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vendredi 12 avril 2019

L'école

Il existe un type d'histoires que tous les enfants connaissent. On les trouve dans des livres pour adolescents à la bibliothèque de l'école, ou dans des séries B américaines. Elles se ressemblent toujours toutes.
Certains jeunes se rendent dans une grande maison abandonnée, en plein milieu de la nuit pour y dormir et se faire peur. La lune brille, et... Vous connaissez le reste. Un loup-garou, un tueur violent avec un crochet à la place du bras ou un fantôme agressif effraie les ados, les tue ou les blesse, d'une façon ou d'une autre.

Paradoxalement, ce sont justement des histoires comme celles-là qui poussent les enfants, peut-être majoritairement des garçons, à faire de telles bêtises. C'était, en tout cas, comme ça que ça s'est passé pour moi. Mais je n’ai en aucun cas trouvé une maison abandonnée, une pleine lune ou un tueur assoiffé de sang. Pour moi, ce fut quelque chose de différent. De plus froid. De plus sombre.
Je venais juste d'avoir quatorze ans. L’air automnal avait peu à peu pénétré la ville. Il y avait une brise agréable et fraîche, qui répandait l'odeur de châtaigniers et de feuilles mortes. Ce jour-là venait de se finir, la respiration des passants formait de minces nuages de buée dans l'air. Trop chaud pour un manteau d'hiver, trop froid pour un simple pull.
 Cette après-midi-là, quand Johan, Jonathan et moi-même sommes sortis, pour « explorer », comme on disait... Je ne me doutais pas que ce jour-là, cette après-midi-là, j'y repenserai chaque jour pour le reste de ma vie. Je me réveillerai d'innombrables nuits avec un cri coincé dans la gorge, le front trempé de gouttes de sueur. Et j'essayerai d'oublier.
Je me souviens de combien la terre était froide sous mes pieds, malgré mes deux paires de chaussettes. Le chemin qui descendait vers « la Cerp » était trempé et glissant, et mes vieilles chaussures de sport usées n'arrangeaient rien.

La Cerp, c'était le surnom du bâtiment en briques rouges, long et étroit, qui se situait tout à la fin d'un petit chemin de gravier, à environ dix minutes à pied de la station d'essence en bordure du village. Le nom « la Cerp » vient de C.C.E.R.P., une abréviation pour « Centre de Collecte Et Recyclage de Papier », qui était autrefois un point de rencontre pour les familles responsables voulant contribuer à un avenir meilleur en recyclant leurs déchets. Maintenant, de hauts arbustes encerclaient le bâtiment, et le chemin qui y menait devenait chaque année de plus en plus étroit, à mesure que la forêt se rapprochait.
Mais notre objectif, ce n'était pas la Cerp. Ce bâtiment n'était pas la raison pour laquelle j'avais dans mon sac une lampe torche et des batteries supplémentaires, ni pour laquelle Jonathan avait commencé à dire: « Euh, les gars, on s'en fout de la Cerp maintenant ou...? »
Ce n'était pas non plus ce pour quoi mon souffle se faisait de plus en plus court, ni ce pour quoi mon ventre se serait.
Derrière la Cerp, le chemin de gravier menait à un versant de montagne de vingt-cinq mètres de haut, une grande barrière grise qui s'élevait jusqu'à une forêt de pins en amont, où la forêt ne cessait de s'étendre. Qu'il y ait une entrée dans le versant de la montagne n'était pas nouveau. Ce qui l'était en revanche, c'était que celle-ci se trouvait à présent être accessible. Nous ne savions pas pourquoi la porte en acier se trouvait là, dans l'énorme montagne, et j'ai par la suite passé de nombreuses heures à parcourir les archives de l'État et les archives municipales à la recherche d'une explication. J'ai fait des recherches sur Google des centaines de fois, attendu des heures au téléphone pour parler avec des administrateurs peu suspicieux. Je n'ai jamais réussi à savoir ce qu'était cette porte, ou ce que j'avais vu à l'intérieur. Et par la suite, je n'y suis jamais retourné.
Mais pour l'heure, la porte était là. Vert foncé, elle semblait peser une tonne. D'aussi loin que je puisse me souvenir, les grosses orties qui la bloquaient avaient été tuées par un petit feu d'herbes, plus tôt en été. Nous avons presque immédiatement commencé à parler d'y entrer. Et oui, c'était quelque chose que nous voulions tous. On aurait dû être dix pour explorer le monde au-delà de la porte, on aurait pu y passer une journée entière sans difficulté. Mais la semaine qui précédait l'aventure, les changements d'avis avaient commencé à tomber. Mes amis ont, les uns après les autres, trouvé des excuses, ont regretté leur choix ou ont juste arrêté de répondre quand on les appelait. Il n'y avait maintenant plus que Johan, Jonathan et moi-même.
Quand j'ai posé la main sur la poignée de la porte, j'ai presque espéré qu'elle soit fermée à clé, mais elle a cédé sans problème. Celle-ci était silencieuse, aucun grincement ne s'est fait entendre à son ouverture. Cependant, sa lourdeur et le bruit de son frottement sur l'herbe donnaient l'impression que la porte, l'entrée même de la montagne, soupirait.
Dès le battant ouvert, une odeur de pierre froide et humide, et d'air renfermé, m'a frappé au visage. Je me souviens encore d’un relent de métallique coincé dans mes narines. L'obscurité à l'intérieur était compacte, et la seule source de lumière provenait de l'ouverture de la porte. Les seules choses que je pouvais voir sur le sol bétonné étaient des papiers dispersés, un journal, des déjections de rat, et...
Mon cœur s'est figé. Quand mon regard s'est posé sur l'objet, j'ai seulement vu deux petits yeux noirs comme du charbon qui me fixaient. Mon corps hésitait entre fuir et en découdre, mais je ne pouvais que rester immobile. Après quelques secondes, mes nerfs se sont apaisés, et j'ai vu qu'il n'y avait rien de vivant qui reposait là, sur le sol. Rien non plus qui avait, un jour, vécu. Un ourson en peluche brun et hirsute, à peu près grand comme un gant, se trouvait là. Il était allongé sur le côté, comme si quelqu'un l'avait jeté ou laissé tomber là. Et maintenant, les yeux d'épingles noirs me fixaient. La bouche, un morceau de tissu rouge-rose, était tordu en un léger sourire, comme si l'ours en peluche me voulait du bien. Ou, peut-être ricanait-il.
Toujours un peu tremblant, j'ai fait quelques pas à l'intérieur. Je pouvais maintenant voir distinctement qu'il s'agissait d'un simple ours en peluche, et même si j'étais un peu dépassé, ce n'était rien qui valait la peine d'y prêter attention. Je refusais cependant de m'en approcher, je ne voulais pas le regarder, ni le toucher. Mon for intérieur hurlait que ce n'était pas normal, que je devais faire demi-tour. Mais j'ai continué.
J'entendais derrière moi les respirations saccadées de mes deux compagnons tandis que j'allumais ma lampe torche. La pièce dans laquelle nous nous tenions maintenant était grande d'environ vingt mètres carré. Contre le mur était placé un gros placard à fusibles sur lequel des tableaux aux cases remplies étaient scotchés, bien que celles-ci étaient illisibles. Une plus petite table ainsi que quelques chaises se tenaient dans un coin. L'air, quant à lui, était froid et humide.
En bas de la pièce, un des murs s'ouvrait sur un passage plus long avec de gros tuyaux au plafond et des murs nus, sans portes. En réalité, je voulais faire demi-tour, mais il était, en même temps, impossible de résister. J'avais l'impression d'être un explorateur qui découvrait courageusement des pays dans lesquels personne n'était encore allé. Je pensais que l'endroit était vide depuis longtemps et qu'il n'y avait aucune raison d'avoir peur. Plus tard, j'apprendrai qu'une seule de ces deux choses était vraie...

