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dimanche 7 juillet 2013

La Petite Tête Noire


 Il ne me reste plus beaucoup de temps  avant qu'elle achève de m'aménager. Je n'ai de toutes façons plus d'espoir, elle est déjà allée trop loin; aussi la seule chose que je peux faire, c'est vous résumer pourquoi j'en suis là. Prenez ceci comme une mise en garde, et puissiez-vous mieux surveiller les coins sombres.



Rappelez-vous votre enfance. Si vous avez eu la chance de séjourner régulièrement chez un parent, et d'y retrouver des proches -vos cousins par exemple- vous saurez de quoi je parle. Qui, donc, étant enfant, ne s'est jamais inventé des mythes, des sujets d'enquêtes? On croit apercevoir quelque chose d'étrange, et au lieu d'y voir une simple illusion comme le font les adultes, on prend note et on imagine... Puis on part tous ensemble dans les bois et on se met à la recherche de signes du monstre, avec le secret désir de bien s'amuser tout en arborant l'air faussement sérieux du gamin qui se fait des films. La Petite Tête Noire était un de ces mythes.

C'est mon cousin qui a dit l'avoir vue la première fois: une petite chose d'un noir de suie, de la taille d'un poing à peu près, qui courait au sommet du mur séparant deux propriétés. Très rapide, insaisissable, quasi-impossible de la distinguer clairement.

L'apparition avait tant marqué notre groupe que le temps en avait fait la maîtresse de toute la cosmologie des mythes nés après: la reine des Monstres, ces apparitions fugaces et meurtrières, simplement fantasmées pour l'essentiel, dont j'ai moi-même prétendu avoir aperçu un certain nombre. Et puis le temps passait, nous grandissions, et nous finîmes par abandonner l'enquête comme tant d'autres choses qui faisaient trop "gamin".

On rejette en grandissant toutes ses frayeurs de gosse, pour les remplacer par d'autres qui ont leurs propres clichés: l'horreur greffée sur une matrice banale, sur des choses bien connues, tel ce tueur en sweat blanc...
Pas moi. J'ai conservé certains souvenirs au fond de moi, et je préfère de loin mon monstre: le plus étrange, le plus grotesque.

Si étrange et grotesque, qu'on voit bien là quelque chose de réel et non un fantasme d'écrivain. Aucun homme n'aurait pu concevoir une chose pareille si quelque chose d'approchant ne s'était réellement manifesté devant ses yeux.
Je n'ai eu de cesse de me rappeler qu'il pouvait s'agir, après tout, d'une forme mal interprétée sous une lumière trop faible: un merle sautillant sur le mur par exemple... Ainsi, si la Petite Tête Noire n'était pas un simple fantasme, elle n'en demeurait pas moins une vulgaire légende.

Un tableau que j'ai vu récemment m'a pourtant persuadé du contraire. Car ce que l'artiste y a représenté correspond bien à l'idée que je me faisais de la chose. Coïncidence? Je ne crois pas...

 

 

Le souvenir du monstre m'est revenu avec force depuis que j'ai vu ce tableau. Je pense sans cesse à lui.
En fait, il me suffisait d'y prêter attention pour m'apercevoir de son omniprésence... Il était partout.
Déjà, il m'apparaissait assez facilement quand, d'un lieu très éclairé, je passais dans une pièce sombre. Une petite boule noire très rapide, qui se dépêchait de disparaître au coin de mon œil dès que je faisais mine de la regarder. Mais s'il n'y avait que ça...
Quand je regardais dans le vide en somnolant, ce qui arrive fréquemment quand je m'ennuie, je la voyais aussi. Immobile cette fois, et narquoise. J'avais le temps de la détailler, de voir toute son horreur. Avec ses petites pattes grêles articulées sur un corps velu, un grotesque visage humain cruellement collé dessus.
Et elle fuyait en silence dès que je bougeais. L'insaisissable petite peste, si présente que je ne pouvais plus penser à rien d'autre...

L'apparition finit par devenir si fréquente et si insistante que je décidai d'aller voir mon cousin pour lui en parler. Mon cousin, le seul peut-être qui l'ait réellement vue du temps où nous la cherchions ensemble; mon cousin, que je n'avais plus vu depuis qu'il avait acquis la réputation de "junkie de la famille", et dont j'avais eu peu de nouvelles depuis toutes ces années.

J'ai été accueilli à son appartement par sa copine. Elle se dit enchantée de me rencontrer mais je voyais bien qu'elle était inquiète. Et comme je le pressentais, elle ne tarda pas à me confier la cause de son tourment: son compagnon était gravement malade.

