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lundi 23 mai 2016

Mon ex n'arrêtait pas de m'envoyer des sms...

"Tu me manques."

J'ai résisté à l'envie d'avoir un téléphone aussi longtemps que possible. Je n'avais pas vraiment de bonnes raisons, je crois, autres que le prix. Quand j'ai pris mon indépendance, je n'avais aucun moyen de me payer un forfait mensuel. J'étais la seule de mes amis à avoir seulement un fixe, et ça rendait tout le monde dingue. J'ai réussi à attendre jusqu'à mon vingt-cinquième anniversaire, quand je me suis finalement sentie assez à l'aise financièrement pour m'en acheter un. Tous mes amis ont ri de mon changement d'avis, mais je peux dire que ça les a soulagés. Pour tout dire, j'étais assez satisfaite moi aussi. Il s'avère que les téléphones portables sont ridiculement pratiques, qui l'aurait cru ?

J'ai commencé à recevoir des messages seulement environ un mois après avoir acheté mon téléphone. C'était le premier message d'un numéro inconnu que je recevais, et ça disait simplement : "Tu me manques."
J'ai d'abord été troublée - drôle de manière de se présenter, non ? Ça me semblait un peu trop dramatique... Et ça l'était quand j'ai fait le lien.

Environ un an plus tôt, j'avais rayé de ma vie mon bon à rien d'ex petit ami. En y repensant, je peux affirmer sans me tromper qu'il n'était rien d'autre qu'un grand enfant. Il voulait que je fasse la cuisine, le ménage, que je m'occupe de ses rendez-vous médicaux, et que je lui donne - oui, lui DONNER - la moitié de mon salaire chaque mois, parce qu'il ne trouvait pas ça nécessaire de trouver un travail. Je n'aurais pas dû rester avec lui aussi longtemps - foutue belle gueule - mais une fois que j'ai repris mes esprits, je l'ai mis à la rue, comme toutes ses autres copines/victimes l'avaient fait avant. Ma supposition était qu'il me stalkait sur Facebook, ou alors qu'il avait poussé mes amis à lui donner mon nouveau numéro. Après tout, ce n'était pas la première fois qu'il essayait de reprendre contact avec moi, et je me suis dit que ça ne serait pas la dernière.

Au final, j'ai choisi de ne pas répondre. D'une, je savais qu'il voulait juste essayer de me manipuler si je lui en donnais l'occasion, comme il en avait l'habitude. De deux, ça me donnait une petite satisfaction de le laisser se sentir ignoré. En principe, j'essaye de ne pas être mesquine, mais parfois une occasion aussi parfaite est vraiment séduisante.

Les prochains mois ont semblé confirmer ma déduction. Ses attaques n'étaient pas constantes, mais étaient toujours de vagues réclamations qui semblaient indiquer qu'il avait besoin de profiter d'une nouvelle personne, et qu'il n'arrivait pas à en trouver une. Ce n'était pas surprenant qu'il essaye de me contacter en première, vu que j'avais été sa plus longue relation, la plus loyale de toutes ses copines... Et la plus naïve. J'étais la cible parfaite.

Les messages étaient toujours dans le même esprit, et sont vite devenus pénibles.

"Tu me manques."
"J'aimerais pouvoir te voir..."
"J'ai cru te voir dans la foule aujourd'hui, mais ce n'était qu'un rêve."

Beurk. Pathétique.

Une nuit, environ huit mois après avoir eu mon téléphone, j'ai dérapé.
Je dois l'admettre, j'avais bu. Ça a commencé par une bière pour me détendre après le travail, et ça a vite tourné en beuverie solitaire. J'étais complètement bourrée quand j'ai reçu un message plus long que d'habitude.

"Tu me manques tellement. Je sais que tu ne lis pas ça, mais aujourd'hui plus que jamais, j'ai besoin que tu saches à quel point je t'aime. Je ferais tout pour te voir encore une fois..."

"Aujourd'hui plus que jamais ?" me suis-je questionné. J'ai essayé de réfléchir malgré mon cerveau en bouillie. Dès la première pensée que j'ai eue, j'ai compris. "Aujourd'hui ça aurait sûrement été notre anniversaire." Certainement, pourquoi pas ? C'était l'occasion parfaite pour un peu de manipulation. C'était un connard, mais il était intelligent.
Et puis, j'ai eu une idée.
"Il veut jouer ? Ok. On va jouer. Mais je vais changer les règles." ai-je juré en bafouillant.
J'ai commencé à écrire et mon correcteur a lutté pour clarifier mes propos malgré mon ivresse.
"Si tu veux venir me voir, alors pourquoi tu ne le fais pas ?" Et puis, en prime, je lui ai fait savoir que je savais qu'il m'avait stalkée. "Tu sais où me trouver."
J'ai envoyé, et avec ça, j'ai changé le destin.


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Quand je me suis réveillée le matin suivant, j'avais treize appels manqués. J'ai essayé de me souvenir, malgré mon mal de crâne, de quelles conneries j'avais fait la nuit d'avant. J'ai gémi quand mon historique de messages a répondu à ma question.
"Ok, au moins, j'ai pas répondu aux appels" ai-je pensé. J'ai silencieusement prié pour qu'il ne m'envoie plus de message ou ne rappelle pas, mais je craignais de l'avoir simplement encouragé à continuer.

À mon grand soulagement, il a arrêté de m'envoyer des messages. Pendant environ une semaine, mon téléphone a été libéré de ses assauts. J'étais secrètement satisfaite, félicitant l'ingéniosité de l'ivrogne que j'étais la veille.


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La semaine suivante, on a toqué à ma porte. Je l'ai ouverte et j'ai vu un policier, avec un visage solennel et un uniforme bleu, se tenant parfaitement droit dans la lumière du jour. Son partenaire se tenait derrière lui, son visage aussi dur que de la pierre. J'ai senti une drôle de froideur couler dans mes veines, pendant qu'ils me fixaient.

