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Attention, les textes présents sur cette page peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes.
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samedi 20 septembre 2014

Terminus

À relier à ce qui est lisible à cette adresse.



L'école vient de se terminer. Je n'arrive pas à me faire des amis du tout, les autres enfants sont effrayés par moi parce que je n'ai pas de parents. J'essuie une larme sur ma joue. Je n'ai pas à pleurer, je ne suis pas la plus malheureuse. Je suis égoïste.
Je marche jusqu'à l'orphelinat où j'habite. Personne ne veut d'une petite fille comme moi, je suis trop grande et trop laide pour les adultes. Et je commence à les comprendre. Ils préfèrent tous un bébé qu'ils pourront façonner à leur image tandis que mon caractère est tout tracé, et que je n'aimerai jamais personne comme mes vrais parents. Je ne les ai jamais rencontrés, mais je sais que je peux les aimer, malgré ce qu'ils m'ont fait.

Je suis plongée dans mes pensées, puis quelque chose m'interpelle : Il n'y a aucun bruit. Cette rue est pourtant très animée d'habitude, mais ici le silence est complet. Même les feuilles brunies ont arrêté de tomber des arbres ! Je ne comprends pas... Je marche dans la rue toute silencieuse, et mes pas résonnent. Je chantonne pour me rassurer, mais ça ne marche pas, ce silence est vraiment inquiétant.

J'ai l'impression d'être surveillée. Il me semble entendre des chuchotements derrière moi, mais je ne sens pas d'air. Je frappe du pied par terre pendant que je marche pour essayer de combler le silence par un bruit, n'importe lequel. Mais l'air est lourd, et je me sens étouffée à mesure que j'avance. J'ai peur, mais je ne comprends pas pourquoi. Le décor est familier, pourtant, je me sens... Ailleurs.

Une voiture ! J'entends un moteur derrière moi. Je me retourne, pour apercevoir une voiture noire assez normale. Je me sens rassurée. Arrivée à mon niveau, la voiture s'arrête et la fenêtre se baisse. Le visage de l'homme qui la conduit me rappelle quelque chose. Il m'adresse la parole, criant presque :
« Hey ! Tu es bien Sophie ? L'orphelinat m'a demandé de venir te chercher ! »
Je ne sais pas quoi répondre. Je sais que l'orphelinat envoie quelquefois une voiture pour chercher les élèves, mais ils ne le font en général qu'en cas d'urgence. M'auraient-ils trouvé des parents d'adoption ? Cette idée me réjouit, et j'ouvre la portière arrière de la voiture. J'ai l'impression de nager dans le bonheur.

Mais une fois installée sur la banquette en cuir, rien n'est pareil. Les fenêtres, que je croyais teintées, sont en fait opaques, et il y a une autre de ces fenêtres entre le chauffeur et moi. Je suis dans le noir complet. J'essaie de parler au chauffeur, pour au moins me rassurer, mais mes paroles se perdent dans le silence. Un silence du même genre que celui de tout à l'heure.

Je sens une main saisir ma cheville !

J'essaie de bouger la jambe, sans rien voir, mais mes muscles sont engourdis par la force de cette prise. Je crie, je hurle pour que le chauffeur me vienne en aide, mais il n'y a autour de moi que le silence, et rien de plus.
Tous mes membres sont attrapés avec force par des choses semblables, je ne distingue absolument rien. Je crie toujours, mes poumons brûlent.
Je ne sens plus ma main. J'ai l'impression que mon sang se vide sur la banquette en cuir, tandis que les « mains » que je ne vois pas m'écartèlent. Sous mes cris, j'entends mes rotules craquer sèchement tandis qu'une bouffée de chaleur se propage dans tout mon corps, pour laisser place à la souffrance.

Je m'évanouis.

À mon réveil, je suis sur un chemin de campagne. Quel paysage affreux ! Des arbres morts sont disséminés tout autour de moi. Sur le sol boueux sont placés quelques brins d'herbe flétris. Je suis écrasée au sol par mon poids et par le silence. Je baigne dans mon sang.
Et puis je les vois. Un jeune couple, sur ce petit chemin. Je sais... Je sens que ce sont mes parents. Ils rient joyeusement, perçant le silence par leurs éclats de rire. Ils se moquent de moi. Tandis qu'ils partent, riant sur ce petit chemin, j'essaie de crier pour qu'ils me viennent en aide, mais je suis étouffée par le silence.

Je n'aurai l'aide de personne.

J'ai mal.

Voici l'histoire que le Livre vous a choisi.
Vous avez eu l'impétuosité de venir contempler ses pages.
Il ne vous pardonnera pas.
Il vous traquera. Il attendra que vous soyez seul.
Il se moque de vous.
Vous avez gâché les années de vie qu'il vous restait.

Fuyez, ne vous retournez pas.
Tentez de vous cacher, vous n'y parviendrez pas.
Votre mort sera douloureuse, et votre après-vie effroyable.

Adieu.


vendredi 19 septembre 2014

Mamie et Papi

J'ai un moment de ma vie à raconter. Un moment qui m'a fait chier des briques. N'importe qui a vécu un moment comme ça. Même vous, vous savez, ces instants étranges, flippants qu'on est incapable d'expliquer. Vous en avez vécu un. Un truc vraiment bizarre dont vous vous demandez encore ce que c'était. 

