussé dans son estafette en hurlant « le gibier doit rester dans l’enclos ! ».

Il m’avait jeté côté passager, à côté de lui. Je gémissais, j’avais mal au bide, mais je ne le lâchais pas de l’œil. Il conduisait lentement, le dos plaqué contre le siège, la tête bien droite, les bras tendus sur le haut du volant, le regard fixé sur la route, hypnotisé. Le silence était uniquement entrecoupé par mes indications routières et mes rots que je ne pouvais plus empêcher. L’air frais, passant par la vitre-passager, me faisait toutefois du bien.

J’étais encore assez lucide pour lui donner une fausse adresse. Il ne s’est même pas rendu compte qu’on sortait de mon village, direction le suivant. 

D’un coup, il a engagé la conversation, il m’a dit qu’il avait besoin d’argent pour faire un nouveau safari, qu’il avait une voiture à vendre, que si je connaissais quelqu’un d’intéressé, il ne fallait pas hésiter à venir frapper à sa porte. J'ai acquiescé machinalement, mais je n’en avais rien à foutre de sa putain de caisse. 
Il m’a alors parlé du modèle de cette voiture à vendre. Je n’en ai pas cru mes oreilles. Une voiture de collection, très rare, qu’un seul propriétaire possédait dans toute la région - mon pote ! Mais sur le coup je ne savais pas que c’était la sienne, je lui ai dit que mon ami en avait une pareille. Il a alors réfléchi, a souri en passant sa langue sur ses grosses lèvres, puis a lâché froidement : "Il a très bon goût cet ami, tu ne trouves pas ?"


samedi 29 août 2015

La légende de Weircreek

Un utilisateur canadien de 4chan, DreadFall, aurait rapporté quelques vidéos de la chaîne "LostInaCave", en juin 2008, sur la chaine youtube Creepypasta archives.
Les faits seraient liés à une légende urbaine au sujet d'une ville fantôme, Weircreek, située dans l'état du Mississipi près de New Albany, où auraient eu lieu des évènements lié à une secte, vers 1984; je n'avais jamais entendu parler de cela avant. 





L'auteur ne semble pas donner beaucoup d'informations.



 

J'ai traduit ses propos : 

 « J'ai trouvé ce texte qui parle de la secte de Weircreek :

"Jeudi 5 juin 1984
Un jeune garçon venait de découvrir le corps à l'intérieur, le temps était donc venu pour lui d'envoyer au shérif les informations qu'il lui avait demandées. Mais avant cela et puisqu'il suivrait le chemin de Dieu, il avait un souhait. Il s'agissait de brûler les maisons, et de n'en rien laisser. Ils allaient entrer dans un monde paisible, tandis que la ville reposerait en enfer.
Quelque peu étrange à première vue, mais cela permet clairement de justifier le fait que personne n'ait pu trouver la ville de Weircreek. Je ne remettrai plus jamais les pieds dans cette forêt. J'ai vu des hommes-chiens en file indienne qui grognaient comme des fous." »



L'image fournie avec le thread, sûrement une des maisons qu'il voulait détruire :




Beaucoup de personnes seraient parties à la recherche de Weircreek, sans succès. En effet, la forêt se trouvant entre New Albany et la soi-disant ville de Weircreek serait particulièrement tortueuse et grande, il serait ainsi impossible d'y trouver son chemin.


La première vidéo nous montre la présumée ville de Weircreek, très certainement filmée d'une voiture. Son titre, retranscrit en alphabet latin, signifie : "Looking for a victim". La voix, extrêmement grave et lente, provient probablement d'une musique (peut-être de la radio). On y aperçoit des bâtiments délabrés, notamment des tags : « 7 miles, Breed winners Post I ». Elle se déroule, d'après l'auteur du thread, bien après les événements puisque l'auteur des vidéos aurait réussi à traverser la forêt et à trouver Weircreek :






La seconde, dont le titre signifie « He's in there », montre une maison en flammes, sous une espèce de musique country au ralenti. Sûrement pendant l'événement décrit par le message « Burn those houses » :





Les deux suivantes montrent apparemment un autre événement, avant le massacre des habitants et la destruction des maisons. Elles présentent ce qui semble être un enlèvement puis la séquestration de la victime dans une cave (d'où le titre, sûrement). Remarquez la seconde musique, il s'agit de Mr Sandman, des Chordettes :







Je n'ai aucune idée du lien entre ces vidéos et la légende mais elle reste assez floue, je vous invite à chercher par vous-mêmes.




Note personnelle : les vidéos présentées sont probablement liées à la chaîne Youtube/ARG meatsleep, qui est à l'origine de la vidéo ‡i‡n⁜g‡r‡a‡t‡e‡ précédemment traduite.

jeudi 27 août 2015

Taqqiq Qaumat

( Ce qui va suivre est une retranscription d'une conversation sur un forum anglais. Le forum en question (http://www.woodwalkers.net) était un forum de randonnée que l'auteur de la conversation visitait quelquefois. Il a été fermé en juillet 2013. La conversation date de 2011, et se déroule sur plusieurs mois. Tout au long de la conversation, le principal intéressé postera des images pour confirmer ses dires. Certaines des images ont pu être récupérées, les autres non. Pour pallier à ces manques, les images manquantes seront décrites. Les passages entre parenthèses ne sont pas issus du texte original, ils ont été rajoutés pour aider à la compréhension. )

FlashCon - le 11 Août 2011 : Salut les gars ! J'ai pas l'habitude de poster ici, mais je me suis dit que ça pourrait vous intéresser, et que vous pourriez peut être m'aider. Voilà le topo :

Depuis environ un an je vis dans une maison au Canada, dans la province de Colombie Britannique. J'ai pas mal de propriété, environ 4 hectares (ndlr : 40km²). La majeure partie c'est de la forêt, et j'ai un petit cours d'eau pas trop loin de chez moi. Le seul voisin que j'ai habite tout au bout de ma propriété, sur le chemin qui mène de la route jusqu'à chez moi.
Je me balade souvent en forêt l'après-midi pour trouver des coins sympa où pêcher. Cet après midi j'ai trouvé des trucs assez bizarres. J'ai trouvé une hache, posée contre un arbre. Elle a pas l'air si vieille que ça, mais on voit qu'elle a servi. Ensuite pas loin y avait trois morceaux de métal plantés dans le sol. Je sais pas trop quoi penser. J'ai pris deux photos.




On dirait des traces de passage

Et la deuxième :




C'est la hache que j'ai trouvée, je l'ai posée là pour l'avoir en même temps que les morceaux de métal. Vous en pensez quoi ?

Deimos4 - le 11 Août 2011 : Pour la première photo, ça ressemble pas mal aux passages que font les animaux au fur et à mesure qu'ils passent. Le fait qu'ils convergent par là veut dire qu'il doit y avoir une source de nourriture ou un cours d'eau pas loin. T'as dit que t'avais une rivière près de chez toi ?
Pour la deuxième photo, bon, c'est une hache, rien d'extraordinaire... Elle doit être là depuis pas mal de temps, sûrement des bûcherons qui bossaient ici avant que la propriété soit habitée. Pour les morceaux de métal je vois pas...

Mobster - le 11 Août 2011 : Les trucs dans le sol c'est des morceaux de boite de conserve. Mon grand père faisait ça quand il chassait. C'est une vieille technique de chasse : on plante des morceaux de métal coupants près d'un point qu'on sait fréquenté par le gibier, avec un peu de chance la bestiole marche dessus ou à côté et se coupe. Ensuite le chasseur suit les traces de sang. Je pensais pas que ça se faisait encore.

FlashCon - le 11 Août 2011 : @Deimos4 : Oui j'ai une rivière mais elle est pas à cet endroit. Elle est 2km plus loin. Pour la hache ça me semble un peu petit pour appartenir à un bûcheron...

@Mobster : Donc d'après toi j'aurais des chasseurs sur ma propriété ? J'ai jamais entendu un seul coup de feu depuis que j'habite ici. Et puis y a des clôtures tout autour de la propriété donc je pense pas qu'on vienne chasser par là.

( La suite de la conversation n'est pas très utile. On y parle de techniques de chasse et autres pièges à gibier. )

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FlashCon - le 13 Août 2011 : Salut ! J'ai du nouveau ! Je suis retourné là ou j'ai trouvé la hache et le piège en métal. Le piège n'y est plus. J'ai bien cherché, je l'ai pas trouvé. J'ai continué de marcher dans les bois pour voir si je trouve d'autres trucs dans le genre et je suis tombé sur une caravane. Enfin plus une sorte de "mobile home" complètement délabré. Je sais pas ce qu'il fait là ni comment il est arrivé là. J'ai pris quelques photos.

La caravane au moment où je l'ai aperçue.