"Euh... Bonjour, messieurs. Quelque chose ne va pas ?" ai-je demandé.

Après une courte présentation, ils se sont invités à l'intérieur. Je les ai laissés rentrer, sans être sûre de ce qu'ils cherchaient, mais étant convaincue qu'ils ne trouveraient rien. J'ai supposé qu'ils avaient fait une erreur, et j'ai été encore plus surprise quand ils ont commencé à me poser un tas de questions.

"Connaissez-vous quelqu'un du nom de Silence Madison ?"

J'étais perplexe, complètement déconcertée. "J'ai bien peur que non... Pourquoi ?"

"Nous avons trouvé une série de messages qui vous étaient destinés dans son téléphone. Nous avons vu seulement une réponse de votre part." Le plus jeune officier a sorti une liste imprimée des messages que j'avais reçus, suivis de ma réponse ivre.

La réalité a commencé à me rattraper quand le plus vieil officier m'a demandé : "Avez-vous reçu ces messages ?"

"Oui..." ai-je répondu. J'ai rapidement ajouté : "Mais ils venaient d'un numéro inconnu. Je pensais qu'ils étaient de mon ancien compagnon."

"Et c'est pour ça que vous avez envoyé cette réponse ?"

Je transpirais nerveusement. "Eh bien... Ouais. J'ai pensé que ça l'arrêterait." Je n'ai pas pu me taire : "J'avais un peu bu, donc peut-être que ce n'était pas la meilleure décision..."

Le plus jeune officier est sorti pendant que le plus vieux a soupiré. "Il semble y avoir eu un accident plutôt malheureux."

"Qu'est-ce que vous voulez dire ?"

Il a pris une grande respiration, et a ouvert sa bouche...


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Silence avait eu une première année très difficile à l'université.
Les cours étaient durs. Ce n'était pas fait pour elle. Sa vie était un mélange de stress et de papiers. Et, juste quand elle pensait que ça ne pouvait pas être pire, sa meilleure amie depuis l'enfance, Raquel Wagner, a perdu la vie dans un accident de voiture. Elle était morte sur le coup.
Silence s'est refermée sur elle-même, pendant que le semestre continuait. Sa famille et ses amis ont pleuré la perte de Raquel, bien sûr, mais ils ont continué leur vie, comme les gens ont coutume de faire. Silence, d'un autre côté, ne pouvait pas se résoudre à oublier son amie.
Elle a essayé de faire avec, vraiment, elle a essayé. Elle sortait, elle essayait d'avoir l'air heureuse quand elle allait en cours. Mais elle a doucement sombré dans une obscurité qui semblait inévitable.
Et quand cette obscurité était vraiment épaisse, suffocante, insupportable... Elle envoyait des messages à l'ancien numéro de Raquel. Un geste inutile, mais parfois ça lui apportait du réconfort.
Et à l'anniversaire de la mort de Raquel, quand elle était au plus bas, elle a finalement eu une réponse.


"Si tu veux venir me voir, alors pourquoi tu ne le fais pas ? Tu sais où me trouver."


Elle a essayé d'appeler, mais elle ne tombait même pas sur le répondeur - parce que je ne l'avais jamais configuré.
Donc elle a fait la seule chose logique qu'elle pouvait faire. Elle est allée chercher le cutter qu'elle avait pris au travail, et elle s'est ouvert les veines.


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J'ai fait une terrible erreur cette nuit-là, une erreur qui a mis fin à la vie de quelqu'un qui luttait désespérément.
Son père m'a pardonnée, mais, peu importe combien de fois je me suis excusée, sa mère n'avait rien d'autre que de la haine envers moi. Je comprenais ça. Pour elle, j'avais été le coup de grâce pour sa fille. La police m'a répété encore et encore que Silence a mis fin à sa vie d'elle-même et que je n'étais pas à blâmer. Mais au fond de moi, la culpabilité grandissait comme une mauvaise herbe que je ne pouvais pas déraciner.

L'année a été longue et dure.
J'ai réussi à me remettre sur pieds et à continuer ma vie, même si la mort de Silence s'accrochait à moi comme une ombre. Peu importe ce que je faisais, je ne pouvais juste pas l'oublier, quel que soit le temps qui me séparait de cet incident.

Hier, c'était son anniversaire. J'ai fait de mon mieux pour passer cette journée, faisant semblant de ne jamais avoir entendu ce nom, de ne jamais avoir entendu cette histoire.

Ça allait, jusque 22h cette nuit, quand j'ai reçu un message. Un message du numéro que j'avais désespérément essayé d'oublier pendant la totalité de l'année.

"Merci !"






 Traduction : RedRaven

Creepypasta originale ici.

samedi 21 mai 2016

Court message

Je ne sais pas pourquoi, depuis quelque temps, dès que j
’écris quelque chose à l'ordi, ça me
coupe les phrases voire même les mots. Comme là maint
enant. C'est peut-être un bug ou que
lque chose ? V
raiment, c'est énervant. Ça a co
mmencé depuis quelques jours après que l'ordi
s'est éteint sans raison. Ça m'a semblé bizarre, mais pas
de problèmes apparem
ment. D'ailleurs, to
us les appareils électroniqu
es de la maison n’arr
êtent pas de deconner... Si
vous savez ce que c'est, svp me le faire savoir.



jeudi 19 mai 2016

Zozo

À chaque rencontre signalée avec l'entité connue sous le nom de Zozo, il n'y a qu'un seul mot qui revienne : ténèbres. Communiquer avec Zozo à l'aide d'une table Ouija signifie inviter une force démoniaque à entrer dans votre vie. Mais qui est vraiment Zozo ? Et pourquoi a-t-il terrorisé des milliers de personnes à travers le monde ? J'ai bien peur que ce ne soit pas une question simple.

Le premier cas connu s'est produit en 1816, quand une jeune fille, en Picardie, a été victime d'une sévère possession démoniaque (selon le Dictionnaire infernal, publié en 1818 par Jacques Collin de Plancy). Elle est devenue l'hôte de plusieurs démons, dont l'un d'eux était le mystérieux Zozo.