Passé le choc de la découverte, et la panique redescendue, j'ai un peu repris confiance en moi, l'idée qu'il s'agissait d'un endroit oublié et immaculé commençant à s’imposer. Nous avons allumé nos lampes torches et entamé l'exploration des tunnels. Je me suis mis à ressentir de l'excitation, et l'impression d'être un explorateur était de retour. Les tunnels étaient sales, il y avait de la moisissure et des excréments de rats, des taches de différentes tailles et de différentes natures. Les murs étaient nus, à l'exception de quelques plaques isolées indiquant « Personnel autorisé seulement » ou « Port de l'équipement de protection obligatoire ».

Les odeurs, ou plus exactement, les puanteurs, variaient. Le plus souvent humides et rocailleuses, parfois plus huileuses. Il régnait constamment une lourde pénombre et un silence de mort. La seule chose que je pouvais entendre était mes amis explorateurs quelque part au loin. Nous nous étions éloignés les uns des autres depuis un moment, mais on s'était dit qu'on se reverrait à l'extérieur.
Avec un sursaut, j'ai tourné le cou, par réflexe. J'étais en train de regarder un calendrier sur le mur quand j'ai cru voir une sorte de petite lumière scintiller au loin, sur ma gauche. Mais non, ça ne pouvait pas être vrai. Ou alors, le faisceau de lumière de ma lampe s'était réfléchi sur quelque chose en verre ou en métal ? J'ai fait quelques pas vers la zone où j'avais vu le rond de lumière, voulant m'assurer que ce n’était rien de bizarre, qu'il y avait une explication rationnelle. Ce n'était vraiment pas une question d'héroïsme téméraire. Mais exactement au moment où la zone a rencontré la lumière de ma lampe torche, cette dernière s'est éteinte dans une clignotement.
 Je n'avais jamais fait l'expérience d'une telle obscurité, d'une telle noirceur. L'atmosphère était si lourde et compacte que j'ai vite perdu la perception de mon corps et de ma position. J'ai lentement enlevé mon sac à dos et l'ai tâté jusqu'à en sentir la fermeture, pour chercher les batteries de secours que j'avais rangées dedans plus tôt dans la journée. Puis j'ai été ébloui par une lumière, et apeuré par un bruit soudain. Un clic électronique assez fort et sec s’est répandu dans la pièce, et par la même occasion, de fortes lumières se sont allumées au plafond. J'ai mis mon bras devant mes yeux pour atténuer la lumière aveuglante bleue et blanche, mon cœur battant la chamade. Le clic bruyant et la lumière m'avaient fait énormément flipper.
J'ai tendu l'oreille. Rien ne se faisait entendre. Il n'y avait ni Johan, ni Jonathan. Aucun autre bruit, si ce n’est le bourdonnement du tube fluorescent au-dessus de moi. Doucement, tout doucement, j'ai retiré ma main tremblante de devant mes yeux.

C'est là que j'ai vu ça. Ce que je vois parfois, encore maintenant, dans mes rêves et quand je ferme les yeux.
Des pupitres. Il y avait des pupitres.
Environ vingt-cinq, alignés, faisant face au mur. Ils ressemblaient à ceux que j'avais en primaire, avec un couvercle et un petit creux où on pouvait mettre des crayons et une gomme, mais ces pupitres-ci étaient quand même différents. Ils avaient l'air anciens. Usés et au bois assombri. À l'avant de la pièce se trouvait une estrade, une partie surélevée où il y avait un bureau d'enseignant et un harmonium.
Je ne pouvais rien faire d'autre que de rester totalement immobile. Mon corps était comme gelé, et mon regard errait à travers la pièce. Il y avait quelque chose de différent ici, par rapport au reste des tunnels. Quelque chose qui faisait battre mon cœur encore plus fort. Le sol était propre. Il n'était pas seulement exempt de détritus, de merdes de rat, de flétrissures humides et de vieux journaux que j'avais vus partout ailleurs dans les tunnels.
Il était propre. Vraiment propre. Même pas poussiéreux ou humide. L’estrade où se trouvaient le bureau et l’harmonium n'était pas non plus sale ou poussiéreuse. Tout était... joliment propre.
 J'ai balayé la pièce du regard. Sur le mur était accroché une rangée de manteaux, principalement des imperméables, mais aussi des manteaux plus épais et plus chauds avec des capuches et des fermetures éclair. Néanmoins, leurs couleurs n'étaient pas aussi claires et vives que les vêtements d'extérieur pour enfants qu'on a l'habitude de voir. Ceux-là avaient l’air ternes, fatigués. Comme s'ils avaient été colorés autrefois mais étaient devenus sombres et graves après des années d'utilisation et des centaines de lavages. Le regard plein d'effroi et les yeux presque larmoyants, j'ai remarqué qu'un écriteau était placé au-dessus de chaque crochet.

Stig. Britt. Eva-Lena. Kjell.
Chaque manteau avait un crochet et chaque crochet avait son propre nom, écrit en lettres désordonnées, dessinées avec des pastels.
Anna. Leif. Birgitta. Gunnar.
Paralysé de terreur, j'ai laissé mon regard glisser vers les rangées de tables, de l'autre côté de la pièce. Je me suis alors à nouveau figé sur place.
Il y avait des dessins accrochés avec des épingles, sur le mur. Des centaines de dessins. Ce n'était cependant pas leur nombre qui m'avait glacé le sang. C'était ce qu'ils représentaient.

Des bonshommes bâtons dessinés au crayon noir. Violemment, comme si quelqu'un avait pressé le crayon contre le papier. Des traits rouges qui ressemblaient à des traînées de sang. Des êtres gigantesques avec les yeux rouge clair et les bras levés. Des bonshommes bâtons qui étaient chassés, qui perdaient leurs bras, leur tête. Qui hurlaient. Malgré le style enfantin et simpliste, je pouvais pratiquement entendre les dessins hurler de douleur et de peur.
Ils avaient tous l'air différents, mais le même thème revenait sans cesse. Sang. Peur. Un effroi indescriptible se dégageait des dessins. Pendant une milliseconde, j'aurais pu jurer que certains regards des bonshommes prenaient vie, qu'ils me regardaient avec des yeux suppliants. Comme s'il y avait quelque chose derrière le mur...