Je vis le mien au moment même où j'écris. Je suis à table. Il n'y a actuellement rien à manger, mes hôtes sont silencieux. Je ne sais pas ce qui va m'arriver, mais au moins j'aurais eu le temps d'en laisser une marque sur ces feuilles de papier. Quelqu'un les trouvera ici un jour. Et les lira. Par hasard.

Il y a treize ans j’ai quitté le domicile familial. J'ai quitté la campagne et j’ai déménagé au centre. Ma vie c'était des déménagements, des voyages, des
jobs divers acquis puis perdus, des relations courtes. Je n’avais aucune nouvelle de ma famille, car j’ai coupé les ponts depuis quelques années. En fait, c’était après m’être séparé de ma première fiancée. Je ne voulais pas que mes parents s’en mêlent alors j’ai arrêté de leur donner des nouvelles et je me suis effacé. Je menais ma vie loin de la leur.

Il n'y a pas longtemps, j'ai perdu mon job actuel. J'ai pris quelques jours pour me remettre émotionnellement, et faire le point sur ma situation.
Puis j'ai eu cette idée. Et si j’y retournais ? Si je retournais les voir ? Ma famille. Quelques jours seulement. Mais ça me permettrait une introspection. Petite. Repartir à zéro. Je suis retourné dans la campagne.

Je voulais aller voir Mamie. Je voulais prendre mon temps avant de revoir ma mère et mon père. Je n'avais pas oublié le trajet. Impossible. Un chalet à l’écart, au milieu de la campagne. En y allant, j'ai passé un appel à ma mère pour lui annoncer mon retour. Pour m’y prendre pas à pas. Mais elle ne répondait pas. Elle était sûrement prise par le travail à cette heure. Je me suis dit que je la rappellerais dans la soirée. En attendant, j’allais passer la fin de la journée avec Mamie.

J’arrivais aux environs de 18 heures à sa porte. Elle était ouverte. C'était intrigant qu'elle bringueballe comme ça. Mais en passant la tête à l'intérieur, j'ai retrouvé Mamie assise dans le fauteuil au fond de la pièce. Je suis entré et j'ai fermé la porte. Les volets étaient fermés. La pièce n'était éclairée que par des rayons de lumière qui passaient par les trous et les bords des fenêtres. Une atmosphère grise, figée.

Je l'ai saluée avec le sourire. Elle m'a rendu un salut presque silencieux avant de me demander de lui passer ses aiguilles à tricoter. Les gros verres réfléchissants de ses lunettes et la faible lumière faisaient que je ne voyais de ses yeux que deux grosses perles noires.

Je me suis installé, dans le salon poussiéreux, Mamie à ma gauche, derrière moi. Il y avait un silence immuable. De la poussière voletait autour de nous. En fait, tout était recouvert d'une épaisse couche de poussière. La pièce était comme dans mes souvenirs. Rien n’avait changé, rien.

Si. Un cadre, sur une table à côté de la porte. Je n'ai pas reconnu la personne sur la photo. La maison était remplie de photos de moi, mes frères et mes cousins quand on avait six à dix ans. Et quelques photos de mes parents. Mais cet homme, sur la photo, là. C'était qui ?
Je me suis approché. Cet homme, c'était moi. J'avais la trentaine sur cette photo. Pourtant j'ai quitté la campagne à mes 19 ans. Et je ne suis plus revenu. D'où venait cette photo ?
J'étais sur une route herbeuse. Le paysage m'était familier. Je ne regardais pas l'objectif. J'essayais de me rappeler de quand avait été prise cette photo. Mais rien ne me venait.

Mamie tricotait, inlassablement, le tintement de ses aiguilles était notre seule discussion. Le soir tombait dehors, il faisait de plus en plus sombre à l’intérieur. Deux heures avaient dû passer. Moi, je restais sagement, comme si je ne pouvais faire que ça. Il me semblait qu’il manquait le « tic tac » de l’horloge.

Il a fait nuit très vite. J'aurais pu faire quelque chose à manger. Mais j’étais hésitant à faire comme chez moi. J'avais peur de déranger cet endroit si stoïque. Et j'étais un peu occupé par la photo.

Quelque chose l'a fait pour moi. Un coup, à la porte. Plusieurs. Des coups forts et répétés qui martelaient le bois. J’avais sursauté. Je me demandais qui, ou quoi, ça pouvait être. J'étais debout, le cœur battant, et autour de moi tout restait rigide. Les meubles me regardaient avec froideur. Les ombres flottaient avec nonchalance. J'étais le seul être perturbé par ce qui se passait. Mamie a dit ces mots :

« Va ouvrir. C’est Papi. »

Non. Ce n’était pas Papi. Parce que ça ne pouvait pas être Papi. Je vous laisse deviner pourquoi Papi n’avait rien à faire là. Mais qu’est-ce qui, en pleine nuit, pouvait venir tambouriner à la porte d’une vieille femme ?