Plus tard, lorsque les tables Ouija sont entrées dans la culture populaire durant le 20ème siècle, les histoires concernant Zozo ont commencé à affluer, avec de nombreuses légendes à propos de "l'esprit du Ouija", celui qui dévore les âmes et change les vies.


Zozo semble être une entité complexe. Dans la plupart des histoires, il est de prime abord amical, se présentant parfois sous un autre nom. Parfois, il apparaît au milieu d'une conversation avec un autre esprit et interrompt l'échange.

La planchette effectue d'étranges figures, telles que des huit ou des "Z inversés", et les réponses deviennent répétitives. Mais ça ne prend pas longtemps pour qu'une rencontre avec Zozo prenne une tournure effroyablement négative.

Il est difficile de dire quelles histoires parlant de Zozo sont authentiques et lesquelles ne sont rien de plus que des légendes urbaines. Certaines parlent de meurtres et de suicides, tandis que d'autres impliquent des cas de possessions, des blessures, des injures, des malédictions et d'autres phénomènes habituellement liés aux forces démoniaques. Certains ont même déclaré que Zozo s'était attaché à eux ou à leur famille, comme un démon parasite.

Ce qui suit est un recueil d'histoires en rapport avec Zozo, qui sont apparues à travers internet. Peut-être qu'elles vous donneront une meilleure idée de l'effet produit lors de l'invocation du démon Ouija dans votre vie. Suivez les liens pour en savoir plus.




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En 2012, une utilisatrice de Ghost-space.com (désormais inaccessible, mais peut être trouvé ici) a partagé son histoire d'une rencontre avec un esprit Ouija suspect. Son amie était en train de poser des questions à la planche à propos de son père, mort récemment, auxquelles elle a répondu correctement.

Ensuite, la planche a, sans prévenir, tourné son attention vers sa mère.

Là encore, la planche semblait avoir une connaissance surnaturelle de ses parents. "On était toutes les deux en larmes", a-t-elle écrit. Juste après, ce qui semblait être un nouvel esprit a fait irruption. Elles ont demandé qui il ou elle était, et la réponse fut effrayante : "La goutte faisait O Z O Z O Z O Z O. Nous l'avons appelé Oz. Nous lui avons demandé d'éteindre une bougie pour prouver sa présence, et avant d'avoir fini la phrase, la bougie était éteinte. "

L'étrange présence savait également l'heure exacte lorsqu'on la lui demandait. Toutefois, elle a plus tard révélé une effrayante vérité - elle était là pendant toute la séance, se faisant passer pour le père et la mère de son amie, répondant correctement aux questions en lisant dans leurs esprits.
 

Elles ont immédiatement rangé la table de Ouija lorsque l'esprit a commencé à les maudire. Elles ne voulaient rien de plus venant de ce "Oz". Malheureusement, lorsqu'elles ont réutilisé la planche quelques semaines plus tard, pensant que le pire était passé, elles ont à nouveau rencontré Oz. "Il était vulgaire, nous maudissait, disait des choses étranges", s'est-elle souvenue. Depuis ce jour, ils semblaient ne vivre rien d'autre que de mauvaises expériences et de la malchance.

Ce n'est que quand elles se sont décidées à rechercher des cas similaires au leur sur Internet qu'elles ont appris l'existence de l'ignoble démon du Ouija. "Oz" était-il en réalité le malveillant Zozo ?



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Une autre internaute - ce témoignage a été trouvé en parcourant le toujours fiable Yahoo Answers - , a partagé sa propre expérience avec cet affreux démon. Elle était en train d'utiliser sa planche Ouija avec une amie, un samedi soir, à la lueur d'une bougie rouge, quand l'esprit à qui elles étaient en train de parler a dit qu'il s'appelait Zozo. À ce moment précis, son amie a commencé à se plaindre d'une terrible migraine.

Les choses ont empiré à partir de ce moment-là.

"Cette nuit, elle a eu une crise de somnambulisme... dans la chambre de ma sœur. Elle a commencé à dire des choses incompréhensibles, a hurlé 'ROUGE !', avant de quitter la pièce. Pendant une bonne demi-heure, elle avait tout simplement disparu, impossible de la retrouver."

Ils ont retourné la maison de fond en comble pour la trouver. Chaque pièce de la maison. Quand la personne qui a posté ce message a finalement laissé tomber et a vérifié sa propre chambre une dernière fois, étrangement, son amie était là. Zozo était-il en train de jouer un mauvais tour, ou pire - avait-il pris possession de cette personne ?



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Une histoire postée sur Your ghost stories en 2012, nous renvoie à une autre expérience terrifiante.
L’auteur, appelée April, avait déjà lu des histoires parlant de Zozo, mais n’y croyait pas. Comme vous allez le voir, elle n'est pas restée incrédule bien longtemps.


Elle venait de déménager avec sa sœur et pour fêter ça, elles avaient invité quelques amis. Après un moment, ils avaient décidé de s’amuser avec une planche Ouija, pour poser quelques questions à propos de l’au-delà et peut-être en savoir plus sur leur futur. Tout allait bien jusque-là, ce n’était qu’un jeu.

Ils ont placé la planche sur la table et ont disposé leurs mains sur la goutte. "Est-ce qu’il y a quelqu’un ?" a demandé April. La planche a répondu "oui". Quand ils lui ont demandé de révéler son nom, la goutte a glissé vers le Z, puis vers le O. D’avant en arrière. Z-O-Z-O-Z-O. Ils ont alors demandé à l’esprit ce qu’il désirait.

Il a répondu "Elle".