J'ai soudainement entendu un fort bruit de grincement. J'avais l'impression que ce son était celui d'un ongle aiguisé qui me déchirait le long de la colonne vertébrale. J'ai cherché du regard la source du bruit...
Jusqu'à cet instant, j'aurais peut-être pu tout expliquer. Un vieil abri, le tournage d'un film, une société secrète de jeux de rôle. Mais ce que je venais de voir là déjouait toutes les « explications rationnelles ». Un trait blanc était apparu sur le tableau noir. C'était l’origine du bruit que je venais d'entendre. Comme un clou qu'on frotterait lourdement contre le tableau.
Un nouveau trait. Les deux traits se rencontraient au sommet du premier et formaient le début d'un R. Encore un trait. Et encore un. À chaque trait, « l'écriture » s'accélérait et devenait de plus en plus agressive, stressée.
 Le tout a finalement formé deux mots. « RETOURNE-TOI ! »
J'ai à peine eu le temps de réfléchir à ce que j’avais vu que la pièce se retrouvait de nouveau plongée dans le noir. Le tube fluorescent ne bourdonnait plus, mais j'entendais maintenant autre chose. Des bruits de pas. Les bruits de pas de plusieurs pieds légers en provenance des tunnels, comme s'ils couraient dans ma direction. Les bruits se rapprochaient de plus en plus. Ils résonnaient dans la pièce, et j'ai soudainement eu la sensation que les pas étaient juste derrière moi, à seulement quelques centimètres. J'ai reculé, non sans trébucher, vers l'entrée. Un rire s'est fait entendre au loin, ressemblant à celui d'une petite fille. Mais il semblait aussi sombre, distordu. Je me suis retourné et me suis mis à courir, me fichant de la lampe torche et des batteries.
Je n'entendais rien, sinon mon cœur battre dans mes tempes. Bam bam bam.
J'ai fini par apercevoir au loin la lumière de la porte qui se rapprochait de plus en plus, et ai vu en même temps du coin de l'œil une autre lumière lointaine, derrière moi. Davantage de rires fous et distordus. Bam bam bam.
Je me suis précipité comme un taré hors du tunnel, le souffle court. Dehors, l'air était frais, et une petite pluie avait commencé à tomber. Jonathan et Johan étaient chacun assis sur une pierre dans l'herbe et me regardaient avec étonnement. Jonathan rigolait un peu.

Johan m'a demandé pourquoi je courais, et je me suis alors rappelé que la porte était toujours ouverte. Bien que mon corps soit complètement éreinté par la peur, la panique et la fatigue, je me suis redressé et me suis dirigé vers le battant. J'ai posé ma main sur la poignée et, au même moment, je les ai entendues.
Au loin, retentissant entre les murs de béton nus, les notes claires d'un harmonium jouant une mélodie monotone et plaintive.
Je me suis tourné vers Johan et Jonathan, qui m'ont regardé avec des yeux pleins de terreur, confirmant ainsi ce que j'avais perçu. Ils l'avaient, eux aussi, entendue. La porte s'est refermée avec un bruit sourd. Et le son de l'orgue s'est tu.

Traduction : Astrophel

source

lundi 1 avril 2019

Le rituel de l'étranger

Le rituel de l'Étranger semble être assez récent, il a en effet été publié le 29 octobre 2014 sur Creepyasta wiki par un certain « Sylar1610 » (un fan de Heroes, je présume) [NdT : Je précise que ce rituel a depuis été supprimé du site, comme de nombreux autres avant lui, d’ailleurs]. Tout comme pour d'autres jeux similaires (le Jeu de l'hôte, le Racontoqueur, le Jeu de Minuit, etc.), la partie Invocation implique l'utilisation d'une porte, bien que l'on ne sache pas vraiment qui ou quoi est invoqué. Le rituel de l'Étranger est une sorte de "pacte avec le Diable", quoique le démon auquel vous pourriez avoir à faire n'est pas exactement précisé.

Je ne peux pas vraiment, en toute bonne conscience, recommander à quiconque de jouer à des jeux similaires, et encore moins à celui-ci, d'ailleurs. Il est en effet particulièrement déconseillé. Faire du mal aux autres a toujours été un gros NON dans mes récits, et dans bien d'autres histoires aussi. Vous ne jouez pas seulement à vos risques et périls, ici. Vous faites aussi courir des risques à quelqu'un d'autre.


Joueurs :

  • Une personne.
Exigences :
  • Une porte, idéalement faite de bois. La porte doit avoir une serrure, mais elle ne doit avoir ni fenêtre ni judas.
  • Une bougie blanche.
  • Une bougie noire.
  • Un briquet ou des allumettes.
  • Un cadeau. Le cadeau ne doit PAS être un objet de pouvoir ou un quelconque talisman. Il devra en réalité en être le contraire : quelque chose qui n'a aucune connexion de quelque sorte que ce soit avec vous. Achetez donc ce cadeau le jour où vous avez l'intention d'effectuer le rituel. Des friandises ou des bonbons quelconques sont recommandés.
  • Quelque chose pour écrire. Une craie est recommandée.
  • La photographie d'une personne répondant aux spécifications suivantes :
    1. Vous devez avoir pris la photo vous-même.
    2. La photo doit être aussi récente que possible.
    3. La photographie ne doit pas représenter quelqu'un de votre famille.

Instructions :

L'invitation :

  1. Commencez après la tombée de la nuit. Vous pouvez commencer à n'importe quel moment tant que le soleil s'est couché. Cependant, pour obtenir les meilleurs résultats possibles, il est recommandé de commencer en étant le plus proche possible de minuit.
  2. Assurez-vous d'être seul(e) dans le lieu où aura lieu le rituel. Fermez toutes les fenêtres, tirez tous les rideaux, couvrez tous les miroirs et éteignez les lumières. Gardez la photographie sur vous.
  3. Fermez la porte. Avec ce que vous aurez pris pour écrire, inscrivez-y le mot "Étranger".
  4. Placez les deux bougies de chaque côté de la porte (quelle couleur est placée de quel côté n'a aucune importance). Allumez-les avec votre briquet ou vos allumettes.
  5. Placez le cadeau en face de la porte. Si elle s'ouvre vers l'intérieur, assurez-vous également que le cadeau soit suffisamment éloigné pour qu'il ne soit pas touché ou renversé quand la elle s'ouvrira.
  6. Frappez à la porte trois fois.
  7. Attendez.
  • Si vous n’entendez qu'un silence pesant dans la pièce : ne continuez pas. Essuyez le mot inscrit sur la porte, verrouillez-la et soufflez les bougies. Attendez jusqu'au lever du soleil. Après celui-ci, vous pourrez déverrouiller et ouvrir la porte.
  • Si vous entendez trois coups venant de l'autre côté de la porte : vous pouvez continuer. Ouvrez la porte légèrement - pas plus d'un pouce ou deux - mais ne regardez pas à l'extérieur. Après avoir fait ceci, tournez-vous et placez vous dos au battant ainsi qu'à votre cadeau.