Apparemment y a quelqu'un qui vit ici... Je veux dire les barres rouillées se sont pas mises là toutes seules. Y avait pas grand chose dedans, des vieux emballages de cacahuètes, des boites de conserves un peu plus récentes. Mais c'est sur le retour que j'ai commencé à flipper. Je commençais à m'éloigner de la caravane et j'ai entendu du bois craquer derrière moi. Je sais pas pourquoi mais j'ai eu une montée de stress comme jamais. Je me suis senti... bah en danger quoi. J'ai commencé à marcher un peu plus vite, et arrivé pas trop loin du chemin que j'avais pris pour venir j'ai entendu une sorte de rire. Je me suis pas retourné et je suis rentré directement chez moi. Je peux me faire des idées hein, mais ça reste flippant quand même...

Mobster - le 13 Août 2011 : Wow flippant ! T'as pas regardé la date de péremption sur les paquets ou les boites de conserve ? Ça pourrait t'aider à savoir si ils sont là depuis longtemps ou pas.

FlashCon - le 13 Août 2011 :
Non j'y ai pas pensé, j'étais déjà en stress de trouver quelqu'un de vivant pas loin... Mais honnêtement le truc que j'ai entendu ça ressemblait vraiment à un rire.

Mobster - le 13 Août 2011 : Ça peut être un oiseau aussi. Surtout si t'étais en train de flipper, t'as dû interpréter le moindre bruit. Enfin je pense.

Deimos4 - le 13 Août 2011 : La vache... Tu te sens d'y retourner ? Je sais pas pour essayer de "parler" avec celui qui vit là ? Enfin si y a quelqu'un je veux dire.

FlashCon - le 13 Août 2011  : Euh tout seul je pense pas. Mais je vais essayer d'y aller avec un pote demain. Je vous tiens au courant.

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FlashCon - le 14 Août 2011 : Bon j'y suis finalement retourné avec mon pote Carl. Il est chasseur donc il s'y connait en traces etc... Et il m'affirme que c'est un humain qui vit ici. Y a pas mal de traces de pas humains autour de la caravane d'après lui. J'ai écrit un mot sur post-it et je l'ai laissé dans la caravane. J'ai écrit "allez-vous en". Bon c'est pas super sympa mais j'aime pas savoir qu'il y a quelqu'un qui rôde près de chez moi. On a laissé le bloc de post-it et un stylo. J'ai aussi laissé une go-pro accrochée à un arbre. Normalement si je l'ai bien positionnée elle filme l'endroit par lequel je passe pour accéder à la caravane. Sur le retour on est aussi passé près des limites de ma propriété et on a trouvé ma clôture éventrée en plusieurs endroits.




Pas loin on a trouvé de la peau et des os.



D'après mon pote ce serait des os de cervidé. La peau serait plutôt ancienne et elle a été décolorée par le soleil. J'y retourne demain pour récupérer la caméra et voir si le mec sait au moins écrire et lire.

Deimos4 - le 14 Août 2011 : C'est un truc de dingue ! Rassure moi tu vis pas seul si ?

FlashCon - le 14 Août 2011  : J'étais avec une fille jusque récemment mais c'est fini. Donc je suis seul effectivement.

Mobster - le 14 Août 2011 :
Et Carl il a pas un chien ? Ce serait pas mal de l'emmener à la caravane lui faire sentir les odeurs, il pourrait peut être retrouver le mec non ?

FlashCon - le 14 Août 2011 : C'est une bonne idée mais on a laissé ses chiens chez moi, ils voulaient pas quitter la maison. On a essayé de les faire sortir mais pas moyen... Pourtant ils sont toujours partants pour une balade hein, mais là je sais pas ils avaient la queue entre les jambes et tout...

Mobster - le 14 Août 2011 : Merde...

Deimos4 - le 14 Août 2011 : Pour la clôture, sérieux si t'as un clodo qui vit sur tes terres t'es en droit d'appeler les flics, c'est une violation de propriété privée.

FlashCon - le 14 Août 2011 :
Franchement je me sens pas d'appeler les flics pour ça. Je les vois mal organiser une battue sur 40 km² juste pour une clôture coupée. Et puis si ça se trouve ça fait un bail qu'elle est coupée, le terrain est tellement grand que ça m'étonnerait pas que l'ancien proprio ne l'ait jamais remarqué...

Deimos4 - le 14 Août 2011 : En tout cas t'en as un sacrée paire, moi ça me ferait flipper de me balader dans les bois en sachant qu'il y a quelqu'un dans le coin.

( Reste de la conversation non intéressant. )-------------------------------------

FlashCon - le 15 Août 2011 : Ok les gars, ça devient sérieux. Je suis retourné à la caravane. Le bloc de post-it a disparu avec le stylo et la caméra. Et le "mec" m'a laissé un mot :




J'ai aucune idée de ce que ça peut être, j'ai cru à du russe au début mais c'en est pas. C'est quoi, des symboles alchimiques ?

Deimos4 - le 15 Août 2011 : Alors là... Franchement je vois pas. Ça me fait vaguement penser à des lettres asiatiques genre Philippines ou Asie du Sud Est. Et t'as cherché sur internet ?

FlashCon - le 15 Août 2011  : Non j'ai pas eu vraiment le temps, je suis rentré y a à peine 20 minutes et j'ai direct posté ici dès que j'ai pu. Mais je flippe de plus en plus...

Deimos4 - le 15 Août 2011  : Normal... T'y retournes demain ?

FlashCon - le 15 Août 2011 : Non je reprends le boulot. Peut être ce weekend. J'ai pas trop envie d'y retourner seul, à chaque fois que j'y suis allé seul j'ai entendu des bruits bizarre, c'est peut être débile mais j'ai l'impression d'être observé.

Mobster - le 15 Août 2011 : C'est chelou ces lettres. En tout cas il sait écrire c'est déjà ça ^^ Si ça se trouve il te propose une soirée pizza XD
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FlashCon -  le 21 Août 2011 : Salut les gars ! Je suis pas retourné à la caravane mais j'ai déchiffré le mot. J'ai cherché sur internet, j'ai demandé à des potes de m'aider et on est tombé sur un site qui nous a aidé. En fait la langue sur le mot c'est de l'Inuit. Je savais même pas qu'ils avaient un alphabet. Y'a écrit "Taqqiq" et "Qaumat" soit "Lune" et "Lumière". Je comprends pas trop pourquoi il a répondu ça.

Mobster -  le 21 Août 2011 : C'est peut être genre il va quitter tes terres à la prochaine lune ou un truc comme ça non ?

FlashCon -  le 21 Août 2011 : J'en sais rien. J'espère !
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( Trois mois passent, FlashCon revient quelques fois sur le forum pour discuter, mais le sujet est laissé en suspens. )-------------------------------------------

Flashcon - le 9 Novembre 2011 : Les gars, je flippe. Je pensais en avoir fini avec le taré des bois mais apparemment non. La nuit dernière j'ai entendu du bruit autour de la maison. Je suis au Canada, au milieu de la forêt, j'ai souvent des animaux qui rôdent autour de ma maison. Surtout des ratons laveurs attirés par les poubelles. Mais là c'était plus lourd. Et puis ça marquait de longues pauses. Je veux dire genre ça marchait, ça s'arrêtait pendant au moins dix minutes, et ça reprenait. Donc quoi que ce soit, c'est resté au moins une heure à rôder autour de ma maison.

Deimos4 - le 9 Novembre 2011 : Hey Flash ! On t'attendait plus ! T'es sur que c'est pas une bestiole ? Genre un chevreuil ou un élan ? Un truc du Canada quoi...

FlashCon - le 9 Novembre 2011 : Salut Deimos, non je suis sur que c'est pas un animal. J'ai une terrasse en bois qui fait tout le tour de la maison. Si c'était des sabots je l'aurais entendu contre le bois. Là c'était vraiment un truc qui marchait à deux pattes.

Deimos4 - le 9 Novembre 2011 : Tu dis "truc" XD Si ça marche à deux pattes c'est un humain rien d'autre XD

FlashCon - le 9 Novembre 2011 : Oui désolé, je recommence à flipper et j'écris n'importe quoi...

Mobster - le 9 Novembre 2011 : T'en a parlé à ton voisin ? Pour voir si lui aussi il aurait pas vu des trucs bizarres ?

FlashCon - le 9 Novembre 2011 : Je le connais pas bien, il sort pas souvent. Et puis il va me prendre pour un taré si je lui dit qu'on a un esquimau qui vit dans notre forêt XD

Mobster - le 9 Novembre 2011 : Au point où t'en es tu t'en fous, tu lui parles pas du mec mais tu lui demandes si lui aussi il entend des bruits la nuit..

FlashCon - le 9 Novembre 2011 : J'irai faire ça alors...