Quand ils ont demandé ce qu’il voulait dire par là, il a épelé le nom d’une de leurs amies – "J’étais terrifiée", d'après April – et a ensuite commencé à réécrire son propre nom. Z O Z O. L’une de leurs amies commençait à s’énerver à cause de ces réponses répétitives, et a décidé de provoquer l’esprit en l’insultant. "C’est là que les choses ont mal tourné", selon le témoignage d'April.
La goutte "commençait à se réchauffer" sous leurs doigts. L’esprit a commencé à épeler un autre mot. M A M A. Ils ont alors ressenti une présence dans la pièce. 


L’atmosphère était lourde. Quelque chose n’allait pas. "Je ne me sentais pas 'moi-même' ", se souvient April. "J'avais la sensation que quelque chose était en moi."

Elle ne ressentait rien d’autre que de la colère et de la haine, et commençait à rire et à pleurer. C’est là qu’ils ont décidé d’interrompre la session de Ouija, à cause des étranges sentiments qui les traversaient.
 


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Un homme appelé Darren venant de Tulsa, en Oklahoma (Etats-Unis), a partagé son histoire le 24 mars 2009 sur le site True ghost tales. Il était depuis longtemps fasciné par l’occulte, en particulier par les planches Ouija, et avait déjà vécu de nombreux phénomènes étranges. Zozo le fascinait par "sa façon d'apparaitre de façon imprévisible, dans des lieux très différents et par le biais de nombreuses planches Ouija différentes". Il semblait que l'entité puisse être rencontrée n'importe où.

Darren a raconté une rencontre en particulier avec Zozo, qui était "extrêmement malsaine". Il était entré dans sa salle de bain, pour y trouver sa fille d'un an presque morte noyée. Elle avait été laissée laissée seule par sa mère et "d’une manière ou d’une autre, le robinet avait été ouvert et l'eau coulait à flots." Personne n’avait physiquement touché le robinet.

Le jour suivant, elle a été hospitalisée "pour une étrange infection interne" et a été mise en quarantaine. "On a failli la perdre", se remémore Darren. "Et c’est là que j’ai commencé à suspecter une attaque démoniaque".
Les rencontres fréquentes de Darren avec le démon Zozo étaient-elles ce qui avait mis la vie de sa fille en danger ? Ou l’utilisation solitaire de la planche Ouija suffisait-elle à provoquer ces terribles incidents ?



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Cet extrait trouve son origine sur le blog d'un expert en paranormal, Darren Evans, qui a passé de nombreuses années à faire des recherches sur le phénomène Zozo. Si vous voulez lire plus d’expériences sur Zozo, je vous recommande d’aller y jeter un œil.
 
« Il y avait un esprit qui disait être celui d’un petit garçon. Nous avons également parlé à quelques autres esprits sur la planche avant qu’un autre se présente sous le nom de Oz. J'ai supposé que c'était des initiales puisque je n’ai pas souvenir d’esprits qui donnaient leur nom complet, seulement des initiales. Quoi qu’il en soit, il n’était pas amusant et foncièrement mauvais. Chaque fois qu’on essayait de communiquer avec un autre esprit amical, Oz revenait toujours à la charge et s'imposait à leur place, comme s’il était bien plus fort que les autres. Quand une question le mettait en colère, la goutte bougeait frénétiquement sur la planche en faisant des 8. Il était juste méchant. Une nuit, nous avons insulté, avons posé des questions mesquines et agi méchamment à notre tour. C’était amusant au début, mais ça a vite dégénéré.
 
Nous avons commencé à nous demander si nous devions continuer ou pas, parce que certains commençaient à avoir peur. Nous avons finalement résolu de nous débarrasser de la planche Ouija. Nous l’avons jetée, et rien d’étrange n’est arrivé par la suite. 


Je ne suis pas sûr de vraiment y croire, mais c’était une expérience troublante. Bien qu'ayant beaucoup parlé de cette nuit, je suis resté effrayé pendant facilement quelques jours. Je ne peux pas me rappeler de ce qu’a dit Oz ce jour-là, bordel ça fait bien 20 ans que c’est arrivé. Mais c'était loin d'être des choses gentilles ! »


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Zozo est-il un démon ? Bon, je suppose que votre première question serait plutôt "Zozo est-il seulement réel ?" À partir de maintenant je devrais plutôt me concentrer sur les histoires racontées et laisser le scepticisme aux autres.

Il faut dire que tout le monde n'est pas d'accord sur le fait que Zozo soit un démon. Il y a une théorie qui dit que Zozo n’est en fait rien d’autre qu’un mauvais esprit prétendant être un démon. Après tout, il n’y a pas de raison de croire que les fantômes et autres entités étranges se doivent de dire la vérité. Ils n’ont pas à suivre de règles.

Et voilà quelque chose de vraiment étrange – dans la plupart des contacts avec Zozo, la goutte sur la planche Ouija fait un mouvement répétitif à travers l’alphabet, du Z au O, d’avant en arrière, sans arrêt, comme déjà décrit ci-dessus. Mais ça pourrait être un problème pour ceux qui utilisent une planche Ouija.
Vous voyez, il est dit qu’on ne devrait pas parcourir l’alphabet à l’envers (ni les nombres) sur une table Ouija. Pourquoi ? Parce que le faire est une méthode que les démons et les mauvais esprits utilisent pour ouvrir des portails vers notre monde. Le nom « Zozo » pourrait-il être une ruse ?



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En passant en revue ces témoignages, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à une dernière possibilité : Zozo pourrait-il être un tulpa ? Une expérience partagée ? Comme la Philip Experiment, à plus grande échelle, ou bien comme les innombrables histoires à propos du Slenderman, Zozo pourrait bien être notre propre création.

Mais cela le rendrait-il pour autant moins réel ?

Je demande donc : avez-vous déjà utilisé une planche Ouija ? Ou rencontré l’entité connue sous le nom de Zozo ? Je ne m’en suis personnellement jamais servi. J’ai un vieux porte-clés en forme de planche Ouija, mais je doute que ce soit une porte ouverte aux esprits, encore moins pour un démon.
Je ne suis pas sûr d’y croire, et vous ?