L'échange des cadeaux
  1. Derrière vous, la porte s'ouvrira complètement. Vous sentirez alors une présence : cela indique que l'Étranger est arrivé. Ne vous retournez PAS. Ne regardez PAS l'Étranger.
    • Si l'Étranger n'approuve pas votre cadeau : ne poursuivez pas. Ne vous retournez pas. Ne regardez pas l'Étranger. Excusez-vous auprès de celui-ci. Restez où vous êtes jusqu'au lever du soleil.
    • Si, pour une raison quelconque, vous ne souhaitez pas continuer à ce stade : présentez des excuses à l'Étranger et demandez-lui poliment de partir. La porte se fermera, et vous pourrez vous retourner, essuyer le mot inscrit sur celle-ci, la verrouiller et souffler les bougies. Attendez jusqu'au lever du soleil. Ne déverrouillez PAS la porte avant que le soleil ne se lève.
    • S'il approuve votre cadeau: il vous demandera un nom. Regardez votre photo et dites à voix haute le nom de la personne qu'elle représente.
  2. Attendez.
  3. Vous entendrez alors la porte se fermer, et la présence de l'Étranger disparaîtra. Une fois le battant fermé, et la présence évaporée, retournez-vous : votre cadeau ne devrait plus être présent. Essuyez le mot inscrit sur la porte, verrouillez-la et soufflez les bougies. Attendez jusqu'au lever du soleil. Ne déverrouillez PAS la porte avant que le soleil ne se lève.
  4. Brûlez la photo dès que possible. Ne négligez PAS cette étape.

Les résultats :

Gardez un œil sur les rubriques nécrologiques au cours des trois prochains jours. Si vous voyez apparaître le nom que vous avez donné à l'étranger, le rituel peut être considéré comme un succès - dans la mesure où n'importe quel rituel de ce genre peut être considéré comme un succès.




Notes complémentaires :

Tant que vous ne vous retournez pas ou ne regardez pas l'Étranger, vous n'avez pas à le craindre : c'est votre invité, et en tant que tel, il ne vous nuira pas. Cependant, si l'Étranger n'approuve pas votre cadeau ou si vous choisissez d'abandonner le rituel après l'arrivée de l'entité, il est recommandé de ne plus tenter d'accomplir ce rituel dans le futur, plus jamais. L'Étranger serait très mécontent de vous.

Après l'arrivée de l'Étranger, il est impératif que vous ne vous retourniez pas ou ne le regardiez pas. Les conséquences peuvent varier d'une personne à une autre, mais au mieux, l'Étranger ne partira jamais.

Concernant la photographie: n'oubliez PAS de la brûler. Si elle n'a pas été détruite par le feu au moment où la victime meurt... Eh bien, disons que vous ne serez plus en état de garder un œil sur les rubriques nécrologiques.


FAQ du rituel de l'Étranger

Que se passe-t-il si l'on utilise une photo qui ne remplit pas les conditions ?

Cela ne fonctionnera probablement tout simplement pas. Vous voyez la manière dont une fournée cookies ne donnera pas ce que vous voulez en sortant du four si vous omettez l'un des ingrédients lorsque vous les préparez ? C'est la même chose avec les exigences de tout jeu ou rituel.


Que se passe-t-il une fois que l'Étranger est parti avec le cadeau et le nom de la personne ?

Votre environnement va revenir à la normale, même s'il ne faut pas oublier de remplir les instructions qui suivent la rencontre avec lui (effacer le mot, verrouiller la porte, éteindre les bougies, attendre le lever du soleil pour déverrouiller la porte et brûler la photo).


Si j'accomplis le rituel correctement une première fois, puis-je le refaire ?

Vous pouvez toujours essayer de le refaire ; quant à savoir si vous devriez réessayer, c'est une autre question. Je ne le ferais pas, et ça vaut pour tous les jeux de ce genre. À moins que les instructions n'indiquent clairement qu'il est possible de retenter l'expérience, je préfère considérer la plupart de ces jeux comme quelque chose à ne faire qu'une seule fois.
Dans ce cas précis, je ne pense pas que l'Étranger apprécierait qu'on lui demande des faveurs sur une base régulière.


Faut-il rester éveillé toute la nuit ?

À moins que les instructions de quelque jeu que ce soit n'indiquent qu'il faille aller dormir, il est probablement plus sûr de rester éveillé. De cette manière, vous serez conscient de tout ce qui pourrait se produire dans l'espace vous entourant avant que n'arrive le moment où vous serez en sûreté. Cela dit, tant que vous restez dans la pièce avec la porte fermée une fois que l'Étranger est parti, vous devriez rester plus ou moins indemne même si vous vous endormez. Probablement.


C'est donc une sorte de tueur à gage éthéré ?

On peut dire ça.


Combien de temps ça prend pour entendre les trois coups à la porte ?

Si les coups doivent arriver, ils risquent de ne pas arriver instantanément, mais ce sera assez rapide. Vous n'allez pas les attendre une heure ou quoi que ce soit.


Comment savoir si le cadeau n'est pas approuvé ?

Vous le saurez.


Que faire si la porte n'a pas de verrou ?

Ne réalisez pas le rituel. Les instructions stipulent que la porte doit avoir un verrou, donc si ce n'est pas le cas, au mieux, le rituel ne fonctionnera pas, au pire... Eh bien, disons que le verrou est là pour une raison.


Quand vaut-il mieux brûler la photo ? Faut-il attendre le matin, ou est-il possible de la brûler immédiatement après avoir éteint les bougies et effacé le nom ?

Je pense qu'il faut attendre le lever du soleil. J'ai toujours vu cette étape comme étant la dernière, après avoir verrouillé la porte, éteint les bougies, effacé le nom, attendu que le soleil se lève et déverrouillé la porte.


Est-il possible d'utiliser une photo numérique de la personne ? Si oui, suffirait-il de supprimer la photo ou faudrait-il brûler l'appareil sur lequel elle se trouve ?

J'éviterais. La technologie qui pointe son nez là où il ne faut pas a tendance à tout faire foirer. De plus, le rituel spécifie très explicitement que la photographie elle-même doit être détruite par le feu, donc je ne pense pas que la suppression marcherait (ça ignore l'instruction concernant la destruction par le feu), tout comme je ne pense pas que brûler l'appareil fonctionnerait (vous brûlez l'appareil, pas la photo). Les détails comptent.


La photo peut-elle être de soi-même.

Elle pourrait... Mais dans ce cas, vous ne feriez que vous offrir à l'Étranger. Si votre vie a de la valeur à vos yeux, alors ne donnez pas de photographie de vous-même.


Que se passe-t-il si l'on filme le rituel avec une caméra ? Est-il possible de regarder l'Étranger à travers la caméra ?

Non. Même si vous regardez l'Étranger à travers une caméra, c'est toujours lui que vous regardez, ce que l'on vous dit expressément de ne pas faire. Ne le faites pas.
J'éviterais aussi d'amener un quelconque appareil électronique à un rituel, mais c'est juste moi.