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FlashCon - le 10 Novembre 2011 : Je suis allé voir mon voisin ce matin. Il est plutôt timide, il osait pas me regarder. Je lui ai demandé si il avait entendu des bruits la nuit ou si il avait vu des trucs dans les bois. Il m'a dit qu'il allait pas dans les bois parce qu'il "n'avait pas d'argent". Je vois pas trop le rapport, enfin bon. Et pour les bruits la nuit il dit que sa maison est bénie et relativement tranquille. En tout cas dès que je suis reparti je l'ai entendu s'enfermer chez lui. Et sans rire, ce mec doit avoir au moins trois ou quatre verrous à sa porte, ça faisait un bruit de coffre fort presque..

Mobster - le 10 Novembre 2011 : Ha ha t'as deux tarés sur tes terres XD

Deimos4 - le 10 Novembre 2011 : On dirait un film sérieux ^^

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Mobster - le 12 Novembre 2011 : Des nouvelles de FlashCon ?

Deimos4 - le 12 Novembre 2011 : Non. Il doit bosser je pense.

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FlashCon - le 13 Novembre 2011 : Désolé pour ce weekend les gars, j'ai complétement oublié de venir là. J'étais pas chez moi, j'étais chez Carl mon pote chasseur, j'avais besoin de partir un peu. Je suis sur mon téléphone là donc je fais vite. Je rentre demain ! Salut !

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( Les autres conversations jusqu'au 20 décembre n'apporte rien d'intéressant )

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FlashCon - le 20 Décembre 2011 : Il m'a rendu ma caméra. Il m'a rendu ma putain de caméra les gars. Il sait où j'habite, je suis sur que c'était lui la dernière fois. Qui qu'il soit, il sait ou a appris à se servir de ma caméra. J'ai une vidéo mais on voit rien dessus et plus de 500 photos. La majorité sont illisibles, mais certaines sont... Enfin vous allez voir. J'ai failli pleurer sur les dernières. Je poste les seules sur lesquelles on voit quelque chose.
Sur celle là je crois que c'est le gars qui vis dans mes bois. Ce qui me fait le plus flipper c'est que ça se passe à peine dix minutes après qu'on soit parti avec mon pote Carl...

GPI11-08-2011-17:30:30


( Les dix photos suivantes sont pour la plupart obscures. Sur l'une d'entre elle on peut vaguement voir une lumière orangée. Sur une autre on voit la cime des arbres, en plein jour. Sur une autre encore le museau d'un animal semblable à un cerf. )GPI09-11-2011-02:46:00






GPI12-11-2011-10:27:30


Les deux dernières me donnent envie de vomir. La première c'est devant chez moi. Les lumières ce sont les guirlandes que j'ai installées pour Noël. La dernière putain c'est à l’intérieur de chez moi quand j'étais chez Carl !
J'ai appelé la police mais ils ont constaté aucune trace d'infraction, aucun objet volé, rien...

Deimos4 - le 20 Décembre 2011 : Putain de merde... T'as une arme ? C'est vraiment grave là faut que tu fasses quelque chose.

FlashCon - le 20 Décembre 2011 :  Non j'ai juste la hache que j'ai trouvé, et du Bear Mace ( ndlr : spray répulsif pour les ours ). J'ai un pistolet lance fusées dans ma voiture mais c'est tout...

Mobster - le 20 Décembre 2011 : Un conseil, rappelle ton pote chasseur, dis-lui qu'il emporte des flingues et allez vous faire ce taré... Et la police peut pas fouiller les bois ?

FlashCon - le 20 Décembre 2011 : Les flics m'ont dit qu'ils allaient faire quelque chose mais pas avant la fin des fêtes... Ma famille doit venir passer Noël chez moi mais j'ai vraiment peur qu'il arrive quelque chose... Je veux dire y aura mes neveux quoi, c'est des gosses. J'espère juste que ça se passera bien...

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( Aucun signe de FlashCon jusqu'après les fêtes. )

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FlashCon - le 4 Janvier 2012 : Salut les gars. Les fêtes se sont bien passées, rien de spécial n'est arrivé. La neige est tombé en abondance, ce matin j'en avais encore 60cm devant ma porte. Cet après-midi je retourne à la caravane avec mon ami Carl. Il a deux carabines Browning AB3. J'y connais rien mais il parait que c'est pas mal.

Mobster - le 4 Janvier 2012 :
Oh putain vous allez le buter ?

FlashCon - le 4 Janvier 2012 : Non mais si on le trouve on va lui faire la peur de sa vie.

Mobster - le 4 Janvier 2012 : Faites gaffe quand même...

FlashCon - le 4 Janvier 2012 : Ça marche. Je reviens ce soir vous dire comment ça s'est passé.

Mobster - le 4 Janvier 2012 : Ok attention à vous !

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Mobster - le 4 Janvier 2012 : Je up le topic, aucune nouvelle de Flash depuis ce matin.

Deimos4 - le 4 Janvier 2012 : J'aime pas ça, j'espère qu'ils ont pas fait de conneries...

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FlashCon - le 10 Janvier 2012 : C'en est trop les mecs. Je reviens de l’hôpital je crois que je vais péter un plomb. Ce fils de pute nous a tendu un piège... La neige était super haute, on a suivi ce qu'on pensait être des traces de pas et arrivé vers la caravane je suis tombé dans un trou avec un liquide bizarre. Ça puait c'était immonde. C'était pas profond, mais j'en avais jusqu'au mollets quand même. J'avais rien quand je suis ressorti, mais ensuite ça a commencé à bruler. J'ai entendu des rires. Des putain de rires. Des rires différents, plusieurs voix. Mon ami m'a emmené aux urgences. Je viens d'enlever les bandages mais c'est vraiment moche.





J'ai rappelé les flics ils ont lancé une battue y a trois jours. Ils ont fouillé la quasi totalité de ma propriété et ils ont trouvé pas mal de trucs. En réalité y a plusieurs campements un peu partout sur ma propriété. Certains très vieux, d'autres récents. Le truc flippant c'est que plus on se rapproche de chez moi, plus les campements sont récents. Dans la plupart ils ont retrouvé des ossements, disposés en cercle, des livres sur la " lycanthropie " pour les citer et d'autres trucs genre des peaux animales. Ils avaient tous un point commun, dans chaque camp y avait une planche plantée dans le sol avec marqué " Taqqiq Qaumat ". D'après les flics il y aurait à peu près une trentaine de personnes différentes qui vivraient dans mes bois... Ils en ont pas trouvé une seule cela dit. Mais ils sont tombés sur pas mal de pièges du genre trous dans le sol, pièges à piques, etc...

Je sais pas pourquoi, c'est sûrement débile mais j'arrive pas à me sortir de la tête que si ça se trouve ces pièges étaient pour moi... Je me suis baladé un an dans ces forêts, si ça se trouve ils m'observaient, me traquaient. Combien de fois j'ai failli tomber dans un piège sans le savoir ? Putain de merde c'est vraiment n'importe quoi... En tout cas je déménage. Je rentre demain avec mon pote Carl et plusieurs de ses amis chasseurs.

Deimos4 - le 10 Janvier 2012 : Oh putaaaain... C'est atroce ! Et nous on te disait de retourner dans les bois pour parler avec lui... Putain mec..

Mobster - le 10 Janvier 2012 : Ok c'est abusé là... Je pensais même pas qu'ils pouvaient être plusieurs, je pensais juste que c'était un vieux taré...

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FlashCon - le 14 Janvier 2012 : J'avais jamais vu ça. Quand je suis retourné chez moi pour déménager la maison était dans un état pitoyable. Sérieux, genre des traces de griffes sur les murs, sur la porte. Un peu comme les ours qui marquent leur territoire, j'en ai déjà vu dans le coin. Mais ils s'approchent jamais de chez moi...

Et puis y a les symboles. Partout, vraiment partout. Je sais pas avec quoi ils les ont peints et j'en ai rien à foutre franchement. Y en a beaucoup mais j'ai reconnu plusieurs fois les mots que m'avait écrit le mec sur le post it " Lune " et " Lumière ". En tout cas jamais je refoutrai les pieds là bas croyez-moi...

Je suis allé voir le voisin en partant pour lui dire au revoir. Il m'a juste dit que c'était mieux que je parte, que j'avais déjà "de la chance d'avoir passé autant de lunes" chez moi. En tout cas merci d'être resté avec moi les gars...

Deimos4 - le 14 Janvier 2012 : Pas de problème mec, encore désolé... bah pour tout quoi.

Mobster - le 14 Janvier 2012 : Bon courage Flash, sérieux c'est dingue comme histoire...