Traduction : Clint

Texte original ici

mardi 17 mai 2016

Maintenant, il dort

Il dort, enfin. La soirée aura été longue. Ai-je été comme ça moi aussi, quand j'avais trois ans ? Je ne crois pas que je protestais autant pour aller dormir. Une vraie scène ; des cris et des pleurs... Maintenant il s'est enfin tu. Il dort profondément, il ne bouge même plus. Je savoure le silence enfin revenu. Il sert contre lui son doudou : cette peluche en forme de singe. Je ne comprends pas pourquoi celle-là... Dans sa chambre, il y a de si belles peluches, douces et gentilles. Mais il a préféré ce singe, que je ne supporte pas.

J'ai l'impression qu'il se moque de moi. Je le prends d'entre les petites mains qui ne résistent pas, et le regarde. Tu ne te moqueras plus jamais de moi, le singe. J'ai envie de brûler cette peluche qui continue à me regarder d'un air narquois. Comme s'il pouvait faire quelque chose.

Non le singe, tu ne peux rien faire. Tu n'es qu'un spectateur, ne sois pas hypocrite, tu as subi autant que moi ses crises de colère et ses pleurs incessants... Voilà que je me mets à parler à une peluche. Je remarque une tache sombre sur son pull.

C'est parce que l'enfant l'avait dans les bras quand il a enfin arrêté de pleurer. De bouger. Il faudrait la laver, mais de toute façon il y a aussi du sang plein les draps. Il bougeait beaucoup trop pour que je fasse ça proprement.
Je sors de la chambre. Je crois que je vais appeler mon amie et lui dire qu'elle avait raison. Je n'étais pas faite pour être mère.




dimanche 15 mai 2016

Coincé dehors

J'avais joué aux jeux vidéos toute la journée enfermé dans ma chambre et j'étais sorti prendre l'air. J'ai ouvert ma porte pour descendre les escaliers. Toute la famille était assise dans le canapé à regarder la télé d'un air vide.
Je suis passé rapidement pour sortir dans le jardin par la porte de derrière, pour fumer ma clope.

J'étais assis sur les marches et il me restait à peine quelques taffes, quand j'ai entendu la porte se claquer suivie du bruit du verrou. Je me suis relevé et j'ai tourné la tête : ma mère se tenait derrière la porte. J'ai commencé à rigoler et je lui ai demandé ce qu'elle faisait. Elle me regardait droit dans les yeux sans rien dire. J'ai arrêté de sourire quand je lui ai de nouveau demandé pourquoi elle m'avait enfermé dehors.
Elle est restée immobile, le visage dénué d'émotions.

J'ai fini ma cigarette et j'ai jeté le mégot. J'ai essayé d'ouvrir la porte et de jouer avec la poignée : j'étais vraiment enfermé. Je lui ai demandé de m'ouvrir, et c'est là que j'ai vu mon père et ma sœur se tenir derrière ma mère, tout aussi neutres et immobiles, le regard fixe.
Là j'ai commencé à frapper la porte, j'ai hurlé que si c'était une blague ce n'était vraiment plus drôle.
Ils ont continué à m'observer.
Je me suis dit que la porte de devant était ouverte.
J'ai sauté par dessus la barrière, et sprinté vers l'avant de la maison avant qu'ils ne ferment aussi ce verrou. 

J'ai failli me faire écraser par une voiture qui se garait.
C'était celle de mon père et tout le monde était dedans.

Je me suis rappelé que j'étais seul à la maison.



Traduction : Treize

Texte original ici

vendredi 13 mai 2016

Intuitions

 Je voudrais partager le fruit d’une expérience personnelle. Comme avertissement j’aimerais dire que ce que j’ai découvert m’a beaucoup ébranlé, et encore le mot est faible.


En guise d’introduction, et parce que j’ai le sentiment que c’est nécessaire, je vais vous parler un peu de moi.
J’ai toujours été quelqu’un d’intuitif. Je pense que tout le monde a de l’intuition mais qu’elle est plus forte chez certaines personnes. Il m’est arrivé plusieurs fois dans ma vie d’être poussé à faire quelque chose sans raison apparente. Je ne sais pas vraiment comment expliquer ce phénomène, n’étant pas sûr de le comprendre moi-même. Disons que plusieurs fois, face à un choix par exemple, quelque chose d’irrationnel m’a poussé dans une direction plutôt qu’une autre et que ça a été bénéfique pour moi. Par ailleurs, je cerne assez vite les personnes que j’ai en face de moi, ma première impression est très souvent la bonne. Ce qui m’est très utile car je ressens quand une personne, un inconnu que je croise, est un danger.


Je peux également sentir les choses. Pas toujours, évidemment, mais cela m’arrive régulièrement. Pour vous donner un exemple je vais vous parler de ce qui m’est arrivé quand j’étais à l’université il y a quelques années. J’avais une matière où nous devions tous passer devant le reste de la promo pour un oral. La première séance nous nous étions vus attribuer ces exposés, nous savions donc à quelle date nous passerions. Mon tour approchait, et comme à mon habitude j’attendais la dernière minute pour effectuer mon devoir. Toute la semaine précédant mon passage à l’oral, j’ai ressenti quelque chose. Quelque chose que je n’arrivais pas à cerner, à comprendre. La veille de mon passage devant toute la classe, j’ai arrêté tout net de travailler, je SAVAIS que ce n’était pas nécessaire, que j’avais le temps de finir mon exposé plus tard. Le lendemain, mon devoir à peine commencé, je me suis rendu en cours comme d’habitude. Je me suis installé dans la salle, la moitié de ma promo était déjà là. L’heure du début de cours est arrivée, nous avons attendu mais notre professeur n’est jamais arrivé. Un membre du secrétariat est venu nous dire qu’il était absent.
Vous vous dites sûrement que j’ai eu de la chance, et c’est aussi ce que j’ai pensé sur le moment. Seulement voilà, ce n’était pas la première fois que ce genre de chose m’arrivait et ce n’était pas non plus la dernière.