Traduction de souls et de Magnosa

Source (et là aussi)

vendredi 29 mars 2019

Exercice d'imagination

Hey, salut !
Comment vas-tu, cher lecteur ? La forme ? Qu'est ce qui t'amène sur ce blog ? Oh, tu veux lire des histoires effrayantes ? Oui, j’imagine bien que c'est pour cette raison que tu t'es connecté à ce site. Bien, bien.
Désolé, mais aujourd'hui, je n'ai aucune histoire à te proposer. En revanche, j'ai un petit exercice qui pourra stimuler ton imagination.
Tu as déjà créé un personnage de jeu vidéo, j'imagine. Tu as personnalisé son corps, ses vêtements, son nom, etc. C'est l'un des passages que je préfère ! Il faut avoir de l'imagination pour ne pas créer un personnage qui soit trop ressemblant à un autre.
Ce que je te propose, aujourd'hui, c'est de créer un monstre de légende urbaine. Je vais t'aider à bien te l'imaginer, en te montrant les bases de la création. Puis tu pourras t'en servir pour créer toi-même ta propre créature ! Top, non ?
On va d'abord commencer par son aspect, d'accord ? De haut en bas.
D'abord, la tête. Généralement, il y a deux types de coiffures qui reviennent lorsqu'on veut rendre quelqu'un effrayant. Soit les cheveux longs qui cachent une partie du visage, soit le crâne totalement chauve. Partons pour la première option, ce qui simplifiera le reste : pas besoin de détails pour les yeux, ni pour le nez. Par contre, il faut penser à quelque chose pour la bouche. Une mâchoire acérée ? Non, trop commun. Un surplus de dents ? Pareil. Et si on ne lui mettait simplement aucune dent dans la bouche ? Juste du vide. L'absence de détails peut être flippante aussi, tu sais. Après tout, n'as-tu jamais vu des représentations de monstres possédant des globes oculaires noirs et vides ? Et bien, là, c'est pareil, mais pour la bouche.
Donc, on récapitule. De grands cheveux qui lui retombent sur le visage, ne laissant apparaître qu'une large bouche édentée, ce qui rend son sourire encore plus terrifiant. Bien, on poursuit avec le corps.
Pour créer le buste de notre monstre, on doit d'abord en définir le sexe. Puisqu'on lui a donné une longue chevelure, on peut partir sur un femme. Du coup, il faudrait se forcer à rendre sa silhouette plus féminine. Nul besoin d’exagérer non plus.
Généralement, les monstres de légendes urbaines, surtout quand il s'agit de femmes, ont un corps très fin et très grand. C'est ce que nous allons faire ici.
Passons donc au bas du corps. Donnons-lui de grandes jambes fines. Pareil pour les hanches.
Pour les bras, même chose que pour les deux points précédents : très longs et fins. Par contre, concernant ses mains , lui donner de grandes griffes paraît bien trop cliché. Mettons-lui des mains normales.
Donc, nouveau récapitulatif : Femme très grande et élancée, avec des cheveux qui lui retombent sur le visage, et une bouche édentée affichant un sourire malsain.
Habillons maintenant notre monstre. Pas besoin de sortir des tenues saugrenues. Des fois, c'est l'histoire qui choisit les habits. Si par exemple, c'est une infirmière psychopathe, il est logique qu'elle soit en tenue d'infirmière. Ici , comme on ne lui a pas encore donné d'histoire, on va l'habiller très simplement. Disons, une simple robe noire rapiécée ?
Pas d'autres signes particuliers. On est ici pour un simple exercice d'imagination, après tout.
Bon, on a imaginé le corps de notre monstre de légende urbaine, et on l'a habillé. Il faut maintenant lui créer une légende, une histoire.
Ce qui marche en ce moment, c'est tout ce qui touche aux nouvelles technologies. C'est la meilleure façon de happer le lecteur. On va donc essayer de passer par cette voie-là.
Comme je l'ai dit, il faut happer le lecteur. Quoi de mieux que de tenter cela au travers d'une activité qu'il exerce très souvent, à savoir regarder des vidéos sur internet ? Et si notre monstre apparaissait dans certaines de celles-ci ? Du genre, la victime regarde le dernier let's play de squeezie, et, d'un coup, PAF : notre monstre lui apparaît à l'écran, affichant son superbe sourire édenté. Ça peut faire son effet, non ?
Bon, c'est bien beau, mais après ? Il faut qu'il y ait une suite à cette apparition. La victime se suicide ? Non, trop cliché. Elle meurt dans les 7 jours suivant ? Non, ça a déjà été fait. Alors quoi ?
Et si notre monstre forçait la victime à devenir comme elle ? Je veux dire, et si le fait de voir le monstre à l'écran forçait l'internaute à s'arracher toutes les dents ? Oui, c'est pas mal ça ! C'est assez en raccord avec notre créature.
Du coup, on a pratiquement fini. On a notre monstre et son histoire. Il lui manque un nom. Les noms américains sont assez courants pour ces personnages. Disons... Betty ?
Passons donc à la phase finale. On va essayer de se l'imaginer :
Betty, une femme très grande et élancée, avec des cheveux qui lui retombent sur le visage, et une bouche édentée affichant un sourire malsain. Elle porte une robe noire rapiécée. Elle apparaît lorsque ses victimes regardent des vidéos sur internet, de façon inopinée et aléatoire. Aucun moyen de prévoir où et quand elle apparaîtra. Elle surgit à l'écran un court instant, souriant à sa victime de sa bouche édentée. Suite à cela, la victime est prise d'un besoin irrépressible d'arracher toutes ses dents, et ce par n'importe quel moyen. Pince, couteau, marteau, tenaille....
Voici donc la légende de Betty l'édentée.
C'est le moment de forcer ton imagination. Relis sa description. Essaie de t'imaginer Betty, de la faire apparaître dans ta tête. Imagine son long corps, et sa tête chevelue. Imagine son sourire édenté. Visualise bien tout ça dans ta tête. Mets-la en situation. Imagine-la apparaître à un internaute innocent qui regarde tranquillement une vidéo dans sa chambre.
Imagine ce même internaute se retirer les dents une par une. Imagine-le se tordre de douleur, sans rien pouvoir faire pour arrêter cette folie.
Fais-le plusieurs fois. C'est un exercice d'imagination, il faut le faire de façon sérieuse, sinon cela ne sert à rien.
C'est bon ? Tu as parfaitement l'image de Betty en tête ?
Félicitations, tu as participé à la création du premier Tulpa de ce site ! Sois-en fier ! Désolé de t'avoir manipulé de la sorte, mais j'ai toujours rêvé de créer mon propre Tulpa.
Tu ne sais pas ce que c'est ? Et bien, tu dois être nouveau par ici, non ?
Disons qu'un Tulpa est matérialisé par l'imagination collective. Si un grand groupe d'individus pense simultanément très fort à quelque chose, il deviendra réel. Vous avez donc contribué, toi et les autres lecteurs, à rendre vivante ma petite Betty. N'est-ce pas formidable ?
Merci encore !
Je te laisse, j'ai plein d'autres projets en cours. Porte-toi bien !
Ah, et pour te remercier, je te donne un petit conseil : Éloigne-toi un peu des sites de vidéos sur internet. Si tu tiens à tes dents, en tout cas.

lundi 25 mars 2019

Le centre

Qu’y a t-il de plus beau que l'amour en ce bas monde ? Je n'ai pas la réponse.


Cette histoire commence il y a de cela presque deux ans; je venais de finir mes études quand, lors d'une soirée pour fêter l'obtention de notre diplôme avec ma promo, je la vis. Elle était là, assise au bar, un verre à la main. Au moment où nos regard se sont croisés, nous savions que nous allions passer beaucoup de temps ensemble. Et cela ne manqua pas, après deux semaines à nous voir presque tous les jours Lisa et moi étions un couple.