J’étais pris au dépourvu. je n'avais aucune idée de quoi faire. Les martèlements continuaient, ils étaient irréguliers. Déjà trente secondes que ça tapait. Pendant un silence, j'ai senti une forte vibration monter à ma jambe. C’était mon téléphone. Ma mère. Elle répondait à mes messages. J'ai décroché, non sans m’inquiéter de ce qu'il se passait dehors. Je me suis avancé vers la cuisine. La voix de ma mère m'a dit :

« Mon chéri. Je suis si contente que tu aies appelé. Je viens de rentrer du travail. Tu viens nous voir bientôt ? Où est-ce que tu es ? »
D’une voix un peu tremblante, je lui ai répondu :
« Je suis avec Mamie. »
Il y a eu un silence à l’autre bout du fil. Et la voix m'a répondu :
« Non. Ce n’est pas possible que tu sois avec Mamie. »



jeudi 18 septembre 2014

Le quatrième

Il y a deux ans, ma chatte Frimousse a eu une portée de quatre chatons. L'un est mort né pour une raison que j'ignore, les trois autres allaient très bien. Il y avait deux femelles : Poilue (elle avait les poils longs) et Peureuse (c'était la plus craintive) ; et un mâle : Calinou (dès qu'il a commencé à marcher il cherchait constamment à être câliné). Ils ont tous les trois grandi normalement jusqu'à l'âge d'environ trois mois.

J'avais cependant remarqué quelque chose d'étrange : de temps à autre, Calinou se figeait, regardant devant lui, hérissant les poils, et il se mettait à feuler. Je me disais qu'il devait simplement avoir vu une bestiole par terre. Ça lui est arrivé une fois... Deux fois... Trois fois... De plus en plus souvent au fur et à mesure qu'il grandissait. Ses sœurs, elles, ne se comportaient pas comme ça. Elles vivaient normalement leur vie de chat.
Voyant que cela devenait répétitif, je me suis inquiété. En effet, il n'y avait strictement rien devant lui... J'ai alors cherché sur Internet pour voir si c'était une affection courante, mais je n'ai rien trouvé à ce sujet.

Un jour, alors qu'il avait encore une de ses "crises", Calinou a mis un coup de patte dans le vide, devant lui. Immédiatement, son petit manège a cessé et il est resté là, sans bouger, pendant quelques secondes, avant de repartir jouer avec ses sœurs comme si de rien n'était.
Dès lors il n'a plus eu de crises pendant deux ou trois semaines. Je m'en réjouissais car je commençais à le croire cinglé. Cependant, toujours depuis cet épisode, sa mère et ses sœurs l'avaient complètement rejeté et je ne comprenais pas pourquoi leur comportement avait changé si brutalement...


Quelques jours plus tard, alors que j'en avais assez de voir des souris dans mon garage, j'ai décidé d'y faire entrer mes chats. J'avais pris soin de ranger les outils et autres objets dangereux afin qu'ils ne se blessent pas en les faisant tomber. Ne parvenant pas à mettre la main sur les jeunes femelles ou leur mère, je me suis rabattu sur le mâle. À mon grand plaisir, Calinou s'est jeté à l'intérieur et a disparu derrière une caisse. Je me réjouissais d'avance d'être débarrassé des souris.


 Je ne croyais pas si bien dire. En revenant quelques heures plus tard, j'ai trouvé un nombre conséquent de cadavres de souris éventrées, décapitées sur le sol... Et Calinou se tenait assis au milieu, sans avoir l'air de s'y intéresser. Je trouvais bizarre qu'il les laisse là, mais je savais que les chats tuaient parfois les souris en voulant simplement jouer avec ; seulement ça faisait beaucoup de « jouets cassés ». Je me suis donc mis à nettoyer.
J'ai discuté de cet épisode avec une amie folle de chats et elle m'a appris qu'il n'était pas naturel pour un chat de tuer par plaisir. Je ne m'en suis pas beaucoup plus inquiété.


Le lendemain, alors que je sortais de chez moi pour me rendre au travail, j’ai aperçu Calinou un peu plus loin, vers la niche de ma chienne. Comme à mon habitude j'ai appelé le chaton pour lui donner une caresse avant de partir, sauf qu'il est resté là, à me regarder fixement sans bouger. En me rapprochant, j’ai entendu qu'il grognait et cela m'a d'autant plus
étonné qu'il en avait habituellement une peur bleue. Là, il se tenait à tout juste une vingtaine de centimètres de la niche, et étrangement, ma chienne restait collée à la cloison du fond. D'habitude, elle me faisait la fête dès que j'étais à portée, mais elle n'a pas remué une oreille. 

J'ai donc continué de m'approcher et j'ai donné sa caresse au chaton, seulement j'ai été surpris de sa réaction. En effet, à peine ma main l'avait-elle frôlé qu'il y a mis un grand coup de griffe avant de partir en courant à l'autre bout du jardin. Je me dis simplement qu'il devait être stressé par la présence de la chienne, d'où sa réaction violente. Ce n'est qu'à ce moment-là que l'autre est sortie de sa niche pour venir me voir. La queue entre les jambes et les oreilles basses, en signe de soumission. J’ai approché ma main (qui commençait à saigner) pour lui dire bonjour à elle aussi. En réponse, ses babines ont frémi et elle s'est mise à grogner. Encore plus étrange, elle s'est frottée à mon autre main sans broncher.
Je suis parti travailler, pensif.


Cela faisait maintenant un moment que ma chienne avait peur du jeune mâle alors que lui-même semblait de nouveau effrayé devant elle, et ne s'en approchait plus. Je n'essayais plus de comprendre. 