Il y a quelques années et de façon très ponctuelle j’ai commencé à faire ce qu’on peut appeler des rêves prémonitoires. C’était sur des choses très banales, un objet, un animal que j’allais croiser dans la journée. Une fois, j’ai rêvé que j’avais une douleur, comme une torsion au niveau du flanc. Je me suis réveillé et la souffrance s’était évaporée. J'ai croisé ma mère et mon frère dans la matinée, et mon frère s'est plaint d’avoir mal quelque part. Je lui ai demandé ce qu'il avait, et il m’a décrit exactement ce que quelques instants plus tôt j’avais vécu en rêve. La même douleur, à l’exact même endroit. Ce n’était peut-être qu’une coïncidence mais c’était tout de même frappant.


Ce que je vivais n’avait rien d’extraordinaire non plus, je n’avais jamais prédit un accident par exemple. Mais cela me trottait dans la tête et je me suis mis à faire des recherches sur l’intuition et les rêves prémonitoires. J’ai développé une véritable fascination. Sur internet j’ai trouvé des exercices, des rituels, pour accroître son intuition et favoriser les rêves prémonitoires. Vous pouvez chercher, ça se trouve très facilement. Il y en a un qui revient très souvent avec une rose blanche à la pleine lune par exemple.


Toutes les recommandations que j’ai pu trouver ne marchaient pas à tous les coups. Mais plus le temps passait plus je sentais que mes intuitions devenaient plus fortes, plus justes. J’ai commencé à faire de plus en plus de rêves prémonitoires. Au début c’étaient encore des choses futiles, sans grande importance, mais de voir que je voyais juste pendant mon sommeil m’a encouragé à continuer mes expériences de méditation, de rituels etc.


Et puis un jour, j’ai rêvé que ma petite sœur avait un accident de voiture. J’avais l’heure et le lieu exacts. Seulement j’étais très loin de l’endroit. Je l’ai appelée pour la prévenir, lui dire qu’elle devait faire attention. Elle ne m’a pas cru. Ma famille n’a jamais été très réceptive à ce qui m’arrivait, elle prenait tout ça pour de la chance ou des coïncidences.


Ma sœur a eu son accident. Exactement à l’heure et l’endroit auxquels j’avais rêvé. Heureusement ce n’était pas très grave, du moins pour elle. Cependant elle avait renversé un piéton. Elle n’aurait pas pu l’éviter car il sortait littéralement de nulle part et avait traversé la chaussée sans regarder et comme un dératé. C’était un jeune homme. Il avait survécu mais avec de graves blessures. Aujourd’hui il est sûrement parfaitement remis, mais ma sœur est toujours autant traumatisée, elle ne conduit plus depuis ce jour et refuse de me parler. Je ne sais pas si c’est parce qu’elle culpabilise de ne pas m’avoir écouté ou si c’est parce qu’elle a peur de mes compétences. Les gens sont parfois effrayés par leur avenir et ne veulent absolument pas savoir ce qu’il leur réserve.


J’ai ensuite vu en rêve des choses plus graves, j’ai vu la mort d’un de mes proches. Quand celle-ci s’est réalisée, j’ai failli arrêter tous les exercices et rituels que j’avais pris l’habitude de faire pour de bon. D’ailleurs j’ai effectivement arrêté tout ça pendant trois ans et mes rêves sont devenus beaucoup moins fréquents. Puis la tentation et la fascination sont revenues et j’ai recommencé.


Il y a quelques mois j’ai réalisé un de mes plus grands rêves : un grand voyage à travers l’Asie. J’y suis allé avec un bon ami à moi, passionné également par le pouvoir de l’esprit, sans jamais toutefois s’être laissé tenter par le genre d’expériences et de rituels que j’avais pu effectuer. Mais il était très ouvert, et m’écoutait toujours avec grande attention quand je lui rapportais mes découvertes.


En Inde, alors que nous étions dans un bar en train justement de parler, sûrement un peu trop fort, de l’intuition et des rêves, un homme est venu nous accoster. Il nous a révélé qu’il avait entendu notre conversation et affirmé qu’il pouvait nous conduire à une personne spécialisée dans ce genre de phénomènes. Mon ami n’était pas très convaincu, il était méfiant. En temps normal je l’aurais été aussi mais quelque chose me poussait à suivre cet homme. C’est bien la seule fois de ma vie, où je n’aurais vraiment pas dû suivre mon intuition.


Nous avons suivi l’inconnu. Je m’attendais à ce qu’il nous amène dans un vieux taudis où une vieille femme nous lirait les lignes de la main et essaierait de nous vendre quelque mixture étrange pour trouver le bonheur. Au lieu de ça, nous sommes allés dans un appartement tout ce qu’il y avait de plus banal. La personne qui vivait là devait être quelqu’un d’aisé. Un homme est venu à notre rencontre. Il était habillé en costume, j’ai pensé qu’il rentrait du travail. L’homme qui nous a accostés et l’homme au costume ont échangé quelques instants en hindi. L’homme en costume s’est ensuite adressé à nous, et l’autre s’est retiré. Il nous a affirmé qu’il connaissait une technique très ancienne, qu’il tenait de ses ancêtres, pour ouvrir nos esprits, décupler notre intuition et obtenir en rêve la réponse à une question sur notre avenir. Mais pas n’importe quelle question, celle qui nous obsédait le plus, même inconsciemment. Je dois dire que sur le moment je n’avais pas vraiment de grande question à laquelle je cherchais désespérément une réponse mais je me suis prêté au jeu. Mon ami n’a pas voulu.


L’homme en costume m’a alors donné de l’encens. Il m’a expliqué que c’était un mélange de plusieurs plantes et notamment de jasmin qui était très bon pour ce genre de rêves sur l’avenir. Il m’a également donné une petite feuille où figurait un genre de prière, écrite en phonétique. Je devais répéter cela trois fois avant de m’endormir. Évidemment nous avons dû lui payer une certaine somme, mais j’ai trouvé que cela restait raisonnable. J’avais également l’interdiction de partager cette prière avec qui que ce soit. Sur le moment j’ai pensé que c’était pour protéger son commerce. J’ai promis et mon ami et moi sommes repartis d’où nous étions venus.