Tout allait pour le mieux, nous passions du temps ensemble, sortions, nous étions épanouis. J'étais persuadé que cela allait durer toujours… si seulement.


Après six mois de pur bonheur, notre monde s'écroula. Lisa, suite à de nombreuses migraines consulta un médecin, qui l'envoya vers d'autres médecins qui transmirent encore son cas à d'autres médecins... Jusqu'à ce que le verdict tombe : tumeur en phase terminale au niveau du tronc cérébral, son mal était incurable.


Suite à cette nouvelle, ma Lisa, celle dont j'étais tombé amoureux changea du tout au tout, elle qui était si pétillante, si joviale, si heureuse de vivre, sombra dans une profonde dépression. Elle ne mangeait ni ne dormait presque plus, ne voulait plus sortir et restait cloîtrée presque toute la journée dans un lourd silence. J'essayais de toute mon âme de lui remonter le moral, de la faire se sentir mieux, de la rassurer, mais rien n'y faisait. Elle restait chez elle cherchant un moyen de se soigner, elle envoya des mails à des laboratoires pour des traitements expérimentaux, mais recevait à chaque fois la même réponse :
<< Nous sommes au regret de vous annoncer que, sur examen de votre dossier, nous sommes dans l’impossibilité de donner suite à votre demande pour notre traitement, votre tumeur étant trop avancée. Veuillez croire à notre sincère soutien pour cette difficile épreuve.>>


Après différentes analyses les médecins lui annoncèrent qu'elle avait tout au plus un an à vivre, ce qui acheva ses derniers espoirs. Pourtant, un jour, environ deux mois après le diagnostic, Lisa reçut le mail d'un laboratoire, qui lui disait qu'ils avaient peut-être un traitement pour elle malgré l'état avancé de sa maladie. Elle était folle de joie, mais j'examinai tout de même ce mail de plus près. Bien que très heureux de la nouvelle, je ne pouvais m’empêcher de penser que c'était trop beau pour être vrai. La cure impliquait qu’elle devait, durant une période comprise entre 4 et 8 mois, rester dans un centre ou elle serait soignée. J'avais un peu peur de la laisser seule dans un endroit rempli de malades, au vu de son état psychologique plus que fragile; De plus, ce n'était pas vraiment proche de notre ville. Le soir même je faisais mes petites recherches sur ce centre, je n'ai presque rien trouvé, à part le fait qu’ il venait d'ouvrir et qu'il avait toutes les autorisations pour exercer la médecine.


Le lendemain de ce fameux mail et après une longue conversation à propos du centre, j'ai donné mon approbation à Lisa; elle s'empressa de leur répondre qu'elle était d'accord pour subir le traitement expérimental. A partir de ce jour tout s'enchaîna assez vite, elle partit pour le centre la semaine suivante et les mois s'écoulèrent. Je n'avais le droit qu'à une visite par mois, pour "ne pas altérer le déroulement du traitement" ce qui me semblait assez bizarre. J'ai aussi demandé lors d'une de mes visites à un médecin en quoi ce traitement consistait, il m'a simplement dit que c'était révolutionnaire, mais que, comme c’était expérimental, il ne pouvait rien me dire de plus. Je trouvais cela assez étrange, ce qui m'inquiétais le plus restait Lisa, elle avait l'air d'aller mieux mais avait quelque chose de changé… J’ai pensé que c'était un mal pour un bien.


Au bout de 6 mois de traitement, Lisa m'appela pour me dire qu'elle était enfin guérie et qu'elle pourrait rentrer deux semaines plus tard. J'étais fou de joie à l'idée de retrouver la femme que j'aimais, avec sa joie de vivre. Une fois rentrée, tous mes doutes sur le centre s'envolaient, Lisa était guérie et redevenue la même qu'avant la maladie. Mais au bout d'un mois il se passa quelque chose d'étrange.


Alors que nous rentrions d'une soirée chez des amis, Lisa alla se changer dans la salle de bain, c'est là qu'à travers la porte je l'entendis parler à quelqu'un. Au début je pensais qu'elle passait un coup de fil, mais en regardant dans l'encadrement de la porte je la vis parler à son reflet. Surpris j'entrai alors dans la salle de bain en lui demandant si tout allait bien, et à ce moment là elle entra dans un colère noire en disant qu'elle était guérie, que je ne lui faisait pas confiance et que je n'avais pas confiance dans le centre. J’essayais a maintes reprises de désamorcer la situation, mais rien n'y faisait.


Pourtant, le lendemain de cette violente dispute tout ce passa normalement, comme si elle n’avait jamais eu lieu. Mais plus les jours passaient, plus Lisa changeait, elle devenait agressive, parlait toute seule, parfois même avec des mots incompréhensibles. J’essayais parfois de lui en parler mais elle se mettait à nouveau en colère. Je ne savais plus quoi faire, son comportement devenait de plus en plus inquiétant, incontrôlable. Elle mangeait la viande crue, reniflait à chaque fois la nourriture et elle qui d'habitude prenait toujours soin d'elle, ne faisait plus aucun effort sur son apparence. J'étais vraiment effrayé. Si je disais quoi que ce soit qui puisse la contrarier, elle me grognait dessus comme un animal.


Un soir, n’y tenant plus, j'ai appelé le centre. Je leur ai raconté ce qui se passait et ils m'ont affirmé que le traitement ne causait pas ce genre d'effets secondaires, qu'ils ne pouvaient rien pour moi. Au fond de moi j'étais persuadé qu'ils m’étaient, mais je ne pouvais rien prouver. J'ai essayé d'informer la police de la situation, et du fait que je soupçonnais le centre de cacher des choses mais ils m'ont ri au nez.


Je suis resté 3 mois avec Lisa, à essayer de la convaincre de se faire soigner, mais un jour, après une énième dispute, elle me se jeta sur moi et, avec une force surhumaine, elle me plaqua au sol avant de me mordre au bras, y arrachant un morceau de chair. Le soir même, pendant son sommeil, je fis mes affaires et allai chez un ami passer la nuit.


Depuis ce soir là je ne suis plus jamais allé chez elle et n'ai plus pris de nouvelles, traumatisé par cette expérience. Si je vous raconte tout ceci c'est pour une raison, ce matin dans le journal, un article parlait de ce fameux centre. Il était dit qu'un culte pratiquait des expériences sur les patient au sein même de l'établissement, que tous les coupables n’avaient pas été arrêté, que certains avaient réussi à s'échapper avant l’arrivée de la police.


Alors si un jour vous êtes malade et qu'un centre sorti de nulle part vous propose un traitement, refusez. C’est pour votre bien et celui de vos proches.

vendredi 22 mars 2019

Epileptic Seizure Comparison

Paul Sharits est un cinéaste expérimental américain qui s'est intéressé très tôt à l'impact de l'image, du rythme et du son sur le spectateur. Ses films s'appuient sur des données scientifiques relatives, et notamment sur le pouvoir des images subliminales, des infra-basses ou des scintillements sur l'oeil, ainsi que sur l'oreille humaine. De nombreuses rumeurs ont circulé sur ses accointances avec les services secrets américains. Dans les années 1960-1970, la Guerre Froide faisait rage. Les recherches médicales quant à la manipulation psychologique et physiologique du sujet devenaient une priorité (en témoigne le célèbre projet MK-Ultra), et il ne serait pas surprenant que Sharits ait eu accès à certaines archives top secrètes, s'il n'a toutefois pas lui-même participé à certaines expériences.