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( Fin des conversations. FlashCon n'a plus jamais posté sur ce forum. )




mardi 25 août 2015

Une soirée de neige

J'étais en vacances dans la maison qui appartenait à mon grand-père avant qu'il ne meure, une dizaine d'années auparavant. Ma famille l'avait toujours entretenue, et continuait de payer les factures d'électricité et de gaz, pour qu'un membre de la famille puisse venir vivre ici en cas de problème. Peu avant Noël, nous avions décidé avec mes parents, oncles, frères et sœurs (nous sommes une grande famille), d'aller passer les festivités dans cette cabane, relativement isolée, et située en Haute-Savoie, pas loin de Thonon et dans les montagnes, déjà enneigées.


Nous étions tous arrivés le 22 au soir, et décidions du programme du lendemain : toute la famille irait faire une randonnée dans la montagne, sauf moi et mes deux frères : nous détestons la montagne, nous avions donc décidé de rester à la maison. La nuit s'était bien passée. Aux aurores, le reste de la famille est partie.


Mes frères et moi avions passé la journée au village, au bar plus précisément. Nous étions rentrés le soir, et avions passé une heure ou deux à essayer de faire marcher la télévision, avec succès. Nous avions suivi le journal télévisé. Toujours la même rengaine des achats de Noël à faire, et des cadeaux qui allaient se retrouver sous le sapin. Afin de décuver, mon frère aîné et moi étions affalés sur les fauteuils. Mon petit frère, lui, était occupé à donner un semblant d'ordre aux babioles sur le bureau. C'est à ce moment que j'ai décidé de prendre une photo périphérique de l'intérieur de la masure, histoire de montrer à ma petite amie comme nous étions
bien installés.


Tard dans la nuit, ma famille est revenue, et nous nous sommes tous endormis. Ma petite sœur étant tombée malade à cause de la randonnée, nous avions donc tous décidé de rentrer en ville, passer Noël chez des amis. En sortant de la cabane, j'avais remarqué des empreintes dans la neige qui menaient à quelques mètres de la fenêtre qui donnait sur le salon, là où mes frères et moi avions passé la soirée. J'ai pensé que c'était un des membres de ma famille qui voulait discrètement voir ce que nous faisions, avant d'entrer. C'est au moment de poster la photo sur Facebook que j'ai aperçu quelque chose qui clochait.


http://image.noelshack.com/fichiers/2015/33/1439424329-untitled.png


Sur le côté, à travers la fenêtre, on peut voir un homme. J'ai peur que dans sa main, il ne tienne un couteau, en tout cas ça y ressemble terriblement. J'ai rapidement fait le lien entre les traces dans la neige et cette personne. Je n'en ai pour l'instant parlé à personne, mais j'ai vraiment peur, puisque ma famille songe à retourner à la maison dès que ma sœur sera rétablie.


lundi 24 août 2015

Le cas Cromford

Ce qui va suivre est une partie du carnet de route du docteur Kyle Managhan.
Né en 1932 en Bretagne, fils d'un marin écossais et d'une serveuse de bar française, le docteur Managhan entra à l'école de médecine à l'âge de 16 ans grâce au parrainage de l'éminent docteur Charles d'Aubresquie, qui rencontra Kyle par hasard lors de ses vacances, et qui, devant les connaissances impressionnantes du jeune homme en matière de médecine par les plantes, se proposa de lui payer des études de médecine et de le prendre comme apprenti. C'est donc 5 ans plus tard, à l'âge de 21 ans, que Kyle obtint son diplôme et devint officiellement docteur, et officia en tant que médecin à domicile.
Lors de sa vie, Kyle Managhan voyagea beaucoup, il rencontra d'ailleurs la femme de sa vie, Maya Erzykowsky, alors qu'il vivait en Russie. Malheureusement, la famille de Maya s'opposa à leur relation, et ils furent contraints de se séparer. Mais avant de partir, Kyle fit un enfant à Maya. Neuf mois après le départ de Kyle, Maya mourut en mettant au monde Alexander. 
Les parents de Maya le mirent à l'orphelinat, il ne fut jamais placé en famille d'accueil, et eut une enfance difficile. Ce n'est qu'à l'âge de 45 ans, en 2013, qu'il retrouva la trace de son père, pour apprendre que celui-ci était mort une semaine avant son arrivée.
Étant son fils et seul héritier, Alexander récupéra toutes les affaires de Kyle, dans lesquelles il trouva des classeurs où étaient répertoriés tous les cas sur lesquels avait travaillé le docteur Managhan, ainsi que des notes prises durant les jours qui ont précédé sa mort.
Certains de ces rapports, ainsi que les fameuses notes d'avant-décès, attirèrent l'attention d'Alexander en raison de leur étrangeté, si bien qu'il décida de rendre ces textes publics. Les textes finirent par attirer l'attention de la communauté scientifique, et de nombreuses enquêtes furent ouvertes pour tenter de prouver ou démentir les propos du docteur Managhan. Aucune d'entre elles n'a encore pu révéler un seul élément qui pourrait mettre en doute l'honnêteté du docteur; et si jamais une seule de ces histoires s'avérait être vraie, nos conceptions même du réel et de notre rapport à la mort seraient remises en question.
Voici donc, chronologiquement parlant, le premier rapport étrange du docteur Kyle Managhan concernant le cas de Laetitia Cromford.


Rapport du cas Cromford



En date du 6 Juillet 1955, j'ai été contacté par un homme du nom de Martin Cromford. L'homme souhaitait faire appel à mes services pour sa fille, Laetitia, laquelle était apparemment atteinte d'un mal inconnu qui l'affaiblissait un peu plus chaque jour. D'après lui, pas mal d'autres médecins avaient déjà renoncé à la soigner et s'étaient avérés incapables de trouver de quoi elle souffrait. J'ai donc quitté mon bureau de Birmingham avec mes affaires pour me rendre en voiture à leur maison, perdue en pleine campagne entre Portsmouth et Brighton.
En arrivant, j'ai fait la connaissance de la famille Cromford: Martin, le père, un gros homme moustachu, vétéran de la Seconde Guerre Mondiale, très poli; Maggie, la mère, une grande femme habillée à l'ancienne, mais très gracieuse et aimable; Arnold, le fils (aîné des deux enfants), un petit gars tout sec avec une queue de cheval et une cicatrice qui part de la lèvre et arrive au coin du nez (sûrement faite sur le ring, celui-ci étant boxer professionnel) ; et enfin, je fis la connaissance de Laetitia.
Ce fut Maggie qui m'accompagna à sa chambre, située au premier étage de leur grande maison victorienne, ou elle passait la plupart de son temps à se reposer. Elle était très maigre et toute pâle, rien que le fait de parler semblait être un effort pour elle.
Après un premier examen, je me mis à soupçonner un très gros cas d'anémie; j'ai donc commencé à lui faire suivre un traitement au fer en lui faisant une piqûre immédiatement. J'ai ensuite expliqué à Maggie que son système immunitaire devait être affaibli et que le moindre rhume pourrait devenir une calamité pour elle, elle m'a répondu qu'elle prendrait toutes les précautions possibles en commençant par veiller à ce que la fenêtre de sa chambre soit dorénavant fermée la nuit.


La nuit même, j'entendis d'étranges bruits provenant de la chambre de Laetitia, comme si quelqu'un sautait sur le lit, suivis par des gémissements plaintifs. Je sortis donc en vitesse de la chambre d'ami sous l'escalier, et montai en quatrième vitesse dans la chambre. En ouvrant la porte, je vis Laetitia se tortiller dans son lit comme si elle cherchait à repousser quelqu'un. Elle devint complètement hystérique quand je m'assis sur son lit pour tenter de la calmer, et réveilla toute la maison. Moins d'une minute après mon arrivée dans la chambre, toute la famille m'y avait rejoint.
Pour la calmer, je lui mis un linge sur le nez et la bouche, de peur qu'elle ne fasse une sur-oxygénation. Elle finit par perdre connaissance.
Martin m'expliqua alors que cela arrivait toutes les nuits depuis le début de sa maladie, je lui ai répondu que j'aurais aimé en être informé avant.
C'est alors que quelque chose me frappa. Laetitia avait des bleus sur les avant-bras et les poignets ; je me mis donc à l'examiner pour m'apercevoir qu'elle en avait aussi sur les tibias et l'intérieur des cuisses.
Elle n'avait rien plus tôt dans la journée quand j'avais effectué mon premier examen, et ce n'est pas moi qui lui ai fait en la retenant car je la tenait par les épaules.
Personne n'avait pu lui faire ces traces.
C'est alors qu'Arnold s'étonna de voir la fenêtre ouverte malgré mes recommandations et me demanda si j'avais finalement changé d'avis. À ma grande surprise, la fenêtre avait effectivement été ouverte, mais pas par ma main.