Un matin, en sortant de chez moi, j'ai senti une odeur nauséabonde venant d'un peu plus loin dans le jardin. Une odeur de charogne. En me rendant sur place, j'ai vu une quantité folle d'animaux morts, de-ci de-là, éventrés et décapités. L'image des souris m'est revenue en mémoire, mais là il s'agissait d'oiseaux, d'écureuils, et de quelques-unes des poules du voisin. Seulement, à la différence de l'épisode avec les souris, Calinou n'était pas là et je me disais que de toute façon un chat ne causerait pas un tel carnage. Un renard peut-être ? Mais je ne pouvais pas m'empêcher de repenser aux souris, tuées de la même façon.
Quoi qu'il en soit, je ne comprenais pas ce que ces animaux faisaient là, dans mon jardin... Il m'a fallu un moment pour évacuer tous les corps, et alors que j'avais presque fini, Calinou a fait son apparition et est venu se frotter contre ma jambe en ronronnant. Ce signe d'affection m'a rassuré et mes doutes ont disparu.

Pas pour longtemps.
J'entendis un bruit derrière moi et eus à peine le temps de voir l'écureuil passer entre mes jambes. Tout comme je ne vis pas le chaton se jeter dessus. J'ai été comme pétrifié en le voyant lui ouvrir les entrailles sauvagement. Ses poils noirs étaient collés par le sang sombre de l'animal et il poussait des grognements rageurs à chaque fois qu'il arrachait un lambeau de chair, qu'il ne mangeait même pas... Sans que je trouve la force de bouger, je l'ai vu arracher la tête de l'animal. Calinou s'est tourné vers moi, la tête sans vie dans la gueule, puis a disparu au loin.
Lorsque j'ai pu de nouveau bouger je n'en revenais toujours pas : c'était ce chaton adorable et câlin qui avait tué tous ces animaux. Et comme je venais d'en avoir la preuve c'était par pur plaisir, par pure haine de la vie !
Je suis alors rentré chez moi, traumatisé.

Un jour, alors que mon inquiétude au sujet du jeune mâle atteignait son apogée, j'ai entendu des chats se battre dans la rue. Il y en avait beaucoup par chez moi et je n'y prêtais plus attention, mais je ne sais pas pourquoi cette fois-ci je me suis levé pour aller voir...
J'avais à peine ouvert la porte qu'une odeur de charogne m'a de nouveau
empli les narines. Réprimant un haut-le-cœur, je suis allé en direction des bruits.

J'ai cru que j'allais m'évanouir en voyant Peureuse éventrée sur le sol, inerte. Calinou et Poilue se battaient à côté, mais la femelle était couchée sur le flanc, couverte de sang. De plus, en m'approchant, j'ai compris que l'odeur ne provenait pas de Peureuse comme je l'avais d'abord cru, mais de Calinou !
Au même moment, Frimousse, leur mère, est arrivée comme une flèche et s'est jetée sur le mâle. Le temps que je reprenne mes esprits, ils avaient déjà commencé à se battre, et le jeune mâle dominait. J'ai tout d'abord mis Poilue à l'écart en prenant soin de ne pas regarder le cadavre de sa sœur. Ça et l'odeur de mort faisaient beaucoup...
Ensuite, j'ai voulu séparer Calinou et sa mère. Mais j'avais à peine avancé ma main qu'il s'était jeté dessus, plantant ses griffes et ses dents dans ma chair. Je suis parvenu tant bien que mal à le faire lâcher mais je peinais à le maîtriser, bien que ce ne soit qu'un chaton.
À côté de moi, Frimousse tenait à peine debout. Elle avait une patte ensanglantée et deux plaies béantes, une sur le flanc et une autre en travers du museau. Le chaton continuait de se débattre sous ma main qui le maintenait au sol, m'arrachant des lambeaux de chair. Finalement, je n'ai eu d'autre choix que de le frapper à mort avec ma main valide...
Du sang plein les mains, j'ai couru vers Poilue en espérant qu'il ne soit pas trop tard. Malheureusement, elle avait succombé à ses blessures.


Seule Frimousse est encore en vie aujourd'hui, mais elle a définitivement perdu l'usage de sa patte, et moi j'ai dû suivre plusieurs séances de rééducation après l'opération de ma main déchiquetée.

Bien évidemment personne n'a cru à mon histoire, et je dois suivre un psychologue depuis ce triste épisode... Je commence même à penser que je me suis imaginé des choses et que je deviens fou. Mais le comportement de ce chat n'était pas normal, je le sais !



dimanche 14 septembre 2014

J'ai trouvé quelque chose, et je ne sais pas quoi faire

Avant de partager ça, je veux que mes lecteurs sachent que j'aime ma femme. Je l'aime plus que tout.
Nous avons eu des problèmes de couple ces dernières années. Elle voulait désespérément des enfants... Je pense que j'en voulais aussi, pour elle. Nous sommes allés dans des hôpitaux pour voir des docteurs et des thérapeutes. Elle pleurait et gémissait, et je la soutenais parce que je savais que c'était dur pour elle. Je la serrais dans mes bras, je l'embrassais et je lui promettais qu'on y arriverait.

Mais j'ai trouvé quelque chose.
Je lui ai fait un petit cabanon dans le jardin, une sorte de studio, pour qu'elle puisse peindre. Elle aime peindre. Mais je n'aime pas la déranger, alors ce studio est son refuge. Comme le sous-sol est le mien. Je ne sais pas pourquoi j'ai été si curieux, elle n'était pas là de la matinée, elle allait à une galerie d'art. Alors j'y suis rentré.