Au milieu des années 1970, il se penche sur le mystère de l'épilepsie. Son objectif est de reproduire artificiellement une crise, de créer un film capable de foudroyer un épileptique en quelques minutes. Il s'appuie encore une fois sur des expériences en cours dans le milieu médical. Il commence par filmer deux crises produites en laboratoire, qui serviront de support visuel à son œuvre. Il superpose ensuite le dispositif à chacune des deux vidéos : un simple scintillement de photogrammes transparents légèrement colorés, défilant selon un rythme extrêmement étudié. En ce qui concerne le son, il se contente de déformer des enregistrements de cris des patients, de manière à atteindre les fréquences et les rythmes souhaités.


Les deux films ainsi conçus sont projetés selon deux dispositifs particuliers : ou bien l'un à la suite de l'autre, ou bien en même temps, chacun sur un écran séparé, l'un placé verticalement au-dessus de l'autre. Quant à la pièce dans laquelle se déroule l'expérience, elle est insonorisée, plongée dans l'obscurité totale, et tapissée de matériaux réfléchissant (de manière à diffracter les clignotements).


Il est difficile aujourd'hui de constater les effets dévastateurs du film de Sharits. D'une part, le film à été conçu pour être projeté en argentique au sein d'un dispositif très particulier (autant dire que la version que je vous propose, numérisée et de piètre qualité, ne risque pas de provoquer les mêmes effets), et d'autre part, depuis les années 1970, notre œil s'est largement habitué à des rythmes et des scintillement très très rapides, ce qui n'était pas le cas pour les spectateurs de l'époque.


Quoi qu'il en soit, les effets rapportés à l'époque sur le public de ce film sont spectaculaires. Sharits refusait de faire la moindre projection publique sans la présence d'un médecin dans la salle. Chaque projection voyait son lot de crises d'épilepsie, de migraines, de spectateurs déboussolés, de cécités temporaires et d'hallucinations, sans compter les angoisses, le stress et les pics de tension. L’œuvre n'a été que peu visionnée depuis ce temps, et n'a jamais fait l'objet d'une restauration convenable. Nous pouvons imaginer que les recherches ayant abouties à sa création se sont depuis poursuivies à l'abri des regards, avec des résultats difficiles à estimer.



ATTENTION : VIDÉOS EXTRÊMEMENT DÉCONSEILLÉES AUX ÉPILEPTIQUES.



La version en un seul film :





La version en écrans superposés :


http://vimeo.com/128654812

lundi 18 mars 2019

Le coup de fil

J’aimerais vous raconter une histoire que mon grand-père m’a racontée, pour voir si quelque chose d’approchant a pu être vécu par l’un d’entre vous. Si c’est le cas, vous comprendrez facilement combien j’ai besoin d’aide ; l'angoisse et la terreur m'empêche de dormir depuis déjà plusieurs jours, et je suis pris de tremblements incontrôlable rien qu'à y penser, comme une énorme épée de Damoclès au-dessus de ma tête.

La semaine dernière, mon grand-père a appelé ma mère. Il voulait me voir, et avait besoin de mon aide pour la corvée de bois. Selon elle, sa voix semblait angoissée, et qui plus est, la ligne sonnait occupée quand on essayait de le rappeler. Elle m’a donc obligé à y aller. J’avais aussi pour mission de résoudre ces soucis de téléphone : une personne âgée vivant seule sans moyen de prévenir les secours en cas de besoin, il fallait corriger le problème assez vite. Qui plus est, mon grand-père avait eu quelques antécédents médicaux à la suite de la mort de ma grand-mère, il fallait veiller sur lui. 

Je me suis donc mis en route vers la campagne. Je ne dirais pas qu’il vit seul à l’écart de tous, mais le village dans lequel il réside n’a pas beaucoup d’habitants, et sa population est plutôt étalée. Du coup, pas de voisin direct à moins d’un petit kilomètre. Qui plus est, depuis la mort de ma grand-mère, mon papi vivait complètement seul.

À mon arrivée, j’ai tout de suite senti une sorte de malaise. Mon grand-père, solide et rustre, courbé par une vie d’effort, n’arrivait pas à me regarder, comme dérangé par ma présence. Cette impression a fini par s’estomper au fil de la journée : la corvée de bois, découper, transporter et ranger ces bûches ne laissait pas trop le temps de réfléchir.

Mais le soir, après un repas dans cette même atmosphère tendue, j’ai fini par craquer sous l'angoisse. Avec tout le tact dont je suis capable, j’ai commencé par le téléphone, en lui demandant pourquoi il était débranché, le fil pendant de l’autre côté du meuble. J’ai ajouté que maman était inquiète pour lui. À ce moment-là, il y a eu un grand silence. Puis comme un déclic, et avec un soupir, il a fini par céder, et me raconter une histoire. 

Il y a six ans, avant le décès de ma grand-mère, il aurait reçu un appel, sur ce même téléphone. Une voix désincarnée lui apprenait la mort de sa femme d’une crise cardiaque foudroyante sur son lieu de travail. Cette même voix lui donnait ensuite une date et une heure. L’appel s’était reproduit ainsi plusieurs fois dans la soirée, jusqu’à ce que mon grand-père, terrifié, préfère débrancher le téléphone. Saisi au cœur, il avait alors pris la route comme une furie jusqu’à la clinique du coin, pour qu’on lui réponde à l’accueil qu’aucun décès n’avait été enregistré aujourd’hui, ni aucune entrée de patient correspondant.

Passablement énervé de ce qu’il prit finalement pour un canular, il est alors rentré chez lui pour que quelques heures après, sa femme le rejoigne en pleine forme. Il lui avait expliqué son aventure, et sa frayeur viscérale qui alourdissait ces pensées, et elle l’avait rassuré assez simplement, aussi interloquée que lui par cette mauvaise blague. Mais sans plus d’explications, ils avaient rapidement laissé tomber, leur opérateur téléphonique leur proposant simplement de changer leur ligne. Le monde continuait à tourner, et qui plus est, le canular ne s’était plus reproduit depuis. 

Trois ans plus tard, alors que cette histoire lui était sortie de la tête, il a reçu le même coup de fil. Selon lui, et il l’a bien appuyé en le racontant, il s’agissait d’un coup de fil exactement similaire, au mot près. En arrivant à l’hôpital ce soir-là, ce n’était plus une blague : son épouse, ma grand-mère, était morte. Depuis, il n’avait plus pu entendre ce téléphone sonner sans ressentir un profond malaise avant de décrocher. Il avait relancé ses recherches, s’était renseigné auprès de plusieurs de ces amis plus connaisseurs que lui en matière de téléphonie, mais impossible de remonter l’appel, de découvrir qui avait appelé. Pire, dans le journal des communications qu’il avait demandé à son fournisseur téléphonique, pas le moindre appel de relevé sur la journée du décès. Comme si ce coup de fil n’avait jamais existé. Alors évidemment, on l’avait cru fou, il s’était lui-même remis en question sur sa santé mentale, allant même jusqu’à se faire hospitaliser quelques jours. 