Nous sommes rentrés chez nous quelques jours plus tard, et j’ai bien évidemment essayé cette prière. J’ai allumé l’encens, et récité la formule trois fois.


Pendant mon sommeil, j’ai eu une réponse à une question que j’avais réussi à refouler. Une question qui avait pourri une bonne partie de mon adolescence. Elle m’avait déclenché de violentes crises d’angoisse et une peur constante. Puis un jour, ça avait fini par passer, doucement mais sûrement. Seulement, cette fichue prière avait ramené cette question. Car cette interrogation avait toujours été là, quelque part dans mon subconscient ou mon inconscient, bref, quelque part dans mon esprit.


Cette nuit-là, donc, il y a exactement quatre mois, j’ai fait un rêve incroyablement réaliste. C’était d’abord une suite de plusieurs flashes. J’ai vu une amie d’enfance hurler, elle était couverte de sang. Elle se trouvait dans un couloir de métro. Puis j’ai entendu une détonation assourdissante, et de nouveau des cris. S'en est suivi un autre flash, où j'étais mourant, avec ma famille à mon chevet. Les médecins disaient qu’ils n’avaient rien pu faire face à un cancer foudroyant. Sans transition, je me suis ensuite vu au cœur d’une émeute très violente, à Paris. Des gens crachaient leur colère et jetaient des projectiles sur les forces de l’ordre qui ripostaient à leur tour. On était en 2018. Puis soudainement je me suis retrouvé à Los Angeles, j’avais un journal à la main, on était le 3 mai 2019, quand soudain la terre s’est mise à trembler violemment. J’ai vu ensuite Venise sous les eaux, en fond sonore j’entendais un journaliste dire que nous étions en 2026.


Les flashs ont continué, je voyais des personnes qui me sont proches mourir soit de maladie, soit à cause de catastrophes naturelles, soit de manière violente à la suite d’agressions. Mais le plus frustrant c’est que pour ces flashs-là, je n’avais aucunes indications de temps ou de lieux.


Puis tout est soudainement devenu noir. J’ai alors entendu une voix, désincarnée. Elle parlait d’un ton monocorde. Elle n’a dit que quelques mots, gravés à jamais dans ma mémoire :


« Notre ère touche à sa fin, notre civilisation a dépassé depuis longtemps son apogée »


Puis il y a eu un long silence, je ne sentais ni ne voyais plus rien. Alors que je pensais me réveiller, la voix a dit une dernière chose, et puis je me suis réveillé.


Pendant mon adolescence, les guerres, la violence, les attentats m’obsédaient, me terrifiaient. J’avais constamment peur de l’avenir, j’avais développé cette peur irrationnelle de la fin du monde. Grâce à mes proches qui avaient su me raisonner, j’avais refoulé cette idée farfelue.


Mais aujourd’hui, je SAIS. Je sais que ma peur n’était pas si irrationnelle que ça. Même si je sais que ce n’est pas réellement la fin du monde qui nous attend mais la chute de notre civilisation. Je me suis réveillé avec la certitude d’être devant une vérité indiscutable : dans les prochaines années, la violence va s’accroître, il y aura plus de malades et plus de catastrophes naturelles. L’humanité ne s’éteindra pas, l’Homme s’adaptera comme il l’a toujours fait mais il faudra tout reconstruire. L’ordre que nous connaissons aura disparu.


Tout ça va aller très vite. Je n’ai pas de date, pas de fourchette, mais il suffit de regarder autour de vous. Les signes sont déjà là. Écoutez les informations, voyez comme la violence grandit, comme la peur devient petit à petit notre quotidien. Voyez le nombre de catastrophes naturelles chaque année. Voyez la montée de l’insatisfaction générale, l’épuisement des ressources, la disparition des espèces, des forêts, de la barrière de corail…


Ce rêve m’a terrifié, parce que je sais que c’était plus que ça. C’était la vérité, je le sais et le ressens au plus profond de moi. Mais le plus angoissant, c’est cette dernière phrase que la voix a prononcée avant que je me réveille:


«Vous êtes seuls, plus personne ne veille sur vous. »





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mercredi 11 mai 2016

Hello Kitty


Qui ne connaît pas Hello Kitty, cette adorable chatte, dépourvue de bouche, et toujours coiffée d'un petit ruban rose ? Depuis les années 1970, la petite mascotte kawaï de la société Sanrio accompagne les enfants du monde entier au travers d'une gamme impressionnante de produits dérivés : figurines, peluches, vêtements, cartables, stylos, portes-clés, etc. Certains voient dans son visage muet une amie idéale, qui écoute plutôt qu'elle ne bavarde, et s'adapte aux émotions de son interlocuteur, triste ou joyeux. Plus rares sont ceux que cette anatomie particulière dérangent réellement, avec son regard vide et son absence totale d'expression, qui ne révèle rien de ce qu'elle peut réellement avoir derrière la tête. Cette question a reçu, à Hong Kong, en 1999, la réponse la plus concrète et la plus macabre que l'on pouvait imaginer.