Seigneur, j'aime ma femme, mais ces peintures. Elles étaient... effrayantes. C'est le seul mot pour les décrire. Chacune d'entre elles représentait une famille ; un père, une mère... et un bébé. Et j'ai réalisé que c'était nous, souriant, nous prenant dans nos bras. Mais la ressemblance avec nous n'était pas ce qui me faisait peur. J'étais effrayé du bébé lui-même. Sur chaque toile le bébé était peint en rouge sombre, jurant de manière agressive avec la famille sereine derrière lui. Mais je pouvais toujours y distinguer un bébé, tellement petit...

Je n'ai pas arrêté de regarder autour de moi, et j'ai ouvert la porte du studio qui menait au petit bureau contenant les peintures et les pinceaux. J'ai ouvert ce bureau, et je ne pouvais pas comprendre ce que je voyais, je pense que je ne le comprendrai jamais. Je ne sais pas quoi faire, j'ai l'impression que je ne la connais plus. J'ai l'impression d'être marié à une étrangère. J'ai peur. J'ai vraiment peur.

J'aime ma femme... Mais ces petits corps. Ces fœtus écrasés, baignant dans ce sang sombre utilisé... Comme un putain d'outil. Il y avait tellement de ces petits corps écrasés... pourrissant dans ce bureau.



Traduction: GollumHitch

Texte original
Message personnel: oui madame, la traduction est bien de GollumHitch, il l'a refaite sans savoir que ça avait déjà été proposé. C'est infiniment moins gênant d'être amené à publier quelque chose qui vient de lui, plutôt que venant de toi. Même si c'est pas super glorieux non plus.
Sans rancune. (Haha, à quoi m'attends-je)

vendredi 12 septembre 2014

Un rêve dangereux

Shadowofheart.blogspot.com
13 Juin 2013






Aujourd’hui, j’ai décidé d’être franche. Dans tout ce que je fais, dans tout ce que je dis… Car j’ai peur. J’ai peur que ce soit ma dernière occasion. Je ne me cacherai plus, je ne me masquerai plus derrière une façade entièrement construite. J’avais appelé ce blog Shadow Of Heart pour ça mais aujourd’hui, je chasse les ombres.
J’ai trop peur. Peur d’être seule. J’ai peur des ombres. Quand elles m’entourent la nuit. Quand le sommeil me submerge. Quand le silence semble crier et que je sens une multitude de mains traverser l’obscurité pour s’approcher de moi avec mesquinerie.
Il est 4h49, il faut que j’écrive. Que j’appelle à l’aide, avant qu’il ne soit trop tard.

Dimanche dernier, j’étais une bibliothèque mobile. C'est un camion allant de ville en ville et transporte une bibliothèque libre service où les gens peuvent venir prendre ou déposer un livre. Et comme je n’aime pas trop ça, je suis allée près d’une étagère pour trouver de quoi bouquiner jusqu'à ce que mes parents m’appellent pour partir. J’ai commencé à chercher sur l’étagère puis j’ai vu un titre familier : « Alice In Wonderland ». Je connaissais l’histoire, j’avais vu les diverses interprétations cinématographiques, je me suis dit que je lirai ça. Donc j’ai pris le livre et je suis allée m’asseoir par terre, entre deux étagères.
Il n’y avait pas d’auteur précisé sur la couverture, ni de maison d’édition. Comme le livre était vieux, ça ne m’a pas dérangée, je me suis dit que c’était comme ça qu’on faisait avant. J’ai jeté un coup d’œil à la quatrième de couverture pour lire le synopsis, il ne disait que
« Découvrez ce qui est arrivé à Alice, dans le pays imaginaire. »
C’était un peu primaire comme description, je me suis dit. Puis je me suis plongée dans la lecture.

Le début était assez succinct, et décrivait la chute d’Alice dans cet univers sorti de nulle part. Je suivais l’héroïne dans sa découverte, mais il y avait des éléments qui me dérangeaient car ça ne ressemblait pas à l’histoire originale. Le pays imaginaire n’était qu’un chemin au milieu d'un champ désert et envahi par la flore. Je refermai le livre pour étudier la couverture et voir si c’était précisé quelque part que c’était une version alternative. Mais rien.
Je repris. Des passages descriptifs mentionnèrent un château au loin, mais Alice avait beau marcher pendant des heures, le château ne se rapprochait pas. Alors qu’elle continuait, une forêt apparut.
De temps en temps j’arrêtais de lire car le style d’écriture était très lourd et les lettres petites. Des phrases compactées et une syntaxe directe qui laissaient peu de temps pour respirer. Par exemple : « Alice marcha. La forêt l’enferma. Le chemin n’arrêtait jamais. Les branches faisaient un bruit comme KRR. KRR. KRR. Que le bruit. Alice était seule seule seule. ». Parfois j’avais besoin d’arrêter et je me penchais de droite à gauche pour apercevoir ou entendre quelqu’un qui passait, et me dire que je n’étais pas toute seule dans la pièce. Puis je reprenais la lecture.