Les jours passèrent, et la santé de Laetitia ne s'améliora pas malgré mes nombreux changements de traitement. Je lui fis prendre des cures de fer, de protéines, de sucre... Rien ne s'avéra efficace.
Toutes les nuits, je me réveillais en entendant des bruits dans la chambre de Laetitia, des chocs, des râles, des plaintes, et chaque fois je montais en quatrième vitesse pour me mettre à son chevet, et découvrir de nouvelles blessures défensives sur ses membres, et cette foutue fenêtre encore et toujours ouverte sans que personne, pas même Laetitia, ne déclare l'avoir ouverte.
Mais une nuit, les choses prirent une tournure inquiétante. J'avais mis un cadenas à la fenêtre et gardé la clef avec moi pour éviter que qui ou quoi que ce soit ne puisse l'ouvrir, après tout peut-être que la fenêtre fermait mal et que c'était juste le vent qui l'ouvrait?
La fenêtre était donc cadenassée, tout le monde était dans sa chambre, moi y compris; pourtant je ne dormais pas. Sachant que Laetitia allait encore faire une crise, je préférais attendre pour me coucher.
Quand elle commença à gémir, je sortis de la chambre d'amis pour monter à sa chambre. En arrivant près de la porte j'entendis quelque chose qui me fit me crisper. Juste au moment où j'allais poser ma main sur la poignée, j'entendis gratter sur le carreau de la fenêtre. Ça ne pouvait pas être Laetitia, j'entendais ses draps glisser sous l'effet de ses mouvements.
Il y eût alors un bruit de coups très violents contre la fenêtre, j'entendis le carreau se briser, et Laetitia poussa un cri de terreur, réveillant encore une fois la maison entière.
J'ai alors poussé la porte pour entrer dans la chambre, mais avant même de pouvoir voir ce qui se passait j'entendis comme le bruit d'un gros meuble que l'on traîne sur le sol, et il me fut impossible d'ouvrir la porte car quelque chose la bloquait.
Tandis que je lançais tout mon poids contre la porte, la famille s'attroupa derrière moi. Martin me demanda ce qu'il se passait et tout ce que je fus capable de lui répondre fut que sa fille était en danger et qu'il fallait absolument entrer.

Arnold se mit à pousser avec moi sur la porte, puis Martin nous rejoint. Arnold nous dit alors de nous pousser et tira plusieurs coups secs sur la poignée comme pour l'ouvrir en la tirant, les gonds sautèrent et la porte tomba en travers du sol en projetant quelques éclats de bois, découvrant la scène la plus improbable que j'aie vue de ma vie.
La fenêtre était cassée, des morceaux de verre et le cadre gisaient au sol, le gros lit de Laetitia avait été déplacé de manière à ce que le pied du lit bloque la porte, et sur le lit se tenait Laetitia surplombée par un homme en costume mortuaire, qu'elle cherchait visiblement à repousser.
Il leva la tête vers nous, et nous fixa avec de grands yeux jaunes luisants; sa figure était livide et fine, on ne voyait presque que ses yeux. Tout autour me parut trouble au moment où mon regard croisa le sien.
Toute la famille ouvrit de grands yeux en le voyant. Arnold prit un air de haine et de dégoût, Martin recula, et Maggie porta sa main à sa bouche comme pour étouffer un cri.
L'homme nous fit alors un grand sourire et dévoila une mâchoire uniquement faite de crocs noirs brillants. D'un air sadique, il ouvrit grand la bouche et commença à la porter au cou de Laetitia. Comme par réflexe, je saisis alors un morceau de la porte à mes pieds, lui sautai dessus et le saisis par le cou pour l'éloigner de Laetitia. Je lui enfonçai alors le morceau de bois dans le crâne.

Un sang épais rouge foncé, voire noirâtre coula de son front. Il recula jusqu'au fond de la pièce, comme porté par le vent, et poussa un horrible cri de douleur en crispant son visage. Ses yeux parurent sortir de sa tête, et sa mâchoire se décrocher. Il retira alors doucement le morceau de bois de sa tête en poussant des cris toujours plus horribles et en agitant sa tête, comme pris de spasmes de douleur.
Il retira facilement dix ou quinze bons centimètres de son crâne et jeta le morceau de bois au sol devant lui. Le sang ne cessait de couler de sa tête en un gargouillis ignoble.

L'homme sauta par la fenêtre, laissant derrière lui une traînée noire et pâteuse.
Maggie se précipita au chevet de sa fille, Martin alla immédiatement regarder par la fenêtre.
Quant à moi, je saisis le morceau de bois qui m'avait servi à attaquer la bête. Il y avait du sang et des morceaux de cervelle et de peau accrochés dessus.

Arnold, qui se tenait derrière moi, me dit alors que l'homme qui était là ne pouvait pas avoir été là.
Il s'agissait apparemment d'un certain Kyhro Dracunnev, un étudiant originaire des pays de l'Est qui était mort il y a plusieurs mois dans des circonstances étranges, par exsanguination. Son corps avait soi-disant été rapatrié dans son pays d'origine.
Il me demanda alors ce que nous avions vus.

La chose me parut difficile à dire, pourtant ce fut la première qui me vit à l'esprit, et en tant qu'homme de science j'eus beaucoup de mal à prononcer ces mots :
"Ce soir, nous avons vu un vampire."

Tous me fixèrent avec un air ébahi, sauf Laetitia qui était presque inconsciente. Ça me semblait pourtant bien être la seule explication possible.
"Mais, et les traces? Elle n'a aucune morsure" me fit alors remarquer Martin, et c'était vrai. Elle n'avait aucune morsure apparente.
C'est alors que je me remis à examiner les bleus sur l'intérieur des cuisses de Laetitia.
En regardant attentivement, je m'aperçus qu'il ne s'agissait pas de bleus, mais de suçons; et que ce je croyais être une simple différence de couleur au centre de l'hématome était en fait une trace de dents (je m'en aperçus simplement en tirant un peu sur la peau).

Je fus interrompu dans mon analyse par une odeur nauséabonde qui provenait du sang laissé par Khyro. C'était là notre chance de l'éliminer et de sauver Laetitia : il était blessé et nous avions une piste pour nous mener à sa tanière. Je dis à Martin de rester dans la maison avec Maggie pour veiller sur Laetitia et pris Arnold avec moi pour aller débusquer Khyro et le renvoyer au néant.
Nous nous équipâmes chacun d'une croix ainsi que d'une dague (données par Martin) et emportâmes aussi un marteau, un burin et une hache, ainsi qu'une lampe à huile.



Une fois sortis de la maison, il ne fut pas difficile de retrouver la trace de Khyro, son sang empestant la viande pourrie.
Nous parcourûmes cependant bien des kilomètres avant de le retrouver. La piste s'enfonçait dans la forêt et menait à un petit chemin de campagne qu'il nous fallut suivre pendant un moment avant que la piste ne se renfonce dans la forêt. Au bout d'un moment, nous arrivâmes devant une zone qui nous parut étrange ; elle n'était pas différente du reste, il y avait des arbres, de l'herbe, et quelques feuilles mortes au sol.
Pourtant, nous fûmes soudain envahis par le sentiment que nous entrions chez quelqu'un, et que nous n'étions pas du tout les bienvenus. L'air devint pesant, notre progression fut inexplicablement ralentie. Parfois, Arnold se retournait en sursaut en prétendant qu'il avait entendu ou vu quelque chose au loin, derrière les arbres. Comment lui en vouloir alors que j'avais moi-même le sentiment d'être observé par un millier d'yeux?

Il y eut alors devant nous comme un creux dans le sol, une descente qui s'enfonçait dans le sol sur une surface limitée perdue au milieu d'un terrain plat.
Nous descendîmes bien évidemment à l'intérieur, suivant toujours la piste laissée par le sang de Khyro. En bas se trouvait un large escalier entouré par un couloir, tous deux en pierre, qui descendait encore plus loin dans le sol.
L'escalier descendit pendant un temps qui nous parut durer des heures, nous emmenant encore et toujours plus loin dans le noir, jusqu'à ce qu'il nous soit impossible de voir l'entrée par laquelle nous étions passés.
Le sang se faisait de plus en plus rare à nos pieds, mais la piste continuait bel et bien.
Nous arrivâmes enfin dans une grande salle souterraine aux murs et au plafond de pierre, au milieu de laquelle gisait un énorme cercueil, lui aussi en pierre.
Arnold prit la hache et m'aida à pousser le couvercle, et c'est sans surprise que nous trouvâmes Khyro à l'intérieur, gisant dans de la terre. Seules ses mains et une partie de son visage dépassaient.