En mai 1999, une jeune fille de quatorze ans, Ah Fong, se rend au commissariat du district de Tsim Sha Tsui, à Hong Kong. Elle affirme devant des policiers incrédules être la victime d'un fantôme vengeur, celui d'une femme du nom de Fan Man-yee, au supplice de laquelle elle aurait assisté. Le spectre hanterait ses cauchemars, la suivrait à chaque instant de sa vie, et serait même apparue chez elle, sous la forme d'un cadavre suspendu par des fils au plafond de son appartement. Inutile de dire que la police est extrêmement sceptique face à cette histoire de revenant et de vengeance d'outre-monde. Pourtant, devant l'insistance et la détresse de l'adolescente, une poignée d'agents acceptent de la suivre jusqu'au 31 Granville Road, un immeuble situé dans l'une des avenues les plus chics du quartier.
Ils découvrent un appartement désert, en très mauvais état, sentant l'humidité, la rouille, et d'autres odeurs difficilement identifiables. Une première découverte leur fait immédiatement comprendre qu'ils sont sur une piste sérieuse : une dent, une simple dent, et de nombreuses traces sombres qui apparaissent, dans la pénombre, de plus en plus clairement, comme du sang séché. Dans le frigo, ils font une trouvaille bien plus macabre encore : un sac dans lequel ont été entassés intestins et entrailles, bouillis. Mais le pire reste à venir. Intrigués par une odeur persistante de décomposition autour d'une énorme peluche sirène Hello Kitty, ils décident de l'ouvrir, et découvrent, sous la tête imposante du personnage phare de Sanrio, une autre tête, écorchée et bouillie elle aussi, celle de Fan Man-yee.

Ah Fong révèle alors toute l'histoire à la police, qui a depuis longtemps laissé de côté son scepticisme des débuts de l'affaire. Fan Man-yee était une prostituée et danseuse de bar de la Romance Villa, une zone de bordels du district de Tsim Sha Tsui. Âgée de 23 ans, orpheline, toxicomane et mère d'un très jeune fils, né d'un précédent mariage s'étant mal terminé, ses seuls soutiens reposaient sur quelques clients réguliers qui l'avaient prise en affection. Parmi eux, Chan Man-lok, 34 ans, commerçant, usurier, tout aussi toxico que Fan, et membre des Triades. 

Fan Man-yee entretient de bonnes relations avec son client, jusqu'au jour où elle a la triste idée de lui dérober son portefeuille, et les 4 000 dollars qui s'y trouvaient. Chan s'en rend compte et demande le remboursement de la somme volée. Fan rembourse. Chan veut plus, il demande 10 000 dollars d’intérêts. Fan saigne ses économies, mais réussit à réunir la somme et à rembourser sa dette. Mais Chan ne s'arrête pas là, il demande encore 16 000 dollars. Fan, complètement ruinée, ne peut plus suivre.
Le 17 mars 1999, Chan Man-lok et deux de ses collègues gangsters, Leung Shing-cho et Leung Wai-lun, enlèvent Fan Man-yee à son domicile et l'emmènent au 31 Granville Road. Leur plan est de la garder séquestrée tout en l'exploitant jusqu'à ce qu'elle ait épongé sa dette. Mais tout ne se passe pas comme prévu. En effet, les trois compagnons sont complètement défoncés au chlorhydrate de méthamphétamine, ce qui les rend particulièrement impulsifs, irréfléchis et violents. Le petit groupe reste cloîtré un mois dans l'appartement exigu. Dès qu'ils s'ennuient ou qu'il n'y a rien à la télé, les kidnappeurs se changent en tortionnaires, battant leur prisonnière à coups de poings et de barre de fer, et l'obligeant, alors qu'elle est martelée de coups, à sourire, à paraître heureuse et à en redemander. Ils la suspendent à un crochet au plafond de l'appartement et continuent de la battre. Ils lui fond couler des gouttes de plastique fondu sur la plante des pieds, et Chan Man-lok a l'idée de faire durer encore leur petit jeu en versant de l'huile pimentée sur les plaies béantes, puis en brûlant complètement les pieds à la flamme d'une bougie. Régulièrement, la petite amie de Chan passe, sur l'invitation de ce dernier, et participe aux jeux de ses camarades. Elle a quatorze ans, et s'appelle Ah Fong. Elle est à la fois complice et victime des tortionnaires, forcée par exemple de déféquer dans la bouche de Fan Man-yee. Surtout, elle ne dira rien malgré sa liberté apparente, en tout cas jusqu'à ce qu'un certain fantôme ne vienne la hanter.
Un matin, Ah Fong, réveillée plus tôt que Chan et sa bande, découvre le cadavre encore chaud de Fan Man-yee dans la salle de bain. Réveillé, Chan Man-lok, après avoir, selon sa petite amie, plongé sa tête dans un grand bol de glaçons afin de se réveiller et d’apaiser les effets de la drogue, décide de se débarrasser du cadavre. Il allonge le corps dans la baignoire et le démembre minutieusement à la scie. Mais bien vite, ce qui aurait pu être un travail efficace bien que macabre, devient un nouveau jeu sadique. Les trois gangsters extraient les intestins du corps de Fan et les fonts bouillir, s'amusant même à faire peur à Ah Fong avec le sac rempli d'entrailles. Ils jettent la tête dans une marmite d'eau bouillante et, l'heure du déjeuner venue, font cuire, dans une autre marmite, un grand plat de nouilles, utilisant la même cuillère pour touiller l'une et l'autre. Une fois la tête à point, Chan, sûrement à nouveau sous l'emprise de la méthamphétamine, la fourre à l’intérieur de la peluche Hello Kitty qui traînait dans un coin et qui avait, depuis plusieurs semaines, assisté, muette, aux supplices de Fan Man-yee. Enfin, le trio jette les jambes et les bras à des chiens errants, qui s'empresseront de les faire disparaître.

Les trois tortionnaires seront condamnés pour homicide involontaire. Les restes étant trop partiels et abîmés pour permettre aux légistes de déterminer précisément la cause de la mort de Man-yee, et celle-ci ayant été reconnue en tant que toxicomane avérée, l'avocat des accusés plaidera le doute quant à une mort potentiellement causée par une overdose plutôt que par les mauvais traitements infligés par Chan et les deux Leung. Ceci n'empêchera pas ces derniers d'être condamnés à vingt ans de réclusion criminelle, non plus que Ah Fong d'être pour toujours hantée par l'ombre vengeresse de Fan Man-yee - peut-être cachée derrière son dernier masque, le visage vide et muet de la chatte Hello Kitty.