Il y eut un passage très bizarre. Le style d’écriture était tellement tordu que j’avais du mal à comprendre ce qu'il se passait. Avec des majuscules et des minuscules qui se mélangeaient. Quelque chose comme « Alice s’ARRÊta. Observée. Yeux. QUELQU’UN. Là, tout PrÊt Alice vOiT. sUrveillée, épiÉE. C’EST LUI. UNE TÊTE, UN cOrPS, il est là. »
Il y eut un vide dans cette masse de texte étouffante. Un dialogue. Alice avait trouvé le Chat de Cheshire et maintenant ils discutaient. Je me souviens du dialogue. Même très bien d’ailleurs :

- « Bonjour Alice. Dis bonjour. »
- « Bonjour. »
- « Tu es perdue ? »
- « Je crois. »
- « Qui je suis ? »
- « Je ne sais pas ? »
- « JE VAIS TE LE DIRE. Avant il y avait du monde ici. Et là, le Chapelier et le Lièvre de Mars ont réalisé qu’ils étaient fous. »
- « Je ne comprend pas. »
- « LE PLUS FOU C’EST MOI. MOI. ILS ONT CRU QU’ILS ÉTAIENT PLUS FOUS QUE MOI. ILS SONT MORTS. IL N’Y A PLUS PERSONNE. JE SUIS DIEU. MOI. »

La suite du texte fit tambouriner mon cœur. Je n’y comprenais rien. Alice meurt. Le Chat de Cheshire lui arrache la gorge. Je n’aurais jamais cru à une telle violence dans un roman d’Alice Au Pays des Merveilles. D’accord c’était une version alternative manifestement, mais elle me laissa sans voix et le souffle coupé. C’est là que mon père me rejoignit pour me dire que nous partions. Je voulus lire la suite en diagonale. Mais il n’y avait pas de suite. Je n’en revenais pas. Alice meurt et l’histoire s’arrête. Il n’y avait qu’une image à la fin. C’était une illustration du Chat de Cheshire. Je ne m’étais pas du tout imaginé le chat de Cheshire comme ça. Comme quiconque s’imagine le chat de Cheshire : un sourire, des grands yeux, une fourrure épaisse.
Là, c’était plein de dents qui avaient l’air humaines, mais extrêmement pointues. Un corps tordu, un cou enroulé sur lui-même. Les pattes qui finissaient en mains, avec des griffes sortant des doigts. Les parties génitales apparentes. Et des yeux rouge sang exorbités, énormes.
J’ai refermé le livre pour le laisser là, et j’ai couru rejoindre mon père.

Le soir même, j’ai passé la nuit dans mon lit, les yeux grands ouverts. Je n’arrivais pas à m’endormir, car je n’arrêtais pas de repenser à cette phrase. « Je suis dieu ». Et l’image abominable de ce faux chat de Cheshire revenait. Mais est-ce que c’est moi qui repensais à cette phrase, ou est-ce que c'est elle-même qui revenait… Prononcée… C’est vrai qu’à force, j’avais presque la voix du chat de Cheshire en tête, alors que ça n'avait été que de l’écrit.
Je m'endormis d'un sommeil difficilement acquis. Aux environs de 3h40, je me réveillais déjà.
J'avais fait un rêve dans ce court sommeil.
Les images me revenaient : lui, m'épiant, me toisant et me sautant à la gorge. Son énorme bouche, ses yeux exorbités. Tout ça était si vrai. J'en avais presque mal.
 La journée, j’ai fait comme si tout allait bien.

La nuit suivante (c’était la nuit du 11, la nuit dernière), je n’ai toujours pas dormi. J’ai essayé. Je me suis installée dans mon lit, j’ai regardé le plafond, puis j’ai fermé les yeux. La voix a crié.
« ES-TU PLUS FOU QUE MOI ? »
J’ai rouvert les yeux en sursaut et je suis restée paralysée. Une vraie voix, si forte, comme si on l'avait hurlé à mon oreille. Ma gorge, elle me faisait mal. Je l’ai effleurée des doigts, elle me piquait comme si elle était brûlée. Impossible que je dorme une seconde de plus.

Le lendemain, mes parents ont vu que j’étais très fatiguée, et ils m’ont autorisée à rester à la maison pendant qu’eux allaient travailler. J’ai passé la journée dans mon lit, sans bouger. Ma gorge me faisait souffrir. Mes yeux ne se fermaient pas. Je sentais une fatigue si lourde sur moi. Tout mon corps me suppliait de dormir. Mais impossible. Je ne m'endormais pas. Je restais figée. Quelque chose au fond de moi savait qu'il ne fallait surtout pas que je dorme. Quelque chose sentait le danger si proche. Et cette chose me maintenait strictement éveillée. J’avais peur. Peur de bouger. Peur de lui. De sa voix. La revoilà. Nette. Elle provenait de quelque part dans ma chambre.
« JE SUIS DIEU. »
Maintenant, nous sommes le 13 juin 2013 et il est 5h24. Et j’ai toujours peur. J’ai peur de ne pas pouvoir lutter encore longtemps contre le sommeil. J'ai peur que cet éveil constant ne soit pas en train de me ronger à petit feu. Et à la fois, je sais. Je sais que si je dors, je ne me réveillerais pas. Qu'IL me trouvera, et me tuera. Je ne sais plus quoi faire. Je suis comme déchirée en deux. Je n'ai aucune idée de qu'est ce qui peut me sauver. Alors j’écris. Quelqu’un, à l’aide.