Je saisis donc le marteau ainsi que le burin en disant à Arnold de se tenir prêt à le décapiter une fois son cœur crevé.
Je mis donc la pointe du burin sur la poitrine de Khyro, Arnold étant de l'autre côté du cercueil, en position.
Au moment où je levai le marteau, je sentis une main m'agripper le bras avec lequel je tenais le burin. Khyro se redressa soudain et mit un coup de poing au visage d'Arnold dans un geste de revers. Celui-ci tomba au sol en lâchant la hache.

Khyro plaça alors sa main libre sur mon cou et se mit à m'étrangler. Je lâchai alors le marteau pour aller prendre le poignard qui était dans ma poche arrière et lui enfonça plusieurs fois dans l’œil, ce qui le fit me repousser violemment contre le mur derrière moi.
Il sortit alors complètement de son cercueil et se rua sur moi, mains en avant et dents bien en vue. Dans un geste désespéré, je saisis la croix autour de mon cou et la tendis en avant.

Les mains de Khyro se posèrent dessus, et l'effet fût le même sur lui que s'il avait mis ses mains sur une pièce de métal ardent : sa peau brûla, une partie restant collée sur la croix quand il retira ses mains. Il recula.
Je me rendis compte que le burin était toujours dans ma main gauche, et pris avantage de la distraction pour me ruer sur lui et enfoncer le burin dans sa poitrine en le poussant de toutes mes forces.
Le sang jaillit de son torse et il se plia en deux sous l'effet de la douleur. Comme j'avais lâché mon poignard, il fallut que je le pousse en appuyant sur le burin jusqu'à Arnold pour ramasser la hache qui gisait près de lui. Je frappai ensuite Khyro au visage avec le bas du manche plusieurs fois pour le faire reculer un peu, et en deux coups je lui coupai la tête.

Je ramassai Arnold qui commençait à reprendre ses esprits, et nous récupérâmes notre matériel. Avant de partir, Arnold brisa la lampe sur le corps de Khyro, qui prit feu presque instantanément avec sa tête, qui était juste à côté. Nous sortîmes du repère du vampire, voyant au passage qu'il faisait grand jour.
Exténués, nous parvînmes tout juste à retrouver notre chemin grâce à nos traces de pas, les traces de sang ayant disparu sans raison.

Après quelques jours de repos à la maison des Cromford, durant lesquels je vis l'état de Laetitia s'améliorer, je repris ma voiture et revins à Birmingham.
Je suis quand même resté en contact avec les Cromford. Apparemment, Laetitia n'avait plus eu aucun problème depuis la deuxième mort de Khyro, et ne sembla pas avoir de comportements étranges par la suite.


Cela pose quand même de graves questions. L'existence d'un vampire, et même de plusieurs, puisque monsieur Dracunnev ne s'est probablement pas transformé tout seul en monstre, présente un très grave problème. Je préfère taire tout ça pour le moment : Qui nous croirait si nous le racontions ? Les Cromford et moi passerions pour des menteurs en quête de célébrité.

Quoiqu'il en soit, je suis maintenant convaincu qu'il y a trop de choses dans le monde pour que nos yeux puissent toutes les voir.


samedi 22 août 2015

Priez, mes agneaux

[3...2...1... À l'antenne !]

Une vague d'actes de dégradation et de disparitions s'est abattue hier soir, sur Paris. Divers établissements religieux ont été vandalisés par de mystérieux inconnus. Les responsables des dits établissements religieux, au nombre de six, ont tous disparus ainsi qu'une partie de leurs effets personnels, et personne ne sait où ils se trouvent. La théorie de l'enlèvement est fortement évoquée. Les forces d'inspection se sont immédiatement mises au travail, et font tout pour retrouver les disparus.

Les caméras de surveillance des établissements annexes ont été piratées, et les enregistrements vidéos correspondant à la nuit en question ont tous été effacés. L'enquête statue que tous les crimes ont été commis entre 23h00 et 3h30. Il y aurait donc plusieurs coupables. L'idée d’extrémistes religieux islamistes, chrétiens, ou juifs, a été écartée car les bâtiments touchés appartiennent à des communautés diverses et variées : plusieurs églises, mosquées et synagogues ont été touchées. Toutefois, la police a signalé étudier sérieusement la piste de membres d'une secte réfractaire, qui pourraient avoir organisé tout cela. Une opération de cette ampleur nécessiterait énormément de moyens et de préparation.

Les façades des différents établissements ont toutes été recouvertes d'un texte, écrit à l'encre rouge. Ce texte est un poème morbide dont voici la retranscription :


"Priez, mes agneaux, priez.
Priez pour que votre Dieu vous protège, mes enfants.
Priez pour qu'Il vous pardonne vos péchés.
Priez pour obtenir le salut éternel.
Priez pour que l'Enfer vous soit à jamais interdit.
Priez pour que ses tortures ne vous soient jamais infligées.
Priez pour que les démons ne vous dévorent pas l'esprit.
Priez pour que vos organes ne vous tourmentent pas encore et encore.
Priez pour pouvoir retenir le sang qui menace de s'échapper de votre corps.
Priez pour que vos os ne s'arrachent pas de vos membres.
Priez pour que votre colonne vertébrale craque mais ne rompe pas.
Priez pour que l'eau croupie ne s'infiltre pas dans vos orbites pourries.
Priez pour que les insectes ne dévorent que par moitié seulement vos chairs.
Priez pour que les racines du Mal ne vous pénètrent pas de la pire des façons.
Priez pour que la pourriture ronge vos nerfs et atténue la souffrance qui vous guette.
Priez pour que de vie à cadavre, la mort vous transforme.
Priez pour que votre agonie ne soit pas trop longue, ni trop lente.
Priez, mes petits agneaux, priez.
Pendant ce temps, j'irai vous chercher."



Divers spécialistes étudient actuellement les symboles présents dans ce texte afin de pouvoir - peut-être - remonter jusqu'à un culte connu des forces de police. Nous n'avons pour l'instant pas plus d'informations sur le sujet.

Les criminels n'ont touché ni les richesses ni les symboles religieux à l'intérieur des bâtiments. Les portes ont néanmoins été forcées, et plusieurs éléments indiquent une entrée par effraction. Des objets blasphématoires ont été déposés dans les établissements : une large image obscène représentant le diable a été installée dans les églises, plusieurs porcs abattus et éventrés ont été retrouvés dans les mosquées, une autre peinture représentant Jésus piétinant une étoile de David a été placée dans les synagogues.

Un témoin s'est en fait manifesté aux forces de police. Il a souhaité conserver son anonymat, mais une partie de ses affirmations a été rendue publique par le Ministère de l'Intérieur. Il aurait déclaré se trouver près de la Grande Mosquée de Paris, au cinquième arrondissement, à 01h11 du matin. Il déclare avoir distingué "une personne grande, vêtue d'une sorte de robe blanche unie comprenant une capuche" alors que ladite personne s'introduisait dans la Mosquée. Il a accepté de témoigner devant nos caméras, le visage flouté :

"J'étais au 5ème, devant la Mosquée, quand j'ai vu un truc se diriger vers l'entrée. La personne était grande... Très grande, et il avait des longs bras, des grandes mains. Je crois qu'il avait une sorte de combi, un genre de robe blanche avec capuche. Il se déplaçait bizarrement, comme un pantin. Il pleuvait beaucoup. Il s'est dirigé vers la mosquée, et il est rentré par la porte. Je l'ai pas suivi, j'avais trop la trouille pour ça."

Le témoin était sous l'influence de stupéfiants, comme il l'a lui-même reconnu ensuite ; sa déclaration est donc en grande partie faussée et inutilisable. Néanmoins, il s'agit du seul témoignage recueilli à cette heure. Si vous-même avez en votre possession des informations concernant cet acte de vandalisme et d'enlèvement, veuillez composer le numéro qui s'affiche sur votre écran.

[Une pause de quelques secondes.]

De nombreux membres de l’État ont exprimé leur plus vive indignation. Plusieurs religieux ont également adressé aux Français "leurs plus vifs soutiens face à ce tragique événement qui touche chaque communauté religieuse", et...

[Silence. Un technicien apporte une feuille de papier.]

Ah, attendez. L'on vient de découvrir un corps flottant sur la Seine, ainsi qu'une personne vivante s'y accrochant. Le cadavre est en cours d'identification, mais il est fort possible qu'il s'agisse là de l'un des disparus. Une croix ainsi qu'un "1" ont été entaillés sur l'avant-bras du défunt. Le vivant a, lui, été reconnu comme étant l'un des responsables religieux ayant été enlevés. Le rescapé a été emmené dans un hôpital où il se remet du choc. Il est encore beaucoup trop troublé pour pouvoir témoigner. Néanmoins, il semble avoir parlé dans son délire de "tortures, d'êtres infernaux, de démons" et "d'hommes blancs". Plusieurs traces de sévices corporels ont été relevées sur son corps, notamment la présence d'un "2" tracé au couteau sur son avant-bras. Tout indique que notre homme a dû subir de nombreux mauvais traitements de la part des ravisseurs. Dès qu'il aura recouvré ses esprits, il sera interrogé afin que l'on retrouve la trace des cinq autres disparus.