D'après elle, mon cousin avait un comportement étrange depuis quelques semaines -déjà avant, mais surtout depuis que son soutien l'avait amené à arrêter la drogue. Il disparaissait parfois des nuits entières, pour ne revenir qu'aux aurores, s'endormir comme une souche... et bien entendu, il n'avait aucun souvenir à son réveil.
Il y a peu, un agriculteur l'avait même trouvé endormi dans un champ, à 20 kilomètres de l'appartement, dans un état pitoyable. La même nuit, les habitants d'un village voisin s'étaient plaints du passage nocturne d'un vagabond au regard vide, qui aurait pénétré dans le garage d'un des habitants pour y dérober une pelle. Plusieurs trous très profonds avaient été creusés à des endroits divers.
Le signalement du vagabond permit d'identifier mon cousin comme le coupable, mais je n'ose croire qu'il ait pu déployer des efforts si titanesques, seul et en une nuit.

Puis son état s'aggrava et il fut décidé qu'il serait placé en observation à l'hôpital.
Mais il était revenu le soir même, le regard toujours aussi vide. Il s'était rhabillé laborieusement et avait titubé jusqu'à chez lui. Et en arrivant, il prononça ces seuls mots à sa compagne juste avant de s'effondrer dans ses bras:

"Elle ne voulait pas..."



Et depuis trois jours il était au lit, et il n'avait plus été lucide une seule fois depuis cette fameuse nuit.

Ce récit avait fait monter les larmes aux yeux de la jeune femme. Je m'apprêtai à prendre congé, gêné, lorsqu'elle sembla se rappeler quelque chose.

"Non, reste... Je dois sortir, une... urgence... Et il faut vraiment que je prenne l'air. Promets-moi de veiller sur lui, si jamais il..."

Elle partit sans me laisser le temps de répondre, apparemment elle avait absolument besoin d'air. Et je me retrouvais seul, dans le salon, n'osant aller voir l'état de mon pauvre cousin...



Et c'est alors que je la vis. Elle, la Petite Tête Noire. Perchée dans un coin, le sourire aux lèvres.
Elle devait nous observer depuis tout ce temps, mais elle disparut presque aussitôt que je la vis.
Mais pendant le bref instant où je l'aperçus, je crus apercevoir un détail horrible.

Sa fourrure était poissée de sang.



Horrifié, je repris toutefois très vite mes esprits et entrai dans la chambre de mon cousin.
Il était étendu, inerte, pâle comme la mort. Faisant le lien avec ce que je venais de voir, je compris que c'était fini.
Je restai un moment sous le choc, tout à la fois effondré et terrorisé, avant d'oser aller voir de plus près.
Mais alors que je m'approchais pour lui fermer les yeux, je remarquai quelque chose.

Il avait un trou gros comme le pouce dans la nuque.






La Petite Tête Noire. Je ne sais toujours ni sa nature ni son but...
Mais à présent que c'est elle qui me conduit, cela n'a plus d'importance...

Quoiqu'il en soit, surveillez bien les coins sombres.
Et surtout, ne laissez pas votre nuque découverte quand vous dormez.


21 commentaires:

  1. J'ai bien aimé, c'est bien écrit etc. sauf la derniere phrase, m'enfin a part dormir avec une echarpe je vois pas trop :hap:

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  2. C'est vraiment une bonne creepypasta, bravo !

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  3. Bof bof, pour moi c'est nul

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    1. Tu m'expliques pourquoi? Que je sache à peu près ce que tu attendais.

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    2. Tu essaie trop de faire des phrases complexes et un peu a la Louis XIV......ca casse totalement le rythme de la lecture...

      Et comment une chose aussi petite peut tuer quelqu'un, faire un trou a la nuque de quelqu'un sans qu'il s'en apercoive?

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    3. Lis donc de la littérature, même récente, tu pourras m'y reconnaître: les phrases que tu juges "complexes" signifient juste que je suis à l'aise dans ma langue, et j'en ai vu de bien plus alambiquées chez les voisins (même publiés, si si). Je ne fais pas de la creepypasta au sens strict (dans ce cas du moins), mais plutôt de la nouvelle d'épouvante, alors je ne vois pas pourquoi je me priverais de bien écrire.

      Quant à ce que fait la chose... C'est un élément fantastique, je vois pas pourquoi tu irais y trouver une logique aussi poussée. Comment elle s'y prend, j'en sais rien, et si je l'avais précisé on m'aurait reproché de "casser le mystère". J'ajoute que nombre de personnages célèbres agissent de même, comme cet "Eyeless Jack" que tout le monde semble admirer...

      Bien à toi.