-Publié par Heart à 5:26




- Dernier message en date. Blog laissé à l'abandon. -


jeudi 4 septembre 2014

L'arbre qui saigne


Retransmission écrite de l’enregistrement du 09/10/2010.
Interrogatoire de M.Crowley
Heure : 21 :47 :33.
Lieu : commissariat de Cavan, Irlande.
Traduit de l’anglais par J.R Kotter
 

- QU’EST CE QUE VOUS AVEZ FAIT DES CORPS ! DITES NOUS CE QUE VOUS AVEZ FAIT DES CORPS ! DITES LE NOUS ! (voix provenant de l’extérieur de la pièce)

- Restez avec moi. Tachez de vous concentrer. Mes collègues vont s'occuper de ce fauteur de trouble. Il ne nous dérangera pas plus, n'y pensez plus.

- (silence)…. D'accord…

- Racontez nous tout ce qui s’est passé. Votre unique point de vue. Et je me permets de vous rappeler qu’un maximum d’informations pourra vous sauver.

- D'abord. Je veux que vous sachiez. Que vous sachiez tous. Que. Je jure devant Dieu. Ce n’est pas moi qui ai fait ça. Je n’ai pas fait ces choses horribles aux gamins. Je le jure. Ce n’est pas moi. Je le jure. (pleurs) (grésillements de l’appareil)

- Les faits M.Crowley. Nous jugerons après de votre innocence.

- D'accord… (hésitation puis sanglots). Ça a commencé sur ce site de discussion. J’y ai rencontré la gamine, elle avait RevoltgirlXX en pseudonyme. Je. J’ai lancé la discussion. Elle prétendait avoir 22 ans. J’en ai 37, ça va. Ça n’a rien de choquant. D'accord, je prétendais en avoir 29, mais c’est tout comme. Je pensais quand même qu’on parlait entre adulte. Je ne savais pas, je ne savais pas. (sanglots puis grésillements de l’appareil)


- Vous affirmez donc que vous ne saviez pas que Elea Orny avait 12 ans.

- Mais non je ne savais pas… Elle était dans la catégorie des + de 18 ans ! On y parle avec des majeurs ! Comment je pouvais me douter que !!! (forts grésillements de l’appareil)

- Inutile d’hausser la voix. Vous ne ferez que faire crachoter l’enregistrement. Reprenez votre calme, et poursuivez.

- (bruit de respiration) Donc, après s’être assez rapprochés, en discutant souvent, en se racontant nos vies l’un à l’autre…

- Toute la vie qu’elle vous a racontée était de l’invention.

- JE SAIS MAINTE… (forts grésillements de l’appareil) (paroles inaudibles.) Mais j’en suis venu à lui proposer de se rencontrer. Et comme elle était elle aussi du Conté de Cavan…

- Vous vous êtes donné rendez-vous dans le parc forestier de Killykeen.

- (long silence), (gémissements)

- Monsieur ?

- Oui. C’était la forêt de Killykeen.


•••••••••••••••••
 

- (paroles de M.Crowley) (Fort bruit de respiration) Des enfants…

- Elea Orny était venue au rendez-vous avec une amie, par précaution. Vous les avez vues toutes les deux ?

- J’ai fini par les trouver en allant plus profond dans la forêt… Elles m’ont vu et ont hurlé.
Elles ne pensaient pas que je serais si vieux. Et elle si… Une enfant
Je ne savais pas quoi faire alors… et elles se sont mises à courir… Je voyais deux petites filles s’enfoncer dans la forêt en hurlant et il commençait à faire soir… euh, nuit… je… (crachotements de l’appareil).

- Qu’est ce que vous avez fait ?

- J’ai… (grésillement de l’appareil) (paroles inaudibles)

- Excusez moi, l’enregistrement a déconné, il va falloir répéter pour la fiabilité du témoignage.

- JE LES AI SUIVIES.


•••••••••••••••••
 

- Elles couraient. Elles ne savaient pas que je leur voulais du bien. Et comme il faisait de plus en plus gris, je voyais mal. Je croyais poursuivre deux fantômes. Quand j’ai fini par les rattraper, ils étaient trois.

- Tom Estim, un autre de leurs camarades, agressé et disparu lui aussi…

- Je leur disais de venir, qu’on parte, que… C’était de ma faute tout ça alors je voulais en finir. Je voulais que tout redevienne dans l’ordre. Et je n’irai… plus jamais sur les sites de rencontres… Je voulais juste les ramener. Les sauver. Mais ils avaient peur. Et ils partaient toujours à l’opposé, alors j’haussais la voix pour qu’ils m’entendent. Mais ils pensaient que… que j’allais les violer ou…
J’étais mal à l’aise… puis le vent… le vent qui hurlait à mes oreilles… et la nuit, les arbres… très mal à l’aise…

- M.Crowley. Je vais vous demander de ne pas vous égarer. Restez concentré.

- Égaré… la forêt… les cris… tué

- M.Crowley. M.Crowley.

- VOUS COMPRENEZ RIEN À CE QUE JE VOUS DIS. C’EST LES ARBRES. LES ARBRES QUI LES ONT TUÉS. LES ARBRES (grésillements de l’appareil) MAL, QUI ONT (grésillements de l’appareil).