On en arrive au point central de mon témoignage. J’ai regardé mon grand-père alors qu’il poursuivait, mes yeux ne pouvant quitter le fil du téléphone, débranché. Et alors qu’il se mettait à pleurer, racontant l’appel qu’il avait reçu la veille, l’appareil a sonné. 

Alors maintenant que ma panique est passée, maintenant que j'ai rédigé toutes ces lettres, que j'ai ordonné les choses, et que j'arrive enfin à accepter les choses telles qu'elles doivent être, dites moi, si tout ça est vrai, avec trois ans à vivre, que feriez-vous ?


vendredi 15 mars 2019

Je sais pourquoi mon amie d’enfance a disparu.

Quand j’avais 7 ans, ma meilleure amie était une petite fille nommée Ava. C’était ma voisine. Ava était une enfant très douce. Je ne m’en suis pas rendue compte à l’époque mais sa vie de famille était un enfer. On entendait toujours son père crier et casser des choses. J’étais trop jeune pour comprendre qu’Ava et sa mère faisaient partie de ces choses.


Mes parents faisaient leur possible pour soulager Ava d’un poids qu’aucune petite fille ne devrait porter. Ils avaient cependant peur de se mêler de quelque chose qui ne les regardait pas et de nous attirer des ennuis. Leur aide consistait à inviter Ava à manger chez nous presque tous les jours et de lui donner quelques vêtements, elle était toujours mal vêtue.


Protégée de la violence qui avait lieu chez mes voisins, j’ai eu une enfance plutôt normale, et même heureuse. Mon père travaillait dans une entreprise, ma mère à la maison et ma grande sœur Carly gardait un œil sur moi. Elle avait 12 ans à l’époque et elle nous laissait nous promener dans les bois derrière notre maison tant que le soleil n’était pas couché.


C’était en 1998 dans une petite ville où la vie était simple. Nous aimions jouer avec mes Barbies (la pauvre Ava n’en avait pas) mais nous aimions aussi explorer la forêt et creuser le sol. Nous trouvions généralement des os de rongeurs et d’oiseaux ainsi que des petites pièces.


C’était un après midi de novembre particulièrement chaud, juste après qu’Ava ait fêté ses 7 ans. Ma famille lui avait acheté un morceau de gâteau la veille. À présent je ne peux m’empêcher de penser que nous étions la raison pour laquelle son visage était gonflé et violet ce jour là.

« Ava, tu vas bien ? Que s’est t-il passé ? » m’inquiétais-je de la voir ainsi.


« Je suis tombée dans les escaliers » me dit elle, sa bouche avait tellement été frappée qu’elle avait du mal à articuler.


Mais je la crus, acceptant la réponse et prêtant mon attention à quelque chose d’autre. Je suis tellement désolée Ava.


Ce jour là, nous avions décidé de profiter de la douceur de l’après midi pour regarder les oiseaux, c’était une activité qui me plaisait beaucoup depuis quelques semaines car mes parents m’avaient offert des jumelles. Nous nous aventurâmes dans la forêt un peu plus loin que d’habitude et trouvâmes un magnifique nid de passereaux, rempli d’oisillons.


J’étais concentrée sur les oiseaux mais Ava avait un regard distant et intrigué.


« Est-ce que tu l’entends ? Quel chant magnifique » soupira-t-elle, émerveillée par quelque chose que je n’entendais pas. Je l’ignorai.


Après quelques minutes, elle s'engagea dans les profondeurs des bois, probablement à la recherche de la source du chant. Je n’entendais rien d’autre que le son des feuilles d’automne craquant sous nos pieds et les pépiements des oiseaux.


Je suivis Ava sans y réfléchir, nous marchions depuis quelques minutes quand elle s’arrêta devant un arbre gigantesque et majestueux. La lumière du soleil brillait différemment ici. Je ne comprenais pas vraiment mais c’était comme si l’air scintillait. C’était tellement paisible. Ava regardait les feuilles des arbres, ébahie. Elle se mit à agiter ses mains, comme pour faire signe à quelqu’un qu’elle connaissait.


Curieuse, je regardai les branches et aperçus une femme… enfin je crois que c’en était une. Elle était de petite taille et sa peau semblait produire une légère lumière lilas. Ses longs cheveux semblaient être une cascade d’eau et sa robe était comme le vent.


Elle descendit de l’arbre et toucha le sol sans un bruit. Sa voix était douce et pure, elle raisonna dans ma tête.


« Je suis désolée d’avoir mis tant de temps à répondre à tes prières Ava. »


« La chanson que j’entendais la nuit… c’était vous ? » demanda timidement Ava


« Oui, mon enfant. »


La femme tourna son regard vers moi.


« S’il te plait, pars d’ici. Ton heure n’est pas encore venue. »


Hypnotisé et un peu effrayée, j’obéis. Sa façon de parler était douce mais d’une surprenante autorité.


Je m'éloignai, et en regardant derrière moi, je vis qu’Ava s’était aussi mise à briller. Ses cheveux étaient devenus une cascade et ses habits usés semblaient être fait d'or et de vent.


Quand j’arrivai à la maison, je montai dans ma chambre pour répéter ce que je dirais lorsque les adultes remarqueraient la disparition d’Ava. Je n’avais que 7 ans et il y avait beaucoup de principes basiques que je ne comprenais pas, mais j’avais en moi la certitude qu’Ava ne reviendrait jamais et que personne ne pourrait croire ce que j’avais vu.


Cette nuit là, le père d’Ava toqua agressivement à notre porte pour demander où était passée sa fille. Je répondis vaguement que j’avais joué avec elle dans les bois jusqu’à la fin de l’après midi mais que je ne l’avais pas vue depuis.


Mon père fut celui qui appela la police. Ils nous dirent qu’ils ne commenceraient les recherches que si Ava n’étais toujours pas rentrée après 72 heures.


Pendant l’enquête, ils suspectèrent son père de l’avoir assassinée et enterrée dans les bois. Sa mère fut retrouvée dans la maison affreusement battue et il fut arrêté. La police découvrit aussi qu’il avait tué son ex femme. Cela me rassurait sur ma décision de garder le silence. Ce n’était pas comme si je laissais un homme innocent souffrir.


Depuis, je me suis fait de nouveaux amis et j’ai oublié Ava quelques temps. Je me rappelle de cette histoire maintenant, à 27 ans, parce que je suis retourné dans la maison de mon enfance.


Au cours de l’année précédente, j’ai rompu avec un partenaire abusif, j’ai perdu mon travail et on m’a diagnostiqué un cancer du cerveau. Vaincue, j’avais déménagé pour laisser mes parents prendre soin de moi. Je ne sais toujours pas s’il est possible pour moi d’avoir recours à une chirurgie pour retirer la tumeur. Je vais peut être mourir dans l’année qui vient.


Chaque nuit, je prie pour que ma situation s’améliore. Depuis quelque temps je peux entendre un chant magnifique et éthéré qu’aucune voix humaine ou instrument ne pourrait produire. Je crois qu’Ava m’invite à la rejoindre.
Traduction : doll.jpg

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