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    4. Si tu avais un minimum de culture, tu ne comparerais pas un style d'écriture pompeux à Louis XIV mais plutôt à Dumas ou Proust. Sauf que vois-tu, ce n'est pas parce qu'une phrase n'est pas structuré "sujet, verbe, complément" et que des propositions subordonnées viennent rallonger la phrase que le style est forcément lourd : c'est là, à mon goût, que réside la richesse de son style d'écriture. Quand au rythme, je pense qu'il n'est pas judicieux d'opter pour un rythme de lecture généralement rapide pour raconter ce genre d'histoire : il faut d'abord mettre le lecteur dans le bain, bien ancrer la situation d'énonciation afin d'optimiser la compréhension et l'immersion, pour cela rien de mieux que de faire mijoter à feu doux. Tu remarqueras que le rythme s'accélère lorsque les événements plus récents sont racontés, ponctué par des bribes de dialogues et de phrases plus courtes : ce rythme saccadé joue à mon avis en la faveur de l'immersion du lecteur dans l'histoire.
      Enfin, on dit souvent que les petites bêtes ne mangent pas les plus grosses, mais ça peut les tuer : l'aranéisme par une piqûre de la veuve noire peut causer de graves troubles et la mort pour les personnes les plus sensibles, elle ne mesure pourtant que 15 mm, leiurus quinquestriatus est un scorpion qui sécrète de puissants neurotoxines, elle peut causer de graves troubles à un adulte en bonne santé, la mort pour les personnes physiquement plus fables, il ne mesure pourtant que 110 mm. On peut donc émettre l'hypothèse que la petite créature sécrète une sorte d'anesthésiant qui lui permette de percer la nuque sans que sa victime ne s'en aperçoive, vois-tu. Quant aux crises pseudo-somnambuliques du pauvre jeune homme, je pense qu'on peut faire le rapprochement avec le comportement des certains parasites tels que la petite douve du foie qui a la capacité de perturber le conduite des fourmis, qu'elle utilise comme hôte intermédiaire, afin de les inciter à se faire ingurgiter par un mouton, son hôte définitif.
      Enfin, c'est une creepypasta, pas un reportage documentaire, un peu de magie et de fantaisie bon sang !

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    5. Très honoré que tu sois venu me défendre en personne Morsual! (et que de connaissances...)

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  4. " Et comment une chose aussi petite peut tuer quelqu'un, faire un trou a la nuque de quelqu'un sans qu'il s'en apercoive? "

    Je tiens à préciser que, quand un moustique te suce le sang, durant ton sommeil ou pas, tu ne ressens pas sa piqûre et il y a certaines espèces d'insectes exotiques qui peuvent tuer leur victime en déposant les oeufs de leurs larves après une simple piqûre.

    Donc, le fameux trou à la nuque... Je l'interprète comme étant une mise à mort via une ponde de ou des oeufs de la créature qui se sont fait plaisir à dévorer une partie de leur hôte avant d'être libres... Il faut laisser ton imagination t'aider mais vu ton commentaire, ça m'a l'air de ne pas être le cas...

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  5. j'ai rien conpris a la creepypasta c'est pas clair...
    quelqu'un peux resumé clairement? O-o

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    1. Moi j'ai trouvé ça plutôt clair... x)

      Deux cousins s'inventent des monstres puis enquêtent dessus. Ils deviennent adultes, et oublient leurs monstres et autres rêveries. Sauf qu'il se trouve qu'un de leur "monstre", une espèce d'araignée chelou à tête d'humain, n'est pas si inventée que ça...
      Bien réelle, elle hante le héros de l'histoire qui décide d'aller voir son cousin pour lui parler de ses visions. Sauf qu'il arrive trop tard, l'araignée a pris le contrôle en creusant un trou dans la nuque de son cousin. Puis elle creuse un trou dans la nuque de l'héros, et finish xD

      En très bref: Une chose qui ressemble beaucoup à une araignée creusent des trous dans la nuque des gens pour s'emparer du contrôle de leurs corps ^^

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  6. ps:comment on met son conpte du forum ici?

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  7. "Donc, le fameux trou à la nuque... Je l'interprète comme étant une mise à mort via une ponde de ou des oeufs de la créature qui se sont fait plaisir à dévorer une partie de leur hôte avant d'être libres... Il faut laisser ton imagination t'aider mais vu ton commentaire, ça m'a l'air de ne pas être le cas..."

    Rob Nukem, tu oublies que la créature est recouverte de sang. Sinon très bonne hypotèse de ta part si elle ne l'était pas :)

    J'adore cette creepypasta,l'imagination y est très présente à travers ton récit digne d'un texte d'horreur rédigé par de grands écrivains ;). Génial :) !

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  8. L'histoire était prenante et bien écrite, mais j'ai pas réussi a n'être ne serai-ce qu'angoissé. La créature me faisait trop penser aux boules de suie de "mon voisin totoro" ou du "voyage de chihiro".

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    1. Ah! Toi aussi! ^^
      Ça m'a tellement fait rire quand j'ai vu l'image! XD

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  9. L'image c'est "L'araignée" D'Odilon Redon.
    Très bonne creepy j'adore!

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  10. "sur des choses bien connues, tel ce tueur en sweat blanc..."
    Jeff, un mot pour ta défense ? XD
    Jamais les mecs défigurés ne remplacerons les bestioles indéfinies x')

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  11. La creepy aurait pu s'arrêter à l'image, ça aurait largement suffit.

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  12. Jeff the killer était dans cette creepy

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  13. J'aime beaucoup le concept ^^

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  14. "Coïncidence? Je ne crois pas..." à ce moment j'ai cru à une trollpasta xD

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