- CALMEZ VOUS ! Si vous ne reprenez pas votre calme, votre témoignage ne sera pas valide et vous n’aurez aucune chance d’être innocenté !

- Du sang, du sang, du sang, du sang…

- À qui ? Comment ? Qu’est ce qui s’est passé ?

- La forêt était très très noire et il menaçait de pleuvoir avec cet orage qui grondait. Mais pourtant cette clairière se détachait du reste du parc… Elle était plus éclairée. Presque blanche. C’est pour ça qu’on y a été attirés. Et au centre, au centre, il y a avait cet arbre.

- Quel arbre ?

- Lui. Le… violeur. Le meurtrier.
Il était gros avec des branches épaisses qui se développaient grandement tout autour. À cause de la lumière son tronc paraissait gris et rouge. Quand les enfants ont débouché sur la clairière ils ont voulu aller se cacher derrière et…

- ….. et quoi ?

- L’ARBRE.
L’ARBRE LES A MANGÉS.
AVEC UNE BOUCHE. SON TRONC S’EST OUVERT.
IL LES A MANGÉS, IL LES A ARRACHÉS DU SOL POUR LES DÉCHIQUETER. Il y avait du sang partout ! … Il a mordu une fille mais elle est retombée par terre, il ne restait plus qu’une moitié d’elle, il y avait ses os et son sang partout. L’arbre l’a rattrapée pour la finir. L’autre était déjà en bouillie. J’étais pétrifié, je, je savais pas, il les mangeait devant moi, je, je comprenais pas, je criais, d’effroi, il mâchait, des morceaux d’enfants. Des bras, des jambes. Les lambeaux de leurs vêtements qui pendaient de sa bouche.
Le garçon avait son bras prit dans le tronc. L’arbre ouvrait la bouche pour sucer son os et attirer le reste du corps. Je pouvais le sauver. J’ai couru, pour remonter le centre de la clairière et j’ai essayé de le tirer de là. Je l’ai attrapé par le bras et par les cheveux. Il criait, tellement fort. Et l’arbre continuait de l’aspirer. Le tronc, l’écorce craquaient et l’os du bras se broyait. Tout le sang me giclait à la figure.
Au bout d’un moment je me suis rendu compte que je ne tirais plus sur rien, j’avais la main pleine de cheveux et dans l’autre un morceau de chemise et ma main était toute sale, toute poisseuse.
La bouche s'était refermée, j'étais tout seul. Et du sang, du sang, du sang, du sang partout sur l’écorce et sur l’herbe…

- (long silence)

- (sanglots)

- Qu’est ce que vous avez fait.

- (hésitation) J’ai fui. J’avais peur qu’il m’étouffe avec ses branches. Mais je ne retrouvais plus la sortie. Il faisait nuit noire. Le vent si fort et si bruyant. Et des arbres, partout, qui bruissaient. J’ai trouvé une tour en ruine et je m’y suis caché dans le noir. Je m’y suis endormi. Le garde forestier m’a trouvé le lendemain et j’avais encore les cheveux et le morceau de chemise du garçon dans les mains.
Alors il a… appelé la police.

- (silence)

Rappel conclusion d’enquête : Arty Crowley a été condamné à perpétuité pour le triple infanticide de Elea Orny, Tom Estim et Catherina Belara dans le parc forestier Killykeen du conté de Cavan en Irlande.
Il a ensuite été retrouvé pendu dans la prison de Dublin où il était incarcéré.
Les psychothérapeutes ont déclaré la culpabilité des meurtres comme cause officielle du suicide, qui sera partagée à la presse.
Les enquêteurs soutiennent qu’Arty Crowley n’avait aucune trace sur lui témoignant qu’il a du porter ou cacher les corps disparus.






mercredi 3 septembre 2014

Écouter les portes claquer

Aujourd'hui, je vais vous faire découvrir une pratique ancienne et peu connue. Les anciens l'appelaient « Écouter les portes claquer » Pour se faire, il faut se tenir seul debout dans une pièce plongée dans le noir complet, et se concentrer sur ce qu'il se passe autour, être à l’affût du moindre bruit. La pièce dans laquelle on se trouve doit être assez espacée pour que l'on ait de la place « vide » devant et derrière soi, ainsi que sur ses côtés. Autre détail, il faut s'assurer qu'il n'y ait aucun bruit au moment où l'on commence. Le silence doit être total pour ne pas perturber les autres sons.

Lorsque l'on commence, on se sent très souvent observé, très vulnérable. On peut aussi ressentir une sorte de présence. C'est en fait une ancienne méthode pour s'inspirer, ou pour s'exercer à mieux se concentrer. En effet, le moindre bruit peut faire naître une idée, ou en développer. Donc plus on y reste longtemps, plus on en entend, et plus le bruit est fort, plus l'idée peut être grosse. Le plus souvent, on entend seulement de petits craquements ou grincements, mais, parfois, on peut avoir plus de chance. Une porte qui claque étant très sonore, on l'espère beaucoup, d'où le nom.

Seulement, on peut aussi se sentir comme « attaqué », et rester fixé sur les premières sensations d'observation ou de vulnérabilité. Généralement, ça devient vite stressant, et reste inutile, alors il vaut mieux arrêter car on risque alors d'avoir des cauchemars peu de temps après.

Dernière chose : Si jamais vous avez la chance d'avoir une porte qui claque, faites tout de même attention à ne pas être enfermés...