Restez à l'écoute pour plus d'informations !



jeudi 20 août 2015

The Beatles

Cela fait maintenant plusieurs années que je suis fan du groupe légendaire connu sous le nom des Beatles. J’ai acheté tous leurs disques, même les compilations. J’ai regardé leurs films, ceux qui retracent leur vie, et même lu un grand nombre de livres sur leur passé. Je suis devenu un véritable collectionneur de tout objet les concernant.

Lors de mes voyages à Londres, j’ai eu l’occasion de passer plusieurs fois au « Beatles Shop » situé sur Baker Street. On y trouve énormément d’objets de collection, ainsi que des goodies, ou des fringues frappées aux armes du groupe.

J’ai entendu la conversation de deux vendeurs à propos d’une version vinyle d’époque du double album « The Beatles », plus connu sous le nom de White Album, ou Double Blanc en France.

Cette version serait l’exemplaire de Charles Manson, ce tueur célèbre qui pensait que le peuple noir allait dominer le peuple blanc. Il avait monté une secte dont il était le gourou, appelée « La Famille ». J'avais déjà entendu, il y a longtemps, que certaines pièces à conviction avaient disparu du domicile du tueur, puis un disque avait été mis en vente mais il s'agissait d'une fausse signature.

Pour ceux qui n’étaient pas au courant, Manson était un fan sans retenue des Beatles, et s’il a commis ces meurtres, c’était parce qu’il voyait dans le White Album des messages qui lui auraient été adressés. Il nommait même la guerre à venir « Helter Skelter », nom d’une chanson figurant sur l’album. Pour lui ,les Beatles étaient les quatre anges du Livre des Révélations.

Il a aussi interprété la chanson « I Will » comme une invitation des Beatles - qui lui était destinée - à écrire une chanson, et « Piggies » l’a incité à tuer avec une fourchette et un couteau un homme du nom de Leno LaBianca. Sur les portes de certaines victimes, il avait écrit « Pig » avec leur sang.

D’après les vendeurs, cet album était disponible chez un petit disquaire indépendant de Londres, dont je ne citerai pas le nom pour sa tranquillité. Heureusement, je connaissais ce disquaire. J’y avais déjà acheté des CD de Buddy Holly.

Quand je suis arrivé, le magasin était fermé. Il ouvrait dix minutes plus tard, selon les horaires affichés. J'ai attendu assis sur le muret d'en face.

Le White Album, je l'avais déjà. Mais avoir la version de Manson était un simple caprice. Je voulais l'ajouter à ma collection personnelle, bien que je doutais de l’authenticité de celui-ci.

Quand la porte s'est ouverte, je suis entré. Étant le premier arrivé, je pouvais parler avec le disquaire sans être entendu. Je n’ai pas cherché l’album, car je savais bien qu’il n’était pas dans les rayons, et je suis donc allé demander au disquaire :


"Excusez-moi, j’ai entendu parler d’une version vinyle rare du White Album, que vous posséderiez.

- C’est vrai. Je ne pensais pas que quelqu’un d’autre était déjà au courant.

- J’ai surpris la conversation des vendeurs du Beatles Shop.

- Bien entendu, l’un d’eux est un ami à moi, il n’a pas sa langue dans sa poche.

- Vous comprenez que si je viens ici, c’est parce que je veux ce disque.

- Bien évidemment. Mais c’est un disque rare, il sera donc coûteux.

- Je sais, mais quelle est la preuve qu’il s’agisse bien de celui de Manson ?

- Je ne te demande pas de me croire, jeune homme. Soit tu l’achètes, soit tu ne l’achètes pas. Le choix te revient."


Je devais donc lui faire confiance.

Je me souviens avoir réfléchi à la possibilité que ce disque soit un faux, jusqu’à ce que je me souvienne que je pouvais le revendre facilement à une connaissance qui achèterait n'importe quel disque.


"Très bien, je suis prêt à y mettre le prix. Combien ?"


Ses lèvres se sont étirées, presque jusqu’aux oreilles.


"Je te le vends 300 livres."


300 livres, c’était une somme, mais un disque aussi rare valait le coup. J'allais retourner en France deux jours plus tard, et il me restait bien assez d’argent.


"D’accord, je le prends."


Le disquaire a tourné les talons, et est passé par la porte derrière le comptoir. Il est revenu quelques secondes plus tard avec le vinyle, et je lui ai demandé s’il l’avait écouté.


"Oui, la face A du premier disque, c’est tout. Pas de différence avec les autres."


J'ai encore un peu hésité, en me demandant si ça valait réellement le coup. Mon tempérament de collectionneur a pris le dessus, et je lui ai finalement tendu les 300 livres (quand je pars en voyage, je n’ai que du liquide sur moi). J'ai pris l’album, et je m’en suis allé.

J’avais, pour la première fois de ma vie, envie de rentrer en France pour écouter cet album, celui à l’origine des meurtres de Manson ! Je connaissais chacune des chansons figurant dessus. Le White Album étant un de mes préférés. Mais c’est le côté mystique et glauque de celui-ci qui m’attirait.

De retour à l’hôtel, j’ai immédiatement sorti les deux disques, uniquement pour les voir. C’est en sortant le deuxième que j’ai vu tomber un petit bout de papier. Je l’ai ramassé. Deux petits mots y étaient inscrits, au stylo :


« Merci, John ! »


Des questions m’ont envahi l’esprit à ce moment-là. Manson aurait-il écrit ce mot lui-même ?  Quelqu’un l’aurait rajouté pour élever la valeur du disque ? Pourquoi remercier John Lennon ? Et ce John qui est remercié, était-ce bien John Lennon ?
Mon envie d’écouter cet album ne cessait d’augmenter.

Les deux jours suivants sont passés vite, et le voyage dans l’avion m'a paru encore plus court, tellement mon esprit vagabondait.

Dans ma voiture, je trépignais. J’avais hâte d’être chez moi et de mettre les vinyles dans mon vieux tourne-disque. Quand je suis rentré, j’ai déposé mes affaires, et je me suis précipité dans mon salon où je pourrais enfin écouter les disques. J'ai mis le premier dedans, et j'ai attendu.


Écoute N.1

Le premier morceau, « Back in the U.S.S.R », s'est lancé. Mis à part un ou deux sautillements dans la musique, rien d’anormal. Une fois que la face A s'est terminée, je suis passé à la face B du premier disque. Mis à part les sautillements de certaines chansons et le morceau « Rocky Racoon» qui était inaudible, la seule chose étrange - si je puis dire - était que dans la chanson « Piggies » la phrase « What they need's a damn good whacking. » (Tout ce dont ils ont besoin est une bonne raclée) se répétait, comme si le disque revenait dessus à chaque fois. J’ai changé de piste moi-même, pour passer au morceau suivant. Le plus étrange, c’est que cette phrase était une des préférées de Manson.

Le disque s'est conclu sur l’habituel « Julia ».

J'ai donc mis le deuxième disque dedans, et ai commencé l’écoute. Comme pour le premier disque, quelques sautillements. Mais le plus étrange, cette fois-ci, c’était que sur une des chansons qui a inspiré le tueur ; « Helter Skelter », j'ai remarqué que le son était beaucoup plus fort que la version normale. Même en le baissant, le son continuait d’être très fort.

Rien d’autre à noter, je suis donc passé à la face B.

C’est sur « Revolution 9 » que les choses sont devenues étranges. Ce morceau est un collage et mixage de plusieurs bruits censés représenter le fracas d’une révolution, ce qui en fait une véritable cacophonie. C’était un travail de Lennon et de sa compagne, Yoko Ono, différent du travail habituel des Beatles. Le morceau est distordu et n’a pas réellement d’intérêt à être écouté.

Je n’avais écouté ce morceau peut-être que quatre fois sur les dizaines d’écoutes que j’avais faites de l’album que je possédais déjà. Mais celui-ci, je savais qu’il était différent. Il débutait avec l’habituel « Number nine » répété au début. Dans l’original, on entend Lennon hurler « Right », et Manson croyait qu’il hurlait « Rise », incitant les gens à se soulever. Il était clair que dans cette version, Lennon hurlait bien « Rise », et non pas le « Right » que j’avais déjà entendu.

Pour Manson, « Revolution 9 » était une allusion au chapitre neuf du livre des Révélations, chapitre qui décrit l’Apocalypse à venir. Je vous mets le lien de la chanson telle qu’elle est :

http://youtu.be/MJeqOoc4HmI

Cet album est-il différent, finalement ?



Écoute N.3


Voilà une semaine que je n’ai plus écrit ici, mais j’ai encore écouté le disque. Avant aujourd’hui, il n'y avait rien à noter de particulier. Pour « Helter Skelter » et « Piggies », rien de nouveau à part le volume qui augmentait tout seul.

Pour « Revolution 9 », les choses ont changé. J’entends maintenant des soupirs, à la deuxième écoute ils avaient disparu.

Je m’interroge toujours sur ce mot. D’où vient-il ? Ça reste un mystère.



Écoute N.4


Je me suis maintenant concentré sur « Revolution 9» uniquement. Une écoute sur deux de la chanson m'a fait entendre les soupirs. La musique était de plus en plus forte.

J'avais le sentiment que ces soupirs n'étaient pas enregistrés, mais étaient entendus en temps réel.

Je sais que c'est idiot, que ça n'a ni queue ni tête, mais on dirait qu'il est pourvu d'une conscience. Je me sens bête d'écrire ça, c'est sûrement un effet Placebo dû au fait que ce disque ait appartenu à Manson. Mon esprit me joue des tours.

Cette version m’a vraiment mis mal à l’aise.



Écoute N.5


Je n’ai pas dormi de la nuit, j’entendais la musique dans ma tête. Aujourd’hui, j’ai remarqué que « Piggies » n’était plus comme avant. Maintenant, il ne reste plus que la phrase « What they need's a damn good whacking » (Tout ce dont ils ont besoin est une bonne raclée) qui constitue les paroles, elle se répète en boucle.

Aucun changement sur « Helter Skelter ».

C'est pour « Blackbird » que les choses ont changé. Ou bien est-ce mon imagination ? Le morceau qui est chanté par Paul McCartney comme un hymne à la liberté et aux droits du peuple noir semblait être interprété froidement, comme si McCartney était forcé à chanter cette chanson.

Je commence à me dire que ce disque est vraiment différent.



Écoute N.6


Il est trois heures du matin. J’ai fait l’erreur de laisser le disque deux dans le tourne-disque. « Revolution 9 » s’est lancée toute seule. J’ai cru entendre « Wake UP » hurlé par Lennon, au milieu du morceau. Ce n’était pas là avant, ça n’a jamais été là.

C'est étrange, mais j'ai eu la sensation que ce "Wake up" m'était destiné. J'ai dû halluciner, je suis fatigué, il faut que je me repose.



Écoute N.7


« Helter Skelter » était joué à un volume insupportable. J’avais l’impression que la vitesse n’était pas l’originale, mais qu’elle était plus lente que la version habituelle. « Revolution 9 » ne fonctionnait plus, le disque sautait jusqu’à la chanson suivante. Aucun changement pour « Piggies »
   
J'ai cru entendre un rire, un petit ricanement, mais venant de mon appartement.



Écoute N.8


« Revolution 9 » fonctionnait à nouveau, mais le soupir était une respiration, et on l’entendait bien avant le début habituel de la chanson. À la deuxième écoute, plus aucune musique ne s’est jouée. J’ai juste entendu la respiration ponctuée des « Number nine » et des « Rise » de Lennon, répétés en boucle pendant dix minutes. Normalement, le morceau dure 8
minutes 22.

Je pense que je vais me débarrasser de l'album.



Écoute N.9


« Piggies » a une nouvelle phrase, répétée en boucle : “You can see them out for dinner, with their piggy wives, clutching forks and knives, to eat their bacon” (Vous pouvez les voir sortir dîner, avec les truies qui leur servent d'épouses, attrapant fourchettes et couteaux, pour manger leur bacon). Elle est collée à l’autre.



Écoute N.10


Je commence à perdre la notion du temps. J'ai écouté les disques toute la journée, sans m'en rendre compte. Je me suis même mis à me parler à moi-même, et durant mes interrogations, alors que je demandais à voix haute ce que tout ça pouvait bien vouloir dire, le disque a changé de piste pour jouer en boucle les mots "Happiness is a Warm Gun" (Le bonheur est un flingue chaud).

C'est peut-être idiot, mais j'ai l'impression qu'il m'a répondu. Ça paraît bizarre, mais je crois qu'il est vivant ; doté d'une conscience, du moins.



Écoute N.11


Le tourne disque a fonctionné toute la nuit, et je n’ai pas réussi à l’arrêter.
On dirait que « Revolution 9 » veut me dire quelque chose. Je déraille, ce n'est qu'une chanson, mais plus j'écoute cet album, plus il devient étrange. J’en suis sûr, il attend quelque chose de moi.

J'ai fait des recherches pour savoir si d'autres objets ont les mêmes caractéristiques. J'ai trouvé des gens parlant de cartouches de jeu hantées, ou divers objets de provenance louche. Je ne sais pas si ce sont des histoires ou des gens dans le même cas que moi. Ce qui m'arrive me permet de croire en leurs récits.

Tout ça me fait peur. Je vais me débarrasser de lui demain.



Écoute N.12


Je n'arrive pas à me séparer de lui. J'ai cette irrésistible envie de l'écouter à chaque instant. Il est maintenant vide de toute chanson. J'entends juste la respiration habituelle, ponctuée de petits gémissements. J'ai essayé de lui poser des questions, lui demandant si Les Beatles avaient voulu laisser un message dans cet album. Je n'ai pas eu de réponse.

Par contre, quand j'ai crié que je le jetterai à la poubelle, il a joué "Don't pass me by, don't make me cry, don't make me blue" (Ne m'ignore pas, ne me fais pas pleurer, ne me rends pas triste), avant de retourner sur le silence uniquement coupé par les respirations. Il veut que je le garde avec moi.




Écoute N.13


C’est la dernière fois que je ferai une écoute de ces disques.
Le disque un et deux sont constitués d’un enchaînement entre  « Piggies », « Helter Skelter », et « Revolution 9 », joués aléatoirement et s’entremêlant. Les autres morceaux ne sont plus dessus. Le tout dure sans fin.

J’ai jeté l’album dans une benne. J’ai voulu mettre un CD d’Oasis dans ma voiture. Quel n'a pas été mon choc quand j’ai découvert que « Revolution 9 » des Beatles avait remplacé cette fois-là aussi tous les autres morceaux ! Tous les CDs que j’écoute n’ont plus que « Revolution 9 ».



Ça fait maintenant trois jours que j'ai jeté le disque. Pourtant, je n'arrive pas à dormir, j'ai tellement envie de le récupérer, mais je sais que c'est impossible. Il est déjà détruit maintenant. Et dire que je l'ai payé 300 livres... Il me manque tellement. J'ai essayé d'en parler à mes amis, mais ils ne m'ont pas cru. Apparemment, je suis le seul à entendre « Revolution 9 » partout.

J'ai essayé d’appeler le disquaire, je suis tombé sur la messagerie.
Impossible de laisser un message : après la messagerie, le téléphone raccrochait tout seul.

Je pourrais jurer qu'au lieu d'entendre l'habituelle annonce invitant à rappeler plus tard, j'ai entendu « What they need's a damn good whacking » (Tout ce dont ils ont besoin est une bonne raclée), cette phrase qui est présente dans la chanson  « Piggies ».

Cette nuit, le tourne-disque s'est remis à fonctionner tout seul, jouant les mêmes chansons. Pourtant, il n'y avait plus aucun disque dedans.

Ces musiques me rendent dingue. J'ai jeté tous mes CDs avant de retourner les récupérer.

Je ne sors plus de chez moi depuis quelques jours. J'ai peur d'entendre de la musique, je suis dans le silence de ma chambre.

J’entends ce morceau dans ma tête, maintenant.

Je ne sais pas depuis combien de temps je suis allongé sur mon lit, dans le noir, à entendre « Revolution 9 » dans ma tête. Peut-être quatre ou cinq jours. Je ne sais pas, je n'ai plus la notion du temps, je n'ai pas envie de manger, ni de boire. J'ai juste la force d'écrire ici.

Mes parents m'ont appelé, j'ai voulu leur expliquer ce qui m'arrive, mais ils n'ont pas compris et m'ont dit d'aller consulter un médecin. J'ai immédiatement raccroché.



J'ai retrouvé le disque ! Il était sous mon lit ! Alors que j'étais couché, j'ai entendu un grattement venant du dessous du lit. Quand j'ai regardé, il était là ! Je l'aime tellement, il m'a manqué ! Je me sens revivre. Je vais le remettre dans le tourne-disque de ce pas !


RISE.
RISE.
RISE.
RISE.




Il en va de mon devoir, il faut les éliminer.
C'était ça, le message qu'il veut me faire passer. Le message des Beatles.
Je sais ce que je dois faire.




Merci, John.